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  1. Bonjour, Je posterais ici, la création et peinture de warband type KillTeam / Necromunda, univers 40k, dans l'optique de les utiliser avec OnePageRules GFF. Ci-dessous, moi m'intéressant au lore 40k.
  2. Bonjour à tous, Ça fait un moment que l'idée me trotte dans la tête et je me lance aujourd'hui pour soumettre mes réalisations à vos yeux experts. Je peins un peu de tout, selon ce qui me tombe sous la main, merci les premiers numéros des collections Hachette ! Je pioche aussi dans ma pile de la honte, donc quelques vieilleries feront un passage. Quant au titre de mon post et bien il résume comment je vis le hobby, je peins au bureau pendant ma pause déjeuner ou mes astreintes. Je côtoie quelques autres fans mais sans jouer faute de temps. Sans plus attendre, voici les premières photos, elles ne seront pas dans l'ordre de peinture mais arriveront au feeling. Mesdames et messieurs, à vos critiques que je sais constructives !
  3. Bonjour petite question Peut on se servir d un moivement de consolidation pour finir au cac d une autre fig Exemple Un garde custodes charge puis tue un intercessor ensuite lors de son mouvement de consolidation de 3 pouces vers la figurines la plus proche il y a un bladeguard ennemis a 3 " qui est la fig la plus proche dans ce cas le garde custo peut il consolider et finir a porté d d'engagement du bladeguard j'ai beau chercher c'est mentionné nul part que c est pas possible
  4. Le contingent d'O'Rir'olda Mon armée Tau ultra classique : des gentils humanoïdes qui s'allient avec des aliens losers et qui font la guerre parce que... c'est bien ? C'est mon premier vrai projet d'armée 40k (contrairement aux necrons qui n'étaient qu'un petit délire au départ), elle date de 2002... Puis il y a eu des greffons, des remakes, des customs... inspirés des trucs a la mode GW quand j'étais ado... Anecdote : mon pseudo sur le web-wargame vient d'un perso que j'ai inventé pour cette armée en 2008. Background : Figurines :
  5. Hello ! Je reprend activement ma vie de hobbyiste ! Il y a -t-il des joueurs vers Etampes (ou +/- 30 minutes en voitures) ? Je joue principalement à : Warhammer 40000, AOS, Star wars légion , Le seigneur des anneaux. Quitte à créer un noyau dur dans les environs ! Contactez moi ! Biz.
  6. Bonjour tout le monde Actuellement, je suis en train de peindre une force d'Alpha Légionnaires loyaux à l'Imperium Mais par la suite je souhaite me monter une force de Space Marines du Chaos, mon choix se porte actuellement sur la Black Legion Donc je réfléchis déjà à comment organiser ça niveau fluff Mais... autant si pour organiser une force de SM loyaux il n'y a qu'a partir de l'organisation codex d'un chapitre et ensuite ont adapte, pour le pendant chaotique c'est pas clair pour moi Par exemple, mes AL sont montés et organisés en compagnie en suivant le codex SM, la seule liberté étant l'absence de marquage volontaire pour une partie fluffiquement récente des effectif Autant pour leur pendant chaotique, ont peux le dire, pour moi c'est le chaos ! Je n'arrive pas à comprendre comment s'organisent ces gars là, entre Warband, Légion, et Warband qui suivent une légion j'ai du mal... Par exemple, pour la Black Legion, j'ai bien compris Abaddon était le suprême leader, donc l'équivalent d'un Maître de chapitre Mais ensuite ? Haarken par exemple, quel est son rang exact ? Un chaos Lord ? Un Exalted Champion ? Il est l'équivalent d'un Capitaine ? Mais vus qu'Abaddon existe, il ne peux pas y avoir de Chaos Lord dans la BL ? Si Chaos Lord il y a, celui-ci est forcément membre d'une Warband externe du coup ? Une Warband peut-elle être considérée comme l'équivalent d'une compagnie chez les Space Marines ? Ou d'un chapitre ? Du coup ont pourrait avoir par exemple Abaddon dirigeant plusieurs Warband ayant chacune un Chaos Lord à leurs tête ? Dans le même genre de question, combien d'Exalted Champion compte (ou peut compter) une Warband ou une légion SMC ? Ils me font penser aux lieutenants SM, est chez les "gentils" c'est en général deux lieutenants par compagnie par exemple (je me souvient même plus d'où vient cette info) Je me demande aussi où sont les Sorcerer quand il n'y a pas de batailles en cours Tous les librarian d'un chapitre SM sont réunis dans le Librarius du chapitre et rejoigne une compagnie quand le besoin s'en fait sentir Il y a un équivalent pour leurs cousins chaotiques ? Idem avec les autres spécialistes types Warpsmith, Master of Possession, etc... Bref, vous l'aurez compris, énormément de question ici J'ai cru comprendre que par définition une "armée" SMC c'est un peux le bordel niveau organisation mais bon... Si les gars arrivent à organiser des Croisades Noires c'est qu'il y a un minimum de hiérarchie et il s'agit d'ancien SM, donc rodée à une bonne organisation militaire SI certains ici peuvent m'éclairer, merci
  7. Bonjour les amateurs de scénarios 'fun and fair', Je voudrais faire une partie un peu en mode "combat urbain", enfin avec beaucoup de décors bloquants hauts, qui limitent beaucoup les tirs longues portées. Ce sera donc pas mal de l'affrontement à courte et moyenne distance. On jouerait moi en Ork (avec une part de CàC et une part de tir moyenne portée / buggys, donc tout ce qu'il faut) et mon pote en Primaris vanille. Il n'a pas tellement de troupe de CàC, juste une escouade de base de CàC... et les Aggressors lance-flamme, ça ça doit être pas mal pour ce type de table... On n'a pas fait de partie depuis très longtemps sur une telle table très chargée en gros décors comme je le prévois. Déjà que le Codex Ork est costaud pour du Primaris vanille, en plus avec cette limitation des tirs longue portée, je cherche un scénario simple qui puisse vraiment avantager l'armée plus portée sur le tir (Primaris) pour contrebalancer tout ça? PS: je dis "vraiment avantager", car j'ai un meilleur niveau de jeu/ maitrise des règles que mon adversaire... Si vous avez des idées je suis preneur! Merci! Gekko'
  8. Salut à tous, je fais un peu de place dans mes affaires hobby et je vends quelques diverses choses. Les prix sont FdP out, discount si prise de lots, remises en mains propres possibles sur Paris/Maisons Alfort ou envoi par la Poste/Mondial Relay. Paiement par virement, paypal ou espèces (si remise en mains propres). Warcry (v1): Photos ici Je revends une bonne partie de ma bibliothèque v1 suite à la sortie de la v2, pour les collectionneurs ou ceux qui ne veulent pas passer en v2. L'état général est très bon, mais les livres ont été lus régulièrement. Livre Monstres et Mercenaires (OOP) : 10€ Livre de base v1: 15€ Livres de Grandes Alliances v1: - Agents du Chaos: 12.5€ - Sentinelles de l'Ordre: 12.5€ - Hérauts de la Destruction: 10€ - Apôtres de la Mort: 10€ -> Le lot complet des 6 livres : 55€ Sets de cartes pour Warcry (issus de Catacombes, avec carte d'aptitude FR uniquement et 2 cartes intercalaires): Scions of the Flame, Khainite Shadowstalkers : 5€ pièce Sets de cartes pour Warcry, hors blister (avec carte d'aptitudes en 8 langues dont FR et EN, et 2 cartes intercalaires): Daughters of Khaine, Splintered Fang : 5€ pièce Planche de pions pour Warcry coloration "bleu/Ordre": 2€ (planche offerte pour l'achat de 2 sets de cartes) -> le lot complet (4 sets de cartes et la planche de pions) = 15€ Age of Sigmar (v3) : Photo ici Livre de base : 25€ Warhammer 40k (v5 v6 v8) : Photos ici Livre de règles W40k V6 : 12€ Livre de règles W40k V8 : 15€ Codex W40k v5 : Blood Angels, Eldars, Space Marines du Chaos : 5€ pièce Codex W40k v6 : Space Marines, Eldars, Space Marines du Chaos : 8€ pièce Codex W40k v8 : Blood Angels : 12€ Cartes de pouvoirs psychiques v6 Eldars, Chaos et Génériques (avec la boite de rangement. La boite peut contenir les génériques et un seul des 2 autres sets) : 10€ le lot. Mes autres sujets Vente :
  9. Bonjour a tous, Peignant beaucoup plus de gugusses que ce que j'en joue, je me décide a revendre certaines armées peintes, ou morceaux d'armées , ça se passera donc sur ce sujet . Pour chaque armée je donne la liste des figurines avec a côté le prix du neuf GW ou équivalent pour les conversions ou impressions 3d. Si il y'a des plateaux de mouvements sur les photos, ils seront cadeaux avec l'armée . Les armées ne sont pas "delotables " donc inutile de me demander combien pour telle ou telle figs et puis, " séparer les familles, c'est pas bien " ! Pour voir plus de photos vous pouvez me demander ça par mail ou alors en zieutant mon sujet peinture ou vous voyez l’évolution des armées : Si par hasard des membres du forum qui m'ont déjà acheté une armée passe par ici, n’hésitez pas a laisser un commentaire . les armées déjà vendues seront dans les post réponses . Pour le règlement c'est par PayPal . On peut discuter un peu sur le prix mais il faut rester raisonnable . Tant qu'une armée n'est pas finie de peindre vous pouvez me demander pour rajouter des unités, on voit ca en mp, par contre désormais une fois l'armée finie je ne reviens plus dessus. Je suis conscient qu'une armée complète représente beaucoup d'argent et que beaucoup d'entre nous ne peuvent pas claquer un demi smic ou plus en un mois pour des gugusses. Aussi on peut couper une armée en lots pour un seul et même acheteur et repartir la douloureuse sur plusieurs mois. De plus ça m'arrange car les petits colis sont moins vulnérables au mauvais traitement que les gros. Les envois se font par colissimo suivi contre signature , par contre je ne suis pas responsable en cas de mauvais traitement du colis par la poste . Je n'envoie pas d'armée par mondial relay car le dédommagement max est de 25 euros. un predator 40 fdp in/out : pour BFG, une flotte tyranides : 70 euros fdp in/out : 2 vaisseaux ruches 4 croiseurs 8 escorteurs krakens 8 drones.
  10. Salut à tous !Petit rapport de bataille Epic Armageddon en 3500pts. Garde Impériale vs Adeptus Mechanicus Titan Legion ! Bref, du gros contre du petit !C'est notre premier rapport filmé j'espère que cela vous plaira !https://youtu.be/wRXJFtTMCcoOn compte bien recommencer d'ailleurs Bon visionnage !
