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  1. COMMENT TROUVER DE NOUVEAUX JOUEURS ? Traduction très libre d'un article de ‘SkavenInAZ’ paru dans le Ninth Scroll nº11 J'ai une confession à vous faire : l'autre jour, j'ai demandé à ma femme, à moitié en rigolant, si elle était d'accord de me laisser partir à un tournoi d'Age of Sigmar le dimanche suivant. À ma grande surprise, elle a dit oui ! Comme nous le savons tous, il n'y a rien de plus chouette au monde que toute une journée passée à jouer ; du coup, je me suis rapidement composé une armée, et hop ! C'est parti pour huit heures de gaming ! C'est là que je vous entends tous vous écrier « Age of WHAAAAT ? C'en est trop, il se moque de nous, je vais de ce clic me désabonner de sa chaine YouTube, non mais ! » Cependant, avant d'appuyer sur ce bouton fatidique, laissez-moi attirer votre attention sur deux ou trois choses. Il se trouve que lors de ce tournoi, j'ai retrouvé quelques vieux copains du Neuvième Âge du défunt club de Tucson (Arizona). À la fin de chaque partie, j'ai profité de l'occasion pour aborder les dirigeants de ce groupe afin de m'enquérir auprès d'eux des raisons qui leur ont fait abandonner le 9e Âge (surtout des changements de règles), et de ce que nous pourrions faire pour les ramener dans le « droit chemin » (continuer à publier du contenu intéressant, continuer à impliquer la communauté). J'ai pu causer avec un ou deux vieux potes de Tucson que je n'avais pas vu depuis un bail, pour leur demander ce qu'ils devenaient. Je suis aussi tombé sur quelqu'un que j'avais déjà rencontré avant, à qui il reste encore des figurines sur socle carré. Il n'est pas intéressé par le 9e Âge, mais ça ne nous a pas empêché de bavarder de choses et d'autres. J'ai trouvé deux gars (un de Tucson, un de Phoenix) qui m'ont dit être intéressés de tester le 9e Âge un de ces jours. Je les ai invités à venir le samedi pour nous regarder jouer et rencontrer notre club, afin qu'ils se fassent une idée de ce que c'est. Même s'ils n'ont pas promis, ils avaient vraiment l'air d'être intéressés. Alors, c'est vrai que je connaissais la plupart de ces gens et que je savais qu'ils seraient là avant de me pointer à ce tournoi, et je savais que si j'y allais, je pourrais avoir toutes ces conversations avec eux. Mais le point, c'est que si je n'y avais pas été, je n'aurais vu personne et je n'aurais parlé avec personne. Comment dites-vous ? Facebook ? Messenger ? Certes, oui, mais rien ne remplace une conversation IRL, vous ne trouvez pas ? J'ai vu là une occasion qu'il ne me fallait pas laisser passer. Ce faisant, j'ai peut-être réussi à convertir une ou deux personnes au 9e Âge. Quand on va sur les forums, on est généralement tout de suite assailli par les prophètes de malheur, « Oh mon dieu nous perdons des joueurs », « Oh mon dieu notre base de joueurs est trop petite », « Oh mon dieu nous n'avons aucune visibilité », « Oh mon dieu aucune entreprise ne nous soutient », et cetera, et cetera. Les gens, écoutez-moi, s'il vous plait, j'ai quelque chose à vous dire. Si vous voyez tous ces problèmes et que vous faites partie de ces gens qui écrivent ce genre de messages sur les forums… alors peut-être que vous faites vous-mêmes partie du problème ! En effet, si nous voulons que ce jeu grandisse, qu'il attire plus de joueurs, pour que nous puissions nous-mêmes nous adonner à ce jeu que nous aimons tant, alors, beh, il va peut-être falloir se bouger le derrière. Mais non, vous n'êtes pas obligés de connaitre sur le bout des doigts le moindre détail du GBR. Non, vous n'êtes pas obligés d'être des Michelange de la peinture sur figurine afin d'inspirer les masses avec votre armée époustouflante. En fait, vous n'êtes même pas obligé d'aller voir les gens pour leur parler du 9e Âge. Mais ce que vous pouvez faire, et c'est vraiment ce que notre projet vous demande, plus que tout, est de jouer. Mais de jouer là où on vous voit jouer ! Nous sommes trop nombreux à avoir tourné le dos à notre ancien club, à notre boutique de jeux, aux évènements geek de notre région, à nous contenter de jouer dans notre grenier ou notre garage. Évidemment, c'est plus facile comme ça, n'est-ce pas, moi aussi, j'ai toujours de la bière au frigo ! Et c'est plus facile que de devoir prendre sa voiture / le train / le métro / le bus pour se faire chier à aller jouer au club. Mais au fur et à mesure que les joueurs du 9e Âge se retirent du monde, le jeu lui aussi devient de moins en moins visible, au point où tout le monde pense qu'il a disparu. Et ce faisant, vous vous privez de l'occasion d'intéresser d'autres personnes à essayer notre jeu. Est-ce un problème ? Bon, là, tout dépend de vous. Nous sommes tous différents, n'est-ce pas ? Certains joueurs ont la chance de pouvoir déjà compter sur d'importantes communautés de joueurs. Mais la majorité d'entre nous sommes condamnés à jouer encore et encore avec les deux ou trois mêmes potes, chaque semaine, d'une semaine à l'autre……… et franchement, comment ne pas avoir envie de passer à autre chose à partir d'un certain point ? Surtout si dans ce groupe de trois-quatre joueurs du garage, il y en a un ou deux qui sont clairement plus forts que les autres. Et que se passe-t-il si, disons, l'un d'entre eux décide de déménager, ou trouve un travail (l'horreur) ? Contre qui vont se battre vos petites figurines adorées à présent ? En ce qui me concerne, j'avais moi aussi l'habitude de retrouver les deux mêmes personnes chaque semaine. L'un d'eux a remporté le tournoi Buckeye Battles 2018, l'autre a été élu Meilleur général de CornerHammer – c'est pour vous dire que je me prenais régulièrement de belles branlées. J'ai alors décidé de montrer notre jeu à plus de gens, dans l'espoir d'avoir une plus grande variété de joueurs et de pouvoir tester autre chose que les trois seules armées que nous connaissions tous déjà par cœur ; mes adversaires étaient du même avis que moi. Assez, de jouer de semaine en semaine, toujours contre les mêmes personnes ! Alors nous avons décidé de nous retrouver dans la boutique du coin. Ça, c'était il y a un an et demi. Nous avons suscité l'intérêt de beaucoup de gens. Beaucoup d'entre eux que nous n'avons plus jamais revus. Mais il y en avait quelques-uns, vous voyez, qui avaient encore quelques vieilles figouzes sur socle carré, cachées dans une armoire quelque part. Et petit à petit, notre groupe de trois est passé à quatre, puis à cinq, et ainsi de suite. Et nous avons à présent un véritable club de dix personnes qui se réunissent chaque semaine dans la même boutique. Et en grandissant, nous rencontrons de plus en plus de gens, qui nous voient jouer en passant par là, et qui viennent causer avec nous. Je suis en mesure aujourd'hui d'affirmer que nous sommes occupés à bâtir une véritable communauté de joueurs ici sur la côte Pacifique des États-Unis, et tout ça, nous le faisons simplement en jouant là où les gens peuvent nous voir, et en sortant de chez nous de temps en temps pour rencontrer du monde. Voilà ce à quoi je vous exhorte aujourd'hui : descendez de votre grenier, remontez de votre cave. Allez jouer là où on peut vous voir. Si personne ne vient vers vous pour vous demander ce que vous faites avec ces petits soldats et ces dés, pas de problème – croyez-moi, quelqu'un viendra forcément vers vous à un moment ou l'autre. Et à ce moment-là, contentez-vous simplement de lui expliquer ce que c'est comme jeu, et pourquoi il nous plait. Ce n'est pas difficile – ce n'est pas comme si on lui demandait de se convertir à une religion ou de prendre sa carte de militant, n'est-ce pas ? Au final, vous vous êtes peut-être fait un nouvel ami ; et est-ce que ce n'est pas la principale raison pour laquelle nous jouons à un jeu plutôt que de garder nos figs sur un diaporama dans le salon ? Nous voulons des gens avec qui interagir ; nous voulons voir ces magnifiques armées sur la table, prêtes à s'entretuer , nous voulons des moments épiques desquels nous nous souviendrons des années plus tard. Alors donnez-vous la chance de réaliser ce rêve, tout en aidant notre projet à grandir, encore et encore.
