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[Débat] La page blanche

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Histoire de relancer la section, un brin moribonde en cette fin de vacances d'été, voilà un sujet donc il peut être pertinent de discuter ^_^

[b]Comment faites-vous pour surmonter la fameuse "angoisse de la page blanche" ?[/b] Je parle ici à la fois de la page blanche de commencement de récit/nouvelle, et de celle qui précède toute séance d'écriture, même pour un projet de long terme... :-|

[center]---------------------[/center]

En ce qui me concerne, la première est surmontée sans souci : si je me mets à écrire, c'est vraiment que l'idée est présente et incrustée en moi : la coucher sur le papier/l'ordinateur, accompagné de musique, n'est plus qu'une question de temps. Mais la seconde page blanche me bloque... Comment, après quelques jours/semaines, revenir sur un texte, et reprendre le travail ? L'état d'esprit n'est plus le même, la motivation peut s'être envolée ou affaiblie... Et je lutte, énormément. Il est très rare que je revienne sur le projet, après, ce qui me frustre.

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Sujet intéressant. :)

Je pense que le rapport à la page blanche est lié au rapport à l'écriture de manière générale.

Perso, quand je prépare un récit, je fais son "ossature" avant. Je ne commence jamais à rédiger quoi que ce soit avant d'avoir un squelette, même si je sais que je ne le respecterai pas.
Je commence par résumer l'intrigue en un court paragraphe. Puis je prépare le découpage en chapitre, avec une ou deux phrases pour résumer chaque chapitre.
Ensuite, je descend encore un cran en-dessous. Chacun de mes chapitres est mentalement divisé en un certain nombre de "sous-partie", une sous-partie faisant (théoriquement) entre 1 et 3 pages word.
Lorsque je commence à rédiger, j'ai déjà cette ossature avec moi. En fait, je ne la respecte pratiquement pas, mon scénario évoluant en cours de rédaction ; mais elle me permet de garder une certaine ligne directrice, et lorsque je suis face à la page blanche, et bin je suis exceptionnellement ce que j'avais prévu dans mon ossature.

ça, c'est pour la page blanche "scénaristique". Après, lorsque j'ai une page blanche "formelle", c'est à dire que je ne sais pas quelle style, tournure, narration, etc, employer, j'écris le passage d'une certaine façon, prise au hasard, quitte à le réécrire par la suite.

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Aussi étonnant que cela puisse paraître, je suis plus sentimental que Poupi concernant l'écriture. Quand je reviens sur mes textes, je le relis et je me demande ce qu'il m'inspire. Soit j'avais des idées et je les développe avec mon état d'esprit. Soit je n'en avait pas et je repars de rien. J'ai dans ma têtes quelques scènes qui n'ont rien à voir les unes avec les autres et le grand jeu c'est de les relier. C'est un peu pour ça que l’atmosphère de mes récits ne se tient pas sur plus de deux post. Entre temps, j'ai lu, j'ai écouté, j'ai partagé, j'ai ressenti et forcément ça change.

Je pense que ton angoisse est auto produite. Ta page blanche est créée par l'angoisse qui créée la page blanche. Suffit de te poser, de réfléchir à ce que tu ressens, de faire appel à deux trois souvenirs de mélanger tout ça et pof. Après c'est pas aussi systématique parce que tout dépend du sujet, mais boire un café, faire une pause clope et se libérer l'esprit ça aide pas mal.

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[quote]Aussi étonnant que cela puisse paraître, je suis plus sentimental que Poupi concernant l'écriture.[/quote]
Mais je suis très sentimental ! Et vachement lyrique, parfois !
Le travail préparatoire à la rédaction que j'ai détaillé n'est certes pas très sentimental. Mais lors de la rédaction, dont je n'ai pas parlée, et qui est pourtant 95% du temps de travail, je me laisse vraiment allé à l'inspiration, à l'envolée, etc... C'est pour ça que généralement, je en suis pas du tout mon squelette pré-établi.