  11. Bonjour à tous et bienvenue sur le sujet de présentation de l'association Warmageddon, Warmageddon est une association qui a pour but de réunir des amoureux des jeux de figurines et de jeux de sociétés afin d'offrir un endroit où pratiquer en toute décontraction et bonne humeur ces activités que sont le modélisme et le jeu. Nos membres peuvent se retrouver tous les dimanches sauf ceux d’août de 14H00 à 23H00 (pour les parties qui tardent et/ou les bavards). Notre salle, la salle "OZANAM" se situe à la Maison des Associations de Levallois Perret, au 34 rue Pierre Brossolette (ICI). C'est facilement accessible avec la station Anatole France de la ligne 3 du métro et la gare de Clichy Levallois des lignes SNCF J et L. Les principaux jeux joués sont 40K et AOS qui possède de plus en plus de convertis. Des parties de Mordheim, Kill team et BloodBowl s'organisent de temps à autre. Si vous souhaitez nous rencontrer, vous pouvez passer nous voir et découvrir nos activités et si vous êtes du style à vous présenter, vouloir des informations avant, il y a également notre forum http://warmageddon.fr/ et notre discord. Waaagh à tous
  12. scanix

    [40K] 40 084

    Bonjour je m'essaie à un petit texte pour appuyer une "petite" théorie sur l'univers de Warhammer. N'hésitez pas à me faire des retours et désolé je ne peux pas la publier en anglais je n'ai pas le niveau (je ne sais pas si il y a des gens qui ne parlent pas français sur ce forum).J'espère que vous apprécierez ! Warhammer 40 084 Il était 5h30 du matin, des sirènes commencèrent à résonner à travers toute la ville. Elles annonçaient le début de la journée de travail et s’assuraient que personne ne puisse échapper à l’appel du travail. Caeron viricus avait 35 ans, des cheveux roux et un physique d’ouvrier rompu au travail .ces sirènes il les connaissait bien car cela faisait 35 ans qu’il les entendait chaque matin .Lentement il émergea de son sommeil et alluma la lumière .Devant lui ,son appartement se retrouva inondé de la pâle lumière que lui offrait l’ampoule qui lui servait d’éclairage principal .Son « chez lui » n’avait rien d’idyllique ,il était composé de mur en métal pur décoré ici et là de quelques photos et images offertes par les autorités locales .Quelques meubles garnissaient la pièce : un lit, une table ,trois chaises et quelques équipements de fortune pour cuisiner .Dans la pièce d’à côté dormait ses enfants ,une fille de 9 ans et un garçon de 5 ans qu’il avait eu avec sa femme et dont il était très fier .Sa femme était morte il y a deux ans ,écrasée par les rouages d’une machine sur laquelle elle travaillait .l’Usine avait alors attribué une prime à Caeron ce qui lui avait permis d’acheter des livres de mathématiques à sa fille . Cela faisait maintenant 10 minutes que Caeron se préparait pour partir à l’usine. Alors qu’il attendait que l’eau de son déjeuner bouille afin de faire cuire ses œufs, il en profita pour aller réveiller ses enfants et leur demander de se préparer. Ils allaient tous les deux à une petite école du quartier financé par le culte impérial. Là-bas ils apprenaient à devenir de bons citoyens et les rudiments de l’histoire de l’Imperium. Sa fille y était depuis ses 5 ans et allait bientôt quitter l’école pour rejoindre une usine de minerais afin de participer à l’effort de guerre . Il était maintenant 6h ,Caeron déposa ses enfants à l’école et prit la route de l’usine .Il travaillait comme 95% de ses concitoyens dans une usine d’extraction de minerais .tous les jours de l’année il parcourait les galeries souterraines afin d’extraire un maximum de ressources qui étaient ensuite envoyées à des usines de fabrication chargées d’alimenter les armées de l’impérium qui les protégeaient des dizaines de menaces xénos extérieur qui maintenaient l’impérium sous pression depuis des siècles maintenant .Tous les citoyens de l’impérium devaient se serrer les coudes et donner leurs maximum sous l’égide de l’empereur-dieu afin de maintenir la menace xenos loin d’eux . Alors qu’il marchait entre les immeubles noirs et poussiéreux, il aperçut, au travers du brouillard noir ambiant, un attroupement. Il se rapprocha et vit un homme grand, le teint blanchâtre, richement habillé. Celui-ci se présenta comme un prêtre du culte impérial. Il commença son sermon public en invectivant les « ennemis de l’intérieur », ceux qui sabotait l’effort de l’empereur dieu et de son peuple pour sauver l’impérium face à la menace xenos. Ceux-là devaient périr dans d’atroces souffrances selon lui, eux et leurs familles complices. Il continua en expliquant qu’aux frontières de l’impérium leurs armées tenaient le choc mais que les attaques xénos s’intensifiaient de jour en jour et que face à cela, l’armée avait besoin de toujours plus de matériel afin de continuer de protéger les citoyens de l’impérium. L’orateur prit alors un moment pour souffler avant de continuer : « C’est pour cela que l’impérium a encore plus besoin de votre dévouement et votre force de travail afin de continuer à toujours vous protéger. ».il marqua une petite pause et une lueur inquiète traversa son regard. « C’est pour cela que votre gouverneur planétaire, en accord avec les autorités de Terra, a décidé d’augmenter le temps de travail obligatoire de 2h afin que vous puissiez soutenir pleinement l’effort de guerre face aux menaces qui secouent notre chef Impérium ». Il se tut alors et regarda la foule afin de guetter leurs réactions .Dans un premier temps elle ne sembla pas réagir ,puis des grommellements timides se firent entendre avant que des plaintes ne commencèrent à s’élever .Ces plaintes se transformèrent en colère puis en insulte que le prêtre du culte n’arriva pas à contenir ,se contentant de rester sur son estrade et d’appeler au patriotisme .Très vite des pierres commencèrent à être jetées faisant reculer le pauvre prêtre voyant une foule se préparer à le lyncher sur la place publique . Mais tout à coup un cri se fit entendre dans le brouillard noir et un enfant en sortit en criant « La Garde ! La Garde ! ».Caeron ,qui avait assisté à toute la scène ,en entendant ça attrapa son petit baluchon et se mit à courir en même temps que la foule se dispersa .Il traversa plusieurs petites rues coupe-gorges avant d’enfin arriver à son usine .C’était un bâtiment immense ,froid et qui semblait avaler les hommes qui se présentaient à lui .Caeron n’avait jamais su combien de personnes travaillaient ici tellement il y avait de départ et d’arrivée quotidiennement .A vrai dire il n‘y faisait pas vraiment attention ,il s’était acclimaté à son quotidien routinier et se contentait de suivre les règles et les ordres .Son seul rayon de soleil durant ces longues journées de travail était son voisin de chaine ,Dophius ,un jeune ouvrier de 25 ans toujours plein d’énergie et d’optimisme .Il passait ses journées à raconter à Caeron ses rêves et ses envies de voyage . Une fois entré dans le bâtiment Caeron déposa son baluchon dans son casier et se dirigea vers son poste. Là-bas il retrouva Dophius qu’il salua. Celui-ci semblait en colère, ce que Caeron en manqua pas de lui faire remarquer. Dophius lui répondit immédiatement d’une voix emplie de colère : « Tu as vu la nouvelle directive ordonnée par notre cher gouverneur ? Deux heures en plus ! Nos camarades sont épuisés et eux nous parlent de travailler plus pour le même salaire, tout ça pour une guerre dont on ne voit toujours pas le bout ». Ne voulant pas énerver encore plus Dophius, Caeron se contenta d’hocher la tête. « Mais ça ne va pas se passer comme ça, dans les rues ce matin ça a chauffé ,les gars ne sont pas contents et ce gouverneur va devoir nous entendre même s’il envoie ses prêtres et sa garde pour nous faire taire ».Il se tut tout à coup en voyant le directeur de l’usine passer .Durant tout le reste de la journée Dophius continuât de s’épancher sur l’incompétence du gouverneur auprès de tous les collègues qu’il croisait .Il promit à plusieurs d’entre eux de faire revenir le gouverneur sur sa décision d’ici une semaine .Puis les sirènes de la ville sonnèrent la fin de journée et Caeron put rentrer chez lui en même temps que la nuit tombait sur les immeubles métalliques que quelques lumières semblaient rendre habités . À peine rentré chez lui il prépara un repas avec ce que l’usine lui avait fourni comme ration et le donna à ses enfants avant d’aller se coucher, tombant de fatigue. Le lendemain les sirènes sonnèrent à la même heure que tous les jours, relançant la routine infatigable de millions de citoyens. Mais cette fois-ci un air de défiance flottait dans les rues. Caeron le voyait bien, à l’approche des gardes les gens se mettaient à chuchoter et à lancer des regards de haine. Il n’y prêta pas attention et se rendit à son lieu de travail. Là-bas il y trouva Dophius en train de discuter énergiquement avec des dizaines d’ouvriers, clamant qu’il fallait lutter pour leurs conditions de travail et refuser ces deux heures en plus. Toute la matinée le mot circula à travers toute l’usine et un rassemblement le midi fut décidé. Là-bas Dophius prit la parole et fit un discours d’une heure sur la nécessité de s’exprimer et de refuser cette attaque du gouverneur sur leurs conditions de travail. Caeron avait toujours su que Dophius était quelqu’un d’énergique mais jamais qu’il était si fougueux dans ses idées. Voyant son ami haranguer la foule, Caeron sentit en lui la flamme de l’espoir s’allumer et il se joignit aux acclamations de la foule. Alors que la foule avait grossi pour atteindre quelques milliers d’ouvriers, une alarme se fit entendre à travers toute la ville et tout le monde se précipita dehors pour voir ce qui se passait. Caeron se retrouva ainsi dans une grande rue au milieu des gens qui couraient, il aperçut un jeune garçon et se dirigea vers lui pour lui demander ce qu’il se passait. « Une armée Xénos vient d’être repérée dans notre système planétaire ,l’armée impérial a annoncé la mobilisation générale ,tous les hommes entre 14 ans et 60 ans doivent se rendre dans les bureaux de l’armée afin de recevoir leurs packages ».Devant cette nouvelle ,Caeron resta stupéfait ,lui qui n’avait connu que la routine de l’usine et la peur de la menace Xenos allait devoir aujourd’hui les affronter .Il pensa tout de suite à ses enfants et à leurs sorts sans lui .Il se rendit alors en courant à l’école où ils étaient pris en charge .Une fois là-bas un prêtre sembla tout de suite comprendre sa détresse et vint lui parler d’un ton calme . « Ne vous inquiétez pas Monsieur Viricus, le culte impérial a l’habitude de venir en aide aux enfants de soldats de l’impérium ,le temps de votre absence ce sera notre culte qui s’occupera d’eux et leur apportera tous les soins dont ils auront besoin ».Il fit ensuite amener une sorte de boisson ressemblant à un thé qui calmit immédiatement Caeron et lui donna un sentiment de calme qu’il n’avait pas ressenti depuis longtemps .Il prit alors congés du prêtre tout en prenant le soin d’embrasser une dernière fois ses enfants avant de partir et se dirigea vers son appartement .Arrivé sur place il s’empressa de remplir sa valise de tout ce dont il pensait avoir besoin et ,avant d’éteindre une dernière fois la lumière de son appartement ,attrapa une photo de sa femme et de ses enfants pour la glisser dans sa veste . Le bureau de recrutement était massif, une dizaine de guichets accueillaient les futurs soldats et leur indiquait la marche à suivre pour recevoir leurs équipements. Dans la file d’attente des hommes de tous horizons, habillés pour la plupart pauvrement, s’entassaient en attendant de savoir dans quelle compagnie ils attendraient la mort. Caeron attendait maintenant depuis une heure, s’accrochant à sa valise comme un enfant s’accrocherait à son doudou. Il avait pourtant l’habitude des lieux massifs et bondés mais ce bureau de recrutement dégageait quelque chose. Avec ses affiches mettant à l’honneur l’empereur-dieu et ses soldats exposés sur tous les murs et ses dorures parcourant les murs tels de fins serpents, le lieu avait quelque chose d’intimidant. Caeron avait toujours évolué dans un milieu de métal terne, agrémenté de poussière et de brouillard grisâtre alors il ne se sentait pas vraiment à sa place dans ce lieu. Loin dans la file devant lui, il aperçut Dophius au guichet. La dame qui tenait ce guichet sembla lui grommeler quelque chose et Dophius se dirigea vers une porte avec marqué dessus « 17ème compagnie ». Voyant cela, Caeron se mit à prier de toute son âme l’empereur-dieu ou tout autre entité pouvant l’aider à se retrouver dans la même compagnie que son ami de toujours. Une fois arrivé devant le guichet il présenta ses papiers à la dame qui l’inspecta attentivement. Puis d’un mouvement las, elle apposa un tampon sur ses papiers et lui dit d’une voix monotone « compagnie 17 ». Caeron sentit son cœur bondir et se dirigea avec un sourira qui déconcerta la dame du guichet vers la porte de la 17ème compagnie. Une fois rentré à l’intérieur il observa la salle dans laquelle il venait d’arriver afin de trouver Dophius .Contrairement au bureau de recrutement cette salle était nettement moins chaleureuse ,elle était constituée de murs défraichis et de quelques tables sur lesquels étaient posés des grandes boîtes comportant des packages de soldats que des officiers distribuaient aux nouveaux arrivants .Tout en se dirigeant vers cette distribution de packages ,faute d’avoir trouvé Dophius ,il observa les autres hommes dans la salle avec lui .Il reconnut certains des hommes avec qui il travaillait à l’usine .La plupart semblaient usés et peu emballés par l’idée d’aller combattre les armées xénos .Une fois arrivé devant l’officier qui distribuait les packages ,il récupéra celui à son nom et inspecta son contenu .Il contenait un uniforme réglementaire avec casque ,gilet pare-balles et tenue complète mais aussi un fusil laser ,un couteau et des accessoires basiques comme une gourde . Alors qu’il inspectait le contenu de son sac, une main vint taper l’épaule de Caeron qui, surprit, sursauta. Il sursauta et se retourna pour se retrouver face à face avec Dophius qui, tout sourire, s’exclama : « Alors comme ça on sera ensemble quand on va enfin voir à quoi ressemble un xénos ». Caeron approuva, soulagé de retrouver son ami pour affronter ce qu’ils allaient vivre. Alors qu’il s’apprêtait à entamer la discussion, un homme dans un bel uniforme monta sur la table et interpella tous les hommes présents sur place : « Bonjour à tous ,je suis le commissaire Drarrion ,c’est moi qui vous mènerez vers les sentiers de la gloire éternelle .Normalement vous êtes censés suivre un entrainement intensif avant d’être déployés sur le terrain ,mais devant l’urgence de la situation nous allons seulement vous montrer comment marchent vos fusils laser et vous devrez apprendre sur le tas .Pour ceux qui se demandent nous partons dans trois heures ,vous avez donc trois heures pour maitriser votre arme .Pour se faire moi-même et les officiers et sous-officiers présents ici-même tenteront de vous montrer tous les rudiments du fonctionnement de ce qui sera sans doute votre seule assurance-vie sur le terrain. » Il descendit alors de la table et sortit un fusil laser d’un des cartons.il décrivit le fonctionnement de cette arme puis pointa une cible en bout de salle, visa et tira en plein de la tête de la cible. Puis il se tournis vers les hommes massés là et leur ordonna de faire pareil. Caeron se tourna vers Dophius qui haussa les épaules, prit un fusil laser et tira en direction de la cible sans pour autant la toucher. Les autres hommes présents commencèrent à faire de même alors que les officiers et les sous-officiers passaient dans les rangs afin de prodiguer des conseils sur le tir et expliquer comment recharger leurs armes. 