Aller au contenu
Warhammer Forum
  • Annonces

    • Crilest

      Facebook, Twitch et Youtube Warfo!   29/01/2017

      Facebook, Twitch et Youtube Warfo! N'hésitez pas à vous abonner! (Cliquez pour avoir les liens directs) :
      Twitch https://www.twitch.tv/warfo_ // Youtube https://www.youtube.com/channel/UCdfGqlNnp_NRXtUkD9zB1Uw // Facebook https://www.facebook.com/groups/28144942833/

Schattra

Membres
  • Compteur de contenus

    868
  • Inscription

  • Dernière visite

À propos de Schattra

  • Date de naissance 30/10/1989

Contact Methods

  • Website URL
    http://nebelheim.wordpress.com/

Profile Information

  • Lieu
    Levallois-Perret

Previous Fields

  • Jeux
    Warhammer; Empire+Nains

Visiteurs récents du profil

8 368 visualisations du profil
  1. [WHFB][VO] Thunder & Steel - Omnibus Dan Abnett

    JutRed, je suis fan! Un immense merci de t'être attelé à cette imposante, mais très digeste chronique, et de t'être penché sur les travaux de jeunesse med-fan du gars Abnett. Je m'étais promis de remonter à la source du "mal" une fois la chronique de la séquelle (qui porte très bien son nom) terminée, mais ta critique m'a poussé à franchir le pas dès à présent. Il me tarde de comparer les deux opus pour voir si c'était mieux avant, comme le dit le proverbe. J'ai une question technique à te soumettre: est-ce que Gilead fait la rencontre d'un universitaire humain répondant au nom de Mondelblatt lors d'un passage à Nuln ? Ce personnage apparaît en effet dans le chapitre que je viens de terminer, et il me semble qu'il s'agit d'une vieille connaissance de nos héros... À bientôt pour le prochain retour, dont il me tarde de savoir ce que tu as pensé. Schattra, la naissance d'une légende
  2. [40K/WHB][VO] Hammer and Bolter

    @XAW: Merci pour ton commentaire et ton soutien, camarade! Je me suis toujours dit que j'arriverais au bout de ce petit exercice, commencé il y a déjà quelques années, mais j'étais incertain sur le temps qu'il me faudrait pour boucler la boucle. Au rythme actuel, j'espère avoir fini avant 2017.    @JutRed: Merci également pour ton post, tes critiques des bouquins Age of Sigmar (qui m'ont beaucoup plu et m'ont bien fait rire), et ce complément d'info bienvenu sur le destin de ce bon vieux Erkhart Dubnitz! Je m'étais mis en retrait du hobby au moment de la Fin des Temps, et n'ai donc suivi que de loin les conséquences fluffiques de l'évènement. Savoir que l'Ordre de Manann a eu le droit à sa petite heure de gloire au cours du baroud d'honneur de Warhammer me satisfait profondément, et me donne une nouvelle raison de considérer l'achat des bouquins publiés pour l'occasion.   *** Bonjour à tous et bienvenue dans la chronique du 22ème numéro de Hammer & Bolter ! Au programme ce mois-ci, le retour de Chris Dows (In the Shadow of the Emperor, H&B #14) et de Frank Cavallo (The Talon of Khorne, H&B #20), dans des adaptations « warhammerisées » d’Un pont trop loin pour le premier et de Contagion pour le second. Saluons également les grands débuts de Jordan Ellinger (une nouvelle de 27 pages) et les petits débuts de C Z Dunn (un extrait audio de trois minutes et une seconde) dans le webzine de la BL. Ce bon vieux Nick Kyme vient compléter le roster du numéro en signant un copieux court-format joignant l’horrible (une histoire de Salamanders1…) à l’insoutenable (…initialement publiée sous la forme d’un audio book2), mais chaque chose en son temps. Et Gilead’s Curse, me direz-vous ? Bien que cette question, sous des abords innocents, dissimule probablement un goût prononcé pour la souffrance humaine de la part de celui ou celle l’ayant formulée, je me dois d’y répondre et indique donc à ceux que ça intéresserait qu’aucun chapitre du surréaliste opus d’Abnett et Vincent ne figure au sommaire de ce numéro. La cause de ce hiatus (le 2ème en 6 mois tout de même) est peut-être à chercher dans la date de publication du présent objet d’étude (Juillet 2012), tout le monde ayant le droit de prendre des vacances. De mon côté, je dois avouer qu’un bref sursis avant de me replonger dans la prose débilitante du duo infernal n’est pas de refus non plus. Bref, tout le monde est content et c’est bien là l’essentiel.   1: Remember The Burning – H&B #14 2: Remember Thunder from Fenris – H&B #19       The Mouth of Chaos – Dows:   Après un premier effort, très Rogue Trader-esque dans l’esprit, et assez moyen dans la réalisation, Chris Dows a opté pour une approche plus conventionnelle pour sa deuxième publication dans Hammer & Bolter.   Alors qu’une insurrection chaotique est sur le point de faire sortir le monde de Rysgah de l’ample giron de l’Imperium, la Garde Impériale lance une contre-attaque sur la capitale planétaire (éponyme) afin de calmer les velléités sécessionnistes de la milice locale. La topographie du théâtre d’action empêchant le Marteau de l’Empereur d’utiliser ses tactiques favorites (assaut massif de bidasses totalement sacrifiables et/ou bombardement à outrance de la position ennemie), le haut commandement impérial décide de la jouer fine et charge le 158ème régiment de parachutistes Elyséens de sécuriser une tête de pont dans la cité rebelle.   La nouvelle commence donc par une séance de chute libre synchronisée, qui voit nos skydivers de combat dessiner des symboles insultants envers les Rysgahans et les mères de ces derniers dans le ciel nocturne, déclenchant en représailles la mise en batterie d’une Hydre et la désintégration tragique d’une partie non négligeables de nos hardis paras. Fort heureusement pour les Elyséens, l’escouade de troupes de choc du Sergent Zachariah était inscrite sur la feuille de match, et ce dernier se fait une joie de descendre les trois servants du char ennemi, et ce alors qu’il n’a même pas encore touché terre. Vous avez bien lu, Zach’ snipe les faquins en pleine chute, de nuit et à une distance que l’on peut estimer à quelques centaines de mètres, si on en juge par le temps qui lui est nécessaire pour toucher terre après son triple headshot. C’est ce qu’on appelle une entrée en matière supercalifragilisticexpidélilicieuse (d’ailleurs le terme lui-même a été inventé par l’Empereur pendant la Grande Croisade après qu’il ait eu une vision de Zachariah réussir à décapsuler une bière depuis l’orbite haute avec un macro canon), qui a le mérite de camper d’emblée le personnage et donne au lecteur un avant-goût des capacités martiales du personnage principal et de sa fine équipe. Avec des gardes impériaux aussi balaises, qui a encore besoin de Space Marines ?   Ayant regagné le plancher des grox sans plus de péripéties, les Elyséens se mettent à creuser un tunnel à travers la paroi du cratère volcanique dans lequel Rysgah est bâtie afin de pouvoir apprendre la vie aux hérétiques faisant régner la terreur dans la cité. Il y a certainement une explication logique au fait que nos héros n’aient pas simplement opté pour atterrir directement sur zone (et donc du bon côté du cratère), au lieu de perdre du temps en de laborieux travaux d’excavation, mais Dows ne se donne pas la peine de la fournir, entamant sensiblement la crédibilité de son récit se faisant. Par chance, les ingénieurs Elyséens se révèlent avoir du sang squat dans les veines et ont vite fait de dégager un accès convenable pour le gros de la troupe, qui doit cependant essuyer un feu nourri de la part des sécessionnistes dès la sortie du tunnel. Soit exactement le genre de situation que des troupes aéroportées ne devraient pas rencontrer. L’officier en charge de cette opération doit être le beau-frère du Commandant Chenkov, ce n’est pas possible autrement.   Encore une fois, il revient à Zachariah et à ses spécialistes de sauver les miches de leurs petits camarades, ce qu’ils font avec un professionnalisme et une efficacité admirables, en bons Gardes Impériaux de film d’action qu’ils sont. L’épisode permet également à Dows d’introduire la fameuse Bouche du Chaos ayant donné son nom à la nouvelle, et qui se révèle être un vulgaire Difool chaotique dont les élucubrations prosélytes sont rapidement interrompues par un tir millimétré de lance-grenades venant détruire le haut-parleur relayant sa vile propagande (mais si, c’est possible). Même si le lascar reviendra taper sur les nerfs de nos héros à plusieurs reprises dans la suite de la nouvelle en lisant les dédicaces des auditeurs à l’antenne tentant de les faire basculer du côté obscur, son rôle dans l’intrigue restera très mineur, ce qui pose la question du choix effectué par Chris Dows au moment de nommer son travail1. Tant d’interrogations, et si peu de réponses, on se croirait dans Qui saura de Mike Brant.   De démonstration martiale en démonstration martiale, on comprend finalement que le but de Zach’ & Cie est de détruire un des trois ponts reliant le quartier où ils se trouvent avec le reste de la cité, ce qui permettrait aux forces impériales de sécuriser leur tête de pont et d’entamer la reconquête de Rysgah dans des conditions optimales. Secondées dans cette dangereuse mission par une escouade de gardes lambda, dont la seule utilité est de mourir sous les tirs ennemis à intervalles réguliers afin de montrer au lecteur que le risque est bien présent, les troupes de choc du 158ème réussiront bien sûr à dynamiter leur objectif malgré la présence du traditionnel boss-de-fin-que-le-briefing-tactique-n’avait-pas-prévu (tous des planqués au Strategium !), qui se trouve être ici une paire de tanks décatis, pour ceux que ça intéresse. Je laisse les lecteurs curieux découvrir la manière dont nos héros réussissent à se tirer de ce mauvais pas, la méthode utilisée étant trop absurde/épatante (c’est selon) pour être spoilée ici.   Dows marche très clairement sur les traces de Dan Abnett et des Fantômes de Gaunt avec ce The Mouth of Chaos. Au-delà des ressemblances évidentes entre les protagonistes de ces deux auteurs (une bande de Gardes Impériaux vétérans surclassant outrageusement tout ce qui a le malheur de croiser leur chemin), on peut également noter une certaine similarité de style, particulièrement dans les scènes d’action, décrites dans les deux cas à hauteur d’homme et parvenant de ce fait à rendre de manière convaincante l’intensité d’un affrontement en environnement urbain.   Si l’on peut tiquer devant la facilité avec laquelle les Elyséens de Chris Dows roulent sur les pauvres renégats leur faisant face, et déplorer la tendance de l’auteur à sortir ses héros du pétrin en leur permettant de réaliser des faits d’armes dignes d’un Primarque au pic de sa forme, on doit en revanche lui reconnaître un certain talent dans la description d’une opération des forces spéciales de la Garde Impériale, et plus particulièrement des paras Elyséens, dont le mode de déploiement par grav-chute est mis en scène de manière assez satisfaisante en ouverture de la nouvelle. Un autre bon point peut être attribué à Dows pour le soin qu’il a mis à doter chacun des six membres de l’escouade de Zachariah d’une (ébauche de) personnalité, permettant au lecteur de différencier les personnages sans trop de difficultés au bout de quelques pages. Mine de rien, un tel résultat nécessite un niveau certain en matière de character development, dont peu de contributeurs de Hammer & Bolter peuvent se targuer (d’ailleurs, In the Shadow of the Emperor pêchait dans ce domaine).   De façon plus marginale, on peut également reprocher à The Mouth of Chaos quelques incongruités scénaristiques (voir ci-dessus), ainsi qu’une entorse manifeste (et assez surprenante de la part d’un auteur apparemment au fait sur la question2) au background canon, l’un des hommes de Zachariah se déclarant en effet impatient de retourner sur Elysea pour chasser du pirate, ce qui n’arrivera selon toute probabilité jamais. Cette innocente remarque est d’ailleurs toute proche de déclencher une crise d’apoplexie chez Hawkeye, légitimement contrarié du manque de culture de son sous-fifre3, ce qui semble laisser la porte ouvert  à une possible sérialisation des aventures des cadors du 158ème dans le futur (futur pas encore réalisé à l’heure actuelle, si on croit la bibliographie du bonhomme), histoire de permettre à Dows de faire toute la lumière sur les causes profondes de cet incident.   Le solde final reste cependant assez largement positif, cette deuxième contribution à Hammer & Bolter s’avérant être de bien meilleure facture que la précédente, ce qui m’autorise à répondre de manière positive à la question posée en conclusion de la critique de In the Shadow of the Emperor quelques mois plus tôt. J’adore les histoires qui se terminent bien.   1 : Personnellement, je penche pour un titre suggéré par un éditeur pas franchement emballé par celui proposé initialement par Dows : Hey Chaos, Suck My Airborne Dick. 2 : Dows va même jusqu’à citer le nom d’un obscur Inquisiteur martyrisé par le Chaos (De Haan), créé par Graham McNeill dans Killing Ground. 3 : La vraie raison de la réaction épidermique de Zachariah à la bourde du première classe Beor n’est pas donnée, et cette relation apparemment compliquée avec la notion de retour au foyer est un autre point commun entre les Elyséens de Dows et les Tanith d’Abnett.   The Butcher’s Beast – Ellinger:   Jordan Ellinger n’a semble-t-il pas fait carrière comme contributeur de la Black Library, la présente nouvelle représentant un quart de sa production pour la maison d’édition de Nottingham, si l’on en croit le site internet de cette dernière. Spécialisé dans l’univers de Warhammer Battle, Ellinger a ainsi signé trois courts formats mettant en scène Gotrek & Felix : The Contest, Kineater et The Reckoning.   La vie d’un Joueur d’Epée n’est pas de tout repos, comme Anton Erhardt, lieutenant au sein du glorieux régiment de Carroburg et accessoirement héros de The Butcher’s Beast, pourrait en témoigner. Incorporés à l’armée du général Schalbourg, les Carroburg commencent en effet leur journée par un sauvetage en règle des forces impériales, embusquées par un ost de Skaelings et d’Hommes-Bêtes pendant qu’elles traversaient la rivière Schilder. Bien loin de céder à la panique devant la brutalité de l’assaut des nordiques, les Joueurs d’Epée parviennent à tenir les hordes du Chaos en respect assez longtemps pour permettre à la cavalerie lourde impériale de prendre ces dernières à revers et les mettre en déroute. Leur commandant ayant été sévèrement blessé au cours de l’accrochage par une collision avec un Rhinox circulant sans permis, il revient à Anton de gérer les affaires courantes du régiment jusqu’au rétablissement (ou plus probablement, le décès rapide suivi du remplacement) de son supérieur.   Célébrés comme les héros qu’ils sont à leur retour au camp impérial, les Carroburg ont toutefois à peine le temps de s’en jeter un petit qu’ils doivent faire face aux ravages causées par une bête chaotique semblant se matérialiser comme par magie au milieu du campement à intervalles réguliers, avant de disparaître de façon tout aussi mystérieuse après avoir provoqué un boxon monstre dans le bivouac. L’affaire ayant logiquement attiré l’attention du Chasseur de Sorcières rattaché à l’armée du général Schalbourg, dont le départ en reconnaissance des forces ennemies empêche fort logiquement de garder sous contrôle les pulsions tortionnaires de l’implacable zélote, Anton décide de mener sa propre enquête afin de limiter les dégâts collatéraux autant que faire se peut. Parviendra-t-il à élucider l’énigme de la Bête du Boucher avant que cette dernière, ou les méthodes d’investigations radicales de l’Inquisition sigmarite, ne déciment l’armée impériale ?   Pourtant l’une des factions de Warhammer Fantasy dont le background a été le plus exploré, tant par les publications liées au jeu (Livres de Règles et d’Armée, Suppléments divers et variés) que par les romans et nouvelles de la BL, l’Empire n’a jamais été particulièrement gâté au niveau de la description de ce qui peut être considéré comme le socle de la littérature de wargame : la mise en scène de batailles rangées. Ce paradoxe repose en partie sur l’utilisation par les auteurs de la BL de héros impériaux opérant seuls (Gotrek & Felix, Brunner, Mathias Thulmann, la bande de Badenov) et/ou peu intéressés par la chose militaire (Zavant Konniger, Sam Warble), faisant en conséquence d’un affrontement de grande ampleur entre les forces impériales et un de leurs nombreux ennemis un évènement assez rare. Même si les dernières années ont vu cette tendance s’inverser avec la sortie de romans centrés sur les armées de l’Empereur (série des Sword of…, Iron Company, Grimblades, Warrior Priest, Reiksguard…), les courts formats de la BL n’ont pas été particulièrement impactés par ce changement de ligne éditoriale, ce qui fait de The Butcher’s Beast une nouvelle à part dans le « corpus impérial ».   La scène d’introduction de la nouvelle est à ce titre particulièrement intéressante, en ce qu’elle permet à Ellinger de confronter les fameux Joueurs d’Epée de Carroburg (sans doute le régiment nommé le plus fameux de tout l’Empire) à une horde de maraudeurs et d’Hommes-Bêtes dans un dernier carré héroïque. C’est typiquement le genre de scène que tous les joueurs impériaux se sont imaginés à la lecture du background de cette unité d’élite, et ont probablement essayé de recréer lors de leurs parties, avec plus ou moins de succès1. Il est également probable que ces mêmes joueurs se soient demandés comment diable de simples soldats humains, fussent-ils des vétérans couturés et équipés des meilleures armes et armures disponibles, puissent faire jeu égal avec, et même vaincre (parfois), des adversaires plus forts, plus rapides ou plus doués qu’eux au maniement des armes, ce qui est malheureusement (c’est le joueur de l’Empire qui parle) assez fréquent dans le monde de Warhammer. Coup de chance, Jordan Ellinger était apparemment taraudé par la même question, et y fournit une réponse somme toute assez logique : c’est leur discipline et leur capacité à se battre de manière coordonnée (couplées bien entendue avec leur moral supérieur, leur adresse au combat, leur armure de plates naine et leur zweihander de six pieds de long) qui permettent aux Joueurs d’Epée de tenir la ligne en toutes circonstances. Pour illustrer son point, l’auteur met d’ailleurs en scène les conséquences désastreuses de l’insubordination d’un des camarades d’Anton Erhardt, qui abandonne son poste pour tenter d’arracher son commandant aux griffes de l’ennemi et permet en conséquence à ce dernier de briser la cohésion de la formation des Joueurs d’Epée, ce qui conduit à leur quasi-annihilation. Ce souci de donner à l’univers fantastique de Warhammer des assises les plus crédibles et réalistes possibles est indubitablement l’une des forces d’Ellinger, et une des raisons principales de lire The Butcher’s Beast.   Une autre réussite à mettre au crédit de cette nouvelle est sa galerie de personnages, qui se révèlent être assez mémorables, en particulier le Chasseur de Sorcières et Templier de Sigmar Keller, un fanatique de premier ordre doublé d’un sadique dénué de tout scrupules, autant de « qualités » lui permettant de s’imposer sans problèmes parmi les antagonistes les plus haïssables de Hammer & Bolter. Sans être aussi marquants, le héros et son side-kick forment un duo à la Astérix & Obélix (comprendre que le petit réfléchit et le grand tabasse) assez efficace et tout à fait supportable, ce qui est déjà appréciable.   Cependant, tout n’est pas parfait non plus dans The Butcher’s Beast, le principal point faible du travail d’Ellinger étant son développement parfois artificiel, certaines décisions prises par les personnages et péripéties inclues dans le récit ne pouvant être justifiées autrement que par un bon gros « c’est le script qui veut ça » des familles. Résultat : des déductions un peu trop rapides pendant l’enquête menée par nos héros et un affrontement final avec la bête qui aurait vraisemblablement pu être évité avec une once de bon sens. D’ailleurs, cette fameuse bête n’est pas non plus au-dessus de tout reproche, les conditions de sa « création » étant assez capillotractées, ce qui est d’autant plus dommage que l’idée sous-jacente2 était encore une fois des plus crédibles. Rien de trop rédhibitoire donc, et des débuts incontestablement réussis pour Jordan Ellinger dans Hammer & Bolter.   1 : Surtout avant la V7 et l’arrivée d’une ténacité « inconditionnelle », mais je m’égare. 2 : Lors d’un affrontement contre des adversaires humains, il arrive que les médecins de campagne rattachés aux armées impériales soignent par erreur des combattants adverses, le chaos du champ de bataille ayant vite fait d’abolir tous les signes distinctifs permettant d’identifier l’allégeance des participants.     Malediction (extrait audio) – Dunn:   Christian Zoidberg Dunn, aka C Z Dunn, est généralement plus connu pour son rôle d’éditeur que d’auteur au sein de la BL. Si sa première casquette l’a conduit à être crédité sur de nombreux recueils de nouvelles (Way of the Dead, Swords of the Empire, Fear the Alien, Tales from the Dark Millenium, et plus récemment Age of Darkness  et Architect of Fate), sa seconde l’a mené à signer un certain nombre de courts formats, dont le script de l’audio book Malediction.   Les trois minutes et une seconde que durent l’extrait audio de Malediction n’apportant pas vraiment d’éléments propres à expliquer l’intrigue de l’histoire (pour faire court, c’est une description d’un assaut de cultistes et de mutants du Chaos sur la tranchée tenue par le héros et un de ses potes), j’ai complété l’écoute en récupérant l’extrait gratuit proposé sur le site de la BL (ici, pour ceux que ça intéresse). Dans ce qui doit être la scène d’introduction du récit, le Capitaine de la 6ème Compagnie des Dark Angels (Tigrane) interrompt le discours de remerciements donné par le Colonel Regan Antigone lors de la cérémonie d’hommage lui étant consacré en sa qualité de Héros de l’Imperium et seul survivant du régiment de Gardes Impériaux ayant contribué à stopper l’invasion du monde  de Procel par les forces du Chaos quelques décennies plus tôt. Titi a fait le déplacement pour honorer lui aussi Antigone, ayant combattu à ses côtés lors de cette fameuse campagne, mais également et surtout pour comprendre comment trois malheureux Gardes s’y sont pris pour repousser à eux seuls une offensive massive de soldats ennemis sur leur position, permettant ainsi aux défenseurs impériaux de se réorganiser et précipitant la défaite de l’Archennemi. Car on ne la fait pas au Capitaine Tigrane, que diantre (même s’il a mis un peu de temps pour se rendre compte que quelque chose clochait dans la version officielle). Antigone, visiblement fébrile devant la demande insistante de l’Ange de la Mort qui lui sert de voisin de table, se prépare donc à relater une fois de plus le récit de la journée la plus importante de sa vie, qui pourrait bien au final dissimuler quelque chose de pas très catholique ministoresque… Qui a dit Déchu ?   Difficile de se faire une religion sur la valeur de ce Malediction avec les quelques éléments mis à disposition par la BL et Hammer & Bolter. L’extrait audio couvre un passage d’action pure, et même si les bruitages sont assez sympas, le ton détaché avec lequel le narrateur raconte la lutte désespérée d’une nouvelle recrue de la Garde face à un mutant pas vraiment avenant empêche de se plonger dans le récit. L’extrait littéraire est plus intéressant, mais ne piquera sans doute que la curiosité des membres du Cercle Intérieur des Impardonnés, tant il s’avère évident que la miraculeuse survie d’Antigone a quelque chose à voir avec la présence de DA renégats (des renéDA quoi). D’ailleurs, quelle nouvelle mettant en scène des Dark Angels ne tourne pas autour de ce sujet ? À croire qu’ils n’ont fait que ça pendant 10.000 ans. Pour le lol, on retiendra la réplique pleine de bon sens de Maître Tigrane, un Space Marine ayant de la suite dans les idées.   Fireborn – Kyme:   Trois mois après avoir commis le très dispensable, si assez rigolo, Thunder from Fenris, Nick Kyme revient hanter les pages de Hammer & Bolter, tel l’assassin de retour sur les lieux de son crime. Cette fois-ci aux commandes de son chapitre de prédilection, j’ai nommé les Salamanders, on était en droit de s’attendre à un contenu (ne serait-ce qu’un peu) supérieur aux pataudes déambulations d’une poignée de cavaliers tonnerre dans la toundra pestiférée de Skorbad. Et, croyez-moi sur parole (vous pouvez aussi lire la suite de la chronique, hein), le bon Mr Kyme a fait précisément cela, en livrant une nouvelle bien supérieure à tout ce qu’il avait publié auparavant dans Hammer & Bolter… en matière de conneries. Quelle légende.   Notre histoire se déroule sur la planète Sepulchre IV, qui se trouve être un monde cardinal et en tant que tel, accueille bon nombre d’ordres de l’Ecclesiarchie, dont celui du Voile Ardent. Une des novices (Evangeline, et sa belle robe en crinoline) dudit ordre ayant reçu la vision d’un futur sanguinolent, elle fait part de cette épiphanie à sa hiérarchie, et se retrouve catapultée relique vivante pour sa peine (oui, la relation de causalité entre les deux évènements peut être discutée, et non, Kyme n’explique pas comment les bonnes sœurs sont parvenues à cette décision). On apprendra bien plus tard que le chtiote a reçu un grand pouvoir, celui d’apprendre instinctivement le nom véritable de tous les démons se situant dans sa périphérie immédiate, ce qui lui permettrait de les bannir dans le Warp sans faire un pli. J’utilise le subjonctif car, l’Empereur étant un troll (c’est connu), il a cru bon d’accorder ce don à une personne ayant fait vœu de silence (d’ailleurs, tous les membres de l’Ordre du Voile Ardent sont logés à la même enseigne), ce qui réduit drastiquement l’utilité de ce cadeau divin1. En l’état, les nouvelles facultés de sœur Evangeline sont à peu près aussi utiles que les moulages de tétons sur les cuirasses des Blood Angels, mais Kyme a bien évidemment un plan pour contourner le problème.   Les prévisions météo de la pythie silencieuse s’étant promptement réalisées (tellement promptement d’ailleurs – 20 minutes – qu’il est possible que la vision prophétique n’ait été induite que par un simple regard par le velux de l’abbatiale), Sepulchre IV doit faire face à une invasion en règle de la part de la Rage Rouge (Red Rage), armée chaotique très logiquement inféodée au Dieu du Sang et menée par Hagtah Dreghgor, seigneur de guerre semble-t-il plus intéressé par les travaux de terrassement (il a façonné une arène gladiatoriale de ses mains) que par la conduite de son armée. Sa seule utilité dans la nouvelle sera de présider à la création d’une machine démoniaque, que je ne peux décrire que comme un Goldorak de Khorne (appelons le Khornorak), possédant la particularité de se nourrir de la rage ambiante pour devenir plus gros et plus méchant, et de l’envoyer chercher sœur Evangeline, qui n’a semble-t-il pas daigner répondre aux centaines de textos enflammés qu’il lui a envoyé depuis son arrivée sur la planète. Le Khornorak étant bien entendu insensible à tout ce que les défenseurs impériaux peuvent lui envoyer sur le coin du museau, transformant les sœurs de bataille ayant le malheur de croiser sa route en pâté de foie et s’amusant à faire des jongles avec les Immolators chargés de le stopper, rien ne semble être en mesure d’empêcher la Rage Rouge de capturer la mascotte adverse, sauf peut-être… une escouade de Firedrakes Salamanders. Ça tombe bien dis-donc, il y en a justement une qui passait dans le coin, quel morceau de chance (ironie inside)2. Loué soit Pépé.   Le cadre étant planté, faisons donc connaissance avec nos héros. Question : qu’est-ce qui est très gros, très très vert et très très très énervé ? Tous ceux qui ont répondu Hulk ont gagné une séance d’initiation aux joies de l’arco-flagellation, ce qui leur permettra je l’espère de méditer sur l’importance de ne pas mélanger deux univers distincts. Les autres auront bien entendu pensé à Tsu’gan, le Salamanders le plus haineux, arrogant et indiscipliné ayant jamais existé, et rival habituel du « gentil » Da’kir (voir The Burning, Hammer & Bolter #14), personnage principal de la saga consacré par Nick Kyme aux descendants de Daddy Cool, alias Vulkan. Intégré à la prestigieuse Première Compagnie des (sur)hommes en vert depuis peu, Tsu’gan est décrit par Kyme comme pas encore totalement familiarisé avec sa nouvelle armure terminator, ce qui n’aura pas d’autre effet que de le faire marcher un peu plus lentement que ses comparses plus expérimentés, ce qui n’est pas la mort non plus. Ayant reçu l’email de détresse envoyé par l’Ordre du Voile Ardent, les Salamanders acceptent de venir au secours des bonnes sœurs, ou plutôt de sécuriser la relique convoitée par le Chaos en l’embarquant sur leur vaisseau avant de retourner sur Nocturne en laissant les sistas repousser la Rage Rouge toutes seules, ce qui, pour un Chapitre notablement décrit comme altruiste et protecteur envers les populations civiles dans le fluff, est un peu raide (même si assez logique au final).   C’est précisément à ce moment de l’histoire que Nick Kyme décide d’introduire un genre jusque-là non abordé par la Black Library (à raison), à savoir le vaudeville. Comment ? Eh bien, en mettant en place un savoureux quiproquo, les Salamanders se rendant à la surface de la planète en pensant devoir récupérer une relique des plus classiques (les rognures d’ongles de Ste Analgésine, le bong du Cardinal Aquarium, une liste de course manuscrite de Sebastian Thor du temps où il était étudiant en deuxième année de licence de mercatique sur Dimmamar…), et non pas une personne de chair et de sang. En conséquence, le plan du sergent Firedrake, l’illustre Herculon (silence dans les rangs ! Il ne l’a pas choisi) Praetor ne peut être mis en application, une téléportation directe sur le vaisseau des Salamanders ne pouvant avoir qu’une issue fatale pour un être humain non protégé par une armure terminator. Ho ho ho, comme c’est ballot. On ne saura jamais qui est coupable dans cette affaire, mais le ridicule engendré par cette réalisation tardive colle assez mal avec le professionnalisme à toute épreuve qui est normalement les marques de fabrique des Space Marines et des sœurs de bataille.   Au-delà de cette péripétie rocambolesque, c’est toute l’intervention des Salamanders sur Sepulchre IV qui se retrouve discréditée par un Nick Kyme en très grande forme. Les Firedrakes débarquent ainsi à la surface de la planète à 10 kilomètres de leur cible, distance qu’ils effectueront à pied. Raison de cette insertion « chirurgicale » : la supériorité aérienne dont dispose la Rage Rouge à ce moment de la campagne, et qui rend trop dangereux un déploiement sur zone en Thunderhawk. Soit. C’est vraiment dommage que les Space Marines n’aient pas à leur disposition une sorte de navette blindée qui « tomberait » littéralement à l’endroit désiré, avec une vélocité suffisante pour déjouer toute tentative d’interception ou de destruction par la DCA ennemie… Ou que les armures terminator ne soient pas fournies avec un équipement permettant une téléportation instantanée sur zone… Rappelle-nous comment les Firedrakes prévoyaient de quitter le couvent de l’Ordre du Voile Ardent déjà, Nick ?   Un peu plus tard, après que les Firedrakes survivants aient réalisés qu’ils se sont fait trollés par les sistas, et alors que le Khornorak frappe doucement à la porte du cloître où la fine équipe s’est réfugiée, Praetor met au point un plan de bataille aussi retors que stupide. Bien conscient que le plus important est d’empêcher le Chaos de s’emparer de sœur Evangéline, et prêt à la tuer de ses mains si nécessaire, l’astucieux sergent va décider de sacrifier la moitié de son escouade pour « ralentir » l’invincible machine-démon de la Rage Rouge (je mets des guillemets parce que ça n’a pas vraiment marché), afin de gagner du temps pour… ne rien faire du tout. Comme prévu, le Khornorak atomise l’arrière-garde des Salamanders et se rue sur les derniers défenseurs de la relique, mais pas avant que Praetor ait eu le temps de donner une dernière instruction à Tsu’gan : « si je n’arrive pas à coucher le Deceptikhorne en un contre un, arrange-toi pour buter la fille avant qu’il ne la chope, et on se téléportera peinard sur notre vaisseau ». Se pose alors la question de savoir pourquoi les Sala’ n’ont pas collé un bolt dans le crâne d’Evangeline quand il est clairement apparu qu’ils n’avaient aucune chance de stopper le Gundam de Dreghgor et activé leurs balises avec le sentiment du devoir accompli alors qu’ils n’avaient encore subi que des pertes mineures. Ou, quitte à la jouer plus chevaleresque, aient tenté de téléporter la novice avec eux, en comptant sur le fait qu’elle était visiblement une élue de l’Empereur et avait donc une petite chance de survivre au voyage. Au pire, elle serait morte pendant la translation, ce qui aurait été regrettable mais aurait tout de même compté comme une victoire de l’Imperium. Au lieu de ça, Praetor a préféré sacrifier la totalité d’une escouade de Space Marines d’élite, pour obtenir exactement le même résultat. C’est ce qui s’appelle une gestion fine des ressources.   Enfin, je ne peux résister à vous relater la manière dont notre imbuvable héros s’y prend pour défaire le mâââl alors que celui-ci était sur le point de l’emporter. En position de dernier défenseur suite à la transformation de l’insondable Herculon en bas-relief du sanctum après une pichenette amicale du Khornorak, Tsu’gan est sur le point de tordre le coup de sa protégée lorsqu’une illumination le frappe. Faisant fi du sacrifice de tous ses collègues de bureau ainsi que de celui de milliers de troupes de l’Ecclesiarchie afin d’empêcher la Rage Rouge de mettre les mains sur la relique vivante, il  jette  cette dernière dans les pattes du mécadémon et s’en va en loucedé en priant très fort pour que sa vague intuition3 se révèle être fondée (ce qui est évidemment le cas, il faut que ça se termine bien tout de même). Heureusement que son sergent lui avait spécifiquement ordonné d’empêcher cette situation de se produire à tout prix trente seconde plus tôt, hein. Je t’enverrais tout ça en conseil de guerre pour insubordination aggravée, moi. Toujours est-il que la petiote prononce le mot magique et renvoie le ressortissant du Warp dans sa contrée natale, perdant son pouvoir pour la peine (fallait pas briser ton vœu de silence cocotte) mais permettant à la nouvelle de se terminer sur un happy end. Enfin, c’est pas comme si la Rage Rouge était sur le point de balayer les dernières poches de résistance impériale, et n’avait invoqué le Khornorak que pour accélérer un peu les choses. Il faut savoir profiter des petits bonheurs de la vie.   Vous l’aurez compris à la lecture de la première partie de cette chronique, Fireborn peut être légitimement considérée comme la pire (ou la meilleure, c’est selon) contribution de Nick Kyme à Hammer & Bolter. Là où le bonhomme est fort, c’est qu’il arrive à se surpasser de soumission en soumission et à progresser dans le n’importe quoi à un rythme exponentiel. Si j’ai généralement tendance à passer assez facilement l’éponge sur les incohérences dans le scénario des nouvelles que je lis (un faux-raccord narratif est si rapidement arrivé), c’est ici impossible tant ces dernières sont nombreuses et centrales dans le déroulement de l’histoire. C’est bien simple, rien ne tient debout dans ce texte, mise à part la fine couche de fluff et de character development que Kyme a réussi à incorporer dans son récit. Il est ainsi possible de glaner quelques informations relatives au background des Salamanders à la lecture de Fireborn, ainsi que de suivre la quête de Tsu’gan pour tenter de contrôler la raaaaage qui semble menacer de l’engloutir à chaque instant4, ce qui est très loin de compenser toutes les absurdités, contre-sens et autres inanités que l’auteur débite à tour de plume au cours des 30 pages que compte la nouvelle. Je ne sais pas dans quelles conditions Nick Kyme a rédigé cette dernière, mais il paraît évident à la lecture qu’il n’a pas accordé à la relecture de son manuscrit le temps nécessaire, ce qui lui aurait permis de corriger les bévues les plus évidentes de son script, à commencer par les entorses faites au fluff canon (la randonnée des Firedrakes jusqu’au couvent, pour ne donner qu’un exemple) dont la présence est d’autant plus surprenante que le bonhomme est de fait responsable du développement de l’historique des Salamanders depuis qu’il a commencé à écrire The Tome of Fire.   Pour ma part, j’attribue l’échec patent qu’est Fireborn à la décision de Kyme de mettre en scène des scènes d’action les plus cinégéniques possible, sans prendre le soin de les intégrer de manière « intelligente » dans son schéma narratif. Pour reprendre l’exemple du trek de l’escouade de Praetor, cette marche d’approche n’avait pour but que de permettre une première rencontre entre les Firedrakes et le Khornorak, afin de faire ressortir toute la dangerosité de cet ennemi (un des terminators y laissera d’ailleurs sa peau ses écailles). Même logique pour le gag de l’uberisation non prévue dans le briefing de mission (forcer les Salamanders à se battre contre un adversaire apparemment impossible à vaincre) et l’approche du « chacun son tour » lors de l’affrontement final avec le T-888 (souligner l’héroïsme des géants verts et permettre à Praetor et à Tsu’gan de s’illustrer en un contre un). Cette primauté de l’épique sur la logique se retrouvait déjà dans Thunder from Fenris, autre audio book guère avare en situations assez peu crédibles dès lors qu’on y réfléchissait à deux fois. J’avais espéré que l’inclusion de ses chers urodèles de l’espace à l’intrigue pousserait Mr Kyme à donner le meilleur de lui-même, mais cela n’a malheureusement pas été le cas. Ou peut-être que si, allez savoir.   1 : C’est d’ailleurs ce que fera remarquer le sergent Salamanders au père supérieur en charge de la protection de la novice, lequel lui renverra un magnifique Ta Gueule, C’est l’Empereur dans les dents en retour. Tu sais que tu as des gros problèmes de cohérence quand même tes personnages les remarquent. 2 : Comme pour Thunder from Fenris, Kyme catapulte la crème de la crème d’un Chapitre Space Marines dans un conflit de grande échelle, sans aucun support, ce qui va à l’encontre de toute logique et laisse envisager que les Space Marines accomplissent leur mission de protection de l’Imperium comme une patrouille de police faisant des rondes dans son quartier. Manquerait plus qu’ils aient une ligne directe que les citoyens impériaux en détresse puissent appeler. 3 : Evangeline est techniquement capable de bannir le démon animant le Khornorak, si elle arrive à s’en rapprocher assez pour hacker son nom véritable. Dans l’esprit, cela ressemble assez fortement à la décision prise par le Colonel Straken dans Waiting Death (Hammer & Bolter #4), là aussi sur la base d’un obscur pressentiment qui avait toutes les chances de ne pas être fondé. Pourquoi s’embêter à mettre en scène des dénouements logiques et sensés lorsque l’on peut tout régler à coup d’illuminations géniales ? 4 : Sérieusement mec, prend un Sédatif PC et mets-toi au yoga, ou claque la porte du Chapitre et envoie une candidature spontanée à Angron, et arrête de faire perdre du temps à tout le monde.   Leechlord – Cavallo:   Frank Cavallo, qui s’était déjà distingué lors de son baptême hammeretbolterien en mettant en scène un personnage nommé issu du bestiaire des Guerriers du Chaos (Assis là j’m’enfile des Grim’, Hammer and Bolter # 20), tape à nouveau dans l’escarcelle des Dieux Noirs pour sa deuxième tentative et s’essaie cette fois-ci au bon docteur Mamour de Warhammer, Festus la Sangsue1.   Chargée par le comte de l’Ostland, Valmir von Raukov, de trouver et d’annihiler l’armée responsable de la destruction du village de Salkalten, une petite force de soldats impériaux est embusquée et massacrée par une horde de skavens en maraude. Seul survivant de la catastrophe, le chevalier Jürgen von Sturm se réveille au milieu des cadavres de ses frères d’armes, sérieusement blessé et à moitié délirant de fièvre, conséquence de l’estafilade récoltée de la patte d’un skaven au cours d’une précédente ratonnade (c’est le cas de le dire). Malheureusement pour notre héros, son calvaire n’est pas passé inaperçu, et Festus en personne débarque afin de prodiguer ses bon soins au guerrier agonisant. Il serait en effet dommage de laisser se perdre l’immense potentiel de von Sturm, dont la résistance à la maladie fait un incubateur rêvé pour la dernière création de l’onctueux oncologue.   Retrouvé en train d’errer dans la Forêt des Ombres après avoir été vacciné contre la leptospirose par son nouveau médecin de famille (Hey, lui demande même comment vont ses enfants ! Dommage qu’ils soient morts), Jurgen parviendra-t-il à prévenir ses sauveteurs du terrible danger qu’ils courent à le ramener chez eux, ou se noiera-t-il dans ses glaires avant de parvenir à bon port ?   Cavallo signe avec Leechlord une petite nouvelle sympa, mais moins aboutie à mes yeux que sa précédente soumission pour Hammer & Bolter (The Talon of Khorne). En cause, l’absence de plus-value fluffique du texte, qui se « contente » de décrire le Mengele Nordlander faire mumuse avec les humeurs d’un brave chevalier impérial qui aurait bien aimé qu’on le laisse râler en paix. Là où The Talon of Khorne brillait par sa description de la vie et de la mentalité propres aux habitants de Norsca, toujours prêts à défendre leur place dans la queue à la boulangerie jusqu’à la mort, même (surtout) si un Ogre du Chaos décide de leur griller la politesse et de prendre la dernière Tradition pas trop cuite de la fournée du matin, Leechlord n’apporte pas grand-chose de comparable, se contentant de nommer un ordre de chevalerie impérial (encore un) et un neveu de von Raukov.   Le personnage de Festus pâtit également du service minimum effectué par Frank Cavallo, l’affable praticien collant parfaitement à l’image donnée de lui dans le Livre d’Armée Guerriers du Chaos, mais ne gagnant pas en profondeur pour autant. En bon personnage de Nurgle qui se respecte, Herr Egel se montre jovial et prolixe, mais il lui manque un petit quelque chose pour se démarquer du stéréotype du savant fou duquel il n’est que la déclinaison dans le monde de Warhammer. À titre personnel, j’aurais trouvé opportun de le doter d’une compassion dévoyée (c’est d’ailleurs son altruisme qui l’a damné en premier lieu), option que Cavallo semble d’ailleurs jauger à un moment du récit, lorsque von Sturm espère encore qu’en dépit de son apparence peu engageante et de sa réputation de croquemitaine, Festus va vraiment le remettre sur pied2 ; aurait apporté un supplément de personnalité au petit nouveau de la Chaos Academy. Ca et/ou forcer sur son approche résolument anti-spéciste de la création. Aymeric Caron, sort de ce corps. Bref, une soumission passe-partout et loin d’être honteuse de l’ami Cavallo, mais qui aurait sans doute pu (et donc du) être supérieure. C’est pas beau se reposer sur ses acquis Frank.   1 : À ne pas confondre avec Fistus le Suçon, aspirant champion Slaaneshi dont la glorieuse carrière s’est arrêtée après une tentative malavisée d’initier un Maraudeur Skaeling peu compréhensif aux joies du bondage. 2 : Ce qu’il fait au final d’ailleurs, et c’est d’autant plus remarquable que son patient souffrait alors d’une double fracture du fémur, conséquence d’une roulade à cheval mal négociée.   Au final, un numéro assez robuste à défaut d’être totalement sexy, l’absence de Gilead’s Blood faisant logiquement remonter le niveau global et venant souligner l’assez grande homogénéité des styles des différents contributeurs, dans le plus pur esprit BL. Dows et Cavallo passent tous deux leur deuxième galop, sans génie particulier mais sans démériter non plus. Ellinger remporte facilement la palme avec un premier travail très bon sur certains aspects, mais perfectibles sur d’autres (dommage qu’il n’ait pas eu l’occasion de retenter sa chance avant le dépôt de bilan de Hammer & Bolter). Kyme… continue de construire sa légende noire (rien à voir avec la pigmentation des Salamanders) avec une application aussi admirable que suicidaire. Pour finir, Dunn, en bon éditeur de la Black Library qu’il est, réussi à placer son extrait dans l’exacte moyenne de la littérature produite par la maison d’édition de Nottingham : ni pour ni contre, bien au contraire. À la prochaine !
  3. [40K/WHB][VO] Hammer and Bolter

