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      Facebook, Twitch et Youtube Warfo!   29/01/2017

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Kayalias

[Concours] Pastiche

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Bonjour et bonnes fêtes à tous,

Je me disais qu'il était temps de terminer ce concours pastiche avorté ; ainsi pour le réveillon, je vous offre mon récit et une petite devinette en prime. Qui donc ai-je voulu imiter / caricaturer ?





[center][b][size="5"]Pour l'amour d'une saucisse[/size][/b][/center]






Une nouvelle boulette de papier fila par dessus l'épaule de Beate, avant de terminer sa course contre le tableau de classe. Ce n'était pas la première, ce ne serait pas la dernière. La femme du charcutier germanique Hans Gottfried Geuenich, était habituée à devenir – une fois le dos tourné, la cible géante d'un jeu de fléchette pour adolescents. Géante, elle l'était. Du haut de son mètre quatre-vingt cinq, son physique semblait tout droit emprunté aux ours de la forêt noir. Son crâne était couvert de cheveux gris perpétuellement désordonnés ; son front large et rugueux accusait quant à lui quelques tâches de vieillesses, légèrement précoces. N'oublions pas ses yeux, deux petites billes sombres, qui s'enfonçaient profondément dans leur orbite cernées. Un visage aussi terne ne pouvait lui donner qu'un air fatigué. Il en était ainsi chaque jour, et chaque jour, elle tentait d'enseigner l'allemand, sa langue de coeur, sa lange maternelle à une marmaille toujours plus mal élevée. Ses collègues, eux aussi, ne lui adressaient guère la parole, la trouvant bizarre et lugubre.

Cette vie somme toute assez solitaire ne la gênait pas outre mesure, car comme bon nombre d'entre nous, Beate entretenait quelque passion secrète. Dès que la cloche retentissait, elle filait à ferveur non déguisée vers la charcuterie. Sur les étales marchantes, se côtoyaient les traditionnelles têtes de veau et terrines de lapin. Mais ce qu'elle préférait par dessus, c'était le rayon saucisse. La Bratwurst, ou la Lungenwurst sans oublier bien sur la délicieuse saucisse de Frankfort, accompagnée de sa Grüne Sosse, constituaient pour elle le paradis gustatif. Mais il y avait un hic. Depuis que le médecin avait osé lui dévoiler son taux de cholestérol astronomique, Beate avait été enjointe à modifier ses habitudes alimentaires.

« La saucisse vous tue », lui avait-il annoncé.
« Mais j'aime la saucisse », avait-elle répondu.
« Hélas », avait-t-il conclu.

Mais pouvait-elle vraiment être à la diet alors que tout son environnement lui rappelait sa passion ? Comment pouvait-elle fuir son amour meurtrier alors même que son mari ventru lui rappelait le parfum délicat de la Weisswurst ? Ce dilemme cornélien ne cessait de la tourmenter, mais pas autant que son estomac qui criait à l'aide. Son médecin lui recommanda de manger sain. Elle opta donc pour une saucisse traditionnelle qui lui apporterait la juste dose de protéine ainsi qu'une sauce au curry pour les vitamines. Son raisonnement lui parut tout à fait cohérent et c'est en gloutonne heureuse qu'elle dégusta sa précieuse saucisse.

Dix ans et de multiples infarctus plus tard, Beate dut se résoudre à abandonner sa passion du porc. Cette expérience fut traumatisante, d'autant que son mari exerçait toujours, lui proposait sans cesse de nouvelles recettes. Les mois passèrent mais le fumet entêtant des saucisses restait. Elle dut se résoudre à trouver une nouvelle activité en urgence, sans quoi elle y finirait assurément. C'est à cet instant que survint l'évènement le plus marquant de sa vie. En brave homme, son mari avait pour habitude de lui laisser ses chemises sur la chaise du salon, afin qu'elle les lui repasse. Ce matin là, lorsque Béate saisit le col de la chemise bleu, une idée de génie lui traversa l'esprit. Elle se précipita dans le débarras sous la charcuterie, sans même jeter un oeil aux étales, puis restaura le vieil atelier de son mari. Muni d'un crayon de papier, elle traça un plan, celui des dimensions fabuleuses d'une machine, de sa machine. Elle travailla nuit et jour, d'arrache-pied pendant près d'un an, n'avalant presque rien. Son mari désespérait de voir qu'elle n'avait plus le temps de lui témoigner son amour en repassant ses chemises. Beate ne changeait pas seulement physiquement, mais aussi moralement ! Chaque pièce qu'elle bricolait, chaque boulon qu'elle vissait, chaque jointure qu'elle soudait lui redonnait confiance en elle.