[quote]J'ai dans ma têtes quelques scènes qui n'ont rien à voir les unes avec les autres et le grand jeu c'est de les relier.[/quote]
ça par contre, c'est vraiment le genre de démarche que j'essaye d'éviter et que je déconseille. Chaque passage littéraire doit avoir à la fois sa valeur propre et sa valeur comme partie du tout du récit.
Quand certains passages sont là uniquement pour relier les passages vraiment importants, ça se ressent sur la qualité littéraire des dits passages et sur celle de l'ensemble.

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Hi !

Le titre déjà est assez inspirant ^^ (J'avais écris un texte nommé "Page blanche" justement [Ca se terminait par la mort du personnage, overdose] ; pour l'anecdote, après avoir trouvé une fin convenable, je n'ai plus rien pu écrire ... Funny ?)

Je préviens qu'un certains nombre d'informations personnelles seront ici touchées. Aussi, j'en parlerai, non pas pour mettre mal à l'aise certains mais parce que ce sujet est pleinement personnel : que nous nous décrivions comme tel ou non, nous sommes des artistes, pas des Picassos ni des Frosts mais putain, nous sommes des artistes qui décrivons des choses proches, des émotions, des conneries et ici, nous parlons d'un sujet propre à notre art. Nous parlons ici de la pire angoisse des professionnels comme des amateurs, la chose qui fait que nous sommes tous pareils que nous ayons du talent ou non, que nous possédions de l'argent ou non. Alors, ici, nous pouvons parler et éviter sa vie personnelle mais si nous écrivons, c'est justement à cause de notre vie perso et certains événements importants influent dessus et doivent (peuvent) être lus avec le reste ... Si cela dérange certains, je les enjoins à passer au prochain post tout simplement ;)

Quant à la première, je crois ne pas avoir trop de problèmes là-dessus. Je n'ai pas commencé (mis à part le fameux "Page blanche" et un ou deux trucs pour les concours Warfo) sérieusement (virons les rédac' demandées par les profs étant bâclées :lol: !) quelque chose depuis longtemps. Mon dernier "véritable" début de récit, c'est le début de [u]Mercenaires[/u] ... Avant cela, j'avais tenté par maintes fois de commencer de longs récits. Mon approche personnelle est particulière : l'écriture étant une sensation de joie, un des rares moments où je peux réussir à me sentir bien (histoire d'anecdotes : à une époque où j'avais de graves problèmes personnels, j'ai pu, par moments, penser au suicide ou à certaines autres conneries moins indifféremment qu'à mon habitude et ces petits moments sont les seuls qui m'ont réussi à tenir le coup ...). Alors, je ne pars pas sur une ossature ou quoi que ce soit du genre. J'ai lu les essais d'Egar A. Poe (genèse, etc) et je suis plutôt d'accord avec lui : tout doit mener à la fin. Certes je suis d'accord mais je ne respecte pas forcément, surtout sur un long projet et n'étant pas lui ... Alors, au début du moins, je ne me contente pas d'objectifs (j'ai aussi pour particularité de ne jamais réussir à finir ce que je commence lorsque j'en ai envie ...).

Alors, la seule solution qui m'inspirasse fût, un jour, de tenter de sonder mes émotions et d'en sortir un mot, qui me plaise, qui me vienne ainsi comme une forme de flash. Il s'agit après d'étoffer ce mot et d'en sortir d'autres. Après une première phrase, l'idée de base est conçue. Pour [u]Mercenaires[/u], j'ai triché par rapport à cette méthode mais je pense que c'est tout autant valable : c'est une image qui m'est apparue, celle d'une femme en train de faire des moulinets avec son arme et pourfendant les airs avec. S'en suivit le mot "lame" puis suivit la phrase (habituellement, j'écrivis le mot puis sur une ligne séparée la phrase reprenant donc ce mot) : [i]La lame fendit le crâne de l’orque, d’un seul coup, gracieux, puissant et précis, il explosa et une gerbe de sang gicla, venant souiller sa peau immaculée.[/i]

Cela n'est qu'un exemple de méthode mais bon ... Si ça peut aider quelqu’un, je veux bien, avec grand plaisir, céder ceci ^_^ !

