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  1. Cherche joueur de 40k dans l'agglomération de Cergy
  2. Bonjour à tous et bienvenue sur ce sujet dédié à, comme son titre, l'annonce, la revue critique d'un type particulier d'ouvrage de la Black Library: les publications "introductives". Par ce terme, je désigne les ouvrages, souvent des recueils de nouvelles, qui ont été conçus pour permettre aux nouveaux-venus dans le Hobby de découvrir la gamme de la BL. Je range dans cette catégorie à la fois les anthologies portant la mention "Start Here // Lancez-vous" sur leur couverture, et les publications gratuites "promotionnelles", comme les 'Black Library Celebration XXXX', mais ce ne sont pas les seuls opus qu'il convient de considérer, les novellas des 'Novellas Series' ou même la collection 'Warhammer Adventures' (oui, celle pour le jeune public) méritant par exemple leur intégration dans le corpus introductif. Le but des revues publiées sur ce thread sera donc double. En plus d'un exercice de critique classique, j'essaierai de jauger du caractère "didactique" de l'objet du délit, c'est à dire de sa capacité à introduire de façon satisfaisante qui le lit aux mondes merveilleux de GW. Plus facile à dire qu'à faire lorsqu'on est un vétéran aigri de la BL, mais je vous promets d'essayer de retrouver mon âme d'enfant de noob pour l'instruction de la communauté. Bonne lecture! *** Bonjour et bienvenue dans cette critique du recueil introductif Black Library Celebration 2019 ! Sur la lancée de ce qui avait été proposé en 2018, la BL a donc eu la bonne idée de proposer un échantillon représentatif (ce qui est bien) et gratuit (ce qui est encore mieux) de sa prose au plus grand nombre. Pour chaque commande passée sur les sites Games Workshop ou Black Library, et jusqu’à épuisement des stocks, c’est donc un petit livre en format soft back qui est envoyé en sus des emplettes réalisées par le hobbyiste. Salade sur le Stormcast, l’offre est proposée en VO et en VF, ce qui en fait une superbe introduction aux mondes merveilleux – si parfois un peu glauques – de GW. On ne peut que souhaiter que le succès soit au rendez-vous, et que les pontes de Nottingham continuent sur leur lancée philanthrope pour des siècles et des siècles (amen). Comptant 6 nouvelles, soit 2 soumissions pour chaque franchise majeure de Games Workshop (40K, Age of Sigmar et l’Hérésie d’Horus), complétées d’un extrait de la novella Sacrosanct de C. L. Werner (habile transition vers le recueil, lui payant, du même nom – I saw what you did there…), le cru de 2019 est-il une achat acquisition digne de ce nom, en particulier pour un novice des publications de la Sombre Bibliothèque, qui en profiterait pour faire ses premiers pas dans cette vénérable institution ? Eh bien, comptez sur moi pour avoir un avis sur la question, chers lecteurs. C’est bien le moins que je puisse faire. The Board is Set // Les Pièces sont en place – G. Thorpe [HH]: Sur le sol de cette bonne vieille Terra, les armées loyalistes se préparent à recevoir comme il se doit le retour du fils indigne et de sa bande de potes, dont on entend déjà les « boum boum boum » crachés par les enceintes de leurs Clio tunées résonner depuis le parking de la copropriété, brisant le calme légendaire du quartier1. Comme le petit vieux acariâtre qu’il est, Macaldor, après avoir balancé une ou deux références que les moins de 20.000 ans ne peuvent ni connaître, ni comprendre, s’en va en grommelant dans sa barbe psychique que Dorn est définitivement une grande et jaune godiche, et que son obsession pour les briquettes et les portails électriques n’est qu’une lubie de jeune crétin. Ca tombe bien, notez, c’est l’heure de la coinche à l’EHPAD Bon Séjour, et le Mac’ ne raterait pour rien au monde ce moment de la journée. À peine a-t-il fini d’installer la table que son acolyte de jeu révèle (you see what I did there…) sa présence et engage sans plus tarder les hostilités. Dans les ténèbres mi-obscures du 31ème millénaire, l’antique jeu de belote se joue en effet à deux plutôt qu’à quatre, et sur un plateau de jeu avec figurines en plus du traditionnel paquet de cartes. En fait, ça ressemble furieusement à une version Shadespirée des échecs, et ça a l’air donc vachement cool, d’autant plus que toutes les pièces se trouvent être des représentations des Primarques engagés dans l’Hérésie d’Horus2. Comme à chaque partie depuis leur internement respectif, Pépé et… Mémé ? rejouent la bataille finale de l’Hérésie, avec l’Empereur dans son propre rôle et Malcador dans celui de ce fripon d’Horus. Et comme à chaque fois depuis le début de ces amicales sessions, le Sigillite constate que son adversaire passe son temps à tricher. Manipulation de la pioche, duplication de cartes, ajout de pièces non WYSIWYG en cours de jeu… s’il y avait un arbitre, cela ferait longtemps que le Maître de l’Humanité aurait mangé son ban. Malheureusement pour lui, Malky ne peut compter que sur lui même pour se faire justice, ce à quoi il s’emploie avec toute la rouerie et la malice qu’on lui connaît. En face de lui, l’Empereur semble peu intéressé par le déroulé de la partie, et joue franchement comme une savate, seulement sauvé par sa capacité à top decker comme un porcasse avec une régularité des plus suspectes. Ajoutant l’insulte à l’outrage, il se permet même de tancer son partenaire sur son faible niveau de jeu, alors que Horus, lui, était un opposant digne de ce nom. Sans doute très fatigué par l’enchaînement des nuits blanches à pousser sur son trône (la constipation psychique est un problème commun chez les démiurges millénaires, tous les auxiliaires de vie vous le diront), Big E va même jusqu’à utiliser des mots très durs à l’encontre de son vieux comparse, au point d’arracher à ce dernier des larmes de collyre. Qu’à cela ne tienne, Malcador en a vu d’autres, et met à profit sa rogne pour sortir un enchaînement digne de Magnus Carlsen le Rouge, le laissant en position de remporter la partie au coup suivant. « Ha ha, tu l’avais pas vu venir celui-ci, bouffi » exulte notre vieillard échevelé, pas peu fier de tenir sa première victoire en 1.834.427 confrontations. Sauf que, sauf que… Sauf que l’Empereur est décidément un mauvais joueur à la main leste, et trouve le moyen de substituer à son Roi Empereur lui-même une nouvelle pièce, le Fou, qui va héroïquement se sacrifier pour lui permettre de gagner la partie. Comble de la bassesse, le Fou a la tête de Malcador, à qui il prend l’envie folle de fracasser l’échiquier sur le crâne de son suzerain. Sur ces entrefaites, une estafette se présente à la porte, et vient apporter la nouvelle tant redoutée au Premier Seigneur de l’Impérium : la flotte d’Horus vient de se matérialiser dans le système solaire, et la plus grande bataille de l’Humanité est sur le point de s’engager. Cherchant du regard son boss, Malcador a la surprise de s’apercevoir qu’il est seul dans la pièce, et l’a apparemment toujours été, d’après le retour un peu honteux du messager, qui n’a pas osé déranger tout de suite l’aïeul vociférant qui faisait une tournante autour du plateau de jeu à son arrivée. Conclusion de l’histoire : la grande vieillesse est un naufrage, mais au moins, on ne s’ennuie pas. The Board is Set est une nouvelle intéressante, mais dont l’inclusion dans un BLC ne tombait pas, de mon point de vue, sous le sens. Parmi les qualités notables de cette soumission, on peut mettre en avant l’art consommé avec lequel Thorpe distille à la foi clins d’œil aux évènements passés et à venir de l’Hérésie, à coups de manœuvres lourdes de sens des pièces sur l’échiquier et de remarques sibyllines soufflées par un Empereur plus que jamais omniscient au bras droit/fusible qu’il s’apprête à griller, mais également allusions fluffiques subtiles, sur lesquelles les fans hardlore passeront des pages et des pages à s’étriper, par les mêmes biais que ceux donnés ci-dessus. Même sans être un amateur transi du style du Gav, on peut lui reconnaître un certain talent de mise en scène de ces passages prophétiques, ce qui n’était pas gagné d’avance au vu du casting de monstres sacrés qu’il convoque. À titre personnel, j’ai également apprécié la tirade que MoM (Master of Mankind) balance à son larbin dans le but de le mettre en rogne et de le forcer à la jouer comme Lupercal, qui est un condensé de remarques blessantes mettant en évidence que Malcador n’a été qu’un outil utilisé par l’Empereur pour arriver à ses fins, et qu’il n’aura absolument aucun scrupule à s’en débarrasser une fois qu’il n’en n’aura plus l’usage. Ce discours des plus cash trouve une résonnance particulière depuis Dark Imperium, où il est clairement indiqué la dualité de l’Empereur dans ses « sentiments » envers ses congénères : incapable d’aimer l’homme, mais absolument dévoué à l’Humanité. On peut alors se demander si les piques envoyées par Pépé ne sont pas simplement le fond de sa pensée, qu’il livre à un Malcador qui reste persuadé qu’il ne s’agit que de la manœuvre d’un monarque bienveillant et attentionné pour lui faire donner le meilleur de lui-même. Chacun se fera sa religion sur le sujet, mais cette dualité d’interprétation est assez intéressante. D’un autre côté, The Board is Set s’avère être l’antithèse absolue de la nouvelle à mettre dans les pattes d’un novice de la BL ! Regorgeant de sous-entendus et d’Easter eggs qui feront les gorges chaudes des lecteurs vétérans, pour peu qu’ils soient des fluffistes un minimum intéressés, cette soumission possède en effet une valeur ajoutée littéraire qui passera à 31.014 pieds au dessus de la tête du newbie. Il est plutôt probable que ce dernier ressorte du propos de Thorpe ou perplexe ou soulé par l’accumulation de mentions et notions « members only » qui lambrissent les pages d’un bout à l’autre du récit. D’une manière plus large, on peut considérer l’Hérésie d’Horus comme étant, de manière générale, une franchise trop spécialisée pour être incluse dans des ouvrages de « propagande » de la Black Library. Sans mettre en question l’intelligence et les capacités de déduction du novice moyen, je doute en effet qu’il ait la patience ou l’intérêt pour percer à jour les tenants et aboutissants de cette absconse partie de Cards against Humanity. Bref, la définition même de l’acquired taste, et en tant que tel, aussi surprenant qu’une douzaine d’huitres au fond d’un Happy Meal. 1 : Et je ne rigole même pas, la nouvelle commence par un constat par Macaldor et le chef de l’Adeptus Astra Telepathica du tapage nocturne diurne warpurne généré par l’approche de la flotte traîtresse. 2 : On comprend mieux du coup pourquoi l’Empereur tenait absolument à avoir un nombre pair de rejetons. C’est mieux pour équilibrer les parties. Grandfather’s Gift // Le Cadeau de Nurgle – G. Haley [HH/40K]: Pour des raisons non-précisées, les versions VO et VF du recueil ne contiennent pas la même nouvelle. Nous sommes donc en présence de deux cadeaux (Nurgle est un Dieu généreux) : Grandfather’s Gift pour les anglophones, et ce qui se révèle être Le Cadeau de Nurgle (Nurgle’s Gift en VO), et non Le Cadeau du Grand-Père, comme indiqué dans le titre et sommaire, pour les francophones. Nurgle’s Gift a été publié avec The Tallyman (Anthony Reynolds) dans un mini-recueil thématique. Grandfather’s Gift [HH]: Le propos de notre récit se situe dans un jardin public, où un clochard toxicomane émerge péniblement d’un sniff de crack frelaté, dans une tenue étrange et avec une très vague idée de qui il est et ce qu’il fait là. Vous allez me dire : « C’est pas une nouvelle de l’Hérésie ça, c’est la Villette un mardi matin classique ». Vous auriez raison, sagaces lecteurs, ne serait-ce que pour les quelques détails ci-après : le jardin est géré par le NURGLE (Node Urbain de la Régie Générale de Laval Est), le clochard est un Primarque, et la mémoire qui lui revient progressivement lui apprend, et nous avec, qu’il est Mortarion, seigneur de la Death Guard. Malgré ces débuts prometteurs, Morty se demande bien comment il est arrivé dans ce bouge, lui qui aux dernières nouvelles travaillait tranquillement dans son laboratoire de la planète de la peste à quelque grand dessein arcano-technologique. Plus curieux qu’inquiet devant le charme sauvage de l’endroit, à mi chemin entre le jardin anglais dans toute sa bucolique liberté et le fond d’un baril d’eau lourde oublié dans un terrain vague de Chernobyl, notre Primarque décide de partir en vadrouille, espérant trouver un agent municipal qui lui indiquera la station de tram la plus proche pour l’Œil de la Terreur. Au bout de quelques secondes/minutes/heures/jours/mois/années/siècles/éons, il finit par tomber sur un Grand Immonde, en chair autant qu’en larmes, auprès duquel il s’enquiert poliment des raisons de son tracas. On a beau dire ce qu’on veut des qualités paternelles de l’Empereur, il a su inculquer à ses fils des manières tout ce qu’il y a de plus urbaines. Khu’gath, car c’était lui, se fait un plaisir de rafraîchir la mémoire du dormeur du val, le taquinant au passage sur son aveuglement volontaire, et hilarant, quant au fait qu’il soit un psyker, appellation que Mortarion refuse catégoriquement1. Toujours totalement perturbé par une enfance difficile et un complexe d’Œdipe asymétrique (il veut tuer son père et… tuer son père) mal digéré, notre héros atrabilaire ne démord pas qu’il est un scientifique et non un praticien des arts occultes, ce que Khu’gath, conciliant, finit par lui accorder. En guise de cadeau d’adieu, l’affable démon a la bonté de remodeler le Primarque a sa véritable image, ailes de bourdon (l’animal totem de Mortarion) incluses, et de lui souffler à l’oreille la raison de sa venue à Neverland. Le bon Papa Nurgle lui a organisé une chasse au trésor pour le récompenser de sa piété, et l’âme de son beau-père l’attend quelque part sous les frondaisons moites de son jardin. « Bon sang, mais c’est bien sûr ! » s’exclame Mort Shuman, qui s’envole à tire d’aile chercher la récompense qu’il poursuit depuis si longtemps, et qu’il finit par trouver, disséquer et enfermer dans une fiole en un tour de faux. Satisfait d’avoir rayé cet important item de sa to do list personnelle, Mortarion peut enfin regagner ses pénates et appeler son psy pour convenir d’une prochaine séance, se jurant au passage qu’il finira par régler ses comptes avec son autre père, dont la lampe torche psychique clignote en lisière du jardin de Grand-Père Nurgle. Pépé ou Papy, il fallait choisir, et il a choisi ! Grandfather’s Gift a beau se concentrer sur un épisode somme toute négligeable de la saga de Mortarion, personnage l’étant – jusqu’à récemment – tout autant en termes d’importance sur le lore de 40K, sa (courte) lecture n’en demeure pas moins intéressante, en ce qu’elle permet à Haley de poursuivre sa description pour le moins contrastée du Primarque de la Death Guard, déjà généreusement ébauchée dans Plague War : celui d’un être totalement paradoxal, qu’il est le seul à ne pas voir, ce qui a la fâcheuse tendance à miner son autorité naturelle. Prince Démon jurant ses grands dieux qu’il a réussi à dompter les forces du Chaos à force d’études et d’analyses tout ce qu’il y a de plus scientifiques, Morty apparaît comme un être aussi amer que pathétique, ce qui contribue à le rendre intéressant, même si la frontière est fine entre profondeur tourmentée et ridicule patenté. L’autre trait notable de son caractère, le mépris souverain qu’il semble éprouver envers toute chose (la condition humaine, ses frères, ses pères) pourrait tout autant le magnifier que le plomber, si utilisé de manière peu fine par un auteur en manque d’inspiration2. Affaire à suivre, donc. Pour poursuivre mon fil rouge BLC-esque, enfin, je dois reconnaître que l’inclusion de cette nouvelle au recueil s’avère un choix assez pertinent, puisqu’elle offre au lecteur novice une bonne présentation d’un lieu (de) culte des franchises de Games Workshop : les fameux jardins de Nurgle, en plus d’une introduction intéressante au concept de « destruction créatrice » // « je meurs donc je ris » qui est à la base du dogme prouteux. L’utilisation de l’amnésie de Mortarion permet également à Haley de présenter le background de ce dernier de manière progressive et pédagogique, brossant en toile de fond les grandes lignes du fluff de 31K. Bref, une soumission qui répond plutôt bien au cahier des charges, sans pour autant se révéler être vide de substance pour les vieux BL-iscards. Pas mal du tout. 1 : « Tu es un sorcier, Mort- » « AGNANANANA, JE N’ENTENDS RIEN-EUH !» 