Dans son projet colossal, le moteur de la tondeuse avait été mobilisé, tout comme le système de refroidissement du frigidaire. Ce dernier, privé de la réaction endothermique du liquide frigorigène ne refroidissait logiquement plus. Il avait donc, tout naturellement été recyclé en penderie pour Monsieur, le tiroir à slips et chaussettes occupant idéalement le bac à légumes. Hans désespérait de ne plus la voir quitter son atelier. Pire ! Le vacarme d'une perceuse et les coups de marteau avaient envahi son quotidien. Entre deux clients, il descendait parfois inquiet à la cave, ne trouvait que porte close, lui déposait alors sur la plus jolie assiette en porcelaine de son service de table, quelques tranches de Jagdwurst, son amuse bouche favori. Mais lorsqu'il repassait en fin de soirée, la porte restait scellée et la charcuterie délaissée. Le dos voûté, il remontait l'escalier puis s'allongeait penaud, sur le canapé dont le moelleux ne remplacerait jamais celui de son amour. A côté de lui, s'entassait une pile de chemises non repassées.

Par un soir de juin, la quiétude des ronflements de Hans Gottfried Gueunich fut troublé par un puissant cri semblable à ceux des grands ducs :

« Gott am Himmel ! ».

Il s'agissait d'un hurlement guttural qui provenait de la cave. Avec tout l'aérodynamisme que lui permettait sa bedaine, il se précipita à l'étage inférieur. Quelle stupeur lorsqu'il aperçut la porte ouverte pour la première fois depuis prés d'un an ! Il s'avança à pas de loup dans la pièce noyée de vapeur avant que son regard ne croise celui de Beate. A son tour, il poussa un cri, d'effroi cette-fois. Ce n'étaient pas tant les cheveux hirsutes ou les yeux exorbités de sa compagne qui le terrorisaient, mais bien la perte de ses rondeurs. Ses jolies poignées d'amour, entretenues depuis tant d'années à la saucisse de Morteau avaient comme qui dirait : fondues. Il en pleurait. Beate resta interdite un instant, puis le prit dans ses bras, consciente de l'avoir quelque peu négligé. Il semblait inconsolable.

« Ne veux-tu pas savoir ce que je traficotais depuis des mois ? », s'enquit-elle.

Le vieil homme essuya ses larmes du pan de son pyjama rayé, non repassé et hocha la tête.

Dans une volute de poussière, elle souleva un drap miteux, vaguement ambré et révéla une caisse métallique d'environ deux mètres sur deux. A l'extrémité, gauche, l'on pouvait apercevoir l'entrée d'un tapis roulant, tandis qu'à droite, s'entassait une rangée de cintres suspendus. La caisse métallique cerclée d'ampoules était perforée d'orifices circulaires desquels émanait encore un peu de vapeur d'eau.

« Je te présente la machine autonome-365 à repasser ! », se réjouissait Beate.

« Pourquoi 365 ? », fut la seule question que fut capable de poser Hans, abasourdi.

« 365 car c'est à peu prés le nombre de jour que j'ai passé sans toucher une saucisse ! Accessoirement cela fait aussi 365 jours de travail pour mener à bien ce projet... Regarde, regarde ! On va l'essayer tout de suite. Donne moi vite ton pyjama ! ».

Hans obtempéra d'une extrême lenteur. Cette machine ne pouvait ni couper, ni cuir, ni conserver quelque saucisse que ce soit et ne présentait par conséquent aucun intérêt à ses yeux. Beate lui arracha presque le pyjama des mains, puis le glissa dans l'extrémité gauche de la caisse, avant d'appuyer sur le bouton d'une télécommande qui ressemblait étrangement à celle de la télévision... Qu'importe, le tapis se mit en route et emporta le pyjama dans la gueule d'acier. Il s'en suivit un vrombissement assourdissant. Les murs tremblèrent et l'armature se trouvait prête à imploser à tout moment. Beate piaillait de joie tandis que son époux tremblait de toute part. Les différentes ampoules s'allumèrent et dansèrent en rythme à mesure que l'opération progressait. Un nombre incalculable de « Pshiiit » se firent entendre et, bientôt, la pièce fut couverte de vapeur. Par delà le brouillard, les yeux de Beate brillaient d'une lueur presque démente. La vapeur se dissipa et l'on put voir un bras mécanique élever le pyjama sur un cintre, à l'extrémité droite de la caisse d'acier. Beate ouvrit la lucarne et déclencha le mécanisme de refroidissement avant d'examiner le vêtement. Tout était parfait, les rayures du pyjama auraient trahi le moindre faux pli et l'on n'en distinguait aucun. Elle tendit l'habit de nuit à son mari dénudé, le triomphe au bord des lèvre, mais s'accorda tout de même un reproche. Le pyjama sentait drôlement l'amidon. Il s'agissait encore de la courroie 21 qui n'était pas assez graissée et projetait le substrat par acoups. Rien de bien méchant, elle retira la petite cale sur le sommet de la caisse de métal, puis en retira la pièce métallique. Elle arpenta le petit atelier en quête d'huile, en vain. Tous les bidons étaient vides. Dieu seul sait ce qui lui passa par la tête à cet instant où elle glissa la courroie sous ses aisselles, dont l'épilation et l'hygiène douteuse fourniraient un lubrifiant naturel de choix. Ravi de retrouver là sa femme bien aimé, Hans esquissa l'ombre d'un sourire moustachu. La machine lui avait peut-être volé l'appétit de sa femme, mais pas sa féminité. Il revêtit son pyjama.

