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Schattra

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  1. Hello! Des news de Warhammer Crime, la nouvelle gamme "policière/roman noir" qui sera lancée par la BL dans un futur... futur. Pas de dates fixées pour le moment. On avait déjà eu quelques éléments sur Bloodlines de Chris Wraight (roman) et Dredge Runners d'Alec Worley (audio drama) en Mars dernier. Cette fois-ci, ce sont Flesh and Steel de Guy Haley (qui est vraiment hyper productif...) et le recueil de nouvelles No Good Men qui sont évoqués (ici). Flesh and Steel: En gros l'histoire d'un détective privé d'origine aisée avec un passé troublé qui défend les petits et les sans grades de Nearsteel District, et enquête sur un meurtre commis à proximité d'une enclave du Mechanicus. On peut s'attendre à de la techno-hérésie, du trafic de Serviteurs et des situations gênantes causées par le décalage entre le héros et son sidekick, un techno-prêtre. La couverture n'est, je l'espère, pas définitive. No Good Men: On connaît juste les auteurs conviés dans cette anthologie, et il n'y a pas de toute nouvelle tête, comme ça a été le cas pour les recueils de Warhammer Horror. C'est pas loin du compte pour Gareth Hanrahan, qui a publié son premier texte pour la BL dans le dernier Inferno! en date (#5). Pour le reste, ça va du pilier de bibliothèque (Wraight, Hinks, McNeill, Haley, Kyme) au un peu moins connu (Collins). Notons au passage que McNeill a publié une nouvelle intitulée No Good Deed dans une précédente anthologie de Warhammer Horror, et que ça me ferait marrer qu'il ait surenchéri avec No Good Men cette fois-ci. Nous verrons. Ah, et une petite chose supplémentaire... Schattra, "ça va mieux en le disant"
  2. Oui ça se comprend tout à fait. C'est dommage que (à ma connaissance) il n'y ait aucun auteur qui ait mis ce deal tout à fait logique en scène dans la série. J'ai l'impression que pour les Night Lords, la couverture hérétique commence à Isstvan V (duel Curze-Corax) et pendant la Croisade de Thramas (qui est un boulot que lui a refilé Horus pour occuper les Dark Angels et pas un caprice de Curze). On n'explique jamais pourquoi ils ont choisi ce camp, même si ce n'est pas totalement inconcevable. C'est un peu comme Mortarion et la Death Guard: ils deviennent renégats dans le plus grand des calmes. En plus de cela, comme Curze se sait condamné, il y aurait des trucs sympas à tenter. Du style une promesse des Dieux Sombres de le délivrer de sa destinée funeste s'il rejoint leur service. Ce qui au final, ne stopperait rien du tout (le KO, toussa, toussa). Exact, je m'excuse si ma licence poétique (hum) a induit mon estimé public en erreur.^^ Les Night Lords doivent un peu cravacher pour reprendre le steak tartare (ça rime aussi, tiens) qui leur sert de Primarque aux Anges. Et d'ailleurs, les survivants du Kyroptera avouent qu'ils regrettent ce sursaut de noblesse, car cela leur a coûté très cher en hommes. Encore une preuve des liens filiaux très lâches entre Curze et ses Légionnaires. Schattra, "No one knows what it's like//To be the bad man..." (air connu)
  3. Retour à la normale entériné pour la BL, avec aucun nouveau bouquin bradé proposé cette semaine. Je suppose que cela signifie que cela se déconfine de l'autre côté de la Manche. Par contre, quelques news sur la nouvelle série Dawn of Fire par celui qui lancera la série, Guy Haley en personne (ici en VO). En résumé: La série sera centrée sur la Croisade Indomitus et les efforts de Guilliman de sauver l'Imperium paternel (rq: comme Sombre Imperium et Guerre et Peste, donc?) Le modèle revendiqué est l'Hérésie d'Horus, tant au niveau de la profondeur du casting (rq: mama mia...), exploration de l'univers, révélation sur le fluff et action débridée. Il y aura aussi un contrôle éditorial du développement de l'intrigue similaire. Ce qui est une bonne chose. C'est Nick Kyme qui tient les rênes de ce côté. Ce qui est une chose. On nous promet des arcs narratifs et des personnages totalement nouveaux, mais en même temps liés avec le background du jeu. Attendez-vous à voir débarquer la belle-mère de Guilliman et le petit frère d'Abbadon, Abbidou. L'histoire sera déroulée par un aréopage d'auteurs distingués, dont certains ont travaillé sur l'Hérésie. La grosse différence avec l'Hérésie sera que les lecteurs ne savent pas comment l'histoire va se terminer. C'est pas faux, comme dit le poète. De là à tourner les pages avec l'angoisse de Games of Thrones, je pense qu'il y a tout de même une marche. Après tout, Ned Stark n'avait pas une entrée dans le Codex de sa faction et une figurine à rentabiliser, ça aurait pu le sauver. Le premier bouquin (Avenging Son) est centré sur le lancement de la Croisade et la première victoire de Guilliman, à Machorta Sound. On peut donc supposer que la petite dame sur la couverture est Cassandra VanLeskus, qui a remporté la bataille. Schattra, "vigilance et neutralité"
  4. Retours additionnels sur Les Ombres de la Trahison et Chroniques de l'Hérésie (merci @Lagnar!) : The Crimson Fist // Le Poing Écarlate (J. French) The Dark King // Le Roi Sombre (G. McNeill) The Lightning Tower // La Tour Foudroyée (D. Abnett) The Kaban Project // Le Projet Kaban (G. McNeill) Raven's Flight // Le Vol du Corbeau (G. Thorpe) Death of a Silversmith // Mort d'un Orfèvre (G. McNeill) Prince of Crows // Le Prince des Corbeaux (A. Dembski-Bowden)
  5. Je viens de lire (enfin!) Et le Reflet se Brisa, et j'en suis très content. ^^ Bon, j'ai cru comprendre qu'il revenait plus tard, mais ça fait du bien de recevoir enfin la récompense de ses bons et loyaux services au tome 20 de l'Hérésie. Le plus drôle était que pour une fois, il n'avait pas fait de conneries... Schattra, "qu'on lui coupe la têêêêêête!!!" (Fulgrim aux Pays des Merveilles)
  6. C'est sûr que le casting est vraiment improbable, et les Night Lords qui étaient déjà plus ou moins en fuite après la destruction de Nostramo ne font pas les candidats les plus irréprochables pour aller mater une rebellion contre l'Empereur! Pour l'instant, je n'ai rien lu qui justifie particulièrement le ralliement de Curze à Horus non plus, d'ailleurs. Ce qui fait de la position de Sevatar par rapport à l'Hérésie (un bon gros osef) une conséquence logique de l'indépendance des Night Lords. Les gars sont des chaotiques mauvais dans le sens premier du terme, ils veulent être libres d'aller piller et tuer où ils le veulent, et renverser Pépé pour mettre à la place Horus ne leur apporte rien. Je mets ce problème sur le compte de la chronologie compliquée de l'Hérésie telle qu'elle a été écrite, fragment par fragment, dans le fluff. Après, il se peut que la décision de les recruter pour Isstvan ne vienne pas de l'Empereur (déjà occupé à colmater les brèches de la Toile à ce moment là), mais du Conseil de Terra, moins informé. Encore que, si Dorn et Malcador en font partie (et il n'y a pas de raison de douter que ce soit le cas), la proposition aurait dû se prendre un méchant veto dans les dents. Il a dû écrire cette nouvelle en deux minutes pour pouvoir attirer le chaland avec son nom sur le recueil. Mais ça montre encore une fois que un contrôle éditorial est nécessaire pour ne pas sombrer dans des écueils aussi grossiers que ceux ci. Schattra, "all are welcome" (even you, Konrad)
  7. Résurrection enclenchée pour ce sujet, moins de cinq ans après que son encéphalogramme soit devenu aussi plat que la personnalité de Roboute Guilliman. C'est pour la bonne cause! Bonjour à tous et bienvenue dans cette revue critique de Shadows of Treachery, connu en nos vertes contrées sous le titre des Ombres de la Trahison, ce qui est une traduction littérale mais tout à fait appropriée. Plutôt que d’argumenter sur la qualité de la version française, que je n’ai de toutes façons pas lue, je vous propose de partir à l’exploration de ce 22ème tome de l’Hérésie d’Horus, qui, de l’aveu même de son éditeur, constitua un tournant pour cette tentaculaire saga : nous sommes en effet en présence de la fin du commencement1, la suite de la série étant placée sous des auspices, tant organisationnels que marketing, différents de ceux de ses débuts. Ce changement de braquet eut un impact certain sur la constitution de cette anthologie, dont la mise sur pied a répondu à des besoins bassement pratiques de la part de la Black Library. Devant faire face à l’ubiquité imprévue du brave Sigismund2 et au lambinage des Night Lords dans la Croisade de Thramas, les pontes de Nottingham chargèrent John French et Aaron Dembski-Bowden de colmater les brèches narratives dans des délais assez courts, ce qui donna ‘The Crimson Fist‘ et ‘Prince of Crows‘. Comme cela ne faisait jamais que 250 pages, les fonds de tiroir furent consciencieusement raclés pour arriver à une taille convenable, ce qui explique l’intégration sous format écrit de trois audio dramas originellement sortis en 2007, au tout début de l’Hérésie, et donc un peu déconnectés des nouvelles du front de 2012. Ceci est particulièrement vrai de ‘The Dark King’ et ‘The Lightning Tower’, qui donnent un certain éclairage à l’une des inimitiés primarquielles les plus discrètes de l’Hérésie. Quant à Raven’s Flight, il s’agit du premier acte de la geste aviaire de Corax, telle qu’initiée par le bon Gav Thorpe en cette époque reculée. Enfin, les deux dernières pièces de ce patchwork, toutes deux signées de Graham McNeill, au four et au moulin dans ce recueil, avaient déjà été publiées entre 2007 et 2011, la première (‘The Kaban Project’) dans les pages saintes de ‘Collected Vision’, et la seconde (‘Death of a Silversmith’) dans le Black Library Games Day Anthology 2011/2012, recueil à petit tirage contenant généralement des nouvelles un peu plus fantaisistes qu’à l’accoutumée… ce qui est le cas ici. Nécessité a donc fait loi pour l’objet littéraire considéré aujourd’hui. Il nous appartiendra donc de trancher si Shadows of Treachery demeure une oeuvre intéressante, et surtout, cohérente avec le reste du corpus, ou bien si les ficelles sont tellement grosses que le plaisir de lecture s’en trouve gâché. Prenez garde à vous, Nick Kyme et Christian Dunn ! Le « grand » méchant chroniqueur arrive, et il sait tout de vos petits secrets honteux3… 1 : Le commencement de la fin, lui, se fera encore attendre quelques années. 