  2. La partie « Nouveaux Équipements spéciaux et panoplies » du Ninth Scroll 11 est traduite et disponible au lien suivant : ici Inclut deux nouveaux objets Marée de Vermine ultrafuns, deux nouveaux objets communs, et les panoplies servant à recréer les Personnages spéciaux suivants : – Bragh, le Noir Auroch (Hardes bestiales) – Tsanas, le Khan des khans (Khans ogres) – Shiva, Fille de Savar (Guerriers des Dieux Sombres)
  3. La partie « Nouveaux Équipements spéciaux et panoplies » est traduite et disponible au lien suivant : ici Inclut deux nouveaux objets Marée de Vermine ultrafuns, deux nouveaux objets communs, et les panoplies servant à recréer les Personnages spéciaux suivants : – Bragh, le Noir Auroch (Hardes bestiales) – Tsanas, le Khan des khans (Khans ogres) – Shiva, Fille de Savar (Guerriers des Dieux Sombres)
  4. p.52 Autel de guerre Tu sais qui je suis, Inquisiteur. Les serments que j'ai brisés et la foi que j'ai abandonnée. Mais laisse-moi te dire ce que tu ne sais pas. Nous étions cinq cents à quitter Ullsberg pour aller renforcer les garnisons des Flambeaux. Des templiers, dirigés par frère Vikesthol et moi-même, resplendissants dans notre armure polie, à la tête d'une colonne de troupes princières : une vision de gloire, pleine de zèle. Seuls six d'entre nous sommes revenus. Notre moral tint bon pendant de longs mois tandis que nous montions la garde à la forteresse de Mespelbrünn. Nous étions fiers, et je crois que nous nous fîmes complaisants. Ils frappèrent au plus fort de l'hiver. Nos patrouilles avaient été rappelées à cause du mauvais temps. La neige était épaisse ; la nuit, des brumes glacées imprégnaient la moindre fibre de nos êtres. Le premier signe d'avertissement fut le battement des tambours, lourd de présage dans le brouillard épais. Frère Vikesthol rassembla les templiers et partit en éclaireur, malgré l'objection appuyée du commandant de la forteresse, un maréchal expérimenté du nom de von Hodenstandt. Ils ne revinrent pas. Nous entendîmes le fracas de la bataille à travers la brume froide. Il ne fallut pas longtemps avant que le tintement de l'acier et les cris des mourants ne fussent remplacés par un bruit bien plus sinistre : celui des marteaux, des scies, et le sourd mugissement des bêtes de somme. Le brouillard se dissipant, il nous révéla un vaste camp au pied de notre forteresse. Au cours des jours qui suivirent, nos ennemis lancèrent de violents assauts sur nos murs. Jour après jour, de grandes bêtes, des barbares hurlants et des rangs ordonnés de Guerriers avançaient sur nous. Ils furent repoussés par un déluge de plomb et d'artillerie, tandis que l'abominable sorcellerie de leurs chefs était vaincue par les écritures sacrées sculptées le long de nos remparts. Les pertes de l'adversaire étaient considérables, car l'arsenal de Mespelbrünn était un des plus formidables de cette marche sauvage. La plaine devant nos portes n'était plus qu'un océan de corps gisants et de neige tachée de sang. Mais nos ennemis ne paraissaient pas s'en soucier le moins du monde. Chaque jour, tandis que nos adversaires battus regagnaient leur camp en claudiquant, une étrange structure était amenée sur les lieux du carnage. Von Hodenstandt et moi-même n'y prêtâmes guère attention. Il ne s'agissait que d'une plateforme sommaire, juchée sur le dos de deux bêtes de somme mutantes, grossièrement barbouillée de symboles païens, le tout surmonté d'un brasero et d'un fanatique psalmodiant sa mélopée. Nous comprîmes certes qu'il s'agissait d'un objet religieux, mais nous n'avions aucune idée de son véritable pouvoir. Ce curieux assemblage se déplaçait lentement parmi les morts et les mourants, accompagné d'une petite escorte de disciples en robe, qui marmonnaient des incantations en balançant des encensoirs aux effluves écœurants. Leur progression était interrompue à maintes reprises, à chaque fois qu'ils s'arrêtaient pour trancher la gorge des Guerriers tombés au combat (morts ou blessés) et badigeonner de leur sang les flancs de cet autel portable. Il me sembla – mais cela aurait pu n'avoir été qu'une illusion – qu'à chaque fois, la flamme du brasero au sommet de la plateforme se faisait un peu plus vive. Malgré mon inquiétude, von Hodenstandt refusa de gaspiller ses balles et sa poudre pour tirer sur cette cible isolée et distante. Deux semaines plus tard, un changement se produisit. Après une nouvelle attaque féroce, les barbares se replièrent hors de portée de notre artillerie et furent rassemblés par leurs chefs, qui leur imposèrent un semblant de discipline. Les Guerriers en armure se mirent en rangs sur leur flanc, impassibles. Alors furent entonnés les chants. L'autel fut transporté au devant de leur armée, directement face aux portes de la forteresse. À ma grande horreur, je vis à travers ma lunette la silhouette sanguinolente de frère Vikesthol qui se débattait là, enchaînée à l'avant de l'engin. Nous observâmes, impuissants, le fanatique sauvage danser, beugler ses incantations et tailladant Vikesthol convulsé. Nos pires craintes se matérialisèrent lorsque de sombres nuages miroitants commencèrent à s'amonceler, une tempête fantasmagorique venue du nord. Les minutes passant, ces nuages formèrent une tornade tourbillonnante, dont le point culminant fut la mort brutale de frère Vikesthol. Presque immédiatement, un vent surnaturel divisa les nuages, et notre destin nous fut révélé. Là où les nuages s'étaient trouvés, s'ouvrait à présent une sorte de portail : une fenêtre béante sur le royaume des horreurs primordiales. Sa surface était parcourue d'ondes, comme celle d'un lac, et on distinguait au-delà une ombre sur l'arrière-plan multicolore, comme une silhouette, la simple suggestion d'une forme immense, flottant dans cet éther telle un monstre des profondeurs. Un écho terrible, contre nature tonna à travers la plaine ; il me sembla que c'était là le rire d'un dieu sinistre. Et tout à coup, un éclair de feu ensorcelé bondit de ce portail pour illuminer le prêtre fou de l'autel. L'armée des barbares rugit de plaisir en voyant ce prêtre déchu se tourner à présent vers notre garnison. Étincelant de pouvoir, il libéra une fantastique tempête de flammes démoniaques sur les portes de la forteresse, qui implosèrent. Le reste, Inquisiteur, est très confus dans mon souvenir. La horde hurlante se rua en avant, tout aussi enhardie par l'intervention de son dieu que nous en étions atterrés. Je restai comme paralysé, contemplant, les bras ballants, ces païens massacrer tous ceux qui se trouvaient sur leur route, mon attention partagée entre leur violente liesse et l'apparition qui continuait à onduler dans le ciel. Je me réveillai deux jours plus tard, émergeant d'une pile de cadavres, pour contempler une scène sans nul doute sortie tout droit de l'Enfer. Je ne peux décrire l'horreur de ce spectacle : les restes mutilés de ceux que j'avais jadis appelés amis ; ceux qui, abandonnés par leurs dieux, avaient été laissés mourir de froid dans la steppe glacée, loin de leur foyer. Nos ennemis avaient poursuivi leur route, et Mespelbrünn n'était plus qu'un charnier, ses murailles polluées de symboles impies et de gribouillages primitifs. J'entends toujours leurs cris quand je ferme les yeux. J'entends toujours cette mélopée, les rares fois où je parviens à m'endormir. Peut-être est-ce là le châtiment pour mon échec, qui sait ? Tout ce que je sais est qu'en épargnant ma vie, Sunna m'a condamné à toute une vie de souffrance. Et pour cela, je la hais à jamais. – Témoignage du prélat défroqué Nicolas Ungers
  5. p50 Ensorceleur Votre excellence, quatorze ans se sont à présent écoulés depuis cette nuit fatidique où je perdis et ma femme, et mon enfant. Je l'ai depuis rencontrée plusieurs fois ; à chacune de ces occasions, elle s'était encore un peu plus éloignée de la femme que j'avais connue, et un peu plus élevée parmi les Guerriers. À mesure qu'elle se fait plus distante, je sens mon propre cœur se glacer, tandis que les souvenirs s'estompent, alors que le berceau dans mon manoir reste vide. Cependant, notre dernière rencontre me fait toujours beaucoup réfléchir. Pas à cause de Shiva elle-même, mais à cause d'un autre qui l’accompagna à Totvárosh. Elle mène à présent sa propre bande, les Serres glorifiées, accompagnées par des dizaines de Guerriers et un large contingent de barbares originaires de villages voisins. Mais malgré toutes ces nouvelles arrivées, la principale perturbation provint d'un homme seul. Je le vis parmi leur nombre, s'avançant avec toute l'arrogance typique des compagnons de ma femme. Mais lui n'arborait pas la marque de Savar, ni d'aucun des Sept. Il portait à la place une robe noire flottante, ornée de symboles blancs. Chacun avait l'air imbibé de puissance, comme s'il voltigeait à la surface du tissu, comme les flocons de neige dans le ciel nocturne. Le seul que je pus distinguer était celui de l'infini, l'icône de leur Père Chaos. Sa tenue n'était pas de la