« Alors, qu'est ce que tu en penses ? », s'enquit-elle surexcitée.

L'intéressé répondit un «  boarf » d'une rareté expansive.

« Je voudrais la présenter au concours lépine cette année, je suis sur que je peux gagner ».

Et c'est ainsi que notre couple quitta sa province, en baissant le rideau de fer sur les vitres de la charcuterie. Sur l'une d'elle, le graffiti malveillant d'un quadrupède rose énonçait : « Ce n'est pas parce que nous sommes des cochons que nous sommes des porcs ». Hans furieux le ferait disparaître en rentrant. Ici on ne plaisantait pas avec le cochon.

Les qualifications régionales furent de simples formalités et, quelques semaines plus tard, le concours lépine fut remporté haut la main, coupant l'herbe sous le pied de l'inventeur des toilettes insonorisés. Qu'importe, la machine autonome – 365 à repasser connut un vif succès auprès du grand public. Les demandes de démonstration en plein air devinrent pléthores et il devint de plus en plus difficile pour Beate de jongler entre le lycée et l'atelier. Bientôt, les médias s'emparèrent de l'évènement. La petite charcuterie locale rencontra une célébrité incongrue, tous voulaient voir la fameuse machine. Le phénomène prit tellement d'ampleur que différents mouvements féministes récompensèrent Beate pour le « symbole contre l'avilissement de la femme » que dégageait son invention. Jamais la gagnante n'eut-elle espéré autant de succès, jamais n'eut-elle imaginé porter un tel message, mais tout cela avait peu d'importance. Les prix se succédaient, ainsi que les couronnes de fleurs et les lettres de remerciements, toutes rédigées par des femmes. L'on se trompait souvent dans l'orthographe de son nom, l'écrivant Geunich ou parfois geuxniche, mais l'intention transportait Beate de bonheur. Même ses élèves commençaient à la respecter. L'infecte grizzly était devenu la plus illustre des chercheuses.

Pas un après-midi sans que l'on sonne à la porte. Les féministes devenaient particulièrement envahissantes, voyant en Beate l'incarnation du sauveur, celle qui disait non au soutien-gorge et à ses prérogatives. La principale intéressée ne s'en sentait pas du tout l'étoffe. Étrangement depuis quelques temps, elle n'aspirait qu'au calme et … à la dégustation. Sa passion pour la saucisse était revenue en même temps que l'ennui. Certes, répondre aux courriers enflammés monopolisait une bonne partie de son temps, mais dorénavant son occupation principale – à savoir assembler la machine à repasser autonome – 365, n'était plus. Pire ! L'affluence de curieux avait contraint Hans à doubler les livraisons de porc pour faire face à la nouvelle demande. En effet, la plupart des clients achetaient quelque chose dans le seul but de rencontrer l'inventrice en chef. Celle-ci se terrait le plus souvent dans l'ancien atelier, nettoyant les pièces et rangeant les bidons. Disons le, elle tournait en rond et n'ouvrait plus beaucoup les portes. Un dimanche matin, tandis que son fidèle mari participait à la traditionnelle fête de la saucisse à Munich, l'on frappa au domicile. Beate joua la morte, mais son inopportun visiteur insista la juste dose pour que l'on vienne lui ouvrir, par agacement simplement.

« Merci, merci, veuillez déposez les fleurs, cartes postales ou tout autre congratula à l'intérieur de la corbeille ci-jointe, je vous répondrai sous peu ».

Beate s'apprêtait à fermer la porte après avoir récité son monologue, mais un pied, à peine du 39 s'interposa entre l'encadrement et le battant de la porte.

« Ahem... Madame, veuillez m'excuser pour cette intrusion mais je m'appelle Gilles Astié ; j'ai une proposition intéressante à vous faire ».