    Bonjour tout le monde et bienvenue dans la revue du 21ème numéro de Hammer & Bolter ! Au menu de ce copieux épisode, le retour de Laurie Goulding, cette fois-ci aux commandes du chapitre Space Marines le plus faux-rmidable (ceci n’est pas un jeu de mots terrible) de l’Imperium, une preview d’un bouquin de l’Hérésie d’Horus sorti il y a à peine quatre ans (une paille), la dernière aventure de Gérard Lambert Erkhart Dubnitz, la sempiternelle malédiction mensuelle du pauvre Gilead, et et et… la première nouvelle potable de Sarah Cawkwell. Non, vous ne rêvez pas, et, oui, c’est incroyable. Comme quoi, tout arrive à qui sait attendre. Tous en piste.     The Shadow of the Beast – Goulding :   Deux mois après ses débuts dans Hammer & Bolter, Laurie Goulding est de nouveau mis à contribution, cette fois-ci dans une nouvelle illustrant les dangers de la plongée sous-marine dans un banc de méduses. Notre propos se plaçant dans le primesautier 41ème millénaire, les méduses ont découvert le voyage spatial, légèrement cru en proportions et explosent au moindre contact (ce n’est pas bien pire que ce qui se fait à l’heure actuelle en Australie, notez), mais la logique reste fondamentalement la même, à savoir : too bad you’re dead.   Le récit s’ouvre sur la description de notre héros, le Réclusiarque Hornindal (que je ne vois aucune raison valable de ne pas désigner sous le nom d’Horny à partir de maintenant), plongé dans la contemplation du Warp sur le pont d’observation du Xenophon. Le romantique indéniable de cette scène se retrouve toutefois rapidement battu en brèche par l’auteur lui-même, les velux du fier destroyer impérial étant obstrué par la couche protectrice d’adamantium réglementaire et le bon Chapelain ayant de toute manière les yeux fermés. Dans la même veine de dialectique épique/réaliste, Goulding révèle qu’Horny s’est rendu sur place pour être le témoin de l’avancée du vaisseau.... sauf que les voyages dans le Warp ne sont pas régis par les mêmes lois que ceux prenant place dans le monde réel, et qu’il est donc aussi probable que notre héros ait l’impression que son pousse-pousse pédale dans la choucroute (peut-être au sens littéral, tout est possible dans l’Immatérium) ou fasse marche arrière qu’il le contemple filer à travers… heu… la choucroute, comme il l’espérait. Et cela sans prendre en compte qu’il n’y a rien à voir, et qu’il ne regarde même pas en fait. Cette scène d’exposition, un peu étrange au vu des standards de la BL en matière, se termine par le décès inopiné du Navigateur du Xenophon, forçant ce dernier à réaliser une transition Warp en catastrophe, qui le fait se matérialiser au beau milieu d’une vrille de la flotte ruche Kraken. Oups.   La suite de la nouvelle verra le Xenophon engager une partie de Flappy Bird en mode hardcore contre les myriades d’organismes tyranides zonant dans les parages, la perdre sur le score honorable 53 et devoir organiser une pyjama party avec quelques centaines de gaunts et au moins un Carnifex en punition. Mauvais joueurs, les Scythes préfèreront toutefois passer du côté obscur du champ de force gravitationnel du planétoïde le plus proche plutôt que de laisser leurs nouveaux potes dévaliser leur frigo et ruiner leurs toilettes (ou peut-être est-ce l’inverse, c’est dur à dire avec les xenos). La nouvelle se termine donc sur 1) le crash du Xenophon sur la très justement nommée planète Tumbus (s’écraser comme une grosse bouse en Haut Gothique) et 2) un constat d’échec pour Horny, dont l’avertissement émis à l’attention du reste de l’Imperium quant à la présence d’une flotte ruche dans un secteur non défendu de ce dernier n’a visiblement pas percé les terra watts de dubstep crachés par le vaisseau mère tyty1. On ne peut pas gagner à tous les coups.   Si The Shadow of the Beast marque clairement une progression de Laurie Goulding par rapport à sa première, et assez peu concluante, soumission (The Oberwald Ripper), le propos reste encore perfectible, tant sur le fond que sur la forme.   Pour commencer par la « remontrance » la plus légère, je n’ai pas perçu chez l’auteur une grande maîtrise des archétypes utilisés dans sa nouvelle, à savoir l’histoire de Marines d’une part et le combat spatial d’autre part. Côté casting, Goulding pêche étonnamment plus sur les caractéristiques générales d’un SM que sur les particularismes du chapitre qu’il met sur le devant de la scène (dont le background n’était, il faut dire, pas aussi strictement défini que celui d’autres confréries de surhommes génétiquement modifiés). Sans sombrer dans des errements comparables à ceux de Jonathan Green dans son édifiant Salvation, Goulding arrive tout de même à donner à ses héros des faiblesses trop humaines, qu’il s’agisse du besoin d’Horny de constater la vitesse de progression du Xenophon dans l’Immaterium (bien que l’auteur reconnaisse lui-même que cela va à l’encontre de toute logique) ou encore des effets débilitants du manque de sommeil sur ce dernier (et le nodule cataleptique, c’est pour les kroots ?). Citons aussi les réflexions no-brain de l’autre Chapelain de l’histoire, une sombre brute dénommée Demetrios, qui ne trouve rien de plus intelligent que de proposer d’ouvrir le feu sur les organismes « minés » qui entourent la flotte ruche alors que le Xenophon fait du pare-chocs à pare-chocs avec les méduses de l’espace. Une agressivité débordante et un zèle sans faille ont beau faire partie des qualités recherchées pour ce type de poste, j’ai du mal à imaginer un des meilleurs de l’Empereur faire une suggestion aussi débile2 à l’aube de la seconde guerre tyranique.   Côté action, et sans prétendre être un expert dans le domaine, j’ai trouvé assez peu crédible la manière dont l’auteur dépeignait l’affrontement entre le vaisseau impérial et ses innombrables adversaires. Là encore, ce n’est pas du côté des spécificités tactiques, techniques ou physiques de chaque camp que le bât blesse, mais bien au niveau de la mise en scène du combat. Goulding ne sépare ainsi ses belligérants que de quelques centaines de mètres (trois cent mètres pour être exact), ce qui correspond littéralement à un corps à corps à l’échelle d’une bataille spatiale, où la bordée tirée à une dizaine de milliers de kilomètres de sa cible est la norme (merci à Gavin Thorpe d’avoir crédibilisé cet aspect important de l’univers de 40K grâce à Battlefleet Gothic et ses propres textes de fiction). On va dire que je pinaille, mais Laurie Goulding est depuis passé éditeur au sein de la BL, ce qui fait de lui le garant du fluff de GW, surtout depuis la disparition du poste de « Maître du Savoir » il y a quelques années. Partant, il n’est guère rassurant de constater qu’un poste aussi important au sein de la BL lui ait été confié malgré ces lacunes assez sévères… J’espère qu’il les a comblées depuis.   Cependant, le point le plus litigieux de The Shadow of the Beast reste pour moi sa construction, qui l’apparente davantage à un chapitre de roman qu’à une nouvelle one-shot. Qu’il s’agisse de l’important travail de contextualisation du retour du Xenophon vers la planète chapitrale des SotE effectué par Goulding au début du texte, du nombre relativement important de protagonistes (6) au vu de la longueur de ce dernier, ou de la conclusion qui laisse planer un vieux doute quant à l’envoi de la mixtape d’Hornindal au reste de l’Imperium, tout laisse à penser que les évènements couverts dans The Shadow… s’inscrivent dans un axe narratif bien plus important (au hasard, la lutte des Scythes of the Emperor contre la flotte ruche Kraken), ce qui, après vérification de la part de votre serviteur, ne semble pas être le cas3. Même si je suis le premier à apprécier les nouvelles dans lesquelles les héroïques Space Marines se font botter les fesses, le positionnement maladroit de celle-ci est venu gâcher le plaisir de lecture, et relègue donc The Shadow… loin derrière The Long Games at Carcharias de Rob Sanders, qui reste à mes yeux la soumission la plus intéressante dans la catégorie « et à la fin, les méchants gagnent » de Hammer & Bolter.   1 : Quand on sait que les symptômes de l’Ombre dans le Warp sont un malaise persistant, des cauchemars répétés, de fortes migraines, des crises de hurlements, des saignements oculaires et, dans les cas les plus extrêmes, des épisodes de coma profond pour les individus les plus sensibles, je me dis que ça colle parfaitement avec une exposition prolongée avec ce genre de musique. 2: Le faquin se fait d’ailleurs remettre à sa place fissa par le commandant du Xenophon, peu enclin à démontrer par l’exemple qu’il vaut mieux ne pas shooter dans un paquet de claque-doigts au milieu d’une colonie de grands crapauds aboyeurs de Catachan. 3 : Les passionnés noteront tout de même que le triste destin des Faux de Pépé est partiellement couvert dans une série de nouvelles, dont trois signées du même Goulding. La plus récente du lot (Reclamation) ayant été publiée dans une anthologie consacrée aux chapitres SM renégats et chaotiques (Renegades of the Dark Millennium – 2014), il serait logique d’en conclure que les Scythes sont définitivement passés du côté obscur.   Fear to Tread (extrait) – Swallow :   Il ne surprendra personne d’apprendre que le troisième roman écrit par James « Simply Red » Swallow pour l’Hérésie d’Horus, Fear to Tread, ait été consacré en grande partie à son chapitre fétiche, les Blood Angels. Publié en 2012, cette humble brique dans l’imposante muraille que constitue la franchise 30K de la Black Library fut l’occasion de faire vivre aux vampires énergétiques et à leur Primarque emplumé leurs propres aventures, après quelques apparitions en tant que seconds rôles dans diverses publications antérieures.   L’extrait1 présenté dans le 21ème numéro de Hammer & Bolter est tiré du prologue du roman, qui voit les Space Marines des IXème  et XVIème Légions gambader gaiement gantelet dans le gantelet à travers les riantes plaines de Melchior et piétiner la gueule des infâmes nephilim (différents de ceux de Lion’El Jonson, à chacun ses délires) dans la joie et la bonne humeur. Tout irait pour le mieux dans la meilleure des dystopies totalitaires et militaristes si certains Blood Angels ne pétaient pas les plombs à intervalles réguliers et ne se mettaient à développer soudainement un amour aussi immodéré qu’indiscriminé pour l’hémoglobine. Bien gêné par la sanglante incontinence affligeant ses fistons, Sanguinius fait de son mieux pour garder le secret intact, secondé dans cette tâche ingrate par Azkaellon, chef de la Garde Sanguinienne, et Raldoron, un médicament générique efficace contre les symptômes du rhume chez le cochon d’inde adulte le Capitaine de la première compagnie des BA. Pas de chance pour 100 Guinness, le triomphe de Melchior se retrouve terni par un nouveau cas de boudinophilie aigue, dont la victime (Alain Otton Rosalie de la Mortecuisse, surnommé Alotros par ses copains de la 111ème compagnie) a heureusement été discrètement2 confinée dans une ruine quelconque du champ de bataille. Tout aussi discrètement3 prévenu du problème alors qu’il était sur le point de conclure sa bromance avec Horus, Sangui’ file à l’anglaise sur le lieu du drame, où il tente vainement de ramener Alotros à la raison avec des arguments aussi percutants que « allez quoi, guéris, fais pas ta pute », avant d’être contraint de décoller les cervicales du faquin d’une pichenette de l’annulaire gauche, afin d’abréger les souffrances du pauvre Al.   Sur ces entrefaites, Horus se téléporte sur place4 et commence la psychanalyse de son frérot afin de comprendre pourquoi ce dernier a commis l’impensable et buté un de ses propres Space Marines. Rapidement briefé par Sanguinius sur l’existence de la soif rouge, le Maître de Guerre jure de garder le préserver le secret des Blood Angels et d’aider ces derniers à se libérer de cette malédiction. L’extrait se termine par le prélèvement des glandes progénoïdes de feu Alotros, opération effectuée à but scientifique par un Apothicaire stagiaire pas vraiment conscient de l’enjeu sous la supervision directe de Raldoron. Ce dernier profite de l’occasion pour passer un coup de Baalish (c’est comme du polish, sauf que c’est noir et ça vient de Baal) sur l’armure du défunt avant l’arrivée de la voiture balai, rituel lourd de sens puisqu’il fait passer Alotros dans la compagnie de la mort5. If you want blood (Angels fluff), you got it.   La fin de la lecture de cet extrait m’a trouvé partagé. D’un côté, son niveau est tout à fait convenable, surtout en prenant en compte le pedigree de Swallow, et l’alternance entre combats, discussions entre Primarques (passages jamais anodins pour le fanboy, même si assez délicats à mettre en scène de manière convaincante par certains auteurs de la BL, bien en peine de retranscrire la pensée surhumaine de leurs personnages sans partir en cacahuète), péripéties intra-Légion et éléments fluff fournit un échantillon ma foi fort représentatif de ce qu’est un bouquin de l’Hérésie d’Horus.   De l’autre, je me suis rendu compte que rien n’était révélé de la véritable intrigue de Fear to Tread dans cet extrait, les évènements couverts au cours de ce dernier n’ayant pour but que de permettre à Swallow de justifier l’envoi des Blood Angels sur Signus Prime, à la recherche du remède à la soif rouge promis par un Horus déjà corrompu à son naïf de frérot. Même si cette lacune n’est pas impardonnable, en ce qu’elle ne nuit pas au confort de lecture, elle étonne de la part de la BL, dont le but premier reste (comme toute maison d’édition qui se respecte) de vendre des livres. Dans ce cas précis, l’extrait se termine de façon tellement nette que l’on aurait légitimement pu croire que le bouquin s’arrêtait là, tous les arcs narratifs esquissés au cours de ces quelques pages ayant trouvé une conclusion satisfaisante à la tombée du rideau : les nephilim sont annihilés, Alotros est mort et Horus a juré de garder le secret de Sanguinius. Au final, seuls les lecteurs subjugués par le style de Swallow (qu’ils se dénoncent) et/ou fans transis de la Légion de l’homme-pélican ressentiront le besoin d’acheter Fear to Tread suite à la lecture de cet extrait, alors qu’un petit cliffhanger des familles6 aurait pu donner envie à d’autres de donner sa chance au bouquin. Il faut apprendre à vous vendre les gars !   1 : Qui est lui-même un extrait de l’extrait gratuit disponible sur le site de la Black Library, qui donne un peu plus d’éléments sur la bataille finale de la campagne de Melchior, dépeinte par Swallow comme un chef d’œuvre tactique alors qu’elle ne se révèle être qu’une bête prise à revers. Et dire qu’il a fallu deux des plus grands stratèges de l’Imperium pour mettre au point cette offensive… 2 : Il faudra m’expliquer comment un bâtiment entouré par, au bas mot, un millier d’armoires à glace en armure rouge sang regardant tous fixement vers l’extérieur n’attirerait pas immédiatement l’attention d’un être humain normalement constitué, et à plus forte raison, d’un Primarque raisonnablement intelligent. 3 : « … et la fois où j’ai échangé l’après-shampoing de Fulgrim avec la lotion anti-puces de Leman Russ, tu t’en souviens ? » « Excelleeeeeent ! Mais ça ne battra jamais Konrad Curze complètement torché qui poursuit Vulkan dans les coursives du Vengeful Spirit en gueulant - noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir - » « Je suis navré de vous interrompre messeigneurs, mais je suis porteur de graves et confidentielles nouvelles. » « Rha, Raldo, tu fais ch*** ! Pour une fois qu’Horus et moi avions le temps de nous remémorer le bon vieux temps. Qu’est-ce que c’est encore ? » « C’est-à-dire que nous avons un nouveau cas, honoré Primarque. » « Deux semaines sous antibiotiques et pas d’exercice prolongé jusqu’à nouvel ordre, et ce sera rapidement terminé. » « Je veux dire que nous avons… perdu un de nos frères. » « Faîtes une annonce au micro et attendez le à l’accueil du champ de batail- Wait. Perdu… comme dans perdu ? » « Malheureusement. » « Saperlipopette ! Horus mon grand, je te prie de m’excuser, j’ai une affaire des plus pressantes à régler avec ma Légion. Ah, et si tu pouvais ignorer tous les sous-entendus à peine dissimulés que Raldoron et moi-même venons d’échanger à propos d’un mal mystérieux frappant les Blood Angels, ni utiliser tes super capacités de ninjarque pour nous filer en douce, ce serait sympa de ta part. » « J’aimerais bien mais l’intrigue du roman repose sur ma connaissance de cette affliction et l’utilisation de ce savoir pour envoyer ta Légion à la pêche au dahut. C’est donc non. » « Crotte. » 4 : Comprendre qu’il apparaît comme par magie derrière Sanguinus, qui venait pourtant d’effectuer le trajet en land speeder et était gardé par deux piquets de Blood Angels aux aguets, sans autre justification qu’un Ta Gueule, C’est un Primarque assené par un James Swallow bien décidé à ne pas se compliquer la vie avec ce genre de détails insignifiants. 5 : On notera au passage que Raldoron passe les plates d’Alotros au cirage sous les yeux de l’Apothicaire réquisitionné pour l’occasion, juste après lui avoir fait jurer de ne parler à quiconque de cet épisode, ce qui est assez stupide de sa part puisque le retrait des glades progénoïdes sur un cadavre de SM à la fin d’une bataille est en soi un non-évènement. L’Apothicaire, Meros de son petit nom et futur Red Angel, repartira donc avec deux motifs de gamberge de ce théâtre d’opération, alors que Raldoron aurait très bien pu faire passer Alotros pour une victime lambda de l’affrontement contre les nephilim et attendre le départ de Meros pour sortir son marqueur. Pas étonnant que les BA se frittent contre un Gardien des Secrets sur Signus Prime, leur incapacité manifeste à conserver un secret ayant dû grandement taper sur les nerfs de Slaanesh. 6: Abnett pousse le concept dans ses derniers retranchements en commençant ses bouquins en bombardant ses lecteurs de références sibyllines et/ou de contresens apparents, qui ne deviendront logiques qu’une fois mis en contexte, souvent bien des chapitres plus tard. Et ça marche !   Gilead’s Curse (ch. 8) – Vincent & Abnett:   Ayant exterminé à eux quatre la meilleure partie de la race skaven, notre trio d’elfes flanqué du vampire suicidaire de service se mettent en route vers la surface et vers l’acte II de Gilead’s Curse, que ce huitième chapitre est censé introduire de la façon la plus naturelle possible. N’ayant récupéré que la fameuse amulette du Roi des Rats de ses péripéties dans le sous-monde, Gilou se retrouve en effet fort embêté au moment de poursuivre son enquête (car oui, on aurait tendance à l’oublier – moi le premier –  mais le fil conducteur du roman est la recherche par Gilead des causes de la sinistrose ambiante qui semble frapper le Vieux Monde au moment où se déroule le récit), sa piste la plus prometteuse reposant désormais en deux parties distinctes sous quelques quintaux de roche et de terre, sans qu’il n’ait pu rien en tirer de très concluant1. Fort heureusement pour tout le monde, sauf pour le lecteur, qui aurait à ce stade apprécié que Vincent et Abnett tirent la conclusion logique de cette nième maladresse littéraire et concluent la piteuse résurrection de leur héros par un « il se rendit compte qu’il ne pouvait pas aller plus loin et décida en conséquence de repartir pour Ulthuan afin de compléter la formation de Laban et ouvrir un restaurant La Patatière en tant que franchisé », le Comte Vampire se révèle être un expert en matière d’amulette, et en sa qualité de sommité mondialement reconnue dans ce domaine, est capable d’aiguiller ses nouveaux amis vers les vrais responsables de toute cette chienlit, j’ai nommé… les Rois des Tombes. Ba-dum-tss.   Ayant depuis longtemps dépassé le stade de l’indignation volubile face aux énormités que le duo d’auteurs est capable de commettre sans sourciller, je ne m’étendrai donc pas sur le caractère totalement artificiel de cette relance narrative, pondue ex nihilo par le fantasque binôme et jeté en pâture aux lecteurs avec une désinvolture relevant du pathologique. Telle la créature de Frankenstein, l’intrigue de Gilead’s Curse n’est qu’un ramassis d’éléments plus ou moins fonctionnels mais très loin d’être assortis les uns aux autres, assemblés en un tout « cohérent » à grand renfort de sutures grossières, et dont l’existence constitue un affront à la logique et aux bonnes mœurs. À titre personnel, je soupçonne que l’inclusion des Nehekhariens dans l’intrigue découle de la volonté de la BL de supporter la sortie du nouveau Livre d’Armée Rois des Tombes (Mai 2011) en donnant aux fanboys un peu de contenu romancé à se mettre sous la dent. Difficile sinon d’imaginer ce qui aurait pu pousser Vincent et Abnett à porter leur dévolu sur cette faction, que rien ne destinait a priori à jouer un rôle dans la saga de Gilead2.   D’un point de vue purement factuel maintenant, ce huitième chapitre est principalement dévolu à l’affrontement final entre Gilead et le Comte Vampire, combat épique dont le dénouement ne fait évidemment pas un pli. Les tentatives de solenniser un tant soit peu ce duel au sommet entre deux bretteurs d’exception méritant l’un et l’autre le statut de protagoniste, pour louables et légitimes qu’elles soient, ne débouchent cependant sur rien de bien concluant, marginalisées qu’elles sont par les nombreux éléments what the fuck-esques parsemant le récit de cette ultime passe d’arme, comme autant grumeaux dans le kouglof narratif commis par nos deux larrons (comprendre que, comme cette fameuse spécialité alsacienne, la prose des Vabnett est sèche et insipide). Des caractéristiques physiques des artères fémorales elfiques aux leçons de vie inculquées à coup de patates brûlantes, en passant par la chemise irrémédiablement tachée de Gilead, le festival des incongruités continue à battre son plein, et promet même de redoubler au cours des chapitres à venir si l’on en juge par l’influence désinhibante que l’inclusion de Laban et Fithvael au récit semble avoir sur les auteurs. La tabula rasa décrétée par Nik et Dan permettra-t-elle à Gilead’s Curse de redorer quelque peu son blason avant que le récit ne se termine ? Je ne me bercerais pas d’illusions si j’étais vous, mais vous donne rendez-vous au prochain épisode pour juger sur pièce.   1 : En même temps, ce n’est pas en improvisant un (mauvais) café-philo avec le méchant sensé fournir les réponses à tes questions que tu remonteras à la cause du problème. 2 : On notera au passage que notre elfe déprimé est le second personnage du fluff de Warhammer Fantasy à faire le lien entre Skavens et Rois des Tombes, le premier n’étant autre qu’un obscur nécromancien à la petite semaine répondant au nom de Nagash.   Dead Man’s Party – Reynolds :   Toutes les bonnes choses ayant une fin, c’est avec une certaine tristesse que je chronique ici la dernière aventure d’Erkhart Dubnitz, mascotte du très saint et très awesome Ordre de Manann, publiée dans Hammer & Bolter. Avec quatre soumissions en l’espace de neuf mois, la série consacrée par Josh Reynolds aux aventures du chevalier le moins chevaleresque du Vieux Monde a constitué l’un des jalons les plus marquants de l’année 2 du webzine de la BL, prenant de fait la place précédemment occupée par les ennuyeux Silver Skulls de Miss Cawkwell. N’eut été la malencontreuse oblitération du monde Warhammer au cours de la Fin des Temps (dont le déroulé a été, ironie de l’histoire, en grande partie rédigé par le même Reynolds), Dubnitz aurait sans doute fini par obtenir son propre roman, rejoignant ainsi le cercle très restreint des personnages second degré de la Black Library assumés par cette dernière (Ciaphas Cain… et c’est à peu près tout). Destin cruel.   Comme indiqué par son titre, Dead Man’s Party met en scène une petite sauterie, organisée par le Grand Maître Ogg pour un potentiel généreux donateur, Bernard Lomax. Ce dernier, incarnation vivante (au début du récit en tout cas) du marchand Marienburger aussi fabuleusement riche qu’incroyablement pingre, est en effet prêt à tout pour flouer sa famille de l’héritage que son grand âge lui fait espérer sous les plus brefs délais. Si l’histoire ne dit pas pourquoi Bernie a porté son choix sur le très saint et très humble Ordre de Manann, ce dernier a toutefois sauté sur l’occasion et accepté sans rechigner l’unique condition que le Lorax a formulé à la modification de son testament en sa faveur, à savoir participer à la plus grosse teuf imaginable. That’s right punks, Nanard wants to party hard. Chaperonné par Dubnitz et un autre chevalier dénommé Piet Van Taal1, Lomax descend donc dans les bas-fonds de Marienburg comme la vérole sur le bas clergé pour un one night stand homérique, bien décidé à rattraper ses décennies de sobriété et d’abstinence en se mettant absolument minable.   Malheureusement pour notre trio, les réjouissances sont brutalement interrompues en plein before par un carreau d’arbalète, qui vient clouer la chope de Bernie à son occiput, avec des conséquences évidemment fatales pour le pauvre bougre. Mise au courant du coup de p*** ourdi par le patriarche, la descendance Lomax a en effet cassée sa tirelire pour se payer les services d’un assassin et ainsi empêcher le nouveau testament de prendre effet. Anticipant le déplaisir d’Ogg s’il venait à apprendre la disparition précoce de son futur mécène, Dubnitz décide de continuer la fête comme si de rien n’était, quitte à trimballer le cadavre de Bernard de taverne en taverne en faisant passer le macchabée pour simplement torché, le but de la manœuvre étant de faire « survivre » Lomax jusqu’au chant du coq et ainsi empocher le magot tant convoité. Plan brillant s’il en est, mais dont l’exécution se trouve légèrement compliquée par le fait que l’aimante famille de Herr Bernard a littéralement mis tous les assassins de Marienburg sur le coup, ce qui transforme rapidement la fiesta en battle royale entre coupe-gorges. Dubnitz réussira-t-il à sauver les apparences assez longtemps pour remplir les coffres du très saint et très fauché Ordre de Manann ?   Après un Lords of the Marsh en demi-teinte, Reynolds revient en grande forme et offre à son personnage fétiche un tomber de rideau digne de ce nom, avec une aventure aussi rythmée que drolatique. Difficile de voir dans l’argument de Dead Man’s Party autre chose qu’un prétexte pour confronter Erkhart Dubnitz à la faune la plus pittoresque qui soit2, dans une débauche d’action frénétique dont l’impeccable chorégraphie constitue la principale raison d’être. Cependant, le côté second degré de l’objet est totalement assumé par un Josh Reynolds ayant le bon goût de s’amuser avec le fluff et l’esprit de Warhammer Fantasy plutôt que de le tourner en dérision, comme certains auteurs l’ont parfois fait (se référer aux Grunsonn’s Marauders d’Andy Jones), ce qui permet à son propos de ne pas sombrer dans la facilité et la complaisance.   Ajoutez à cela quelques références savamment instillées dans le récit, qu’il s’agisse d’un simple clin d’œil adressé à Sam Warble et Zavant Konninger, deux figures historiques de la Black Library (et à travers eux, aux fidèles lecteurs de cette dernière), ou bien d’un pastiche en bonne et due forme de la fameuse série Blackadder3, joyau d’humour british revisitant avec bonheur la turbulente histoire du Royaume Uni entre le Moyen-Âge et la Première Guerre Mondiale, et vous aurez une image assez fidèle de l’objet du délit, dont la lecture est très vivement conseillée à tous ceux qui voudraient expérimenter autre chose que la traditionnelle nouvelle med-fan grimdark qui constitue le mètre étalon de la BL depuis maintenant une décennie. Dead Man’s Party est une histoire comme la maison d’édition de Nottingham n’en publie(ra) plus, et il est à mettre au crédit de Josh Reynolds d’avoir convaincu ses patrons de faire figurer cette curiosité au sommaire du webzine littéraire officiel de GW en 2012.   Même s’il est toujours triste de voir un personnage attachant comme Erkhart Dubnitz tirer sa révérence, le panache avec lequel Reynolds a orchestré la sortie de scène de son héros donne cependant à espérer pour les publications à venir de la BL, ce qui est toujours ça de pris en cette époque incertaine.   1 : Je sais ce que vous vous dîtes : comment un type avec un blaze pareil a pu finir templier de Manann ? C’est à peu près aussi crédible qu’un évêque s’appelant Mustapha Islam ou un imam nommé Salomon Blumstein. À croire que le monde de Warhammer est plus ouvert que le nôtre sur certains aspects. 2: Jugez plutôt : arbalétrier tiléen, hashashin arabien, pistolero cathayen, disciples de Khaine, rôdeur halfling, bretonnien maître de la danse de guerre des elfes sylvains, clowns homicidaires et cracheurs de feu, cowboy Middenheimer, pigeons grenadiers… Il y en a pour tous les goûts ! 3 : Reynolds vend la mèche assez tôt dans la nouvelle en mettant dans la bouche de son héros la catchphrase la plus célèbre de la série (I’ve got a cunning plan), mais l’intrigue de Dead Man’s Party reprend également des éléments des épisodes The Archbishop et Head des saisons I et II.   Born of Blood – Cawkwell :   Sarah Cawkwell n’est certes pas une débutante en termes de publications dans Hammer & Bolter. Du haut de ses 5 nouvelles (sans oublier l’extrait du roman The Gildar Rift), elle est, à date,  la contributrice la plus prolifique du webzine de la BL, à égalité avec un certain Josh Reynolds. Entre les deux hot new talents, la répartition des tâches était jusqu’ici d’une simplicité élégante, étant entendu que Madame faisait sienne les ténèbres du lointain futur tandis que Monsieur donnait vie au Vieux Monde et à ses habitants1. Ce 21ème numéro de Hammer & Bolter voit cependant ce statu quo être remis en question par la première nouvelle med-fan de Cawkwell, consacrée à l’enfance de Valkia la Sanglante, princesse démone (oui, ça sonne bizarre) de Khorne et favorite du Dieu du Sang. Comme pour Bitter End (Hammer & Bolter #12), récit de la période emo rock de Huronsombrecoeur la quête d’une batterie Warp pour l’Hamadrya du Tyran de Badab, il y a fort à parier que ce court format ait été rédigé par Cawkwell dans le but de « prendre en main » le personnage, avant de se lancer dans l’écriture d’un roman lui étant consacré (The Gildar Rift pour Joe l’Indien et Valkia the Bloody pour la Khorne Khorne Girl).   Born of Blood met en scène une Valkia de 10 ans, fille unique du chef de la tribu des Schwarzvolf, Merroc. Orpheline de mère, victime collatérale de l’affrontement entre les « gentils » Loups Noirs et les méchants de-chez-Smith-en-face (tellement bestiaux et malpolis qu’ils n’ont même pas de nom en fait), Valkia tanne son papounet pour participer à la bataille finale contre les ennemis susnommés, venant ruiner du même coup la séance d’aurore boréale (bah oui, il y a pas de cinéma en Norsca) familiale organisé par Merroc. La garce. Peu emballé par l’idée, et c’est compréhensible, Merroc noie le poisson en promettant à Valkia de soumettre cette demande au Cercle, instance dirigeante des Schwarzvolf et apparemment compétente sur le sujet de l’utilisation d’enfants-soldats (un UNICEF chaotique en quelque sorte). Après quelques palabres de circonstances, les sages de la tribu acceptent de laisser l’intrépide enfant prendre sa place dans la ligne de bataille des Schwarzvolf, mais en qualité de skjaldmö (shield maiden en anglais), c’est-à-dire porte-bouclier. Il n’y a pas à dire, les Norscans ont des super idées d’activités périscolaires pour leurs bambins. Quel dommage qu’ils n’aient pas d’écoles.   La suite de la nouvelle est logiquement consacrée au récit de la première bataille de Valkia, qui s’en sort, comme chacun peut l’imaginer, très honorablement. Protégée par son statut de personnage nommé, elle émerge sans une égratignure d’un combat que l’on pouvait pourtant supposer d’une brutalité peu commune au vu du pedigree des forces en présence. Mieux, elle trouve le moyen de trancher le jarret du hersir adverse d’un coup de surin bien placé2, ce qui lui vaut l’honneur de porter le coup de grâce au ruffian en question à la fin de la bataille. La légende est en marche…   Au risque de surprendre certains lecteurs, je dois avouer que j’ai apprécié Born of Blood. Il ne s’agit certes pas de la meilleure nouvelle estampillée Warhammer Fantasy Battle que j’ai jamais lue, ni même de la meilleure nouvelle de ce numéro de Hammer & Bolter, mais il s’agit très certainement de la meilleure nouvelle de Sarah Cawkwell, et la preuve que cette dernière est capable de produire des textes porteurs de valeur ajoutée, ce qui n’avait jusqu’ici pas été le cas. L’exemple le plus parlant de cette amélioration manifeste est l’inclusion par l’auteur de la figure de la skaldmö dans son récit, choix à la fois pertinent compte tenu de l’inspiration scandinave des Nordiques de Games Workshop (les Schwarzvolf semblent d’ailleurs parler bokmål – un des deux dialectes majeurs norvégiens – entre eux) et « surprenant », dans le bon sens du terme, pour le lecteur, surtout celui habitué aux platitudes des récits SM de Sarah Cawkwell (merci de ne pas sortir cette phrase de son contexte). Premier bon point. Elle a également la bonne idée de développer son point au cours de la nouvelle, en informant le lecteur de l’intérêt tactique, pas évident de prime abord pour le néophyte, de cette caste guerrière, et en la faisant évoluer sur le champ de bataille de manière assez crédible. Deuxième bon point. M’attendant à titre personnel à voir la Valkia de Cawkwell déboîter ses ennemis comme qui rigole en dépit de son jeune âge, de sa frêle constitution et de son manque d’expérience, bref en dépit de toute logique, pour la simple raison qu’il s’agit d’une future élue de Khorne et qu’elle se doit donc d’être un monstre de corps à corps (oui, j’en étais rendu à ce stade de cynisme envers les écrits de Miss Cawkwell, je l’avoue), je reconnais volontiers que le traitement (assez) réaliste du personnage par l’auteur m’a agréablement surpris. Tout arrive dans ce bas monde.   Bien sûr, tout n’est pas parfait dans Blood Born, à commencer par son intrigue, qui se révèle être inexistante (Martine Valkia participe à sa première bataille), et lorgne plus vers le chapitre de roman que la nouvelle à proprement parler. Les personnages manquent cruellement de personnalité, à commencer par notre héroïne, dont la farouche détermination constitue le seul trait de caractère marquant. Cawkwell sort encore trop peu des sentiers battus et rebattus de la BL (et de la littérature med-fan classique en général) dans ses partis pris de mise en scène et ses dialogues. Certaines péripéties sont marquées du sceau du TGCM (voir plus haut), et un beau gros faux-raccord (au moins) a subsisté dans la version finale de la nouvelle. Ceci dit, le résultat reste tout de même bien supérieur aux précédentes soumissions de l’intéressée, qui signe avec Blood Born son plot twist le plus convaincant à date : Madame Silver Skulls était en fait un auteur d’heroic-fantasy.   1 : Une autre ligne de partage, moins politiquement correcte et totalement subjective, pourrait également être tirée au niveau de la qualité des écrits de nos deux auteurs, Sarah Cawkwell s’étant « spécialisée » dans le médiocre et Josh Reynolds dans le lisible. 2: Episode non relaté dans le cours du récit, et c’est bien dommage car j’aurais aimé lire comment une fillette de quarante kilos, équipée d’un bouclier trop grand pour elle et d’un canif, et totalement inexpérimentée dans le maniement des armes, arrive à prendre le dessus sur un chef de guerre nordique. De manière réaliste, s’entend.   Au final, ce 21ème numéro n’est peut-être pas le plus impressionnant en terme de qualité intrinsèque, même si la nouvelle de Josh Reynolds vaut certainement le détour, mais il représente un excellent mètre-étalon de ce que Hammer & Bolter aurait dû être, et ce à tout niveau (diversité des formats, égale couverture des deux univers de GW, nombre et longueur des soumissions). Gilead’s Curse mis à part, le contenu de cet opus est plutôt honnête, Goulding, Swallow et Cawkwell signant tous des textes significativement supérieurs à leurs précédentes contributions. Bref, un excellent moyen de découvrir le webzine de la BL… si ce dernier n’était pas passé en pertes et profits depuis, et si ce numéro, comme tous les autres d’ailleurs, était encore proposé à la vente sur le site de la Black Library (pour des raisons que j’ignore, l’intégralité des Hammer & Bolter reste cependant disponible sur l’iStore). Zut. Il va falloir me croire sur parole du coup. À la prochaine !   Schattra, "il en reste un peu, je vous le mets quand même?"
  4. [40K/WHB][VO] Hammer and Bolter