qualité la plus frappante. Sa peau avait une teinte bleuâtre que je n'avais jamais vue sur un homme vivant. Ses doigts se terminaient par des griffes noires et acérées. Je fus incapable de deviner son âge : son apparence juvénile tranchait avec son air de vétéran. Ses yeux étaient dorés, étincelant dans la lumière du soleil. Mais le trait le plus saisissant étaient les trois cornes qui saillaient de son front. Ce qui aurait pu sembler une parodie d'ongulé produisait en lui une majesté mystique. Après que les Serres glorifiées eurent quitté Totvárosh, il y demeura, élisant domicile dans le temple. Chaque jour, il vantait les mérites des Dieux Sombres, encourageant la populace à vendre son âme en échange du pouvoir et d'une chance d'immortalité. J'avais cru les habitants pour la plupart accoutumés à de tels sermons, mais la poignée de gens qui s'était rassemblée le premier jour crût de façon continue. Une semaine plus tard, on dénombrait déjà là une foule de deux cents personnes. Le soir me trouva sur le rempart, à mon lieu habituel, accoudé au parapet, perdu dans mes pensées. Il est rare que je sois pris au dépourvu, mais un rire suraigu dans mon dos me fit sursauter. L'objet de mes réflexions sortit des ombres, affichant un rictus moqueur. En quelques gestes, il fit apparaître une poignée de flammes bleues. Je reculai d'un pas, agrippant le pommeau de mon épée. Mais il ricana à nouveau, faisant léviter les flammes autour de lui pour illuminer les créneaux. Nous nous observâmes mutuellement, aucun ne cherchant à prendre la parole en premier. Enfin, ne pouvant tenir plus longtemps, j'ouvris la bouche pour poser la question qui me rongeait l'esprit : « Qui… ? — — Qui suis-je ? m'interrompit-il, tandis que son sourire s'élargissait désagréablement. Tu devrais pourtant me connaître. Je suis le fils du Père, serviteur de l'Infini, gardien de la Vérité et maître du Voile. J'apporte la parole du Chaos, je brise les chaînes qui retiennent autrui dans l'esclavage des rois et des dieux. Comme nombre de ceux de mon espèce, je fus confié aux démons des Désolations pour grandir parmi eux. Je fus bercé par leurs chuchotements, allaité de magie. Je façonnai l'éther là où les autres enfants façonnent le sable, apprenant des vérités capables de te fracasser la raison. » Je me hérissai face à la suffisance de ce morveux, seul dans ma ville, mais qui se tenait sur mon rempart comme s'il lui appartenait. Je vitupérai, mais ma réaction fut une fois de plus anticipée : « Par l'enf– — Mieux vaut ne pas parler d'enfer tant que tu ne peux concevoir sa véritable nature. Pas, du moins, à celui qui a parcouru ses routes maudites, troqué des âmes dans les Palais des plaisirs, visité la Corne d'abondance, est revenu sain et sauf de la Gueule dévorante, et a contemplé l'Abysse éternel jusqu'à ce que ses yeux s'assombrissent sous le poids de l'Inévitable. Néanmoins, en ce qui concerne mes motivations, j'ai des affaires inachevées en cette ville. Des futurs à faire advenir, des vérités connues à faire oublier. » Je fus enfin à même de l'interrompre, haussant le ton sous l'effet de la colère et de la frustration : « C'en est assez ! Assez de ces inepties et de ces charades ! Assez, de corrompre mon peuple et de pervertir ma ville. Pourquoi es-tu encore ici ? Les tiens vont et viennent, sans jamais s'attarder. Pourquoi ne nous laisses-tu pas tranquille ? » Ce disant, je tirai mon épée et fis un pas en avant. Alors, d'un simple geste de la main, il envoya sur moi les flammes qui surmontaient les créneaux. Si ma peau demeura intacte, je ressentis une agonie cuisante qui enveloppa chaque parcelle de mon être. Je tombai à genoux, tandis que mon épée s'échappait avec fracas de ma main inerte. Son sourire malveillant se mua à nouveau en un rire strident. « Tu apprendras la vérité la prochaine fois que nous nous verrons. Alors, tu connaîtrais mon nom, fils de la Volskaïa. Alors, tu seras prêt. » Et avec un dernier hochement de tête entendu, ses bras se murent en un complexe entrelacs, sa bouche proféra des sons d'outre-monde, et l'instant suivant, il fut entouré d'une brume qui l'emporta par-dessus le parapet et au loin, en direction des Désolations. Me retrouvant à nouveau plongé dans la nuit noire, ma dernière pensée fut de me demander quelle nouvelle tragédie me serait encore infligée de la part de ce lieu maudit et détestable. – Votre fidèle serviteur, marquis Ilarion Yanovitch
  6. p.48 Intouchable LA SAGA D'ATHAR – deuxième partie En ces jours, les Byrnlings dans la halle des Giothars furent assaillis par les Fées venues de l'Ouest. Dans de colossales créatures faites de bois se déplaçaient-elles sur l'océan infini, apportant une terrible magie et un massacre impitoyable sur nous qui sommes forts dans les Sept. Grande était l'armée qui s'assembla pour s'opposer aux Elflings détestés : robustes ses Guerriers et redoutables en foi. Les Giothars s'assemblèrent, tous de puissants élus, et allèrent rencontrer l'ennemi maudit devant le regard des dieux. Dans le noir de la nuit il vint sur le camp des Byrnlings : le monstre sauvage. Pas d'une gueule il claquait, mais de trois, pleines de rasoirs, épaisses d'écume et langue tombante. Grotesque et énorme sa carrure de muscles, nombreuses les épines difformes jaillissant de son abominable forme écarlate. De ses immenses ailes il battait, noires comme la nuit, et d'une queue il fouettait, et de ses griffes il tailladait telles un mur de lances. Les Giothars furent plongés dans la confusion ; la bête fut sur eux sans une pensée de merci. Nombreux furent les nobles thanes qui moururent en cette nuit si noire. Alors Skiolda Oddløgdottir, elle qui avait été élevée dans la plaine enchantée où les hommes ne peuvent entrer, héla la Reine des mouches : « Nul ne peut défier la puissance des Byrnlings ! Nous appelons maintenant celui qui montrera à cette créature la vraie signification du pouvoir ! » Et avec ces mots, elle trancha la gorge d'une Fée, prisonnière de sang royal. Nul serviteur de la déesse ne vint alors en Åskland. C'était là un Guerrier réincarné, Porteur de bouclier désormais au service de nul autre que du Grand Père. Une vision de pure puissance, et de force incontestée : le puissant Athar était revenu ! Héraut exalté, seigneur du Grand Royaume, accouru pour son rival de jadis dompter et la véritable nature du Chaos révéler. Car en vérité le monstre était Byrn, Celui-qui-avait-échoué-à-l'épreuve, ayant pris une nouvelle forme bestiale, pitoyable : l'Intouchable décérébré. D'un seul coup Athar l'Ascendu se soumit la bête. Et avec elle à son côté, il se lança à l'assaut des cohortes elfiques, humiliant leurs plus grands champions ; et les Giothars marchèrent avec eux au noble combat. Rouge fut l'aube et terribles les cris des Fées frappées lorsque le soleil réchauffa l'Åskland ce matin. Et alors Athar repartit une fois de plus aux côtés de son Suzerain, pour régner éternellement dans le Royaume de l'Au-delà. Louez le Père qui veille sur nous ! Louée soit Kuulima ! Que toute gloire soit rendue à la Déesse ! – Extrait de la saga d'Athar
  7. p.46 Affligés Votre Excellence, Des années ont passé depuis l'attaque sur le fort frontalier et la dernière fois où j'ai vu Shiva. Depuis lors, je n'ai cessé d'imaginer ce que je lui dirais le jour où nous nous rencontrerions ; car je n'ai jamais douté de ce que nous finirions par nous revoir. Je rejouais inlassablement cette scène dans mon esprit, la sermonnant pour avoir trahi la Volskaïa, renoncé à son devoir, abandonné son mari et détruit notre famille. Mais la réalité fut fort différente. Par une fraîche matinée d'automne, une bande avança sur la ville et en franchit les portes. L'Illustre Butin était dirigé par un Seigneur de Sugulag ; sa grande bannière était incrustée d'or et de gemmes en si grande quantité qu'elle aurait pu faire honte à un nain. Mais mon regard se porta naturellement sur cette vision que j'avais tant attendue – et crainte. À la tête d'un petit contingent de Guerriers de l'Orgueil, tous vêtus d'armures étincelantes et arborant des capes d'un bleu profond, marchait Shiva. Son casque était porté par un serviteur, ses cheveux cascadaient en vagues sur ses épaules. Une nouvelle cicatrice lui barrait un œil ; elle paraissait cependant plus rayonnante que jamais. Je la dévorai du regard. Mais elle ne daigna même pas jeter un œil dans ma direction, occupée qu'elle était à donner des ordres à ses compagnons, qui se mirent les uns à commercer, les autres à narrer les récits de leurs exploits, tout en restant cependant à bonne distance des autres Guerriers. J'aperçus mon ex-épouse plusieurs fois ce jour-là, tandis que je prenais des mesures pour qu'aucun des habitants de la ville ne se retrouvât aux prises avec les Guerriers. Je fus choqué par les changements que je perçus en elle. La femme svelte que j'avais connue était à présent enchâssée dans une armure qu'elle portait avec la plus grande aise. Tant qu'elle se tenait au