Son interlocuteur était donc un homme, pourquoi venait-il se perdre ici ? Elle lui ouvrit sans un bruit. L'homme libéra son pied et poussa un soupir de soulagement, haussa ses petites lunettes puis sourit.

« J'ai cru comprendre que vous étiez la dernière gagnante du concours lépine. Félicitation. Quelle était votre machine au juste? », feignit-il de ne pas connaître.

« La machine à repasser autonome - 365 ...
- Ah oui, exactement. Et bien, je vous propose de la commercialiser ».

Le représentant s'imaginant avoir affaire à une rustre, décoiffée et vêtue d'un simple tablier n'y alla décidément pas par quatre chemins.

« Vous avez vraiment des pieds minuscules pour un homme », ajouta la grosse Beate. Et ils conclurent l'affaire autour d'une assiette de saucisson d'âne.

A nouveau, les mois passèrent. Le couple Gottfried Geuenig toucha une confortable rente suite à la commercialisation de la machine à repasser autonome – 365, ce qui permet à Hans d'agrandir la devanture du magasin. Le nom imprononçable de la machine fut naturellement modifié et un sourire marketing fut collé sur chaque carton d'emballage. Bientôt, tous les foyers de la région furent équipés. Tous semblaient heureux, surtout les femmes qui pouvaient déployer les ailes d'une liberté si récemment conquise, à la vapeur des fers à repasser.
Cette situation dura un temps et alors que le flot de remerciements commençait seulement à se tarir, la boîte aux lettres des Gottfried Geuenig fut assaillie comme jamais auparavant. Cela faisait longtemps que Beate ne prenait plus le temps de répondre, surtout depuis qu'elle avait replongé. Elle passait l'essentiel de son temps à savourer les nouvelles saucisses de la charcuterie, importées du monde entier. Lorsque la montagne de courrier fut au sommet de sa hauteur, l'ancienne professeur d'allemand se décida à y jeter un oeil moribond. En hâte elle décacheta la première enveloppe, rouge. Une explosion retentit immédiatement, lui aspergeant le visage et les cheveux de farine. Toute tremblante, elle lut le message suivant :

« Merci d'avoir détruit mon couple ».

Ce message était semblable à tous les autres, et chacun rivalisait d'insultes avec le suivant. Elles ne comprenaient rien à la situation. Pourquoi l'adulait-on hier ? Pourquoi attentait-on à sa vie aujourd'hui ? Vu de loin, couverte de farine et de semoule, elle ressemblait à une énorme pâte à sel. De l'autre côté de la rue, elle aperçut plusieurs banderoles, toutes tirées par des femmes en colère. Les harpies se dirigeaient chez elle. Sans l'ombre d'une hésitation, Beate se précipita dans la charcuterie et ferma à double tour, puis piocha dans la vitrine une épaisse tranche de saucisse de viande, avant de l'engloutir goulument. Cela la calma quelques secondes. Elle se persuada que tout allait bien se passer mais il n'en fut rien. Les cris des femmes se fit de plus en plus insistant et très vite, nombre d'entre elles tambourinèrent à sa porte. Beate eut la désagréable impression d'être la victime d'une chasse au sorcière, mais elle ne prononça pas un mot. Tiré de sa sieste, Hans trouva sa femme assise par terre et extrêmement blanche. Elle riait aux éclats. Rien ne lui permettrait de revenir en arrière ni de changer le destin de ces femmes. Elle fit alors la seule chose qu'il est sensé de faire dans cette situation : elle reprit une imposante tranche de saucisse de viande puis l'enfourna dans sa large bouche, avant de la savourer délicatement les yeux fermés. L'impertinente Beate Gottfried Geuenig Soudain, l'une des féministes en herbe prit la parole dans un immense interphone.

« Nous demandons justice ! Votre invention a ruiné notre vie de couple. Nos hommes ne nous regardent plus. Ils n'ont d'yeux que pour cette satanée machine ! Tout ceci est de votre faute. Ouvrez. Nous réclamons justice ! 
- Je ne suis pas là, vous n'avez qu'à repasser ! Se contenta d'ajouter l'impertinente Beate Gottfried Geuenig.



[b]Alors ? Pas très difficile comme devinette n'est-ce pas ? :)[/b]

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Yeepeeee !!!! Un texte inédit de Kayalias ! Exultant (ou éructant, c’est selon) de joie, son fan club (comptant à ce jour un membre et secrétaire permanent) accourt pour le féliciter et le déclarer vainqueur incontestablement incontestable de ce concours caractérisé par une participation record des auteurs du forum — à vrai dire une lutte acharnée au point qu'il aura fallu jouer des coudes pour être le premier à poster son chef d'oeuvre, entre l'homme invisible, Jane Richards et Frodon avec l'anneau à son doigt.