Quant à l'ossature, je reconnais son utilité mais jusqu'à un certain point. Je dirai que c'est une histoire de feeling, de tripes. J'avais déjà tenté (étant très très jeune ><) en connaissant la structure complète et tous les détails : le texte était passé à la poubelle et je n'y avais plus touché pendant des mois. Un an après, j'ai pu (dû) reprendre suite à certains problèmes. J'avais perdu et gagné sur de nombreux points. C'est là que je me suis dit que je pourrai aussi ne pas faire : échec total. J'ai continué à écrire, pour le style, pour l'envie. Puis est arrivé cette femme, cette courbe décrite par la lame et ce personnage Frykten. Que dire mis à part que rien ne m'est venu à l'esprit que des lignes. J'ai écrit et la trame de ce que j'écrivais est venue rapidement, puis, avec les lignes et quelques pages en poches, en connaissant mieux les personnages et l'univers tout m'est venu. Ayant la fin, j'ai pu construire la trame sur une forme de "map" grossière (et chronologiquement pareil) mais rien n'est écrit sur papier car actuellement, je laisse le choix à plusieurs fins possibles : au plus j'avancerai vers la fin choisie, au moins je pourrai m'en séparer, c'est ça le deal. Actuellement, si je veux qu'il soit emporté héroïquement (y a-t-il seulement une personne qui peut y croire XD ?) ou alors en chevauchant avec le diable, c'est parfaitement possible et cela me permet une souplesse et une rigueur, un équilibre encore parfait puisque je planche encore dessus comme un dingue (les pages de chronologies que vous ne verrez jamais, les maps, l'onomastique, toutes ces conneries immondes dont je dois m'occuper pour que cela convienne à mon esprit de merde, c'est dingue Oo mais je n'en ai rien à faire car c'est la seule chose qui me plaise : me coucher, les yeux fatigués par la peinture, l'ordi puis Word et un crayon de papier dessinant des ruisseau et les pages de dico dans diverses langues parcourues ...).

Quant à la seconde, c'est totalement différent. Est-ce parce que personnellement je ne me crois pas artiste ou parce que cela est mon quotidien, est-ce parce que j'ai peur de bien trop de choses pour craindre la page blanche, est-ce parce que bien trop d'autres la craignent ou qu'elle m'inspire plus qu'autre chose ? Etonnamment, je ne la crains pas elle. Cette fameuse page blanche ...
[*] Rien : ne rien faire justement. Si rien ne veut venir pourquoi forcément forcer ? Si j'ai réellement envie d'écrire, bah j'écris mais autre chose, ne serait-ce que pour la forme ou le style. Sinon, il est d'autres solutions : réfléchir à la suite, aux personnages, à ce qui est déjà arrivé. Je peux aussi lancer de la musique (tout le temps ou presque personnellement ...) ou tenter de faire autre chose toujours à propos (tel que décris avant : cartographie, trouver des noms, créer des trames pour des pays, des aventures, les "à-côtés" quoi ...) (ou pas forcément : si décidément rien ne vient, bah, pourquoi pas un film ou quelque chose d'autre ?). Selon, cela ne sera pas adapté (sujet court ou autres points en désaccord).
[*] Peut-être ma solution préférée pour une vraie "page blanche" : si je ne peux écrire, c'est ma faute ! Le début ne convient peut-être pas à une suite ou à la suite attendue tout simplement. Il s'agit alors de réfléchir ou mieux (parce que le geste suivant risque d'être très dur de manière réfléchie --") ne pas penser et juste effacer le paragraphe précédent, la phrase ou la page ! Réactif et agressif mais cela prend le mal à la racine : j'ai réussi à être bloqué sur quelque chose pendant près de mois (je n'arrivais même plus à faire les "à-côtés" ou à peindre tellement cela me frustrais que cela dure ainsi que je passais mon temps à crever des types sur des FPS : la looze) j'ai effacé le paragraphe précédent et j'ai réussi à faire une page ou deux dans la soirée ... Cela marche mais il faut peut-être juste voir ce qui ne va pas ou aller au feeling encore une fois :)