3h plus tard on les fit se masser dehors tout équipés. Personne ne parlait, tous observaient le ciel avec un mélange de crainte et de fascination. Quand tout à un coup un gigantesque vaisseau apparu et de plus petits vaisseaux se détachèrent de lui avant de se poser devant les soldats qui observaient ce spectacle aérien avec une admiration non-dissimulé. Caeron monta dans un de ces petits vaisseaux et regarda à travers une petite ouverture la terre qui l’avait vu naitre s’éloigner petit à petit. Il se tourna vers Dophius qui, lui aussi, regardait de manière mélancolique le sol s’éloigner. Le petit vaisseau s’arrima au gros vaisseau dans un vacarme sonore assourdissant et une petite porte s’ouvra permettant à Caeron de pénétrer dans le gros vaisseau. Tout à l’intérieur de ce vaisseau était démesuré, de la taille des équipements au nombre de personnes présentes. Il avait l’impression d’être une petite souris s’étant perdue dans un monde de géants. Un membre du personnel indiqua à Caeron où il pouvait trouver sa couche et il s’y dirigea immédiatement, la fatigue le poussant instinctivement vers sa couchette. Il arriva dans la pièce où se trouvait sa couchette et ne prêta même pas attention aux 7 autres couchettes réparties autour de lui ni à l’aspect lugubre et étriqué de la pièce, il s’écroula juste et s’endormit profondément. Lorsqu’il se réveilla il put apercevoir par un hublot que la planète d’où il venait n’était plus qu’un lointain souvenir. Devant lui s’étendait l’infinité de l’espace et savoir ça suffisait à lui noircir les pensées. Il sortit alors de la pièce sans prêter aucune attention à ses colocataires qui eux aussi étaient plongés dans leurs pensées. Il se dirigea au réfectoire, pris les rations que lui tendirent le cuisinier avant de rejoindre Dophius qui était déjà en train de manger. Celui-ci l’accueillit chaleureusement et engagea directement la conversation. « Je viens d’entendre le commissaire et le capitaine de ce vaisseau parler, nous serons bientôt sur notre objectif, selon le capitaine nous y serons pour ce soir. Ils ont pour consigne de nous déposer puis de repartir illico. Si un vaisseau comme celui-ci a peur de trop rester, cela veut dire une seule chose, là où on va ça va chauffer dur ». Sur ces mots il se plongea dans sa ration et Caeron put voir une émotion qu’il n’avait jamais lu dans les yeux de Dophius : La Peur ! En fin de soirée la prophétie de Dophius se révéla juste .On les fit monter dans les vaisseaux qui les avaient fait embarquer .Puis dans un silence assourdissant ,les hommes débarquèrent dans un camp où d’autres soldats à la mine désabusée et l’air lessivé les attendaient .Sur place les officiers leurs affectèrent des places dans des tentes de fortunes .Au loin les hommes purent entendre le bruit des explosions et des cris de régiments entiers qui chargent .Voyant ses hommes regardant vers là d’où venait le bruit des explosions ,le commissaire leur lança d’un air amusé : « Pas la peine de regarder maintenant demain c’est là où nous irons alors vous pourrez voir de plus près.» Devant l’expression de peur que cette remarque avait suscité chez ses hommes il rigola et rentra dans sa tente. Caeron dormit peu cette nuit là ,il avait à la fois le stress du combat à venir et l’excitation de la bataille prochaine .Au petit matin les hommes furent réveillés au son des trompettes et ils se mirent en marche vers qui allait être la dernière bataille de nombre d’entre eux .Arrivé là-bas on les sépara en compagnie et on les fit rentrer dans des tranchées très profond se faufilant à travers tout le champ de bataille .Alors qu’il traversait ces tranchées creusées à même la boue ,la pierre et les cadavres ,Caeron croisât les soldats qui tenaient la ligne avant lui .Ils étaient tous sales ,les vêtements en lambeaux avec un regard agars comme si ils avaient vécu l’enfer dans toute son horreur .Arrivés sur place ,la 17ème compagnie se rendit compte qu’elle était en première ligne .Devant elle s’étendait le no man’s land ,un paysage de désolation où boue ,trous d’obus et barbelé côtoyait cadavres ,carcasses et poussière aveuglante .Chaque soldat déposa son petit package dans la tranchée ,et n’ayant pas reçu d’ordre se mit à attendre qu’on leur dise quoi faire .Caeron ,lui, se mit à observer l’horizon .Au loin il aperçut des tranchées mais ne parvint pas à identifier de soldat ennemi ni à apercevoir un quelconque équipement ennemi. Tout à coup il entendit un sifflement venant d’en haut, un cri retentit et un homme à sa gauche se jeta sur lui. Puis une violente explosion retentit juste devant la tranchée dans laquelle il se tenait. Tout en restant au sol il reconnut Dophius qui s’était jeté sur lui pour le protéger. Il voulut le remercier mais Dophius lui fit un signe pour qu’il se taise et lui intima l’ordre de rester au sol. Caeron ne comprit pas jusqu’au moment où d’autres explosions survinrent tout le long de la tranchée, en étant toujours de plus en plus forte. Cette vague destructrice dura si longtemps que Caeron perdit le compte et se contentât d’attendre que la violence des explosions cesse. Cela faisait maintenant deux mois que Caeron vivait dans cette tranchée, il avait appris à s’habituer à la saleté ambiante, aux rats et à la présence permanente de la mort dans leurs trous .Voir le laser bleu quitter le canon de son arme pour s’abattre dans le brouillard face à lui était devenu une habitude lassante .Cependant il n’avait pour l’instant pas quitté sa tranchée .Mais des bruits couraient chez les gars ,le commissaire préparait ,conjointement avec l’Etat Major ,un assaut massif dans les jours qui suivraient .En attendant ce jour fatidique ,Caeron passait ses journées à discuter avec Dophius de tout et de rien comme si ils n’avaient jamais quitté l’usine .Dophius semblait ne pas être affecté par l’ambiance des tranchées et continuer de rire même si son visage trahissait sa fatigue et sa peur .Il n’avait cependant pas oublié ses conditions de vie à l’usine et continuait de parler avec ses camarades de comment il comptait améliorer leurs conditions de vie une fois rentré à la maison .Tous les gars de la compagnie semblaient l’apprécier ,qu’ils soient d’accord avec lui ou pas .Seul le commissaire semblait jeter des regards méfiant à l’égard de cet homme qui parvenait étrangement à maintenir le moral de la compagnie . Puis vint le jour tant attendu de la charge. Le commissaire avait annoncé à ses hommes la veille qu’ils allaient mener une ultime charge pour briser les lignes ennemies et permettre aux compagnies blindées d’enfoncer le front. C’est un mélange d’appréhension et de soulagement qui accueillit cette annonce et peu d’hommes dormirent cette nuit-là. Le lendemain, à la première lueur du matin, les hommes attendaient devant les échelles armes à la main et visage fermé que le commissaire donne l’ordre .Un silence de mort régnait dans les rangs et tous se préparaient à faire face à la mort elle-même .Caeron allait être dans la première vague ,il se tenait fixe face à son échelle, prêt à la monter pour courir vers les rangs ennemis .Dophius était à côté de lui devant une échelle ,lui aussi le visage fermé .Tout à coup des coups de sifflet retentirent et les cris de milliers d’hommes se firent entendre .Au premier son Caeron s’élança pour sortir de sa tranchée .Une fois sorti il se mit à courir le plus vite possible en criant le plus fort possible comme si crier suffirait à faire fuir la mort .A ses côtés ,des milliers d’hommes qu’il ne connaissait pas faisaient de même et donnait tout ce qu’il pouvait pour atteindre le camp d’en face le plus rapidement possible .Quand tout à coup un bruit se fit entendre et un laser bleu sorti du camp d’en face puis deux puis trois puis une pluie de laser s’abattirent sur les hommes qui courraient .Des dizaines tombèrent dans un déluge de sang ,de boue et de cris d’agonie .Des bruits sifflants se firent entendre et des explosions d’obus se rajoutèrent à l’apocalypse qui venait de s’abattre sur Caeron et ses camarades .Comprenant qu’il ne pourrait jamais atteindre la tranchée adverse ,Caeron se jeta dans un trou proche de lui et se recroquevilla .Le commissaire qui venait de le voir faire s’approcha de lui au milieu de la tempête d’explosion pour lui intimer l’ordre de continuer mais il n’eut pas fini de parler qu’un laser lui arracha la moitié du visage ,le faisant tomber au sol raide mort. Alors que la mort pleuvait sur les camarades de Caeron ,celui-ci observa le spectacle de mort qui était en train de se jouer devant lui .Des dizaines d’hommes tombaient devant ses yeux chaque seconde ,le sol semblait se nourrir de sang qui coulait par litre .Les cris d’agonies semblaient se battre les détonations d’obus pour savoir qui ferait le plus de bruit et le ballet des lasers semblait offrir un spectacle de lumières meurtrières .Alors qu’il était frappé par l’horreur de ce qu’il voyait ,le regard de Caeron fut attiré par un cadavre fumant au sol .Un homme était sur le ventre ,le dos transpercé encore fumant .Caeron eut alors un mauvais pressentiment et une boule se forma instantanément dans son ventre. Il se mit alors à courir vers ce cadavre redoutant que son pressentiment ne révèle prophétique. Il se jeta à genoux et retourna de manière précautionneuse le cadavre. Les larmes lui montèrent alors aux yeux lorsqu’il aperçut le visage encore épris par la surprise de son ami Dophius. Son corps était couvert de boue et son sang était rependu sur le sol, commençant déjà à sécher à certains endroits. Caeron resta là pendant de longues minutes alors que le chaos de la guerre continuait de se déchainer autour de lui à pleurer la mort de son ami, lui qui avait tant égayé sa vie si morne. Alors que Caeron émergeait petit à petit de sa torpeur il vit un de ses camarades arriver sur la ligne ennemie, celui-ci s’apprêtait à se jeter dans la tranchée quand il émit un cri de surprise. Il n’eut pas le temps de formuler un autre mot car une épée vint lui trancher la gorge. Des sifflets se firent alors entendre dans le camp en face et des milliers de cris s’élevèrent des tranchées ennemies .De ces mêmes tranchées émergèrent des milliers d’hommes vêtus du même uniforme que Caeron qui se jetèrent sur ses camarades baïonnettes à la main .Ceux-ci furent tellement surpris et décontenancés que certains ne se défendirent même pas ,affichant seulement une mine perdue semblant avoir perdu toute vie .Ces ennemis qui leurs ressemblaient tentés furent sans pitié et massacrèrent toute âme vivante en continuant d’avancer furieusement. Voyant cette vague mortelle de soldats enragés, Caeron eut seulement le temps de s’effondrer sur le cadavre de son ami et de feindre la mort. Les soldats ennemis passèrent autour de lui sans le toucher et continuèrent vers sa tranchée. Il put alors entendre les cris de détresse ,de surprise et d’agonie émergeant de sa tranchée avant qu’un calme plat ne revienne se poser sur le champ de bataille ,laissant une impression de désolation à toute personne pouvant voir ce spectacle . Caeron demeura dans sa position et ce silence ahurissant pendant des heures .Le sang de son ami avait continué d’imbiber ses vêtements et avait finit par s’incruster dans ceux-ci .Alors qu’il ecoutait autour de lui pour déterminer le moment où il faudrait qu’il se lève et fuit ,il entendit des pas de bottes venant vers lui .4 bras l’agrippèrent alors et il continuât de feindre la mort .il entendit alors une voix s’exclamant « décidément ramasser des traitres à longueur de journée c’est vraiment la partie la plus chiante de ce métier »,ce à quoi une autre voix lui répondit « c’est clair que c’est pas à quoi je pensais quand je suis devenu garde impériale ».Caeron en avait donc bien la confirmation ,c’était des alliés qui venaient de leur tirer dessus et qui l’appelaient lui et ses camarades « traitre ».Il n’avait pourtant l’impression de n’avoir trahi personne .Mais alors pourquoi ses camarades et surtout Dophius étaient mort . Il fut transporté pendant de nombreuses heures dans ce qui semblait être un camion au bruit .Puis il reconnu le bruit des vaisseaux qui l’avait emmené sur cette terre qui avait vu ses camarades mourir .Puis,Comme lors de son arrivée il reconnut le bruit des petits vaisseaux qui s’arriment au gros vaisseaux .Il fut transporter dans une salle où il n’entendit plus aucun bruit .Il prit alors son courage à deux mains pour ouvrir les yeux et inspecter ce qui l’entourait .Quelle ne fut pas son horreur quand il se rendit compte qu’il se trouvait dans une salle obscure remplie de cadavres empilés les uns sur les autres .L’odeur vous prenait tout de suite à la gorge et Caeron ne put réprimer des haut le cœurs de secouer son corps. Il reconnut de nombreuses personnes qu’il avait vu lors du bureau de recrutement. Il ne comprenait pas ce qui venait de lui arriver, il était entouré de cadavres à plus savoir qu’en faire et il ne comprenait pas pourquoi ces hommes était mort ni pourquoi lui était encore en vie. Il tapota alors sa poche à la recherche de quoi éclairer un peu plus la salle et trouver une porte de sortie .Il sortit alors la photo de sa femme et de ses enfants de sa poche et celle-ci déclencha un déclic chez lui ,il avait maintenant un but auquel se raccrocher : retrouver ses enfants .Il chercha alors du regard une porte ou un moyen de sortie .Ses yeux finirent par s’accrocher à une sorte de petite porte .Il se précipita vers elle et miracle elle s’ouvrit .Il se retrouva dans un grand couloir plongé dans une obscurité combattue par de timides ampoules .Il longea celui-ci quand il entendit deux voix arriver d’un couloir perpendiculaire à celui où il était .Pris dans la panique il poussa la première porte qui se présentât à lui .Il se retrouva alors dans une petite pièce composée d’armoire comportant de nombreux dossiers .Il s’agissait sans doute d’une pièce qui servait à stocker les rapports temporairement le temps du trajet avant qu’ils ne soit remis aux personnes concernées .Constatent cela ,Caeron eut une idée ,il se dit que si il pouvait trouver les informations qu’il recherchait quelque part ce serait bien dans ces rapports .Il se mit alors à rechercher frénétiquement la 17ème compagnie dans les dossiers et finit au bout d’un quart d’heure de recherche par tomber sur le dossier de sa compagnie .Dessus un petit tampon rouge avait inscrit l’inscription « décimé » .Il ouvrit alors le dossier et put lire « est tombé sous le feu d’une offensive xénos ».Il n’en revenait pas ,c’était pourtant des hommes qu’il avait vu massacrer ses frères d’armes .Caeron qui pensait trouver les réponses à ses nombreuses questions ,venait de renforcer celle-ci. Il décida d’oublier