Très bon travail de description en ouverture, délicieusement outrancier et imagé comme il convient pour un personnage de la carrure de Beate. J'aurais d'ailleurs bien vu ce personnage intégré à l'univers de Warhammer : ach, le Saint Empire ne s'en remettrait pas...

L'intrigue en elle-même est amusante, quoique ne te ressemblant pas : en même temps, c'est normal, il s'agit d'un concours de Pastiches. Autrement, je t'aurais davantage vu jouer la carte de l'humour noir, la machine de Beate se prêtant idéalement à un remake sanglant de "La Presseuse" de tu-sais-qui....

J'avoue avoir été moyennement convaincu par la charnière entre l'exposé du contexte initial et la soudaine décision de Beate de construire sa machine : c'est surtout dû au côté improbable d'un gouffre à nourriture se lançant brutalement dans une frénésie créatrice à la Geo Trouvetout. Une fois surmontée cette improbabilité, le reste du texte s'avale goulûment, comme une bonne grosse saucisse bien grasse avec une poignée de choucroute. Et une pinte de Fischer pour faire glisser.

Quant à identifier l'auteur-référence du pastiche, il y en a bien un qui s'est spécialisé dans l'intégration d'inventions farfelues au coeur de ses histoires, mais... j'ai oublié son nom ^^°

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Ce pastiche est une belle réussite !
Je n'ai pas le temps de faire un commentaire constructif, mais en tout cas ça m'a bien fait rire ! Tu as amplifié juste ce qu'il fallait d'absurde, de personnages incongrus, de clichés sur un pays étranger, d'inventions délirantes, pour tourner en dérision cet auteur aux textes toujours déroutants :lol:
Bravo !

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Bon ben parce que je suis dans le coin et que malgré tout, j'avais pondu un texte pour ce concours qui malheureusement n'a pas vu le jour, paf, je vous le livre, allez hop, avec le commentaire d'époque.

*** ->

[b]
Avant-propos nécessaire très important :[/b] Voici mon texte, contenant : 2400 mots, des références implicites à 1 série américaine, 1 série française, 1 auteur et 4 films américains. 3 cafetières, 5 ou 6 heures et les restes du frigo ont été investis dans cette, hum, création. Tel un fourbe, j’ai fait en sorte que l’auteur pastiché ne soit pas celui que l’on imagine d’entrée. Sur une base d’idées que je trimballe depuis environ 15 ans, je dis merci à SoK pour ce concours. Niveau ambiance musicale, j’écoutais bien des trucs en écrivant, mais c’est Winamp qui choisissait. Alors pour une fois, débrouillez-vous, fait beau, je vais à la piscine.

[u][b]Kay, alias… Caïus[/b][/u]

[i]Mordred brandit bien haut sa hache à deux mains et hurle : [/i]

MORDRED – Sus au château ! Les dieux sont avec nous !

[i]Un coup de tonnerre encore plus fort que les précédents retentit, fondue au blanc.
Changement de plan et d’espace. Nous voici à nouveau dans le jardin imaginaire de Mordred (comme dans les scènes 12, 33, & 88), ce dernier est assis dans son trône d’or, une coupe d’hydromel à la main, vêtements somptueux. Plan subjectif, Il voit Odin se pencher vers lui, puissant mais bienveillant. Focalisation objective, on constate qu’il ne s’agit pas d’Odin, mais de Satan qui murmure à l’oreille de Mordred. Ce dernier se trouve dans une position extatique, le visage levé, l’air radieux. Le décor paradisiaque s’efface subitement, mais lui garde la position. La foudre tombe tout autour du donjon de Corbenic, le château du Graal. Travelling sur Mordred, zoom inverse englobant ses hommes rongeant leur frein, puis sur le colosse Meleagant. Le travelling devient gros plan, dans une lenteur dramatique, le géant bande son énorme arc de corne, vise et tire.
Plan sur un arbre, dans les branches, un corbeau. Gros plan puis zoom sur son œil. Est-ce l’un des corbeaux d’Odin, le Diable déguisé ou un simple charognard ? Dans son œil, se reflète le corps de la flèche et sa pointe, se rapprochant de l’armature.
On suit la flèche décochée, traverser le long et étroit pont enjambant les douves, unique accès au donjon. Plan inverse, on voit à présent la flèche arriver et dépasser successivement Perceval et Lancelot. Caïus, lui, ne la regarde pas, il est exténué, les mains sur les genoux, le visage baissé. La flèche est pour lui. Au dernier moment, Bohort s’interpose, les yeux fermés et les poings serrés autour de l’hast robuste de sa précieuse lance. La flèche, incapable de se ficher dans le bois d’ébène malgré sa vitesse, ricoche et part au loin (ou éclate au contact ?). Caïus lève un visage triste vers son protecteur.[/i]

CAIUS : Pourquoi Bohort ? Tout est fini.