Bon, en fait, j'ai surtout décrit mes deux stades de "pages blanches" : celle où il manque le cœur et celle où il est là mais a p-ê un peu de mal à sortir ou attends un petit quelque chose de particulier pour le stimuler. Dans le premier cas (second de la liste donc), il ne faut pas laisser la frustration prendre le dessus mais réagir d'une manière adéquate et s'en servir comme arme pour aider les Spartiates (mauvaise métaphore, non ?). Dans le second, il s'agit en fait de s'occuper et de bichonner le projet à sa manière pour le garder près de soi et ne pas le laisser s'échapper mais ce temps de répit est une arme car c'est du temps, un temps précieux, qui est donné, offert là.

Je crois que j'ai oublié encore la moitié de ce que je voulais dire mais ça prend déjà deux pages Word ^^"

Les réponses aux posts précédents :
[quote][quote]J'ai dans ma têtes quelques scènes qui n'ont rien à voir les unes avec les autres et le grand jeu c'est de les relier.[/quote]
Ca par contre, c'est vraiment le genre de démarche que j'essaye d'éviter et que je déconseille. Chaque passage littéraire doit avoir à la fois sa valeur propre et sa valeur comme partie du tout du récit.
Quand certains passages sont là uniquement pour relier les passages vraiment importants, ça se ressent sur la qualité littéraire des dits passages et sur celle de l'ensemble.
[/quote]
Je me caserai au milieu. J'aime réfléchir à mon texte et créer pleins de débats, de discussions, de situations (des mercenaires dans une taverne, le nombre de connerie ça peut faire [je me suis tapé l'un des plus gros trips de ma vie après quelque mois passé dessus : ils sont autour d'une table, un soldat non recruté par la gré du personnage discute avec un langage peu châtié sur certains propos que Frykten n'apprécié pas alors il lui écrase le crâne contre la table et le type agonise alors que lui boit tranquillement sa chope.]) mais vais-je pour autant les mettre dans le récit ? Très certainement pas car il y en a bons nombre qui n'ont pas leur place dans le texte mais qui pourrait se trouver dans un futur potentiel (histoire de ne pas spoiler =)) ou un passé potentiel. Je pense qu'il n'est pas bon de tout relier mais qu'il est important d'inventer ces passages car sans eux nous ne pourrions trouver les écueils, les idées, faire avancer le récit, les personnages (à la base, Frykten était froid et distant mais était pleinement un héros américain [humble et ... héros quoi] maintenant, c'est le pire enfoiré qui soit et il n'a aucun scrupules et il n'aurait pas évolué si je n'avais évolué et si je n'avais créé ces passages).
Je pense qu'il faut éviter des trucs de liaisons secondaires car ils ont leur place à leur manière (à l'écrivain de la leur attribuer, à sa façon) mais qu'il faut de ces petits détails inventés au dernier moment : mort atroce, description sordide mais ajoutant à l'horreur, etc. Si un personnage doit tomber dans la folie et courir à sa mort, les deux doivent lui courir après, de plus en plus fréquemment ... Mais comment écrire ces fameux passages, très importants sans un minimum de vie ?

Perso, plutôt que la pause clope forcément ([size="1"]FUMER TUE XD[/size]), je préconise une bonne tisane ou une marche (nocturne ou non, en campagne ou non).

Voilà, bonne chance à tous et sachez que vous êtes seuls maîtres de vos mains, "nègres-écrivains", et de votre esprit, votre mental étant la seule chose qui compte (le cerveau restera le cœur de vos émotions lol).

[HS /on]P'tain, j'en ai pour 4 pages Word --"[HS /off] Modifié par mynyrve

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Mynryve, je crois que tu as tué le topic... Qui voudrait répondre à un tel pavé ? :rolleyes: Moi-même, j'ai du mal à établir une hiérarchie pour pouvoir répondre à tes propos !