milieu de ses camarades, elle paraissait avoir une corpulence normale ; mais maintenant que je la voyais aux côtés des citadins, je réalisai qu'elle avait désormais la même taille que moi, alors que sa tête jadis se blottissait contre mon torse. Ses épaules étaient plus larges que les miennes ; je ne doutai pas qu'elle ne fût également devenue la plus forte de nous deux. Je n'eus le moindre moment à moi avant la tombée de la nuit, lorsque je partis souffler un peu à mon poste habituel sur les remparts. C'est là que je la trouvai, à quelques mètres à peine de moi, scrutant l'horizon par-dessus le parapet. Elle parut complètement ignorer mon arrivée. Nous restâmes ainsi un long moment. Le silence dura une éternité, jusqu'à ce que, finalement, elle m'appelât par mon nom : « Ilarion ». Un unique mot, prononcé à contre-cœur, comme si je venais de remporter une sorte de duel. Je ne m'étais plus attendu à jamais entendre mon nom franchir à nouveau ces lèvres. Il tomba dans mes oreilles comme la pluie sur une terre depuis longtemps desséchée. Un torrent d'émotions s'agita en moi ; il me fallut un long moment avant que je ne pusse retrouver assez de contenance pour poser la question qui m'avait dévorée depuis tout ce temps : pourquoi ? Elle me répondit sur le ton glacial qui seyait tant à son port de reine. « Cette vie ne suffit pas. Cette existence de petits plaisirs et d'ambitions médiocres. Aurais-je dû me contenter de demeurer une simple épouse, de me satisfaire de ce qui aurait rejailli sur moi du peu de gloire que tu aurais pu ramasser parmi les miettes que voudront bien te laisser ceux de Volskagrad ? Oui, tu fus pour moi un bon mari, une bonne personne, mais plus jamais je ne confierai ma destinée aux mains d'autrui, y compris aux tiennes. » Je pris le temps qu'il me fallut pour digérer ceci, avant de poser la deuxième question qui me consumait, d'une voix qui tenait à présent plus du croassement : « …Notre fils ?… » La réplique me fut donnée tout aussi froidement que la précédente. « Il nous a quittés ». Les sanglots ébranlèrent mon corps, se pressant à travers mes dents serrées. Entre mes larmes, je la vis se tourner vers moi avec un air de profond dégoût devant ma faiblesse. Le chagrin lui était désormais complètement étranger ; quant à moi, je n'étais plus qu'un misérable vermisseau parmi tant d'autres. Ma torture prit subitement fin lorsque se fit entendre le son lourd d'un pas traînant au pied du mur. Quelque chose – plusieurs choses, en fait – s'était faufilé à la faveur de l'obscurité. Empoignant une torche qui se trouvait là, je plongeai le regard dans les ténèbres en contrebas. Trois silhouettes sombres et massives erraient là, d'une démarche maladroite. Je vis la flamme se refléter sur leurs yeux… Sur leur nombreux, très nombreux yeux, dépourvus de la moindre symétrie. D'instinct, je fis un bond en arrière, m'exclamant : « Par tous les enfers ! Que sont donc ces choses ? » La réponse me vint, guère plus qu'un chuchotement, le mépris remplacé par une révulsion mêlée de crainte : « Des Affligés ». Malgré leur taille, ces créatures ne devaient assurément plus représenter une menace pour Shiva ? Je m'apprêtai à saisir mon arbalète, lorsque je sentis sa main sur mon bras. « Non. Leur destin a été scellé par leurs propres actions. Quel que soit ce qui leur est advenu, c'est leur échec qui l'a attiré sur eux. Ils ont échoué, et échoué à nouveau. Même le Père ne les prendra pas. À présent ils souffrent ; leur mort doit être méritée. » Je réalisai là à quel point ma Shiva s'était éloignée de moi : la faiblesse, l'échec, la touchaient plus que la mort de notre fils. C'est alors que je compris qu'elle était définitivement perdue. Mais une partie de mon être voulut tout de même prouver sa valeur à cette femme hautaine qui ressemblait tant à mon épouse. C'est un esprit de pure bravade qui dicta mes actions. J'enjambai le parapet, la torche à la main, pour atterrir trois mètres plus bas sur le sol meuble. Ce n'est qu'à ce moment-là que je fus confronté à la véritable horreur de ces monstres. L'un ressemblait à un humanoïde à la taille disproportionnée et aux membres boursouflés, de la vomissure suintant de ses mâchoires. Les autres étaient encore plus étranges, chair absurdement déformée, avec trop de bras, ou trop peu. Le plus proche d'entre eux gémissait, d'un son troublant extrait d'une gorge contrefaite, et je perçus le désespoir dans le seul œil humain qui se trouvait là, sur le torse de la créature. Puis je balançai la torche, hurlant de fureur, ce qui attira les autres gardes sur le rempart. Je pense que ce fut le feu qui les repoussa. N'exprimant aucune peur, ne paraissant pas le moins du monde pressé de s'en aller, ils s'éloignèrent néanmoins, et je pus reprendre mon souffle. Quelles que soient ces bêtes, jamais plus je ne m'approcherai de si près de cette démence incarnée. Jetant un œil par-dessus mon épaule, j'entraperçus une dernière fois Shiva tandis qu'elle se détournait du rempart. Je crus lire de l'approbation dans son regard. Mais le délire était passé, et j'admis enfin que l'épouse que j'avais aimée était partie pour de bon. Et aucune prouesse ne pourra jamais me la ramener. – Votre fidèle serviteur, marquis Ilarion Yanovitch
  8. Panoplies d'objets magiques (« sets ») Toute une série de jeux utilisent des panoplies d'objets magiques (« sets ») pour distinguer une certaine combinaison d'objets. C'est à ‘Kapten Kluns’ que nous devons l'excellente idée d'incorporer de telles panoplies dans le 9e Âge. L'idée est donc d'avoir un ensemble de 3 ou 4 objets qu'un personnage doit acheter afin de gagner un « bonus combiné » conféré par la panoplie au complet. Cela pourrait cependant s'avérer difficile à équilibrer vu que les objets de la panoplie seront tarifés en fonction de leur effet maximum. Ces objets sont à limiter à certains Livres d'armée, on ne les trouvera pas dans les objets communs : telle panoplie optimisée pour un elfe ne serait en effet pas forcément une bonne solution entre les mains d'un ogre, par exemple. Nous avons alors réalisé que ces panoplies pourraient être utilisées pour représenter les personnages spéciaux de notre univers, comme nous l'avions discuté dans le Ninth Scroll nº10, sans trop déséquilibrer le jeu, tout en permettant de sélectionner de façon individuelle les différents équipements de chaque panoplie. Le Legs du Noir Auroch (Hardes bestiales) – 190 pts Bragh à présent fit son entrée. Les Askars périrent sous sa masse, jusqu'à ce que seul le roi Warin ne demeurât entre le Noir Auroch et la berge occidentale du fleuve. Bonus combiné : Le porteur gagne Peur. 1. Bargahn-Grahl, le Fléau des hommes – 85 pts Enchantement d'Arme lourde. Les attaques portées avec cette arme enchantée gagnent +6 en Pénétration d'armure et Attaques magiques, et son porteur gagne Réflexes foudroyants. 2. La Pelisse noire de Bragh – 60 pts Figurine à pied uniquement. Enchantement d'Armure portée. Le porteur gagne +2 Points de vie et échoue automatiquement à tous les jets de sauvegarde spéciale. 3. L'Œil du Meurtrier – 45 pts Artéfact. Le porteur de cet artéfact gagne Blessures multiples (2, contre taille Standard). La Volonté immortelle de Tsanas (Khans ogres) – 180 pts Les démons étaient si nombreux. Mais telle était la force du puissant Tsanas, Il abattit le Changeforme Il abattit le Putrescent, Et d'autres sans nombre. Alors l'énorme Foloï, le Cherchecrânes, Lui lança un gigantesque défi. Tsanas, le Khan des khans, Parcourut le champ de bataille pour l'affronter. Le géant rouge enfonça ses haches Dans la panse de Tsanas. Mais même dans son trépas, le héros De son marteau, arracha la tête de Foloï. Les démons fuirent dans leur terreur, Et les Myahets les poursuivirent. Bonus combiné : Tant que le porteur est en vie, lui et son unité voient leurs jets de Distance de poursuite et de charge irrésistible maximisés. 1. La Grande Masse de Tsanas l'Immortel – 70 pts Enchantement d'Arme lourde. Les attaques portées avec cette arme gagnent Attaques divines et Attaques magiques. Le porteur gagne +1 Att quand il utilise cette arme enchantée. 2. Le Baroud d'honneur de Tsanas – 75 pts Enchantement d'Armure portée. Figurine à pied uniquement. Le porteur gagne Fortitude (5+). Si la figurine avec cette armure enchantée est tué par une Attaque de mêlée, il n'est ôté du champ de bataille qu'à la fin du Palier d'initiative 0. 