[i]C’est Perceval qui répond, sourire honnête, engageant : [/i]

PERCEVAL : C’est pas faux. Mais tu es des nôtres, as-tu déjà oublié ?

[i]Lancelot, toujours psychorigide, le corrige :[/i]

LANCELOT : Si c’est faux. Le combat n’est perdu que pour celui qui abandonne tout espoir.

[i]Flashback émouvant de Caïus sur le moment où il a fuit Rome en flammes, ses légionnaires se sacrifiant pour couvrir sa fuite, son décurion blessé à mort lui déclarant la même sentence.
Retour au château. Caïus se relève, hurlant, visage vers le ciel, zoom inversé ascendant. Il ramasse son glaive romain et le poing serré sur la poignée, il crie en direction de Mordred :[/i]

CAIUS, [i]déchaîné [/i]: Mordreeeeed, tu as gagné ! J’y crois maintenant ! C’est ce que tu voulais ? Alors viens tâter de la fureur des Légions, barbare ! [Eventuellement, compléter ce cri de défi]

LANCELOT, [i]sceptique [/i]: Et maintenant ?

[i]En geste de défi, Caïus jette son fidèle glaive romain de toutes ses forces dans la direction des assaillants qui décrit une belle volte dans le ciel gris. (Effets avec la pluie et vrombissement, reflets ? Ce plan doit être rapide.)[/i]

CAIUS : Et maintenant ? Moi je garde la porte. Vous, vous ramenez le Graal. Chevaliers, honorez votre promesse à Arthur !

[i]Bohort et Perceval posent solennellement chacun une main sur une épaule de Caïus en signe de reconnaissance et de fierté. Gros plan sur Lancelot, le visage fermé. Sa bouche s’orne lentement d’un doux sourire, tandis que ses yeux s’éclairent. Dans un geste fluide, il tire son épée. Comprenant, Bohort et Perceval font un pas en arrière, la tête basse tandis que Caïus, sous l’aval de Lancelot exprimé par un hochement de tête, s’agenouille. Plan séquence unique.[/i]

LANCELOT : par la grâce de Dieu, je te fais Briton, Chevalier, et te nomme Sire Kay, Chevalier de la Table Ronde. Tu es désormais notre frère, notre pair.

[i]Il lui frappe violemment sur l’épaule de son poing gantelé puis déclare :[/i]

LANCELOT : Debout Sire Kay. Aujourd’hui est un bon jour pour mourir.

[i]Disant cela, il rengaine son épée, puis déboucle le baudrier qui retenait un autre fourreau dans son dos. Tel quel, il le donne à Kay. [/i]

LANCELOT : l’Epée de Salomon. Tu en auras besoin pour tenir ce pont.

[i]Solennellement, Kay prend le fourreau et dégaine l’arme antique qui se met à luire faiblement d’une lumière dorée. Puis Bohort ouvrit la poterne d’un coup de pied. Les trois chevaliers disparaissent dans le donjon sans un mot. De l’autre côté des douves, les hommes de Mordred chargent enfin, le colosse Meleagant en tête. Sans peur, Kay se met en garde... [/i]

- D’où il avait une épée, Salomon ?
- Saül, sérieux, t’as rien suivi. Lancelot l’a avec lui tout au début quand il revient de Terre Sainte.
- De Palestine » corrigeais-je humblement.
« De Terre Sainte. » repris patiemment Zecharia Levy-Rochenberg. « Enfin, quoi qu’il en soit, faire le début du film sur Lancelot dans les ruines de Babylone, très bonne intro, dynamique et original. J’aime.

- Williams ou Zimmer, à la [i]soundtrack [/i]? Zimmer se vend toujours assez bien, en [i]post-prod[/i]. » Cette intervention légèrement à contre-courant émanait de Saül Levy-Rochenberg, second directeur de production à la [i]Twentieth Century Fox [/i]assistant à mon entretien.