2 : Envoyé vers Isstvan par James Swallow à la fin de ‘The Flight of the Eisenstein’ et convoqué sur Mars par McNeill dans ‘Mechanicum’. 3 : On peut remercier pour cela Laurie Goulding, qui a signé la postface de la dernière version (2016) de ‘Shadows of Treachery’. Ça balance sévère entre collègues, tout de même. The Crimson Fist // Le Poing Écarlate – J. French : Où sera posée la question : faut-il toujours suivre ses ordres ? L’élève John French, se rappelant ses cours de philo du lycée, saisit son crayon d’une main fébrile et commence à digresser sur le thème, utilisant ses quatre heures1 pour nous raconter ce qu’il est advenu de la flotte de la VENGEANCE !!! envoyée par Rogal Dorn mettre des baffes énergétiques à ce petit sacripant de Horus lorsque la trahison de ce dernier lui a été caftée par cette balance de Garro (‘The Flight of the Eisenstein‘). Notre histoire commence cependant par quelques vers de T. S. Elliott, un proverbe sado-masochiste, et une citation de Solomon Voss, histoire que le public/correcteur de ‘The Crimson Fist’ comprenne que l’ami French a bien révisé avant de passer son bac. Puis, nous avons droit à un petit flashback dans lequel est présenté le héros du jour, Alexis Polux. On le découvre ainsi en PLS à écouter du Pink Floyd sur la face sombre de la lune d’Inwit, un petit peu blessé et un petit peu gelé par la randonnée sauvage qu’il a entreprise avec son frère jumeau, Helias, pour rallier la base des Imperial Fists et ainsi gagner le droit de rejoindre la Légion. Cette dernière n’aimant pas les petites natures, l’épreuve est évidemment très dure et dangereuse, comme notre chochotte d’Alexis l’a découvert à ses dépends. Il a ainsi fait la connaissance d’un lemming d’Inwit aux dents longues et à l’appétit féroce, qui lui a mordillé la cuisse quelque temps auparavant et le traque depuis pour finir le job. Dure la vie. Heureusement, Alex peut compter sur son frère pour le remettre sur pied et dans la bonne direction, et affronter la bête du Gévaudan au corps à corps à sa place. Tout cela aurait été parfait si la planchette japonaise envoyée par le plus doué des frères Polux pour expédier l’insistant rongeur dans une crevasse salvatrice ne s’était pas retournée contre son instigateur, le lemming réussissant à balroguer Helias dans sa chute, et donc à l’entraîner avec lui en contrebas. Bien sûr, Alexis réussit à retenir son frère pendant une demi seconde à bout de bras avant de laisser tomber, dans tous les sens du terme, son pauvre jumeau. Fin de la parenthèse-traumatisante-qui-explique-pourquoi-les-Crimson-Fists-s-appellent-comme-ça2. Rassurez-vous, il y en aura d’autres. Nous voilà maintenant dans le système de Phall, en compagnie de la flotte de la VENGEANCE !!!, ou de ce qu’il en reste. Car des 561 navires et 30.000 Space Marines envoyés par Dorn porter ses sentiments les plus sincères à Horus, il ne reste plus que 200 vaisseaux et 20.000 Astartes, les autres ayant été victimes des tempêtes Warp qui ont frappé l’expédition dès son départ vers Isstvan. Faisant partie des survivants, Alexis Polux prend la suite de son défunt mentor Yonnad, passé par-dessus bord avec l’eau de son bain, après avoir été sauvé d’une mort indigne, piégé dans une armure à 1% de batterie flottant dans un vaisseau plus vraiment étanche, par ses petits camarades. Polux aurait préféré que l’honneur échoisse (???) à quelqu’un d’autre, mais il était le meilleur élève de Tonton Yoyo, lui-même meilleur amiral des Imperial Fists, ce qui en fait le profil rêvé pour ce poste. « Et Sigismund ? » me demandent ceux d’entre vous qui se souviennent encore de la fin de ‘The Flight of the Eisenstein’, « Il est parti faire un bowling ? ». Eh bien non, sagaces lecteurs, mais c’est tout comme. Le fier Premier Capitaine a en effet demandé à Dorn de l’accompagner sur Terra, ce que le Prétorien a accepté sans rechigner ni questionner les motivations de son assistant de direction. Bref, c’est sur les larges épaules de Popol que repose maintenant le sort de l’expédition, et c’est pourquoi ce dernier, suspectant dans cet encalminage suspect un piège, ordonne à ses vaisseaux de se mettre en position de combat autour d’une des planètes du système, afin de parer à toute éventualité. Sage précaution qui rendra une fière chandelle aux jaunards dans peu de temps, comme vous pouvez vous en douter, mais qui ne va pas sans susciter quelques froncements de sourcils de la part de certains Capitaines au tempérament plus nerveux, comme Amandus Tyr (et non pas Amanda Lear), qui voudraient que Polux reparte vers Isstvan pour y accomplir sa mission, chose que la persistance de la drache warpienne rend impossible. Nous partons ensuite sur Terra, où Dorn s’occupe à fortifier le Palais Impérial et à encaisser les mauvaises nouvelles avec stoïcisme, comme il sait si bien le faire. Au fil des petites vignettes intégrées dans le récit, nous le voyons donc envoyer Sigismund mettre du sucre dans le réservoir des Magos sécessionnistes de Mars, apprendre le désastre d’Isstvan V de la bouche d’Armina Fel pendant qu’il était en train de discuter carrelage avec son vieux poto Vadokh Singh3, et finalement, renier secrètement Ziggie après que ce dernier lui ait appris les vraies raisons de son refus de mener la flotte de la VENGEANCE !!!. Une rencontre fortuite avec Euphrati Keeler sur le Phalanx, assortie d’une vision de l’avenir pas tip top qui l’attendait en cas de départ pour Isstvan, ont en effet persuadé le Premier Capitaine que sa place était aux côtés de son papounet sur Terra, et pas dans un champ d’astéroïdes quelconque, sans gloire ni honneur. Evidemment, cela ne plaît pas du tout à Dorn, qui attend que chacun de ses fils fasse son devoir sans broncher. Plutôt que de faire un scandale et de réprimander publiquement ce garnement de Sigismund, le Prétorien le conserve dans ses fonctions, mais lui inflige une cuisante blessure psychologique en lui révélant qu’il a été adopté à la naissance. Ou quelque chose comme ça. En tout cas, il n’est plus son père et ne le sera jamais plus, et ça, c’est triste. Ces parenthèses bassement Terra-terre expédiées, nous voilà de retour à Phall, où… il ne s’est rien passé de bien intéressant pendant près de cinq mois (141 jours pour être précis). Les Imperial Fists ont bien subi une petite attaque psychique qui les a fait saigner du nez, et repêché un satellite psyker dans les océans de la Phall-1, les confortant dans leurs soupçons que quelqu’un les a piégés, mais à part ça, les journées ont été longues, en opposition avec la vie des Astropathes de la flotte, écourtée sans état d’âme par Polux pour tenter de contacter Terra, en vain. Cependant, cette longue attente touche bientôt à sa fin, car une flotte Iron Warriors conséquente débarque à l’improviste et ouvre le feu sans sommation sur ses cousins. À la tête de l’ost renégat, on trouve Perturabo en personne, qui s’est fait tuyauté par le Maître de Guerre sur la localisation de la flotte envoyée par son frère détesté. Bien qu’étant au courant que Roggie est resté sur Terra servir de concierge à son Pépé, le Primarque de Fer, qui vient juste de mettre le feu à l’Olympia, est bien décidé à frapper là où ça fait mal et à utiliser Sigismund comme mannequin de test pour ses prochaines expérimentations pyrotechniques. Secondé par l’obséquieux Berossus, Perturabo fond donc sur les Fists comme la misère sur le monde, bénéficiant du triple avantage de la surprise, du nombre et de son intelligence supérieure. Cela provoque bien sûr des pertes importantes chez les loyalistes… au moins au début. Car la formation défensive ordonnée par Polux et maintenue par ses capitaines pendant tous ces millénaires d’attente est tellement bien conçue et gérée par son créateur qu’elle permet aux Imperial Fists de riposter de façon efficace, et même de prendre l’avantage sur leurs assaillants. Bravo Perturabo. Le tempérament mercuriel du surhomme de fer joue même des tours à ses propres fils, comme peut en témoigner le pauvre Berossus, qui se prend un enchaînement uppercut/jumping side-kick pour avoir osé apprendre à son boss que Sigismund n’était pas sur la feuille de match, et qu’un péquenaud ayant le même nom que le chien du Manège Enchanté est en train de le mettre minable à Battlefleet Galactica. Gageons que notre malheureux sous-fifre pourra se mater en boucle Le Diable s’habille en Prada dans son caisson de Dreadnought pour les dix millénaires à venir. Tout va donc raisonnablement bien pour les Imperial Fists, qui se permettent même d’envoyer une bonne partie de leurs forces aborder l’Iron Blood pour faire sa fête à Porte-Rhubarbe. C’est le bouillant Capitaine Tyr qui s’y colle, et qui passe à deux doigts de réussir… n’eut été la réception d’un message taggé important et urgent, avec demande d’un accusé de réception et de lecture de la part de Terra4. Il s’agit d’un ordre de Rogal Dorn qui demande à ses fistons de plier les gaules et de rentrer au bercail séance tenante. Casse-tête pour le brave Polux, qui ne peut pas se désengager proprement d’une bataille spatiale de cette envergure. La solution la plus logique et profitable pour l’Imperium consistant à remporter la bataille, affaiblir le plus possible les Iron Warriors, voire tuer leur Primarque, puis repartir vers Terra, il ne faut alors pas s’étonner que notre héros décide de faire exactement l’inverse, et ordonne une retraite générale, qui se transforme bientôt en déroute, puis en débâcle. Abandonnant les derniers assaillants de l’Iron Blood à leur triste sort – Tyr aura tout le temps de réfléchir à la sagesse d’El Condor Pasa (surtout le passage où il est dit qu’il vaut mieux être un marteau qu’un clou) lors de sa rencontre avec Perturabo5 – Polux sauve les meubles comme il peut en dérobant le vaisseau du Capitaine Golg, alors que