2 : L’extrait gratuit de La Dague Enfouie de James Swallow me fait ainsi redouter le pire pour le DG de la DG, qui apparaît comme le pion d’un Typhus même pas respectueux de son père génétique, sans que ce dernier ne s’en offusque. Le Cadeau de Nurgle [40K]: Dans un village sans nom d’une planète oubliée, la poussée annuelle de gastro-entérite a pris des proportions démesurées. Impuissants face à cette hécatombe, que même leurs prières à l’Empereur1 ne suffisent pas à enrayer, et profitant du décès inopiné du maire du village, qui avait de son vivant prôné une approche dévote du problème, les habitants du lieu tentent le tout pour la toux, et laissent un message sur la boîte vocale (un magnifique triple gong autoréparant) des cultistes de Nurgle les plus proches. Leurs prières sont exaucées lorsque, des brumes épaisses tombées depuis la montagne toute proche, six guerriers célestes se traînent péniblement jusqu’au centre du village un beau matin. Aussi affligés par la souffrance des pauvres Insertdataherois que par les nombreuses attentions de Papa Nurgle, les Space Marines du Chaos proposent à leurs hôtes un marché qu’ils ne peuvent pas refuser. En échange de la remise du seul membre de la communauté ayant encore des caleçons propres, un frêle garçonnet répondant au nom de Marven, ils promettent de délivrer les villageois du mal qui les ronge. Les quelques remords nourris par les plus intègres des ploucs ayant été rapidement balayés par les appels au bien collectif éructés par la guérisseuse du cru, prête à tout pour récupérer un stock de Smecta, l’élunisé est amené devant les Astartes suintants, et se met à suer à grosses gouttes. Non pas parce qu’il a peur de ce qui va lui arriver (quoique), mais surtout car il s’est fait mordre par un Nurgling alors qu’il jardinait quelques minutes plus tôt, ce qui est autrement plus grave qu’une plaie infligée par un clou rouillé, reconnaissez-le. Heureusement pour Marven, derrière leur aspect redoutable, les Space Marines se révèlent être des bonnes pâtes, à la recherche d’un aspirant qui leur permettrait de retrouver l’effectif magique de sept guerriers jurés de Nurgle (en plus de leur permettre de participer à la ligue d’Ultimate Frisbee de l’Œil de la Terreur, ce qui est appréciable). C’est donc en compagnie de leur nouvelle recrue que les prouteux repartent du hameau pestiféré, au grand désespoir des villageois qui n’ont gagné au change qu’une éternité de tourment, le cadeau du Dieu jardinier à leur égard étant une bien amère immortalité. C’est ce qu’on appelle être damné par le gong. Pas grand chose à tirer ou à dire sur cette nouvelle format mignonette, qui aurait pu (et dû, si vous voulez mon avis) être intégré dans un encart background du Codex Space Marines du Chaos. Haley ne trousse ici guère plus qu’un texte d’ambiance, présenté sous forme d’un conte (un de ses formats fétiches, apparemment), mettant en garde le lecteur contre la tentation de négocier une rémission avec les élus de Nurgle. À moins d’être aussi neuf dans l’univers de 40K qu’un Primaris au sortir de sa cuve, le lecteur n’apprendra donc rien de ce Cadeau de Nurgle, qui tient plus de la réduction immédiate en caisse de 30 centimes sur une poire à lavement que du week-end de cure thermale sur Iax. Insister un peu plus sur une dualité intéressante de Papy Prout, à peine ébauchée dans le récit – Nurgle cherche à recruter des individus capables de résister à la déchéance physique et au désespoir, ce qui peut sembler contre-intuitif de prime abord et le distingue des autres Dieux du Chaos, dont les suivants embrassent pleinement les préceptes – aurait permis à la nouvelle de gagner en intérêt, mais ce ne sera pas pour cette fois. Bref, et cela peut sembler paradoxal, je mettrais un avis défavorable à l’inclusion de cette nouvelle au recueil Black Library Celebration, pour des raisons inverses que l’autre soumission Hérésie d’Horus (comparaison d’ailleurs erronée car Le Cadeau de Nurgle est du 40K pur jus). L’une était trop avancée pour le newbie moyen, celle-ci est au contraire trop simple. L’équilibre est difficile à trouver… 1 : Les ravages de la proseuchopathie ne sont hélas plus à démontrer. Même l’homéopathie a de meilleurs résultats, c’est dire. Endurance // Endurer – C. Wraight [40K]: Sur le monde ruche de Lystra, l’escouade du frère Sarrien des Imperial Talons livre un combat d’arrière-garde aussi noble que vain contre les hordes innombrables des Zombies de la Peste ayant plus ou moins remplacées la population locale. Envoyés au casse-pipe pour permettre à un fonctionnaire de l’Adeptus Administratum obèse et tire au flanc (du moins, c’est comme ça que Sarrien se le représente) de maintenir son quota de dîme mensuel, ou autre raison purement technocratique, les braves Space Marines tiennent la ligne du mieux qu’ils peuvent, mais même leur constitution suprahumaine commence à donner d’inquiétants signes de fatigue. Pour ne rien arranger, les lignes de ravitaillement avec le reste de l’Imperium sont totalement coupées, ne laissant à nos fiers héros que la bonne vieille énergie cinétique pour défendre le domaine de l’immortel Empereur contre la corruption galopante titubante représentée par les Stumblers. Isolé de ses frères pour maximiser l’efficacité du soutien martial et moral que les Astartes représentent pour leurs alliés de la Garde, Sarrien débute la soirée comme toutes les autres auparavant : il chante chante chante ce rythme qui lui plaît (Endure ! For the Emperor ! Stand Fast ! Chihuahua !) et il tape tape tape (c’est sa façon d’aimer). On comprend cependant assez clairement que notre héros en a gros, et qu’il n’y a que son exemplaire éthique qui le pousse à suivre des ordres qui lui semblent totalement débiles. À quelques encablures de cette planète condamnée, nous faisons la connaissance de notre deuxième protagoniste, le réfléchi (il ne court jamais) et hédoniste Dragan, Death Guard appartenant à la faction des Lords of Silence. Bénéficiant d’un quartier libre entre deux opérations de grande ampleur, Dragan a embarqué sa coterie sur son vaisseau personnel, l’Incaligant, et vogue là où le Warp le mène, massacrant tous les Impériaux qui lui tombent sous le moignon au passage. Les petits plaisirs de la vie, il n’y a que ça de vrai. Ayant fondu (dans tous les sens du terme) sur un transporteur de troupes de la Garde Impériale dépêché sans escorte en renforts de Lystra, Dragan décide sur un coup de tête, une fois le carnage expédié, d’emmener ses ouailles sur le monde en question, où il suppute (en même temps qu’il suppure) qu’une distraction peut être trouvée. Nous retrouvons ensuite Sarrien, toujours plus amer et toujours plus crevé, qui décide d’aller rôder derrière les lignes ennemies pour… le fun ? (étant donné que les défenseurs sont au bout du rouleau et s’attendent tous à crever, et que l’adversaire n’a aucune chaîne de commandement à décapiter ni de cibles stratégiques à prendre, l’utilité de la manœuvre me semble obscure). Bien que durement éprouvé par des semaines de combat sans répit, notre surhomme se révèle malgré tout capable de faire mordre la poussière à son poids en Stumblers, voire plus, jusqu’à ce qu’il tombe sur un Fatty dont l’odeur corporelle, ou l’aura de zenitude, c’est selon, est telle qu’il a bien du mal à lever la main sur lui. Malgré l’attitude résolument peace man du gros lard, Sarrien parvient à le décoller proprement, non sans que sa victime n’ait eu le temps de le prévenir 1) des dangers physiques et mentaux du surmenage (il devait être élu au CHSCT dans sa première vie), 2) de l’arrivée prochaine du Potencier (Gallowsman). Bien en peine de faire quelque chose de cette information, et sappé comme jamais, l’Imperial Talon décide de se rentrer, avec l’espoir futile de trouver un McDo encore ouvert sur le chemin pour s’envoyer un bon Coca bien frais. De son côté, Dragan a fini par arriver en orbite autour de Lystra, et emmène sa bande sur les lieux du dernier conflit agitant encore la planète, dans l’espoir de trouver un adversaire de valeur. Escortés par quelques cohortes de die hard fans, les Lords of Silence progressent pondéreusement vers la ligne de front, où les attendent… Mis à part le manque de clarté de sa conclusion (voir la partie spoiler ci-dessus), Endurance est une soumission solide de la part de l’ami Wraight, sans doute rédigée en accompagnement de son roman The Lords of Silence pour un galop d’essai littéraire. En quelques pages, Chris arrive ainsi à donner une véritable profondeur à ses répugnants héros, dont l’attitude chill, thrill & kill les distingue clairement des autres factions d’Astartes chaotiques et renégats de notre sombre galaxie, en plus de s’accorder parfaitement avec la philosophie débonnaire de Papa Nurgle, ce qui ne gâche rien. Sans rien galvauder de leur nature éminemment mauvaise, Wraight réussit également à rendre attachant (sans mauvais jeu de mots) le personnage de Dragan, dont le caractère égal et l’approche désinvolte de sa pestilentielle vocation le font apparaître comme éminemment plus sympathique que le Seigneur du Chaos lambda de la BL. De l’autre côté du ring, Sarrien s’avère moins mémorable, mais le récit que fait l’auteur de la lutte désespérée du loyaliste pour retarder l’inévitable, de part son caractère assez original (il combat en solo, et pas avec le reste de son escouade) et la bonne prise en compte des effets débilitants de la fatigue et des blessures sur la constitution d’un Space Marine – qui reste une machine de guerre insurpassable, mais peut se mettre dans le rouge s’il tire trop sur la corde – s’avère prenant et plaisant, sur les quelques pages qu’il dure. Une nouvelle SM comme je les aime donc : courte dans son propos, précise dans son dessein, efficace dans sa réalisation et à twist dans sa conclusion. Prenez-en de la graine, les rookies. Gardant une nouvelle en fois en tête le but premier d’un recueil tel que celui dans lequel elle a été incluse, j’ajouterai pour conclure qu’Endurance fait un beau boulot de présentation d’une faction amenée à jouer un rôle important dans l’univers 40K (la Death Guard), en plus de donner assez envie de lire le long format mettant en vedette les Lords of Silence. Que l’exploration d’un concept central du fluff, le ralliement d’un Space Marine loyaliste au Chaos, soit également présente pour l’instruction des lecteurs novices ajoute encore à l’intérêt du propos, qui mérite donc largement sa place dans le Black Library Celebration 2019. A Company of Shadows // La Compagnie des Ombres – R. Harrison [40K]: Les choses ne se passent pas tout à fait comme prévu sur le front de Gholl pour la Commissaire Severina Raine et ses Fusiliers du 11ème régiment d’Antari, forcés d’effectuer un redéploiement stratégique depuis la cité de l’Arrête de Caulder suite à la poussée de ces diables de Clairvoyants. Escortant un officier impérial aussi important pour la suite de la campagne qu’insupportable de morgue, l’escouade de Raine embarque dans une Valkyrie, promptement descendue par un missile qui lui a grillé la priorité à droite, avec des conséquences variant du dommageable au définitif pour notre petite bande de personnages, qui se trouve encore réduite une fois le sol atteint. Perdus au milieu des contreforts escarpés et sous contrôle ennemi connus sous le nom de la Gueule, ralentis par leurs blessés et ne pouvant décemment laisser tomber leur charge entre les mains des cultistes, qui ont déjà démontré de manière graphique qu’ils faisaient grand et bon usage des gradés impériaux, Raine et ses hommes décident de tenter un bluff pour priver les Clairvoyants de leur proie. L’intrépide Commissaire endosse donc l’uniforme de la Tacticae Principal, et organise un dernier carré ne pouvant se terminer par autre chose que sa capture, mais permettant, l’Empereur aidant, au colis d’être récupéré ni vu ni connu par les renforts de la Garde. Téméraire mais pas suicidaire, Raine prend soin de confier au Sergent Wyck (Daven de son nom malheureusement, et pas Jöhn) sa montre de gousset, dont l’imprégnation psychique devrait permettre à un psyker digne de Lui de la retrouver jusque dans le bastion des chaotiques. Le succès quasi total de la première partie de ce plan audacieux laisse donc nos héros séparés. D’un côté, un commando d’Antaris, incluant, outre les Farouches de Wyck, une escouade de Storm Troopers menée par le Capitaine Andren Fel, âme damnée et probable love interest de Miss Raine, ainsi que la psyker sanctionnée Lydia Zane, se lance dans une course contre la montre (mais avec le concours de cette dernière également, if you see what I mean) pour extraire leur petite camarade des griffes des Clairvoyants. De l’autre, cette dernière a la désagréable surprise d’apprendre que les cultistes ne sont absolument pas tombés dans le panneau, mais qu’ils voulaient la capturer depuis le début. C’est ce que lui apprend le magos en charge des opérations, un charmant individu répondant au nom d’Arcadius Verastus, alias 9/9. Il a en effet perçu dans l’âme de sa prisonnière un potentiel des plus alléchants, qu’il compte offrir à Tzeentch pour favoriser son avancement. Ayant manifestement un peu de temps à tuer avant Severina, il prend plaisir à soumettre l’inflexible Commissaire à un interrogatoire poussé, s’insinuant sans gène dans son esprit pour tenter de lui dérober ses secrets les plus honteux1. Même si ces introspections malpolies permettent au lecteur d’en apprendre un peu plus sur le passé de Raine, et notamment le fait qu’elle a repris le nom de sa mère (la Raine-Mère donc), Lord-General Militant de carrière, et choisi d’enterrer celui de son père, sommairement exécuté pour couardise, elles coûtent cher au psyker indélicat, qui se prend une mandale mentale dans les gencives pour sa peine. Victoire morale de l’Imperium. Pendant ce temps, les intrépides sauveteurs en terre et Antari réussissent à franchir les cordons de sentinelles (pas si) Clairvoyantes (que ça) grâce à leur badasserie naturelle, et à pénétrer dans le bastion ennemi grâce au traqueur GPS de Zane, qui voit clair à travers les illusions tissées par les sorciers ennemis et emmène ses camarades dans la gueule du loup sous couvert d’un tour de passe-passe de son propre cru. Juste