ce qu’il venait de lire et de se rattacher à la seule chose pour laquelle il vivait encore : ses enfants. Il parcourant le vaisseau, se cachant dans tous les recoins au passage des gardes et cherchant frénétiquement une voie de sortie. Puis il entendit une voix criant le nom de sa planète indiquant aux hommes devant descendre qu’ils seraient en orbite dans 15 minutes. En entendant ça, le cœur de Caeron ne fit qu’un bon. Il vit des petits chariots transportant des cercueils faits à la va-vite passer devant lui et profitât d’un moment d’inattention des pousseurs pour se jeter dans l’un d’entre eux. Une fois de plus il entendit, il l’espérait pour la dernière fois, le bruit des petits vaisseaux quittant le gros vaisseau. Une fois à terre il entendit les cercueils être transportés à travers les rues sous les pleurs des mères ,des femmes et des femmes cherchant avec espoir un signe que leurs époux ,fils ou père n’était pas dans ces boites .Il entendit une voix hurler à qui voulait l’entendre que ces hommes étaient mort pour préserver l’imperium de l’empereur-dieu et que c’est grâce au sacrifice de ces valeureux soldats que l’humanité était encore debout face aux xénos .Finalement le transport s’arrêta et Caeron put sortir de sa cachette pour courir à travers les rues comme un fou pour arriver au plus vite à l’école de ses enfants .Une fois sur place il poussa la porte et se retrouva avec le prêtre gérant les lieux qui parut extrêmement surpris avant de se reprendre. Caeron lui demanda où étaient ses enfants, le prêtre sembla gêné et après avoir été pressé il finit par répondre aux demandes pressantes de Caeron. « Ils sont partis monsieur ….» Toute l’âme de Caeron sembla se vider de son corps d’un seul coup. Et il lui demanda machinalement de répéter. « Lorsque la nouvelle de votre mort nous est parvenue, ils sont devenus des pupilles de l’impérium et ont été envoyés sur une autre planète afin d’y être élevé par le culte. » Caeron venait de perdre sa raison de vivre, sa vie n’avait plus aucun sens et sans dire un mot de plus il sortit de l’école et se dirigea vers son appartement d’un pas fatigué. Il monta petit à petit l’escalier le séparant de son appartement puis rentra. Il n’avait pas changé depuis son départ si ce n’est pas le nombre de poussière s’étant accumulé. Il contempla son appartement vide pendant de longues minutes quand la porte se referma subitement derrière lui. Surpris Caeron se retourna et découvrit avec stupeur un homme en armure avec un grand chapeau qui le regardait avec un regard amusé. Il le toisa du regard puis lança : « Tu pensais nous échapper en rentrant simplement chez toi ? » Caeron ne comprit pas cette allusion et se contenta de continuer à le regarder. L’homme continua : « On te suit depuis ta petite fouille de notre salle des rapports, si tu avais continué à faire le mort on ne t’aurait sans doute pas détecté mais il a fallu que tu fouilles. » Comprenant que cet homme faisait partie des gens qui détenaient toutes les réponses qu’il voulait, Caeron s’enhardit et se mit à crier : « POURQUOI !? Pourquoi vous nous avez fait combattre contre d’autres hommes alors que tous les jours la menace xénos se multiplie à nos frontières et fait trembler l’humanité ? Pourquoi nous faire combattre entre nous alors que nous unir face aux autres espèces peuplant cet univers ? » L’homme encapuchonné comprenant que Caeron n’était qu’un pauvre homme perdu dans le déroulement des événements, leva son arme, lâcha un sourire et répondit : « Quelle ironie que dans un si grand univers, l'humanité soit obligée d'inventer d'autres espèces pour justifier ses peurs et ses travers »
  13. https://www.warhammer-community.com/2020/07/13/new-edition-updates-for-your-army/ https://www.warhammer-community.com/faqs/#warhammer-40000 https://www.warhammer-community.com/faqs/?order=desc&orderby=&lang=fr#warhammer-40000-fr
  14. Salut à tous, Aujourd'hui je suis en phase de terminer mon premier projet de longue haleine en Fan-fiction de l'univers de 40k. Jusqu'ici je n'avais fais que des petites nouvelles. Avec un ami, la même personne avec laquelle j'ai produis et posté ici une nouvelle, Laudes Carmines, nous nous sommes attaqués à un vaste projet commun qui doit déboucher sur un double roman en écriture parallèle. Pour introduire à ce projet, j'ai choisi de commencer par écrire une....nouvelle (woah, beaucoup trop de fois ce mot dans ce paragraphe), qui a un peu dérapé et mené à presque l'équivalent d'un petit roman...par l'Empereur, je ne sais pas faire dans la concision, ça me perdra. Voilà un résumé, pour vous présenter la chose en immersion, ainsi que l'accroche du premier chapitre : __________________________________________________________________ Aux confins de la galaxie, un groupe d'enquêteurs réponds à un vieil appel à l'aide émis par une petite planète perdue dans la frontière. Quelle menace y assaille ses habitants et exige de Biel-Tan, Magos mandaté par le Mechanicus, toute l'étendue de ses compétences afin de la comprendre ? Tychelus Betancour, paix à son âme d’explorator tourmenté, me demanda un jour quel était le pire ennemi que l’Humanité ait à affronter. Sans hésitation et estimant que c’était une question rhétorique, j’arguais que rien n’arrivait à la cheville du Grand Ennemi, cette souillure éternelle que les saints ordos combattent au sein de notre empire, et que les armées de l’Empereur-Dieu affrontent à ses frontières. Ses yeux fous vivaient aujourd’hui une sorte de calme inhabituel, et il hocha la tête avec un sourire que je ne revis plus jamais. « Indubitablement, et nous continuons à les repousser, car c’est dans la nature humaine d’affronter ses démons. C’est ce qu’ils sont, une antithèse, un opposé, un reflet maléfique qui, toujours, s’équilibre au prix du sang. » Je n’ai jamais oublié ses paroles, voyez-vous. C’était mon rôle de psycho-analyste. Mais il m’arrive de ressasser ces sessions où, avant que l’Ordo Xenos ne vienne le chercher, il m’entretenait au point où je crus être un de ses anciens étudiants de l’Universitae. « Mais que ferions-nous face à un ennemi qui n’en est pas un ? Une menace qui ne cherche à se battre que parce que c’est dans sa nature profonde ? Et ne vous méprenez pas avec les Orks, ils sont belliqueux, mais ils existent d’une telle manière qu’il est possible de les comprendre. Non, imaginez que cet adversaire estime à peine votre existence, qu’il suive un instinct multimillénaire de destruction poussée au paroxysme de sa perfection et de son efficacité ! Imaginez qu’il soit autant le summum de la vie que la promesse de la mort, et qu’il représente tant l’un et l’autre qu’il nous mette devant un sentiment de fatalité plus profond que ce que le Chaos a apporté en huit millénaires ?! Non ! Vous ne pouvez pas comprendre, personne ne le peut, personne ! ». J’ai dû à cet instant écourter la séance, car il était retombé dans une de ces folies que seuls les plus puissants anxiolytiques apaisaient. Trône tout-puissant, qu’avait-il bien pu voir sur les planètes des bordures extérieures ? Transcription vocodée portée au dossier 452-AM, opération « Accalmie » __________________________________________________________________ J'ai réfléchi au format dans lequel vous délivrer ça sur le forum, et je pense que ça serait gerbant de l'intégrer ici. Alors j'ai un compte sur un site de fan-fiction, et sur lequel je poste tous mes travaux. Je vous propose de lire ça, si ça vous intéresse, via le site, ce qui sera infiniment plus aisé pour votre confort de lecture. A ce stade, avoir vos retours pour un projet comme celui-ci m'intéresse diablement. C'est mon premier gros travail après tout. Je ne sais pas quelle est la politique concernant les liens externes sur le forum, si c'est considéré comme de la publicité ou quoi que ce soit qui enfreigne les règles du forum, qu'un modérateur n'hésite pas à me le dire et je reverrais ma copie, ou trouverais un autre moyen de vous le partager. https://www.fanfiction.net/s/13748355/1/Sombres-Entrailles A noter concernant le dénouement : Il peut se suffire en lui-même, mais j'hésite à rajouter un épilogue. Vu la construction du récit, il pourrait se justifier, mais l'histoire peut tout aussi bien s'arrêter là, puisqu'elle aura une continuité dans le futur. J'aimerais votre avis à ce sujet : un épilogue vous semble-t-il nécessaire ? J'en profite pour remercier @MarmIsACaribou, qui a grandement contribué à la correction d'une majorité du récit, et qui m'a permis de trouver la motivation de le mener à son terme. Un grand merci à lui ! J'espère que l'histoire vous plaira. N'hésitez pas à critiquer, même négativement, c'est comme ça que l'on progresse
  15. Granville

    Mon nom est...

    Bonjour, Petit texte à nouveau issu d'une idée, celle de parler du garde impérial qui se fait tuer en arrière-plan pendant que votre Space Marine héro-du-jour récupère toute la gloire pour lui tout seul. De manière générale, j'aime bien me pencher sur ces sujets un peu mis au rebut, donc j'espère que ces quelques pages réussiront à vous plaire. J'ai tenté un exercice un peu particulier et je comprendrais qu'il ne plaise pas tant que ça, du coup je serais curieux de voir le ressenti extérieur que l'histoire donne (Oh et mes excuses pour le format forum qui galère un peu). Dans les ténèbres d’un lointain futur, il n’y a que la guerre. Mais il y a celle qu’on glorifie, qui porte un nom, qui est menée par ceux dont l’Histoire se souvient à plus ou moins brève échéance…et celle dont on ne parle pas, pleine d’anonymes souffrances, d’invisibles désespoirs, d’héroïsmes cachés et de sacrifices inutiles. De telles histoires n’inspirent ni joie, ni satisfaction, et seule transpire une abnégation résignée face à la cruauté d’un univers qui ne peut survivre et se souvenir dans le même temps des petits actes soutenant les grandes entreprises. Ce soldat inconnu, c’est moi, c’est vous, c’est tout-un-chacun dans cette immensité où rares sont ceux qui font la différence. Mon nom est.... …Un simple chargement…Une lueur dorée filtre entre les immenses tours de lithobéton d’une petite cité-ruche, sur une planète frontalière perdue dans un secteur immense au coin d’un Segmentum. Son nom ? Rares sont ceux qui le prononceront en-dehors de ses habitants ; et encore. Dans ce décor urbain lourdement chargé se trouve une grande place commémorative où s’alignent des statues de héros, et sous leurs regards de pierre vides attendent les carlingues sombre d’immenses vaisseaux d’embarquement, dont les moteurs au repos fument avec le froid tombant d’un soir tardif. Un homme se tient sur la rampe de l’un d’entre eux, puisant un peu de réconfort dans le fait de garder comme dernière image de sa planète natale ce rare kaléidoscope de couleurs chaudes qui tombe directement sur sa peau pâle. Il est harnaché dans un uniforme impérial réglementaire, rehaussé d’une armure pare-balle, et accompagné de tout ce dont le parfait garde impérial a besoin pour faire la guerre au nom de l’Empereur, là-haut dans les étoiles. Tout en s’imprégnant de ce dernier paysage, il capte les paroles d’un agent du Munitorum s’entretenant avec un officier du personnel de bord. Celui-ci le tance pour un retard de plusieurs journées, ce qui met à mal son planning de déploiement parfaitement millimétré. L’officier rétorque que le précédent chargement a provoqué des incidents à bord du vaisseau de son maître, et qu’il a fallu le passer au radoub pour effectuer des réparations. Apparemment, la discipline ne leur avait pas été correctement inculquée, et le premier voyage warp les avait perturbés au-delà de ce que le commissariat de bord était capable de gérer. Il termine en espérant que ce chargement-ci aura été mieux formé et préparé à ce que l’espace avait à leur offrir. Notre conscrit rigola. L’espace, il ne l’avait jamais vu. Il n’avait même jamais vraiment vu le ciel, auparavant. Seuls les riches des hautes-spires avaient ce luxe, car dans les sous-ruches où vivent quatre-vingt-dix pourcents de la population, même lorsqu’il n’y a pas de plastacier ou de lithobéton au-dessus de ta tête, les fumées de pollution cachent son apparition la majeure partie du temps. Il n’avait pas été privilégié, ni n’avait eu la moindre chance, que ce soit à sa naissance ou au cours de sa jeunesse. Les Schola miteuses des quartiers défavorisés lui avaient tout juste enseigné à lire, et il savait écrire suffisamment pour signer des papiers de travail, ou des papiers d’enrôlement. Ouais, il n’y avait pas besoin d’être très éduqué pour rejoindre la garde impériale. Pas plus que ça n’avait été nécessaire pour travailler pendant plusieurs années dans les fabriques civiles qui l’avaient employé pendant la majeure partie de sa vie ; depuis qu’il était enfant, même. Le jeune homme, qui cherchait depuis longtemps un moyen d’améliorer sa paye et quitter son répétitif et débilitant travail, était tombé sur une affiche de propagande à la sortie d’un troquet. Cette affiche exhortait à une mobilisation massive afin de libérer un secteur voisin ; elle arguait que sa planète serait sinon la prochaine à tomber entre les griffes d’un ennemi lointain et terrifiant. Embrumé par un mélange d’alcool et de vapeurs de Nocturna, il avait senti monter en lui un mélange conflictuel de patriotisme impérial, d’espoir d’une meilleure situation dans la Garde et d’un voyage qui lui ferait quitter les ombres d’un paysage urbain déprimant. Il s’est alors dit qu’il n’avait pas grand-chose à perdre. Adossé au mur opposé, les premières gouttes d’un orage acide tombant d’un ciel lourd et chargé, il avait cuvé sa soirée en faisant tourner et retourner dans sa tête l’insistante idée qu’était devenue celle d’aller à la rencontre d’un inconnu destin à des années-lumière de son monde. Après tout, était-ce vraiment pire que de mourir prématurément dans un accident de machinerie lourde à son travail ou comme perte collatérale d’un règlement de comptes entre gangs ? Ou bien intoxiqué par les vapeurs nocives des industries impériales ? Ou encore s’éteindre d’ennui après une vie morne, uniquement agrémentée du goût d’une drogue ou d’une autre dans laquelle il fallait forcément tomber pour tenir au jour le jour ? Ses amis avaient d’abord rit de sa suggestion, lorsqu’il leur en parla le soir suivant. Mais ils comprirent vite qu’elle n’avait rien d’une blague. L’un d’entre eux abonda en son sens, disant qu’il l’aurait suivi s’il n’avait pas eu ce pied-bot. Un autre haussa les épaules et tira un peu plus sur son verre de bière sale. Le dernier grommela qu’il y avait probablement mieux à faire que de mourir pour si peu dans un lieu éloigné, et qu’on ne se souviendrait pas forcément plus de lui comme cela, mais ne chercha pas à l’en empêcher. Il lui fut plus dur d’en parler à sa petite sœur et à sa vieille grand-mère. Cette petite dame douce et voûtée avait veillé sur eux pendant des années, après la mort de leurs parents, exécutés par l’Arbites à la découverte de la succursale d’un culte hédoniste planquée sous leur lieu de travail ; dans la plus pure démonstration de leur finesse, personne ne fut épargné par une descente aussi rapide que brutale ne cherchant pas à différencier les innocents des coupables. Depuis, ils avaient été confiés au bon