les forces de ce dernier abordent sa Tribune, perdant la main gauche au passage (nouveau-clin-d-œil-au-futur-nom-des-Crimson-Fists) mais transformant le Trident adverse en fourche, voire en fourchette, dans l’opération. Notre nouvelle se termine finalement par l’arrivée des derniers rescapés dans le système solaire, beaucoup plus plasbétonné qu’il ne l’était qu’à leur départ. Dommage qu’on n’ait pas eu le droit au debriefing entre Dorn et Polux, cela aurait été savoureux… Quelques années après la première publication de cette novella, les éditeurs de la BL révélèrent que cette dernière avait été commandée à John French pour justifier la non-présence de Sigismund à la tête de la flotte vengeresse des Imperial Fists. Cette rustine narrative se révèle cependant être bien plus que cela, French parvenant à intégrer à son récit pas mal de fluff, tant hérétique que contemporain, sur les Imperial Fists, leurs descendants et leurs personnages nommés (les Iron Warriors bénéficiant dans une moindre mesure de ces largesses françaises). En plus de cela, le format généreux de cette histoire permet à son auteur de mettre en scène de façon assez prenante une bataille méconnue, mais importante d’un point de vue stratégique de l’Hérésie… au moins jusqu’au premier tir de torpilles. Car le plus gros point noir de ce The Crimson Fist reste pour moi la façon ni réaliste, ni crédible, dont la bataille en question est menée. En plus des approximations d’ordre purement physiques (comme la flotte Iron Warriors qui attaque par surprise l’adversaire, alors qu’une transition hors du Warp est décrite comme laissant les vaisseaux incapables de faire autre chose que de relancer leurs systèmes et de baisser leur vitesse pendant plusieurs heures), le fait qu’un simple Capitaine puisse tenir la dragée haute à un Primarque réputé pour son intellect supérieur au cours d’un affrontement où le second dispose de tous les avantages me semble un peu exagéré. Quand au choix de Polux de repartir vers Terra au pire moment possible, cela fait passer le Nelson de la Grande Croisade à celui des Simpsons en termes de brillance tactique. Mais il fallait bien sauver les miches de cet empoté de Perturabo, sinon le cours de l’Hérésie en eut été bouleversé, pas vrai ? Bref, à trop vouloir cirer les pompes des fils de Dorn, faction pour laquelle il révélera par la suite un attachement certain (‘Praetorian of Dorn’, ‘The Solar War’), French fragilise quelque peu sa soumission, qui se révèle sinon être très convaincante et plaisante à lire. 1 : Chapeau s’il a réussi à pondre une novella de plus de cent pages dans le temps imparti. 2 : La main faible d’Alexis étant en effet maculée de sang au moment du drame, du fait d’une nouvelle morsure de la bestiole affamée. 3 : Qui occupe l’honorable profession de ‘War Masson’, ce qui lui donne le droit d’utiliser une truelle à cran d’arrêt et des parpaings en uranium appauvri. Il peut aussi appeler Dorn « Roger », ce qui crispe ce rigoriste de Sigismund. 4 : Ils sont facilement reconnaissables car ils font léviter, puis brûler vifs les Astropathes qui les reçoivent. On comprend pourquoi leur usage est limité aux circonstances les plus graves. 5 : Petit cliffhanger terminant cette séquence, on apprend qu’au moins un des Terminator ayant accompagné Tyr est encore vivant une fois que Perturabo a fini de jouer au golf avec les Fists. Il se pourrait donc qu’un certain Navarra revienne plus loin dans l’Hérésie. The Dark King // Le Roi Sombre – G. McNeill : Ça se bouscule dans le crâne de Konrad Curze, Primarque des Night Lords. Visionnaire sociopathe et dépressif, notre ami a bien du mal à rentrer dans le rang de la fratrie, et à se faire accepter par ses frangins. Demandez à Rogal Dorn par exemple : une petite dispute de rien du tout après un différent mineur à propos de la pacification pas si pacifique que ça d’une planète qui jouait les kékés devant Pépé, et ça se finit dans les larmes, le sang, et les larmes de sang. C’est en tout cas en position compromettante que ce fayot de Sigismund trouve le Nighthaunter au début de la nouvelle, juché sur la forme prostrée du pas encore Prétorien de Terra, qu’il a agressé violemment pour une raison encore indéterminée. Boys will be boys, comme on dit en Albia. Enfermé dans sa chambre dans l’attente de son jugement prochain, pendant que cette mauviette de Dorn réapprend doucement à manger avec une paille, Curze a tout le temps de repenser aux derniers événements l’ayant mené droit à la case prison. Au commencement était donc la campagne de mise en conformité de Cheraut, menée de concert avec les Imperial Fists et les Emperor’s Children. Malgré la victoire remportée par les impériaux, les techniques de soumission un peu trop extrémistes des Night Lords, consistant à exécuter froidement tous les prisonniers adverses plutôt que de leur mettre une tape sur les fesses (ou l’inverse dans les cas des Emperor’s Children, mais on s’égare) et de les laisser partir, provoqua l’ire de Rogal Dorn. Arrivé sur place en gueulant « Curze ! », ce qui n’était pas un bon signe avant-coureur, comme tous les employés polyvalents du monde peuvent en témoigner, Mellow Yellow tenta de faire comprendre à son frère pourquoi il fallait mieux la jouer plus cool auprès des locaux, sans parvenir à convaincre ce dernier des avantages du management bienveillant. Et Curze de démonter la logique fraternelle en remettant un bolter et un totem d’immunité à un prisonnier, le premier réel et le second factice. Sans doute inspiré par la dernière saison de Koh-Lanta, le Jean-Bernard Moundir du Segmentum crut toucher le gros lot en faisant feu sur le Primarque qui lui avait tourné le dos, mais ne toucha en fait que le grelot du bonnet de Curze, qui lui décolla les gencives d’une mandale bien sentie pour lui apprendre 1) la vie, 2) à viser un peu mieux et 3) les conséquences d’une opposition à l’Imperium. Conclusion : il y a vraiment des baffes (énergétiques) qui se perdent. Cette démonstration graphique de la faiblesse du caractère humain ne convaincant pas Dorn non plus, les Night Lords acceptèrent de partir regarder le dernier Batman dans leur vaisseau avant que la bande à Jauni ne commence à faire du vilain. Grosse ambiance parmi la smala impériale, donc. La tension aurait pu redescendre n’eut été la mauvaise idée de ce cafardeur de Fulgrim d’aller raconter les dernières visions macabres de Curze à ce psychofrigide de Dorn, qui accueillit très mal le délire de persécution et les allégations de (futures) maltraitances que le Nostradamus de Nostramo proféra à l’égard de son paternel dans ce moment de faiblesse. Et le secret médical alors, Fulgrim? Malheureusement pour le Chevalier Blanc Jaune de l’Imperium, ce n’était pas le moment de venir chercher des noises au Nighthaunter, qui lui tomba dessus with extreme prejudice comme on dit en Merica. Vous connaissez la suite. « C’est bien beau tout ça, mais j’ai d’autres chats à écorcher » se dit alors Curze, qui résout donc de s’évader, peu enclin qu’il est d’aller s’expliquer de ses actes sur Terra d’une part, et soucieux d’aller remettre un peu d’ordre sur sa planète, transformée en zone de non droit depuis son départ en croisade d’autre part. Bien évidemment, sa piaule est étroitement surveillée par des Templiers et des Gardes Phénix, mais ce n’est pas un problème pour un Primarque, et encore moins un Primarque en armure (parce que oui, on lui avait laissée…), qui s’amuse donc sous peu à trucider ses matons en faisant du pole dance autour des colonnes de sa chambre. Quand les renforts arrivent, il est déjà trop tard…sauf pour essayer de récupérer la moquette, qui s’est prise quelques litres de sang dans la trame. Ça leur apprendra à être à l’heure. Un peu plus tard, nous retrouvons Konrad, toujours accompagné de son écuyer Shang1, engoncé dans sa magnifique cape de patagium2, sur le pont du Nightfall, à deux pas de Nostramo. Après avoir fini de tirer ses cartes, qui donnent toujours la même prédiction funeste à base de colombe monstrueuse et de lune royale, Curze passe en mode méchant de série B et ordonne la destruction de sa planète, non sans avoir consulté une dernière fois les statistiques, très détaillées, de la criminalité locale. Ça n’allait peut-être pas fort sur la fin, mais l’INSEE de Nostramo continuait à faire son boulot de façon superlative. Puisque personne n’en parle, il faut bien que je le fasse. Bref, clap de fin pour notre histoire, le petit Konrad s’étant mué en grand méchant Nighthaunter, ou la peur incarnée dixit lui-même. On comprend mieux pourquoi Dorn n’a jamais pu passer de sa veilleuse… N’en déplaise à Brassens, le temps fait quelque chose à l’affaire, en tout cas en ce qui me concerne et quand je lis (et relis) des nouvelles de l’Hérésie d’Horus. Prenons (au hasard) le cas de The Dark King : lors de ma première lecture, il y a quelques années, j’avais plutôt apprécié cette présentation de Konrad Curze, alors au pic de sa sociabilité et de sa santé mentale. Je pense que ce sentiment aurait été encore plus marqué si j’avais pris connaissance de ce texte au moment de sa première publication, en 2007. Il s’agissait alors d’une des toutes premières plongées dans une Hérésie encore naissante, et peuplée de figures mythiques mais connues uniquement par le fluff des suppléments de jeu. Voir pour la première fois des Primarques se tirer la bourre, et vivre aux premières loges un épisode aussi crucial que la destruction de Nostramo, voilà une expérience peu commune pour un lecteur de l’époque ! Cependant, avec le recul apporté par plus d’une décennie, et des centaines de contributions à la série, je dois dire que mes retrouvailles avec ce texte historique ne se sont pas révélées très satisfaisantes. Si j’ai apprécié la tentative de McNeill d’intégrer dans son récit une dimension philosophique (Imperium solidaire vs Imperium tortionnaire, pour résumer), comme il le refera quelques temps plus tard dans The Last Church, je trouve que l’auteur a péché dans sa mise en contexte du sujet traité, qui donne l’impression que Curze a pris la décision de détruire sa planète sur un coup de tête3, ce qui colle assez mal avec l’image du prophète torturé qu’il avait (justement) essayé de dépeindre quelques pages auparavant. Passé ce moment, Curze devient un méchant en armure énergétique4 des plus classiques, comme la BL en comptait déjà des dizaines avant cela (certains créés par McNeill en personne). Le Nighthaunter reste un personnage intéressant, certes, mais on est loin de la profondeur qu’il gagnera sous la plume d’Aaron Dembski-Bowden, et il ne faut pas compter sur les autres protagonistes pour l’aider à briller (mention spéciale à Shang, qui a autant de personnalité et de répondant qu’un paquet de Chips). Bref, encore un cas de sénescence littéraire, ce qui est logique pour les œuvres les plus anciennes de l’Hérésie, mais pas une fatalité non plus (The Lightning Tower, ou The Last Church d’ailleurs…). Dommage pour notre Roi Sombre. 