Je réagis juste sur deux thèmes :
Pour les passages "de transition", je suis d'accord pour dire qu'ils ne doivent pas être artificiels, et posséder leur vie propre. Et comme souligné par Mynyrve, certains processus (i ?) longs doivent être illustrés périodiquement, afin de les incruster en douceur dans le récit, et ce grâce à des scènes moins "importantes", ou moins centrales.
Cependant, ne peut-on se débrouiller pour que même ces scènes "de transition" deviennent palpitantes, captivantes, pleines d'action ? On aurait alors l'avantage d'avoir une scène forte [i]et[/i] la progression d'un sentiment ou d'une évolution. Pas simple, me direz-vous... Certes. Mais mon expérience (certes faibles en matière de récits longs) me dit que c'est possible. Il y a beaucoup plus de travail à apporter à ces scènes, puisqu'elles nous inspirent moins, mais on doit les magnifier aussi. En cela, je rejoins finalement, je m'en rends compte, le point de vue de Poupi.

Ensuite, sur la question de l'ossature, le point de vue de Mynyrve me parle totalement :[quote]Quant à l'ossature, je reconnais son utilité mais jusqu'à un certain point. Je dirais que c'est une histoire de feeling, de tripes. J'avais déjà tenté [...] en connaissant la structure complète et tous les détails : le texte était passé à la poubelle et je n'y avais plus touché pendant des mois. Un an après, j'ai pu (dû) reprendre suite à certains problèmes. J'avais perdu et gagné sur de nombreux points. C'est là que je me suis dit que je pourrai aussi ne pas faire : échec total. J'ai continué à écrire, pour le style, pour l'envie.[/quote]L'ossature plaît, elle donne une vue d'ensemble du récit et des points auxquels on veut arriver. Souci majeur pour moi : elle m'étouffe, m'oppresse, et en plus me donne un affreux sentiment de culpabilité quand je n'avance pas dans le texte (comme pour ma pièce [i]Anathème [/i]en ce moment, tiens).
Du coup, j'ai une angoisse de ne pas faire aussi bien qu'avant, ce qui briserait l'unité de l’œuvre. Et donc page blanche. Le squelette du texte m'a tué, en fait.
J'aimerais pouvoir faire comme Poupi et me laisser aller en-dehors du plan. J'y arrive parfois, lorsque je parviens à dépasser le fait que je dois me remettre au travail sur le même ouvrage. Mais sinon, je bloque avant, et ne peux donc connaître ce sentiment !

Au passage, parce que cela m'intrigue :[quote name ='Artharian']Quand je reviens sur mes textes, je le relis et je me demande ce qu'il m'inspire. Soit j'avais des idées et je les développe avec mon état d'esprit.[quote]Est-ce que tu peux développer, s'il te plaît ? La méthode est originale, et ça m'intéresse ^_^

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Huhu, moi j'ai envie de dire que la page blanche me fait moins peur que la page noire. C'est vrai, quoi, on y verrait rien du tout.

Mais pour en venir au sujet principal, quand même:

Un peu de la même manière que Celt, si je me mets devant mon clavier, c'est parce que j'ai une idée très précise en tête. Je n'écris pas en voulant écrire, mais en ayant besoin d'écrire. Du coup, l'angoisse de la première page blanche m'est plus ou moins inconnue. Le meilleur exemple de cela est le Conte de Cœur que j'ai posté il y a quelque temps. J'avais simplement vu une jeune fille dans une navette, [b]interprété[/b] l'expression de son visage, rêvé quelque seconde, et le soir même je pondais mon texte. Quelques relectures bien sûr, pour lisser encore le texte, mais globalement, écrit d'une traite et [b]dans la fièvre de l'inspiration[/b].

Mais justement, me direz vous, cela n'est valable que pour les textes courts. Et bien oui, parce que j'arrive difficilement à passer une nuit entière en état de transcendance pour pondre un manuscrit entier.