à temps pour empêcher l’énucléation et égorgement sauvage de Purple Raine (interrogatoire musclé oblige) par 9/9, qui apprécie moyennement l’intervention non scriptée des bidasses en folie, et se met à leur tailler des croupières psychiques pour la peine. Malheureusement pour Arcadius, Zane détient un MBA de Stanford en occultisme, alors que lui a à grand peine bouclé sa première année de BTS au Lycée Professionnel Ohrmuzd Ahriman de Vaulx-en-Velin, et la confrontation qui s’en suit est à sens unique. Bien que jurant son grand dieu que tout ça faisait partie de son plan, Arcadius a donc l’obligeance de décéder de mort violente quelques secondes plus tard, après que sa prisonnière lui ait mis un peu de plomb dans la cervelle. Dès lors, il ne s’agit plus pour nos hardis Antaris (Anthardis donc) que d’évacuer les lieux avant que le Haut Commandement ne déclenche le bombardement orbital de la Gueule, ce qui n’est bien sûr qu’une formalité pour ces soldats d’élite. Voilà comment transformer une honteuse défaite en glorieuse victoire, et arracher l’initiative aux hordes damnées contestant la mainmise de Pépé sur la belle planète de Gholl. Comme on dit chez les Ogryns : Go Gholl ! Nouvelle conséquente dédiée à la nouvelle égérie de la BL, catégorie Commissaire, A Company of Shadows permet à Rachel Harrison de donner du relief à son imposante galerie de personnages, ainsi que de situer le cadre dans lequel ils évoluent. Tout cela est fait de manière fort capable, et dénote d’une belle ambition en terme de construction d’intrigue , mais le grand nombre de points communs avec la saga Gaunt’s Ghosts (une Commissaire héroïque avec un lourd secret de famille et ses relations tantôt amicales – Fel = Corbec – tantôt à couteaux tirés – Wyck = Rawne – avec les officiers de son régiment, qui sont des super soldats venant d’un monde recouvert de forêts, et engagée dans une vaste campagne contre une faction chaotique…) ne risque-t-il pas d’être rédhibitoire à la dernière née de la Black Library ? Même s’il est plus que probable qu’Abnett approche de la toute fin de sa propre série, à supposer qu’il démarre un nouveau cycle après celui de La Victoire, et laissera donc le champ libre à d’autres auteurs dans un futur plus ou moins proche, il est loin d’être évident que les lecteurs de la BL adhèrent en masse à ce qui sera toujours perçu, plus ou moins consciemment, comme la resucée de la saga phare 40K. Le succès du premier roman de cette nouvelle série en puissance, Honourbound, sera sans doute déterminant pour le futur de Raine et de ses Antaris, comme First and Only l’a été, en son temps, pour Gaunt et ses Tanith. Comme à chaque fois, finissons par poser la question qui fâche : cette nouvelle a-t-elle sa place dans un recueil d’abord dédié aux novices de la BL ? Réponse contrastée de la part de votre humble serviteur en ce qui concerne A Company of Shadows. Bien que voyant l’intérêt pour GW de faire découvrir au plus grand nombre une de leurs nouvelles têtes d’affiche (comme Hamilcar peut l’être pour Age of Sigmar), et que cette soumission s’avère être d’assez bonne, même si classique2, facture, l’impression d’être plongé sans introduction dans un arc narratif déjà bien en place risque de désarçonner plus d’un nouveau client en puissance. Avec sa petite dizaine de protagonistes d’importance, et bien que certains meurent au cours du récit, dont les relations mutuelles semblent tomber sous le sens pour Harrison, on peut avoir l’impression de débarquer dans une série en milieu de saison, ce qui peut présenter un challenge intéressant d’un point de vue intellectuel, mais n’est pas de tout repos. Pour donner un exemple plus proche de notre propos, c’est comme si la BL avait inclus In Memoriam dans un hypothétique BLC 2001, à la place du plus didactique Ghostmaker. C’est très bien de faire confiance à la capacité d’adaptation du hobbyiste moyen, que je pense être naturellement plus élevée que la moyenne, mais attention à ne pas noyer bêtement des lecteurs potentiels en les balançant d’office dans le grand bain. 1 : Comme le nom du Primarque sur lequel elle a écrit des fan fictions torrides pendant ses années à la Schola Progenium. On a tous été jeunes ! 2 : Ce qui est plutôt un point fort dans ce contexte particulier, les expérimentations – mêmes concluantes – du type Seven View of Uhlguth's Passing n’étant pas vraiment newbie friendly. God’s Gift // Cadeau des Dieux – D. Guymer [AoS]: Prenant place après les évènements narrés dans Great Red et The Beasts of Cartha, pour ne citer que deux des précédentes aventures de notre fougueux héros, God’s Gift voit Hamilcar et quelques uns de ses potes des Astral Templars accomplir une mission d’intérêt général, sans doute pour avoir commis quelque tour pendable à une chambre rivale lors d’une permission à Hammerhall. Il s’agit en l’état de punir et faire stopper les exactions d’une bête monstrueuse s’amusant à disposer des hardis bûcherons d’un camp de colons récemment implanté dans les terres farouches de Ghur, tâche récréative pour des Stormcast Eternals de la trempe de nos gais lurons. Guidés par un local – Fage – qui malgré son âge vénérable semble tout émoustillé par la seule présence des Elus de Sigmar, Hamilcar & Cie s’embarquent donc dans une épopée aussi directe et rapide qu’une quête de zone de didacticiel de World of Warcraft. Depuis le relevé de empreintes jusqu’à la constatation de l’heure du décès, ou plutôt, de l’abattage, il ne se passera ainsi qu’une petite journée, soit une vingtaine de pages pour le lecteur, juste le temps pour Ham’ de piquer un roupillon qui lui apportera un rêve plus ou moins prophétique, dans lequel un chêne vient lui chanter Je suis malade (ce qui est ‘achement dur pour un végétal, et mérite le respect), ce qui lui permettra de prendre une décision des plus inspirées quelques heures plus tard. La nouvelle se terminant pour un petit cliffhanger pas vraiment haletant, mais sans doute important pour la suite de la saga d’Hamilcar (Mark de son prénom), le lecteur en est quitte pour embrayer sur directement sur la première, ou plutôt le premier roman dédié à Guymer à sa coqueluche hirsute (Champion of the Gods), dans lequel il est presque certain que des réponses seront apportées aux questions laissées en suspens à la fin de God’s Gift. Malgré les dizaines de titres que compte sa bibliographie BL à l’heure actuelle, ce n’était que la deuxième soumission de Mr Guymer m’étant tombée sous la main depuis l’inaugural The Tilean Talisman, initialement publié en 2011. Et je dois dire que mon appréciation de l’œuvre du bonhomme est resté scrupuleusement identique, huit ans plus tard : des aptitudes certaines en terme de narration, avec des personnages au minimum distrayants, à défaut d’être immédiatement attachants (mention spéciale à Brouddican, l’Hillarion Lefuneste personnel de cette grande gueule d’Hamilcar), relevé par quelques notes boisées – c’est le cas de le dire – de fluff, plombées par une vacuité de l’intrigue assez rédhibitoire. C’est bien simple, celle de God’s Gift (d’ailleurs, on ne comprend pas vraiment quel est le don auquel Guymer fait référence dans le titre de sa nouvelle2) s’articule en deux temps trois mouvements, sans qu’on ait l’impression d’une quelconque progression entre le début et la fin de la nouvelle. Hamilcar traque un monstre. Hamilcar rêve d’un chêne. Hamilcar tombe dans une embuscade d’Hommes Bêtes (il faut bien qu’il montre qu’il est un cador du corps à corps). Hamilcar débouche sur un bosquet de chênes sacrés, gardé par… le monstre qu’il traquait. Coup de bol. Baston. Victoire. Fin. Bref, rien de bien challengeant pour l’intellect du lecteur, qui aurait pu s’attendre à quelques liens de causalité entre les différents éléments constitutifs du propos de Guymer. Rien de tel ici, ou de manière tellement évidente et peu fine que les relever n’a pas grand intérêt. Comme dit plus haut, celà peut sans doute se justifier par le fait que God’s Gift est un rehaut littéraire à un travail plus conséquent, avec lequel l’auteur prend bien soin de faire la liaison. Telle la rondelle de tomate venant décorer une entrecôte frites, cette nouvelle peut être consommée si on a vraiment faim, mais ne remplira pas l’estomac pour autant. Et comme dit plus tôt (Décembre 2014, pour être précis), c’est plutôt cher payé pour ce que c’est. On me souffle dans l’oreillette que c’est fois ci, c’est gratuit. Bon. Mais avant celà, celà ne valait certes pas les 2,99€ demandés. Rem-bour-sez nos in-vi-tat-tions ! 1 : L’Homme Arbre qui s’était chargé de la besogne de déshumanisation – c’est comme la désinsectisation, mais avec des primates – servant de pied à terre racine à humus à une Sylvaneth passablement enrhumée. 2 : Soit ce sont les visions vagues envoyées par Sigmar, soit c’est le photophore magique remis par icelui, et qui permettra à notre fier héros de venir à bout de Marylise Lebranchu. Au lecteur de décider s’il prend le messie ou la lanterne. The Ghosts of Demesnus // Les Fantômes de Demesnus – J. Reynolds [40K]: Profitant d’une permission bien méritée, le Lord-Celestant Gardus Steel Soul, tourmenté par des rêves le ramenant sans cesse à son passé de mortel, s’embarque pour une croisière bucolique jusqu’à la cité où il a vécu sa première existence, dans l’espoir de pouvoir mettre des mots sur sa soudaine mélancolie. Débarqué incognito (enfin, aussi incognito qu’une taille et une stature de Stormcast Eternal peuvent conférer) dans la riante Demesnus, port fluvial d’importance du royaume de Ghyran, Gardus, autrefois Garradan, baguenaude pensivement de ruelles en parcs, à la recherche des bribes d’un passé déjà lointain. À peine a-t-il le temps de rosser un trio de faquins cherchant des noises à une accorte damoiselle en représailles de la lépreuse compagnie qu’elle entretient, et d’échanger quelques platitudes avec son professeur de philosophie de terminale, que les voix qui le hantent l’amènent droit dans les ruines de son ancien hospice. Dans une autre vie, Gardus était en effet ostéopathe guérisseur, et avait dédié sa vie et ses économies à accueillir les nécessiteux des alentours, avec un dévouement ayant fini par attirer l’œil de Sigmar en personne, qui, à la faveur d’une attaque de Skineaters1, drafta le malheureux praticien dans sa team de surhommes. Sûrement qu’il avait besoin d’un massage, aussi. Malgré l’aspect décrépit du lieu, laissé à l’abandon depuis belle lurette, Gardus a la surprise de tomber sur une communauté de squatteurs, pas vraiment présentables et majoritairement scrofuleux, pestiférés, voire pire, mais persuadés que Saint Garradan les a appelés en ce lieu pour qu’hommage lui soit rendu. Un peu gêné par la situation, qu’il n’a en aucune mesure orchestrée, le probe Gardus accepte l’hospitalité de ses nouveaux amis, dont fait partie la pauvresse qu’il a secourue sur les docks quelques heures plus tôt. Cette dernière, et le Prêtre Guerrier de Sigmar invalide à 134% qui sert d’autorité morale à la croûteuse congrégation, attendent le prochain signe de Gare du Nord avec un zèle admirable, totalement oublieux aux réalités les plus basiques, comme le droit de propriété. D’où la visite de courtoisie que vient leur rendre le possesseur du terrain en question, un maquignon à la retraite du nom de Sargo Wale, bien décidé à lancer les travaux de réhabilitation de l’ancien hospice dans les meilleurs délais, et par la force s’il le faut. Il faut reconnaître qu’il a la loi de son côté, la trêve hivernale ayant expiré et le conseil municipal lui ayant délégué tout pouvoir pour faire triompher l’intérêt commun. Entre l’alignement légaliste bon de Wale et celui chaotique (un comble pour un Stormcast Eternal) bon de Gardus, aucun compromis ne peut être trouvé, mais, confiant dans son bon droit à défaut de l’être dans les chances de sa bande de ruffians face à l’opposition ferme et polie (comme son épée runique de deux mètres) du colosse servant de videur aux éclopés de l’hospice, le diplomate propriétaire laisse une journée entière de réflexion à la partie adverse, et s’en va comme un prince. Ce délai supplémentaire sera mis à fort bon usage par Gardus, qui n’a pas toute l’éternité pour régler le problème qui le tourmente, tout comme Reynolds n’a pas 300 pages pour conclure son propos. La nuit suivante verra donc un esprit Kaonashi geignard s’extirper du sol pour aller se repaître des humeurs (de manière littérale et figurée) des malades endormis. Surpris par le Gardus de garde et son sixième sens de preux paladin, la mystérieuse entité se fait rapidement la malle, mais reparaît quelques heures plus tard, trop affamée pour prêter beaucoup d’attention au demi-Primarque qui patiente dans sa zone de spawn, des questions plein la bouche et une épée enchantée à la main. Manque de bol pour notre héros, l’amalgame pleurnichard qui lui fait face est plus intéressée par la boustifaille que par la discussion, et l’attaque sans sommation, sous le regard bienveillant de Wale, qui se révèle être un cultiste de Nurgle. Après avoir constaté que ses gros muscles ne sont d’aucune utilité face aux assauts de suçons de son adversaire, Gardus dégaîne son special move, c’est à dire son énorme… empathie, et sert donc le démon dans ses bras puissants en lui sussurant des mots de réconfort aux oreilles. Et ça marche. Touché par tant de compassion, et sans doute un peu par la pure lumière céleste que Gardus est capable d’exhuder sur commande, telle une luciole d’Azyrheim (séquelle plutôt kioul de sa seconde reforge), la vilaine bête fond comme un lépreux dans un pédiluve, libérant une à une les âmes des malheureux qui lui servaient d’ancrage. Ceci fait, Gardus n’a plus qu’à régler son compte au traître Wale, qui malgré sa force démoniaque et son épée rouillée, ne fait pas le poids face au double quintal de JUSTICE du Stormcast Eternal. Convaincu d’avoir accompli sa mission, et débarassé Demesnus d’un détestable faux jeton, Steel Soul peut reprendre le ferry de 06:39 pour regagner sa caserne et l’éternelle lutte contre les ennemis de Sigmar. Voilà un week-end productif. Les turpitudes psychologiques de Gardus Steel Soul, pour lequel la conciliation du moi, surmoi et ça ne relève pas de la sinécure, ne m’ont que moyennement intéressées, comme la plupart des soumissions mettant au premier plan des Stormcast Eternals je dois le reconnaître. Reynolds m’ayant habitué à des nouvelles bien plus travaillées en termes d’intrigue et de progression narrative, la grande simplicité avec laquelle notre Action Man blanchi sous le harnais résout le problème auquel il est confronté, m’a laissé un goût d’inachevé. Toutefois, je dois reconnaître que l’inclusion de The Ghosts of Demesnus dans cette anthologie introductive est un choix des plus pertinents de la part des éditeurs de la BL, puisqu’il permet aux nouveaux lecteurs de découvrir une facette intéressante de la faction reine de l’univers (la difficile conciliation entre leur passif de mortels et leur mission de soldats de Sigmar par les Stormcast Eternals), tout en les immergeant dans le quotidien d’une cité libre de Ghyran, loin des batailles contre les forces du Chaos déjà abondamment couvertes dans le jeu de figurines et les suppléments s’y rattachant. Ajoutez à celà des personnages un brin complexes (en particulier Sargo Wale, qui est loin d’être un chef de culte à tendance mégalo-anarchique, comme c’est souvent le cas) et l’habituel nappage de fluff que Josh Reynolds se fait un point d’honneur à servir, et vous obtenez un récit d’une honnêteté insoupçonnable. On peut cependant reprocher à Ghosts…, même si dans une moindre mesure que pour God’s Gift, son manque de singularité, évidemment causé par le fait que Gardus est, comme Hamilcar, un héros récurrent de la BL, dont les aventures passées rejaillissent fatalement sur les évènements narrés dans la nouvelle. Ici, c’est l’inclusion du vieux sensei Yare, compagnon d’aventure d’une précédente épopée, qui fait figure de passage obligé à la valeur ajoutée assez limitée. Rien d’horripilant là non plus, mais pas l’idéal pour accrocher le lecteur novice ou indifférent. Bref, une première incursion honorable, à défaut d’être mémorable, dans le monde metallisé des meilleurs de Sigmar. 1 : Le nom peut faire peur, c’est vrai, mais si on y réfléchit deux secondes, il inclut également les Garra Rufa (poissons docteurs), d’excellents auxiliaires de pédicure. Du coup, la légende du Garra Dan en prend un coup. *** Au final, et même si certaines inclusions à ce mini recueil tiennent, selon moi, de l’erreur de casting au vu de l’objectif de « propagande » (dans le sens le moins néfaste du terme) poursuivi par ce genre d’ouvrage, ce Black Library Celebration 2019 constitue un début ou un ajout intéressant à toute collection Black Library. J’espère sincèrement que le concept fera florès et prend d’ores et déjà date pour une critique comparée de la version 2020 l’année prochaine, afin de voir si ma vision du sujet cadre avec celle de la maison mère. Les stocks disponibles pour ce millésime ayant déjà été écoulés au moment où sera publiée cette chronique, si j’en crois les quelques tests réalisés sur les sites GW et BL, il faudra faire vite l’année prochaine pour sécuriser sa copie. (Chaos) Godspeed, folks ! [Comme d'habitude, ces chroniques ainsi que les élément fluff contenus dans chaque nouvelle sont à retrouver sur les sujets centraux dédiés: Hérésie d'Horus // 40K // Age of Sigmar] Schattra, qui tient le rythme