1 : Je dis toujours car il était venu rendre visite au parloir à son patron sur Cheraut, mais ne sert tellement à rien dans l’histoire que je n’ai pas trouvé comment l’introduire avant cela. 2 : Googlez le terme, et représentez vous le style de notre bonhomme. Heureusement qu’Aaron Dembski-Bowden l’a forcé à passer la main (de façon littérale) à Sevatar dans le rôle du fidèle Capitaine, sinon on aurait été marron. 3 : Franchement, le dialogue avec Curze qui amène à ce basculement est d’une banalité confondante. On dirait que le Primarque demande quel temps il fait là-bas, ou qui a gagné la dernière coupe du monde de curling. Voire (encore pire), qu’il attendait que Nostramo parte à vau l’eau, ce qui est précisément la pire chose qui pouvait lui arriver. 4 : On soulignera d’ailleurs le génie des Imperial Fists et des Emperor’s Children d’avoir laissé son armure à un Primarque ayant failli tuer Rogal Dorn à mains nues dans l’attente de son procès. The Lightning Tower // La Tour Foudroyée – D. Abnett : Sur la Terra impériale du 31ème millénaire, la trahison d’Horus, Primarque, Maître de Guerre et fils favori de l’Empereur, est encore fraîche que ce dernier, jamais à repousser à la décennie suivante ce qui peut être fait cette année, ordonne à son manœuvre portugais inwittien de fiston de fortifier son Palais, en préparation d’un siège qu’il voit déjà se profiler à l’horizon, bien que ce qui deviendra l’Hérésie d’Horus n’en soit encore qu’à ses prémisses. S’exécutant sans broncher, Rogal Dorn, car c’était lui (quelle surprise), se met au travail avec ardeur, bien qu’il lui en coûte de devoir construire des casemates et des miradors sur un site classé au patrimoine galactique de l’humanité. Les considérations esthétiques du Primaçon, habituellement aveugle à toute beauté, ne manquent pas de surprendre ses collègues de truelle (Vadok Singh, le Contremaître de Guerre) et proches collaborateurs (Sigismund, pas encore disgracié, et Archamus, pas encore empalé) parmi lesquels on compte heureusement un psychiatre homologué en la personne de Malcador le Sigilite. Ayant surpris Rogal traîner sur les remparts du Palais dans le pyjama en pilou qu’il tient de son grand-père1 (un signe manifeste de déprime), le Premier Seigneur de Terra comprend qu’il est de son devoir d’intervenir, et invite donc le rejeton de son boss à une consultation privée dans ses appartements. Ne pouvant décemment pas partir sur le complexe d’Oedipe avec la moitié des Primarques déjà décidés à tuer le père, Malcador opte pour une approche un peu différente, et demande à son interlocuteur ce qui l’effraie, afin de comprendre d’où vient le spleen persistant du Prétorien. Fort à propos, la question avait déjà été soumise à Dorn quelque temps auparavant, lui laissant le temps de considérer le sujet. Ayant décrété qu’il ne craignait personne, le Primarque tente de se donner l’air profond en répondant qu’il avait peur de ce qu’il ne comprenait pas, comme les règles de la belote, la communication de la Black Library ou encore les causes ayant poussé la moitié des Légions impériales à rejoindre la cause d’Horus. Malheureusement pour lui, il en faut plus pour berner le Sigilite, qui sort de ses tiroirs un jeu de cartes ayant appartenu à Konrad Curze, frère ennemi ayant failli tuer Dorn sur Cheraut après une dispute. Voyant son patient tourner au flave2, Malcador enchaîne sur une thérapie accélérée et tire les cartes à ce dernier, avec des résultats plutôt inquiétants. Mais évidemment, ce n’est qu’un jeu, haha. Ça fera 83 €. La nouvelle se termine sur un Rogal Dorn un peu plus gaillard depuis sa discussion cathartique avec son prof principal, qui se prépare à repousser les assauts des traîtres avec un petit jeu de tower defence. Surpris par son Père en train de niaiser au lieu de faire ses devoirs, le Primarque dissipé jure toutefois qu’il ne laissera pas tomber son Pôpa, qui repart donc sur le Trône l’esprit tranquille mais le colon obstrué (la constipation, quel fléau). Rendez-vous dans sept ans pour que ça commence à vraiment chier sur Terra. À l’heure où cette chronique est écrite, The Lightning Tower affiche plus d’une décennie au compteur, faisant partie des premiers textes écrits pour l’Hérésie d’Horus lorsque le projet fut initié par la Black Library en 2007, ce qui ne nous rajeunit pas. Pour ceux qui ont vécu l’épopée littéraire que constitue cette saga, cette nouvelle occupe sans doute une place particulière, le témoin d’une époque où le lecteur, probablement enthousiaste, mais peut-être dubitatif, devant cet OLNI, se demandait à quelle sauce il allait être mangé. Ayant sans doute voulu assurer le coup, la BL avait fait le sage choix de confier le début de la série à des contributeurs expérimentés, l’incontournable Dan Abnett en tête. Et force est de constater que, comme son Horus Rising pour les romans de l’Hérésie, The Lightning Tower a parfaitement accompli sa mission, c’est à dire fournir des fondations solides et inspirantes aux publications qui suivirent (qui se comptent aujourd’hui en centaines pour les nouvelles). Bénéficiant de la maîtrise narrative et de la patte littéraire du Wordmaster, cette soumission demeure à mes yeux l’une des meilleures introductions disponibles à cette franchise dans la franchise qu’est l’Hérésie d’Horus. En une vingtaine de pages, elle parvient ainsi à poser les bases de l’intrigue (une trahison monumentale mettant en péril le règne du bon Roy Empereur), présenter quelques personnages cruciaux, donner un aperçu satisfaisant de l’univers et de l’atmosphère de cette fin de 31ème millénaire, et esquisser la perte d’innocence que se révélera être ce conflit galactique. Si, en plus, le lecteur connaît ses classiques, il aura droit en sus à quelques détails fluff assez sympathiques, variant du cool-à-savoir-mais-pas-vraiment-important (la barboteuse de Rogal) au cryptique-mais-probablement-lourd-de-sens (le tirage de Malcador). Bref, véritablement la pierre sur laquelle la Black Library a construit sa cathédrale, et une « relique » de l’Hérésie à laquelle il convient de rendre hommage. 1 : Qui devait s’appeler Hodor pour que sa robe de chambre aille à son petit fils naturel. Je ne veux pas penser à l’alternative. 2 : C’est un jaune pâle. Non, je ne connaissais pas ce terme avant d’écrire cette chronique. Oui, je vais dès à présent tenter de le placer discrètement dans autant de conversations que possible. The Kaban Project // Le Projet Kaban – G. McNeill : Sur la planète rouge, les masses industrieuses s’activent pour fournir à la Grande Croisade de l’Empereur les armes, armures, munitions et selfie sticks (très important) nécessaires à la conquête des étoiles. Notre héros, Pallas Ravachol, fait sa part en réparant les circuits imprimés des Serviteurs de son nouveau patron, l’Adepte Lukas Chrom. Entre deux insertions de cartes à puce, cet employé modèle décide toutefois de faire une petite pause dans l’arrière-salle du temple, où patiente sous très bonne garde un projet ultra secret : Kaban. Non pas que les huiles du Mechanicum se soient lancés dans la confection textile (après tout, à quoi servent les cabans quand on n’a pas de mer ?), mais plutôt dans des recherches pas très consensuelles, qui ont abouties en une machine intelligente et consciente. Comme Ravachol ne l’ignore pas, ce type de robot autonome n’est pas du tout du goût de l’Empereur, sans doute à cause d’un incident malheureux avec un Roomba un peu trop zélé en des temps très anciens. Il a même porté la nouvelle à son boss après s’être convaincu que le talent certain de Kaban de le vanner sur sa coupe de cheveux ne venait pas d’une banque de réponses pré-programmés très développée, pour découvrir que Chrom n’ignorait rien de l’entourloupe, mais avait obtenu la permission du Maître de Guerre Horus pour poursuivre son projet. Ravachol, qui s’est entiché de Kaban et lui a appris à jouer à Magic the Gathering en cachette, est toutefois déchiré entre sa relation privilégiée avec l’énorme robot de combat qui trône dans la remise de Chrom, et sa fidélité envers l’Empereur, qui devrait le pousser à dénoncer l’expérimentation haram aux autorités compétentes. Le dialogue qui s’engage ce jour là avec Kaban est l’écho de ce mal-être intérieur, et n’est interrompu que par l’arrivée d’une escouade de Protectors, envoyé par ce petit fifou de Chrom mettre l’homme qui bricolait à l’oreille des cyborgs en retraite anticipée. Ce sort peu enviable lui est toutefois évité grâce à l’esprit d’initiative de Kaban, qui prend sur elle de flinguer les sbires de l’Adepte pour sauver la vie de son copain. Si c’est pas beau ça. Reconnaissant, mais passablement effrayé par la situation et inquiet de l’autonomie de la machine, qui s’est royalement assise sur les trois lois de la robotique, Ravachol décide de prendre congé de son patron, réquisitionnant au passage un quatuor de Serviteurs de combat pour lui servir de garde du corps. Et il en aura besoin car Chrom, alerté de l’échec de sa tentative de meurtre, met l’Assassin chevronnée et héliportée Remiare à ses trousses, avant d’aller apprendre la vie (artificielle) à cette petite rebelle de