    Bonjour à tous et bienvenue dans cette chronique du 20ème numéro de Hammer & Bolter ! Derrière la couverture illustrée par la photo de classe d’Angron (il venait de rentrer en grande section de maternelle à l’époque), 4 nouvelles dont une mignardise (6 pages à peine) de Sandy Mitchell, encadré sur la feuille de match par un trio de rookies (Clapham, Cavallo et Josh Reynolds), en plus du désormais habituel chapitre des aventures de Gilead. Après un 19ème numéro confié à des valeurs sûres établies de la Black Library, cette nouvelle parution fait donc le pari de la jeunesse, et l’on aurait bien tort de s’en plaindre. Il faut bien renouveler le stock de temps à autre.   . . In Hrondir’s Tomb – Clapham :   Mark Clapham (ce qui peut se traduire par gifle-jambon, un patronyme intéressant s’il en est) signe ses débuts dans Hammer & Bolter avec cette nouvelle de loulous mâtinée d’Inquisition, un casting prometteur au vu des difficiles relations entretenues par ces deux factions dans le background de 40K. S’il ne récidivera pas avant l’arrêt de la publication du webzine, il a en revanche participé à quelques recueils de nouvelles mettant en scène le futur cauchemardesque imaginé par GW1, et a signé un roman, Iron Guard, évidemment centré sur la fameuse Garde de Fer de Mordian.   L’intrigue de In Hrondir’s Tomb (un bon point à l’élève Clapham pour ce choix de titre tout à fait lovecraftien dans l’esprit) se situe sur la planète de Beltrasse, enclave impériale convoitée par les Taus mais défendue avec acharnement par la Garde Impériale et au moins une escouade de Chasseurs Gris Space Wolves, menée par le très pragmatique (comme nous le verrons plus tard) Anvindr Godrichsson. La nouvelle s’ouvre en même temps que la cage thoracique du commandeur ennemi, proprement empalé par l’épée tronçonneuse d’Anvindr en dépit de la protection apportée par son exo-armure dernier cri (l’histoire ne dit pas si le malheureux gradé a eu le temps d’envoyer un mail au SAV de l’entreprise chargée de la production du modèle pour se plaindre des évidents défauts de qualité mis en relief par l’estocade du Space Wolf avant d'aller rejoindre le Bien Suprême). Pas vraiment beaux joueurs sur le coup, les Xenos décident de punir ce manque de savoir-vivre criant en railgun­-ant la cité où se déroulent les combats. L’un des membres de l’escouade SW ayant sans doute acheté un exemplaire de The Taros Campaign et mémorisé les stats de l’armement d’un Tiger Shark, nos héros décident rapidement de changer d’air, et parviennent à gagner l’abri de catacombes locales avant d’être réduits en rillettes.   Malheureusement pour les fils de Russ, la voie d’accès qu’ils ont empruntée pour accéder aux souterrains de Beltrasse se retrouve condamnée par quelques gigatonnes de gravats, les empêchant de revenir à la surface une fois le caca nerveux des rhinotmetosiens2 terminé. Comble de déveine, l’un d’entre eux s’est de plus débrouillé pour finir à moitié enseveli sous la caillasse, situation plus cocasse qu’autre chose pour les fiers Space Wolves, qui laissent donc leur malchanceux compagnon se gangréner en toute quiétude pour suivre le Garde Impérial venu s’enquérir de la source de tout ce raffut. Ils font alors la connaissance de l’Inquisiteur Montiyf et de l’Interrogateur Pranix (le gaulois), mandatés par l’Ordo Malleus pour étudier le tombeau de Hrondir, Space Marine du chapitre Exorcists ayant mené son dernier combat contre le démon qui menaçait d’asservir Beltrasse trois siècles plus tôt. Le hasard faisant bien les choses, nos loulous ont évidemment débarqué droit dans le mausolée de Hron’, et se retrouvent aux premières loges quand les civils ayant cherché refuge dans les catacombes commencent à tomber sous les coups d’un mystérieux tueur au micro-ondes (comprendre que les cadavres qu’il laisse derrière lui sont aussi brûlants qu’éparpillés). Assez indifférent au sort de bêtes humains incapables de voir dans le noir ni de flairer un paquet de cheetos à 300 mètres (autant de choses qu’un SW est capable de faire instinctivement), Anvindr se trouve forcé à agir quand son pote l’homme Jenga (Liufr de son petit nom) subit à son tour les assauts du kébabier dément. Se pourrait-il qu’une présence maléfique hante toujours la tombe de Hrondir ?   Copie moyenne pour Clapham, dont la démoniaque (mais non, c’est pas du spoil) nouvelle pâtit de personnages pas vraiment attrayants, d’une intrigue cousue de fil blanc et d’une mise en scène d’une platitude absolue.   Côté casting, le brave Anvindr se contente d’être un Space Wolf lambda, c’est-à-dire un SM plus impétueux, grognon et velu que la moyenne, sans d’autre caractéristique mémorable que sa capacité à parvenir à des conclusions (plus ou moins3) logiques un peu plus rapidement que le reste de sa meute. Ce n’est pas pour rien s’il a été élevé au rang de Capitaine (Obvious). De l’autre côté du ring, l’Inquisiteur Montiyf s’emploie fortement à jouer à l’éminence grise, mais son affligeant manque d’autorité (c’est le premier Inquisiteur que je croise au cours de mes lectures qui doit préciser son nom deux fois de suite à son interlocuteur, à croire que ce dernier ne l’écoutait pas la première fois4) et la totale désinvolture dont il fait preuve lorsqu’il se trouve confronté aux premières victimes de Gordon Ramsay5 le rabaissent au rang de sous-sous-sous Eisenhorn. Quant au démon qui fait office de boss de fin, il ne lui manquait que la parole pour voler la vedette aux Laurel et Hardy du 41ème millénaire, mais son mutisme permanent le relègue au simple rang de punching ball à tentacules.   Côté scénario, on ne saisit pas bien si Mark Clapham a tenté de nous faire le coup de maison (ou dans le cas présent, du caisson) hantée au premier ou au second degré. Les deux choix auraient pu marcher avec un peu plus de conviction de la part de l’auteur, au lieu de quoi son approche mi-figue mi-raisin laisse le lecteur sur sa faim (un comble). Il flotte sur In Hrondir’s Tomb une sorte de faux suspense sur l’identité du tueur, entretenu, sciemment ou non, par un Clapham qui ne se donne jamais les moyens de réussir sa sortie, ce qui est particulièrement embêtant quand on écrit des nouvelles.   Côté péripéties enfin, c’est service minimum à tous les étages. Les scènes d’action se révèlent d’une conformité ennuyeuse, les relations entre personnages superficielles et assez caricaturales6, et l’investigation laissée à sa portion congrue. L’affrontement final entre le familier de Hrondir et les impériaux est particulièrement caractéristique du traitement indigent de Clapham de son sujet, le grand méchant démon se faisant renvoyer dans le Warp comme un vulgaire mob, c’est-à-dire sans qu’aucune stratégie particulière ne soit en mise en place par les héros pour venir à bout de leur adversaire (il suffisait juste de lui taper dessus fort et longtemps), mise à part une rapide séance d’exorcisme torchée en deux trois mouvements en prologue à la baston. Blasant.   Au final, In Hrondir’s Tomb ne constitue pas une lecture des plus intéressantes pour l’habitué de la BL, qui a sans doute lu et relu le même type d’histoire une bonne dizaine de fois auparavant. On notera toutefois que Clapham a au moins le mérite de maîtriser un tant soit peu son sujet d’un point de vue fluff (il rappelle ainsi que le nom fenrisien des Space Wolves est Vlka Fenryka, détail que je ne pense pas être connu par la moitié des auteurs de la BL ayant trempé de loin ou de près dans l’univers de 40K), point fort qui gagnerait à être exploité par le newbie dans ses futurs travaux. Pour le reste, eh bien, il faudra bosser.   1 : L’un de ses textes, The Known Unknown, a le douteux privilège d’être accompagné par l’artwork le plus hideux jamais contemplé par votre serviteur, malgré plusieurs années à stalker le site de la BL. Si vous voulez vous venger de votre petit neveu de 5 ans qui a malencontreusement écartelé votre Mars Alpha Pattern Warlord Titan après l’avoir confondu avec Optimus Prime, voici un bon moyen de lui induire de beaux cauchemars made in 40K. 2 : C’est la beauté de la rédaction de chroniques littéraires pour des nouvelles se passant dans les univers de Games Workshop. Une minute vous êtes en train de chercher une expression originale pour désigner les Taus afin d’éviter les redites, la suivante vous découvrez qu’un empereur byzantin (Justinien II) a eu le nez tranché par ses rivaux politiques (toute forme de mutilation faciale étant apparemment disqualifiante pour le job)… et se l’est fait remplacer par une prothèse en or massif une fois rétabli sur le trône. C’est beau tout de même. 3 : Le héros de Clapham nous gratifie ainsi d’un magnifique syllogisme lors de « l’enquête » qui occupe le centre de la nouvelle. Le tueur est certainement un psyker, beaucoup d’Inquisiteurs sont des psykers, le tueur est donc l’Inquisiteur. Le chat de Socrate aurait adoré. 4 : Autre exemple lorsque nos héros finissent par établir que le démon banni par Hrondir 300 ans plus tôt est responsable des récents meurtres (bravo les gars !). Anvindr : « … et j’en déduis donc que notre coupable est un démon. » Montiyf : « Vous êtes sûr que ce n’est pas le Révérend Olive dans la véranda avec la clé à molette ? » Anvindr : « Fous-toi de ma gueule, tiens. » Montiyf : « … » Anvindr : « D’ailleurs quand j’y pense, c’est vraiment étrange qu’un Inquisiteur de l’Ordo Malleus venu spécialement pour étudier la tombe d’un Space Marine du chapitre des Exorcists ne soit pas parvenu à cette conclusion plus tôt… » Montiyf : « … » Anvindr : « Oh, me dis pas que tu le savais depuis le début ! » Montiyf : « Bien sûr que si, andouille. » Anvindr : « Je devrais te graver le nom du camarade qui s’est fait braiser comme une banane plantain sur le bide avec mon épée tronçonneuse pour t’apprendre, mais j’imagine que ce serait mal perçu par l’Inquisition. » Montiyf : « Certes. D’autant plus que mon autorité est absolue et que je n’ai pas à me justifier devant quiconque, excepté l’Empereur. C’est écrit sur ma fiche de poste. » Anvindr : « Cause toujours Monty. En attendant, je vais tirer cette affaire au clair en ouvrant le tombeau de Hrondir pour voir si le démon s’y trouve. À moins que tu ne sois pas d’accord, bien sûr. » Montiyf : « Je ne suis pas d’ac- » Anvindr : « Rien à foutre. » Montiyf : « Bon, ok. Mais ne dîtes pas que je ne vous aurais pas prévenu. » 5 : « Inquisiteur, il ne reste plus que de la pulpe des cinq personnes qui occupaient cette pièce ! Le meurtrier a agi tellement rapidement qu’aucun n’a eu le temps de crier… et il les a carrément carbonisés ! Que devons-nous faire ? » « Bof, restez vigilants. Bye. » 6 : L’Inquisiteur sous-entendant lourdement aux loulous que ces derniers sont suspects à cause de la malédiction du Wulfen, à la suite de quoi Anvindr dégaine son magnifique sophisme sur les psykers. Hercule et Poirot sont à deux doigts de se foutre sur la gueule sur la seule base de leurs improbables déductions mutuelles lorsque la réapparition de Liufr (sous sa forme de papillote de bar) met fin à la confrontation.   Gilead’s Curse (ch. 7) – Vincent & Abnett :   Après 6 chapitres de Gilead’s Curse, je pensais, sans doute un peu naïvement, avoir pris la mesure du style d’écriture si particulier du duo (si tant est que l’on peut parler de collaboration) Vincent et Abnett. Mes espoirs de lire un roman feuilleton du calibre des précédentes soumissions Fantasy de Dan Abnett, seul (Les Cavaliers de la Mort, Fell Cargo) ou accompagné (Hammers of Ulric, Malus Darkblade) ayant été douchés dès les trois premières pages du premier chapitre de Gilead’s Curse, j’ai depuis oscillé entre consternation incrédule, fatalisme dépité et (mais ce fut plus rare) fugace espérance, dès lors que le niveau semblait décoller du moindre micron de l’abîme d’étrangeté pataude et punitive dans lequel cet OLNI (Objet Littéraire Non Identifiable) se complait la plupart du temps. Las, c’était oublier la loi de gravité universelle de cette bonne vieille pomme de Newton, dont l’influence, c’était couru d’avance, ne pouvait pas ne pas se faire sentir. À la relative accalmie des chapitres 5 et 6 devait donc succéder une nouvelle débauche de grand n’importe quoi, d’autant plus douloureuse et démotivante que je pensais vraiment (à tort) avoir aperçu le bout du tunnel au numéro précédent. Ma foi dans l’humanité finira par me tuer un de ces jours, tenez-le vous pour dit.   Pour rappel, le chapitre 6 s’était terminé par un double cliffhanger annonçant le dénouement prochain des deux axes narratifs majeurs de l’histoire, à savoir la confrontation finale entre Gilead et le Roi des Rats (d’une part) et entre Gilead et le Comte Vampire (d’autre part)1. Chose promise, chose due, notre épisode s’ouvre donc par le face à face tant attendu entre l’enfant chéri de Tor Anroc et le mâle alpha de la race skaven… et c’est à ce moment précis que tout commence à partir en sucette. Car si on pouvait encore mettre l’apathie manifeste dont nos deux personnages firent preuve l’un envers l’autre à la fin du chapitre précédent (bien qu’ils aient une liste de raisons longue comme la tronche de Gilou lors d’un bivouac sans rutabaga de se foutre sur le coin du museau) sur le compte d’une volonté de Vincent de renforcer la tension avant le règlement de comptes final, voir cet étrange statu quo se prolonger lors du chapitre 7 est par contre tout bonnement incompréhensible. Incompréhensible est d’ailleurs le qualificatif le plus approprié pour décrire le dialogue entre nos deux adeptes de la non-violence, dont le degré d’absurdité ferait passer La Cantatrice Chauve pour un drame bourgeois. En parallèle de cet échange de haut vol, Stuart Little prend littéralement un gros coup de vieux, son pelage passant soudainement au blanc (fatigue nerveuse sans doute), ce qui 1) permet au mot follicule de faire son apparition dans le champ lexical de la Black Library2, et 2) attise l’antipathie que notre Elfe éprouve pour lui à un niveau insoupçonné. Pourquoi ? On ne le saura jamais, mais Vincent se montre catégorique sur ce point.   Quelques étages plus bas, le trio des poursuivants se prépare à faire son entrée dans la grande salle du royaume skaven, où, une fois encore la race entière3 s’est réunie pour assister à un discours de son suprême leader. Malgré les atermoiements de Laban (le jeune elfe), qui rechigne à foncer dans le tas et à se tailler un chemin jusqu’à son grand cousin à la pointe de l’épée sans autre forme de préparation (option choisie par ses deux bourrins de compagnons), les membres fondateurs de l’Association des Amis de Gilead (AAG) optent malgré tout pour cette approche tout en subtilité et commencent à progresser vers le monticule servant de podium au Roi des Rats pour ses intervention publiques, laissant derrière eux les cadavres mutilés d’innombrables ratons. De son côté, notre héros choisit finalement de laisser la vie sauve à son ennemi, sans savoir pourquoi d’ailleurs, et pousse même l’urbanité jusqu'à défendre ce dernier des assauts de ses lieutenants. Sorti complètement exténué, tant sur le plan physique que mental, de ses cinq minutes d’entrevue avec son prisonnier, le fier despote murin des chapitres précédents n’est en effet plus qu’une loque impotente, tout juste bonne à marmonner des questions incongrues dans ses moustaches, faiblesse excitant logiquement la convoitise de ses nervis.   Long story short, les quatre protagonistes finissent par effectuer leur jonction, après avoir massacré les ¾ des skavens du Vieux Monde en quelques minutes, bien aidés il faut le dire par la gigantesque battle royal ayant éclaté après l’abdication de fait du Roi des Rats. Le tumulte engendré par cette mêlée dantesque ayant fragilisé cette partie de l’empire souterrain, Gilead entraîne ses nouveaux compagnons vers la surface, non sans avoir (enfin !) réglé son compte à sa Nemesis poilue, décapitée au ralenti par une Nik Vincent qui profite de l’occasion pour ajouter « derme » au lexique de la BL. Un de moins !   Si j’ai commencé cette revue en signalant d’emblée que ce 7ème chapitre constituait un nouveau jalon dans l’imbitabilité poisseuse qui caractéristique Gilead’s Curse, c’est parce qu’aux critiques déjà formulées au cours des précédentes chroniques vient s’ajouter une tare inédite. Passe encore que le style des Vabnett  soit ampoulé à l’extrême, que les personnages agissent de manière ou stupide ou incompréhensible, que le background de Warhammer ait été totalement vidé de sa substance ou encore que le récit soit déroulé d’une manière profondément ennuyeuse : ces défauts sont connus de longue de date et sont le lot des pauvres fous ayant choisis de persévérer dans leur lecture de cette œuvre profane. En revanche, il m’a été particulièrement pénible de constater que le binôme avait choisi d’innover dans l’innommable, en rebootant purement et simplement la personnalité d’un des personnages principaux (le Roi des Rats) en cours d’histoire. C’est bien simple, notre loustic perd subitement tout intérêt dans la quête d’immortalité qui constituait jusqu’ici son leitmotiv, se met à considérer Gilead comme son psychiatre et n’en finit plus de s’émerveiller sur son manque de connaissance sur les choses de la vie (sa dernière pensée – au moment où l’épée de Gilead lui tranche le col – sera d’ailleurs de noter que son sang est impur, même s’il ignore pourquoi). C’est un peu comme si Vincent avait oublié tout le character development précédemment mis en place et était reparti de zéro sur ce personnage. Avec le recul, on finit par en rire (on rit du roman dans son entièreté d’ailleurs), mais sur le coup, j’avoue avoir ressenti une véritable bouffée de colère devant cette nouvelle preuve de mépris adressée aux lecteurs de Gilead’s Curse. La lecture se serait faite sur une copie papier que cette dernière serait très certainement passée par la fenêtre ou aurait atterri dans la poubelle sans autre forme de procès. Heureusement que les ordinateurs et les tablettes sont moins facilement remplaçables.   Seule consolation à tirer de ce chapitre, la mort de super raton, qui ne viendra normalement plus polluer le récit de ses interventions délétères. On peut également espérer que le Comte rencontrera prochainement son destin sous la lame de Gilead, comme il le souhaite. Bien que doté d’un potentiel de nuisance moindre que l’autre antagoniste principal du roman, sa disparition permettrait de repartir sur des bases totalement nouvelles, qui ne pourront pas être pires que celles ayant soutenu cette première partie. En tout cas, je l’espère fortement.   1 : On notera à cette occasion que l’intrigue de Gilead’s Curse repose (jusqu’ici) entièrement sur un concours malheureux de circonstances. Si cette cruche de Brida ne s’était pas montée la tête sur la longueur de l’ombre du premier quidam venu dans le premier chapitre, Gilead n’aurait jamais fait la rencontre du Comte, ni ne se serait aventuré dans les tunnels des skavens. On peut légitimement parler d’un effet (tête de nœud) papillon. 2 : Je ne pense pas prendre un grand risque en affirmant que ce terme n’avait été jusqu’ici jamais utilisé par aucun auteur de cette noble maison d’édition. 3 : Ça doit être assez pénible pour les membres des clans Eshin et Pestilens de se taper l’aller-retour entre Nippon/la Lustrie et Skarogne tous les deux jours pour entendre grand-papi répéter sa litanie de longévité. D’un autre côté, ce n’est pas comme si ces clans existaient pour Nik Vincent. Problem (partly) solved.   The Talon of Khorne – Cavallo :   Deuxième auteur à faire ses grands débuts dans ce numéro de Hammer & Bolter, Frank Cavallo n’a semble-t-il pas fait de vieux os au sein de la Black Library, sa seule autre contribution recensée étant une pige pour la franchise Gotrek & Felix, Into the Valley of Death. En même temps, se spécialiser dans Fantasy en 2012 n’était sans doute pas le choix le plus heureux avec le recul.   Notre récit s’ouvre par un petit matin frisquet d’automne dans le village de pêcheurs de Volfskul, quelque part sur le littoral de Norsca. Les habitants du lieu commencent à peine leur journée qu’ils se trouvent interrompus par l’arrivée d’une bande de maraudeurs, menée par le Seigneur du Chaos Vhorgath, fléau du Nord (ce qui en ferait de fait plutôt un allié des nations civilisées du Sud) et son second Ruaddon. Notre duo de choc est en effet à la recherche de guerriers dignes de ce nom pour renforcer leur petite armée, et leur Guide du Pillard – Norsca indique clairement que Volfskul est la communauté principale de la farouche tribu Peau de Fer, réputée pour sa férocité et les innombrables exactions qu’elle a commises lors de ses raids sur les terres des nations civilisées.   Manque de chance pour nos deux chasseurs de têtes, ils se rendent rapidement compte que le village est vide de tout homme capable manier les armes, comme le confirment rapidement les habitants du cru, guère impressionnés par l’arrivée d’une trentaine de maraudeurs surarmés et animés d’intentions pas vraiment charitables à leur porte (façon de parler, les maîtres d’œuvre locaux n’utilisant que des galets et du guano pour leurs constructions). Ce constat amer est confirmé par la version des Volfskullers, qui apprennent à nos wannabes Archaon que le lancement de la saison du pillage a été très retardé par une épidémie de varicelle, finalement enrayée par un sacrifice massif à ce coquin de Nurgle à la toute fin de l’été. Enfin libres de partir en mer après cette péripétie mineure, les derniers guerriers Peau de Fer ne sont pas encore revenus de leur transat Jacques Vabre au moment de l’arrivée du jury de la Nouvelle Star dans leur patelin. Légitimement déçus par la fin de non-recevoir leur ayant été adressée, Vhorgath et Ruaddon se passent les nerfs en mettant le village à sac, l’ombrageux Seigneur du Chaos n’ayant pas apprécié de se faire violemment clasher par la poissonnière pour sa peine.   Alors qu’ils s’apprêtent à repartir des ruines fumantes de Volfskul, les séides de Vhorgath tombent nez à nez avec l’ultime survivante de la tribu, qui s’avère être la fille du skald local. D’abord enclins à passer Assurancetourista au fil de l'épée comme le reste de ses petits copains, les maraudeurs décident finalement de la laisser en vie après qu’elle leur ait proposé de les mener jusqu’à la retraite du légendaire Scyla Anfingrimm, aussi connu sous le nom de Griffe de Khorne, illustre guerrier Peau de Fer s’il en est. Flairant l’opportunité de sauver les meubles en draftant au moins un nouveau suivant digne de ce nom, Vhorgath accepte le deal et ordonne à sa captive de le mener jusqu’au repaire de Scyla. Ce dernier s’étant établi à une journée de marche de ses concitoyens, la prisonnière en profite pour leur conter un épisode marquant de la saga d’Anfingrimm, à savoir la traque de Paul le Poulpe dans la baie des Lames1, malgré l’incrédulité hostile de Ruaddon face à l’awesomeness manifeste de Scyla. Arrivée à bon port, notre petite bande de super vilains paiera le prix fort pour son inculture2, laissant l’ultime survivante des Peaux de Fer libre d’aller exercer ses talents bardiques ailleurs.   The Talon of Khorne est une petite nouvelle comme je les aime, mettant en lumière un aspect du background canon superficiellement couvert par les Livres d’Armée pour le plus grand plaisir du fanboy de base. Figure chaotique bien connue, Scyla Anfingrimm est un des personnages nommés les plus intéressants de sa faction, sa déchéance finale étant symptomatique de la dangerosité intrinsèque des faveurs des Dieux du Chaos, pour qui la préservation physique et mentale des champions qu’ils récompensent n’est qu’un point de détail. Toutefois, ce n’est pas tant dans le récit de l’affrontement entre Scyla et le kraken de la Baie des Lames que se situe la principale plus-value du texte de Cavallo, mais bien dans sa description de la réalité « sociale » des Norscans. Sempiternellement envisagés sous le seul angle de la bande de maraudeurs ravageant les terres des nations civilisées dans le background, on en oublierait presque que derrière chaque Viking altéré de sang se cache une communauté de non-combattants, faisant de son mieux pour interagir de la manière la plus apaisée possible avec les bandes armées, créatures mutantes et manifestations démoniaques endémiques au Nord du monde.   En ce sens, la première partie de la nouvelle, où l’auteur décrit de manière assez crédible la genèse d’une armée chaotique (dont les guerriers ne se reproduisent pas par mitose, n’en déplaise aux plumes de la BL invoquant des centaines de milliers de combattants à chaque incursion dans les terres du Sud), est à mes yeux le meilleur passage de The Talon of Khorne, en ce qu’il dépeint de manière crédible les difficultés rencontrées par chaque chef de guerre au moment de mettre sur pied sa propre horde. De même, le stoïcisme hostile et effronté avec lequel les habitants de Volfskul accueillent l’arrivée d’un Seigneur du Chaos ne m’a pas semblé le moins du monde hors de propos, bien que l’on puisse être à première vue un peu surpris de voir un individu aussi dangereux et ombrageux qu’un Élu des Dieux Sombres se faire vertement rembarrer par la première matrone venue3 (avec des conséquences assez fâcheuses pour nos grandes gueules ceci dit). Cela colle en effet parfaitement avec l’image d’Épinal du fier nordique, exprimant le fond de sa pensée sans aucun détour même lorsqu’il aurait été plus intelligent de ménager la susceptibilité de son interlocuteur. Toujours dans la même veine, la conclusion de la nouvelle, qui voit le terrifiant Scyla se comporter en animal de compagnie protecteur envers la prisonnière de Vhorgath juste avant de réduire ce dernier et son escorte à l’état de protoplasme, est également intéressante, en ce qu’elle « humanise » légèrement l’Enfant du Chaos, qui malgré sa transformation et son exil, reste capable d’éprouver de la loyauté envers les membres de sa tribu (ce qui était d’ailleurs sous-entendu dans la partie background – La Bête de Firjgard – du Livre d’Armée Hordes du Chaos). Bref, merci à Mr Cavallo d’avoir normalisé un tant soit peu les habitants du Nord du Vieux Monde, qui ne diffèrent pas foncièrement de leurs congénères méridionaux dans la vie de tous les jours (on aurait tendance à l’oublier).   Seul léger bémol à signaler, le simili twist final venant conclure la nouvelle (Vhorgath et Ruaddon n’étant pas au courant de la déchéance de Scyla avant d’arriver dans son antre), dont on ne sait pas trop s’il était destiné au lecteur (probablement mieux informé que nos héros incultes sur la destinée d’Anfingrimm) ou bien ne concernait que les personnages de l’histoire. Vu le sans-faute réalisé par Cavallo par ailleurs, je pencherais davantage pour la seconde option, qui aurait alors gagné à être mieux mise en contexte afin de ne laisser aucun doute sur les intentions de l’auteur. Mais je pinaille.   1 : Vous ne vous êtes jamais comment un aquarium allemand avait récupéré un octopode marqué par Tzeentch en 2008 ? Maintenant vous savez. 2 : Scyla étant, comme chacun sait, un Enfant du Chaos à l’humeur mutine, et par là même assez insensible à la proposition d’embauche faite par un Vhorgath qui aurait mieux fait d’acheter le Livre d’Armée Guerriers du Chaos pour savoir à quoi s’en tenir plutôt que de claquer tout son fric dans un cimeterre enchanté. Morale de l’histoire : le savoir c’est le pouvoir. 3 : J’imagine que même Archaon a dû en passer par là au début de son parcours. Archaon (niveau 5) : Ahem. Bonjour mes amis! Je m’appelle Archaon et je suis à la recherche de courageux guerriers pour intégrer ma garde personnelle, les Epées du Cha- La grosse Hilda (PNJ) : Archaon, tête de fion ! Archaon (niveau 5) : O-ok. Je repasserai plus tard. ...Plus tard... Archaon (niveau 88) : Nordiques ! Je suis de retour avec la bénédiction des Dieux du Chaos. Mon armée se prépare à noyer le monde dans le sang et le feu. Rejoignez-moi ou périss- L’énorme Hilda (PNJ) : Ça fait longtemps que tu nous délaisseuh, vas-y Archie montre nous tes f- Archaon (niveau 88) : Oh putain, c’est pas vrai.   Lords of the Marsh – Reynolds :   Avec cette troisième nouvelle consacrée au templier Erkhart Dubnitz du Très Saint et Très Brutal Ordre de Manann en huit mois, Josh Reynolds s’impose indubitablement comme le Sarah Cawkwell de l’année 2 en terme de présence dans les pages de Hammer & Bolter, son jovial héros prenant (avantageusement, si vous demandez mon avis) la place du translucide Gileas Ur’Ten des Silver Skulls. Ça ne compense pas les exactions commises par Vincent et Abnett avec leur Gilead, mais ça équilibre au moins la situation. Je ne pense que le lectorat du webzine aurait survécu très longtemps à l’alliance des deux Gil’…   Une fois n’est pas coutume, Reynolds fait quitter à Dubnitz les bucoliques canaux de Marienburg et choisit de situer l’action de sa nouvelle dans les marais de l’estuaire du Reik. Envoyé par le Grand Maître Ogg en Averland afin de sécuriser un approvisionnement de destriers pour le compte de l’Ordre de Manann, notre héros est sur le chemin du retour en compagnie de deux représentants de la famille Sark, lignée de marchands ayant fait fortune dans l’élevage de chevaux. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si Erkhart ne s’était pas, avec l’enthousiasme qu’on lui connaît, compromis quelques jours auparavant avec la moitié la plus gironde des plénipotentiaires Sark, au grand outrage de l’autre émissaire Averlander (frère de la précédente), très décidé à faire goûter à ce fripon de Dubnitz l’acier de sa rapière à titre de dédommagement. L’incident trouvant rapidement une conclusion (presque) non-violente par le biais d’un amical coup de boule assené par le templier au marchand, l’agitation retombe peu à peu sur le pont de la barge transportant tout ce beau monde vers sa destination… en même temps qu’un brouillard à couper au braquemart, dont on devine rapidement qu’il n’a rien de naturel. Et en effet, c’est le moment que choisit une bande de pirates menée par le tristement célèbre Quintus Fulmeyer, aussi connu sous le nom de Chien des Marais, pour aborder le bateau et, après un bref mais sanglant combat se terminant par la victoire des assaillants et la chute de Dubnitz dans le Reik, faire main basse sur sa cargaison.   Un templier de Manann ne pouvant pas décemment finir sa carrière noyé, le coriace Dubnitz réussit malgré tout à rejoindre la terre (plus ou moins) ferme, et se lance à la poursuite de Fulmeyer et de ses captifs, guidé par un pirate pas vraiment enchanté de se retrouver au cœur des étendues sauvages du Pays Perdu en pleine nuit, et à la merci des mystérieux « Seigneurs des Marais » auxquels les prisonniers doivent être sacrifiés avant la venue du jour. Intrigué par le salmigondis de son compagnon, Dubnitz essaie de lui tirer les vers du nez au sujet des protecteurs de Fulmeyer, mais ne parvient à rien de très concluant avant que le flibustier ne fasse une Charles VIII (comprendre qu’il décède brusquement de s’être cogné très fort la tête) sur une des pierres levées qui parsèment cette partie des marais. Soupçonnant l’intervention d’une tierce partie dans cette mort pas vraiment naturelle, notre héros n’a pas le temps de pousser très loin son investigation, son errance dans les marécages l’ayant conduit tout droit sur le chemin du reste des pirates. Déterminé à vendre chèrement sa vie contre ces immondes fripouilles, Dubnitz n’a pas le temps de se lancer à l’assaut des adorateurs de Stromfels que Fulmeyer dégaine un cor un peu spécial, dont la sonnerie a pour effet immédiat de faire tomber une brume des plus épaisses, d’où émergent finalement ceux que le lecteur un tant soit peu informé attendait depuis le début de la nouvelle, j’ai nommé les Fimirs1.   Profitant de l’attitude pour le moins attentiste des fameux Seigneurs des Marais, apparemment très à cheval sur le fait que leurs prisonniers soient dépourvus de toute volonté belliqueuse, et qui voient donc d’un mauvais œil (haha) la mauvaise volonté manifeste dont fait preuve Dubnitz à l’idée d’être faceplanté de force contre une des pierres de sacrifice Fimir2, le templier passe à l’action et engage Fulmeyer au corps à corps pendant que les Sark et les marins survivants font de même avec les pirates. Après une brève échauffourée au cours de laquelle notre héros réussit à confisquer l’instrument de son adversaire et à congédier les mécènes de ce dernier en sonnant la fin de la récré (comme on l’a vu plus haut, les Fimirs sont procéduriers à l'extrême, et n’eurent donc pas d’autre choix que de repartir dans la brume même si cela ne les arrangeait pas vraiment), les rescapés du camp des gentils repartent clopin-clopant vers Marienburg, non sans avoir laissé Fulmeyer et ses nervis derrière eux en guise de compensation. Tout le monde est content (ou presque).   Josh Reynolds a beau être mon auteur préféré parmi la jeune génération de la BL, et Erkhart Dubnitz être un des personnages les plus agréables à suivre parmi la ménagerie de protagonistes de Warhammer Fantasy développée au fil des ans, j’ai trouvé son Lords of the Marsh franchement en deçà de ses précédentes contributions. Sans être indigente, sa nouvelle pâtit surtout des nombreuses zones d’ombres entourant les Fimirs, dont les motivations et la nature de l’arrangement qu’ils ont conclu avec Fulmeyer restent trop nébuleuses pour permettre au lecteur d’apprécier à sa juste valeur l’inclusion de mythiques démons des marais de GW à l’intrigue. On ne comprend ainsi pas pourquoi les bad Alfs refusent absolument de toucher à Dubnitz tant que ce dernier fait mine de se rebeller contre son sort, alors qu’ils n’ont eu aucun scrupule à fracasser le crâne de son guide quelques minutes plus tôt (lequel ne devait pas être non plus franchement emballé par l’idée de repeindre le menhir le plus proche avec son liquide céphalo-rachidien), ni de faire subir le même sort à Fulmeyer et au restant de sa bande de bras cassés après qu’ils aient été sommairement bannis par le chevalier de l’OM (Ordre de Manann, pour ceux qui ne suivraient pas). De même, l’intérêt pour nos batraciens photophobiques de recourir aux services d’hommes de main pour leur livrer leurs victimes à domicile (c’est du Deliveroo customisé) est loin d’être évident, puisque ces derniers disposent déjà de toutes les compétences nécessaires pour aborder les navires passant à proximité de leurs antres, et n’ont pas particulièrement besoin de mercenaires pour leur faciliter le boulot.   Au niveau de la forme, j’ai également pu noter quelques marques de relâchement de la part d’un auteur jusqu’à présent irréprochable de ce côté-là. Mots manquants dans certains passages (à moins que Reynolds n’ait utilisé des tournures anglaises dont je n’ai pas réussi à percer le sens, ce qui est à la portée de notre homme), personnages secondaires moins bien développés que précédemment, et construction du récit moins dynamique et fluide, furent autant de petites scories venant dégrader le plaisir de lecture, comme si Reynolds n’avait pas eu l’envie ou le loisir de livrer un texte aussi peaufiné qu’à son habitude. On se consolera toutefois en notant que la partie fluff est elle restée égale à elle-même, c’est-à-dire conséquente et pertinente, ce qui constitue une source de satisfaction certaine. On ne peut qu’espérer que ce (léger) coup de moins bien sera rapidement corrigé par un Josh Reynolds dont on peut légitimement attendre beaucoup, beaucoup mieux.   1 : On notera au passage qu’il s’agit de la deuxième nouvelle publiée dans Hammer & Bolter à intégrer ces sympathiques cyclopes à son casting (la première étant Marshlight de C.L. Werner – Hammer & Bolter #8). Pas mal pour une race délaissée par Games Workshop depuis la fin des années 80 ! 2 : La méthode d’exécution employée par les Fimirs n’est en effet pas piquée des vers. Le prisonnier est hissé en haut de la pierre où une corde lui est passée autour du cou, puis est précipité en contrebas. La corde étant plus courte que la hauteur de la chute, le malheureux s’écrase tête la première à la surface du rocher, avec des conséquences généralement fatales. Les Fimirs de Reynolds ont l’air d’être passés maîtres dans cette technique, mais le mode opératoire me paraît toute de même très compliqué, pour une efficacité loin d’être garantie (ça doit tout de même faire très mal, je le reconnais). Josh Reynolds étant un des auteurs les plus calés en matière de fluff, je pensais qu’il avait tiré ce particularisme d’un ancien texte de background, mais n’ai rien trouvé à ce sujet.   A Mug of Recaff – Mitchell :   On termine ce numéro avec un petit digestif littéraire judicieusement nommé, commis par un Sandy Mitchell plus que jamais attaché à son personnage fétiche de Ciaphas Cain Ferik Jurgen. Ayant juste terminé la purge d’une maison de passe en compagnie de son bien-aimé supérieur, notre odoriférant héros se met en quête de la cuisine afin de procurer au Héros de l’Imperium une tasse de recaff bien méritée. Manque de pot pour Jurgen, la pièce est déjà occupée par un cultiste survivant, ayant quelques aptitudes en matière d’invocation de démon1.Manque de pot pour l’hérétique et son familier, Jurgen est un Paria, et n’a donc aucun mal à calmer les ardeurs homicidaires de Ringo et Sheila d’une rafale bien placée de son fidèle fusil laser. Bon, où est la cafetière maintenant ?   Le principal intérêt de A Mug of Recaff est de donner à Jurgen sa minute de gloire en le mettant aux commandes de sa propre nouvelle. Comme toujours avec Mitchell, le ton est assez léger et contraste fortement avec la sacro-sainte atmosphère gothique qui imprègne la majorité des écrits 40K. Le quatrième mur n’a jamais été plus fin que lorsque Sandy tient la plume…   1 : Sheyla de son petit nom. Véridique.   Au final, un numéro assez moyen mes pauvres amis. Le léger coup de moins bien (passager, espérons-le) de Reynolds permet à Cavallo de s’imposer comme le meilleur contributeur de cette fournée, même si sa nouvelle tape plus dans l’encourageant que dans l’enthousiasmant. Les débuts de Clapham s’avèrent quant à eux assez peu spectaculaires, mais laissons au bonhomme le bénéfice du doute. La soumission de Mitchell, pour sympathique qu’elle soit, tient plus du caméo qu’autre chose. Reste l’habituel chapitre de Gilead’s Curse, qui démontre avec force que le duo Vincent et Abnett est plus que jamais en roue libre et évoque plus une séance d’écriture automatique inspirée par une mauvaise série med-fan qu’un travail de professionnels. See you soon !   Schattra, "...d'ici l'automne"
  5. [40K/WHB][VO] Hammer and Bolter