  3. Bonjour, Je vous exposé mon petit questionnement Je souhaiterais changer en terme d'armée mais surtout de modelisme. J'aimerais avoir une petite force d'une armée populeuse ! Mais le choix est pas évident ! (Ça serait trop facile !) Voilà j'aime l'idée d'avoir une armée humaine nombreuse avec des chars etc... J'aime surtout les Vostroyans ou la death corps. A peindre ça doit être sympa ! Une armée de tyty doit être pas mal à monter et à peindre on a le hoix sur pas mal de couleurs sans changer de troupes comme la GI. Mes questions portent aussi en terme de jeux ces deux armées sont elles plaisantes à jouer ? Leurs codex sont-ils équilibrés ? Quelles sont les unités à avoir pour une force de 1500 points ? Les starts collectings sont-ils un bon début ? J'hésite vraiment car j'ai déjà des spaces marines et un apport garde impériale peut être pas mal pour les détachements. Mais j'aime aussi le look des tyty Merci de m'avoir lu
  4. Bonjour, Je viens vers vous pour vos connaissances et expériences, afin de savoir quelle malette acheter. Les seules que je connais sont celles de GW. Sont elles bien ? J'ai vu sur des sites qu'il y a des mousses pré découpées, sont elles adaptables à celle de GW ? J'ai un petit appartement et pas trop de rangements, places,... Je pensais pour la hardcase. Est-ce que se serait un bon choix ? J'aimerais si possible avoir les dimensions des différentes malette surtout l'épaisseur. (Pour le mettre sous le lit haha, quand il y a pas de places... :)) Je n'ai que du space marine et custodes, j'ai pas mal de gros chars (Spartan, fellblade Mastodonte...) et aussi des aéronefs (fireraptor, stormeagle, xyphon). J'aimerais pouvoir déplacer mon armée, pas entière mais au moins des véhicules et un aéronefs. J'attends vos avis avec impatience
  5. Bonjour à tous, Je voudrais savoir si il y a des joueurs dans le coins de Roussillon/ Vienne/ Annonay. Nous sommes 3-4 joueurs et avoir de nouvelles têtes serait vraiment un plus
  6. Bonjour,   Vieux joueurs (39 ans, ça reste jeune tout de même) de warhammer (et Blackhammer depuis quelques années maintenant), mon groupe d'amis et moi sommes en train de découvrir Warhammer 40k. Cependant, le groupe d'amis en question est éclaté sur toute la France. Du coup, je suis un des rares à ne pas avoir encore pu faire de parties de Wh40k et je prends du retard pour notre W.E. annuel de jeu de fin septembre...  :zzz:   Je cherche donc une bonne âme ayant de la patience (belle qualité), de la pédagogie (qualité rare) ainsi qu'une bonne dose d'humour (je joue pour jouer) qui pourrait me faire découvrir les subtilités de ce jeu. J'ai lu le livre de règles plusieurs fois (et ai retrouvé beaucoup de similarités avec d'autres systèmes), le Codex tyranide (plusieurs fois aussi) et ai monté une base d'armée Tyranide (1 200 pts max, tout n'est pas monté pour le moment et 10 figurines sont peintes).   Habitant dans le Nord isère (près de Crémieu / Bourgoin), je cherche plutôt des joueurs proches (plutôt que d'aller à Lyon). J'ai possibilité de me déplacer ou d'accueillir (table et décors nombreux, même si ce sont des décors pour battle à l'origine). De plus, étant papa de 2 superbes enfants (les plus beaux du monde selon moi, mais mon objectivité est contestable sur ce coup), je privilégie les parties en soirée plutôt qu'en journée.   Si une âme charitable se sent de me faire découvrir le jeu malgré mon cahiers des charges important, je serai ravi de pouvoir me faire rouler dessus (à défaut de compétence, je serai bon perdant :wink2: ).   PS : je travaille sur Grenoble et pourrais donc éventuellement pousser jusque là pour une soirée de jeu. PS' : j'ai cherché dans ce sujet et n'ai pas trouvé de localisation correspondante... D'où ce message  :closedeyes: 
  7. Bonjour,   Dans le cadre de cette campagne http://www.warhammer-forum.com/index.php?showtopic=242746   je cherche dans le Codex Space Marine des renseignements concernant les voyages à travers la galaxie. rien trouvé !!!! Les moyens et la vitesse surtout. Utilisent ils des portails ?   si oui, sont ils embarqués, ou faut il qu'il soit en place ?   Merci
  8. Bonjour à tous,  Il y a quelques temps, j'ai rédigé une première nouvelle sur un chapitre perso, et j'aimerais le partager sur ce forum afin d'avoir vos avis (positifs ou négatifs) dessus. Bonne lecture :D   LA COLERE DE L’EMPEREUR  Cette histoire se déroule en 987.M41 sur Arlignos, un monde sauvage dans les alentours d’Armageddon. Cette planète, quasi-invivable, avait été abandonnée par les colons il y a de cela des siècles. Cependant, depuis une dizaine de semaines, de la vie avait été détectée sur cette même planète. Après de nombreuses enquêtes menées par des agents impériaux, la vérité fut dévoilée: une armée d’hérétiques avait profité de la guerre ravageant Armageddon pour prendre position sur Arlignos pour des conquêtes futures. Ceci fut alors considéré comme un affront de la plus haute importance à la puissance de l'Empereur…  I  Du haut de la tour Epsilon-99, Meletrax observait le paysage, baignée par la lumière du crépuscule, qui s’offrait à lui. Des forêts à perte de vue, mais des forêts composées de plantes particulières. En biologie impériale, elles sont classées sous le nom de « Plantae altos mortalitatis ». En effet, ces plantes aspirent le dioxyde de carbone comme quasiment toutes les autres plantes de la galaxie. Cependant, leur particularité est qu’elles rejettent du curare sous forme gazeuse. C’est pour cette raison que Meletrax et ses acolytes devaient porter des masques respiratoires afin d’éviter la mort à coup sûr. Mais là où ses soldats n’étaient que de simples humains, Meletrax était bien plus. Il était un demi-dieu. Il était un Space Marine. Cependant, là où les membres de l’Adeptus Astartes portaient des symboles glorifiant l’Empereur, lui portaient des marquages arborant une étoile à huit branches.  Le Chaos.  Son corps, ainsi que sa tête, étaient protégés par une armure énergétique de type MKIII, plus connue sous le nom d’« Armure de Fer », de couleur blanche. Les épaulettes et les genouillères, quant à elles, étaient peintes en noir avec les bordures argentées. L’épaulière de droite arborait l’étoile de Chaos, et sur celle de gauche était apposé le symbole de Tzeench, le Dieu du Changement. Ce symbole était entouré de deux petits poings bleus, héraldique personnelle de Meletrax et de ses acolytes. Son armure avait d’ailleurs été très endommagée par les siècles de combat, qu’ils ait été menés au nom de l’Empereur ou pour son propre compte. Son visage était également dans un piteux état, avec de nombreuses et terribles balafres.  Tandis qu’il observait le paysage, Meletrax fut attiré par les ruines en feu de l’observatoire « Great Eye », seul lieu où son armée eut affaire à de la résistance de la part de technaugures, qui furent toutefois rapidement éliminés. Les résidents de la tour Epsilon-99, quant à eux, avaient demandé sa pitié, en vain.  Par la destruction de cet observatoire, Meletrax venait de défier l’Imperium, et s’attendait à sa riposte.  A 1500 km de la tour Epsilon-99, Ringo menait son équipe dans la jungle mortelle. Il avait reçu pour ordre de rechercher et d’annihiler les éventuels survivants de l’invasion. Lui et ses 9 hommes portaient des armures formées par la jonction de plusieurs plaques de métal rouillé au niveau des épaules, du torse et des genoux. Ils étaient équipés de respirateurs de première main, et quasiment tous étaient armés de fusils lasers volés à l’Armée Impériale au cours d’un précédent raid. Les seuls exceptions étaient Ringo lui-même, qui était équipé d’un pistolet bolter ouvragé récupéré sur le cadavre d’un commissaire impérial, et un gars appelé Trevor, qui lui était armé d’un lance-flammes au cas où le besoin se ferait ressentir. Ils passèrent alors dans une zone découverte quelques jours plus tôt et où les marécages s’étaient révélés être profonds.  - «Chef!... »  Il s’agissait de Nikolson, le bleu de l’équipe de Ringo. Celui-ci passait son temps à se plaindre pour peu de choses. Ringo en était presque à regretter d’avoir récupéré cet enfant gâté sur Morhead -la dernière à avoir subi le courroux de leur boss, Meletrax-.  - « Qu’est qui t’arrive encore? Lui demanda Ringo en soupirant. Tu as peur de te salir dans la boue? »  Les autres membres de l’escouade se mirent à rire doucement.  -  « Non, lui répondit Nikolson. C’est parce qu’il y a un truc qui clignote dans les fourrés. »  En effet, à l’opposée de leur position actuelle, une petite lumière rouge clignotait derrière d’immenses buissons.  - « Intéressant, dit alors Ringo. Bon, Trevor, Orias, allez avec moi voir ce qu’il y a là-bas. Les autres, vous nous couvrez, est-ce que c’est clair? ».  Les soldats hochèrent la tête et se mirent en position. Ringo se mit alors à sourire en les observant. Depuis environ 5 ans, il était chargé de diriger cet équipe dont la plupart des membres étaient d’anciens soldats de la Garde Impériale, et avait été assez fier d’eux.  Tandis que 7 de ses gars se mettaient en position non loin du marais, Ringo et ses deux camarades se rapprochèrent de la lumière. Au fur et à mesure que la distance qu’il les séparaient de celle-ci diminuait, la forme d’une large porte métallique devenait discernable. Et au moment où ils passèrent les buissons, ils comprirent à quoi correspondait cette porte.  C’était la porte d’un bunker souterrain.  - «Voilà enfin quelque chose d’intéressant, dit alors Ringo. Cela pourrait plaire à Meletrax. »  Il se tourna alors vers l’un de ces hommes, un grand homme à la barbe rousse.  - « Orias, va chercher les mines auprès du groupe de couverture. Cela va nous être utile pour... »  C’est alors qu’un petit cri d’agonie se fit entendre depuis le groupe de couverture.  - « Bon sang! s’exclama Trevor. Qu’est ce que c’était que ça?   - Restez calme, dit alors Ringo, ça ne doit être qu’un camarade tombé dans l’eau. Allons voir ça de plus près. »  Le groupe retourna alors sur ses pas. Ce n’est qu’au moment où ils passèrent les buissons qu’ils comprirent l’origine du cri.  Neuf Space Marines, de couleur bleu océan et aux épaulières blanches à bordure noire, étaient regroupés au niveau des cadavres des membres de l’escouade de Ringo. L’un d’entre portait encore le corps égorgé de Nikolson dans la main droite.  Ces Space Marines portaient des armures MKVII « Aquila ». Ringo les avaient reconnus, grâce au fait qu’il avait déjà vu des Space Marines combattre il y a longtemps. Cependant, le casque était différent du modèle habituel, car celui-ci avait une sorte de respirateur aquatique sophistiqué à la place de la grille d’aération. Cet élément, ainsi que le fait que leurs armures étaient recouvertes d’algues, indiquaient que ces adeptes du Faux Empereur avaient tendu une embuscade en se cachant dans le marais. Tous étaient armés de bolters équipés de silencieux et de couteaux de combat à lame dentelée de la taille d’un avant-bras humain.  - « Bande de salauds! » S’écria alors Ringo.  Les Space Marines se retournèrent, et pointèrent leurs armes vers les trois survivants.  Les trois cultistes s’élancèrent alors vers leurs adversaires. Les bolts se mirent à fuser, abattant d’abord Trevor. Ce dernier eu le crâne explosé suite à un bolt tiré dans son front. Ringo se mit alors à riposter avec son propre pistolet bolter. Ses tirs ricochèrent pour la plupart sur les armures en céramite des Space Marines, sauf un qui toucha une jointure au niveau du coude gauche d’un d’entre eux, lui faisant lâcher son bolter. C’est alors que le Space Marine, qui apparaissait comme étant le sergent au vue des décorations sur son armure, lâcha le cadavre de Nikolson et sortit son pistolet à plasma. Son premier tir fit fondre l’armure d’Orias, ainsi que son ventre. Celui-ci s’écroula alors en hurlant. Ringo eut quant à lui la chance de pouvoir assez s’approcher pour pouvoir tenter d’abattre ses ennemis avec son couteau usagé. Cependant, le sergent s’avança et attrapa son poignet alors qu’il tentait de l’attaquer, et le lui brisa avant de lui mettre un coup de pied, lui détruisant la cage thoracique. Ringo s’effondra alors, le sang lui coulant de la bouche et du nez. Le sergent vint alors se placer au-dessus de lui et pointa son pistolet à plasma vers la tête de Ringo.  - « Au nom de l’Empereur. » lui dit-il avant d’appuyer sur la détente.  Une fois ce petit affrontement terminé, le frère-sergent Hephaïstos se retourna vers les frères de bataille composant son escouade de vétérans d’appui de la 1ère compagnie du chapitre des Blue Cataphracts. Ils n’avaient fait aucune erreur, comme toujours. Leurs armures MKVII « Aquila » modifiées avec des respirateurs de type « Shark » intégrés à leur casque et reliés à leurs réserves d’oxygène au paquetage de chacun d’entre eux leur avait permis de rester tapi dans le marais deux jours durant.  - « Bravo à vous tous, dit alors Hephaïstos à ses frères, vous avez fait du bon boulot ».  Il se tourna alors vers Koleas. Ce dernier avait pris un bolt du chef cultiste dans le bras, et celui-ci pendait mollement à côté de son corps.  - « Tout va bien, frère? demanda Hephaïstos.  - Ne vous en faites pas pour moi, lui répondit Koleas, il en faut bien plus pour arrêter. »  Hephaïstos se mit à sourire sous son casque. Koleas était un frère ayant été toujours connu pour sa robustesse au combat.  