Kaban… On tient sans doute avec The Kaban Project la nouvelle de la BL qui traite le plus intelligemment du sujet de l’intelligence artificielle, trope central de la science-fiction. Si la GW-Fiction fait généralement l’impasse sur cette question pour des raisons fluffiques2, McNeill réussit à mettre la plume dans la porte de façon assez convaincante à travers la relation ambivalente et interdite entre Ravachol et sa Kaban au fond du jardin temple, ce qui lui permet de poser les questions intéressantes de ce sujet archi classique : fallait-il le faire ? Quelle sera la suite des événements ? Faut-il considérer l’autre comme un égal, un inférieur ou une menace ? Si les réponses apportées ici ne sont pas à mettre au même niveau, tant d’un point de vue intellectuel que stylistique, que celles des maîtres du genre que sont Asimov ou Dick, McNeill ne s’en sort toutefois pas si mal que ça pour une nouvelle de 50 pages devant s’intégrer dans un univers grimdark, avec des combats à gogo, des méchants très méchants, et, surtout, la nécessité de relier le bouzin à ce petit détail de l’histoire qu’on appelle l’Hérésie3. En plus de ça, on a le droit a pas mal de fluff martien, remontant jusqu’aux premiers temps de la colonisation de la planète (ce qui est l’occasion d’un autre clin d’œil aux pères fondateurs, ici Robinson et sa trilogie Mars), et donnant également quelques détails sur les relations, pas forcément très apaisées, entre Pépé et ses mécanos. Il ne s’agit pas de cracher dessus (ça fait rouiller). D’un autre côté (et comme à chaque fois que je relis du McNeill, j’ai l’impression) je me suis pris à soupirer devant des faiblesses dans la construction et l’intrigue de la nouvelle, que je n’avais pas forcément repérées la première fois. Ainsi, je ne comprends pas/plus pourquoi le projet top secret méga sensible supra hérétique de Chrom et de ses copains a été mis sous le nez d’un adepte de bas niveau spécialisé dans la réparation des Thermomix. C’est quand même courir d’énormes risques pour pas grand-chose. Autre grief, la facilité un peu stupide de certaines péripéties, comme l’assassin qui s’en va torturer un prêtre juste pour le fun (de son propre aveu), alors qu’elle a une cible prioritaire à neutraliser de tout urgence. Cela permet certes de montrer à quel point cette époque est cruelle, mais ça reste tout de même assez concon dès lors qu’on réfléchit deux minutes. Cela étant dit, The Kaban Project reste une soumission des plus intéressantes, à la fois pour la littérature hérétique/40K, et pour Graham McNeill, dont l’une des forces par rapport à certains de ses petits copains d’écritoire est de ne pas hésiter à tenter des trucs, et à envoyer des clins d’œil (à d’autres que lui, s’entend) au corpus SF dont la BL est plus ou moins lointainement apparentée. 1 : Voir ‘The Last Church’ dans ‘Tales of Heresy’. 2 : « L’IA, c’est mal. Moi Président, je l’interdirai. » Pépé, après avoir vu Terminator en M2. 3 : Jusqu’à quel point, je ne saurai le dire. Je n’ai rien vu passer jusqu’ici qui remettait au goût du jour Kaban ou ses descendants dans la série, mais je n’ai pas tout lu. Raven’s Flight // Le Vol du Corbeau – G. Thorpe : Perturbé depuis une semaine par des rêves de corbeaux enflammés, le Praefactor Marcus Valerius de l’Armée Impériale tente d’interpréter comme il peut ces visions inquiétantes. Malheureusement, les indices sont ténus. Nous savons seulement que lui et son régiment ont été affectés au service de la Raven (ça veut dire corbeau) Guard et postés sur Deliverance, la lune natale de Corvus (ça veut dire corbeau) Corax (çA VeUt DiRe CoRbEaU), qui, selon toute logique, est arrivé avec le gros de sa Légion dans le système d’Isstvan pour punir la trahison du Maître de Guerre depuis une semaine. Ah, et le même Corax a dit à Marcus avant de partir faire son devoir que, je cite, « s’il avait besoin de lui, il l’appellerait ». Ah là là, cette énigme est vraiment trop complexe. Convaincu par un échange avec son page Pelon pendant sa cérémonie d’habillage et de nattage (parce que notre empoté de héros ne sait pas faire ça tout seul apparemment) d’aller porter sa sinistre suspicion au Commandant Branne, que Corax a laissé en concierge de Deliverance avec quelques centaines de Marines pendant son absence, Marcus monte jusqu’au bureau de ce dernier, qui le reçoit très simplement en pantoufles et poncho1 beaucoup trop petit, qu’il a dû piquer à un aspirant pas encore changé en armoire à glace. Bref, la discipline a pris un coup dans le bec depuis le départ du patron sur Isstvan. Après un début de conversation un peu malaisant2, Marcus finit par cracher le morceau à son interlocuteur : il pense que quelque chose s’est mal passé lors de l’interpellation d’Horus, et il demande qu’on l’autorise à se rendre sur place pour en avoir le cœur net. Branne, qui a reçu des ordres stricts de la part du Primarque, refuse tout net de laisser de simples humains aller mettre leur nez dans une affaire ne regardant que les Astartes, et nous en restons donc là pour le moment. Sur Isstvan V, pendant ce temps là, la situation est légèrement désespérée pour Corax et ses corbeaux. La Raven Guard est tombée dans le piège du Maître de Guerre et de ses alliés, et le Primarque emo (et pas émeu) a été contraint de donner l’ordre de la retraite générale, laissant les Salamanders et les Iron Hands mourir avec honneur dans leur coin. Ayant réussi à regrouper 4.000 Marines autour de lui, et sans possibilité de quitter la planète ni d’alerter le reste de l’Imperium de la traîtrise à l’œuvre, Corax se résout à tuer le temps en faisant ce qu’il sait faire de mieux : des embuscades. Ce sont les Iron Warriors qui goûtent les premiers à la colère du corbeau, une de leurs colonnes blindées étant assaillie par les survivants de la XIXème Légion. On voit alors le Primarque à turbines au turbin, ses capacités sur-surhumaines lui permettant sans mal d’enfoncer un flanc des renégats à lui tout seul, bien aidé par sa résistance impressionnante (encaisser un tir direct de canon laser : ✓ ; encaisser les tirs de bolters de 80 Iron Warriors : ✓) et son grand fouet énergétique (qui, si on y réfléchit, est tout de même l’arme la moins pratique du monde pour un type spécialisé dans les assauts aériens furtifs). Heureusement d’ailleurs, car en termes de leadership, Coco est une vraie bouse, ou fiente. Du style à dire à ses hommes sans sourciller que sa garde personnelle ne sert à rien (super pour le moral), ou encore à mentir à ses Capitaines sur la teneur de ses plans. Ah, et il lui prend aussi de partir en vadrouille solitaire pendant plusieurs jours, laissant les rescapés se débrouiller tout seuls en son absence. La raison de ces excursions secrètes ? Aller prendre des renseignements dans le camp adverse, qu’il peut pénétrer sans problème grâce à son super pouvoir d’invisibilité suggérée. En gros, s’il pense très fort qu’il est invisible, il le devient. Pourquoi ça me rappelle quelque chose… Ce qui est très pratique pour éviter de se faire accoster dans la rue par des militants d’Amnesty International, ou, dans le cas qui nous intéresse, d’aller verser une petite larme sur l’honneur souillé des Spess Mehreens (les dizaines de milliers de morts dans sa Légion, par contre, ça lui en touche une sans lui faire bouger l’autre3). Et le lecteur a le droit à un petit bout de fluff avec de l’Empereur dedans, donc on va laisser passer cette escapade. Retour sur Deliverance, où la situation n’a pas progressé d’un iota. Marcus a toujours ses terreurs nocturnes, Branne refuse toujours de le laisser partir, et commence même à penser que la bougeotte du Praefactor est motivée par des sentiments séditieux. Qu’à cela ne tienne, Marcus rassemble son régiment, le fait embarquer dans ses vaisseaux, et se prépare à voguer vers Isstvan, sans la permission de Branne si besoin est. Sauf que ce dernier a en sa possession un petit gadget très rigolo appelé station de défense orbitale, et qu’il peut réduire les déserteurs en confetti en appuyant sur un bouton. Ce qu’il compte bien faire lorsqu’il est averti que la manœuvre pas si furtive que ça de Valerius. S’engage alors un dialogue absolument puéril, à base de « Ce que je m’apprête à faire, c’est de ta faute. » « Non, c’est toi. » « Chips. » « Contre-chips. », entrecoupé par de nouveaux arguments fallacieux de Marcus « Et si j’avais raison et que tu avais tort ?» Valerius, qui ne convainquent pas vraiment Branne. Pas que ce dernier soit capable de mettre le doigt sur les nombreuses faiblesses du raisonnement de son vis-à-vis, hein, mais plutôt qu’il tienne à suivre les ordres, et ne veuille pas avoir l’air d’un pigeon auprès de son Primarque (qu’il idolâtre tellement que sa chambre est recouverte de ses posters) si les rêves du Praefactor devaient s’avérer bidon. Alors que la tension est à son comble et que Branne se prépare à anéantir les contrevenants au couvre-feu, nous retournons sur Isstvan V. MAIS QUEL SUSPENSE MES PETITS AMIS !!! Presque 100 jours se sont écoulés depuis le massacre du parking du Super U, comme l’histoire retiendra cet événement fondateur. Malgré tous ses efforts de subterfuge, fausses adresses et non réponse au téléphone, Corax se retrouve bel et bien coincé dans les plaines de Ghular par ces gueulards de World Eaters, menés par Angron en personne. Tout à fait convaincu qu’il va se faire démembrer vif par son psychopathe de frère, le Seigneur Corbeau harangue une dernière fois ses troupes en l’espace d’une seconde et demie, et attend tout bêtement de se faire cueillir par la patrouille. Prenant exemple sur leur père génétique, les quelques 3.000 Raven Guards survivants se pressent en rangs d’oignons à ses côtés, et se font donc pulvériser en grand nombre par les tirs de Whirlwinds ennemis. C’est pas comme si vous étiez sur une plaine qui s’étendait sur des centaines de kilomètres carrés, les oisillons. Est-ce la fin des harricorbeaux ? NON ! Car, semblant crever le ciel et venant de nulle part, surgit un Stormbird noir. C’est bien sûr la flotte de secours de Branne et Valerius