Et justement, là est le souci. Étant quelqu'un d'assez direct, j'ai beaucoup de mal à revenir sur un texte, surtout qu'une fois que j'ai écrit ce que je ressentais, l'émotion me quitte et je me sens un peu las. Pour résumer, écrire me fait évacuer un trop plein émotionnel, qu'il soit vécu (contrariété, tristesse) ou simplement imaginé (la gloire, la tragédie,...). Mais du coup, les longs projets m’essoufflent (un peu comme Guimli, je suis redoutable sur de courtes distances). Par exemple, Le Commencement de la fin, que j'ai aussi posté ici, du moins une partie, fait actuellement 73 pages open office. On a beau me dire que c'est pas mal, j'ai peu essayé de m'y remettre, j'ai beaucoup de mal à raccrocher après tout ce temps. Alors qu'une 40aine de pages suffiraient à boucler le projet.
Et c'est là que je ressens tout le manque d'un squelette. Parce que je me rend de plus en plus compte que j'ai commencé l'histoire avec un objectif, que l'intrigue a finalement évolué lors de l'écriture, et que je ne sais même plus ce que je veux faire dire à mon texte. du coup, j'ai l'impression que tout ce que j'ai écrit ne sert à rien.
En fait, plutôt qu'une angoisse de la page blanche, ce serait l'angoisse de la page transparente que je ressentirais: écrire et encore écrire pour finalement n'avoir aucune matière.
Je n'ai pas arrêté de remanier mon texte, à des époques différentes, ce qui fait que plutôt qu'un récit construit, on dirait un patchwork étrange et mal assorti. Cela, j'aurais pu l'éviter avec un squelette, je pense. Je n'ai jamais fonctionner ainsi , mais j'en ressens le besoin. Mais je ne le ferai sûrement jamais... Aaah, paradoxe humain quand tu nous tient !

Bref bref bref, pas le temps de me relire, faut que j'aille en cours.

(vous noterez que j'ai un peu répondu aux posts précédents en incorporant ces réponses dans la mienne. Comme ça pas de jaloux. Habile, hein?)

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A moi, en ayant juste survolé les précédents posts (oui, je sais c'est pas bien).

Je ne suis pas encore écrivain, mais en tant que MJ, j'ai plusieurs campagnes et univers à mon actif.

LA première page blanche, je suis comme vous tous, je m'y mets que quand je suis sur le point d'éclater avec les idées dans la tête. Par contre, je ne suis pas assez organisé pour jeter tout et organiser avant de me lancer dans les détails bloquants, et me passionner pour les dits détails ..

Exemple : Univers med-fant, des armes issues du métal d'une météorite. Le problème, il me faut un cratère rempli d'eau avec un pic où se trouvait le reste de la météorite et commence l'angoisse : Quelle taille la météorite ? Quelle taille le cratère ? A quelle distance on entend l'impact et on ressent les effets (pour faire converger divers peuples vers le cratère) ? Au bout de combien de temps on peut marcher au fond du cratère (pour régler la chronologie des arrivées) ?

Bref, pour répondre à ces questions, diverses recherches, choix cornéliens entre taille de la chose et dégâts subits par la pauvre planète, quantité résiduelle de métal après l'impact, et ZOU ! la motivation est passée, et il ne reste qu'un fichier excell de plus, avec un synoptique de campagne, une ébauche de background, les références aux sites d'impact des météorites, des images d'armes, des ébauches de persos ...

Et il va me falloir une sacré dose de motivation avant de m'y remettre, ou un déclic, comme ce post !!!


Et les fichiers excell s'entassent sur mon HDD, accumulation d'idées diverses et variées, parfois reprises, avancées, rarement terminées (sauf les campagnes de JDR, à causes des menaces de sévices des joueurs !)



Conclusion, si vous commencez quelque chose, ne vous arrêtez pas, passez y tout instant disponible avant que la motivation passe, ou qu'une meilleure idée se pointe et parasite tout !