Le sergent activa alors son com-link.  - « Frère Tevas, emmenez les technaugures survivants à la zone d’atterrissage.  - Bien reçu, répondit frère Tevas. Pour l’Empereur. »  La porte du bunker qui avait attiré les trois cultistes s’ouvrit, et frère Tevas en sortit, accompagné de trois technaugures armés de pistolets lasers, et portant la tunique typique de ces serviteurs de l’Adeptus Mechanicus. Ce petit groupe se dirigea alors vers le sud-est de leur position actuelle, là où l’escouade Hephaïstos avait atterrie une semaine plus tôt.  - « Nous devons-nous aller désormais? Demanda Kurt, le porteur du fuseur de l’escouade.  - Maintenant que nous connaissons notre ennemi, dit alors Hephaïstos, il n’y a plus qu’un seul endroit vers lequel se diriger… la tour Epsilon 99 ».   II Alors que Meletrax descendait les escaliers en colimaçons de la tour Epsilon 99, il repensa à la raison pour laquelle il s’était tourné vers les Puissances de la Ruine. Cela devait être arrivé dans les alentours de 956.M41. A l’époque, il était capitaine de la 6ème compagnie des Devils Warriors, et opérait sur la planète Asylus, située à frontière entre l’Ultima Segmentum et les Astres Fantômes. Ce fut au cours de l’attaque sur le palais du gouverneur corrompu qu’il réalisa que l’Empereur ne considérait ses Space Marines que comme de la chair à canon. Le nombre de pertes qu’avaient connus sa compagnie et les régiments de la Garde Impériale qui les accompagnaient conforta cette révélation. Il avait alors décidé de mener la révolte à la tête de la vingtaine de frères toujours en vie, eux aussi abusé par les combats qu’ils venaient de vivre. Seuls 7 Space Marines parvinrent à rejoindre le croiseur en orbite au-dessus de la planète. Ils décidèrent alors de se réfugier dans l’Œil de la Terreur, comme le font tous les traîtres. Ils ne furent que 3 à revenir dans le monde matériel en 968.M41, cependant ils étaient désormais à la tête d’une armée de pirates et de félons. Leur première action fut alors de piller Asylus, qui avait été ramenée sous le joug impérial. Le seul élément qui liait Meletrax à son service au nom de l’Empereur était la relique qui lui servait d’armure. Elle lui avait été offerte par le maître de chapitre Lycosius lorsqu’il avait été promu au rang de capitaine.  Le temps de se remémorer ces souvenirs, Meletrax arriva dans le hall de la tour Epsilon-99. Il était fasciné par ces murs en marbre décorés par de somptueux tableaux provenant des quatre coins de l’Imperium. Certains montraient de grands rassemblements de Space Marines, d’autres des célébrations de la Garde Impériale. Mais rapidement, son regard se tourna vers la silhouette en armure énergétique située à l’entrée de la tour. Meletrax reconnut sans hésiter son premier lieutenant.  - « Ypérion, dit-il alors. Je ne t’es par revu depuis l’assaut sur l’observatoire. Où étais-tu passé?   - « Je m’occupais des préparatifs de défense, répondit le premier lieutenant. »  Ypérion était autrefois un sergent vétéran de la compagnie de Meletrax et avait été l'un des premiers Devils Warriors à suivre son capitaine. Il portait encore les marques de cette fuite sur son visage couturée de cicatrices et sur son armure ouvragée de type MKVII « Aquila ».  - « Avons-nous repéré une quelconque activité en orbite? lui demanda Meletrax.  - Pas encore, lui répondit Ypérion. Cependant, les principales défenses anti-aériennes sont déjà opérationnelles.  - Excellent. De quoi sont-elles composées?  - Il y a une batterie quasi-complète de chars anti-aériens Hydre, ce qui en fait 8 à notre disposition. A cela on peut rajouter une dizaine de canons lasers de type Icarius se situant dans les alentours des ruines de l’observatoire.  - Cela fait beaucoup de matériel pour un si petit complexe.  - Exact. Mais cela paraît justifié avec ce qu’il contient. »  Meletrax eu alors un petit sourire de coin. Il n’avait pas oublié la raison qui les avait amené sur Arlignos.  - « C’est vrai. D’ailleurs, où en sommes-nous des recherches?  - Janus m’a signalé il y a deux heures que la 1ère partie de la base souterraine avait été sécurisée.  - Parfait. Peut-être aurons-nous le temps de partir avant que l’Imperium ne réagisse.  - Je ne suis pas si sûr, commandant. »  Meletrax parut surpris.  - « Que veux-tu dire par là?  - Il y a une heure environ, nous avons perdu le contact avec une de nos patrouilles située au nord-est de la tour. C’est pour ça que je suis ici. »  Un court silence fit alors place.  - « Voilà quelque chose qui pourrait compliquer nos plans, reprit alors Meletrax. Renforce la partie nord du complexe, mais continue d’organiser le reste de nos défenses. Demande à Janus de se dépêcher dans les recherches. Il ne faut pas que les serviteurs du Faux Empereur viennent poser problème, c’est compris?  - Oui seigneur » répondit alors Ypérion.  Ce dernier partit alors vers l’entrée de la base souterraine. Meletrax resta dans le hall quelques secondes.  Voilà enfin un peu d’action.  Alors que la nuit tombait sur Arlignos, l’escouade Hephaïstos continuait de se déplacer en direction de la tour Epsilon-99.  Les Blue Cataphracts étaient un chapitre successeur caché des Black Templars, créé en 756.M40. En effet, le maître de chapitre Helbrecht des Black Templars avait décidé de créer un chapitre à l’insu de tous afin d’avoir un œil sur les planètes aux alentours d’Armageddon, tout en continuant de mener des croisades à d’autres endroits de la galaxie. Afin de cacher toute relation entre ces deux chapitres, les Blue Cataphracts avaient choisi de suivre les préceptes du Codex Astartes. La seule marque les associant à leurs géniteurs est la croix bleue apposée sur leur épaulière gauche, identique à celle des Black Templars.  Hephaïstos reçu alors un appel depuis son com-link.  - « De Bartholomeus à Hephaïstos, est-ce que vous me recevez? »  L’escouade Bartholomeus était la deuxième escouade de vétérans d’appui déployée sur la planète. Ils avaient atterri eux aussi sur le point d’extraction, mais avaient opéré un grand contournement afin de pouvoir effectuer un assaut sur la base depuis l’ouest.  - « Ici Hephaïstos, je vous reçois Bartholomeus.  - Bien. Où en êtes-vous de votre progression?  - Nous nous dirigeons vers la tour Epsilon-99. Nous avons également créé une diversion, comme prévu. Et vous?  - Nous sommes arrivés dans les alentours de l’observatoire. Nous vous attendons pour lancer l’assaut.  - Bien reçu. Hephaïstos, terminé. »  Hephaïstos coupa son com-link, et se tourna vers ses frères. Koleas avait récupéré de sa blessure, sa physionomie surnaturelle réparant les dégâts à une vitesse folle. Tevas était également présent. Il avait ramené les technaugures au bon soin des Scouts postés au site d’extraction avant de rattraper le reste de l’escouade. Si celui-ci avait été épuisé par sa course à travers la jungle, il n’en montrait toutefois aucun signe.  - « On doit se dépêcher, dit alors Hephaïstos. Nos frères de l’escouade Bartholomeus n’attendent plus que nous pour porter le coup final à ces traîtres. »  Sur ce, la cadence de marche augmenta de manière significative.   III Deux heures plus tard, les membres de l’escouade Hephaïstos furent en position. Comme ils l’avaient prévu, les défenses avaient été renforcées du côté nord du complexe. En effet, là où différents endroits n’étaient protégés que par quelques barbelés et deux ou trois positions de tir, la partie nord avait été barricadée, et plusieurs bolters lourds et autocanons étaient placés de manière à se couvrir mutuellement.  Hephaïstos vit alors l’escouade Bartholomeus se positionner à l’ouest de la barricade. En se retournant, il vit ses hommes armer leurs bolters de munitions de type « Stalker », utilisées pour les tirs à longue distance, et réajuster leurs silencieux. Au bout de cinq minutes, ils signalèrent qu’ils étaient prêts. Hephaïstos activa alors son com-link.  - « Ici Hephaïstos, mon escouade est en position pour vous couvrir. Vous pouvez y aller ».  Il vit alors l’escouade Bartholomeus sortir de son couvert et attaquer les positions ennemies à travers les barbelés. Les gardes qui survécurent à la première salve de tirs sonnèrent l’alarme et se regroupèrent en direction des postes de tirs ouest.  Ceux situés sur la barricade en face de l’escouade Hephaïstos tentèrent de faire pivoter leurs armes lourdes vers l’escouade Bartholomeus.  - « Maintenant, mes frères. »  Les membres de son escouade se mirent alors en joue et ouvrirent le feu sur les renégats situés sur la barricade. Seuls Kurt et Hephaïstos ne tiraient pas, du fait que leurs armes étaient hors de portée. Cependant, ils ciblaient les dangers les plus importants pour leurs frères.  Quelques renégats chanceux furent toutefois épargnés, sauvés par les protections de la barricade. Ceux-ci commencèrent à riposter face aux tirs de l’escouade Hephaïstos. Les projectiles fusaient désormais de partout, la confusion régnant au cœur de la base suite à cette attaque sur plusieurs fronts.  - « Bon sang! Hurla Meletrax dans le com-link intégré à son casque. Comment se fait-il que les défenses ont été passées aussi facilement ?!  - Il y en a 20! Répondit Ypérion. On ne s’attendait pas à ce qu’il y en ai autant! »  Meletrax soupira.  - « Mon pauvre frère, que vous pouvez être naïf... »  Il coupa alors son com-link, et récupéra ses armes dans l’armurerie situé dans le hall de la tour. Ils s’agissaient d’une griffe éclair, que Meletrax avait récupéré sur le cadavre d’un des sergents d’assaut de son ancienne compagnie sur Asylus, et un antique pistolet bolter, marqué par les combats à répétition qu’avait connu son possesseur, qu’il rangea dans son holster. Meletrax se dirigea alors vers la lourde porte en bois, dans laquelle quatre bolts avaient déjà laissée la marque de leur passage.  Il faut vraiment que je fasse tout moi-même.  Il ouvrit alors la porte, pour se retrouver en face d’une bataille confuse au milieu de la base. Celle-ci était éclairée par les lasers et par les incendies naissants suite aux explosions de grenades. L’un de ses hommes était d’ailleurs écroulé devant lui, sa cervelle ayant repeint le bas de la porte. Cependant, il s’aperçut que la première escouade de Space Marines se trouvait à couvert derrière les murs de la barricade dénué de défenseurs vivants et que les membres de la seconde étaient encore dans les barbelés, occupés à abattre les sbires de Meletrax situés face à eux.  Meletrax eut alors un sourire carnassier derrière son casque.  Ceux-là vont payer les premiers.  Frère Walter couvrait son sergent et les autres membres de l’escouade Bartholomeus depuis les barbelés dans lesquels il était lui aussi empêtré. Ils avançaient inexorablement sous un déluge de tirs de leurs ennemis, ne s’arrêtant que pour abattre ceux se révélant être trop dangereux. Heureusement que l’escouade Hephaïstos avait sécurisé la barricade, sinon la situation aurait été tout autre.  Deux ennemis approchèrent d’eux, armés de haches de mauvaise qualité. Walter les élimina d’une rafale, coupant l’un en eux au niveau de la ceinture et décapitant l’autre. Il se remit ensuite a écraser les barbelés qui lui barrait la route. Il vit alors frère Caius s’effondrer, un tir de fusil laser ayant traversé sa carotide pour ressortir à travers sa nuque.  Que l’Empereur te garde.  Les projectiles adverses ricochaient en continu sur son armure énergétique, ainsi que sur celles de ses frères de bataille. En arrosant les positions des renégats, il vit un Space Marine hérétique équipé d’une griffe éclair devant l’entrée de la tour.  Voilà enfin notre cible.  Walter pointa son bolter dans sa direction. Cependant, il le vit lever son bras, et s’aperçut qu’il possédait un objet métallique dans la main, sur lequel il pressa son pouce. Walter comprit alors quel était la nature de l’objet.  Un détonateur.  A ce moment-là, plusieurs mines hérissées de pointes, jusqu’alors enfouis sous leurs pieds, furent projetés dans les airs tout autour des membres de l’escouade Bartholomeus, le mécanisme parvenant à les faire grimper jusqu’au niveau de leur tête.  Non!  Walter n’eut pas le temps de réagir lorsque l’une d’entre elles explosa devant son casque, lui séparant violemment sa tête de ses épaules.   IV Hephaïstos et ses hommes virent alors les détonations au milieu de l’escouade Bartholomeus.  - « Frères! » Cria-t-il.  Son escouade chargea alors au milieu du camp des hérétiques. Ceux-ci ne purent les arrêter dans leur attaque vengeresse, et une bonne partie d’entre eux moururent sous les tirs de bolters, de pistolet à plasma. Kurt avait eu l’intelligence d’utiliser son pistolet bolter, afin de préserver les munitions de son fuseur. La plupart des renégats survivants allèrent se réfugier dans la tour Epsilon-99. Hephaïstos croisa alors le regard du traitre qui venait de mettre à mort ses frères de l’escouade Bartholomeus, un dénommé Meletrax.  - « Mes frères, dit-il alors à ses hommes, occupez-vous des survivants dans la tour. Je me charge de lui. »  Hephaïstos se dirigea alors vers lui, tout en dégainant son épée tronçonneuse accrochée dans son dos.  Tu vas payer pour ce que tu viens de faire, je le jure devant l’Empereur.  Hephaïstos chargea alors en direction de Meletrax. Celui-ci vit la menace et activa le champ énergétique de ses griffes éclairs. Au moment où Hephaïstos parvint à portée, Meletrax tenta de lui plonger son gantelet dans le plastron. Cependant, Hephaïstos esquiva en utilisant son élan, et mit un coup descendant à son adversaire en direction de son bras gauche, celui armé des griffes éclairs. Meletrax avait toutefois vu le coup venir, et se propulsa tel un bélier sur le sergent en s’appuyant sur sa jambe droite. Hephaïstos fut alors projeté au sol et glissa sur plusieurs mètres.  Il parvint à se relever juste à temps pour parer l’attaque de Meletrax. La lame tronçonneuse se bloqua dans l'un des interstice séparant les griffes éclairs, et émit un bruit strident alors qu’elle essayait de se frayer un chemin dans le gantelet. Cependant, Meletrax retira sa main gauche, et asséna un puissant coup de poing de sa main droite, qui fissura le casque de Hephaïstos, avant de reculer. Le sergent Blue Cataphract en profita pour se relever et retirer son casque, désormais inutilisable. Mais Meletrax en profita alors pour se lancer à la charge. Toutefois, Hephaïstos eu le temps de se décaler sur le côté gauche. Meletrax effectua une roulade vers l’avant lorsque son adversaire tenta de lui mettre un coup d’épée tronçonneuse en plein visage. Il se retourna et profita de l’occasion pour enfoncer ses griffes éclairs dans l'estomac de Héphaïstos.  Elles ressortirent alors dans le dos du sergent des Blue Cataphracts, et Héphaïstos lâcha sa lame tronçonneuse.  - « Tu es fini, Space Marine. » dit alors Meletrax.  Malgré la douleur, Hephaïstos se mit alors à sourir.  - « Tu crois? » lui répondit-il.  Le sergent Blue Cataphract dégaina alors sa dague de combat de sa main gauche, et la plongea dans le côté droit de l’interstice entre le casque et le plastron de Meletrax, et un filet de sang se mit à se déverser sur le plastron du traître. Meletrax lâcha un cri de douleur et de rage mélangé au travers du haut-parleur de son casque.  