3. L'Esprit du Khan des khans – 35 pts Artéfact. Les Attaques de corps à corps allouées au porteur voient leur Force subir un malus de -1 (jusqu'à un minimum de 1). Commentaire de ‘Kapten Kluns’ :Je trouve que cette panoplie reflète plutôt bien les compétences de Tsanas telles que relatées par son épopée. Quand bien même il a été tué, il prend tout de même son adversaire avec lui, il a une capacité de survie assez surnaturelle. De plus, il inspire sa tribu lors des poursuites, pour qu'elle parachève le travail commencé. Shiva, Fille de Savar (Guerriers des Dieux Sombres) Le personnage de Shiva joue un rôle de premier plan dans le Livre d'armée complet Guerriers des Dieux Sombres. Comme nous l'avons mentionné au début de cet article, les panoplies peuvent être utilisées pour représenter les personnages légendaires de l'univers du 9e Âge. Prenons donc le cas de Shiva. De son histoire, nous savons qu'elle est élue de Savar, seigneur de l'Orgueil. Elle chevauche différentes montures, mais porte toujours la même épée. C'est avec cette arme qu'elle parvient à se soumettre un Ancêtre Drac déchu. Elle est également représentée comme portant un bandeau en or, tandis que son étendard personnel est celui de son prédécesseur, désormais paré de sa tête. Panoplie de l'Étoile déchue – 200 pts Bonus combiné : Faveur de l'Orgueil uniquement. La figurine gagne Tenace et ne peut rejoindre d'unité. 1. L'Épée de l'arrogance en acier bleui – 100 pts Enchantement d'Arme de base. Les attaques portées avec cette arme sont toujours résolues avec Fo 10 et PA 6. Le porteur n'a pas le droit de porter un Bouclier. 2. Le Bandeau d'or – 30 pts Artéfact. Le porteur doit toujours provoquer ou accepter un Duel, même si une autre figurine pourrait le faire à sa place. Le porteur gagne +D6 Off et Déf (lancer le dé au début de chaque Phase de mêlée). 3. La Folie du Seigneur Ghul – 70 pts Enchantement d'étendard. Cet enchantement peut être sélectionné par n'importe quelle figurine de l'armée. Les unités avec Armure de la forge démoniaque dans un rayon de 12″ de cet étendard voient leurs Tests de discipline minimisés. Mon idée pour cette panoplie était de créer des objets qui seraient en ligne avec le concept de la Faveur de Savar. N'est-ce pas le comble de l'arrogance, de se balader seul sur le champ de bataille avec une épée Fo 10 et sans le moindre bouclier ? Tout en sachant que ce personnage ne bénéficie pas de protections très formidables. Ce désavantage est pallié par l'objet qui donne une super Compétence défensive (en fonction de la foi et de la faveur de Savar). En même temps, un Guerrier de l'Orgueil doit toujours chercher les adversaires les plus forts et ne jamais fuir, sachant qu'il est scruté par son dieu. Shiva, en tant qu'élue de l'Orgueil, se doit de représenter le summum de ses aspects. Elle porte aussi l'étendard de Savar, ornée de la tête d'un chef précédent. Cela, dans le but de rappeler à tous qui est le numéro un, et pourquoi. Il est donc parfaitement logique de se dire que les disciples de Shiva, même ceux qui adoreraient d'autres dieux, seraient affectées par sa présence. Je pense vraiment que les panoplies d'objets magiques sont une bonne manière de renforcer l'immersion dans l'univers du 9e Âge, tout en fournissant des options amusantes et intéressantes. N'hésitez pas à nous faire part de vos idées sur la manière dont nous pourrions approfondir et mettre en œuvre ce concept, en vous rendant sur le fil approprié dans le forum du 9e Âge !
  9. Nouveaux objets magiques Traduit du Ninth Scroll 11 Article par ‘Henrypmiller’ Ces derniers mois, j'ai demandé à la communauté quels étaient les objets magiques qu'elle aimerait le plus voir dans le jeu. La réaction a été extrêmement positive, avec pas mal d'idées on ne peut plus intéressantes ! Il semblait au départ que certains joueurs voulaient un jeu élargi d'objets magiques communs ; et quand on dit « communs », c'est vraiment pour dire des objets très basiques et bon marché, du style « +1 Fo », « +1 Att », « +1 Arm », etc. Il a été suggéré que les effets plus complexes, tels que ceux conférés par exemple par les Inscriptions bénies, devraient être réservés aux Livres d'armée. Je ne sais moi-même pas vraiment qu'en penser. D'un côté, j'aimerais vraiment voir plus d'objets magiques dans les Livres d'armée ; de l'autre, je trouve quand même que les éditions précédentes, où on avait par exemple quatre pages d'objets magiques pour les seules Hautes Lignées elfiques, étaient un peu abusées ! Je trouve qu'une grande partie du jeu provient des objets magiques ; du coup, quand on a un grand nombre d'objets magiques dans le Livre de règles de base, et peu dans les Livres d'armée individuels, on perd une grande partie du « parfum » du jeu. Prenons par exemple les Inscriptions bénies. Cet enchantement pourrait très bien jouer le rôle d'une épée de type « Excalibur » pour le Royaume d'Équitaine. Si rien n'empêche un Duc équitain de choisir cet enchantement, il me semble que le fait de le réserver à un Livre d'armée en particulier le rendrait bien plus « spécial ». Les joueurs se sentiraient aussi plus attachés à ce personnage : si vous avez un Duc avec Excalibur, ce n'est pas la même chose qu'un Duc avec une épée qui porte des Inscriptions bénies ! (Même si, évidemment, il n'est pas question du roi Arthur ni de Table ronde dans l'univers du 9e Âge). ‘Calisson’ a d'ailleurs fait toute une recherche sur les légendes arthuriennes, d'où il a tiré une longuissime liste d'objets magiques fréquemment rencontrés dans les récits médiévaux, tels que des boucliers, des ceintures, des coupes, des armures, etc. qui donnent tous des avantages défensifs similaires, lesquels pourraient se traduire en termes de Récupération de points de vie, de Résistance à la magie, d'Ægide, d'immunité au Attaques empoisonnées ou aux Coups fatals, voire d'invisibilité (‘Calisson’ a d'ailleurs suggéré que ce concept d'invisibilité pourrait être représenté dans le jeu par une Ægide contre les attaques à distance). Une autre suggestion intéressante était le Fanion de Pendragon, brandi par Merlin pour le roi Arthur. Selon la légende, cette bannière causait la terreur et donnait une Attaque de souffle (étant donné qu'elle figurait la tête d'un dragon). Une fois de plus, de tels objets pourraient être très intéressants pour les armées qui s'inspirent de sources historiques ou littéraires. Il faut aussi mentionner les objets suggérés par Eldan, un très grand fan de l'armée de la Marée de Vermine, qui nous a donné à peu près 30 idées d'équipements spéciaux ! J'en ai sélectionné deux parmi eux, que je vous donne ici, accompagnés d'autres suggestions parmi les meilleures. Couronne de traîtrise (Marée de Vermine) 100 pts Legius un fier assassin est. Le tueur de nombreuses prétentieuses choses-hommes. Sa lame caudale responsable est de la mort de capitaines, de maréchaux, et même d'un duc. Oui. Vrai cela est. Legius a sa coupe en or enterrée sous son nid. Pourquoi ici Legius est, il ne sait. Le tyran Cornelius pour une mission spéciale l'a appelé. Rien jusqu'ici n'est su. Les nains noirs nous combattons. Rusés ils sont, oui. Des gros balaises, beaucoup. Du feu, beaucoup. Pas sûr de comment un Sicarra peut aider, mais prendre ma paie, je vais. Hmm. Étrange c'est. Étrange que Cornelius au-devant des troupes se trouve. Étrange que les rats d'armes il mène. Inhabituel c'est. Étrange que sans ses gardes du corps la bête de la montagne de feu il charge. Un très brave rat il est… – Dernières pensées de Legius, assassin de la Maison Sicarra Figurines à pied de taille Standard. Usage unique. Une fois par partie, à la fin de la Phase de mouvement, le porteur peut échanger sa position avec un autre Personnage à pied et de taille Standard de son armée. Bâton du medicus Galvanus (Marée de Vermine) 80 pts C'est inspirés par l'ouvrage du célèbre professeur Galvanus de la Maison Rakatchit, De viribus electricitatis in motu musculari commentarius, que les medici de la Maison Fetthis ont développé cette baguette typique de leur griffe, qui permet d'utiliser la chair des faibles pour soigner les forts. Enchantement d'arme. Une figurine avec cet objet gagne le sort lié suivant, de Niveau de puissance (5/8) : Choisissez une unité alliée d'Infanterie ou de Rats géants à 12″ ou moins ; cette unité perd 2D6 figurines. Choisissez ensuite une unique figurine de la catégorie « Engins et cobayes » qui se trouve à 12″ ou moins : pour chaque tranche complète de 4 figurines perdues de la sorte, cette figurine regagne 1 PV. Balles en argent de Bardas (Objets communs) 40 pts Bardas était un des plus grands chasseurs de sorcières du Septième Âge, renommé pour avoir abattu des vampires, des loups-garous et des goules d'un seul tir de son pistolet. Cet équipement est un Enchantement d'arme qui ne s'applique pas à une arme en particulier, étant lui-même une arme à part entière. Arme de tir. Portée : 12″, Tirs 1, Précision 4+, Fo 4, PA 1. Contre les figurines dotées d'une sauvegarde spéciale, cette arme blesse automatiquement et ignore les sauvegardes spéciales. Amulette de chance du commandant (Objets communs) 50 pts Général uniquement. Usage unique. Peut être activée une fois par partie, à l'un de ces moments et pour obtenir l'effet associé : – Une unité ennemie réussit un jet de Distance de poursuite : ce jet doit être relancé. – Une unité ennemie réussit un test de Discipline non modifié : ce jet doit être relancé. – L'adversaire réussit un jet d'Embuscade pour une de ses unités : ce jet doit être relancé.