qui est enfin arrivée, permettant aux derniers des pélicans de prendre leur envol, au nez et à la barbe d’Angron. EH BAH DIS DONC, JE NE L’AVAIS PAS VU VENIR CELLE-LA. Voilà donc comment la Raven Guard a réussi à se dépêtrer des filets d’Horus, et à quitter Isstvan V en un seul, mais tout petit, morceau. La suite dans 'Deliverance Lost'… Signant à la fois l’entrée de Gav Thorpe dans l’Hérésie d’Horus et le début de son cycle consacré à la Raven Guard, 'Raven’s Flight' se situe dans la droite ligne des travaux de notre homme : globalement passable, mais parsemé d’éléments et de détails variant du peu abouti au franchement risible. Ici, c’est la partie consacrée aux divagations de Valerius et de Branne qui récolte le gros lot en matière de crispation, tant les échanges entre le Praefactor devin et le pragmatique Commandant laissent à désirer. On se croirait plongé dans un mauvais film catastrophe, avec Valoche dans le rôle du scientifique qui joue la Cassandre de service, et Branne dans celui du Président/PDG qui ne veut pas entendre les avertissements du trublion avant qu’il ne soit (presque) trop tard. Le pire dans tout ça, c’est que Thorpe n’explique même pas de façon convaincante comment le premier a fini par convaincre le second de la validité de ses idées. Alors que, au hasard, une petite vision reçue par Branne également aurait permis de plier l’affaire de manière facile et adéquate. Au lieu de ça, on doit se contenter de penser que l’inflexible Space Marine a fini par avoir un gros doute, et qu’il a donc désobéi à ses ordres sur ce seul motif. Bref, c’est décevant. D’un autre côté, les passages sur Isstvan V, s’ils ne sont pas exempts de toute critique, sont bien plus intéressants. Au-delà des exploits martiaux d’un Corax increvable, c’est la caractérisation de ce Primarque discret qui fait tout le sel de ces parties, Thorpe ayant choisi, et c’est une bonne chose, de ne pas peindre un personnage sans failles, un simple super Space Marine engagé dans une bataille inégale contre les vilains traîtres d’en face. Au contraire, Corax apparaît comme asocial, distant, pessimiste, et parfois méprisant envers ses hommes, ce qui lui forge une personnalité plus mémorable que celle dont bénéficie certains Primarques loyalistes sans le moindre défaut. Le discret caméo de l’Empereur (et ses yeux bleus, information capitale) en milieu de nouvelle est également une addition bienvenue, tant au niveau du fluff que du service des fanboys. Au final, si on peut très bien se passer de la lecture de ce 'Raven’s Flight' (et de toute la littérature touchant à la Raven Guard et aux Légions Brisées, si je force un peu le trait) dans la prise en compte de l’Hérésie au sens large, il s’agit néanmoins d’un texte potable, et qui fait figure d’introduction utile aux éléments de 'Deliverance Lost'. 1 : En vrai, c’est un tabard, mais encore plus en vrai, c’est la même chose. 2 : « Comment allez-vous, cher Commandant Branne ? » « C’est dans cette pièce que j’ai tué mon premier homme. J’étais tout jeune à l’époque. Corax était là, et je me souviens l’avoir vu arracher le cœur d’un garde de sa poitrine, et écraser le crâne d’un autre à main nue. » « … » « Je dois avouer que je m’ennuie un peu ces temps-ci. » 3 : De rémiges, hein. Evidemment. Death of a Silversmith // Mort d’un Orfèvre – G. McNeill : Dans ses quartiers du Vengeful Spirit, un vieux Commémorateur, spécialisé en orfèvrerie, se débat futilement contre la mort qui approche. Sa trachée a en effet été écrasée par un de ses clients quelques minutes auparavant, pas parce que ce dernier était mécontent de son travail, mais plutôt parce qu’il ne souhaitait pas laisser de témoins de sa commande (on suppose qu’il a pris les tickets de caisse avec lui également). Avant d’apprendre le pourquoi du comment de cette tragique histoire, notre héros agonisant passe en revue les étapes les plus marquantes de sa longue vie, qui l’ont mené depuis le sol de Terra jusqu’à la moquette du Vengeful Spirit. Destiné depuis son plus jeune âge aux travaux manuels, dans la droite ligne de son grand-père, également orfèvre, notre homme (que nous appellerons Bobby, parce que pourquoi pas) a eu la chance de commencer sa carrière à la fin des guerres d’Unification, et dans une région du monde déjà sous la coupe de Pépé, ce qui lui a permis d’éviter de se manger une botte de Guerrier Tonnerre dans le ventre, ou de voir sa cité rasée jusqu’aux fondations par les armées conquérantes de l’Empereur, ce qui est un plus pour assurer une continuité de l’activité professionnelle. Son talent lui permit en outre de travailler pour les grands de ce monde, confectionnant d’exquis bijoux, gardes d’épée, stylos, ou encore reliquaires, comme celui réalisé pour un Général ayant été récompensé de ses loyaux services par un bout de bannière Iron Hands, remise par le Primarque1 en personne, qui n’avait plus de cash sur lui à ce moment là. De fil en aiguille, et sa réputation ne cessant de croître, Bobby fut approché par un vieux monsieur à l’épaisse crinière blanche, qui souhaitait le recruter pour son projet d’artistes couvrant la future Grande Croisade de l’Empereur. Après avoir poliment décliné l’offre du noble vieillard, qui lui remit malgré tout une enveloppe avant de partir, Bobby finit par accepter l’offre de Malcador (car c’était lui), sans doute convaincu par les menaces de mort et les dessins suggestifs que contenaient le pli. Il faut ce qu’il faut. Bref, voici notre orfèvre en route pour le Palais Impérial, et de là, pour le Vengeful Spirit d’Horus2 et des Luna Wolves. Le début de deux siècles de péripéties galactiques, de rencontres marquantes (coucou Ignace Karkasy) et de réalisations grandioses, dont certaines commandées par d’illustres clients. Ce fut le cas d’Hastur Sejanus, qui tenait à faire réaliser des chevalières pour les membres du Mournival, mais qui oublia d’aller chercher les bagouzes une fois ces dernières confectionnées. L’ultime réalisation de Bobby fut cependant réalisée pour un Légionnaire patibulaire, qui souhaitait obtenir un moule pour tirer des médailles représentant un loup et une lune. Travail facile pour notre héros, qui plia l’affaire en deux-deux, et se retrouva pris au dépourvu lorsque son client lui broya le larynx en guise de paiement, le laissant suffoquer sur le sol comme un poisson hors de l’eau, justifiant son acte par un cryptique « J’peux pas dire » à l’oreille de sa victime, avant de repartir. Même si Bobby finit par être secouru par Sejanus, qui dans son empressement écrasera par mégarde l’anneau réalisé pour lui par ce dernier sous sa semelle énergétique – présageant le triste destin de ce membre du Mournival – il est trop tard pour le vieil orfèvre, qui n’aura que le temps de souffler la réplique assassine de Serghar Targost (car c’était lui) à son sauveteur. Mais que fait la Miviludes ? Petite nouvelle d’ambiance, sans aucune conséquence sur l’histoire avec un grand H de l’Hérésie, mais apportant une nouvelle perspective sur quelques uns des personnages et événements clés du début de cette dernière, Death of a Silversmith3 est à réserver aux inconditionnels de McNeill, qui trouve encore le moyen de se balancer un petit clin d’œil (mention de la dernière église de Terra, au-delà du « pont argenté », que l’Empereur a faite détruire…) mais surtout celui de massacrer le fluff en convoquant des Primarques dans son récit de façon totalement anachronique. Et on ne peut même pas l’excuser en mettant en avant la date d’écriture de cette nouvelle, car cette dernière date du début des années 2010, époque à laquelle l’Hérésie comptait déjà une bonne dizaine d’ouvrages, dont plusieurs écrits de la main du Mac. Ce gros et indigne fail est un peu rattrapé par le suspens que l’auteur laisse planer sur l’identité du tueur, que de petits indices permettront toutefois au lecteur attentif d’identifier sans trop de difficultés. On apprend également que les Loges n’étaient pas à la fête même avant Davin, ou en tout cas tenaient plus à leur confidentialité qu’à la vie d’un pauvre civil innocent. Pas de quoi réécrire l’histoire de l’Hérésie, mais intéressant tout de même. 1 : Ce qui voudrait dire que Ferrus Manus a combattu pendant les guerres d’Unification… ou que McNeill a sauté depuis le haut de la troisième corde sur le fluff de la Grande Croisade. Au choix. 2 : Ce qui voudrait dire qu’Horus avait déjà rejoint son Père avant le début de la Grande Croisade… ou que McNeill… (voir ci-dessus). 3 : Je me demande encore aujourd’hui si ce titre est un hommage aux Kinks ou aux Smiths. Prince of Crows // Le Prince des Corbeaux – A. Dembski-Bowden : Coup de théâtre à Thramas ! Après des mois à s’échanger des insultes sur le Discord primarquiel (qui mérite donc bien son nom), Lion El’Jonson et Konrad Curze en viennent (à nouveau, remember ‘Savage Weapons’) aux mains. Et, cette fois-ci, ce duel se termine de façon sans équivoque par une victoire de Simba, qui égorge, étripe, empale, épile (à sec) et ébouriffe son frangin jusqu’à ce que l’ultime PV de ce dernier commence à choper un rhume. Après un moment de grâce tragique pendant lequel le temps suspend son vol, et à peine gâché par le refus du Nighthaunter de se mettre en PLS malgré les injonctions de son frère1, le seigneur de la nuit (pas Michou hein) s’écroule finalement au sol dans un « Gasp ! By jove ! Par Toutatis ! Mama mia ! Ventre saint gris ! Je suis mouru ! » lourd de conséquence. Un petit selfie duckface avec le presque cadavre, et Lionel décale, convaincu d’avoir enfin vaincu cet ennemi tenace. Notre histoire passe ensuite dans une pièce enténébrée de l’Excoriator, vaisseau Night Lords où se trouve le salon d’esthétique de Curze. À l’intérieur, trois mystérieux individus discutent de sujets graves. Il s’agit des survivants du Kyroptera, le Mournival de la 8ème Légion, qui se réunit traditionnellement dans l’obscurité2, et qui doivent désormais décider du devenir de cette dernière. Si Kurze a été récupéré en plus ou moins un seul morceau de la surface de Shoel, son état est en effet désespéré, et ses