soin de l’ancienne ouvrière en sidérurgie pour laquelle chaque jour qui passait se faisait dans la souffrance d’une intoxication aux métaux lourds. Il savait qu’entre deux quintes de toux elle n’approuverait pas ce choix, mais qu’elle ne l’en empêcherait pas non plus. Sa petite sœur, c’était une autre histoire. Née plus tardivement, elle ne commençait qu’à peine à comprendre les rigueurs de la ruche, malgré que la dureté générale de la vie ici-bas l’ait rendue déjà assez mature pour ne plus s’alarmer des coups de feu ou des hurlements quotidiens qui déchiraient leurs journées. Elle pleura beaucoup, et c’est à cet instant plus qu’à d’autres qu’il remit en cause sa décision. Il savait, cependant, que sa solde améliorerait leur quotidien à toutes les deux, et permettrait peut-être à la jeune fille de recevoir une meilleure éducation, afin de moins connaître les rigueurs d’une existence pauvre. Encore maintenant, debout sur cet escalier vers l’inconnu, c’était ce souvenir qui lui déchirait le cœur, plus que tout autres de son ancienne existence. Il risqua un dernier regard vers l’immense foule qui bordait la cérémonie, où se pressaient femmes, enfants, maris et parents ; tous fiers, tristes et résignés de voir leurs proches s’aligner en ordre de bataille et marcher au pas vers un futur incertain de violence, d’horreurs, de douleurs et de mort ; et peut-être de gloire, mais si peu. Il savait sans pouvoir la distinguer qu’elle était là, et c’est une pensée qu’il supportait difficilement. Il remit son masque, celui qui le rendait si semblable à tous les autres soldats, réajusta la bandoulière du fusil laser sur son épaule, et retourna dans le rang au moment où sa compagnie se mettait en marche vers les entrailles du vaisseau d’embarquement. Aujourd’hui, il était devenu un garde impérial. * * * Quelques semaines plus tôt. Le bâtiment d’enrôlement était une vieille gare de transport ferroviaire dans un style architectural alliant le gothique impérial au colonial pré-Dîme, lorsque la lumière de l’Empereur était descendue sur ce monde sous la forme d’immenses croiseurs menaçants ne laissant aux habitants aucun choix sur leur futur. C’était un temps ancien, fait de considérations bien différentes ; les forêts avaient laissé place aux manufactorums, les squares s’étaient transformés en centrales géothermiques, et les fleuves d'ornement s’étaient taris face aux incessants besoins de l’industrie lourde. On ne parlait plus de ce temps, il ne convenait pas aux discussions plus primordiales sur l’avenir économique de la planète, ainsi que sa place toujours croissante dans l’interdépendance entre les systèmes proches et ceux plus éloignés qui lui fournissaient son blé et les ressources de première nécessité à sa population. La volonté de l’Empereur-Dieu pour ce monde était de soutenir ses domaines dans les entreprises de l’Adeptus Terra ; c’était, en tout cas, ce que les prêtres du culte impérial prônaient dans leurs sermons, et les nobles s’acquittaient de cette tâche avec diligence, instruisant la population dans ses devoirs envers le Trône d’or. Beaucoup de ses concitoyens étaient également venus remplir le leur, le jour où le jeune homme se décida à franchir le pas. Aucun ne semblait très riche ou noble, d’ailleurs, et le mieux qu’il pouvait voir était quelques vestons de couleur, ou des broderies en col et manches d’un tissu doux mais commun qui se vendaient à un prix légèrement plus élevé que les frusques civiles se rencontrant à tous les carrefours. Certains n’étaient pas assez fortunés pour seulement avoir mieux que leurs vêtements de travail, et tous avaient les traits tirés, au mieux résolus. Il choisit une ligne sur les dix qui se rangeaient sagement face aux bureaux d’incorporation. A tous les coins du grand bâtiment se tenaient des gardes impériaux en uniformes impeccables, amidonnés à en tenir debout leur propriétaires, qui paradaient leurs armures rutilantes et leurs fusils neufs. Tout aussi impassibles, de nombreuses statues dorées d’illustres inconnus imageaient des dictons appelant à soutenir l’effort de guerre, à s’enrôler pour l’honneur, au sacrifice de soi et à la gloire de la victoire. Dans le même ton, au sommet de poteaux marquant la large arche d’entrée, une série de vox-parleurs diffusaient des appels à rejoindre l’Astra Militarum qui portaient bien au-delà des murs du bâtiment, et se faisaient entendre dans la rue suffisamment fort pour couvrir le brouhaha des passants. Dehors enfin, au centre de la grand-place qui jouxtait le bâtiment, une statue plus grande que les autres représentait l’un de ces anges de l’Empereur-Dieu dans son imposante armure, bouclier et épée en mains, ceux dont on racontait les histoires en cours de catéchisme et dont ses parents lui avaient lu les exploits avant de dormir. Il ne pouvait citer personne qui, à sa connaissance, en avait déjà vu un, et les pix les représentant étaient rares. Ils étaient tel un mythe lointain, une vérité à la fois certaine et incertaine ; on disait que les rencontrer revenait à avoir un aperçu de l’Empereur-Dieu lui-même. Pour le moment, seule l’ouslite imperturbable des monuments à leur gloire lui donnait la sensation de les connaître, ou du moins connaître un reflet de ce qu’ils étaient. — Votre numéro de service militaire sera AM-703-45-56. » terminait l’officier recruteur qui enregistrait l’homme devant lui. « Vous pourrez abrévier une fois que vous aurez rejoint votre unité, mais gardez les quatre derniers chiffres en tête pour le moment, ils indiquent votre régiment et compagnie d’assignation. Il hocha doucement la tête et prit le papier qui lui fut tendu. — Vous vous enregistrerez dans trois cycles à la porte 5 de la caserne du 28ème FDP. Je vous rappelle que vous venez de signer un contrat, alors un défaut de présentation sera suivi de sanctions telles que listées dans les décrets de conscription du Munitorum. Bonne journée, recrue, et bienvenu dans la garde. Sans plus de discussions, l’homme quitta le bâtiment. Puis, ce fut à son tour. L’officier posa négligemment sur le comptoir un formulaire estampillé des sceaux de l’Administratum, et s’affaira à pianoter sur son cogitateur. — Monsieur ? » tenta-t-il de l’interpeller. « Vous ne me demandez pas mon nom, ou ce que je fais là ? L’officier releva la tête avec un regard mi-surpris mi-irrité. — Pourquoi faire ? Vous êtes venu dans un centre de recrutement de la garde pour me demander des directions ou un ticket de rationnement ? Non ? C’est bien ce que je pensais, alors indiquez ça sur ce papier et remplissez-le. J’ai autre chose à faire que d’apprendre à connaître tous les paumés qui nous rejoignent…» Voyant qu’il hésitait, il ajouta rapidement : « Si vous ne savez pas écrire, ne mettez rien, ça ne change pas grand-chose. J’ai surtout besoin de votre signature. Le reste n’est qu’un ramassi de formalités qui seront réglées à l’incorporation. Bien sûr, vous devrez me laisser vos documents d’identification, ils vous seront rendus à l’enregistrement. Maintenant dépêchez-vous, j’ai des quotas à remplir, moi. Il ne savait pas trop à quoi s’attendre en entrant ; et au final, le désintérêt du petit fonctionnaire était sans doute préférable. Avec un soupir, il signa le document, laissa ses papiers sur le comptoir, et l’officier lui tendit le même petit ordre d’incorporation jaune qui avait déjà été donné à son prédécesseur. Le reste des instructions glissèrent sur lui comme une rengaine parfaitement apprise, alors que l’univers se réduisait à ce court instant pendant lequel le formulaire disparaissait dans les classeurs métalliques, scellant son destin. Le sang s’était mis à battre ses tempes et obscurcissait sa vision, devenue un tunnel bruyant dans lequel la voix rauque de son interlocuteur résonnait en lettres de feu. Au son du “recrue” qui lui fut adressé, il sursauta doucement, hocha la tête, et partit. Dehors, le temps s’était gâté. Les yeux du grand guerrier semblaient le regarder, mais ils semblaient aussi regarder tout le monde en même temps. Pour ce qu’il en savait, ce guerrier-ci avait été originaire de son monde, et y était devenu un symbole de dévotion et de force ayant accédé à la divinité. Mais avec le temps, tout le monde l’avait oublié ; il n’était que machinalement reproduit, et son nom variait selon les places, les villes et les régions. Qu’était-il, lui, si personne ne pouvait se rappeler de la véritable identité d’un demi-dieu ? Si le temps faisait tomber les plus grands héros de l’Imperium dans l’oubli, quelles abysses étaient promises à ceux qui ne pouvaient au mieux réaliser qu’une fraction de leurs exploits ? Mais peut-être…peut-être l’oubli était-il le grand égalisateur ; à l’échelle de l’univers, étaient-ils bien différents ? Quel terrible destin, d’avoir fait tant pour si peu, se dit-il en détaillant les pupilles vides du Space Marine ; elles eurent l’air de lui renvoyer un regard, cette fois-ci, alors que l’orage grondait et que commencèrent à glisser sur l’or patiné de ses paupières les premières gouttes de pluie. * * * L’Astra Militarum imposait aux nouveaux régiments une période d’entraînement dont le déroulement étaient établis par les bureaux locaux du Munitorum. Ces formations étaient généralement les mêmes au sein d’un système, voire d’un sous-secteur selon le degré de coordination, mais variaient grandement à l’échelle de l’Imperium. Elles étaient aussi assujetties à la disposition des gouverneurs locaux envers la dîme impériale, car rien ne les obligeaient à fournir des soldats parfaitement entraînés ; ils devaient juste savoir tenir un fusil et tirer droit, encore que l’importance de ce dernier point soit généralement relative. Ici, une majorité de la contribution à l’effort de guerre se faisait en capital humain plutôt que matériel. Les ressources planétaires étaient maigres et avaient déjà été en grande partie réduites à peau de chagrin, laissant la population dépendante aux approvisionnements extérieurs et forçant le gouverneur à rediriger ses efforts industriels sur la production des biens de consommation de première nécessité. En conséquence, sa bonne volonté se limitait au minimum requis, car une augmentation de la dîme financière indisposerait la classe dirigeante ; les centres de recrutement avaient alors fleuri, et les efforts de conscription faisaient du chemin dans les décisions exécutives. Les recruteurs impériaux écumaient désormais les rues et les bars, comptant sur l’euphorie ou la misère pour faire miroiter une nouvelle vie de voyages, d’aventures, et de promesses de soldes. Certains étaient plus agressifs dans leur démarche, et n’hésitaient pas à profiter de telles situations pour faire signer contre leur gré les pauvres hères les plus perdus qu’ils pouvaient trouver. Le type qui avait tremblé en recevant son arme devant lui correspondait en tous points à cette description : deux castigateurs l’avaient récupéré et traîné au camp d’entraînement malgré son regard ébahi et ses protestations ; là, il fut surpris d’apprendre qu’il s’était enrôlé pour vingt années solaires dans la garde. Bien sûr, la signature était définitive, et aucun retour en arrière n’était possible. Les vigiles sous commandement du Commissariat qui surveillaient le camp s’assuraient que personne ne tourne les talons en cours de route, car les doubles-grillages et les miradors étaient érigés pour s’assurer que personne ne rentre, mais c’était là une considération toute officielle. Assis sur son lit de camp, notre conscrit fraîchement intégré observa longuement l’arme posée sur ses genoux qui lui avait été fournie. C’était un fusil laser modèle Kantrael type 1, avec mire mécanique intégrée et sélecteur de tir. Ils étaient produits localement et n’alimentaient que les nouveaux régiments, ce qui n’en faisaient pas des armes de première qualité. Celle-ci n’était même pas neuve, car il n’était pas rare que l’on refile aux nouvelles recrues les armes des morts et des disparus, rapatriées par le Munitorum pour économiser les ressources d’une planète. — Hey, » l’interpella une voix au bas gothique haché. Il releva la tête de sa contemplation et tomba sur son voisin de lit qui l’observait. C’était un homme courtaud mais charpenté, éborgné mais dont l’unique œil gauche avait une étincelle que lui n’avait pas. « Ça fait un moment que tu regardes ce truc, tu sais au moins c’que c’est ? — Ouais, j’ai pas été raflé par un recruteur, j’suis là de mon plein gré. — Oh ! Alors toi aussi t’es là par vrai devoir patriotique ! On pourrait bien s’entendre, mon gars. — C’est surtout pour me casser d’ici et voir du pays, mais hé, ça peut pas faire de mal de servir l’Empereur dans le même temps, hein ? — C’est toujours mieux que la majorité des clampins. C’est quoi ton nom ? — J’m’appelle…. — Fini de glander, les bouseux ! » Rugit la voix de leur sergent-instructeur qui pénétra en trombe dans la tente-dortoir. « Je vous veux en rang dehors dans deux minutes avec votre paquetage, et s’il manque à l’un d’entre-vous ne serait-ce que sa gamelle, vous ferez tous des tours de camp à en cracher vos poumons ! Allez ! L’agitation dans la tente atteignit son paroxysme. Toutes ces recrues sans expérience s’échignèrent maladroitement pour préparer leur équipement à temps, et il ne fut pas en reste. Une boucle de son sac résista et le borgne prit un instant pour l’aider à la fermer ; son propre sac était déjà fait, signe d’une certaine habitude face à l’urgence. Du regard il le remercia, et ils remontèrent tous deux les colonnes de lits pour sortir. Dehors, des lignes se formaient sous les instructions hurlées par les officiers. Tout le camp était mobilisé pour une inspection, et le manque d’habitude à ce genre d’exercice se faisait sentir. Un fourmillement massif agita les allées jusqu’au lieu du rassemblement, une vaste place au centre du casernement qui pouvait accueillir presque tout un régiment. Leur tente en était proche, alors ils furent parmi les premiers à s’aligner ; tout devant, même. Après plusieurs minutes, le calme commença à régner. Un silence se fit sous les injonctions des officiers, qui se mit à planer lourdement sur les soldats en attente. Les rares velléités d’échanges furent promptement étouffées, et au bout de ce qui sembla être une éternité, alors que les sacs devenaient lourds sur les épaules fatiguées, les pieds meurtris et les armes pesantes, un groupe apparu, remontant la première ligne avec lenteur. Lorsqu’il put les distinguer, il identifia l’un d’entre eux comme ce que l’on appelait un “commissaire”. Il avait entendu parler de ces hommes et femmes, représentants politiques de la volonté de l’Empereur, durs et impitoyables, qui possédaient toute latitude pour faire régner l’ordre et la discipline. Les histoires de ce qu’ils faisaient sur les champs de bataille pour faire avancer les récalcitrants étaient courantes, sources d’une haine tenace mais résignée des soldats envers eux, chose dont ils n’avaient cure. A ses côtés se trouvait une figure impériale majestueuse, drapée d’une cape longue à haut col en cuir épais rehaussé d’un gorgerin ouvragé. Il était engoncé dans une armure carapace de parade toute de gravures et de fioritures, et une grimace sérieuse déformait ses traits en fronçant ses sourcils épais. Autour