« Hum, » grasseya dans l’interphone Barry Goddworth, une voix qui n’avait manifestement pas noté que le sujet de conversation avait changé : « Moi elle me dérange pas, cette épée, ils en parlent dans Wikipédia. Par contre, si la [i]Warner Bros[/i], que je représente, doit se charger de cette production, il va falloir adapter car… »

Là j’avoue je décrochais, l’esprit saturé par des émotions trop puissantes et trop contradictoires. Moi, Gab, fou de cinéma, de littérature et d’histoire, je suis en entretien avec certains des plus grands directeurs de production d’Hollywood. Putain, Hollywood ! Là d’où vient [i]Danse Avec les Loups[/i], [i]Platoon[/i], [i]Gladiator[/i]… Là où, avec une simple signature, les plus belles et les plus puissantes aventures peuvent prendre vie ! Et pourtant, à écouter ces financiers tous atteints de calvitie, cynisme, racisme et artériosclérose, à les voir gribouiller leurs notes infâmes su mon script, lui portant autant de coups de scalpels guidés, non pas par une quelconque précision artistique, mais par leurs idéologies ou objectifs marketing, je sentis un grand dégoût monter en moi.

Naïvement, je comptais faire le tour de ces prestigieuses maisons, pour trouver celle qui aurait la même sensibilité que moi. Mon ex avait raison, je suis qu’un putain de rêveur… Mais je les ai pourtant vu accrocher. Hocher la tête. Faire de petites grimaces appréciatives. Et puis les Levy-Rochenberg ont appelé l’un de ceux que je croyais être un concurrent. En fait, de concurrence dans ce milieu, il n’y en a pas vraiment, il s’agit plutôt d’un équilibre, d’un partage du gâteau…

Non, mais vous les entendez ? Oh certes, bien des discours en ce monde blessent le sage, heurtent l’artiste, dégoûtent le critique. Bribes de conversations sans queue ni tête qui ici m’assomment, m’épuisent et imperceptiblement, font monter à mes yeux des larmes de désillusion, tandis que ma gorge se serre :

« Zach, rappelle-moi pourquoi on n’a jamais adapté de roman de Eddings ? C’est du meilleur matos que les conneries que ce Frenchie nous déballe…
- oui Saül, je me rappelle d’une conversation à ce sujet. Beau projet, sauf que le père Eddings demandait de [i]frakking [/i]droits d’auteur, l’enfoiré.
- Quel connard ! Oui ça me revient ! Bah, de toute façon dans ses histoires, y a trop de personnages, et les gens sont perdus dès qu’il y a plus 2 ou 3 héros. »

[i]Et aussi…[/i]

« Ah, et à qui penses-tu, pour le rôle de la fille, Portmann ou Knightley ? faut dire que plus les femmes sont maquillées comme des camions volés, habillées comme des putes, se comportent sexuellement comme des hommes et sont coiffées avec cette immonde frange droite, plus les hommes idolâtrent Natalie et Keira.
- Pourquoi elles ont jamais de contrat, chez [i]Universal[/i], alors ?
- Laisse tomber, [i]Universal [/i]c’est des gays.

[i]Ou encore…[/i]

On fait un peu trop de [i]fantasy [/i]et pas assez de [i]SF[/i], en ce moment, je trouve. On pourrait transposer dans le futur, non ?
- T’inquiète, la plupart des critiques font pas la différence.
- Eh puis, Barry, à qui voudriez-vous confier un tel projet ? Luc Besson, ah ah ah ?
- Ah ah ah ! »

[i]Sans oublier….[/i]

« Mmmh, si c’est trop violent ou subversif, on refile le bébé à la[i] New Line[/i], hein. »

[i]Oh, ils ont aussi demandé l’avis d’un producteur « indépendant », tant qu’à faire :[/i]

« Barry marque quand même un point : depuis qu’on a ralenti sur les Westerns -et tant mieux, parce que ça devenait ridicule-, les films d’époque ont pris une grosse part de marché mais j’ai l’impression que les gens commencent à saturer. Vous en pensez quoi Mr Gibson, en tant que spécialiste du genre ?
- Vous avez [i]bladdy [/i]raison, les mecs. Ça coule comme de la mouille que chaque film du genre qu’vous faites est plus mauvais que le précédent, même les broussards s’en rendent compte. A vouloir faire les [i]tamas[/i], c’est même plus des films sur l’Histoire ou la mythologie qu vous sortez, mais sur [i]Age Of Mythology[/i] ! C’quand même [i]bladdy [/i]moins palpitant, vu ? N’ayez pas peur de l’actualité, les mecs : ça pète partout !
- Attendez, Mel : les Arabes en méchants idiots, ça passe plus. Les Russes et les Chinois, maintenant faut faire gaffe, comme s’ils étaient devenus susceptibles…
- Z’ont jamais cessé de l’être, Saül, c’est juste qu’ils foutent plus d’embargo sur nos [i]bladdy [/i]films. Heureusement, d’un côté, parce que s’il fallait compter que sur les Européens, c’te cassage de tête ! Non, si vous voulez des méchants actuels, à part les Balkans ? Ah j’pense aux Israéliens, auss….