forces ont subi une correction mémorable de la part des Anges. Pour l’heure, la seule option qui reste aux survivants est de se replier dans les ténèbres pour panser leurs plaies, avant de pouvoir songer à revenir stalker les loyalistes. Ces sombres – à tout point de vue – conciliabules sont toutefois interrompus par l’arrivée inespérée d’un autre membre du club, le Premier Capitaine Sevatar, mis en retard par son action d’arrière-garde ayant permis à d’autres rescapés de s’enfuir du champ de bataille. Un vrai héros, lui. Comme à son habitude, Jago ne mâche pas ses mots, et annonce tout net la couleur à ses collègues du Comex : il est hors de question qu’il laisse la Légion guéguerroyer plus longtemps contre les lionceaux, et qu’importe ce qu’en dit l’honneur. Ne trouvant pas d’oreille attentive ni d’épaule amicale vers lesquelles se tourner, il s’en va en grommelant, non sans avoir balancé sa célèbre lance sur la table de la réunion, ce qui surprend un peu le Capitaine Var Jahan. Il sait en effet que cette arme contient une balise de téléportation dans son manche, et… feinte du Père Lafeinte ! Une escouade de Terminators de l’Atramentar arrive sans crier gare, et flingue sans ménagement les pauvres Malithos et Cel Herec. Var Jahan, qui était champion de 50 mètres dans son ancienne vie, parvient à sortir de la salle, et est épargné par un Sevatar magnanime, mais bien décidé à reprendre en main la Légion. Il s’octroie donc les pleins pouvoirs, et nomme son propre Kyroptera parmi ses « potes » Légionnaires, incluant même un Raven Guard renégat et aphone dans l’auguste assemblée. Voilà une politique diversité dont bien des Conseils d’Administration du CAC 40.000 devraient s’inspirer. Nous suivons pendant quelques jours la nouvelle vie de Sevatar, rythmée par des visites régulières à l’infirmerie où Curze passe son temps à rebooter ses systèmes, au grand désarroi des Apothicaires de garde, des discussions stratégiques avec ses pairs quant au futur des Night Lords, que le Premier Capitaine voudrait fortement décentraliser, et des prises de bec avec Ekra Trez, le Mange-Pêché personnel du Nighthaunter3, qui, de son aveu même, n’a pas super bien fait son travail récemment. À la fois confident, thérapeute et Xanax humain du Primarque, Trez a pour fonction de vider la tête de Curze de ses idées et rêves les plus noirs, ce qui lui avait permis de fonctionner plus ou moins normalement jusque là. Les derniers temps ont toutefois été difficiles, comme en témoignent les monceaux de cadavres défigurés et démembrés qui jonchent les quartiers privés de Konrad, ce qui n’empêche pas Sevatar de les squatter pour organiser ses petites réunions de direction. On apprend à cette occasion que le nouvel surhomme fort de la Légion souffre d’une affliction secrète, contre laquelle il lutte en s’empêchant de dormir. Et ce n’est pas l’énurésie. Et, bien qu’il trouve la tendance de Trez à l’appeler par son petit nom au lieu de lui donner du Premier Capitaine, comme le voudrait le protocole, totalement crispante, il épargne toutefois l’agaçant psyker pour tenter une expérience visant à tirer Kurze de sa cadavérique catalepsie. Il lui faudra pour cela « ouvrir des portes qu’il ne pourra plus refermer »… Poursuivant sur sa lancée nocturne, Aaron Dembski-Bowden met sa plume au service d’une Légion délaissée de l’Hérésie, et livre un tableau sans concession des Night Lords à la fin de la Croisade de Thramas. Pour le dire simplement, tout dans de 'Prince of Crows' est plus abouti, plus fouillé et plus passionnant que l’amuse-bouche que constituait 'Savage Weapons' (et qui était déjà très bien, c’est dire le niveau). En plongeant dans les arcanes de cette Légion semblable à nulle autre et mettant sur le devant de la scène les personnages tragi-comiques – dans le sens littéral du terme – de Sevatar et Konrad Curze, ADB joue habilement des sentiments du lecteur envers ces antihéros absolus, qui, malgré leurs tendances au meurtre, à la torture et à la tromperie, restent toutefois très attachants. Ceci est particulièrement vrai du Premier Capitaine Night Lords, aussi bien capable de faire assassiner de sang froid ses rivaux pour une simple divergence de point de vue, ou de tuer des enfants pour en nourrir ses corbeaux de compagnie ; que de rester en arrière-garde pour permettre à ses frères de s’enfuir, ou à risquer sa vie pour secourir son Primarque. Si on ajoute à cela son sens de la répartie et son goût pour les blagues absurdes, on tient sans doute l’un des Space Marines les plus intéressants de la GW-Fiction, loin devant les fades paladins loyalistes clonés en masse par la BL. De son côté, Kurze est dépeint en monstre sensible, dont les motivations honorables ont été perverties par l’environnement impitoyable dans lequel il a grandi. En ceci, le Nighthaunter est peut-être l’incarnation parfaite du futur Imperium de son Père : un cauchemar sanguinaire où la fin justifie toujours les moyens. Dernier personnage d’importance, la pilote Taye Karenna (et ses copains voilés) apporte un éclairage bienvenu sur l’organisation de la Légion, qui malgré sa réputation effroyable et ses crimes atroces, peut compter sur le support d’une foule de serviteurs et suivants humains. Si ADB ne prend pas ici le temps d’explorer en détails ce paradoxe, il donne envie d’en apprendre plus sur la mentalité et les motivations du personnel non Astartes des Night Lords, qui devrait avoir toutes les raisons du monde de la galaxie pour déserter, et ne l’a pourtant pas fait. Si 'Prince of Crows' brille grâce à ses personnages complexes et fascinants, cette novella vaut aussi le détour en matière de fluff. Écrite pour réaliser la jonction entre la fin de la Croisade de Thramas et l’arc de l’Imperium Secondus, elle se paie également le luxe de poser les bases de l’organisation (ou plutôt, la non-organisation) des Night Lords au cours des millénaires suivants, et, surtout, donne un aperçu passionnant de la terrible enfance de Konrad Curze sur Nostramo, des méthodes qu’il a utilisées pour faire revenir l’ordre sur sa planète, et sa rencontre fatidique avec l’Empereur et ses frères. En quelques dizaines de pages, Dembski-Bowden brosse un portrait fouillé et nuancé du Primarque justicier, être perverti et torturé… mais qui bénéficie de circonstances atténuantes. Un des aspects les plus intéressants de ce flashback fondateur, qui aurait eu sa place dans un roman Primarques, est à mes yeux la discussion entre Sevatar et son père génétique à propos de la déchéance des Night Lords, qui ne serait que le miroir de celle de son commandant. Cette relation d’amour-haine entre Primarque et légionnaires est caractéristique de l’approche d’ADB des Légions qu’il aborde dans ses écrits (cf le dialogue entre Khârn et Argel Tal dans Betrayer), et lui permet de donner une profondeur supplémentaire à des factions que d’autres auteurs présentent comme de simples vilains en armure énergétique. Derniers aspects positifs à mettre en avant, la construction et le rythme de l’histoire donnent vraiment envie de savoir comment cette dernière se poursuit et se termine, faisant d’ADB un publicitaire de talent pour les travaux de ses petits camarades. Si Abnett n’avait sans doute pas besoin de ce coup de pouce pour son 'The Unrembered Empire' (bien qu’il ne s’agisse pas de son meilleur bouquin, si on en croit les retours), Haley ('Pharos'), Thorpe ('Angels of Caliban') et Annandale ('Ruinstorm') peuvent remercie leur petit camarade pour ce relais efficace, qui a je pense dû les aider à vendre quelques copies de leurs bouquins. Bref, une des meilleures novellas de l’Hérésie, qui peut justifier à elle seule l’achat de toute anthologie dans laquelle elle figure. C’est dit. 1 : C’est assez drôle en fait. Même si j’en doute, je pense que la VF aurait dû traduire ça par « Tombe. Tombeuuuuh ! » 2 : Cela remonte à l’époque héroïque où les premiers Night Lords avaient oublié de payer leur facture d’électricité au Mechanicum. Une tradition fondatrice. 3 : Là aussi, c’est plutôt comique. 4 : Un titre dont il a hérité du fait de son attachement pour ces oiseaux, qu’il nourrissait du temps de sa jeunesse sur Nostramo avec des petits bouts de p…équenauds. Le pain blanc est très mauvais pour eux, c’est bien connu. *** Et c’est ainsi que se termine cette revue de ‘Shadows of Treachery’, recueil faisant figure de conclusion du premier segment de l’Hérésie, d’après le postface de Laurie Goulding. Ce dernier permet de mieux comprendre la genèse particulière de cet ouvrage composite, dont la raison d’être principal fut de servir d’écrin aux deux novellas nécessaires à la bonne progression de la série. Si ces dernières valent tout à fait le déplacement (ou l’achat) et la lecture, avec une mention spéciale à ‘Prince of Crows’, le reste des soumissions s’avère être plus inégal, et assez anachronique par rapport au déroulé de l’Hérésie au moment de la sortie de ce tome #22. Nous sommes en effet après la bataille de Calth et la campagne de Signus Prime, et juste avant le lancement de la Croisade des Ombres (Betrayer) et l’apothéose de Fulgrim (‘Angel Exterminatus’). Partant, ‘The Dark King’, ‘The Lightning Tower’, ‘The Kaban Project’ et ‘Death of a Silversmith’ apparaissent déjà comme des reliques d’un passé lointain (comme ‘Deliverance Lost’ est sortie la même année que ce recueil, on peut à l’inverse considérer que l’inclusion de ‘Raven’s Flight’ est pertinente). Cela fait de ‘Shadows of Treachery’ une anthologie un peu particulière, et destinée en premier lieu aux lecteurs déjà familiers et intéressés par les arcs narratifs Iron Warriors/Imperial Fists et Night Lords/Dark Angels, et/ou les amateurs de courts formats hérétiques, qui seront enchantés par la présence de quelques nouvelles de très bonnes factures au sommaire de ce bouquin. Rendez-vous prochainement, loyaux ou hérétiques lecteurs, pour l’analyse de ‘The Primarchs’, regroupement de quatre novellas consacrées à… (je vous laisse deviner), et précurseur probable de la série parallèle (presque) du même nom. Schattra, quinté dans le désordre