  10. p.42 Répudiés Votre Excellence, À mon grand regret, je dois vous informer de ce que le prélat Grassl, missionnaire impérial, a trépassé ainsi que tous ses disciples. Cet incident est regrettable, d'autant plus qu'il aurait pu être facilement évité. Toutefois, dès le moment de son arrivée, le prélat parut déterminé à ignorer tous les conseils qui lui seraient prodigués. Après son entrée à Totvárosh, j'instruisis Grassl des spécificités de la vie au bord des Désolations, tant de ce qui nous avait été enseigné lors de nos premiers jours au service de la Volskaïa, mais aussi de mes leçons durement apprises en tant que commandant de cette bourgade. Lorsque je lui eus expliqué que les villages barbares situés à peine à une journée à cheval de la ville vénéraient les Dieux Sombres dans le cadre de leur panthéon, son incrédulité fut tangible : il résolut sur le champ de partir en expédition afin de convertir ces païens qui osaient porter le culte des Dieux Sombres aussi près des peuples civilisés. Je lui répondis qu'une telle initiative serait pure folie, et l'avertis des dangers qui guettaient au cas où un groupe de Guerriers devait croiser sa route. J'allai même jusqu'à le menacer de fermer les portes de la ville au cas où il reviendrait, pourchassé par le désir de vengeance de ceux qu'il aurait ainsi offensés. Rien de tout ceci ne dissuada le jeune homme, exultant de l'ardeur de sa foi et de l'ignorance de sa jeunesse. Le lendemain, il franchit fièrement les portes de la ville à la tête de sa bande de flagellants. Ces individus étaient véritablement impressionnants : des hommes et femmes au regard acéré, n'affichant nulle crainte, nul doute. Leur fidélité était inébranlable, et j'eus le sentiment que peut-être ils parviendraient à veiller sur le pauvre fou pour le ramener sain et sauf, lui qui m'avait ri au nez lorsque je lui avais annoncé que les Guerriers pourraient être beaucoup plus proches qu'il ne le pensait. Pendant un jour et une nuit, je scrutai l'étendue vers le couchant, à l'affût du moindre signe du retour du prélat. Mais au lieu de cela, je vis un homme seul chancelant sur la route. Une fois qu'il eut franchi les portes, il réclama à me voir, me transperçant de son œil mort, tandis que l'autre me fixait avec une intensité contre nature. « Vot' type ne r'viendra pas. 'L a attiré la mort sur tous ceusses q'sont a'c lui. …… Les Répudiés sont en chasse… ». Si ces paroles confirmaient mes soupçons quant au destin de Grassl, elles soulevaient également d'autres questions. « Les Répudiés ? Explique-toi, vieillard ! » Avec force chuintements et soufflant laborieusement, il se mit à démêler pour moi la logique tortueuse des Désolations, ce qui en substance revenait à ceci : « Certains s'élèvent, tandis que d'autres chutent. Mais les Déchus peuvent se relever à nouveau, avec l'aide d'un nouveau maître. Les Répudiés sont ceux qui ont craché au visage de la destinée pour se hisser à présent au-dessus des masses des exilés. Les Guerriers ont beau ricaner dans leur dos, le Père accorde sa puissance à ceux qui ont la force de s'en saisir. Ils approchent à l'heure où je vous parle : malheur à quiconque se dresse entre eux et leur proie ». Le crépuscule rougeâtre changeait la terre en une plaine aux couleurs de sang, lorsqu'une torche apparut soudain dans le lointain au sommet d'une petite colline, se mouvant rapidement. Les flagellants que je vis dans ma lunette me parurent troublés, jetant des regards dans toutes les directions. Grassl lui-même, visiblement nerveux, allongeait la jambe à l'avant du groupe. La source de leur consternation devint vite apparente : de grandes silhouettes qui se profilaient derrière eux, gagnant du terrain. Me retournant, je voulus demander s'il s'agissait effectivement de ces « Répudiés », mais je constatai alors que le vieil homme m'avait laissé seul sur le rempart. Revenant à mon observation, j'étudiai les créatures poursuivantes. Je les pris au départ pour des trolls. Mais les trolls n'ont jamais porté de telles marques sur leur chair ni d'armures enserrant leurs formes massives. On pouvait distinguer sur eux les glyphes des Dieux Sombres, mais ils étaient usés, à moitié effacés, recouverts du symbole de l'infini. Aucun troll ne s'est jamais non plus déplacé avec une telle détermination. Enfin, les flagellants comprirent qu'ils allaient être rattrapés, et firent face. Ils étaient vraiment imposants, ces fervents adeptes qui avaient humilié les plus grands chevaliers et les monstres les plus terribles, prêts à mourir jusqu'au dernier plutôt que de trahir leur devoir. Je m'abstins d'appeler la garde, sachant que cette affaire serait décidée bien longtemps avant que nous ne pussions les atteindre. Leur destin reposait entre les mains de leur déesse. En vérité, il y avait peu de doute sur l'issue du combat. Quoi que ces créatures eussent abandonné, quelles que fussent les protections dont elles étaient dépourvues pour avoir subi si drastique mutation, leur force était extraordinaire. Les chairs, les muscles et les écailles saillaient d'entre les plaques de l'armure naguère façonnée pour être ajustée à leurs corps. Alors que les autres Guerriers ne mentionnent Père Chaos que du bout des lèvres, je témoignai là pour la première fois de la vraie puissance de ce nom. Les flagellants se défendirent avec une dévotion brutale. Ils vendirent chèrement leur peau, allant jusqu'à abattre quatre de leurs attaquants avant de se voir eux-mêmes cruellement piétinés. Voyant le dernier de ses protecteurs réduit en bouillie, le prélat perdit toute contenance et prit la fuite en direction de la ville. Je crus pendant un moment qu'il avait échappé à l'attention des Répudiés, mais la fortune de Sunna ne l'épargna pas en ce jour. Il fut tué à une courte distance des portes de la ville, ses derniers instants masqués à ma vue par une basse crête rocheuse. Quand bien même je n'appréciais guère cet homme, et si grande fût sa part de responsabilité personnelle dans ce qui lui était arrivé, personne ne mérite pareille mort. Ses cris continuèrent à résonner pour un long moment, plus long que ce que je croyais possible, assez longtemps pour me convaincre que cet ennemi était véritablement à craindre. Je ne pus rien faire d'autre que rassembler les cadavres le lendemain afin de les empiler en un bûcher funèbre. J'ai du regret à vous avouer que je ne suis pas certain de savoir quels restes étaient ceux de Grassl. Peut-être la paix l'attend-elle de l'autre côté ; quant à moi, il me faudra encore patienter avant que ma propre tranquillité ne revienne. – Votre fidèle serviteur, marquis Ilarion Yanovitch
  11. p.40 Seigneur de la Ruine …et la nuit était aussi silencieuse et aussi froide que la pierre. Aucun murmure ne troublait la lugubre forêt pétrifiée. Aucune vie. Aucun mouvement. La peur se cramponnait à moi comme une étreinte importune. Je ne voyais rien, n'entendais rien, à part la vapeur de mon haleine et le claquement incessant de mes dents. Maintenant que j'avais perdu mon escorte dans cette épouvantable embuscade et que je m'étais lancé dans cette fuite éperdue, je me retrouvais complètement égaré au beau milieu de ce pays maudit, sans nourriture, sans abri, sans le moindre espoir de salut. C'est alors que j'aperçus une lueur lointaine entre les silhouettes des troncs d'arbre : la lumière d'un feu. Sa radiance m'enchanta comme un doux poème. Lentement, prudemment, je m'approchai de la lumière. Les arbres avaient été arrachés pour ouvrir une clairière, cette même clairière au centre de laquelle brûlait le feu. Les flammes projetaient de sinistres contours sur le sol gelé, où les cristaux de givre reflétaient la lumière, créant un étrange ballet de rouges et de noirs. Je m'arrêtai, tapi dans les ombres à l'orée de cette arène d'ombres : j'avais aperçu son propriétaire. Assise sur une bûche, de l'autre côté du feu, se détachait la forme d'une humanoïde à la taille formidable. Elle avait sans doute été jadis très belle. De longs cheveux noirs tombaient sur son visage dur à l'éternel regard émeraude. Mais son corps s'était depuis longtemps déjà éloigné de l'humanité. Sa masse défigurée était recouverte d'un assemblage hétéroclite d'antiques pièces d'armure rouillée, dont certaines avaient fusionné avec sa chair, de tendons difformes et d'un nombre excessif de membres dégingandés. Ses vêtements, jadis élégants, pendaient en lambeaux, maculés de taches noirâtres. Elle croulait sous les parures, gemmes et marques passées d'une puissance oubliée. Je crus y reconnaître le sceau de Cibaresh, un nom que je n'aurais jamais admis connaître en d'autres circonstances. Mais ces ornements étaient brisés, craquelés, de toute évidence depuis