    @ FreDrich_00: Et voilà la petite sœur, camarade. La motivation, il faut s'en servir quand elle est là!   Bonjour à tous, et bienvenue dans la chronique du 19ème numéro de Hammer & Bolter ! Je vous avoue que la lecture de la couverture de cet opus m’a fait présager, non pas du pire, mais du moyen, perspective guère emballante au moment de s’atteler à la rédaction d’une chronique. En cause, la présence au casting du besogneux brelan de la BL, j’ai nommé Mrs Counter, Thorpe et Kyme (en plus de la récurrente Vincent et du perpétuel Abnett). Auteurs bien établis au sein de la noble maison d’édition de Games Workshop, nos trois gaillards partagent en effet une tendance pour la prose SF/med-fan sans saveur, même si la soumission de textes intéressants n’est pas au-dessus d’eux (pas sûr pour Kyme, il faudrait que je cherche dans mes notes de lecture). Les voir truster la table des matières d’un numéro de Hammer & Bolter n’augurait donc pas du meilleur pour ce dernier, même si on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise. Et effectivement…   . Irixa – Counter :   Tel Joséphine Baker, Ben Counter a deux amours : la tête de veau sauce gribiche et écrire sur les Imperial Fists (ou leurs chapitres descendants). Bon, j’avoue que je ne suis pas tout à fait sûr de ma première proposition (je lui poserai la question la prochaine fois que je le croise), mais aucun doute n’est permis quant à la seconde, et cette nouvelle soumission à Hammer & Bolter en apporte la preuve éclatante. Irixa ne traite en effet pas d’une lotion anti démangeaison miraculeuse, d’un complément alimentaire à base de jinseng, de curcumin et de pot de yaourt ou d’une offre de placement à taux garanti de 87% (autant de suppositions pourtant valides, vu le nom de la nouvelle), mais bien de l’héroïque Premier Capitaine des Fists, l’imprésentable Darnath Lysander. Catapulté à la peu enviable position de maître de conférences pour une poignée de novices du Chapitre, sans doute suite à un défi perdu contre le roué Vladimir Pugh, Lysa prend le parti d’instruire ses charges en prenant comme exemple trois engagements de l’histoire des Fists ayant mis le commandant de ces derniers devant un choix cornélien.   Le premier exemple vit le capitaine Siculus résister à la tentation d’aller chasser un Acanthaspis petax1 fait Emperor’s Children pour la simple et bonne raison qu’il avait une colonne de réfugiés à escorter au spatioport le plus proche. Le second mit l’impétueux Hamander face à ses responsabilités lorsqu’il choisit d’aller récupérer avec quelques copains l’étendard de sa 7ème Compagnie2, abattu en même temps que le Thunderhawk le transportant lors d’une retraite stratégique. Malgré le fait que la plupart de ses collègues lui fissent part en termes non incertains de la stupidité d’aller risquer la vie de Space Marines pour chopper un bout de tissu, Hamander préféra la gloâre à la raison et s’en alla chercher l’étole… pour au final se prendre une tôle, les Eldars ayant envoyé rien de moins qu’un Avatar de Khaine pour les représenter au jeu du béret.   Utilisant ces deux anecdotes pour faire réfléchir ses pupilles aux responsabilités d’un Space Marine, Lysander conclut son cours magistral par un dernier récit, beaucoup moins connu que les précédents. Extrayant une douille de bolt de son tote bag Camaloon (car oui, on peut ne jamais quitter son armure terminator et néanmoins être un hipster hyper pointu3), il se lance dans la narration de l’expédition du Chapelain Belisar sur le monde hostile (il pleut des galets tout de même) de Xanatar, à la recherche des wanabees renégat du chapitre des Venom Thorns, dont les velléités de débuter leur Ultramar personnel à partir de cette planète pas vraiment sympathique mais néanmoins propriété de l’Empereur, passèrent moyennement bien auprès des autorités compétentes. Ayant filé rencart au Capitaine Tek’Shal (un ancien pote rencontré à la faveur d’un Festival des Lames) près d’un tas de cailloux particulièrement pittoresque, Belisar tenta de raisonner son buddy à coups d’arguments bien sentis, puis, constatant le peu de succès de sa méthode, dégaina sa pétoire et mit en joue l’apprenti Guilliman. Tirera, tirera pas ? Tout comme Siculus et Hamander, Belisar s’est retrouvé devant un choix sans solution évidente : descendre de sang-froid un frère de sang qui ne lui avait personnellement rien fait ou laisser partir un Space Marine félon ? Laissant les bleu jaune-bites méditer sur ce qu’ils auraient fait à la place de leur (pas si) illustre (que ça) prédécesseur, Darnie remballe son grigri gravé de l’acronyme IRIXA (Imperator Rex In Xanatar Aeternam), sonne la fin de la classe et part s’isoler dans son petit coin privé du Phalanx, qui se trouve être une salle accueillant une statue en pied de Belisar. La nouvelle se termine avec la révélation de comment le face à face entre ce dernier et le tourne-casaque s’est réellement conclu4, épisode ayant apparemment profondément marqué le jeune Lysander pendant son propre noviciat, et dont il tire une partie de sa légendaire fortitude. The end.   Avec Irixa, Counter corrige de fort belle manière le presque faux pas qu’avait été le Vermillion soumis quelques mois plus tôt dans Hammer & Bolter #17. Bénéficiant d’une structure narrative bien mieux définie, alternant plaisamment et assez cinématographiquement les passages de questions-réponses entre Lysander et ses élèves et le récit des trois épisodes servant de base à la leçon de ce dernier (ce qui permet à Counter de mettre en scène quelques scènes d’action plutôt honnêtes), abordant de manière intéressante la relation pas forcément évidente entre le sens du devoir et la fierté martiale d’un Space Marine, et se terminant par une conclusion en bonne et due forme agrémentée d’une mini révélation pas vraiment capitale mais néanmoins sympathique, Irixa est un travail sérieux auquel on ne peut pas reprocher grand-chose. Construit sur le même modèle qu’un autre succès indéniable de Counter (Sacrifice – Victories of the Space Marines), Irixa est à mon avis l’un des meilleurs courts formats de ce pilier de la BL.   1 : Aussi connu sous le nom d’assassin bug, l’acanthaspis petax est une punaise de Malaisie utilisant le corps de ses proies comme armure. Pareillement, le Capitaine Cohpran Vaa’eigoloth s’est façonné un bouclier avec les parties les plus nobles d’un malheureux Archonte Eldar. Le plus drôle est que le zoneille est encore vivant, et peut donc faire office d’enceinte Bose de secours si le Guide Eternel souhaite organiser une petite soirée à l’improviste. 2 : Avec un matricule pareil, il n’aurait guère été étonnant que les héroïques sauveteurs se révèlent être des bras cassés de première, ce qui n’a évidemment pas manqué (merci Ben de respecter les classiques de la cinémathèque française). Ma scène préférée reste le moment où l’un des deux Thunderhawks ayant rebroussé chemin pour porter secours à l’arrière garde des Fists se crashe tout seul dans un bâtiment en feu, condamnant de fait ses occupants à faire le chemin du retour à pied. Le théâtre des opérations étant une ville en ruines grouillant de Dragons de Feu se croyant au Burning Man et de Banshees fans de Captain Beefheart, cette randonnée pédestre ne pouvait pas bien se terminer. 3 : D’ailleurs, Lysander a la coupe de cheveux et la barbe d’un mec qui écoute des bootlegs de Pigeon Haggard (le demi-frère alcoolique et bipolaire de Merle) au 41ème millénaire. 4 : Pour faire simple, disons que ça c’est fini par un "Take that Tek’shal".   The Lion (part III) – Thorpe :   Grand final du plus long format jamais publié dans un numéro de Hammer & Bolter (romans feuilletons mis à part), le troisième acte de The Lion débute par la proclamation d’un fragile cessez le feu entre les belligérants de Perditus, la mauvaise volonté manifeste exprimée par Typhon ne faisant au final pas le poids face aux méthodes de négociations musclées d’El’Jonson1. Ce dernier arrive (finalement) à la surface de la planète aussi sapé qu’un maquereau de GTA, et pénètre dans la station de l’Adeptus Mechanicus, où l’attend Tuchulcha, boule à facette géante et accessoirement intelligence artificielle ayant asservi le système de Perditus jusqu’à ce qu’il soit libéré par l’effort combiné des Dark Angels et de la Death Guard. Epargné après sa défaite à fins d’études par le Mechanicum, Tu-pues-le-chat est le prix tant convoité par Typhon et Midoa, chaque camp cherchant à priver l’autre de la possession d’une machine au potentiel aussi extraordinaire que son humeur est taquine (du genre à envoyer des vaisseaux dans le Warp sans prévenir – ce qui n’est pas sympa – ni enclencher leurs champs de Geller – ce qui n’est franchement pas sympa –).   Au début pas franchement emballé par le tour qu’ont pris les expérimentations des prêtres rouges depuis son départ de Perditus, puis carrément effrayé par la puissance de HAL 30.000, Lionel décide de finir ce qu’il avait commencé il y avait des années et de détruire Tuchulcha… en apparence. Il annonce donc aux capitaines des autres Légions que la station de recherche de Perditus va être oblitérée afin que nul ne puisse être tenté d’utiliser le Tuch’ à des fins malavisées. Peu satisfait par cette décision, Typhon profite de la clémence du Lion à son égard pour se téléporter au cœur du complexe du Mechanicum2 afin de convaincre Tuchulcha de repartir avec lui sur le Terminus Est. Confiant dans sa survie (d’ailleurs il n’était même pas sûr qu’un Exterminatus soit capable de venir à bout de cet engin démoniaque – sans doute conçu par Nokia à la base –), ce dernier renvoie gentiment les Death Guards à leurs chères études et sur leur vaisseau, juste au moment où un Lionel vraiment furax de constater qu’absolument tout le monde le prend pour un con(combre) arrive à son tour dans la station et commence à botter des derches de Prouteux (résultat des courses : une paire de pompes en croco de Caliban3 bousillée).   La nouvelle se termine avec un Lion El’Jonson ruminant de bien sombres pensées, seul dans sa salle du trône (NDR : non, il n’est pas aux chiottes). Ayant au final récupéré Tuchulcha, qu’il compte utiliser pour mettre fin à la Croisade de Thramas une bonne fois pour toutes, il médite sur les derniers développements de la rébellion d’Horus et sur le comportement plus que suspect de Roboute Guilliman (qu’il ne semble d’ailleurs pas vraiment porter dans son cœur4) avec un de ses Jawas de compagnie (qui lui confirme ce que Cruze lui avait susurré à l’oreille sur Tsagualsa : les Dark Angels restés sur Caliban sont sur le point de faire sécession). Il en profite également pour exposer ce qui sera son grand dessein pendant l’Hérésie : s’assurer qu’aucune Légion, loyale ou non, ne sorte du conflit assez puissante pour pouvoir menacer le règne de Pépé. Une ligne de conduite plus que borderline, en cohérence avec les agendas secrets développés par la plupart des Primarques au cours du conflit (j’écris la plupart car je ne pense pas qu’Angron goûte aux plaisirs de la realpolitik), dont l’exposition permet de conclure The Lion de fort belle manière.   Bénéficiant grandement des révélations fluffiques amenées dans les dernières pages du récit, ce troisième volet n’est pas moins exempt de défauts, dont le premier est à mes yeux le traitement subi par Typhon sous la plume de Thorpe. Dépeint comme un demeuré fini en matière stratégique (toutes ses décisions intelligentes lui sont en fait soufflées par un sous-fifre) et comme une grande gueule prompt à insulter un Primarque, tout en sachant pertinemment que cela risque de se retourner contre lui et ses hommes5 (il doit faire des Périscopes, c’est pas possible autrement), le premier Capitaine de la Death Guard ne sort pas grandi cette nouvelle. À l’inverse, Lionel regagne en profondeur ce qu’il avait perdu pendant le 2ème épisode, son positionnement toujours plus ambigu par rapport aux forces en présence de l’Hérésie s’inscrivant fort bien dans le background, historiquement et canoniquement trouble, des Dark Angels en ces heures décisives. En auteur vétéran, Thorpe prend de plus bien soin de donner aux fanboys ce qu’ils veulent, c’est-à-dire des révélations fluffiques ayant une véritable portée sur le développement de l’Herésie d’Horus. Même si on n’est pas au niveau du twist final de Legion, c’est toujours sympa de voir des personnages importants se « griser » au fil des pages, et force est de reconnaître que Gav a fait honorablement le job de ce point de vue-là.   Autre source d’insatisfaction, les quelques failles de cohérence relevées en cours de route, la plupart découlant directement d’une utilisation trop bornée des pouvoirs de téléportation dont bénéficient les protagonistes de l’histoire, et qui auraient dû selon toute logique empêcher l’apparition du statu quo mis en scène par Thorpe sur Perditus (seul moyen pour que Lionel puisse arriver sur place à temps pour régler la situation). Entre Typhon qui se souvient soudainement qu’il n’a pas besoin de jouer au tower defense avec les Iron Hands pour accéder à Tuchulcha, et ce dernier qui attend obligeamment sur sa planète minable que Lionel vienne le chercher alors qu’il a certainement les moyens de précipiter leur entrevue, la crédibilité SF du récit est largement battue en brèche, ce qui est toujours dommage dans un nouvelle de 40K.   Ceci dit, le bilan est au final assez positif pour The Lion, qui se révèle être un long format digne d’intérêt et à la lecture divertissante. À l’inévitable question : « n’y avait-il pas moyen de faire la même chose en trente pages ? » j’apporterai une réponse négative, la longueur du récit permettant à Thorpe de peindre son sujet par petites touches, un parti pris s’avérant au final plus judicieux qu’un descriptif ramassé sur quelques lignes ou pages. Cet espace supplémentaire permet de plus à l’auteur de débuter quelques intrigues secondaires (Lionel qui doute de la loyauté du capitaine de l’Invincible Reason, Typhon qui voulait récupérer Tuchulcha pour le compte d’un mystérieux commanditaire, la probable présence d’agents du Dark Mechanicus parmi les gardiens de Tuchulcha) ne demandant qu’à être explorées dans d’autres récits. Pas mal Gavin, pas mal du tout.   1 : Lionel: Bon je te préviens coco, si tu ne fais pas exactement ce que je t’ai dit de faire, ça va très mal se passer pour toi. Je compte jusqu’à trois. Typhon: Whatever, bitch. Lionel: Un. Typhon: Parle à ma fau- - BOOOOOOOOOM - Typhon: Oh, c’était quoi ça? Tu avais dit que tu comptais jusqu’à trois ! Lionel: Oui, et je balance une torpille cyclonique pour marquer le décompte. Deu- Typhon: Okokokok, tu l’as ton armistice espèce de grand malade. Lionel: Tu vois quand tu veux. On se retrouve en bas, bises. 2 : On se demande pourquoi la Death Guard n’a pas commencé par ça au lieu d’assiéger la station de manière conventionnelle. 3 : Ce jeu de mots vous a été gracieusement offert par Privateer Press. 4 : Il le considère au mieux comme un imbécile heureux et au pire comme un ignoble traître, le projet du grand Schtroumpf de commencer un Imperium 2.0 ne plaisant pas du tout à un Lionel se voyant en parangon de loyauté à son Pôpa. C’est assez savoureux de la part d’un Primarque qui a révoqué l’Edit de Nikea sans états d’âme et a décapité à mains nues un de ses Chapelains qui lui rappelait que ce faisant, il défiait ouvertement la volonté de l’Empereur. 5 : Extrait de la nouvelle fable du Lion et du Rat. « … Et Typhon lui tint à peu près ce langage: “Wesh bolos, les DG sont dans la place, prêts à te ravager la face ». Et Lionel répondit : « J’ai entendu ». Et Typhon ne dit plus rien car il s’était fait dessus… ».   Gilead’s Curse (ch. 6) – Abnett & Vincent :   Retour à la geste de Gilead le môôôdit, qui commence cette fois par un petit poème faisant rimer moon avec doom (rime touchant le RSA) et death avec faith (rime indigente)1. Ce huitain très imparfait sert d’introduction au retour d’un personnage délaissé par les auteurs depuis quelques chapitres, j’ai nommé le vampire Dragon Rouge lâchement attaqué par Gilead en pleine séance de pilates au début du roman. Et, tout comme son altesse murinissime Raton DLXXXVIII, notre ami hématophile est visiblement affligé d’un TOC de langage assez handicapant dans la vie de tous les jours, puisqu’il passe son temps à répéter son interminable haïku, encore, encore et encore. Lui a cependant l’excuse que ce mantra lui permet de rester à peu près sain d’esprit, en le rapprochant de l’idéal du chevalier bretonnien qu’il a été avant de se faire rouler une pelle par Edward Cullen, il a de cela plus d’un millénaire. D’ailleurs, son quotidien est tout entier consacré au respect d’une routine « humaine » (entretenir son matériel, affuter son épée, dresser le camp pour la nuit…), quand bien même notre vampire n’a en réalité aucun besoin de cela pour poursuivre son existence éternelle.   Totalement déprimé après des éons à traîner ses solerets d’un bout à l’autre du Vieux Monde, le Comte Vampire (puisque c’est ainsi qu’il est appelé pendant la première moitié du chapitre2) n’aspire a rien d’autre qu’à goûter au repos éternel, mais son amour-propre l’empêche d’aller s’enfermer dans la cabine à UV la plus proche ou de s’empaler sur son propre cure-dent. Tel le Tueur Nain qu’il n’est définitivement pas, notre CV cherche à être vaincu en combat singulier par un adversaire digne de ce nom, ce qu’il pensait avoir trouvé en la personne de Gilou le mangeur de tofu. Ceci dit, cela ne l’a pas empêché de laisser filer le bretteur elfe à deux reprises en autant de chapitres, alors que ce dernier ne demandait pas mieux que d’accorder une place au soleil à sa Nemesis… Pourquoi faire logique et simple quand on peut faire abscons et tordu ? Cette fois-ci tout à fait résolu à finir la reprise de manière définitive, le Comte Vampire repart donc dans les souterrains skavens, définitivement très facile à trouver, à la recherche de l’insurpassable Gilead.   En parallèle, deux mystérieux compagnons (très grands, très minces, les traits dissimulés par une capuche, passant inaperçus auprès des humains, je vous le donne en mille ce sont les Casseurs Flowteurs3) sont également sur les traces de notre héros, et après avoir longuement réfléchi à la question, finissent par conclure que le guerrier elfique supra-balèze bougeant à une vitesse supersonique ayant récemment décimé la population skaven des environs à lui tout seul est, selon toute probabilité, Gilead. Pas plus bête que le premier vampire venu, nos deux lascars optent également pour une petite virée dans le sous-monde, et tombent fatalement nez à nez avec le Comte au bout de quelques pages (c’est pas comme si le réseau des tunnels skavens était aussi tentaculaire que labyrinthique, hein). Gros moment de malaise entre les trois poursuivant du maillot jaune, qui après un bref combat4, décident de faire cause commune afin de retrouver leur connaissance mutuelle. Arriveront-ils à temps pour assister au combat apocalyptique entre l’Elfe qui pelait des patates plus vite que son ombre et le beau-frère attardé de Maître Splinter ? Le suspense reste entier.   Croyez-le si vous le voulez, mais j’ai trouvé ce chapitre plutôt pas mal par rapport aux précédents. Certes, il y a encore largement matière à redire ou à commenter dans cette vingtaine de pages5, mais on est loin des délires à la limite du mystique qui étaient la norme jusqu’à récemment. En centrant leur narration sur d’autres personnages, les auteurs ont offert à leur lectorat une pause salutaire dans l’éprouvante narration des baroques aventures de Gilead. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point cela fait du bien de lire un dialogue à peu près sensé entre des personnages l’étant également après plusieurs épisodes très possiblement rédigés sous l’influence de substances illicites. De même, le simple fait que Vincent et Abnett justifient certains comportements précédemment perçus comme irrationnels (pourquoi un vampire allumerait-il un feu alors qu’il ne sent pas le froid et voit parfaitement de nuit ? – voir ch. 1 –) incite à une certaine clémence au moment de juger de la qualité de l’épisode. Ce n’est pas du Cavaliers de la Mort, très loin de là même, mais on s’en approche, un pas à la fois.   1 : Je ne vous ai pas dit mais chaque chapitre débute systématiquement par quelques lignes racontées depuis le point de vue de la barde narrant l’histoire de Gilead à un public que je me plais à imaginer passablement blasé, si elle leur balance à la tête la même prose que Vincent et Abnett. Elle n’aurait pas été à l’agonie, je pense qu’un de ses spectateurs l’aurait étranglée avec les cordes de sa lyre avant la fin du chapitre 3. 2 : Puis simplement le Comte pendant la seconde mi-temps. Le Comte quoi. Celui-ci est plus littéraire que matheux, mais difficile de ne pas voir dans cette appellation un clin d’œil appuyé à Sesame Street de la part d’auteurs de langue anglaise. 3 : Blague à part, on apprend à la fin du chapitre qu’il s’agit de Fithvael (ancien sidekick de Gilead) et de son éromène disciple Laban, lointain cousin de notre héros. 4 : Combat qui donne d’ailleurs à voir la gent elfique telle qu’elle est vraiment, c’est-à-dire fourbe (ils se mettent à deux contre le vampire après avoir réalisé qu’il était beaucoup trop balaise pour un combat à la loyale), rageuse (le jeune elfe continue à attaquer son adversaire après que ce dernier ait rompu l’affrontement à la demande du troisième larron), et malpolie. Heureusement que le Comte a, lui, des manières d’homme du monde, sans quoi la rencontre aurait pu très mal finir pour Siegfried & Roy. 5 : Le vampire qui préfère (littéralement) sucer des vaches plutôt que des humains, on en parle ?  Bon ok, mais le fait qu’il ait un faible pour les jeunes filles menant une vie saine (pas de drogue surtout !) et ne buvant que de l’eau, malgré le fait que ce soit « ben difficile à trouver de nos jours », on en parle quand même ? Non ? Et lorsqu’il utilise ses yeux comme lampe-torche pour éclairer son chemin dans les souterrains des hommes rats (les vampires ont des yeux rouges qui brillent dans le noir, c’est bien connu), on va en parler tout de même ? Surtout qu’il se fait griller par ses stalkers elfiques à cause de ça. Non, vraiment? Ok. Allez, une petite tournure made in Vincent pour terminer, parce que je sais que vous aimez ça.   Thunder from Fenris – Kyme :   Ce qu’il y a de bien avec les audiobooks de la Black Library c'est qu’une bonne partie d’entre eux finissent par être publiés en format ebook quelques mois après leur première sortie, et ce pour un prix bien plus attractif qu’à l’origine. Hammer & Bolter a également contribué à ce genre de recyclage en son temps, en incluant des nouvelles précédemment disponibles uniquement en mode audio. Thunder from Fenris appartient à cette catégorie de fictions multicanal, et avait été à l’origine publiée en accompagnement de la sortie du Codex Space Wolves en 2009, avant de trouver le chemin du 19ème numéro de Hammer & Bolter.   Envoyée combattre aux côtés de la Garde Impériale sur le monde gelé de Skorbad, une escouade de cavaliers tonnerre voit l’un de ses membres succomber à la malédiction du Wulfen et s’enfuir dans les étendues sauvages de la planète après avoir trucidé son loup de compagnie ainsi qu’un de ses camarades et sa monture. Bien embêtés par ce coup du sort, les trois autres fils de Russ mettent ces pertes sur le dos de l’ennemi local (des zombies de la Peste) afin de sauver les apparences devant leurs alliés, mais décident tout de même de mettre la main sur le fratricide avant de quitter Skorbad, l’épidémie étant en passe d’être contenue au moment où commence notre histoire.   S’en suit le récit de la traque du Wulfen en liberté par les grands méchants loups, séquence riche en péripéties et en scènes de baston assez insipides, et conclue par un retournement de situation pas vraiment original. On notera tout de même que la nouvelle se termine sans que l’intrigue n’ait évolué d’un iota, la dernière ligne du texte décrivant l’ultime survivant de l’escouade (voilà une campagne qui a du faire pleurer plus d’un RH du Croc : 90% de pertes parmi la crème de la crème du chapitre) s’élançant dans la toundra hache de givre au clair à la poursuite de son infatigable comparse poilu, comme il l’avait déjà fait 28 pages plus tôt. It’s groundhog Wulfen day folks.   Thunder from Fenris nous propose de, ou plutôt nous force à, renouer avec Nick Kyme sous son incarnation la moins avenante, celle de l’auteur publicitaire qui ne fait même pas semblant de s’intéresser à son sujet et se contente de cocher toutes les cases de son cahier des charges sans chercher à livrer un résultat intéressant, ni même cohérent. Cela avait déjà transpiré dans l’extrait de The Fall of Damnos (Hammer & Bolter #4), narration très peu inspirée du potentiel martial des Nécrons mettant en scène la moitié des entrées de l’ancien Codex ; cela dégouline carrément dans cette nouvelle soumission, qui se révèle être une ode bancale et risible à la puissance des cavaliers tonnerre, nouveauté du Codex SW de 2009 qu’il fallait bien faire acheter en masse par les fanboys pour rembourser les moules.   Bancale tout d’abord car Kyme ne s’embête pas à justifier ni à dissimuler les multiples incongruités de son scénario. Le simple fait qu’une escouade de cavaliers tonnerre opère en solo (ce qui semble être ici le cas, nos héros ne communiquant avec personne tout au long de la nouvelle, pas même avec l’équipage du vaisseau sans lequel ils auraient eu bien du mal à rejoindre Skorbad) constitue déjà une double hérésie, non seulement d’un point de vue stratégique, mais également au niveau du fluff, qui dépeint clairement les chevaucheurs de loulous géants comme l’un des secrets les mieux gardés du Chapitre, ce qui ne plaide pas pour un déploiement sur une opération de soutien à la Garde Impériale. La nouvelle n’a même pas commencé qu’elle prend déjà l’eau de toute part ! Kyme réussit donc à prendre un pire départ que Green dans son Salvation, que je considérais jusqu’à présent comme le nadir de la littérature 40K en matière de respect du background, ce qui mérite d’être souligné.   La suite est (mal)heureusement1 du même tonneau, le souci de Kyme de peindre ses héros sous le meilleur jour possible prenant le pas sur tout le reste, y compris et surtout la cohérence de son récit. Le Wulfen doit étriper un de ses camarades de classe pour lancer l’intrigue ? Ça tombe bien, les trois autres membres de l’escouade étaient à des kilomètres de leurs comparses au moment des faits et ne pouvaient donc pas intervenir. Un loup tonnerre, ça court à quelle vitesse ? Bah, ça dépend des pages, mais ça n’est en tout cas pas foutu de rattraper un Wulfen, tenez-le vous pour dit. Les Space Wolves sont de nobles guerriers faisant toujours ce qui leur semble juste, même si cela doit les mettre en porte à faux avec les factions les plus cyniques de l’Imperium ? Ceux de Kyme exécutent de sang-froid une poignée de Gardes Impériaux ayant eu le malheur de combattre des zombies de la Peste au corps à corps2. Un Space Marine en armure énergétique qui tombe dans de l’eau profonde ne coule pas comme une pierre du fait de son poids considérable (alors qu’un loup tonnerre, moins caparaçonné que son cavalier, si). Les zombies de Kyme découvrent soudainement comment utiliser des fusils lasers et des autocanons (avec assez de précision pour descendre un loup tonnerre pendant sa charge) lors du final de la nouvelle… Autant de « détails » pouvant, et encore, passer inaperçus dans un audiobook, le rythme de la narration ne permettant généralement pas à l’auditeur de se livrer à un contrôle de cohérence en bonne et due forme, mais qui ressortent comme un bouton d’acné sur le front d’un Blood Angels une fois couchés sur le papier.   Risible ensuite, car les adversaires choisis par Kyme à ses vikings du futur ne paient vraiment pas de mine. Une galaxie hostile remplie de joyeusetés pouvant gober un Space Marine comme qui rigole, souvent sans même avoir besoin de l’éplucher auparavant, et nos Gardes Loups d’élite se retrouvent à tataner de vulgaires zombies de la Peste ? Et pourquoi pas des Grots hémiplégiques pendant que tu y es, Nick ? Résultat des courses, nos héros font bien évidemment exploser le bodycount de la nouvelle à grands renforts de scènes d’action tout droit sorties d’une repompée philipino-turco-italienne des aventures de Connard le Barbant, mais à vaincre sans péril… Quitte à donner dans le panégyrique, autant donner aux protagonistes un ennemi à leur taille, ce qui ne donnera que plus de valeur à leurs exploits : César avait bien pigé la ficelle dans sa Guerre des Gaules, mais Kyme n’a visiblement pas eu le même déclic au moment d’écrire Thunder from Fenris, ce qui est assez malheureux étant donné le but premier de l’opus.   En conclusion de cette chronique, vous l’aurez compris assez désabusée de ma part, je ne résiste pas à la tentation de vous soumettre une réflexion que je me suis faite au moment des recherches préliminaires à la rédaction de ce billet (car oui, je fais des recherches, même – surtout d’ailleurs – pour des œuvres aussi terribles que ce Thunder from Fenris). La nouvelle ayant une entrée sur le Lexicanum, j’ai eu la surprise de découvrir à la lecture de l'article que Kyme avait calqué ses personnages sur le trio de Space Wolves représenté sur l’illustration de couverture de l’avant-dernier Codex. Le héros (ou en tout cas, le dernier survivant de l’escouade) est ainsi un guerrier blond avec une cicatrice au-dessus de l’œil gauche, une cape en peau de loup, un collier de crocs et maniant une hache de givre. Il est secondé par un adepte du bolter noir de poil et d’humeur, et par un joyeux berserk aux cheveux bruns armé d’une paire de griffes énergétiques. Toute ressemblance avec des personnages ayant existé (ou dans notre cas, ayant été représenté ailleurs) est bien entendue totalement fortuite… Même si un tel « plagiat » n’a rien de répréhensible en tant que tel, je trouve que cela en dit long sur la motivation qui devait être celle de Kyme au moment de pondre Thunder from Fenris, le bougre ayant simplement recyclé un artwork (très réussi il faut bien le reconnaître) au lieu de partir sur une création originale. La vie d’un auteur de la BL peut-être ingrate.   1 : À ce stade, j’avais déjà basculé en mode sarcastique, et prenait les nouvelles bourdes de Kyme avec un détachement total et un plaisir mauvais. 2 : On rappellera tout de même que Logan Grimnar s’est mis l’Inquisition à dos en critiquant ouvertement les mesures préventives prises par cette dernière envers la population d’Armageddon après qu’Angron et ses potes soient venus faire un bowling sur la planète en 444M41.   Au final, ce 19ème numéro a clairement surpassé les attentes, certes peu élevées, que j’avais placées en lui à la lecture de son lineup. You can’t judge a book by looking at the cover, comme dit le poète, et à raison. Avec un chapitre de Gilead’s Curse plutôt meilleur qu’à l’accoutumée, un final de The Lion assez convaincant et un Irixa tapant dans le haut du panier de Counter, les ¾ de ce numéro ont surperformé, ce qui est toujours agréable. Reste le Thunder from Fenris de Kyme, qui s’est révélé contenir assez d’éléments what-the-fuck-esques pour l’opus dans son ensemble : regrettable, certes, mais pas vraiment surprenant. À la prochaine !   Schattra, "...j'aurais tout bouclé..."
  6. [40K/WHB][VO] Hammer and Bolter