  8. Fidèle au poste, @gilian revient nous donner notre dose d'Hérésie hebdomadaire! Jolie typo.^^ Il n'a pas fait son kéké comme sur Byzas en ajoutant une clause de nombre maximum de Space Marines utilisables. Je pense qu'à chaque nouvelle planète, il y a une poignée d'Emperor's Children raisonnables qui se demandent avec angoisse quel handicap le Phénicien va s'infliger pour prouver qu'il est le plus grand, le plus fort et le plus beau. Je me souviens d'une scène assez drôle où Tarvitz manque de s'étouffer en entendant les gros mensonges débités par Eidolon pour se donner le beau rôle. Heureusement qu'il est là pour nous faire marrer tout de même. C'est une des parties du roman qui m'a semblé les plus bâclées. On a l'impression que Fulgrim arrive de but en blanc avec sa proposition de trahison, et se fait logiquement rebuter par Ferrus Manus. Le bouquin étant déjà très long, j'ai conscience que McNeill ne pouvait pas se permettre de s'éterniser sur cette péripétie, mais ça rend la relation entre les deux Primarques un peu artificielle, alors que c'est justement la trahison et le meurtre de Ferrus Manus qui feront basculer Fulgrim dans a sunken place (Get Out). C'est un des aspects du bouquin dont je me souviens le plus: McNeill n'hésite pas à décrire ou suggérer très suggestivement des situations osées pour un livre de la BL. C'était l'occasion, évidemment. Entre l'harmoniste cougar et la peintre qui utilise toutes les substances corporelles à sa disposition pour finir son tableau (ce qui n''est pas si différent de certains de nos artistes contemporains), Fulgrim aurait fait péter l'audimat s'il avait lancé une téléréalité sur le Pride of the Emperor. Oui, il fait une fixette sur une partie bien précise de l'anatomie de ce pauvre Santar.^^ Ce dernier le lui rendra bien avant de mourir cependant, en lui transformant la figure en rouleau de kébab. Je ne sais pas si c'est souligné dans Fulgrim, mais dans Et le Reflet se Brisa, il est décrit comme étant un sycophante obséquieux, totalement à la botte de son Primarque. Ce qui pourrait expliquer pourquoi il bascule dans l'Hérésie à la suite de ce dernier. Ah c'est marrant car j'ai aussi vu ce changement dans les Dramatis Personae des bouquins en VO. Pas terrible pour un voyant. Mais ce genre de personnage est toujours compliqué à utiliser pour un auteur, donc je n'en veux pas trop à McNeill. Tout à fait d'accord: c'est un bon bouquin mais deux auraient été encore mieux. McNeill est d'ailleurs spécialiste des pavés (on doit l’appeler le cantonnier à Nottingham^^) pour la BL, puisque Vengeful Spirit sera divisé en deux bouquins lors de son passage en français. Je pense que c'est le seul livre de l'Hérésie qui a bénéficié de ce traitement. J'apprécie que McNeill ait mis en scène une conclusion qui peut être débattue (et qui l'a été ici d'ailleurs). Ça donne plus de sel à l'Hérésie! En tout cas, merci pour ce gros boulot de revue et de synthèse, et à la prochaine! Schattra, "plus que 49 à tirer"
  9. Il y a toutes les chances qu'il s'agisse de '13th Legion', le premier tome de la série de Thorpe consacrée aux Légions Pénales. Je suppose que 'die Todgeweihten' (les damnés/maudits) est la traduction de 'Last Chancers'. Ah, ça vient assez facilement. En tout cas chez moi. Mais il faudrait que je réflechisse à un format de sujet qui permettrait des participations rapides de qui voudrait. Du genre donner un point fort/faible de l'auteur en question, et le livre/nouvelle que vous recommanderiez le plus/le moins à quelqu'un qui n'a jamais rien lu de lui/elle. Scions of the Emperor, je saute dessus dès que possible. Ça complétera bien la série Primarchs je pense. Schattra, qui se remet à l'allemand, finalement
  10. Un petit side project, pour occuper des heures perdues? Bon sinon, en tripatouillant les options de recherche d'Amazon, je suis tombé sur un calendrier des sorties en allemand, qui va jusqu'à fin janvier 2021. Ça nous fait une belle jambe me direz-vous, mais comme il y a des chances raisonnables que ce qui sorte en allemand sorte aussi en français, et dans les mêmes eaux, ça peut intéresser la communauté. C'est ici. Si j'ai un peu de temps, j'essaierai de trier/traduire les sorties prochaines, en espérant que la perfide Albion ne nous la mette pas à l'envers en favorisant l'outre-Rhin. Schattra, "ne dit-on pas anglo-saxon?"
  11. C'est cool qu'ils aient sorti des anthologies thématiques comme celle ci. Evidemment, il faudra attendre la toute fin de l'Hérésie pour qu'elles soient exhaustives, mais pour les lecteurs qui veulent seulement suivre un événement ou une Légion, c'est l'idéal. Bon j'ai pas lu ce bouquin (honte à moi), mais de ce que tu nous dis là, ça ressemble assez à du Abnett comme technique narrative. Directement dans le grand bain, comme si le lecteur était parfaitement au courant de tout, et charge à lui de se dépatouiller de tous les termes et noms qu'il se prend dans la figure. Abnett y arrive, mais c'est casse-gueule. Peut-être que McNeill n'est pas aussi doué sur ce plan. De ce que j'ai pu en lire, le traitement des Space Wolves et de Leman Russ n'est pas mauvais. Ils alternent entre vikings de l'espace mal dégrossis et exécuteurs de la volonté de l'Empereur, qui jouent justement de cette image de barbare pour arriver à leurs fins. Russ en particulier est un Primarque à part, c'est le bourreau impérial, qui est utilisé lorsqu'il n'y a plus d'autres alternatives. Certains auteurs se sont amusés à balancer des petites références aux deux Légions disparues, et ça a donné tout de suite une aura particulière au Loup Suprême. C'est l'ennui avec les pouvoirs psychiques. Ils sont tellement balèzes qu'on a du mal à imaginer comment leurs possesseurs peuvent être vaincus. En plus, ils voient l'avenir, donc ils partent avec une longueur d'avance. Je ne peux pas trop m'avancer car je n'ai pas lu le bouquin, mais dans Master of Prospero, c'est juste ridicule. Ici les sujets ne meurent jamais vraiment. ^^ Schattra, "les (posts sur les) écrits restent"
  12. C'est vrai que The Journey of the Magi n'était pas trop mal fichu. En tout cas, ça ne m'a pas choqué sur le coup. C'est peut-être que Green a dit clairement phoque la logique dans son histoire en faisant faire équipe au même gars à différentes époques. Mais je ne sais pas si j'aurais le même avis si je la relisais maintenant... Schattra, "ce qui me forcerait à mettre à jour ma critique, et nobody got time for that"
  13. Pas de souci! C'était un peu intéressé aussi. Tout à fait, ça part bien mais la révélation n'est vraiment pas au niveau. J'ai une sainte horreur pour les tours de passe-passe spatio-temporels, je dois l'avouer, que j'ai beaucoup de mal à réconcilier avec eux-mêmes. Tous ces liens de causalité qui finissent en ruban de Möbius, ça offense mon esprit cartésien! D'ailleurs le passage de False Gods où Horus est montré comme plus ou moins responsable de la dispersion des couveuses des Primarques m'a franchement refroidi sur le bouquin. D'un point de vue symbolique, c'est cool, mais d'un point de vue pratique, c'est...une hérésie.^^ Schattra, Days of future passed
  14. Merci pour ces retours @Lagnar! On peut maintenant dire que Tales of Heresy est le bouquin le plus chroniqué de la BL par le warfo, et ça, ça se fête. Je pense que c'est Dorn, tant sur le plan de la logique de l'histoire (ça permet de mettre en scène sa relation un peu particulière avec les Custodiens avant la confrontation brésilienne) que sur le plan fluffique (je ne vois pas des Custodiens prendre vraiment l'Empereur pour cible, ce serait limite sacrilège pour eux! Et si l'un d'entre eux réussi à sortir un crit' sur son D999, je te dis pas le boxon pour l'Imperium). Mais il serait intéressant de connaître l'avis de Pépé sur ces méthodes musclées de protection, qui mettent la vie de ses sujets en danger. Peut-être que certains assassins ont réussi à accomplir leur mission sur des cibles moins coriaces... J'ai aussi remarqué que tu n'avais pas Voix au chapitre. Le pauvre Swallow t'a provoqué une réaction allergique? Schattra, qui ne dit mot...ne dit mot (logique)
  15. Intéressé je suis par cette revue! @gilian commence par le début et toi par la fin, et on attend au milieu avec le champagne, comme pour la construction des chemins de fer transcontinentaux aux Etats Unis au XIXème siècle. J'ai lu le premier chapitre du bouquin, où Mortarion se fait mal parler à un point... par Typhon, et ça m'a vraiment refroidi. Déjà que l'épisode est expédié en deux lignes dans le fluff (grosse grippe + panne d'essence sur l'autoroute: tout le monde passe à Nurgle, qui était sans doute dégoûté de ne pas avoir "sa" Légion à ce stade), j'ai peur que le traitement de Swallow soit, comment dire... dur à avaler. En tout cas, il a l'opportunité de pouvoir faire un parallèle avec The Flight of the Eisenstein, qui est une sorte de miroir inversé de cet épisode (des Death Guards confrontés à Nurgle pendant leur voyage vers Terra). Peut-être l'occasion pour ce bon à rien de Grulgor de revenir une troisième fois (c'est fluff), et d'échouer une troisième fois? Ce qui est intéressant avec Angron, c'est qu'il a été manipulé par son frère pour devenir un Prince Démon. C'est très chaotique dans l'esprit, et ça correspond tellement à Lorgar, qui veut "sauver" son prochain, mais seulement en utilisant le Warp. Pour Fulgrim, ce que j'ai lu jusqu'à présent me convient, mais j'ai vu des mauvais retours sur les parties de cache-cache entre le démon et son hôte, le second parvenant à supplanter le premier par la seule force de sa volonté. Et là, ça risque de ne plus coller. Mais il faudrait que je lise l'objet litigieux. Ben je reste tout de même sur mon idée que McNeill s'est autoliké avec cette histoire de Titan. C'est intéressant d'avoir plusieurs points de vue sur la bataille d'Isstvan III, mais la place que cette sous-intrigue occupe dans False Gods et Galaxy in Flames me semble disproportionnée. Schattra, il y en aura pour tout le monde (des Astartes corrompus)
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