A+

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Oui, m'enfin, tu te trouves dans une position où tu n'aimes pas faire des recherches et où tu les fais quand même. Ce qui est est assez contardictoire et ennuyant puisque cela te coupe l'herbe sous les pieds.

Perso, pour faire pleins de recherches aussi, au contraire, j'adore ça ! Après, la base est différente : toi, c'est du RP sur une base déjà un peu établie ; moi, je crée mon univers. Résultat, je suis depuis plus de trois, quatre mois bloqués par les cartes à créer, les univers politiques, institutions religieuses et autres. Cela, en bon gros sous-doué qui n'a jamais rien compris au monde humain qui l'entoure, j'en suis bien satisfait car ça me permet de me documenter, d'apprendre des choses que je ne connaissais (des tours de passe-passe démagogiques, par exemple ^^").

Donc je suis bloqué (vous me direz que j'ai qu'à apsser le passage ou le virer et je posterai la map scannée sans la description faite par le perso mais bon ... ça apporte deux-trois points importants sur sa vision du monde, des choses, son érudition, sa cruauté et toutes autres conneries [cruauté ?]) mais bon, ça ne me dérange qu'à moitié (même si je dépéris lentement en attendant de m'y remettre -_-").

Pour les autres, je suis désolé, j'ai oublié ce que je voulais répondre ^_^" !

[i]Myn', désolé d'avoir gonflé tout le monde et d'avoir bloqué ça pendant un mois ...[/i]

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Le débat s'élargit en fait au-delà de la simple question de la page blanche (normal, tout est lié dans le travail d'écriture). En fait, ce qui ressort des dernières interventions, c'est que les méthodes pour éviter la page blanche sont liées à la façon dont l'écrivant conçoit l'écriture même. Genre, Mynyrve qui est dans son délire de création d'univers, c'est assez flagrant. Je vos la même chose chez Aun Shova, qui a un fort désir de "réalisme" (au sens vulgaire d'effet de réel, pas au sens de mouvement littéraire).

Ce qui m'a le plus intéressé, c'est le post de Silverthorn. Je suis d'accord pour dire qu'on ne doit écrire que si on y est obligé.
Perso, l'impérativité (scusez le barbarisme) de l'écriture ne m'est pas incompatible avec l'utilisation de l'ossature (d'autant plus que je n'ai aucune difficulté à m'en détacher). Au contraire, l'ossature permet, lorsque je travaille, de projeter mon impératif dans le temps ; pour parler un peu à la Kierkegaard, j'essaye (et j'arrive) à projeter une sensation esthétique dans la durée, et ainsi à en faire une éthique. M'enfin ça c'est lié à mes délires philosophiques.
Juste pour dire que l'impulsion littéraire n'est pas incompatible avec un travail d'écriture de durée, bien au contraire ; chez moi, le travail de durée se nourrit de l'impulsion, et même vice-versa.

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Bon sujet mais auquel vous trouverez presque autant de réponses que d'auteurs (non ce n'est pas vrai, il y a en fait plus de réponses que d'auteurs).

Vous avez les structurés (tout est planifié, la trame est prête, etc...), les exaltés (ils t'arrachent le clavier au moment ou l'ordi attaque ta base dans Dawn of War en hurlant "J'ai une idée, faut que je l'écrive sinon je vais l'oublier), les sentimentaux qui n'arriveront à décrire les sentiments d'un soldat après une bataille qu'après avoir appris la mort de leur hamster...

Si vous mixez ceci avec les raisons qui font que la personne décide de faire un texte (envie, besoin catharsique, ...)cela devient d'une complexité presque infinie.

J'avoue avoir écrit dans à peu près tous les états, mais une constante reste vraie : je sais généralement où je vais au moins sur un texte (plus dans le cas d'une suite de nouvelles). En clair, même si le fil rouge est parfois flou, j'ai les éléments pour ma cuisine qui sont prêts : personnages (caractère, buts, ...), les lieux, les objectifs montrés et/ou r"éels, etc...

Et après, il faut que je sois dans le bon état d'esprit... ^^

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