    Bonjour à tous, et bienvenue dans la chronique du 18ème numéro de Hammer & Bolter ! Une fois n’est pas coutume, l’illustration de la couverture se trouve être tout à fait en rapport avec le contenu de cette publication (jusqu’à présent, la tendance était plutôt à la pertinence rétroactive, quand pertinence il y avait), puisque les deux buddies les plus célèbres de la Black Library, j’ai nommé Gelix et Fotrek, tiennent la vedette dans pas moins de deux nouvelles de ce numéro. En complément, Thorpe poursuit son long format consacré aux pérégrinations du Lion dans le système de Perditus, et Abnett & Vincent font un retour remarqué avec un nouveau chapitre de leur roman feuilleton psychédélique. En selle.     The Oberwald Ripper – Goulding :   Première, et pour autant que je sache seule, incursion de Laurie Goulding (qui occupait aux dernières nouvelles le poste d’éditeur au sein de la Black Library) dans l’univers de Warhammer Fantasy Battle, The Oberwald Ripper voit notre newbie se frotter au duo tragi-comique le plus célèbre de la franchise, alors que ce dernier cherche à se faire oublier pendant quelque temps (sans que l’on sache trop pourquoi d’ailleurs). Troisième nouvelle de Hammer & Bolter mettant en scène Gotrek et Felix1, ce court format était l’occasion de juger le travail de Mr (car oui, c’est un Mr) Goulding sur ce que l’on peut considérer comme l’exercice de style par excellence pour un auteur Battle (tout comme l’histoire de marounes constitue le bizutage des rookies de 40K).   Logiquement centré sur la charmante, même si passablement terrifiée, ville d’Oberwald, bien connue pour son domaine de ski de fond et son joueur vedette de Blood Bowl (Griff Oberwald), notre propos débute dans une taverne, en compagnie de la moitié blonde et geignarde du célèbre tandem. Et si Oberwald est terrifiée, comme Felix l’apprend rapidement, c’est à cause des ravages commis par un mystérieux tueur, surnommé l’Eventreur d’Oberwald à cause de son mode d’opération privilégié. Hantant la ville depuis plusieurs semaines et frappant sans prévenir, l’Eventreur est devenu la hantise des Oberwalders, dont les efforts pour se débarrasser de ce nuisible n’ont pas été couronnés d’un franc succès jusqu’ici. Comble de malheur, la réputation sulfureuse de la bourgade a commencé à filtrer dans le reste de la province, avec un impact désastreux (mais logique) sur les activités commerciales de la ville. Malgré l’ambiance assez lourde régnant dans la taverne, Felix réussit malgré tout à finir la soirée en bonne compagnie, l’entreprenante fille d’un marchand de passage l’ayant subrepticement matché sur Tinder alors que son père tentait tant bien que mal d’éviter le lynchage après une remarque malheureuse sur les compétences de la milice locale.   Malheureusement pour nos tourtereaux, la nuit ne se terminera pas aussi bien que prévu, Mademoiselle se faisant prestement étriper dans une ruelle sombre, sans que Monsieur, passable éméché et à mi-chemin du coma éthylique, n’ait eu l’occasion de concrétiser ou de s’interposer. Pour ne rien arranger, la fameuse milice d’Oberwald dont l’efficacité avait été remise en question quelques pages plus tôt trouve en Felix un coupable idéal pour le meurtre sauvage de sa dulcinée (il faut dire qu’il a été trouvé en train de barboter entre la rate et l’intestin grêle de la belle), et pour tous ceux d’avant tant qu’à faire. Notre bellâtre est donc envoyé en prison malgré ses vigoureuses dénégations, avec pour seul horizon une pendaison expéditive d’ici à la fin de la journée, et pour seule compagnie un clodo sociopathe, dont on comprend assez vite (en même temps, la nouvelle ne fait que 23 pages, c’est pas lourd pour mener une enquête digne de ce nom) qu’il s’agit du véritable Eventreur, dont le comportement bizarre aux abords de la scène du crime lui a également attiré les faveurs des forces de l’ordre.   Et Gotrek, me direz-vous ? Eh bien Gotrek avait choisi d’abandonner son binôme pour la soirée afin de s’initier aux subtilités du contre-sirop Stirlandais dans un cercle de jeu local, avant de décider de refaire le portrait de ses petits camarades à coup de tabouret dans les gencives, après qu’il les eut surpris à tricher. Témoin de l’arrestation de Felix, il opte (pour une fois) pour la méthode douce et se lance dans une (très courte) investigation afin de faire blanchir son commémorateur. Armé de son fidèle tabouret et de son proverbial sens de la négociation, il parvient lui aussi à identifier le véritable coupable en moins d’une demi-heure, ce en dit vraiment long sur le niveau de la PJ locale, mais je m'égare.   Pendant ce temps, Felix doit subir la logorrhée assez confuse de l’Éventreur, qui comme tout bon méchant de série B, ne peut résister à la tentation de révéler ses motivations aux héros au cours d'un monologue à l'issue généralement funeste.  Nous avons ici droit à un mélange détonnant d'analyses rousseauistes (l’homme est bon dans l’état de nature, c’est la société qui le corrompt), de critique de la division du travail (du chasseur cueilleur polyvalent à la prostituée spécialisée, il n’y a qu’un pas) et de plaidoyer communiste. Malheureusement pour lui, celui qui se rêvait en Night Haunter impérial finira empalé sur son propre couteau après un combat assez quelconque (pour une fois que c’est Felix qui se tape le « boss de fin »…). La nouvelle s’achève sur la fuite hors d’Oberwald de nos compères, vers de nouvelles, et on l’espère plus excitantes, aventures.   Sans être mauvaise, la performance de Goulding pêche selon moi par un parti pris scénaristique hasardeux, à savoir écrire une aventure de Gotrek et Felix en ne reprenant qu’une partie des codes de ce type de littérature, en particulier la présence (et dans ce cas précis, l’absence) d’une Nemesis suffisamment costaude pour permettre au Tueur nain de se mettre en valeur dans un combat final digne de ce nom. Cela avait déjà été le cas dans la soumission de Guymer, dans laquelle le rouquin psychopathe n’avait eu qu’une poignée de skavens pas vraiment dégourdis à se mettre sous la hache. Ceci dit, le choix de l’auteur de raconter l’histoire depuis le point de vue d’un raton lui avait permis d’éviter l’écueil dans lequel Goulding s’est malheureusement échoué. (John) Brunner avait lui choisi de respecter le cahier des charges dans son A Place of Quiet Assembly, narré par un personnage tiers, mais conclu par une baston entre Gotrek et une coterie d’adorateurs de Tzeentch de bas niveau. Rien de tout ça dans The Oberwald Ripper, qui se révèle être une sorte de thriller bâclé (faute de place pour instiller l’atmosphère adéquate) utilisant notre duo fétiche à contre-emploi. Quitte à caster des têtes connues de la Black Library, Goulding aurait sans doute gagné à aller voir ailleurs, d’autres personnages (Zavant Konniger en tête2) répondant à mon sens bien mieux à son approche « non-violente » (ou plus exactement, pas assez violente) que Gotrek et son sidekick.   Ce problème de fond évacué, on peut toutefois apprécier l’aisance avec laquelle l’auteur met en scène ses protagonistes, dans la continuité du style défini par King et Long dans les tomes précédents de la saga. Le flirt assez largement couvert entre Herr Jaeger et l’ultime victime de l’Éventreur constitue d’ailleurs une preuve indiscutable de la connaissance de Goulding de l’esprit Gotrek et Felix, seule série (pour autant que je le sache) de la Black Library où la vie amoureuse (et même sexuelle de temps à autre) des personnages est un tant soit peu couverte. En revanche, j’aurais apprécié une meilleure mise en contexte de cette aventure, que j’ai deviné prendre lieu peu de temps après une rencontre riche en évènements avec Ulrika, sans que Goulding ne donne plus de précisions sur les raisons ayant poussé le duo à faire profil bas. Même si cela ne nuit pas à la compréhension de la nouvelle, je considère cet effort de « raccrochage de wagons » comme une marque de politesse de l’auteur envers son lectorat, et n’ai pu donc que déplorer son absence. Enfin, on ne m’enlèvera pas de l’esprit que Long reste bien meilleur en matière de « logistique narrative » (ça fait beaucoup d’expressions à guillemets, je vous l’accorde) que son padawan, dont la tendance à passer rapidement sur, ou à carrément éluder, les péripéties pouvant potentiellement ralentir l’intrigue dénote selon moi d’une certaine paresse intellectuelle3.   Au final, The Oberwald Ripper est un épisode assez anecdotique de la fresque des Gotrek et Felix, et n’intéressera que les fans les plus hardcore de cette dernière (et encore). Si vous êtes à la recherche d’une introduction digne de ce nom à cette franchise fondatrice de l’univers de Warhammer Fantasy Battle, je ne saurais trop vous recommander de vous tourner vers l’autre nouvelle siglée G&F de ce numéro de Hammer & Bolter (Slayer of the Storm God), dont la lecture s’avère bien plus intéressante.   1 : Auparavant il y eut A Place of Quiet Assembly de John Brunner – H&B #1 – et The Tilean Talisman de David Guymer –  H&B #14. 2 : Josh Reynolds organisera d’ailleurs un cross over assez sympathique entre ces deux franchises dans The Problem of Three-Toll Bridge (H&B #25), dans lequel Zavant disculpe un jeune Felix Jaeger de sa responsabilité dans la mort d’un autre étudiant au cours d’un duel. 3 : Exemple représentatif : une fois l’Eventreur refroidi, Felix est toujours menotté, enfermé dans une cellule, et devra normalement répondre de son acte devant la milice d’Oberwald, qui vient d’être alertée par les cris de feu l’Eventreur que Jaeger est un homme recherché dans tout l’Empire. Mettre en scène une évasion crédible à partir de ce postulat aurait nécessité au moins quelques pages de développement, au lieu de quoi Goulding matérialise Gotrek devant la porte du cachot et lui fait cracher un laconique « Let’s get out of here. » avant d’enchaîner sur la conclusion de la nouvelle, bien loin de la cité. Un peu trop facile à mon goût. . The Lion (part II) – Thorpe :   Retour sur le pont de l’Invincible Reason, victime d’une tentative de squat (aucun rapport avec les nains-génieurs bouffés par les ‘nides dans le fluff) en bonne et due forme par une cohorte démoniaque, suite à un bitch move effectué par des Night Lords ne supportant visiblement pas de perdre à cache cache. Réalisant que ses sous-fifres sont incapables d’expulser les indésirables sans un petit coup de main de sa part, Lionel part s’équiper dans ses quartiers pendant que son fidèle Corswain réorganise la riposte des Anges (dit comme ça, on dirait un teaser pour une émission de la TNT). Malgré l’urgence de la situation, le Primarque réfléchit longuement aux options s’offrant à lui1 en matière de stuff (le bougre a une pièce entière remplie d’armes de corps à corps), et finit par opter pour une paire d’épées bâtardes, choix certes kikoolol dans l’absolu mais assez dévastateur dans la pratique, comme on le verra plus tard.   À la tête de ses légionnaires, Lionel s’enfonce donc dans les entrailles de son vaisseau en direction du réacteur Warp, qu’il sait être la cible principale des vils résidents de l’Immaterium ! Les premiers mobs ayant le malheur de spawner sur son chemin sont rapidement réduits à l’état de protoplasme, pour un gain d’expérience assez minime pour notre héros, tant la différence de niveau est criante. Bien décidé à rattraper son retard sur Sanguinius et Fulgrim, qui eux ont passé le niveau 105, le Lion enclenche la vitesse supérieure et initie un raid de la base adverse… en solo. Dommage pour les PNJ qui constituaient son « escorte », et doivent maintenant se débrouiller tout seuls contre des ennemis dont ils ne soupçonnaient même pas l’existence une heure plus tôt. Big brother is not watching you any longer, suckers.   De leur côté, Corswain et sa garde rapprochée finissent par pénétrer dans la salle du réacteur, où les attend un Duc du Changement bicéphale (qui n’est pas Kairos, sauf erreur de ma part) qui insiste lourdement pour avoir une discussion avec le shift manager. Son sénéchal ayant perdu une guerre mentale contre Super Poulet et se trouvant par conséquent sous la domination de ce dernier, Lionel n’a d’autre choix que de la jouer fine et échange donc quelques banalités avec sa Nemesis avant de profiter de la nuque roide de ce dernier pour lui tomber sur le râble gésier et lui faire avaler son bâton. L’Angry Bird Alpha ayant été mis hors d’état de nuire, les autres démons sont rapidement bannis par l’équipage de l’Invincible Reason, qui peut alors reprendre sa route vers le système de Perditus et rallie bon port sans plus d’incidents.   La deuxième partie de cette deuxième partie met sur le devant de la scène les forces en présence à la surface de la planète, en particulier les Iron Hands du capitain Lasko Midoa et la Death Guard de ce bon vieux Calas Typhon. L’arrivée en orbite de la flotte des Dark Angels venant mettre fin au statu quo atteint par les belligérants depuis plusieurs jours, les poings nickelés saisissent l’occasion se présentant à eux pour attaquer les positions des prouteux. On ne peut plus suspicieux, le Lion décide toutefois d’envoyer un ultimatum indiscriminé par le biais de ses Archivistes2 aux factions présentes sur Perditus, que l’on peut résumer en cinq mots : « Cassez-vous de ma planète ». Et si les Iron Hands trouvent plus prudents d’obtempérer, Typhon ne l’entend pas de cette oreille et profite du désarroi de ses adversaires pour monter une contre-attaque. L’épisode se termine avec un Lionel passablement énervé de voir son autorité bafouée par ses neveux, et tout près d’envoyer quelques mégatonnes de glaçons sur la station de recherche afin que tout le monde puisse en mettre dans son slip. Zut à la fin.   Chapitre de transition entre deux arcs narratifs distincts, ce deuxième volet de The Lion ne diffère pas vraiment du premier d’un point de vue qualitatif, même si les nombreux passages d’action laissent logiquement moins de place à Thorpe pour continuer sa description du Primarque (ce que je trouvais être l’aspect le plus intéressant de cette nouvelle), bien qu’il réussisse tout de même à compléter le tableau, décidément ambigu, du caractère de Lion El’Jonson en mettant à profit les quelques passages plus posés de l'épisode.   À titre personnel, j’ai trouvé la baston de l’Invincible Reason assez dommageable du point de vue du character development mis en place par Gav depuis le début de la nouvelle, Jonson apparaissant certes à cette occasion comme un guerrier insurpassable (et suffisant), mais également (et surtout) comme un stratège très limité et un meneur d’hommes abominable. De la part du frère ennemi de Leman Russ, je m’attendais à une approche moins rentre dedans de la chose militaire, même s’il est somme toute assez logique qu’un Primarque aussi renfermé et méfiant que Lionel choisisse d’agir comme la one man army qu’il est en définitive, sans prendre le temps de coordonner ses actions avec ses alliés.   La partie consacrée à l’affrontement entre Iron Hands et Death Guard est quant à elle tout à fait lisible, même si, détails fluff mis à part, il n’a pas grand-chose à tirer de cette n-ième empoignade SM. L’inclusion de Typhon au casting de The Lion est toutefois une vraie bonne nouvelle, l’iconique premier capitaine DG promettant d’être, en l’absence d’un Primarque renégat, une Nemesis convenable à Lionel lors du dernier volet de ce triptyque hérétique.   1 : On me signale dans l’oreillette que cet épisode de la geste d’El’Jonson est entré dans la postérité au point de se retrouver dans une comptine bien connue des bambins de l’Imperium quelques dix mille ans plus tard : Promenons-nous dans le vaisseau Pendant que le Lion s’fait beau Si le Lion y était Il nous défoncerait Mais comme il n’y est pas Il nous butera pas Lion y es-tu ? Que fais-tu ? M’entends-tu ? Lionel : Je mets mon armure d’artificier (au refrain) Lionel : Je ceins ma pelisse en peau de panthère de Caliban (au refrain) Lionel : Ah merde, j’ai oublié de mettre mes chaussettes, du coup il faut que j’enl- (au refrain) Lionel : C’est bon, je suis prêt ! Maintenant, il faut que je choisisse une arme. (au refrain) Lionel : Hmmm… (au refrain) Lionel : J’hésite. (au refrain) Lionel : … (87 refrains plus tard) Lionel : Ok pour la paire d’épées longues. ME VOILAAAAAAA !!! 2 : On notera au passage que Lionel n’a pas suspendu l’Edit de Nikea de manière temporaire, comme on aurait pu s’y attendre de la part d’un fiston loyaliste. Il aurait été logique que le commandement de Pépé redevienne loi une fois l’Invincible Reason débarassé de ses parasites démoniaques, l’utilité de psykers de bataille une fois cette crise surmontée n’étant plus que marginale. Reste que le Primarque de la première Légion avait visiblement un autre avis sur la question. . Gilead’s Curse (ch. 5) – Abnett & Vincent :   Après un court hiatus, voici donc que nous revient le roman feuilleton de cette deuxième année, le très aptement nommé Gilead’s Curse. Pour rappel, le chapitre 4 s’était terminé par un poggo géant dont notre héros était l’épicentre, technique de combat contre laquelle il s’était trouvé totalement dépourvu malgré toute sa badasserie et sa shadowfasttitude. Isolé, ligoté et désarmé au plus profond d’un antre skaven, c’est peu dire qu’affirmer que Gilead ne commence pas ce chapitre 5 (dont Vincent nous prévient d’emblée qu’il changera la vie de ses lecteurs) dans les meilleures conditions. Cette situation ne semble toutefois pas le gêner outre mesure, la première décision prise par l’elfe flegmatique à son réveil étant de… piquer un roupillon, et cela alors même que le roi des rats lui susurre sa litanie au creux de l’oreille. Dans le genre cause toujours, tu m’intéresses, on doit reconnaître que Gilead se pose là, même si cette poussé de jemenfoutisme aigu aurait pu très mal se finir pour notre héros.   Émergeant frais et dispos de sa petite sieste, et découvrant que son geôlier lui a faussé compagnie, Gilead décide fort logiquement de trouver un moyen de se libérer d’inspecter les appartements privés du roi des rats tout en faisant quelques exercices de musculation afin d’éviter les courbatures. Car, oui, pourquoi saisir l’opportunité de fausser compagnie à un tyran dont l’intention est de siphonner votre immortalité quand on a l’occasion d’estimer la valeur de sa collection de bibelots ? C’est dans ces moments que l’on se dit que la psyché elfique (ou celle de Nik Vincent, j’hésite encore) est radicalement différente de la nôtre. Persuadé d’être Emmanuel Layan dans Un Trésor dans votre Maison, Gilead va donc passer plusieurs heures à expertiser le contenu des six niches creusées dans le mur de l’antre de son tortionnaire. Résultat des courses : un scarabée de Khemri dans un bocal, la mèche de cheveux d’une finaliste de Toddlers & Tiaras, une bouture d’un arbre magique, un miroir, rien1, et une représentation du yin et du yang en caillou.   Cet examen (qui occupe tout de même 7 pages sur les 18 que compte le chapitre), extrêmement poussé et entrecoupé d’hallucinations mettant en scène chaque relique au moment de sa capture par les skavens, prend fin au retour du roi des rats, qui a la surprise de découvrir que son précieux prisonnier s’est (finalement) libéré de ses liens et l’attend de pied ferme2. Enfin, quand je parle de surprise… Ce qui aurait été une réaction normale de la part d’un personnage skaven (race pas franchement réputée pour sa bravoure) dans n’importe quelle nouvelle de la Black Library ne pouvait évidemment pas être repris par une Nik Vincent n’en étant plus à un highkick dans les dents du fluff canon près. Le nabab raton arrive donc posément dans ses quartiers et constate, tout aussi posément, que le saucisson elfique préparé par ses séides quelques heures/jours/semaines (entre Gilead qui peut passer des heures à se préparer à regarder le contenu d’une niche et Ratatouille qui devait reprendre en main l’organigramme de toute la race skaven suite au massacre provoqué par Super Valium et Captain Bêche au chapitre précédent, on est plus à trois minutes près) est sorti de sa camisole de force3, sans se dépareiller ni de son calme olympien, ni de son sempiternel gimmick (rien que pour ça, il mérite de se faire buter). Gilead, de son côté, bien qu’ayant récupéré ses armes et disposant d’une palanquée de raisons pour faire la peau à son vis-à-vis (à commencer par le fait qu’il est personnellement responsable de la mort de ton sidekick, espèce de jambon !), ne semble pas non plus animé d’intentions très belliqueuses envers ce dernier, et se contente de contempler son ennemi mortel d’un regard que l’on devine être torve. Le suspense est à son comble…   Décidément, les chapitres de Gilead’s Curse se suivent et se ressemblent, et le bilan que je fais de ce cinquième épisode n’est pas différent de celui que j’avais fait pour les quatre précédents : style très/trop différent de celui des autres contributeurs de la BL, tournures tarabiscotées, phrases à ne surtout pas sortir de leur contexte, descriptions fastidieuses mais souvent peu claires, connexions logiques lacunaires ou mal introduites, et surtout, absence d’un schéma narratif apparent (mais où est-ce que Vincent veut aller avec ce salmigondis halluciné ?), font de la lecture des aventures de Gilead une expérience très particulière. Je crois que l’on peut définitivement considérer que Nik Vincent n’est pas (ou plus) faite pour écrire pour des franchises med-fan, et prier pour que Dan Abnett vienne un jour se pencher sur le berceau de ce roman feuilleton autre avant qu’il ne soit trop tard. L’espoir fait vivre…     1 : Je trouve cette absence caractéristique du style déroutant de Nik Vincent. Quitte à reprendre les codes des contes de fées en consacrant des pages entières à décrire des objets que l’on devine être magiques et amenés à jouer un rôle important dans la suite de l’histoire (ce qui ne sera pas le cas pour la majorité d’entre eux soit dit au passage), autant définir tout de suite le nombre exact d’artefacts et ne pas décider en cours de route qu’il n’y en a que cinq au lieu des six anticipés. 2 : J’aurais été à la place de Gilead, j’aurais commencé par me libérer avant d’aller inspecter la penderie du mec qui veut me buter. Ça lui aurait de plus permis de mieux voir les objets du roi des rats, au lieu de devoir rouler de droite à gauche pour se mettre en face de chaque niche. M’enfin, ce n’est que mon avis de non-Elfe… 3 : Vincent, jamais la dernière quand il s’agit d’entrer dans le détail de choses dont le lecteur n’a absolument rien à faire, dépeint un Gilead utilisant son shadowfast pour provoquer l’usure des cordes qui l’entravent, en contractant ses muscles de manière très rapide. Appelons ça la méthode Sport Elec. . Slayer of the Storm God – Long :   Après l’élève, place au maître. Difficile de trouver accroche plus approprié à la critique de ce Slayer of the Storm God signé de la main de Nathan Long, auteur en charge de la destinée de l’increvable duo depuis la passation initiée par William King en 2003. Initialement sorti sous la forme d’un audio book, cette nouvelle se déroule juste après les évènements relatés dans Elfslayer, et débute avec le retour de nos héros au domicile du pirate Hans Euler, afin de récupérer la lettre que ce dernier menaçait d’utiliser afin de faire chanter le père de Felix. Laissant à son comparse le soin de mettre en sécurité le précieux document, Gotrek décide pour sa part de joindre l’utile à l’agréable en faisant main basse sur le reste du contenu du coffre du contrebandier. Cette rapine innocente (car comme notre Nain le dit lui-même, ce n’est pas un crime de voler un voleur) est l’élément déclencheur d’une aventure aussi rapidement expédiée (il ne s’agissait pas de rater le bateau pour Altdorf le lendemain matin) que riche en rebondissements, au cours de laquelle les deux compères se retrouveront – bien involontairement – opposés à des sectateurs de Stromfels ni vraiment commodes, ni vraiment humains.       Dans la droite ligne du sans-faute réalisé sur le Red Snow de 2010, Long confirme avec ce nouvel épisode de l’interminable saga de Gotrek Gurnisson qu’il est toujours ce qui se fait de mieux à la Black Library en matière de hack’n’slash divertissant. A contrario des contributeurs de Hammer & Bolter s’étant précédemment frottés à la légende orange, Long respecte scrupuleusement le cahier des charges du genre (qu’il a contribué à établir, il est vrai) et donne au nabot patibulaire un adversaire digne de ce nom, en la personne d’un avatar de Stromfels aussi squaliforme que tentaculaire (le dieu des tempêtes est du genre fromage et dessert dans ses attentions). Cette confrontation finale sur les docks de Marienburg conclut une série de péripéties au cours desquelles nos héros visiteront un hôtel particulier, deux tavernes et les marais de l’estuaire du Reik, et affronteront une armée de SSS (sbires squameux de Stromfels), le tout en moins de 30 pages.   Concise, précise et jamais avare en matière de détails fluff, l’écriture de Nathan Long rend totalement justice au légendaire binôme de la BL, sans jamais donner dans la facilité ni dans la répétition (ce qui, au vu du schéma narratif monolithique caractérisant les aventures du meilleur/pire Tueur du monde de Warhammer, relève de la gageure). Bref, Slayer of the Storm God est sans conteste la meilleure nouvelle de Gotrek et Felix publiée dans Hammer & Bolter, loin devant la concurrence.   Après un 17ème numéro superlatif, cette 18ème publication sonne comme un retour à l’ordinaire pour le webzine de la Black Library. La masterclass donnée par Nathan Long se trouve en effet un peu seule dans la catégorie des contenus excitants (remarquez, un esprit taquin pourrait très bien y faire également figurer le 5ème chapitre de Gilead’s Curse, mais pas pour les mêmes raisons), le 2ème volet de The Lion du Gav et les débuts de Laurie Goulding dans Hammer & Bolter n’évoluant clairement pas dans la même catégorie. Ceci dit, on peut saluer l’effort de la BL d’avoir édité un véritable numéro thématique, et regretter que ce genre d’initiatives n’ait pas été pris plus souvent. À la prochaine !   Schattra, "à ce rythme..."
  7. [40K/WHB][VO] Hammer and Bolter