d’eux se trouvaient différents officiers d’état-majors, soit de la garde soit des forces de défenses planétaires, ainsi que plusieurs adeptes de l’Administratum et du Munitorum de divers rangs. Tous discutaient mais leurs voix ne portaient pas très loin malgré le silence qui s’était fait dans le camp. Un officier plus haut gradé que les autres restait à leur hauteur ; il avait ce regard inquiet et fébrile qu’ont les personnes contrariées mais contraintes. — …ous n’y pensez pas ! » finit par entendre de lui notre conscrit. « La plupart de ces compagnies viennent tout juste d’être intégrées. Les escouades ne sont pas encore formées, et ils savent à peine entretenir leur fusil. Les décrets du Munitorum imposent qu’ils passent encore au moins deux ou trois semaines à recevoir leur instruction militaire de base ! Disant cela, il s’était retourné pour obtenir une approbation, si ce n’était vocale au moins visuelle, des gratte-papiers qui suivaient le cortège. La plupart hésitèrent de manière gênée, se regardant les uns les autres et murmurant à voix basse ou entre eux ; une masse de robes qui se déplaçait sur une chaise autoportée à pattes d’araignées commença à élever la voix, qui filtra au travers d’un vox-parleur. — Les lois locales telles qu’approuvées par le gouverneur de secteur en personne, notamment l’édit d’incorporation TGI-405 au paragraphe 46, alinéa 756, disposent que…» Il fut interrompu par une main autoritaire et la voix profonde du général. — Cela suffit ! Ne me citez pas les édits militaires comme si je ne les connaissais pas ! Ces lois ne sont d’aucune valeur face aux exigences d’une croisade, et vous le savez tout aussi bien que moi. Ils étaient maintenant au niveau du jeune homme, qui se sentit écrasé par l’autorité naturelle du vieil officier et le faste de cette escorte. Un cordon de Tempestus Scions gardait un œil vigilant sur les environs, et plusieurs bullgryn gardes-du-corps en armure lourde faisaient légèrement trembler le sol à chacun de leurs pas. — Tous ces hommes et femmes sont prêts à servir l’Empereur si vous leur posiez la question, et nous avons besoin d’eux pour que sa lumière soit enfin restituée à toute une frange de systèmes qui ne pourront être libérés sans de nouveaux renforts. Le trajet sera le moment idéal pour combler ces lacunes, et je sais que le Munitorum est suffisamment préparé pour une telle tâche. L’un des adeptes accepta le compliment avec un hochement de tête respectueux mais forcé. — Ou oseriez-vous remettre en question à la fois le courage de ces nouveaux gardes impériaux et la compétence des plus hautes institutions impériales ? » adressa-t-il ensuite à son collègue en un reproche que notre conscrit n’aurait pas aimé avoir à encaisser. — Non, non, bien sûr que non ! » Il avait pâlit. « J’ai toute confiance dans le Departmento Tacticae et les décisions du maître de guerre. — Bien. Alors c’est décidé. Le temps presse, je veux que les premiers bataillons soient prêts à partir d’ici une semaine, et que les trois régiments soient déployés avant la Saint-Drusus. Ainsi, ces quatre semaines de formation initiale se transformèrent en trois, puis en deux. La guerre appelait ses enfants, et il serait impoli de la faire attendre. * * * Tout le monde au camp d’entraînement numéro trente-cinq senti peser au cours des jours qui suivirent la pression d’un départ anticipé plus vite que prévu. Les sergents-instructeurs voulurent précipiter toutes les bases essentielles de leur formation. Il apprit à démonter et nettoyer un fusil laser au cours d’une demi-journée ; charger, viser et tirer avec les différentes armes légères et lourdes d’une compagnie en deux ; tailler et estoquer à la baïonnette ne pris que quelques heures éparses qui furent toutes suivies d’entraînement au corps-à-corps désarmé, et on jugea secondaire l’apprentissage des premiers secours en milieu hostile. Gagner la force physique nécessaire pour une vie dans la garde fut plus dur que tout le reste, et les courses matinales s’égrenèrent de malaises et d’abandons qui finirent pour certains à l’infirmerie du camp. Près d’une dizaine de recrues moururent d’épuisement ou dans des accidents liés à l’entraînement au sein de son seul peloton, et il devint rapidement évident que ceux qui seraient vraiment prêts à une bataille rangée étaient rares. L’un d’entre-eux était une petite rousse au regard sévère, dont le physique sec et musclé valut à plus d’un homme trop entreprenant de finir allongé au sol, les dents serrées et le souffle coupé par un coup bien placé et fort peu gracieux. Le jeune homme ne s’était jamais aventuré à de telles avances, et préférait rester loin de ce charme sauvage et inatteignable. Malgré tout, il s’était parfois risqué à quelques oeillades, et devait bien reconnaître avec un soupir que ce brin de femme méritait toute son admiration. Elle était par ailleurs la plus douée de son peloton, aidée par un passé de ganger et une détermination à toute épreuve, forgée dans le creuset d’épreuves qu’était la sous-ruche ; plusieurs tatouages tribaux encerclaient ses bras, dont un qu’il était sûr d’avoir déjà vu un jour, et elle arborait une large cicatrice au travers du dos dont personne n’osait demander la provenance. — J’ai la sainte tâche de faire de vous des gardes impériaux ! » Avait rugi leur sergent-instructeur au premier jour, un homme aussi grand que large avec une moustache épaisse. « Croyez-moi quand je vous dis qu’à vous regarder, j’ai aucune foutue idée de comment je vais bien pouvoir faire en aussi peu de temps sans me parjurer envers l’Empereur ! Vous êtes le ramassi de marginaux le plus pitoyable de tout ce camp et si vous tirez aussi droit que vous tenez debout, je plains le fusil que vous porterez au combat ! Il marchait furieusement devant la première rangée en imprimant de profondes traces de bottes dans la boue du camp. Son chapeau s’agitait à chaque cri de gorge qui marquait les syllabes de sa diatribe, et il passait son regard sur chaque recrue avec une fureur à peine voilée. — Mais la croisade sera votre grand baptême du feu, » Avait-il continué, « et du moment que vous réussissez à grimper la rampe du vaisseau d’embarquement, vous pouvez tout aussi bien ne pas savoir lacer vos chaussures que ça m’en toucherait une sans bouger l’autre. Du coup, vous n’aurez pas le privilège de connaître mon nom et vous vous contenterez de m’appeler “sergent” à chacune de vos phrases ! J’exige de vous une obéissance totale, et quiconque osera remettre en question le moindre de mes ordres ira faire un tour aux bureaux du commissariat, même si cet ordre consiste à sauter par une fenêtre avec un chapelet de tubes-charges collé au cul ! C’est bien compris ? — Sergent, oui sergent ! » S'étaient élevées les voix du peloton, avec des degrés divers et beaucoup de manque de coordination. Seule celle de la petite rousse était sortie du lot avec plus de force que le reste, ce qui attira l’attention de l’instructeur. — Par les bijoux de famille du gouverneur, votre camarade ici a plus de couilles que vous tous réunis ! Je sens que j’aurais plus de facilité à apprendre à compter à des ogryns qu’à vous faire hurler comme de vrais soldats ! On recommence ! Me suis-je bien fait comprendre !? — Sergent ! Oui, sergent ! » Notre conscrit avait crié si fort que sa voix avait déraillé et il s’était mit à tousser. Son fusil laser lui était tombé des mains malgré ses tentatives pour l’en empêcher, ce qui avait bien vite orienté l’ire du sous-officier vers lui. Alors qu’il avait réajusté l’arme à son côté, ce dernier l’avait copieusement sermonné. — Toi ! Celui qui n’est même pas assez costaud pour empêcher son arme de lui glisser des mains ! Quel est le misérable nom que ta malheureuse génitrice a eu le déplaisir de t’attribuer lorsqu’elle a fait l’erreur de te mettre au monde ? — Sergent, c’est…. — J’en ai rien à foutre ! Un soldat qui ne sait pas se tenir au garde-à-vous vaut autant qu’un soldat mort ! Comment est-ce que vous comptez charger l’ennemi sans vous chier dessus si vous arrivez pas à serrer les fesses quelques minutes par respect pour vos supérieurs, hein ?! Aller, cent pompes pour tout le monde, gentiment offertes par monsieur “mes-doigts-glissent”, et ceux qui n’y arriveront pas verront leur ration divisée par deux ce soir ! Ce moment déplaisant n’avait pas été le seul de leur courte formation, et personne ne lui en avait vraiment tenu rigueur après coup. Chaque preuve de faiblesse était l’occasion d’une brimade ou d’une autre de la part du sergent, ce qui déclencha une forme de solidarité collective. Sous l’impulsion de la ganger, qui sans pour autant lui tenir tête réussissait à limiter les punitions en donnant de sa personne, une résistance passive faite de défiance légère et de solidarité dans l’effort se constitua. Tout naturellement, elle fut rapidement choisie comme candidate au rôle de sergente d’escouade ; et “Rousste”, telle qu’elle se faisait appeler, devint ainsi un pilier pour le peloton dans le peu de temps qu’ils eurent pour tisser des liens. Mais très vite, on sonna l’heure du déploiement. La hiérarchie fut maladroitement dessinée par les officiers du camp, les paquetages complétés, et les insignes régimentaires arrivèrent au tout dernier moment. Prêts ou pas, il était temps pour eux de partir. Où ? Personne ne le savait ; et après tout, quelle importance ? * * * De nos jours. Le voyage avait duré longtemps. Trop longtemps. Chaque jour qui passait le rendait plus malade, et il marmonnait les litanies de providence autant de fois qu’il le pouvait afin de distraire son esprit des démons qui en assaillaient les frontières. On lui avait expliqué sommairement que les voyages dans le warp n’étaient pas de tout repos et mettaient à l’épreuve le cœur et l’âme des marins, mais il n’avait pleinement saisi le sens de ces propos qu’avec les visions insistantes et les cauchemars de ces derniers cycles. Au moins, les quarts qui rythmaient les périodes de sommeil et d’éveil ne le changeaient pas beaucoup de son ancienne vie, et il n’était pas autant affecté que certains qui avaient pu prendre l’habitude d’apercevoir un peu la lumière du jour au cours de leurs quotidiens. Son régiment avait été cantonné sur l’un des innombrables ponts du transporteur hyper-lourd chargé de les déployer en zone de guerre. C’était un lieu qui lui rappelait étrangement la sous-ruche, avec ses recoins, ses avenues, son plafond de métal et l’air épais en permanence recyclé qui flottait en volutes paresseuses autour des passants. Les bruits de moteur et des innombrables opérations que l’on menaient sur un vaisseau spatial n’étaient somme toute pas bien différents de ceux qui entouraient les citoyens du monde souterrain ; entre immenses ventilations, machineries lourdes cliquetantes, vapeurs de conduits et projections électriques, rien ne les différenciaient. Pas même l’absence de vent. Au milieu de ce tumulte constant, huit-mille cinq-cent hommes et femmes se partagaient un espace exigu fait de baraquements sommaires, d’une infirmerie mal équipée, d’une cantine et d’un square de rassemblement qui jouxtaient les bureaux d’administration et les quartiers des marins à cet étage ; le tout dans une promiscuité criante. Les exercices organisés pour compenser le manque d’entraînement initial gardaient les passions à un niveau acceptable, mais les altercations n’étaient pas rares et les commissaires avaient beaucoup de travail sur les bras. C’était d’ailleurs sans compter sur les frictions entre gardes impériaux et marins, les premiers ruminant contre les “cul-blancs”, et les deuxièmes crachant sur les “cul-terreux”. D’ordinaire, une saine rivalité permettait d’unir les groupes à défaut de créer du rapprochement, mais les unités étaient jeunes et inexpérimentées, bouffies d’un mélange de fierté et de peur à l’idée d’aller au front, ce qui attisait les bravades par ennui ou besoin de se défouler avant l’heure fatidique ; les murmures qui parvenaient d’au-delà de la coque ne faisaient qu’accroître un malaise déjà présent. Plus d’une fois la situation donna l’impression de dégénérer en conflit ouvert, et ils eurent vent d’une révolte dix ponts plus haut qui provoqua un bain de sang ; le régiment incriminé manqua de peu d’être purement dissous par le haut-commandement. A la place, il fut décidé qu’il serait en toute première vague de leur tout premier déploiement. Ce dernier, par ailleurs, était sur toutes les lèvres. Des rumeurs faisaient surface quant à cette fameuse première bataille, celle qui marquerait le régiment pour les âges à venir ; dont les futurs vétérans parleraient aux bleus qui rejoindraient leurs rangs, avec une larme de tristesse et de fierté en se remémorant ce baptême au front. Une tireuse d’élite qui s’était prise d’affection pour un clerc et égayait ses soirées racontait qu’il avait eu sous les yeux plusieurs documents de réquisition pour des barges d’assaut orbital, et que les dossiers de déploiement prenaient tout un étage de leurs bureaux à seulement stocker. Un autre garde faisait courir le bruit que la croisade piétinait, et qu’il était question d’écraser la résistance de l’Ennemi en un assaut majeur sur un de ses mondes-forteresses. Avec le temps, la rumeur devint progressivement plus folle dans des bouches différentes, alors qui pouvait vraiment le savoir ? — Quelle importance ? » Avait marmonné le borgne en triturant son cache-œil, à l’évocation du sujet. Personne n’avait jamais pris la peine de lui demander comment il s’appelait, et ce diminutif très parlant était resté, sans que cela ne l’indispose vraiment. De son propre aveu, il préférait de toute façon “se faire un nom sur le champ de bataille”. « C’est pas comme si on avait le choix, de toute manière. On ira où l’Empereur voudra qu’on aille. Point final. Ils étaient dans une file d’attente pour recevoir de l’équipement consigné en vue de ce déploiement. Un homme devant lui se vit tendre un harnais, un lot de rations de combat pour environ une semaine, et des pastilles d’hydropurification. — T’es pas curieux de savoir où ? Et dans quoi on va se retrouver ? — Ça me fera pas mieux dormir la nuit, si c’est c’que tu cherches toi. Ce fut le tour de notre conscrit de recevoir son paquetage. — Matricule ? » Demanda machinalement l’adepte pâlot dont la voix filtrait par un vox fixé au verracier. — 102-45-57. Un grondement s’éleva soudain et les murs se mirent à trembler alors que le métal grinçait dans les cloisons. Une sorte d’onde légère traversa les hommes et femmes qui étaient présents. L’armurerie fut parcourue d’un vent de panique, mais l’agitation inconnue finit par retomber et le calme revint. — C’était quoi, ça ? » Demanda notre conscrit, inquiet. L’adepte s’était mis à ricaner, pas le moins du monde incommodé ou alarmé par l’événement. — Ça soldat, ça veut dire que vous allez avoir très bientôt besoin de ce que je vais vous donner. * * * La cacophonie des moteurs de descente était assourdissante. Elle résonnait dans chaque recoins du compartiment de stockage du transport de débarquement orbital ; c’était une petite pièce conçue pour accueillir quarante soldats et leur matériel, mais l’espace entre les travées de sièges était à peine suffisant pour laisser passer deux hommes de front. Une