longtemps délaissés. Elle demeurait aussi impassible que la lune au-dessus de nos têtes, le regard plongé dans les flammes, une colossale lame d'acier noir posée sur ses cuisses. Immobile, seule. L'éclat flamboyant dansait sur le tranchant de son épée et dans ses yeux. Malgré tout son calme apparent, elle pulsait d'une sorte d'énergie blasphématoire. Elle était si fascinante que j'en oubliais pour ainsi dire de respirer. Mais alors, comme par un étrange tour du destin, il y eut près de moi un grand fracas, lequel faillit me faire bondir hors de ma cachette. Je jure qu'il s'agissait du plus gros gortach jamais engendré. Aussi grand que les arbres qui nous entouraient, avec des cornes aiguisées comme des faux, brandissant une hache capable de fendre un navire en deux. Apercevant la monstrueuse demi-femme, il poussa un violent rugissement de défi, aspergeant la scène de postillons qui grésillèrent dans le feu. En guise de réponse, elle se contenta de lever les yeux au ciel pour murmurer une sorte de prière, dans laquelle je ne distinguai que le mot « père ». Puis, telle un boulet de canon, elle fondit subitement sur la bête, sans le moindre avertissement. Je fus émerveillé par sa férocité, par la façon dont elle se ruait sur l'intrus avec son épée noire et ses nombreux bras, griffes et crocs. Avant que le gortach n'eût pu relever sa hache, elle lui infligea une série de coups susceptibles de déraciner des montagnes. La bête s'effondra sans un bruit, inerte. Elle s'arrêta pour contempler son œuvre, puis releva une fois de plus la tête en direction du ciel. Je suivis son regard. Mais lorsque j'abaissai les yeux, je constatai horrifié qu'elle me fixait directement. Cela ne dut cependant n'être qu'un artifice de la lumière, car elle continua à agir en m'ignorant complètement. Elle traîna la carcasse auprès du feu, comme si elle n'eût pas été plus lourde qu'une plume. Le parfum à l'écœurante douceur de la chair rôtie emplit bientôt le bois, suivi d'un craquement sourd tandis qu'elle ouvrait la cage thoracique du monstre pour en extraire l'énorme cœur fumant. Et du sang de sa victime, elle traça à l'emplacement de son propre cœur l'image d'un grand huit horizontal, avant de revenir à sa méditation initiale. Je me remémore cet instant à chaque fois que… – Page arrachée du roman Échappé à l'étreinte de la mort, par Igor Demark
  12. p.38 Guerriers chevaliers M'étant arrêté dans une auberge sur la route de Narrenwald, et alors que je m'apprêtais à monter me coucher, je ressentis un vent glacial, qui fit taire immédiatement toutes les conversations dans la grande salle. Deux hommes en uniforme noir étaient apparus sur le seuil, encadrés par la pleine lune dans le ciel hivernal. Des inquisiteurs. Ils s'approchèrent du comptoir d'un air suffisant, avant de s'adresser à la serveuse, qui avait beaucoup de mal à empêcher ses mains de trembler. « Un voyageur. Du nom de Pépin », grommela l'un des agents. Je sentis mon cœur défaillir. Mon horreur ne fit que croître lorsque je vis la pauvre jouvencelle vacillante me trahir d'un mouvement des yeux. Un sourire apparut lentement sur le visage de l'inquisiteur le plus proche. Ce n'est qu'alors que je réalisai qu'il s'agissait d'une femme, quand bien même elle me dépassait d'au moins six pouces. Elle s'avança. Tout à coup, une autre silhouette s'interposa entre elle et moi. « Bien le bonsoir, officier. Pourquoi ne pas une fois gentiment nous expliquer quel est le problème, hm ? » C'était un monsieur à la carrure imposante et à l'air bourru, qui avait été en train de siroter une pinte de bière, tout seul à sa table. Je ne lui avais jusque là pas prêté la moindre attention. « Cet homme a été vu franchir la frontière du Zagvozd, déclara la femme, le fusillant du regard comme pour le défier. Il est recherché pour être soumis à la question. — Que faisais-tu au Zagvozd, l'ami ? me lança mon sauveteur inopiné, sur un ton très calme, sans quitter une seule seconde l'inquisitrice des yeux. — Un p-… un p-… un pèlerinage, bégayai-je. Je reviens de l'abbaye de Kolk ». Mes lecteurs le savent, cela était la vérité de Sunna ; cependant, l'Inquisition n'en parut pas plus apaisée pour autant. « Cette abbaye a été désacralisée, sur ordre du Prélat suprême. Plus personne n'effectue ce pèlerinage depuis des années. — Néanmoins… Néanmoins, ce site comporte toujours un immense intérêt d'un point de vue historique ! Je ne suis pas un simple pèlerin, voyez-vous : je suis également voyageur et chroniqueur professionnel. Tenez, jugez-en par vous-même : voici mon journal. » Elle l'inspecta comme s'il se fut agi du cadavre d'un rat repêché dans les latrines. « Peut-être avez-vous entendu parler de moi ? En échange d'une simple piastre, madame, je peux vous raconter une histoire qui vous fera pleurer de tristesse ou de joie ! — Voilà qui est très bien, m'interrompit mon nouveau meilleur ami. Donc tout est réglé. Aucun mal de voyager. Vous pouvez vous rassurer que ce brave homme ne représente aucune menace pour le bien du peuple. » Les inquisiteurs échangèrent un regard, maudirent intérieurement leur interlocuteur, et prirent la route, claquant la porte derrière eux. Toute l'assemblée reprit son souffle. « Il faut absolument que vous me laissiez vous offrir une chopine, l'ami. Sans vous, je serais déjà en route pour une cellule glaciale ou bien pire, à l'heure qu'il est. On m'appelle Samuel. — Tobias, dit le gaillard, acceptant et ma poignée de mains, et la bière. Et ça aura été bien pire qu'une cellule vide. — Vous me semblez déjà avoir une certaine expérience de l'Inquisition… ? — On peut dire ça comme ça… », répondit-il en tirant le col de sa chemise pour révéler son torse. Il était couvert d'horribles marques de brûlure. « Loin de moi l'intention de mêler de ce qui ne me regarde pas, mais comme je l'ai mentionné tout à l'heure, je suis un collectionneur d'histoires. Je serais plus qu'honoré si vous pouviez me partager la vôtre. » Il me considéra un bon moment, puis émit un petit rire ronflant. « Elle n'est pas fort jolie. Je faisais de la contrebande, il y a un peu de temps, sur un petit rafiot autour d'Alfhaven. C'est là que les corsaires noirs m'ont attrapé. De ce que j'entends dire, j'ai quand même été plutôt chanceux : ils n'ont pas eu le temps de m'embarquer jusqu'au Dathen. J'ai fait trois mois de galère, tout le tour de la mer des Tempêtes, d'est en ouest et de retour. C'est là qu'on a eu quelques soucis avec les Dieux Sombres. Ce qui explique que l'Inquisition s'est intéressée à moi. » Il prit une bonne lampée. À mon regard implorant, il voyait bien que je ne comptais pas en rester là. « Un jour qu'on avait monté le camp sur la plage, en train de charger et décharger des marchandises, on les a vus arriver. Ils étaient cinq, pas plus. Je me suis dit, “Tiens, des cavaliers”. Mais ce n'était pas des cavaliers comme les autres. Ils se sont approchés tout doucement, au petit trot. On s'est peu à peu rendu compte que c'était des solides types, avec des grosses armures, avec des triangles gravés dessus. Leurs têtes étaient nues ; le visage, les cheveux, blancs comme la neige. Mais leurs yeux étaient noirs, tout noirs… J'ai compris que ce qui venait là était quelque chose de pire encore que les esclavagistes. Les elfes étaient une bonne vingtaine, je vais dire. Ils se sont dépêchés de former des rangs. Enfin, quand ils n'étaient plus éloignés que… de la longueur de cette pièce, disons… C'est là qu'ils ont chargé. Les elfes étaient en confiance : même si c'est de la cavalerie, cinq types ne peuvent rien contre vingt, c'est le bon sens. Mais leur ligne a craqué comme la coquille d'un œuf. Ces types, – des chevaliers, je suppose –, tout occupés à les massacrer, leur expression sur leur visage n'a pas changé d'un iota. Les elfes n'arrivaient à rien contre leur armure. Un d'entre eux a fini par être jeté à bas de son cheval par un coup chanceux, mais même alors, il a fallu au moins cinq guerriers pour l'abattre. Volund m'en préserve. — Donc, vous avez été capturé par ces chevaliers ? Vous ont-ils fait travailler, vous ont-ils vendu ? », demandai-je avec entrain, sans remarquer que le visage de mon interlocuteur avait tout à coup pris un teint cireux. Il resta là, le regard vide, perdu dans le vague pendant un long moment. « Non, ils ne nous ont pas capturés. Ils n'ont même pas fait attention à nous. Quand ils ont eu fini de se battre, ils ont rassemblé les corps, lentement, en prenant tout leur temps. Puis ils se sont mis à arracher les yeux de chacun d'entre eux, un à un. Ça je n'ai pas pu regarder. Les autres esclaves et moi, nous étions tout pâles de terreur. Mais ils n'étaient pas après nous. Il me semble qu'ils considéraient cela comme en-dessous d'eux, de combattre des esclaves désarmés. Les Dieux Sombres ne prennent que ceux qui acceptent de leur propre volonté. Ils ont trouvé une pierre, ils ont ramassé tous les yeux, et avec, ils en ont fait une petite pyramide. Et ils ont passé là tout le reste de la journée, agenouillés comme s'ils étaient en train de prier, aussi foutrement immobiles que des statues. Pour finir, nous avons compris que nous étions libres de nous en aller. Nous ne savions pas comment manœuvrer la galère sans les daebs, alors on les a laissés à leur prière et on s'est une fois mis à marcher, vers l'ouest. Après une longue promenade, nous sommes arrivés aux Fanaux, et là, vous comprenez bien qu'ils avaient quelques questions à nous poser, surtout avec nos habits encore tout tachés de sang d'elfe. J'ai été immédiatement déféré à l'Inquisition. Au final, le pire était encore à venir, mais après seulement que je suis revenu dans notre cher Empire… » Il vida sa chope d'un trait, puis me regarda droit dans les yeux. « Mais cette histoire-là, c'est pour une autre fois, mon ami, dit-il. Puisse Sunna te protéger de ses propres serviteurs. Bonne nuit ». Sur ce, il se leva et partit se coucher. – Extrait du Journal de Samuel le Pépin, pèlerin et raconteur professionnel