    Bonjour à tous. Avant toute chose, je tiens à remercier très sincèrement toutes les personnes qui sont venues sur ce thread, tant les visiteurs que les posteurs, malgré son hibernation de près d'une année depuis la dernière critique. Bien que je n'aie jamais considéré abandonner le projet avant d'avoir bouclé la chronique de l'ultime numéro du désormais défunt webzine de la Black Library, malgré un manque de temps chronique et une motivation fluctuante au cours des derniers mois, je ne m'attendais pas du tout à ce que le sujet continue à "vivre" de manière autonome dans l'intervalle, et je peux avouer que cette réalisation a eu un impact très favorable sur mon retour aux affaires. J'espère que les prochaines revues vous plairont autant que les anciennes ont semblé le faire, et vous remercie encore une fois pour votre soutien persistant depuis maintenant 5 (!) ans.   Je profite également de cette introduction pour signaler que les parties "fluff" des chroniques des premières nouvelles H&B ont été mises à jour dans chacun des trois sujets centraux ouverts ailleurs dans la section (Fantasy/40K/Hérésie d'Horus).   Enfin, je ne peux que confirmer l'information remontée par Lami3 au sujet de la non-disponibilité permanente des publications H&B sur le site de la Black Library. J'ai vraiment du mal à y voir autre chose qu'une tentative de faire payer aux lecteurs le prix fort pour l'acquisition de chaque nouvelle à l'unité (j'ai fait le calcul pour le numéro 17, et une compilation incomplète du contenu proposé il y a quelques années revient à présent à 10€ au lieu de 4€...) ainsi que la volonté de faire disparaitre des tablettes une expérience avortée afin de ne pas écorner l'image de marque de Games Workshop, et croyez bien que je regrette profondément cette décision. Sur ce, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture!     Bonjour et bienvenue dans la chronique du numéro 17 de Hammer & Bolter! Au menu aujourd'hui, un hors d’œuvre de Counter, une entrée de McNeill, un plat de résistance signé Josh Reynolds, et une petite Thorperie en guise de dessert (c'est fin, c'est très fin, ça se mange sans fin). Les plus observateurs parmi vous auront noté que le tandem infernal Vincent/Abnett n'a pas contribué à cette publication (tout le monde a le droit à ses vacances après tout), ce qui, très honnêtement, ne me semble pas augurer du pire pour la qualité générale de l'ouvrage. Mais je m'avance...   Vermilion – Counter :   Toujours engagé dans sa période (Imperial) Fists & Fils, Ben Counter livre avec Vermilion un petit stand alone assez surprenant. Si le style du créateur des immortels (mais néanmoins disparus) Soul Drinkers imprègne sans hésitation possible les 15 pages de ce récit, l’objectif poursuivi par l’auteur dans cette courte nouvelle ne saute pas aux yeux, ce qui étonne de la part d’un contributeur (habituellement) aussi « carré » que Counter1.     Notre histoire débute dans les ruines fumantes d’une station de recherche de l’Ordo Xenos, quelque part dans le Nord Est galactique. Prévenu d’une attaque du complexe scientifique par l’Inquisitrice Carmillas, l’Archiviste Deiphobus débarque avec quelques copains pour apprendre les bonnes manières aux xenos responsables de ces troubles du voisinage. Manque de bol, comme les carabiniers d’Offenbach, les jaunards arrivent trop tard pour interrompre la baston, et ne peuvent que constater l’extermination de tous les occupants de la station (Carmillas comprise). Seul survivant de cette empoignade, un unique xenos est ramené sur le vaisseau des Imperial Fists pour y subir des interrogatoires psychiques de la part de Deiphobus.   La suite de la nouvelle est principalement consacrée à l’exploration de la psyché du prisonnier des Fists par un Deiphobus assez imaginatif dans ses méthodes. Chaque « plongée » dans l’esprit de l’homme-pruneau (car c’en était un) donne ainsi l’occasion à notre héros de prendre une forme différente, afin de percer les défenses mentales du xenos. Barge de bataille, scout Space Marine ou missionnaire impérial, Barba-phobus ne rechigne pas à donner dans le transformisme lors de ses séances de trekking à l’intérieur du cerveau de son captif. Chaque expédition lui révèle de nouvelles pièces du puzzle, jusqu’à ce que la lumière se fasse sur les causes de l’attaque de la station.   Ayant obtenu le fin mot de l’histoire, Deiphobus fait son rapport au Seigneur Inquisiteur Vortz, lui laisse le xenos pour qu’il puisse faire mumuse avec, et s’en va en jouant de l’harmonica dans le soleil couchant, juché sur les épaules du fidèle sergent Ctesiphon. La nouvelle se termine par une signature de bail psychique entre Deiphy et Carmillas, la première (ou ce qu’il en reste, tout du moins) acceptant de mettre un peu d’ordre dans les souvenirs de l’Imperial Fist2. Le lecteur est laissé seul juge de la manière d’interpréter cette bien étrange conclusion, que l’on peut mettre au crédit soit d’un soudain penchant de Counter pour la métaphore larmoyante, soit de la volonté du même Counter de présenter à son lectorat un pouvoir psychique jusque-là inconnu des psykers impériaux. You choose.   Au final, Vermilion se révèle être assez différent du reste de la bibliographie SM-esque (essaimesque ?) de Ben Counter, cette nouvelle manquant à mes yeux de l’axe directeur fort présent dans tous les autres travaux de l’auteur. Le huis clos entre Deiphobus, son prisonnier et le fantôme de Carmillas, qui occupe la majeure partie du récit, ne semble ainsi avoir d’autre fonction narrative que de permettre à Counter de décrire avec l’imagination qu’on lui connaît les tribulations mentales d’un psyker en terrain hostile. Le fait que le psyker en question soit un Space Marine mène le lecteur à penser que ces séances d’interrogatoire déboucheront forcément sur un final musclé, au cours duquel Deiphobus et ses sous-fifres casseront du xenos afin de venger le trépas de l’Inquisitrice, développement archétypique de l’histoire de marounes de la BL (genre dont Counter est l’un des fers de lance). La direction différente que Ben choisit d’emprunter en conclusion de son récit constitue donc une surprise, qui, si elle ne peut pas être qualifiée de mauvaise (une nouvelle de SM qui se termine sans effusion de sang ? J’achète !), n’est pas superlative non plus, le final manquant de maîtrise comme d’intérêt.   Vermilion, étude littéraire plutôt que nouvelle totalement finie ? Et pourquoi pas ? Ce ne serait pas la première fois (ni la dernière, je gage) qu’un texte assez peu travaillé a été publié dans Hammer & Bolter.   1 : Nik Vincent et Dan Abnett ayant fait un break dans l’écriture de leur feuilleton halluciné, et la nature ayant, comme chacun sait, horreur du vide, je me plais à penser que les errements rougeâtres de Counter ont été causés par l’impérieuse nécessité de proposer au lecteur de Hammer & Bolter sa dose de prose cryptique mensuelle.   2 : Ce faisant, l’Inqusitrice devient l’archiviste d’un Archiviste. Mind blown.   The Iron Without – McNeill :   Auteur Iron Warriors par excellence, Graham McNeill donne avec The Iron Without un nouveau chapitre à la tentaculaire saga du Warsmith Honsou, Nemesis autoproclamée de l’autre personnage majeur du Grahamivers, j’ai nommé le Capitaine Uriel Ventris des Ultramarines. Les meilleures choses finissant toutefois par lasser, la présente nouvelle ne met au premier plan ni le diabolique sang de bourbe rouille de la IVème Légion (bien que ce dernier y apparaisse néanmoins, accompagné de sa clique de side-freaks), ni le vertueux Schtroumpf Paladin (cette vieille baderne psychorigide de Learchus viendra tout de même faire le coup de feu en fin de récit), mais le brave Soltarn Vull Bronn, alias The Stonewrougth, Mozart de la géologie militaire et prodige de la conduite de siège en environnement pierreux. Pour des raisons de simplicité, nous l’appellerons désormais Yves (pour Yves Rocher1).   The Iron Without commence bien mal pour Yves, enseveli qu’il est sous quelques tonnes de gravats. Passablement amoché par toute cette caillasse, et bien incapable de bouger, notre malheureux héros a tout le temps de se demander ce qu’il a fait pour mériter un si triste destin, lui le légionnaire modèle, la coqueluche de Perturabo ! Et à la réflexion, Yves finit par mettre le doigt (façon de parler, il ne lui en reste plus guère) sur le nœud du problème : cette enflure de Honsou, dont les directives semblent n’avoir pas pris en considération la survie de l’armée que ce dernier a amené sur Calth (après l’avoir gagnée chez la Mamie Loto du Maelström, j’ai nommé ce vieux Huron Blackheart2).   La suite, et le gros, de la nouvelle, est l’occasion pour McNeill de dérouler un petit flashback des familles, destiné à mettre en lumière les évènements ayant mené Yves au triste état qui est le sien. Arrivé sur Calth dans les bagages de Honsou, notre héros s’est vu confier par son boss l’insigne honneur de commander l’armée Iron Warriors à la victoire contre ces planqués d’Ultramarines, pendant que le Warsmith et sa garde mystérieuse partaient looter en lousdé quelque artefact mystique loin du front (ne m’en demandez pas davantage à ce sujet, je n’ai pas lu Invasion of Ultramar, qui relate en détail les péripéties non couvertes dans The Iron Without). Malgré sa science de la fortification, les hordes de mercenaires assoiffés de sang qu’il a à sa solde et les innombrables machines sur lesquelles il peut compter, Yves et ses grouillots finissent éclatés dans les grandes largeurs, victimes de la supériorité stratégique de l’alliance Ultramarines – Raven Guard leur étant opposé. Seule consolation pour notre malchanceux protagoniste, il croit apercevoir l’increvable Honsou s’éclipser dans le chaos de la bataille juste avant que Learchus ne vienne transformer le Stonewrought en Splashedbrain. Vae Victis !   Même s’il est préférable de lire cette nouvelle à la suite du roman Invasion of Ultramar, auquel elle donne un nouvel éclairage que je devine être intéressant, McNeill mène sa plume avec suffisamment de brio pour permettre à tous ses lecteurs de retirer quelque chose de The Iron Without. Les non-initiés à l’épopée Honsou-enne y trouveront une histoire de Space Marines contenant assez d’éléments fluffiques et d’action musclée pour satisfaire leurs coupables penchants, les autres pourront y retrouver quelques têtes connues, et bénéficier d’une vision plus macroscopique de l’anéantissement de l’armée chaotique sur Calth. Tout bénef’.   The Iron Without s’avère donc être une contribution solide, à la fois à la bibliographie de McNeill, mais également à la littérature 40K-esque en général. Pour ma part, la seule ombre au tableau serait les nébuleuses explications avancées par McNeill pour justifier la montée en première ligne de Honsou, tout prêt à mener une charge suicide en compagnie d’esclaves terrassiers pour prouver à ses hommes qu’il possède bien les douilles3 en acier trempé faisant de lui un digne (beau) fils de Perturabo4. À quand le sans-faute, Graham ?   1 : C’était ça ou Roch Voisine, je vous ai évité le pire.   2 : Pour plus d’information sur ce passage mémorable de la geste de Honsou, se reporter à la nouvelle Skull Harvest.   3 : Oui, les douilles. C’est un Iron Warrior après tout.   4 : « Bon, je vais aller m’exposer inutilement en première ligne afin de montrer aux gars que j’en ai dans le falzar, et que c’est moi le boss. Ceci dit, je sais pertinemment que rien de ce que ne pourrais faire ou dire ne pourra jamais les convaincre que je suis autre chose qu’un parvenu. Il est donc nécessaire que j’aille montrer ma lune à l’artillerie des Ultramarrants, même si cela ne servira absolument à rien. » « C’est brillant maître. » « N’est-ce pas ? » « Je parlais de votre jeu de douilles, pas de cette idée complétement débile. » « … »   Stromfel’s Teeth – J. Reynolds :   Deuxième volet de la série de nouvelles consacrée à Erkhart Dubnitz, et à travers lui au très humble et très violent Ordre de Manann, Stromfel’s Teeth permet à Josh Reynolds de poursuivre sa visite guidée de la plus célèbre, la plus riche, la plus corrompue et la plus humide cité-Etat du Vieux Monde. Et au petit jeu du « et si Marienburg m’était contée », force est de constater que Herr Reynolds fait tranquillement la course en tête, sa plume donnant vie aux quartiers et aux habitants du cru avec une aisance et une justesse fluffique dignes d’être notées (et appréciées).   Marienburg, l’après-midi de la veille de Mitterfruhl (l’équinoxe du printemps du monde de Warhammer). Alors que les citadins vaquent tranquillement à leurs occupations, deux évènements sont sur le point de pourrir le groove de l’empereur. Le premier est l’arrivée d’une tempête assez costaude depuis la Mer des Griffes (ce qui n’est jamais une bonne nouvelle quand on a du linge étendu à sécher dehors). Soit. Le deuxième est l’arrivée de Street Sharks assez affamés dans la place, qui se solde immédiatement par une panique monstre et des morts en pagaille. Pas glop.   Sommés d’agir par les autorités compétentes, Dubnitz et ses condisciples, menés par l’inénarrable Dietrich Ogg (Grand Maître manchot, brutal et obséquieux – car non ces trois termes ne sont pas antinomiques – de l’Ordre de Manann), se lancent à la poursuite des quatre fils du docteur Bolton1, avec des résultats concluants malgré quelques pertes du côté des templiers. Dépêché en renfort de la garnison du temple de Manann, assiégé par une foule aussi bienveillante et ouverte d’esprit qu’un bataillon de partisans de Donald Trump défoncés à la bière en goguette dans un Chipotle, Dubnitz croise la route d’une ancienne connaissance (Esme Goodweather, prêtresse de l’Ordre de l’Albatros, déjà croisée dans Dead Calm), dont les tours de passe-passe et l’intuition salutaire2 permettront à l’enquête menée par notre jovial héros d’être bouclée rapidement et (presque) proprement. On ne change pas une équipe qui gagne.   Stromfel’s Teeth est la confirmation des débuts prometteurs du moins australien des Reynolds de la Black Library dans le sous genre, assez délicat à manier (demandez à Sarah Cawkwell), de la nouvelle sérialisée. Dans la droite ligne de ce que C. L. Werner avait réussi à faire avec son personnage de Brunner, Josh parvient à faire vivre à ses personnages récurrents des aventures rythmées, prenantes et bien construites, en n’oubliant ni de faire évoluer ces derniers d’un opus à l’autre (on apprend ainsi en cours de récit que Dubnitz et Goodweather ont eu une liaison qui s’est mal terminée entre Dead Calm  et Stomfel’s Teeth), ni d’incorporer de nombreuses informations fluffiques plus ou moins importantes mais toujours à propos et en cohérence avec le background canonique. Le petit plus de Reynolds par rapport à son illustre aîné est qu’il parvient même à franchement tirer sur la veine humoristique, la truculence de son héros débouchant sur quelques dialogues particulièrement savoureux (1/2). Ca aura pris plus d’un an, mais les « Hot New Talents » promis en ouverture du premier numéro de Hammer & Bolter ont enfin trouvé leur chef de file.   1 : Le plus drôle étant que le personnage se révélant le plus efficace dans la traque des hommes requins est un look-alike du Dr Paradigm.   2 : Détective en chef de Marienburg : « Hmmm, une affaire compliquée c’est certain. Nous n’avons pas la moindre piste pour remonter à l’origine de cette soudaine épidémie squalide. » Dubnitz : « J’aurais dit carcharodienne. » Détective en chef de Marienburg : « Les deux sont tolérés, mais venons-en au fait. – inspecte le cadavre de Ripster – L’individu ne portait rien d’autre qu’un pantalon rapiécé et une sorte d’amulette taillée dans une dent de requin et portant le symbole de Stromfels autour du cou. Fascinant… » Dubnitz : « Quoi donc ? » Détective en chef de Marienburg : « Je viens de réaliser à l’instant que la somme des chiffres composant les nombres divisibles par neuf est elle-même divisible par neuf. C’est extraordinaire… mais malheureusement sans la moindre utilité pour le cas qui nous intéresse. Je crains fort qu’il ne nous faille classer ce dossier. » Dubnitz : « C’est regrettable mais puisque l’enquête se retrouve dans un cul de sac… Ca nous laissera plus de temps pour essayer de la mettre la main sur cet individu louche qui a été vu en train de distribuer des colifichets tout à fait similaires à celui que le suspect avait sur lui au moment où il s’est transformé en requin. Deux affaires tout à fait distinctes, bien sûr. «  Goodweather : « Vous allez rire, mais j’ai peut-être une idée… »   Knight of the Blazing Sun – J. Reynolds :   On ne se lasse pas des bonnes choses. C’est ce qu’ont dû se dire les éditeurs de Hammer & Bolter en choisissant de faire suivre une nouvelle de Josh Reynolds… par un extrait de Knight of the Blazing Sun, roman signé par le même gaillard.   Là encore, nous nous retrouvons en terrain connu, puisque le personnage de la première partie du chapitre livré en pâture aux insatiables lecteurs de la BL n’est autre qu’Hector Goetz, déjà mis en avant dans The First Duty (Hammer & Bolter #6). Et si l’autre héros templier de Josh n’a pas la faconde ni l’expérience de sa contrepartie Manannite1, Herr Goetz ne manque certes pas de ressources, à commencer par un talent certain au maniement des armes, qui lui permet de se farcir un Chef de Guerre Orque Noir en (quasi) solo, quand Erkhart Dubnitz est bien en peine de gourmander un pauvre petit homme requin de rien du tout sans manquer de se faire arracher la tête. Ajoutez à cela un pedigree certes mystérieux mais apparemment de haute volée (selon les dires de son propre Hochmeister, Goetz serait l’héritier de la province perdue du Solland/Suddenland), et pour finir une volée de flèches décochée par des gobelins revanchards, et vous obtiendrez un portrait assez fidèle du protagoniste de Knight of the Blazing Sun, personnage pas vraiment mémorable mais pas désagréable non plus, ce qui constitue un point de départ honorable pour un roman de la BL.   Plus intéressant est le parti pris choisi par Reynolds de relater une bataille mettant aux prises l’armée de Wolfram Hertwig, comte électeur de l’Ostermark, à une Waaagh ! quelconque mais très remontée, depuis le point de vue d’un escadron de chevaliers impériaux2. Qu’il s’agisse de décrire l’attente tendue en réserve du gros des forces impériales, la transmission – loin d’être évidente – des ordres du commandement à cet escadron excentré de la ligne de bataille, l’impact d’une charge de cavalerie (en insistant bien sur le fait que, comme sur la table, ce sont les chevaux qui font le gros du boulot), ou encore la situation précaire d’une unité de cavalerie d’élite de cinquante hommes encerclée de toutes part par de l’infanterie, même basique, une fois l’élan de sa charge dissipé, Josh Reynolds réussit à donner à son récit une patine de crédibilité, sans oublier de donner à ses lecteurs quelques scènes de combat distrayantes à défaut d’être mémorables.   La deuxième partie du chapitre, qui débute après que Goetz ait été initié aux joies de l’acupuncture gobeline par les archers de compagnie du Big Boss qu’il venait juste d’étendre, transporte le lecteur sur les rivages de la Mer des Griffes, où un n-ième Hochmeister de l’Ordre recueille une prophétie à part égale funeste et difficile à interpréter de la bouche de l’oracle de Myrmida du cru. Nul doute que cette conclusion sibylline fait parfaitement sens un peu plus tard dans le roman, et le procédé du « tu comprendras plus tard » utilisé par Reynolds n’est pas vraiment rédhibitoire au plaisir de lecture, pour peu qu’il soit étayé par une mise en contexte postérieure suffisamment bien faite pour ne pas laisser le lecteur sur sa faim. Abnett fait ça très bien (voir l’extrait de Prospero Burns de Hammer & Bolter #1), et il n’y a aucune raison de penser que Josh Reynolds ne soit pas capable d’en faire de même. Ce teaser de Knight of the Blazing Sun remplit donc sa fonction, et ne manquera pas je gage de faire gagner quelques nouveaux fidèles à Reynolds. De ce que l’ai pu lire du bonhomme jusqu’ici, c’est tout à fait mérité.   1 : Ca fait mieux que Manannaine, non ?   2 : Le fluffiste impérial ne manquera pas de noter l’ironie que constitue l’inclusion d’une force de chevaliers dans l’armée d’Hertwig, dont le principal fait d’arme consistait (avant la Fin des Temps) à avoir mené son ost au massacre du fait de son inexpérience et de sa farouche volonté de ne pas laisser le commandement des forces impériales au Grand Maître Kessler.   The Lion (part I) – Thorpe :   À la suite de la première (et peu concluante) tentative des éditeurs de Hammer & Bolter d’aborder le format de la longue nouvelle (une cinquantaine de pages au lieu de la vingtaine constituant le mètre étalon de la maison) via la soumission par Andy Smillie de son assez quelconque Beneath the Flesh (Hammer & Bolter #15/16), c’est au tour du Gav de se frotter à la novella, cet entre-deux indéfinissable entre la nouvelle et le roman. Et avant même de débuter la lecture de ce The Lion, force était de constater que Thorpe abordait l’obstacle dans des conditions bien plus favorables que son prédécesseur, tant au niveau de l’expérience (plus de 20 ans de maison) que du sujet (Lion El’Jonson, sa vie, son œuvre) et de l’univers (l’Hérésie d’Horus). Cela étant dit, la tendance de Gavin à se contenter du strict minimum en matière de storytelling incitait également à la circonspection, et c’est ainsi que j’abordais cette première partie sans a priori d’aucune sorte.   Prenant la suite de l’affrontement entre les deux self-made Primarques sur Tsagualsa (épisode narré dans le Savage Weapons d’ADB), dans le cadre de l’affrontement larvé entre Dark Angels et Night Lords, Thorpe centre logiquement son propos sur la Première Légion et sur Lion El’Jonson, tout à la fois frustré par l’impossibilité de mettre un terme à la croisade de Thramas et de se porter au secours de Terra, et travaillé par la déclaration du Night Haunter à propos de la loyauté vacillante des Dark Angels restés sur Caliban.   La réception d’une demande d’assistance émise par la garnison d’un complexe isolé de l’Adeptus Mechanicum (eh oui, encore un !) localisé dans le système de Perditus vient tirer le Lion de la bouderie contemplative dans laquelle il s’était plongé depuis la tentative de strangulation dont il avait fait les frais de la part de ce coquin de Kurze. Ni une ni deux, Jonson décide de se rendre sur place à la tête d’un contingent d’une taille plus que respectable (30.000 légionnaires tout de même), afin de s’assurer que le secret détenu sur Perditus ne tombe pas entre de mauvaises mains, Iron Warriors, Iron Hands et Death Guard ayant été repérés en train de rôder dans les environs.   Le gros de la première partie de The Lion décrit donc le voyage de l’Invincible Reason et de son escorte vers le système de Perditus, odyssée pimentée par la prise en filature du vaisseau amiral des Dark Angels par un mystérieux poursuivant, phénomène normalement impossible du fait de la nature particulière du Warp. Soucieux de préserver la confidentialité de son arrivée, Lionel parvient à attirer son poisson pilote dans l’univers réel pour une petite explication de texte, qui se solde au final par l’invasion de l’Invincible Reason par une flopée de démons pas vraiment concernés par les désirs d’intimité des DA. Too bad. Le rideau retombe au moment où Jonsy (à ne pas confondre avec Jónsi, bien que les deux partagent la même coquetterie à l’œil droit) s’apprête à aller coller quelques baffes aux séides des Dieux Sombres afin de leur apprendre à respecter la propriété d’autrui. Non mais.   Malgré quelques longueurs dans son déroulement, The Lion s’est révélée être une lecture assez agréable, même si Gav ne parvient pas à rendre une copie du même niveau que Dembski Bowden, dont les nouvelles Savage Weapons et Prince of Crows restent à mes yeux les deux must read pour tous les amateurs de l’Horésie d’Hérus (j’invertis des lettres si je veux) intéressés par la guéguerre entre paloufs et rogues. On peut d’ailleurs tout à fait considérer que la soumission de Thorpe comme un side event de la croisade de Thramas, El’Jonson prenant un break bien mérité après trois années de cache-cache avec les Night Lords pour accomplir une quête annexe, sans que la VIIIème Légion n’intervienne de manière significative dans l’intrigue.   En choisissant de faire d’un Primarque le personnage principal de son propos (même si le Sénéchal Corswain tente également d’exister aux côtés de son père génétique), Gawin prenait le risque de ne pas rendre justice à cette figure surhumaine, trop souvent décrite comme un simple super Space Marine dans les œuvres romancées de la Black Library. Je dois reconnaître qu’il s’en est plutôt bien tiré, en grande partie grâce à la description en clair-obscur qu’il fait de son héros, dont les motivations comme l’allégeance finissent par apparaître bien plus floues que ce que son image de loyaliste radical laissait à penser. Méfiant jusqu’à la paranoïa, faisant preuve d’un goût prononcé pour l’isolation (certains diront pour la bouderie), ne supportant pas la contestation de la part de ses subalternes (au point de décapiter à main nue un Chapelain ayant refusé de révoquer l’édit de Nikea), et éprouvant un indéniable, même si coupable, plaisir à imposer son point de vue par la force, le Lion de Thorpe n’est pas le parfait chevalier décrit par la propagande impériale, ce qui rajoute une profondeur intéressante à un personnage autrement ennuyeux de surpuissance. En complément, et comme souvent dans les publications relatives à l’Hérésie d’Horus, les détails de fluff (d’un intérêt plus ou moins grand) abondent, ce qui justifie amplement la lecture de cette nouvelle par tous les fans des Dark Angels.   Si l’utilisation de Lion El’Jonson comme protagoniste est donc assez réussie, les autres personnages de Thorpe, à commencer par Corswain, aka le Loken de la Première Légion (il en faut bien un), se révèlent malheureusement bien fades, tout comme la plupart des péripéties mises en scène au cours de cette première partie. Jamais avare en matière d’affrontement entre vaisseaux spatiaux, le Gav sert une nouvelle fois la soupe en consacrant une part non négligeable de sa nouvelle à la description de la « poursuite » entre l’Invincible Reason et son admirateur secret, à la fois dans, hors et entre (je me comprends) le Warp. Comme le bonhomme maîtrise son sujet, la pilule passe sans douleur, mais sans plaisir non plus. En fin de course, les points positifs l’emportent tout de même sur les points négatifs, et c’est avec une bienveillante neutralité que j’aborderai la deuxième partie de The Lion dans le prochain numéro de Hammer & Bolter.   Au final, ce 17ème numéro de Hammer & Bolter constitue l’une des livraisons les plus consistantes de cette deuxième année, en grande partie grâce au doublé de Josh Reynolds, honorablement complété par les nouvelles des grands anciens McNeill et Thorpe, un ton en dessous mais toujours dans la tranche haute du lisible et du divertissant. Counter ferme la marche avec son Vermilion, plus incongru que réellement indigeste, pour un solde largement positif. C’est suffisamment rare pour être souligné !    Schattra, "le même, un an plus tard"
  8. Bouquin Black Library Demons