grande rampe de débarquement les attendaient à la poupe, et chacun de ses côtés rougeoyaient sous la lueurs de lumiglobes d’avertissement, ceux qui prendraient une couleur verte criarde lorsqu’il serait temps de se jeter au-dehors pour combattre. Tout le monde était nerveux, et les cas de nausées et de vomissements n’avaient fait qu’ajouter à l’inconfort général d’un peloton déjà éprouvé par les semaines de voyage warp. Lorsqu’ils s’étaient alignés dans l’immense hangar où se tenaient plus d’une centaine de ces vaisseaux de débarquement, les commissaires étaient sur le qui-vive pour punir les cas de désobéissance, de désertion ou de lâcheté. L’embarquement avait pris un long moment pendant lequel la fébrilité des soldats égalait en toute mesure celle des gâchettes de leurs pistolet bolters, ce qui n’améliorait certainement pas la situation. Notre conscrit lui-même ne se remémorait ces dernières heures avant de s’être sanglé dans son siège que d’une manière floue. La bile remontait dans sa gorge, et il avait plusieurs fois déjà manqué de régurgiter le contenu de leur repas d’avant-bataille. Il se rappelait vaguement avoir fait son sac en marmonnant une prière, la boule au ventre, avoir failli oublier son arme dans la précipitation, avoir trottiné avec plusieurs centaines de ses camarades dans les longs couloirs aux lumières grésillantes, et avoir débouché dans le vaste hangar en ne ressentant que le poids grandissant d’un moment fatidique en approche peser sur ses épaules. De la fierté à la vision de cette démentielle machine de guerre se mettant en marche sous les hymnes impériaux et le bruit des milliers de bottes claquant sur le métal, il n'éprouvait rien. Bien que le raffut autour de lui soit assourdissant entre les officiers qui criaient les ordres et les moteurs des vaisseaux au décollage, seule semblait lui importer l’écho de sa respiration filtrant dans son masque et le cône étriqué de la vision en tunnel que lui conférait la visière finement embuée, alors que son esprit hagard répétait machinalement les mouvements des soldats en face de lui. Bien que cela eusse duré près de trois heures, il n’en gardait qu’un souvenir déjà lointain et aussi effacé que s’il avait eu lieu plusieurs mois auparavant, et pas quelques minutes seulement. Bringuebalé dans ses attaches, il sortit une pix abîmée de sa veste sur laquelle on pouvait voir ses parents, sa sœur et lui-même, avant qu’ils ne soient tous ainsi séparés. Il se demandait qui il reverrait en premier. La jeune fille semblait sourire, et il ne se reconnaissait pas ; la vie avait prélevé son dû, arrachant leur enfance à tous les deux, mais ils avaient survécu. Et maintenant ? Grâce au danger qu’il affrontait, sa petite sœur pourrait voir de meilleurs jours dans les Schola du Militarum et peut-être s’extirper de la pauvreté pour vivre…autrement. Mais vivre sans lui. Une ombre passa sur son visage, invisible derrière le masque, invisible derrière tout le reste. — Entrée en basse atmosphère, on passe bientôt à portée de l’anti-aérien, accrochez-vous à l’arrière, ça va secouer ! Que l’Empereur nous garde ! » retentit la voix du pilote dans les vox-parleurs. Les secousses de la carlingue devinrent irrégulières, et ils pouvaient tous entendre au-delà de la coque les détonations étouffées qui commençaient à essaimer autour d’eux. — Ahah, on y est, gamin ! » Rugit la voix de son camarade borgne, bientôt frère dans la bataille et probablement propriétaire de nouvelles blessures. Il se trouvait sur le siège en face de lui, adossé à la coque, et son humeur était bien différente. « T’en fais pas, tu les reverras, auréolé de gloire ! Une secousse plus forte que les autres lui fit lâcher son précieux souvenir alors qu’il saisissait le harnais pour ne pas être trop balloté. Une main habile s’en saisit au vol, et le lui tendit. C’était Rousste, qui se trouvait sur le siège à droite. — Merci sergente, je devrais probablement ranger ça, hein ? — Ouais, c’est une mignonne petite famille que t’as. La perds pas, surtout. » Il hocha la tête, incertain de ce qu’il devrait répondre. « C’est quoi ton blaze, soldat ? — Première classe… Une explosion déchira l’air, dépressurisant soudainement le compartiment. Dans un affreux bruit de métal torturé, la coque en face de lui disparut, arrachée par un obus explosif qui emporta sans cérémonie le balafré avec la moitié de son escouade. Le siège à sa gauche se transforma en un reste sanguinolent traversé par un débris de carlingue, et Rousste, dont les attaches du harnais avaient sauté avec la violence de l’impact et un shrapnel bien placé, luttait dorénavant pour ne pas être emportée comme les autres en se tenant au siège. Il secoua la tête, comprit rapidement que la sergente ne tiendrait certainement pas jusqu’au débarquement, et attrapa une attache de son paquetage pour l’empêcher de tomber. Elle s’agrippa au bras tendu avec l’énergie du désespoir. — Tenez bon ! La vision que lui conféra l’ouverture sur la situation au-dehors était apocalyptique. Une nuée de transports comme le leur tombait du ciel en traversant un nuage dense d’explosions, de missiles et de traînées de tirs de lasers. Des affrontements lointains se déroulaient avec des chasseurs ennemis pour les empêcher de prélever leur dû sur les vaisseaux vulnérables, et la surface en approche se dessinait lentement, promesse d’un combat plus terrible encore. Beaucoup de navettes se désintégraient dans un chapelet d’explosions sous le feu des batteries antiaériennes, qui n’avaient que l’embarras du choix et pas assez de temps pour viser et descendre tous les appareils impériaux avant qu’ils ne puissent toucher le sol. Malgré les dommages, le pilote tint bon, et peut-être jugea-t-on par la traînée noire dans leur sillage qu’ils ne feraient que s’écraser à l’atterrissage, car il put relever le nez de l’appareil afin d’amorcer une approche finale sans qu’on ne cherche à les achever. L’arrivée promettait cependant d’être rude, et au “Accrochez-vous !” du pilote, tout le peloton retint son souffle en serrant les barres de leurs harnais. Il échangea un regard avec la sergente, qui ne pouvait faire mieux que prier en raffermissant ses prises autant que possible, puis le choc, et il perdit connaissance. — …ortez ! Retirez vos harnais ! A la bataille ! » Les sensations lui revenaient progressivement, sa première vision étant celle de la forme enragée du major de peloton qui haranguait les hommes en les malmenant pour qu’ils se ressaisissent et prennent leurs armes. Les lumiglobes renvoyaient toujours leur lumière rougeâtre, mais ce dernier s’approcha d’un panneau, l’ouvrit brutalement, abaissa un levier, et une sonnerie stridente retentit alors qu’ils annonçaient avec un vert vivace que la rampe allait s’abaisser. Notre conscrit parvint à s’extirper de son siège, et vit que la sergente se relevait doucement elle aussi malgré que du sang coule d’un côté de son front. Le trou dans la carlingue s’était bouché d’un tas de débris et de terre alors que leur navette s’était visiblement couchée sur le flanc, signant son dernier voyage. A l’extérieur, les balles se mirent à ricocher sur la coque. — Levez-vous, bande de bons à rien ! » Dans un fracas grinçant, la rampe s’ouvrit et la lumière du jour envahit le compartiment. Le major agita le bras et leur montra la voie. « Derrière-moi ! Et suivez mon exemple ! L’instant d’après, une rafale emportait sa tête et une partie de son torse, et il fut rejeté dans le vaisseau sous la violence des impacts. Rapidement, il devint clair qu’une position d’arme lourde avait une vue directe sur la barge de débarquement, et que plus personne n’avait dorénavant le choix. Quelqu’un cria pour se décharger de sa peur et se donner du courage, ce qui fut repris par le reste du peloton. En désordre, les soldats commencèrent à sortir, mais étaient presque tous fauchés instantanément sur la rampe avant de pouvoir trouver un couvert. Les cadavres s’empilèrent rapidement, la rendant glissante de sang et de viscères. Comme dans un rêve, il se releva pour suivre ses camarades. Le temps autour de lui se rétrécit soudainement. Lorsqu’il regarda dehors, une clarté dense et chaude caressa son visage au travers de la visière. Il serra la poignée de son arme, reprit le cri de guerre, et se jeta sous le feu aveuglant de cet ennemi lointain avec une dernière pensée pour le souvenir de sa famille. * * * Mon nom est…mon nom est personne. Et tout le monde à la fois. Ce monde, ce système, cette galaxie…ont le don de vous le retirer, de le cacher sous une masse chair, de métal et de désespoir. Ils vous forcent à choisir entre un néant et un autre, avec l’irréalisable promesse d’une grandeur vers laquelle courent éperdument beaucoup d’appelés ; pour si peu d’élus. C’est cela, l’Imperium. Un empire de sacrifices, un combat pour sa propre survie qui contribue par hasard à celle de ce grand Tout que l’on nous prêche pour apaiser la peine de nos âmes. Mon frère l’avait compris, à mon avis. Un simple soldat de l’Imperium qui ne s’est pas enrôlé pour sauver son monde, mais pour se sauver lui ; se sauver d’une existence qui ne lui appartenait plus, pour avoir la possibilité de choisir son destin, même si cela signifiait le rencontrer plus tôt. Devenir garde impérial, c’était la promesse d’une prison que l’on porte avec soi, et il pensait, je le crois, que les horreurs pouvaient valoir cet aperçu de la liberté, cette sensation d’accomplir…quelque chose, n’importe quoi. Son nom, également, n’aura pas eu d’importance. Il ne sera inscrit sur aucune stèle commémorative, et je ne verrais jamais son visage sur les statues du souvenir qui parsèment les mondes en guerre pour donner du sens à cette vaste folie meurtrière. Après tout, il est question d’honorer la mémoire des héros, ceux qui mettent à bas les seigneurs de guerre, les monstres de légendes et les flottes entières de ces perpétuels ennemis qui nous encerclent de toutes parts ; et ironiquement nous unissent dans une même haine, une même rage de vivre, un même désir d’exister, ne serait-ce que pendant un bref instant, quittes à porter une arme au nom d’un Empereur que nous ne verrons jamais, sauf dans la mort. Mon frère, lui, a péri dans les premières secondes de sa première bataille. Une mort rapide et sans autre intérêt que celui d’avoir gonflé les astronomiques pertes initiales d’un assaut orbital destiné à diminuer la résistance de l’Ennemi. Il n’aura même pas appuyé une seule fois sur sa gâchette. Je tiens ces informations d’une sergente qui avait atterrit avec lui, dans cet enfer où moins d’un garde sur vingt se releva pour poursuivre le combat. Le fait qu’elle ait elle-même survécu tient plus du miracle que des circonstances, et c’est dans ce genre de moment que l’on se demande vraiment, pourquoi ? Pourquoi lui, elle, pourquoi pas moi ? Je m’attends à peut-être avoir à me poser cette question, bientôt. Demain, je partirai pour cette guerre que mon frère n’aura jamais vraiment vue, parce que je comprends les raisons qui l’ont poussé à le faire. Je suis consciente que son destin sera certainement aussi le mien, mais aussi que nous vivons dans un univers où il reste peut-être la meilleure chose qui puisse nous arriver. Grand-mère n’a pas supporté l’annonce de sa disparition, et dans le pire des cas, j’irais les rejoindre tous les deux, quel que soit l’endroit où ils m’attendent, satisfaite d’avoir accompli mon devoir envers l’Empereur, si minuscule soit-il. Car c’est ainsi que l’Imperium survit. Sur ce monticule de martyrs anonymes et inconnus, de morts sans gloire, ce sacrifice ininterrompu de femmes et d’hommes dont la trace dans l’histoire n’est rien de plus qu’une goutte infime dans un océan de destruction ; cet océan sur lequel naviguent les véritables héros, mais celui sans lequel ils seraient bien en peine de mettre à bas les seigneurs de guerres, leurs flottes, leurs monstres et leurs armées. Demain, je deviendrais un garde impérial, moi aussi.
  16. Waugh, Olivier, 40 ans et nouvel habitant de Carpentras dans le Vaucluse, je suis de retour en Provence après avoir bien bougé en France. Vieux joueur de 40K, j'ai découvert plein d'autres jeux mais plus tard, après leur « pic d’intérêt » ce qui fait que je galère à trouver des joueurs. J'ai pas mal de temps à moi et je teste beaucoup de choses. Alors oui, J'ai beaucoup de mal à jouer avec les optimiseurs, râleurs, compétiteur à tout prix... je suis joueur ork dans l'âme donc pour moi une bonne baston se fait dans la joie et la bonne humeur peut importe le résultat tant qu'il y a eu de l'action du sang et des rires !! J'ai par exemple beaucoup de mal avec le joueur Eldar qui n'osera pas dire que son codex est très fort... Donc je cherche des joueurs sympathiques dans le coin pour : 40k mon jeu de cœur ( 9000 orks / 5000 GI / 3000 BA / 2000 IK ) : en mode cool ou scénarisé , il y a aussi la version en alternée qui doit être sympa à tester . 9eme age ( elfes sylvain / nain / orques ) : j'ai fait une « vrai» partie il y a 2 ans mais j'aimerai bien tester plusieurs parties pour s'amuser... Epic / Space Marine ( orks / GI ) : mon premier jeu dans l'univers de 40k et franchement un des plus sympa... mais c'est super difficile de trouver des joueurs... j'ai les règles d'Armageddon mais aussi celles de Net Epic ( old school !! the best !! ) si voulez tester. BloodBowl ( skaven / halfling / slaan / humain / ork ) : j'adore ce jeu mais c'est vrai que je joue plus les TD que la castagne... prochaine équipe : les vampires ! Zombicide ( moderne et medieval) : alors, je suis tombé dedans sur le tard ( il y a 2 ans ) et, comme Obelix, j'adooore !! J'ai aussi découvert une web-communauté de malade. J'ai aujourd'hui peint les figs et je possède pas mal de tuiles fan-made ( des fous!!). X-Wing ( 1er version) : je joue plutôt avec les ''petits'' vaisseaux de base et suis pas trop fan de la course à l'armement ( même si, j'ai quand même du bon gros vaisseau). Le système est tellement sympa que pouvoir rejouer un combat Xwing contre TIE à coup de déplacement improbable me suffit à adorer. Un poker spatial, ce jeu ! Après, il y a les jeux plus spécifiques mais sacrement bon : SpaceHulk : l'avant dernière version. Le coup des blips, ça le fait ! Formule D ; avec plusieurs circuits et des règles sups, j'ai la 1ere version qui permet une conduite moins hasardeuse et vraiment funky. SuperGang : après l'avoir adoré adolescent, j'ai enfin réussi à trouver cette boite il y a 5 ans mais... j'ai pas eu l'occasion d'y jouer depuis. C'est un jeu de société excellent à base de gang avec tueur, dealer et prostitué dans un bon gros délire ( pistolet à fléchette fourni ). Les contrées de l'horreur : alors attention, là c'est du lourd en mode Cthulhu. J'ai toutes les extensions pour 3-4h de jeu en moyenne par partie dans le monde cauchemardesque du sieur Lovecraft. Bon désolé, c'est un peu long. En résumé : joueur ork cool, 40 ans, nouveau sur Carpentras Dans l'ordre : 40k / Zombicide / X-Wing / BloodBowl / Epic / 9eme age / jeux de société méchant Waugh
  17. Bonjour je démarre une galerie ici. Des ajouts sont à prévoir au fil des peintures. Quelques figurines deja peintes mais surement jamais postées ici. Je commence par un peu de forgeworld puisque c'est le warfo.