  13. p.36 Guerriers Votre Excellence, Cela fait longtemps que nous ne sommes plus écrit. Un an a passé depuis à Totvárosh, les jours s'écoulant l'un après l'autre. Occupé à accomplir les charges incombant à mon poste, je n'ai pas vu passer les mois ; l'allant qui était autrefois le mien s'est évanoui avec ma Shiva bien-aimée. Vous aurez certainement entendu les rapports de la frontière : une bande est passée par ici il y a environ deux semaines, en direction de la Volskaïa. J'envoyai des messages comme il se doit aux forts frontaliers et à la capitale. J'estimais avoir joué mon rôle. Mais mes hommes étaient assoiffés d'action, et je ressentais moi-même l'envie d'une escapade. C'est ainsi que nous suivîmes de loin la progression de la bande jusqu'à la frontière. Il ne s'agissait cette fois pas d'une grande armée dirigée par un Seigneur de renom ; ces Guerriers n'affichaient que peu des cicatrices et des comportements auxquels je m'attendais à la suite de mes dernières rencontres. Mais ils portaient la même armure à l'air méchant, telle qu'aucun forgeron de ma connaissance n'aurait jamais pu en produire : d'épaisses plates d'acier articulées l'une avec l'autre comme la carapace d'un insecte sinistre, assorties de piques et d'armes à l'apparence malveillante. Ces Guerriers portaient toutes sortes d'icônes, mais ne marchaient pas séparément selon leurs dieux. Il s'agissait d'un groupe mixte, au sein duquel étaient représentés cinq des Sept. À leur tête marchait une femme à la fière allure, dont je ne pouvais discerner le visage. Ses cheveux flottaient au vent derrière elle ; elle portait nonchalamment son heaume au côté, orné de la marque très reconnaissable de Savar. Leur groupe était dépourvu de la moindre discipline régimentaire, mais ils étaient unis par un but commun. À la manière dont ils brandissaient leurs armes et dont ils scrutaient le paysage autour d'eux, il ne faisait aucun doute qu'ils étaient bien entraînés. Je suis certain qu'ils étaient au fait de notre présence, mais soit nous étions trop éloignés pour représenter une cible viable, soit nous étions trop peu nombreux pour susciter leur intérêt. Après plus d'une journée de voyage, nous arrivâmes à l'objectif de leur expédition : Duvitsé, un fort à la frontière de la Volskaïa, gardant un étroit passage à travers les terres marécageuses. Mes messages d'alerte devaient être arrivés à destination, car la garnison était prête au combat, alignée sur les remparts. Nos hommes avaient l'air majestueux dans leurs uniformes et bien équipés, leurs bannières claquant dans la brise. Des cors retentissaient distinctement dans le crépuscule, des torches étaient allumées tout le long du mur. Les Guerriers ne perdirent pas un seul instant avant de lancer leur attaque. Ils ne montrèrent aucune crainte des défenseurs, malgré le fait qu'ils étaient au moins trois fois surpassés en nombre et qu'ils attaquaient une position défendue. Le combat qui s'ouvrit fut fort sanglant. Les Guerriers formèrent des lignes de bataille, mais semblaient néanmoins peu se soucier du soutien de leurs frères d'armes, tandis qu'ils repoussaient de leurs lourds boucliers les flèches qui pleuvaient sur eux. Chacun se pressait en avant, déterminé à se plonger dans la mêlée, à faire la preuve de sa compétence. Les Guerriers qui tombaient étaient abandonnés là ; aucune compassion n'était accordée aux morts et aux blessés. Comme si ceux qui s'avéraient incapables de survivre n'avaient pas leur place parmi cette compagnie de braves endurcis. Pourtant, malgré cette indifférence apparente, ils n'étaient pas tout à fait dépourvus d'émotion. Observant la scène à travers ma longue-vue (ce précieux cadeau de votre part), je notai leur expression à chaque fois qu'un des leurs s'effondrait. Cette image était si fugace que je crus au départ l'avoir imaginée. Mais je la revis, encore et encore : un éclat d'horreur, un miroitement d'effroi face à cette vie qui s'éteignait. Je ne peux dire que je comprends ce sentiment, alors que rien d'autre ne paraît les perturber – ni nos effectifs, ni les étendards de nos régiments de vétérans. Mais je suis à présent certain qu'ils craignent la mort, même s'ils ne la craignent pas de la même manière que les autres mortels. Tant que leur ennemi tombait en plus grand nombre que les leurs, le combat se poursuivit. Nos lignes vacillèrent, menaçant d'abandonner leur position. Quoique mon propre contingent fût fort petit, les Guerriers étaient complètement engagés à présent, et le besoin de rejoindre la bataille démangeait mes hommes. Peut-être notre charge eût-elle pu renverser le cours des évènements. J'hésitai. Une vision, entraperçue à travers la longue-vue, me retenait d'en donner l'ordre. Je parcourus du regard le champ de bataille de part et d'autre. Enfin, je la vis… Elle, la meneuse, son heaume toujours accroché à ses hanches, comme pour afficher son dédain envers ses ennemis. Elle était juchée sur une pile de cadavres, son épée scintillant dans la lueur des flambeaux. Et c'était ma Shiva. Ses cheveux n'étaient plus coupés courts ; son visage était balafré ; il y avait dans son regard une dureté que jamais je n'y avais vue auparavant. Mais il n'y avait aucun doute : ma femme était en vie. Les secondes passées à l'observer se muèrent en minutes, tandis que nos défenseurs mouraient par dizaines et que mes hommes me suppliaient de rejoindre la mêlée. Ma rêverie fut interrompue par un incident inattendu. Du nord, le long de la frontière, on entendit retentir des cors et un tonnerre de sabots. Tout un contingent de hussards, leurs casques ailés se détachant clairement dans l'obscurité, lances abaissées, enfonça les Guerriers dans le flanc, les chassant des remparts. Profitant de ce répit, nos troupes se rallièrent. En l'espace d'un moment, l'avantage avait changé de camp. Les Guerriers succombaient sous l'impact de la charge des hussards. Voyant tant des leurs ainsi gisant, et considérant sans doute le risque pour eux-mêmes, les Guerriers perdirent rapidement toute détermination. Les hussards ne les poursuivirent que sur une courte distance : la nuit s'épaississant, le risque d'embuscade était trop élevé. Le rappel fut sonné. Mes hommes exprimèrent leur réconfort ; je partageais le même sentiment, mais pas pour les mêmes raisons. Car ils célébraient notre victoire et la survie de notre avant-poste, tandis que mes propres pensées accompagnaient cette crinière de cheveux noirs s'enfonçant dans les ténèbres, la dernière vision que j'avais conservée de ma Shiva, Guerrière des Dieux Sombres. La voir en pareille compagnie m'emplissait de désespoir ; mon cœur agonisaient à l'idée que son âme puisse courir un si grand risque ; mais j'entretiens un espoir naïf, insensé, de pouvoir encore la sauver. – Votre fidèle serviteur, marquis Ilarion Yanovitch
  14. Ghiznuk

    [Question] Sguigs broyeur et insignifiant

    Désolé d'être relou, mais il n'y a PAS de squigs dans l'univers du 9e Âge. Merci d'utiliser les termes correspondant à NOTRE jeu et pas à celui de « quelqu'un d'autre », afin d'assurer la pérennité de NOTRE projet à tous. ––––– Ceci dit, j'ai posé la question en haut lieu, et apparemment l'absence de la règle Insignifiant pour cette unité serait une erreur. Mais c'est à confirmer, après consultation de l'équipe responsable. On attend une décision et errata officiel, donc ^^
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