    Hello, Comme souligné par Mortarion Primarch, les démons sont davantage utilisés comme antagonistes dans les bouquins de la BL/BI que mis en avant comme peuvent l'être les SM. Du coup, s'il y a de nombreux livres dans lesquels on retrouve des personnages démoniaques, beaucoup d'entre eux n'apportent pas grand chose en terme de background sur cette faction (et je ne parle même pas du développement narratif très limité qui caractérise la plupart des démons). À titre personnel, j'avais bien aimé la série Grey Knights de Counter de ce point de vue là, même si cette trilogie fait évidemment la part belle aux Marines du Chapitre 666. Même son de cloche pour la saga Malus Darkblade, qui compte un démon d'importance à son casting, mais reste une oeuvre Druchii à la base. L'Hérésie d'Horus doit (je maîtrise mal cet univers, d'où cette formulation moins catégorique) également mettre également les scions du Warp sur le devant de la scène (Thousand Sons, Word Bearers, possession de Fulgrim, corruption d'Horus...). Enfin, d'un point de vue purement Fluff, je te recommande bien entendu les ouvrages fondateurs que sont Slaves to Darkness et The Lost and the Damned (largement traduits sur Taran et le Verrah Rubicon). Plus récemment est sorti une espèce de grimoire assez difficilement lisible (cette manie d'écrire à la main, sur le texte principal et dans tous les sens est plutôt pénible pour le lecteur), nommée Liber Chaotica. Comme ses glorieux aînés, ce bouquin a une approche globale du Chaos et ne couvre pas uniquement les démons, mais il est très riche au niveau du contenu. Schattra, "en attendant de mettre la main sur le Liber Malefic..."
  9. "[WARHORDES-01]Promenade dominicale"