Il retira alors le gantelet du ventre de Hephaïstos, et le repoussa en lui assénant un coup de pied dans le plastron. Héphaïstos s’écroula alors sur l’herbe ensanglantée. Meletrax se replia alors dans la base souterraine alors que la porte se refermait, tout en appuyant avec sa main droite sur sa blessure au cou  Héphaïstos n’essaya même pas de se relever, la douleur à son torse et à sa tête étant trop forte et l'atmosphère commençant à l'empoisonner malgré les organes supplémentaires qu'il avait reçu en devenant un Space Marine. Ses cheveux blonds étaient salis par la boue, sa respiration était douloureuse et du sang s’écoulait de son nez. Il commenca alors à voir flou. Il voyait des silhouettes sur le sol. Des cadavres de renégats, mais également la forme du casque d’un Blue Cataphract. Il voyait aussi la forme de l’observatoire, dont l’incendie s’était arrêté de lui-même malgré les combats. La dernière chose qu’il vit fut quelques formes massives se rapprocher de lui.  Puis tout devint noir.    V Lentement, Héphaïstos revint à lui. Il se trouvait dans une pièce assez sombre, allongé sur un matelas posé au sol. La lumière du crépuscule illuminait faiblement la pièce. Il constata qu’il ne portait pas son armure et, en inspectant un peu la pièce, il la vit placée sur une commode en bois, en piteux état. En effet, celle-ci avaient plusieurs ouvertures au niveau du plastron, et le casque était cabossé suite au coup de poing que lui avait asséné Meletrax au cours de leur duel.  Il essaya alors de se lever, mais une douleur fulgurante au ventre le cloua sur le matelas. La griffe avait dû causer des dommages importants dans son organisme.  La lourde porte en bois situé à gauche du lit s’ouvrit alors dans un grincement strident. Un Space Marine au couleur des Blue Cataphracts en émergea.  - « Vous vous enfin réveillé sergent? dit-il alors. J’ai bien cru que les premiers soins que je vous ai prodigué avaient été inutiles. »  Hephaïstos le reconnut sans hésitation.  - « Kurt, répondit-il, je crois que j’ai une dette envers toi.   - Vu le nombre de fois où c’est vous qui m’avait sauvé, on peut plutôt dire que nous sommes quittes. »  Hephaïstos eu un sourire de coin.  Kurt avait toujours été destiné à devenir apothicaire. Toutefois, l’adrénaline des combats l’avait plutôt orienté vers l’intégration dans une escouade Tactique. Son courage, sa loyauté et le fait qu’il ait sauvé plusieurs de ses anciens compagnons grâce à ses talents en médecine avaient favorisé sa promotion dans une escouade de Vétérans d’Appui.  - « Vous avez subi de graves blessures, reprit alors Kurt. Votre cœur principal est totalement inutilisable, et votre Multi-poumon ainsi que votre Carapace Noire sont très endommagés. J’en suis encore à me demander par quelle miracle vous n’avez pas encore rejoint l’Empereur.   - … Et pour le déroulement des combats? Demanda Hephaïstos.  - La majorité des renégats sont bloqués dans leur bunker souterrain. En revanche, un petit groupe mené par un Space Marine du Chaos tient encore une plaine abritant des armes antiaériennes. Si nous ne les détruisons pas, nous ne pourrons pas recevoir de soutien, ni évacuer les technaugures et les blessés.  - Nous avons des blessés?  - En effet. Le sergent Bartholomeus et frère Crixus ont survécu aux mines.  - Est-ce qu’ils vont bien? »  Hephaïstos essaya de se lever, mais la douleur était toujours là.  - « Il faut que vous restiez là, lui dit Kurt. Koleas a emmené Sirion et Balthazar s’occuper des armes antiaériennes. Et sachez que Bartholomeus va bien.   - ...et Crixus? »  Kurt resta silencieux quelques secondes, et Hephaïstos parvint à sentir son embarras.  - « Crixus est dans un état déplorable, amorça Kurt. Je doute qu’il survive assez de temps pour voir les secours arriver. »  Hephaïstos laissa échapper un léger soupir.  - « Je dois m’absenter sergent, reprit alors Kurt, il faut que j’aille m’occuper de Bartholomeus. » Kurt prit le chemin de la porte par laquelle il était entré quelques minutes plus tôt.  Hephaïstos resta alors sur le matelas, et essaya en vain de dormir.   VI Au milieu de la nuit, un orage se déclara dans les gigantesques forêts d’Arlignos. Les seules sources de lumière du camp provenaient des lampes industrielles, qui éclairaient l’ensemble des tentes installées à l’improviste par les Cold Reapers. Certains essayaient vainement de dormir, effrayés par ces maudits loyalistes qui pouvaient traîner dans les alentours. D’autres profitaient de leur manteau pour surveiller les alentours, tenant fermement leur arme. Et, au milieu de ces traîtres, la forme massive d’Ypérion scrutait les arbres adjacents au camp, la vision nocturne lui donnant la possibilité de repérer plus facilement les éventuelles embuscades. Même si cela ne l’empêchait pas d’hurler sur certains des hommes faisant preuve d’une peur trop visible.  Les Hydres restaient immobiles dans leurs positions défensives, composées de sacs de sable détrempées par la pluie. Leurs membres d’équipage en avaient profité pour se réfugier à l’intérieur de leurs engins. Certains étaient allés jusqu’à allumer le moteur pour pouvoir se réchauffer.  Ce sont ces éléments que vit Koleas à travers ses jumelles, empruntées au sergent Hephaïstos. Lui et ses deux compagnons étaient allongés dans les bosquets, non loin de l’Hydre la plus éloignée des tentes. Koleas se retourna alors vers ceux-ci.  - « Mes frères, voilà mon plan: on va se faufiler jusqu'au campement, et ce tout en posant des bombes à fusion sur les Hydres. Cela nous permettra d’éviter une attaque de flanc sur la tour, et nous offrira la possibilité de demander des renforts. »  Sirion et Balthazar hochèrent la tête d’approbation.  - « Excellent. On y va. »  Sur ce, le petit groupe se faufila en direction de la première Hydre, située à cent mètres de leur position initiale. Cette Hydre arborait le camouflage forestier d’origine, mais les nouveaux propriétaires avaient rajoutés des inscriptions blasphématoires peintes en bleu. Le déplacement des Space Marines fut couvert par le ronronnement bruyant du moteur du véhicule antiaérien.  Les trois Blue Cataphracts se cachèrent derrière le véhicule renégat. Sirion plaça alors discrètement une première bombe à fusion sur le flanc gauche du char, et le groupe continua alors sur sa lancée. Au bout de dix minutes qui semblaient être une éternité, les 7 Hydres positionnées à proximité du camp furent piégées à l’insu de leurs équipages. Les Blue Cataphracts se placèrent alors en position de tir en direction du campement, et hors du rayon d’explosion des bombes. Le campement des pirates était toujours aussi calme, mais cela n’allait pas durer.  - « Quand tu veux. », dit alors Koleas.  Balthazar actionna le détonateur. Toutes les bombes ainsi que les Hydres explosèrent simultanément dans un fracas, ponctué par de petites détonations provenant des munitions des tanks. Le campement fut alors en alerte, et tous les pirates exceptés le traître étaient horrifiés par ce qu’il venait de voir.  - « Maintenant. »  Sirion, Balthazar et Koleas firent feu de leurs bolters sur le campement. De nombreux humains furent tués instantanément, n’ayant pas le temps de comprendre ce qui venait d’arriver. Le Space Marine du Chaos fut alors blessé par Koleas, un de ses bolts allant percer la genouillère droite de l’hérétique et lui détruisant le genou. Ce dernier recula alors difficilement pour aller se mettre à couvert avec plusieurs de ses sous-fifres, et commença à lâcher plusieurs rafales de son pistolet bolter en direction des loyalistes. L’air fut saturé de lasers, dont la plupart ricochèrent sur les armures énergétiques des trois Blue Cataphracts. Ceux-ci s’éparpillèrent alors, Balthazar contourna par la droite tandis que Koleas faisait de même par la gauche et que Sirion fonçait au milieu tout en mitraillant les pirates avec son bolter. Deux renégats sortirent alors d’une tente et chargèrent Sirion, armés de baïonnettes. Cependant, Sirion les stoppa en pleine course en tirant une rafale dans leur direction, ce qui eut pour conséquence de décapiter le premier et de couper les deux jambes du second. Balthazar acheva alors ce dernier d’un bolt dans la nuque.  Il ne restait plus que quinze ennemis sur les trente-cinq qui composait le campement avant l’assaut. Cependant, la menace que représentait le Space Marine du Chaos était toujours là, et celui-ci était plutôt doué pour diriger les survivants. En effet, sous ses ordres, les pirates avaient formé un demi-cercle défensif leur permettant de se soutenir mutuellement face à leurs agresseurs. Balthazar fut alors cloué sur place par les tirs de pistolet bolter provenant du traître et se mit à couvert derrière un tronc d’arbre couché sur le sol, constituant un abri sommaire. Koleas profita alors de l’occasion pour foncer dans les rangs ennemis tout en dégainant son couteau de combat. Plusieurs fusils lasers firent feu sur lui, mais aucun ne lui infligea de blessures. Le premier pirate se fit fracturer le crâne et briser la nuque lorsque sa tête fut violemment projetée en arrière par une droite assénée par Koleas. Un autre pirate tenta de stopper le loyaliste avec la crosse de son fusil, mais Koleas la brisa avant d’enfoncer son couteau dans la gorge du renégat. Alors que ce dernier essayait désespérément de respirer, un troisième pirate s’attaqua à Koleas à l’aide d’un couteau de boucher. Mais au moment où il allait porter un coup descendant, Koleas lui trancha le bras, pour ensuite lui envoyer un coup de coude au visage. Le renégat désormais défiguré fut alors projeté à terre, et n’eut même pas le temps de crier avant que Sirion lui tire deux bolts dans l’estomac. Le Space Marine du Chaos tourna alors son attention vers Sirion et tira deux rafales vers lui, ce qui obligea ce dernier à stopper son avance vers le groupe de pirates. Cependant, Balthazar profita de l’occasion pour se rapprocher de ses adversaires, et tua deux autres ennemis à l’aide de son bolter. C’est à ce moment que les renégats lâchèrent prise et détalèrent dans la forêt en abandonnant leurs armes derrière eux.  Au milieu des tentes en feu et des carcasses de chars, les trois loyalistes venait de vaincre pratiquement tous leurs ennemis. Seul le Space Marine du Chaos ne s’était pas enfui, et observait les Blue Cataphracts au travers de son casque tandis qu’ils se rapprochaient de lui, couteaux sortis.  - « Je suis le sergent Ypérion, dit alors le renégat en dégainant son épée tronçonneuse. Si vous espérez me vaincre, sachez que vos tentatives pour me tuer ne vous mèneront qu’à votre perte. »  - « C’est ce que nous verrons… » Répondit alors Koleas.   Les trois Blue Cataphracts se jetèrent ensemble sur le traître. Toutefois, en dépit de sa mobilité restreinte, Ypérion parvint à les esquiver. Balthazar tenta de plonger son poignard dans la visière du renégat, mais Ypérion l’attrapa par le poignet, et planta son genou dans l’estomac de Balthazar. Ce dernier fut forcé de mettre genou à terre, mais Sirion vint à sa rescousse en envoyant une série de coups rapides en direction d’Ypérion, et celui-ci lâcha Balthazar pour parer les coups du deuxième loyaliste. L'un des coups de Sirion découpa le holster du pistolet bolter du traître, et le pistolet tomba dans l'herbe mouillé. En reculant, la blessure au genou d'Ypérion obligeait à tituber, lui assurant un mauvais équilibre. Sirion en profita pour faire perdre l’équilibre à son adversaire. Mais Ypérion avait prévu le coup, et, alors qu’il basculait en arrière, il envoya un coup latéral en direction des jambes de Sirion. Ce dernier ne put rien faire lorsque la lame tronçonneuse sectionna ses deux jambes juste au-dessus des genoux, et il cria de douleur en tombant au sol.  - « Non! » Hurla Koleas alors qu’il aidait Balthazar à se relever.  Il chargea alors vers le traître qui venait de mettre hors de combat ses deux camarades.  - « Tu vas payer pour ce que tu viens de faire! »  - « J’ai hâte de voir ça » répondit alors Ypérion dans un rire moqueur.  Les deux combattants s’échangèrent alors une série impressionnante de coups, usant de toutes les feintes et de toutes les techniques imaginables. Au bout d’une demi-heure de duel, Koleas reçu un coup de poing qui endommagea son casque, mais riposta immédiatement en plongeant son couteau dans le bras d’Ypérion. Il essaya de retirer la lame encastrée dans l'armure de son ennemi, mais Ypérion le repoussa d'un coup de pied dans le plastron. Les deux combattants reculèrent alors, Ypérion retirant la lame encastrée dans son armure et l’envoya au loin.  - « Tu es fini, maudit loyaliste. » dit alors le renégat.  Celui-ci chargea alors en direction de Koleas, et celui-ci pouvait deviner le sourire maléfique d’Ypérion derrière son casque, se délectant du massacre qu’il allait commettre. Cependant, Koleas ne bougeait pas et regardait calmement son adversaire qui fonçait vers lui. Balthazar et Sirion avaient leur regard rivé sur la scène.  - « Tu croyais vraiment m’avoir comme ça? » dit alors Koleas pendant que son adversaire se rapprochait rapidement de lui.  Il dégaina alors le pistolet d’Ypérion qu’il avait ramassé au cours du duel entre Sirion et le traître. Il vida le chargeur en direction d’Ypérion. Certains bolts ne firent que des trous béants dans l’armure énergétique, mais deux d’entre eux traversèrent la protection offerte par le casque, et la tête d’Ypérion explosa comme un fruit trop mûr. Le cadavre du traître avança de moins en moins vite, pour finalement s’écrouler au pied de Koleas, dont l’armure fut aspergée de sang.  Il se retourna alors vers ses deux frères, et vit que Sirion était insconcient, et que Balthazar se trouvait à ses côtés.  - « En route. On retourne à la tour. »   VII Hephaïstos observait les fresques peintes sur les murs. La lumière du crépuscule qui baignait la pièce lui permettait de les voir plus distinctement. Elles représentaient les combats qu’avaient menés le seigneur stellaire Macharius dans le Segmentum Pacificus. Ces peintures le représentaient élogieusement dans son armure d’or, ornée de lauriers. Il est montré dirigeant ses hommes, de fiers soldats appartenant de la Garde Impériale, vers un ennemi absent des fresques.  Et dire que ce sont ses propres hommes qui furent son obstacle le plus important.  La porte en bois s’ouvrit, et ce fut Koleas qui apparut cette fois-ci. Il fit alors le signe de l’aquila et s’approcha de son sergent.  - « Les batteries de défense ennemies ont été détruites sergent, annonça-t-il alors.  - Excellent mon frère. » Dit alors Hephaïstos.  Le sergent Blue Cataphract entreprit alors de se lever du matelas. Il afficha alors un petit rictus de douleur, mais le temps avait fait son œuvre, et son organisme génétiquement modifié s’était occupé de réparer les blessures. Hephaïstos posa alors sa main sur l’épaulière de Koleas.  - « Et tout s’est bien passé? Demanda-t-il.  - Presque… répondit alors Koleas.  - C’est-à-dire?  - Nous avons éliminé l’une des trois cibles présentes sur la planète, mais Sirion a été amputé de ses deux jambes. »  Hephaïstos resta silencieux, perplexe.  - « Cela nous fait un précieux élément hors course pour la suite des opérations… reprit-il. Toutefois, le sergent Bartholomeus a survécu au piège tendu par le chef ennemi.  - C’est une bonne nouvelle, dit alors tristement Koleas.  - Ne t’en fais pas pour Sirion, il s’en remettra. Ce n’est pas un vulgaire renégat qui aura raison de notre frère. Et le fait que vous ayez nettoyé cette position à trois montre bien que tu sais te débrouiller en tant qu’officier. » Koleas acquiesça de la tête. Il prit le chemin de la sortie, et laissa sa place à Kurt.  - « Je vois que vous vous êtes remis de la plupart de vos blessures, dit-il alors.  - Exact » répondit Hephaïstos.   Le sergent vétéran avança vers la porte. Certaines douleurs persistaient malgré les cicatrisations, et forçait le Blue Cataphract à se tenir légèrement vouté.  - « Où se trouve la chambre de Bartholomeus? Demanda-t-il à Kurt.  - La troisième porte sur votre gauche, lui répondit-il.  - Merci mon frère.  - De rien, sergent. »  Hephaïstos se passa alors le seuil de la porte, que Kurt referma dans un long grincement derrière lui.  Alors qu’il se déplaçait dans les couloirs de la tour, Hephaïstos s’arrêta sur le rebord de l’un d’entre eux, lui permettant de voir ses frères de bataille se préparer en contrebas. Tout en les observant, il se remémora le jour où il eut sa dernière discussion avec le célèbre Haut Sénéchal Helbrecht des Black Templars...  Cela faisait trois heures qu’il patientait dans la salle d’entraînement. Il était paré de son armure de frère d'épée du saint chapitre des Black Templars. Depuis une heure déjà, Hephaïstos avait décidé de passer le temps en affrontant des serviteurs d’entraînement. Deux d’entre eux avaient été détruits, le premier d’un coup de couteau dans le front et le second de coups de poings répétés dans ce qui lui faisait office de cage thoracique. Hephaïstos transpirait à flot, ses cheveux blonds collés à son front et ses yeux bleus rougis par la chaleur. Il s’essuya le visage avec une serviette et s’approcha du moniteur à l’entrée de la cage d’entrainement.  - « Frère Tobias, dit-il, amenez-en un aut…  - Il suffit, frère Hephaïstos. »  Hephaïstos se retourna alors, et vit son maitre de chapitre sur le seuil de la porte. Celui-ci portait sa vénérable armure d’or, ornée de la croix symbolique des Black Templars. Son armure était recouverte d’un tabard noir, arborant une croix rouge, et d’une longue cape de la même couleur. Ce noble Space Marine était également bardé de nombreux parchemins de foi et de pendentifs. Il ne portait pas d’armes, mais sa carrure aurait suffi à faire fuir n’importe quel adversaire ayant au moins une once d’intelligence.  Hephaïstos posa alors un genou à terre, et baissa la tête.  - « Mon seigneur, dit-il alors.  - Relève-toi, Frère d’épée, et suis-moi ».  Sur ce, Hephaïstos se releva et accompagna le haut sénéchal jusqu’au strategium du Emperor’s Fury, le vaisseau-amiral de la croisade de Damoclès. Ce vaisseau est un croiseur de classe Empereur, l’un des vestiges datant de la création du chapitre des Black Templars. En dépit de son absence notable de décorations importantes, il dégageait une prestance incroyable et en impressionnait plus d’un. De nombreux serviteurs faisaient des allers-retours dans les couloirs labyrinthiques du vaisseau dans le but de rejoindre ses points névralgiques, les Spaces Marines se trouvant pour la plupart dans les chapelles qu’il contenait.  Helbrecht et Hephaïstos arrivèrent alors au strategium du Emperor’s Fury. C’était une salle sombre, à l’image du reste du croiseur, et serait plongée dans une obscurité totale si la carte holographique, située sur la table centrale, n’était pas activée. Celle-ci représentait l’ensemble de la galaxie.  - « Frère Hephaïstos, amorça Helbrecht, si je t’ai convoqué ici, c’est pour te parler d’un projet qui devrait faire taire les soupçons émis à notre égard ».  Le haut sénéchal approcha alors de la console, et après diverses manipulations, la fit zoomer sur un système dont le nom ferait frémir n’importe quel noble guerrier de l’Imperium, un système qui connaissait une guerre interminable et qui avait vu les exploits d’un terrible chef ork face à la puissance armée des Anges de la Mort.  Ce système, était celui d’Armaggeddon.  - « Comme tu dois le savoir, nombreux sont nos frères chargés de poursuivre cette vermine de Ghazghkull Thraka. Cette croisade a du amputer très fortement nos forces envoyés en soutien sur Armaggeddon. Pour pallier à cela, j’ai décidé, avec le sénéchal Deathstorm qui dirige la croisade Damoclès, de fonder une nouvelle forteresse-monastère sur Janus II, située à proximité d’Armaggeddon. »  Helbrecht zooma alors sur Agallon. C’était une planète majoritairement couverte d’océans, qui était habitée par plusieurs tribus nomades, et pouvait être une source potentielle de recrues. - « Toutefois, continua alors le haut sénéchal, tu dois également savoir que les accusations sur nos déviations par rapport au Codex sont de plus en plus virulentes, notamment celles provenant du chapitre des Dark Angels. Pour cela, j’ai décidé, avec l’ensemble des sénéchaux du chapitre, de dissoudre l’ensemble de la croisade Damoclès ».  Hephaïstos fut abasourdi par cette nouvelle. Toutefois, cela expliquait la venue exceptionnelle du haut sénéchal au sein de la croisade.  - « Mais, seigneur, demanda alors Hephaïstos, que vont devenir les membres de cette croisade? »  -« Le subterfuge commence à partir de cet instant, rétorqua alors Helbrecht. A compter de maintenant, toi et l’ensemble des frères de la croisade Damoclès appartenez désormais au chapitre des Blue Cataphracts. »  Le sénéchal Deathstorm, alors caché dans l’ombre du fond du strategium, s’avança alors vers la console.  - « Moi, frère Darius Deathstorm, sénéchal de la croisade Damoclès, je suis désormais le maître de chapitre des Blue Cataphracts, en accord avec le haut sénéchal ici présent. Et toi, frère Léonidas Hephaïstos, du fait de ton statut de frère d’épée qui te fut accordé suite à tes actions sur Vateaume, je te nomme sergent des Vétérans d'Appui de ce nouveau chapitre. »   VIII - « Frère-sergent? »  Hephaïstos se retourna alors, et vit Bartholomeus debout derrière lui. Son visage arborait désormais plusieurs cicatrices, et son armure était en très piteux état, avec de nombreuses brèches et plusieurs connexions internes apparentes.  - « Frère, dit alors Hephaïtos, quelle joie de te revoir en vie! »  Bartholomeus resta silencieux dans un premier temps, affichant une mine sombre.  - Merci mon ami, répondit alors Bartholomeus. Toutefois, ce n’est pas cela qui ramenera mes hommes. »  Hephaïstos posa alors sa main sur l’épaule de son frère. Il comprenait sa douleur: l’ensemble des frères de l’escouade Bartholomeus étaient déjà sous son commandement alors qu’ils étaient encore des Black Templars. La perte de l’un d’entre eux était déjà terrible en soi, la mort de ces 9 héros était pratiquement insurmontable.  Il lui faudra beaucoup de temps pour s’en remettre.  - « Nos frères ont bien vécu, amorça Héphaïstos. Leur mort m’affecte aussi, mais je sais qu’ils sont un exemple pour les générations futures de Blue Cataphracts. De plus, il est clair que sans leur sacrifice, nous n’aurions certainement pas pu prendre la tour. Ils ont rejoints les côtés de l’Empereur, comme tous les grands héros de l’Imperium.  - J’aurais dû mourir à leurs côtés, dit sombrement Bartholomeus.  - Ta mort aurait été un des coups les plus durs que notre chapitre ait à endurer. Ton expérience représente l’un de ses piliers. »  Bartholomeus lâcha un rire de déni.  - « Tu ferais mieux d’aller voir tes hommes. Ils vont avoir besoin de toi pour le combat final. »  - « Et toi, tu ferais mieux d’aller voir frère Crixus. Sa survie a beau être incertaine, je pense que le fait de te voir en vie lui donnera une raison de continuer à résister. »  Sur ce, Bartholomeus se dirigea vers la chambre de Crixus, et referma la porte derrière lui. Hephaïtos, quant à lui, descendit les escaliers de la tour Epsilon-99 pour rejoindre son unité, qui terminait de se préparer pour l’affrontement à venir. Héphaïtos pouvait l’aube se lever à travers la porte ouverte.  - « Mes frères, annonça Héphaïstos, nous arrivons au bout de notre mission. Les derniers hérétiques sont cachés dans ce bunker, et celui-ci sera leur dernière demeure. Au nom de l’Empereur! »  Les Space Marines crièrent à leur tour la fin de sa phrase, enfilèrent leur casque et rechargèrent leurs armes. Hephaïstos enfila également son casque et sortit de la tour, tout en se dirigeant vers le bunker.  - « Sergent, dit alors Tevas, les forces impériales sont en orbite. Le 122ème régiment de Catachan est prêt à nous apporter du renfort.  - Cela ne nous sera pas nécessaire, répondit Hephaïstos, ces hérétiques seront morts avant même qu’ils ne posent le pied sur la planète. »  Le bunker était plein d’activité, les serviteurs des Dieux Sombres s’attelant au déblayement des salles dans l’espoir de trouver ce que cherchaient leurs maîtres. Meletrax les scrutait depuis une passerelle surplombant la scène, affichant un fort mécontentement. Il avait appris quelques heures auparavant le décès d’Ypérion, ce qui avait eu pour effet d’accentuer sa haine envers ces maudits Space Marines qui avaient gâché ses plans. La majeure partie de son armée avait été éliminée durant les précédents combats, et il savait qu’avec la perte des défenses anti-aériennes, ils n’étaient plus à l’abri de l’arrivée rapide de renforts impériaux. Meletrax vit alors Janus sortir des chantiers, son armure blanche couverte de boue et de rayures. Cet ancien techmarine avait toujours eu la sale manie de vouloir aider ses moins-que-rien de serviteurs.  - « Où en êtes-vous des travaux, mon frère? lui demanda Meletrax   - Nous avons déblayé la moitié du bunker, mais il sert à rien de s’occuper du reste.  - Et pourquoi cela?  - Parce que nous l’avons trouvé. »  Melatrax se mit à sourire de satisfaction. Leur mort certaine ne l’importait plus. Il était venu pour une chose, et cette chose était désormais à sa portée.  - « elle fonctionne encore? Demanda Meletrax en descendant de la passerelle.  - Oui seigneur, elle fonctionne parfaitement. »  Meletrax entra dans la pièce, et admira sa trouvaille, affichant un sourire malsain.  - « Parfait… ces loyalistes vont enfin comprendre ce qu’il en coûte de vouloir m’ôter la vie... »  L’escouade de Blue Cataphracts était regroupé devant l’entrée du bunker, situé sous l’observatoire « Great Eye ». Hephaïstos observa ses hommes un par un: Koleas, Balthazar, Tevas, Sigmund, Orion, Agenor et Reimers. Tous étaient prêts à en découdre avec ces chiens du Chaos. Seul Kurt était resté à la tour pour s’occuper des blessés et il avait pris soin de confier son fuseur à Orion. Cette arme allait d’ailleurs trouver son utilité face à cette porte de plastacier qui menait au bunker.  - « Frère Orion, tu sais ce qu’il te reste à faire. »  Orion hocha de la tête, et traça un sillon rectangulaire dans la porte à l’aide du fuseur, et forma ainsi un passage assez grand pour faire passer un Space Marine.  La plaque ainsi découpée tomba lourdement sur le béton du bunker. Les Blue Cataphracts s’engouffrèrent alors rapidement dans celui-ci, les bolters pointés vers tous les angles de la pièce. Cette dernière était éclairée faiblement par de vielles lanternes rouillés. Cependant, leur casque leur permettait de voir comme en plein jour.  - « Rien à signaler, annonça Agenor.  - « Bien reçu, répondit Hephaïstos. On avançe. »  L’escouade se dirigea vers la seconde porte, qui connut le même sort que la première.  Sauf que cette fois, des pirates les attendaient.  Un bolter lourd et des fusils lasers crachèrent alors leurs munitions en direction de la porte nouvellement découpée. Orion eut le temps de se mettre à couvert, même si deux cratères ornaient désormais la plaque pectorale de son armure. Sigmund prit le risque de tirer une rafale à travers l’ouverture, et un bolt vint se loger dans le front de l’hérétique maniant le bolter lourd. Sa tête explosa et le cadavre bascula en arrière. Les Space Marines entrèrent alors dans la pièce, tout en faisant feu sur les adversaires restants. Deux d’entre eux furent criblés de bolts et formaient des tas de chairs difformes, et les trois derniers furent abattus à la dague de combat par Koleas et Tevas.  - « Salle sécurisée, annonça Tevas.   - Parfait, déclara Hephaïstos. On continue. »  L’escouade avança alors en direction de la salle suivante, déterminée à en finir avec cette vermine pour la gloire de l’Empereur.  - « Seigneur, dit un pirate affolé, les loyalistes approchent!   - Et alors, qu’est-ce que vous attendez pour les attirez ici?! Hurla Meletrax. »  L’hérétique accourut alors vers l’entrée, et emmena plusieurs des siens avec lui pour engager le combat.  La fin approche. Voyons ce que valent ces satanés adeptes du Faux-Empereur.  La dizaine de Cold Reapers étaient à l’abri derrière des sacs de sable placés à la hâte, et maintenaient un barrage de tir continu en direction des murs derrière lesquels se trouvaient l’escouade de Vétérans d’Appui. Sigmund et Agenor étaient les plus proches de la position défensive, et étaient cachés derrière un bulldozer renversé. Agenor dégoupilla une grenade à fragmentation, et la jeta en direction des hérétiques. 5 la virent à temps et quittèrent la protection des sacs de sable, mais les 6 autres furent démembrés par l’explosion qui suivit.  - « Chargez, mes frères! Cria Hephaïstos. »  Ces derniers quittèrent alors leurs couverts et engagèrent les Cold Reapers au corps-à-corps. L’un d’entre eux tenta de stopper Hephaïstos, mais celui-ci n’eut aucun mal à le couper en deux avec son épée énergétique. L’engagement ne dura pas plus d’une minute, le dernier hérétique se faisant arracher le bras par Reimers en tentant de lui porter un coup ascendant avec sa hache de boucher, avant d’être projeté contre la dernière porte en état. Reimers l’acheva en lui broyant la tête avec son pied.  L’escouade se regroupa alors autour de Reimers.  - « Mes frères, annonça Hephaïstos, nous touchons à notre but. Derrière cette porte se trouvent les dernières vermines restantes sur Arlignos. Nous rentrerons bientôt chez nous. »  L’escouade se préparèrent à entrer dans la salle principale du bunker.  Tu vas payer Meletrax. Pour tous les membres de l’escouade Bartholomeus, pour Sirion, pour tous ces morts sur Asylus, tu vas payer.   IX Les Blue Cataphracts se regroupèrent devant l’immense porte blindée menant à la salle principale.  - « Orion, Agenor, occupez-vous en. » ordonna Hephaïstos.  Les deux Vétérans d’Appui hochèrent la tête et armèrent chacun une bombe à fusion sur la porte, pendant que le reste de l’escouade se mettaient à couvert, les Cold Reapers ayant probablement été prévenu de leur arrivée. Les deux artificiers eurent juste le temps de se cacher avant les bombes ne fassent exploser la porte en adamantium. La vision conférée par leur casque leur permet de découvrir les défenses ennemies avant même que la poussière ne retombe : plusieurs équipes de mitrailleuses entourées de soldats à l’équipement hétéroclite s’étaient retranchées derrière divers matériaux de construction, tels que des poutres, ou des sacs de sable. Un Space Marine du Chaos dirigeait la troupe en aboyant et en menaçant les traîtres. Le tout, formant une masse d’une cinquantaine de soldats, protégeaient un tunnel situé au fond de la pièce souterraine.  Tout cet orchestre de mort amorça alors sa funeste symphonie, les projectiles traversant la poussière de l’explosion. Koleas riposta immédiatement, vidant un premier chargeur de son bolter en direction des sources des tirs. Son casque lui permettait de voir aisément dans l’obscurité et la poussière, et une première équipe de mitrailleuse des renégats en fit les frais. Un autre pirate situé non loin s’écroula derrière les sacs de sable en hurlant, son bras gauche rendu à l’état de résidu fumant.  - « En avant mes frères ! En avant ! » Somma Hephaïstos.  Le groupe des Blue Cataphracts se mirent à avancer sous les tirs tout en ouvrant le feu vers toutes les directions. Les Vétérans d’Appui formèrent un demi-cercle autour de leur chef : celui-ci n’avait pu se remettre complètement de ses blessures et n’avait pu apporter que des réparations sommaires à son armure énergétique, ce qui en faisait le Space Marine le plus vulnérable de l’escouade. Hephaïstos souria légèrement sous son casque, mais déchanta très vite lorsque frère Balthazar s’écroula, un bolt dans la gorge et des dizaines d’impacts de balle constellant son plastron.  - « Dispersez-vous ! » ordonna le sergent.  Les Space Marines acquiescèrent et rejoignirent des positions de tir diverses dans la salle, tout en se mettant à couvert du déluge de projectiles qui les assaillaient. Hephaïstos attrapa le corps de Balthazar et le traîna difficilement vers un bulldozer abandonné. C’est alors qu’un bolt explosa sur son épaulière, certains éclats s’enfonçant dans le bras du sergent Blue Cataphract.  Encore un comme ça, et je serais bon pour rejoindre l’Empereur.  Reimers et Sigmund étaient quant à eux à couvert derrière un tas de sacs de sable, et délivraient un feu nourri sur les positions de mitrailleuses ennemies, et sur le Space Marine du Chaos qui avait abattu frère Balthazar. Trois équipes de mitrailleuse avaient déjà été éliminées, et il n’en restait plus que deux. Deux pirates sortirent de leur couvert et essayèrent de se regrouper avec un autre groupe de Cold Reapers fuyant dans le tunnel. Là où le premier y parvint, le second fut fauché par une rafale de Reimers. Une mitrailleuse s’orienta vers les deux Space Marines, mais ce fut sans compter sur Tevas et Agenor qui se jetèrent sur les pirates. Un premier renégat fut égorgé par Tevas, et un second fut brutalement assassiné par Agenor. Les autres tentèrent de retourner leurs armes contre eux…  En vain.  Koleas, pendant ce temps, rejoignit Hephaïstos et Balthazar tout en ouvrant le feu en direction de la dernière mitrailleuse, profitant de cette occasion pour tuer le chargeur.  - « Vous allez bien, sergent ? Amorça Koleas.  - Balthazar est hors de combat, et je peux rajouter une blessure à mon palmarès, rétorqua Hephaïstos, à genoux auprès de son frère de combat mort.  - Que l’Empereur le garde. Restez avec lui, nous continuerons d’avancer.  - Bien. Je te laisse le commandement de l’escouade. »  Koleas approuva, et tandis que Hephaïstos administra les premiers soins à Balthazar, il alla en direction de la position de Reimers et de Sigmund. Le Space Marine du Chaos continuait de tirer sur Tevas et Agenor, bloqués à la position de la mitrailleuse qu’ils venaient de réduire au silence.  - « Mes frères, je prends le commandement. Eliminons ces chiens, pour l’Empereur ! »  Les trois Blue Cataphracts sortirent de leur couvert, et chargèrent en direction des derniers Cold Reapers de la salle. Leurs deux camarades profitèrent de cette diversion pour délivrer un feu nourri vers la mitrailleuse. Les cinq pirates s’écroulèrent dans les secondes qui suivirent, leurs membres se retrouvant dispersés aux quatre coins de la position. Le Space Marine du Chaos fut, pour sa part, protégé dans un premier temps par son armure énergétique vétuste, et riposta en direction des trois plus proches. Ces derniers se mirent alors à couvert, et vidèrent leurs chargeurs sur le traître. Là, sous le déluge de bolts, Janus fut mis à terre. Mais cela ne l’empêcha pas de tirer ses dernières munitions sur Sigmund, dont l’une d’entre elles lui traversa le plastron et endommagea son cœur principal et deux de ses poumons. Reimers grimpa alors sur les sacs de sable et tira un chargeur complet en direction de la tête de Janus. Le casque du traître finit par céder, et sa tête devint un amas de chair, de sang et de matière grise.  - « C’est terminé pour toi. » dit alors Koleas au cadavre de Janus.  Il se tourna alors vers ses frères, et notamment vers Sigmund.  - « Ne t’en fais pas pour moi, répondit préventivement Sigmund à Koleas, je peux continuer de me battre.  - Dans ce cas, allons-y et finissons-en… une bonne fois pour toutes. »   X Les 6 Blue Cataphracts restants s’engouffrèrent dans le tunnel un par un. Il s’agissait d’un obscur dédale, maintenu sommairement par quelques poutres rouillées et des plaques en bois. Les Space Marines loyalistes étaient à l’étroit, les tunnels étant destinées à des humains normaux. Ce handicap leur empêchait de se déplacer rapidement, ce qui pouvait être mis à profit par les pirates pour organiser d’ultimes défenses. Après dix minutes de traversée pénible, Koleas et ses frères atteignirent la sortie, qui menait à une salle aux murs de plastacier, éclairée par une lampe de chantier. Cette salle était reliée à un couloir, tout aussi mal éclairé.  - « Quel est donc cet endroit ? demanda Reimers. Cette partie du complexe n’apparaissait pas sur les plans.  - Ça paraît logique que ce soit ainsi, lui répondit Koleas, vu ce que les technaugures y entrepose. »  Des bruits de pas se firent entendre dans l’enceinte. Des hommes étaient en train de courir.  - « Nous devons nous dépêcher mes frères, reprit Koleas. Ses ennemis doivent préparer notre arrivée. »  L’escouade Héphaïstos se mit à sprinter dans le bunker, et s’enfonça dans le dédale de couloirs, guidés par les échos émis par les mouvements des Cold Reapers et les ordres de leur chef.  Ses guerriers grouillaient autour de lui. Ils préparaient les quelques armes et munitions qui leur restait. Ils n’étaient plus nombreux : une cinquantaine seulement était en état de se battre. En outre, beaucoup d’entre eux avait perdu leur fusil ou n’avaient plus de munitions, et devaient se contenter d’armes blanches et contondantes, comme des couteaux ou des gourdins. Meletrax enrageait à cette vue pitoyable offerte par ses sbires.  Ma si belle armée… Comment a-t-elle pu être anéantie aussi facilement par ces vermines de l’Empereur ?! Je vais leur montrer à quel point ce fut une erreur pour eux de venir sur Arlignos…  Le seigneur renégat se tourna ensuite vers l’artefact, la contempla et s’en approcha.  Ils ne quitteront pas cette planète vivante !  Koleas enclencha un nouveau chargeur dans son bolter. La patrouille de traîtres ne leur avait opposé qu’une légère opposition, qui avait durée deux minutes et cinquante-cinq secondes. Les sept suppôts du Chaos formait désormais un tapis de cadavres, les murs et les piliers porteurs étaient repeints à grandes giclées de sang et de matière grise.  - « Zone sécurisée, annonça Orion.  - Bien reçu mon frère, répondit Koleas. Regroupez-vous sur ma position. »  Orion fut le premier à le rejoindre. En plus du fuseur, il avait gardé son bolter et lui faisait honneur en abattant les ennemis de l’Empereur. Les autres ne tardèrent pas à arriver. Aucun d’entre eux n’avait subi de blessures, seules leurs armures étaient ornées de nouveaux dégâts.  - « Nous approchons de notre but mes frères, tonna Koleas. Tous Ses ennemis auront bientôt arrêté de souiller cette terre de leur présence !  - Il faudra que le Haut-chapelain Wilfried m’explique pourquoi tu n’as pas déjà rejoint les rangs de son ordre, dit alors Agenor en ricanant.  - Nous verrons avec lui lorsque nous serons rentrés à Agallon. Pour l’instant, nous avons ds préoccupations plus importantes. »  Les Anges de la Mort se dirigèrent vers la sortie de la salle dans laquelle ils se trouvaient. Toutefois, des bruits de pas se faisait de plus en plus proches depuis l’autre côté de la porte blindée. Cependant, un des échos était très clairement différent des autres.  - « Ils approchent, dit Koleas. Préparez-vous au contact. »  C’est à ce moment que la lourde porte fut propulsée au centre de la salle. Des dizaines de traîtres se déversèrent à travers la brèche, mais cela ne valait rien par rapport à ce qui se profilait en arrière-plan. Koleas scruta l’artefact qui avait provoqué la venue des Cold Reapers et des Blue Cataphracts.  C’est donc cela. La Destructrice de Dieux.  Il s’agissait d’une exo-armure deux fois plus grande qu’un Space Marine, qui frôlait le plafond du bunker. L’un des bras mécaniques avait vu le remplacement de la main par un canon gatling comparable à ceux en dotation sur les Leman Russ Punisher de la Garde Impériale. Bien que l’exo-armure semblait fragile, avec ses câbles mis à nu, les champs de force émis par la machine lui offraient une excellente protection. Meletrax était présent au centre de cet amalgame de câbles, maintenu dans un harnais et engoncé dans sa vétuste armure énergétique endommagée par les précédents combats.  Très rapidement, une tempête de feu dévasta la salle. Tous les projectiles, du laser à l’obus de gatling, fusaient dans tous les sens. Les six Blue Cataphracts étaient dispersés dans la pièce, éliminant méthodiquement les renégats qui les agressaient, alors que différents projectiles rebondissaient sur leur armure. Seul l’exo-armure représentait une véritable menace, et les loyalistes cherchaient à l’esquiver ou, comme le faisait Agenor, essayait d’abattre le chef des Cold Reapers. Cependant, les bolts ne parvenaient pas à traverser les champs de force. Meletrax, voyant cela, en profitait pour prendre des risques, n’hésitant pas à charger les loyalistes, ce qui les forçait à se disperser davantage. Sigmund se retrouva alors acculé dans un coin de la salle et commençait à manquer de munitions. Plusieurs traîtres essayèrent de charger le Space Marine, mais celui-ci parvenait à les repousser, utilisant la crosse de son fusil pour leur briser le crâne ou utilisant ses poings. Meletrax approcha de lui de manière menaçante. C’est alors qu’Orion activa son fuseur et tira une première salve dans le dos de l’exo-armure. Les champs de force de la machine absorbèrent l’impact, mais ils ne pourraient plus réitérer cet exploit. Meletrax se retourna, et projeta Orion dans les airs d’un revers de la main. Le fuseur s’envola également, et atterrit au centre de la pièce. L’un des derniers renégats le ramassa, et s’apprêta à l’utiliser contre un Orion désormais inconscient. Mais au moment d’appuyer sur la gâchette, un bolt lui fit éclater la cervelle. Plusieurs renégats découvrirent la nouvelle menace qui se profilait à l’entrée de la pièce. Koleas la vit aussi, et fut stupéfait par cette arrivée opportune.  Sergent !  Hephaïstos dégaina son épée énergétique, et se prépara à réceptionner les cinq Cold Reapers qui fonçaient sur lui. Deux d’entre eux moururent dans la première minute, l’un décapité et l’autre éviscéré. Les autres résistèrent à peine plus longtemps, le dernier se faisant abattre dans le dos alors qu’il tentait de fuir. Pendant ce temps, Koleas attrapa le fuseur et porta secours à frère Sigmund. Celui-ci était dans une situation précaire : la lame de sa dague de combat brisée, il était bloqué dans un duel inégal face à Meletrax, et tentait d’esquiver ses attaques. Son armure avait subi de lourds dégâts. Le chef des Cold Reapers vit Koleas courir vers lui, et tira une rafle de canon gatling dans sa direction. Le Blue Cataphract se mit à couvert derrière l’un des quatre piliers porteurs, et celui-ci fut détruit par les tirs. Cela provoqua la chute de morceaux de plasbéton et de terre dans la pièce.  - « Le plafond va s’effondrer ! » signala Tevas.  A ce moment précis, le canon gatling s’enraya, et Meletrax poussa un juron, et Koleas profita de cette diversion inattendue pour sortir du débris de couvert derrière lequel il se trouvait, et tira au fuseur une nouvelle fois sur la Destructrice des Dieux. La salve frappa la jointure faisant office de genou à la machine de plein fouet, et celle-ci céda sous l’impact. L’exo-armure, hors de contrôle, tituba sur plusieurs mètres et percuta violemment un autre pilier, qui s’effondra sous son poids. Meletrax essayait de se défaire de l’emprise du harnais qui le maintenait à elle, en vain. Le plafond, sans la présence de certains des piliers porteurs, commença à s’écrouler sur la pièce.  - « Quittez la zone mes frères, ordonna Hephaïstos dans le comm-link. Maintenant ! »  Les sept Blue Cataphracts fuyèrent par le tunnel qu’ils avaient emprunté pour venir, alors que les deux derniers piliers s’écroulèrent sous le poids trop important du plafond. Meletrax était quant à lui encore bloqué dans la Destructrice des Dieux.  - « Soyez maudits, Astartes ! » hurla-t-il avant de disparaître sous les décombres.   XI L’escouade Hephaïstos rejoignit l’entrée de l’abri souterrain, en transportant le corps de Balthazar. Le jour s’était levé, et le soleil radieux laissait apparaître la légère brise verdâtre issue du curare des plantes d’Arlignos. De nombreux Thunderhawks du chapitre des Blue Cataphracts et des Valkyries de la Garde Impériale atterrissaient dans les alentours des ruines de l’observatoire « Great Eye ». Le petit groupe de Vétérans d’Appui se dirigea vers la zone d’arrivée des renforts.  Les nouveaux arrivants organisaient un petit campement provisoire dans cette même zone d’atterrissage. Hephaïstos reconnut sans peine les marquages signalant que les Blue Cataphracts arrivés avec la Garde Impériale étaient des membres de la 5ème compagnie, celle à qui les escouades Hephaïstos et Bartholomeus étaient associés. Cette disposition était l’une des rares, si ce n’est la seule, divergence majeure du chapitre vis-à-vis du Codex Astartes : là où Première compagnie était moins importante que dans les autres chapitres des Anges de la Mort car n’étant composée que de porteurs d’armure Terminator, chaque compagnie hormis la Dixième possédait deux escouade de Vétérans, d’Appui ou d’Assaut.  Bartholomeus et Kurt étaient déjà présents dans le camp impérial, et faisaient leur rapport au capitaine Delvus. Tous s’arrêtent pour accueillir Hephaïstos et ses hommes, mais déchantèrent quand ils virent le corps de Balthazar.  - « Nous avons perdu beaucoup trop de héros en ce jour » déclara Delvus.  Il ordonna à un autre Blue Cataphract, frère Duperius, d’emmener le corps de frère Balthazar dans le Thunderhawk réservé aux défunts, qui était tristement déjà bien remplie avec l’escouade Bartholomeus.  - « Frère Crixus n’a pas survécu à ses blessures » annonça Kurt à son sergent.  Hephaïstos posa alors une main sur l’épaule de Bartholomeus.  - « Saches que nos frères ont été vengés, mon ami. »  Bartholomeus sourit tristement, puis se tourna vers le capitaine Delvus.  - « Permission de demeurer dans le Thunderhawk des défunts le temps du trajet ?  - Permission accordée » répondit le capitaine après quelques secondes de réflexion.  Le sergent fit le signe de l’aquila et se dirigea vers le Thunderhawk. Le capitaine se concentra vers Hephaïstos.  - « C’est un jour triste pour notre Compagnie et pour l’ensemble du Chapitre. Mais nous devons désormais nous remettre de nos blessures et continuer de protéger les fidèles sujets de l’Empereur en Son nom. Le 122ème régiment de Catachan, accompagné des escouades Carloman, Manfred et Siegfried, se chargeront des derniers traîtres présents sur la planète. »  Le capitaine s’arrêta, et scruta chacun des survivants de l’escouade Hephaïstos.  - « Il est temps de rentrer à Agallon ». 
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