- Mince, ça a coupé ! Quel dommage, à bientôt Mel. Oui, Que voulais-tu dire, Saül ?
- Oui, et les marchés de l’Afrique et de l’Inde ? Y a du monde, et les gens sont très bon public. Ils sont aussi ignares que les Américains, et ça ne les dérange pas que tous nos films aient la même trame…
- Pfff non laisse tomber, on vend environ 1 DVD pour 1.500 000 habitants, et 1.499 999 copies, contrefaçons et téléchargements plus tard, tout le monde a vu le film, mais toi t’as rien gagné. »

[i]Et si vous pensiez qu’on avait touché le fond…[/i]

« Allô, Ridley ? C’est Barry Goddworth, de la [i]Warner [/i]! On est en conf’, là, avec les frères Levy-Rochenberg, de la [i]Fox[/i], ils se tâtent pour un projet… Dis-moi, comment ça se passe, ton adaptation de la vie de Grant ? Tu sais, j’ai vu un rush et ça m’a surpris que tes confédérés aient des casques à plume.
- Euh Barry, c’est parce que je prépare un film sur Ulysse, mais pas Ulysse Grant, en fait, l'original, celui d'Homère vois-tu…
- Bien sûr ah ah ah suis-je bête ! En plus les Simpsons c'est tellement vieux que maintenant c'est tombé dans le domaine public, non ? En tout cas, ton film, là, ta vision de [i]New Orleans[/i] d’à l’époque est magnifique…
- En fait c’est Mycé… Ok oui, content que ça te plaise ! Ben écoute le tournage se passe bien, à part que Russell Crowe est saoûl un jour sur deux et que ma Pénélope a démissionné… Sinon, j’ai toujours ce petit problème de raccord de script avec [i]Alien[/i]…
- Je suis bien content que tout se passe bien, Coco ! Pour ta reine grecque, un petit tuyau : Diane Kruger est disponible, ainsi que Katie Sackhoff et Charlize Theron !
- Super, merci ! Des blondes aux yeux clairs pour jouer une grecque, c’est génial, j’y aurais jamais pensé mais euh… Comme c’est un peu la marque de fabrique de la [i]Warner[/i], je vais vous laisser, hem, ce privilège. Tu m’appelais pour ?
- Bah, je sais que maintenant tu as ton propre studio, que ça se passe bien… Oui Ok, tu te plantes une fois sur deux, mais pas de souci, quand un film est mauvais, reste la 3D, hein ? Là je pensais te proposer un truc… Voilà, on est sur un projet de film, genre un remake d’[i]Excalibur[/i], la [i]Fox [/i]est pas chaude… On est en train de revoir le scénar, là… Bon on se rappelle, hein Ridley. Et nos amitiés à Tony !»

« Rafraîchissez-moi la mémoire, qui c’est déjà qui le trouve, le trésor des Templiers ?
- Je crois pas qu’il y en ai un dans cette histoire, Saül, mais on peut en foutre un, oui !
- Non, pas la peine Zach, on le mettra dans l'épisode II, ça sera bien.
- On part sur une trilogie, alors ? Je sais pas si le sujet est assez riche…
- Au fait, on garde, le mec avec un lion ? Les fauves, ça coûte une blinde, en assurance.
- Si si, c’est pas mal. Mais pour que ça soit plus crédible, on va dire que ce mec, c’est un Africain, genre rencontré pendant les Croisades, Peter Mensah sera chaud, il a pas été renouvelé sur [i]Spartacus[/i].
- Et pourquoi pas Wesley Snipes ?
- On peut faire du Kung-fu, en armure ?
- Très bonne idée ! Mr Gabriel, notez : créer un personnage pour Marc Dacascos. »

« Bon par contre, tout ce qui touche aux coucheries incestueuses, je le dégage, hein, ça dérange personne j’imagine et c’est déguelasse. A la place, mettez-moi une innocente promise-à-l'un-des-héros qui se fait assassiner, violer, démembrer et jeter aux chiens. Pas forcément dans cet ordre. »

« Ah sinon, ce que j’ai pas compris, c’est ce qu’il advient du roi Athur, c’est pas lui le héros, alors, Mr Gabriel ? Mr Gabriel ? Ben merde, il est passé où ce con ? »

[i]Dépossédé, Arthur ferma les yeux. Bientôt, il atteindrait Avallon. Oui, il y sera bien…[/i]

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