    Salut matscapo ! Eh bien, comme le dit le poète, tout finit par des chansons. Je suis sûr que ta petite troupe participera à la prochaine saison de The (Holy) Voice, ira jusqu'en demi-finale puis fera une très belle carrière dans le show-business. Après tout, tes zélotes ont vraiment un univers... Félicitations pour cette dernière session bouclée de belle manière avec de bien jolis paladins. Je l'ai souvent dit au cours de ce CDA, mais ces Exemplars font aussi partie des figurines qui ne me disaient trop rien avant de les voir traitées par un participant de cette belle aventure. Le rendu en tant qu'unité est très bon, les couleurs choisies soulignant à la fois la pureté de la cause et la violence nécessaire à sa défense. Faudrait pas venir leur baver sur les rouleaux à tes gonzes ! Bonne chance pour la suite de ta procession de foi le Menithe ! Schattra, requiem in pâté
  10. [WARHORDES-01] Les Légions de la Foi

    Ils n'ont vraiment pas l'air avenant, tes croisés. En même temps, convertir les hérétiques à la sagesse de Menoth n'est pas un job des plus faciles, surtout quand les brebis égarées ont des 'jacks (et meilleurs que les tiens, qui plus est). Comme l'on dit les camarades, cette bande est l'une des plus impressionnantes du CDA, et je ne pense pas me tromper en avançant qu'elle a sûrement généré quelques vocations parmi les visiteurs de ce thread. Un véritable succès pour une faction aussi prosélyte que la tienne ! Schattra, "quel dommage, tout le monde a Eyeless Sight chez moi..."
  11. [WARHORDES-01] L'épopée d'Haley

    Hello Murmure ! À tout seigneur, tout honneur, je viens rendre hommage au MdA victorieux du premier CdA Warmachordes du Warfo, qui s'est soldé (de mon point de vue en tout cas) par un carton plein. Je reste persuadé que tu n'es pas étranger à ce succès, autant par ton coaching régulier des participants que par l'exemple que tu as donné en finissant toujours tes sessions avec une avance confortable, ce qui ne t'a pas empêché de poursuivre tes aventures Cygnariennes, bien au contraire. Avec tout ça, je n'ai pas encore eu le temps de revenir sur cette dernière session, qui, à l'image des précédentes, a été d'un très bon niveau. Tout est allé tellement vite là encore qu'un posteur lent tel que moi a raté le train en marche. Je profite de ce message post-CDA pour corriger ce manquement. Bon vent pour la suite MdA, et puissent tes POW 10 décimer les ennemis du roi Leto ! Schattra, "Everblight reste neutre... pour le moment"
  12. [WARHORDES-01] SUJET CENTRAL

    Hello tout le monde!   Bravo à tous pour cette arrivée groupée, qui démontre la détermination des participants de ce premier CDA Warmachordes. 9 au départ, 9 à la fin, c'est un stat' remarquable, même pour un CDA court. Plus important, j'ai eu l'impression d'une véritable solidarité entre membres engagés, et d'un plaisir partagé par tous, ce qui a permis non seulement de remplir les objectifs fixés, mais aussi de déboucher sur des performances impressionnantes, aussi bien sur le plan de la productivité que de la créativité. Je vous tire mon chapeau.     Personnellement, je suis pour que la vision de Lλlλth se concrétise... :whistling:    Schattra, "mais on va dire que mon avis est biaisé"
  13. [WARHORDES-01] La chasse de Lylyth

    Eh bien c'est tout simplement la très grande classe Ruant!   Du fluff, une superbe photo de famille et un tableau d'avancement avec tous les compteurs au vert: c'est un final grandiose que tu nous offres pour un CDA qui l'aura été tout autant. J'envie vraiment tes futurs adversaires, qui auront le privilège de jouer contre (et de se faire piétiner par) une force aussi bien mise en valeur que la tienne. Avec des généraux tels que toi dans ses rangs, la Légion n'aura aucun mal à atteindre ses objectifs. Longue vie à Everblight!   Je suis curieux de connaître la suite de tes projets Wamachordiens, cher collègue. Vas-tu rester sur cette faction ou donneras-tu ta chance à un autre camp?   Schattra, "Warmachordes est un wargame qui se joue avec des figurines, et à la fin Everblight gagne"
  14. [WARHORDES-01] La marche de Makeda

    Je plussoie l'avis de notre Ruant national, c'est sans conteste la bande la plus bestiale de ce CDA, Makeda et sa séide garde-chiourme tentant tant bien que mal de discipliner les canaillous homicidaires dont elles ont reçu la charge. Dur dur d'être un Warlock!   Félicitations (une nouvelle fois) pour cette ultime session bien négociée, qui clôt un CDA sans faute de ta part. Le corps expéditionnaire Skorne sort très renforcé de cette aventure, et les autres factions du jeu vont devoir bataille encore plus dur pour faire obstacle à l'avancée des envahisseurs de l'Est. Heureusement que la Légion n'a cure des possessions territoriales, sinon j'aurais commencé à m'inquiéter un peu de voir débarquer autant de sauriens névrotiques et de pachydermes soupe au lait (sans parler du Basilisk) dans mon pré carré d'Immoren. Bon, après, on sait tous ce qu'il est arrivé au dernier génie qui a tenté d'utiliser des éléphants sous des températures négatives...    Bon courage pour la suite des évènements et à bientôt j'espère pour la photo de la (grande) famille!   Schattra, "qu'ils y viennent!"
  15. [WARHORDES-01] La meute de chasse de Kaya

    Hello ronnie!   J'espère que tu profites (ou a profité) à fond de tes vacances à la montagne. J'ai demandé à Vayl de faire rentrer tous les Shredders au bercail et à Absylonia de promener Proteus avec une laisse pour éviter un incident fâcheux au détour d'une piste de ski. Il ne sera pas dit que la Légion ne sait pas recevoir ses hôtes, non mais.   Félicitations pour cette troisième session, terminée avec une avance considérable, et pour avoir honoré ton contrat en tant que participant à ce CDA. Tu disposes maintenant d'une force conséquente et entièrement peinte pour ce beau système de jeu qu'est Warmachordes, et j'espère que tes Tharnettes s'illustreront sur le champ de bataille par la suite. Il sera toujours temps plus tard de retoucher ou ajouter davantage de détails sur certaines pièces (ce qui sera aussi mon cas), mais la bande que tu as mise sur pied en trois mois est déjà impressionnante.   Au plaisir de se rencontrer sur un champ de bataille d'Immoren, dirt mystic!   Schattra, la chasse est (définitivement) ouverte
×

Important Information

By using this site, you agree to our Conditions d’utilisation.