  18. Bonjour les amis. De passage ici pour vous partager un récit cours qui à lieu dans l'univers de Warhammer 40K. N'hésitez pas à partager vos retours bienveillants, et bonne suite à vous. Le ruban d'Aléda. Je venais d’être admise soeur militante de la Clef de Feu, ordre mineur détaché dans les confins de l’Ultima Segmentum sur ordre exceptionnel du Ministorum, afin de préserver et promouvoir la Sainte Parole du Monde Trône au-delà le ruban d’Aléda. Gigantesque formation gazeuse enroulée d’une robe de météores et de poussière miroitante, le Ruban était visible à l’oeil nu depuis la plupart des mondes où nous opérions et délimitait notre cheptel. Les navigateurs le considéraient comme la frontière de l’Imperium Sanctus, la bordure lointaine de l’Ultima Segmentum. Depuis de longs mois, la sédition gangrénait le système de Népéphrème. Et en ce jour de grâce, le dernier de ses bastions venait d’être occis. Népéphrème secondus, où les traîtres amassés avaient tenu un affligeant baroud d’honneur, était retombée entre nos mains. * Une neige bleutée virevoltait entre les flèches en ruine. Le jour commençait à peine à poindre, mais l’air froid qui soufflait sur les décombres appartenait encore à la nuit. Au-dessus de moi, la huitième flottes finissait de s’amarrer en orbite basse, augmentant la profondeur du ciel nocturne en étalant la perspective de ses nombreux bâtiments. Des monstres de plast-acier à demi-émergés dans une mer d’encre, parfois seulement esquissés par le réseau lumineux de leurs superstructures. Je m’attachais à arranger les corps sans vie de mes soeurs, prestement alignées dans l’attente du derniers rite : l’Onctum Magnificat, qui devait guider l’âme des guerrières tombées jusqu’en Son sein au travers des voies tortueuses de l’Immatérium. Des servocrânes s’agitaient à proximité du sol, enregistrant les visages figés dans le trépas. Bientôt, ils épaissiraient les armoires à rouleaux entreposées dans la chapelle des mortes de notre préceptoire. « Connais-tu la signification de l’ancien vocable ‘siméa’ ? » Je me redressai et attendis la suite en silence, espérant que la chanoinesse révérende Mégaré, réputée pour sa mansuétude, comprenne que la fatigue du combat et le douloureux labeur de l’Onctum me rendent la moindre parole douloureuse. « C’est un mot d’ici », poursuivit-elle en se détournant. Elle longea à pas pesant la quadruple rangée de corps, absorbée dans ses méditations. « Un mot dérivé d’un dialecte abâtardi que ne connaissent plus que les vieillards. Et beaucoup d’entre-eux baisent à présent les pieds de nos soeurs qui cheminent vers la dernière demeure, comme tu l’imagines ». Elle chassa un servocrâne de la main en s’inclinant au-dessus de soeur Avezy. Elle lui referma les paupières, restées grandes ouvertes sur son regard convulsé. Comme j’allais me répandre et implorer son pardon pour ma négligence, elle m’interrompit d’un geste sec et poursuivit : « Un mot mort, juste fantôme pour un monde qui désormais revient à peine à la vie. Il dérive du bas gothique lypsae, qui vient d’apolypsa, lui-même lointain cousins d’une lignée perdu, même pour les Dialogus les plus zélotes. ‘Siméa’ possède, à l’image de l’Aquilla Bicéphale, un double visage. Il indique une fin irrésistible et inéluctable, mais désigne dans le même temps sa transsubstantiation sous les traits d’un voile qui choit ». La notre vieille supérieur gravit l’un des blindés qui se trouvait stationné à proximité. Sa silhouette menue se découpa sur le ruban et les vaisseaux en manœuvre. Nous nous amassâmes pour assister à l’office improvisé qu’elle semblait s’apprêter donner. Elle leva son index osseux, orné d’une lourde chevalière dorée, signe de sa légitimité. « Aujourd’hui mes soeur, la ferveur va faire s’abattre un voile de plus ! Le Légat impose au Carcharodon Astra un arbitrage, et institue comme arbitre suprême l’Abesse Sancturum de l’Adepta Sororitas » Un murmure parcourut les soeurs assemblées. « Et l’Abesse a édictée le transfert exécutif et immédiat de son jugement à l’Ordre de la Clef de Feu, qui devient par conséquent son regard, sa voix et ses oreilles, et se voit intronisé plénipotentiaire ordonnateur de l’arbitrage. Par lui sera ratifiée la volonté du Saint Synode ! ». Une vague de silence accueillit son discours. La chanoinesse darda sur nous ses petits yeux en amande, une expression lointaine et mystérieuse tirée sur le cuir tanné de son visage. Puis elle reprit, plus véhémente encore : « Le Carcharodon Astra a convié en réponse la Clef de Feu à assister, à titre honorifique, à la conférence d’inclusion chapitral qu’il s’apprête à tenir ici-même, afin d’assurer notre personne de sa probité. Achevez le rite funéraire mes soeur !, et rejoignez-moi ensuite au palais des Astropathes recevoir le lègue de notre piété. L’Empereur protège ! » * « La journée ne fait que commencer mes soeurs ». Les remous absorbés par la carlingue du transport couvraient les mots de soeur Volodine. Elle et moi avions été reçue soeurs militantes en même temps. Son crâne était chauve comme le mien, rasé par les Elohiems lors de la cérémonie, juste avant notre débarquement. « Quelle épreuve pourrait nous réserver d’après-vous le palais des Astropathes ma soeur ?, dis-je en tâchant de passer au-dessus du capharnaüm des moteurs. La Pax Impérialis n’a-t-elle pas déjà parlée ? Les astartes honorent l’Adepta, signe qu’ils reconnaissent l’arbitrage. — Avez-vous vu les astartes ? », dit Salomé, une soeur dont la grande arrogance était réputée à travers tout le précéptoire. On murmurait dans son dos que les Dogmata ne cessaient de l’astreindre aux mortifications, et que seule sa très grande piété la préservait d’être condamnée à la Repentance des Guerrières. — Personne, reprit Volodine, l’Adeptus a refusé catégoriquement notre présence sur son flanc. Nous avions ordre de ne pas interférer et de nous concentrer sur les troisièmes et quatrième secteurs. — Nous connaissons les ordres de mission, criai-je ! — Ceux qui combattaient aujourd’hui pour amener le feu de l’Empereur de l’autre coté de la ville charrient une lourde réputation mes soeurs, reprit Salomé. Ils sont enveloppés de mystères. Personne ne les connait, l’espace lointain coule dans leurs veines. Ils écument les étendues noires à plusieurs mois de navigation, loins derrière le nuage d’Aléda. Personne ne sait où les trouver. Ils méditent dans le vide spatial, leurs armures pour seul barrage, cependant qu’en esprit ils sondent le silence et se repaissent de ses sinistres sentences. Ne croyez pas, mes soeurs, qu’ils nous reçoivent dans la joie, le Carcharodon n’aime la compagnie de personne, excepté sa propre ombre ! — Spéculation vaines ! ». C’était soeur Vertencia. Au son de sa voix nous nous tûmes toutes. Elle était la plus âgée du groupe. Moins d’une heure auparavant, j’avais personnellement mené l’Onction Magnificat sur toutes les autres Célestes de son unité. Il ne restait qu’elle. « Depuis quand mes soeurs, reprit-elle, la main droite s’occupe-t-elle de juger la gauche ? Prémunissez-nous du blasphème, nous sommes en vie, c’est une honte bien suffisante ». Salomé s’enfonça dans son siège, sa nuque plus haute et droite que jamais, creusant ses joues d’un âpre mouvement de mâchoire. « Avez-vous déjà vu un astartes ?, demandai-je en m’adressant au groupe. — Nous en verrons apparemment bien assez tôt, répondit Volodine ». * Nous entrâmes casqués dans le vaste hall du palais, ou ce qu’il en restait. C’était la dernière place où s’étaient retranchés les factieux avant de tomber aux mains des astartes. Il représentait pour toutes les forces déployées l’indice de leur suprématie militaire. Des autovox montés sur servocrânes nous entouraient, diffusant la lente mélopée du Deutéronome Immatériel dans les couloirs vides. Volodine ouvrait la marche avec les armoiries de l’Ordre et l’encensoir de Sainte-Ursule, entourée des volutes de fumée crème qui roulaient sur le sol à chacun de ses pas. Vertencia, étant la plus expérimentée, fermait la marche, comme le voulait l’Index. Nous dépassâmes un serviteur étalé sur le dos, buste ouvert. Agité de spasmes, il exhalait un râle sporadique. Sa chair profanée dévoilait l’embrouillamini complexe de ses organes modifiés. Sa tête n’était plus reliée à son corps que par une faible jonction de câblage. Il suivait notre progression de ses yeux jaunes à mesure que nous l’enjambions, indifférentes. Un instant, il me sembla que le Deutéronome sortait également des amplificateurs fixés à sa gorge et se mêlait en grésillant à son hoquet. Salomé parla dans l’intervox : « Les litanies nous gardent de la peur mes soeurs, mais combien nous libèrent de la honte ? — Silence ! », siffla Vertencia. Je resserrai mon bolter contre moi, trompant l’appréhension en concentrant mon ressentiment à l’égard du déviant, de l’oisif, du défaitiste et du sorcier. * Le Carcharodon Astra avait pris place dans la Chambre Haute du seigneur Astropathe. Elle était située dans une partie épargnée de la coupole, tout au sommet du Palais. Une vingtaine d’enfants frigorifiés étaient amassés presque contre la porte que nous empruntâmes pour pénétrer dans la pièce circulaire. Nous rejoignîmes les Célestes de Mégaré en complétant leur rang face aux guerriers astartes. Au nombre d’une douzaine, ils nous faisaient face, inflexible et immenses dans leurs armures patinées à la vétusté sortit d’un autre âge. Au centre de la pièce avait été déroulé un vaste tapis brodé à l’usure sablonneuse, issu du reliquaire du chapitre. Cette unique ornementation en disait long sur l’austérité de nos hôtes. Un instant, la pensée que ce dépouillement nous était directement adressé effleura mon esprit. Quand nous eûmes fini de nous placer en ordre de revue, la voix de la chanoinesse claironna : « Veuillez, chef de banc Caliogath, accueillir parmi-vous les derniers éléments de ma suite, et recevoir, au nom de l’Ordre mineur militant de la Clef de Feu, représentant de l’Abbesse Sancturum dans l’Ultima Segmentum, les mérites et béatifications qui vous sont dus. » Caliogath, chef suprême du raid astartes dépêché dans le système Népréphrème, dépassait encore de plusieurs têtes la chanoinesse, bien qu’elle se soit tenu debout et que lui fut assis sur un petit trône de bois brute dépourvu de fioriture, à l’image du tapi et de l’armure de ses hommes. Ils étaient les deux seules personnes de l’assemblée, exception faite des enfants, à se tenir visages découverts. Du reste, les imprécations de Salomé n’étaient pas dépourvues de fondement. La peau absolument blanche du chef de banc était tirée sur son visage triangulaire, et son nez enfoncé sous sa chair était réduit à deux orifices plissés. Combien de siècles d’isolement et de proximité avec le néant avait-il fallu pour engendrer cet être au profil de squale ? Malgré mes efforts pour éteindre mon zèle, la proximité de cette souche génétique dégénérée me serra la gorge. Pas étonnant qu’on ne représente jamais le Carcharodon Astra sur les armoiries des temples et des palais, que tout le monde l’ait en partie oublié et que le Légat s’empresse de lui imposer un arbitrage dès que ses guerriers venaient à se manifester aux confins d’un sous-secteur quelconque… « Le Carcharodon accepte vos béatifications, chanoinesse », proféra-t-il sèchement dans un haut gothique dont le débit lent et hachuré trahissait sa maîtrise peu certaine. Tout dans son expression respirait le mécontentement. « Voudriez-vous nous instruire au sujet des enfants, Seigneur Caliogath, les destinez-vous à recevoir votre souche chapitrale ? — Aux dignes nous offrons l’astre. — Sont-ils de Népréphrème secondus ? — Nous n’avons que l’onde noir pour demeure. La guerre est notre mère. Une bonne mère. — Ceux-là, vous les avez donc jugés dignes ? — Non ». L’un de ses guerriers agrippa deux des frêles silhouettes et les projeta brutalement au centre du tapis. « Ils imploraient parmi les ruines des premières frappes, poursuivit Caliogath. Nous n’avons épargnés ni père, ni mère. Mais nous avons entendu leur plainte, nous leur avons offert d’être l’avant-garde Carcharodon, un bien dont peu peuvent se prévaloir dans la galaxie. Ceux-là en sont revenus. Qui sait s’ils sont dignes ? — Alors procédez. — Un Carcharodon comprend seul ce qu’il doit faire ». Les deux garçons, qui balayaient du regard tantôt un groupe, tantôt l’autre, finirent par s’envisager mutuellement. Bien que minuscules en comparaison de la pièce et des astartes rangés sur le côté, le son de leurs respirations conjointes emplit l’espace d’une densité peu commune. Ils se mirent lentement à se tourner autour, puis petit à petit, leurs mouvements prirent l’allure d’une danse saccadée. L’un avançant, l’autre reculant. Caliogath plissa ses yeux noir et sans rétine, pendant qu’à ses côtés, Mégaré arborait un masque impassible. Le plus grand des deux bondit sur l’autre et le roua de coups de poings et de genoux. Ils finirent par s’effondrer et l’autre bascula sur le premier, qui répliqua en agrippant la tignasse rousse de son adversaire pour l’entrainer de nouveau au sol. Ils roulèrent encore l’un sur l’autre, se déplaçant de droite à gauche sur le tapis, haletant comme deux chiots. Ils étaient en nage, le roux avait le sourcil ouvert, l’autre boitait maintenant d’une jambe, ils reculaient, se percutaient à nouveaux, de haut en bas, de bas en haut. Leurs membres maigrelets formaient une pelote de fil aux noeuds glissants, ou un gros insecte à la morphologie confuse. De ma journée, pourtant, je n’avais rien vu de plus humain. * Le plus grand des deux avait arrêté de bouger depuis presque une minute maintenant, mais le petit roux continuait à frapper. Il poussait un petit cris à chaque coup, frappait du poing, plongeait pour taper avec sa tête, rouait d’un genou le corps sous lui. Je parcourus l’assemblée des yeux. Malgré les casques, astartes et soeurs semblaient tous émerger d’un rêve étrange et reprendre lentement conscience pendant que les claquements mous continuaient de raisonner sous la voûte. Soudain, le garçon se leva et à ma grande surprise, fonça sur Caliogath. Il eut à peine le temps de lancer son minuscule poing contre la jambière du guerrier que celui-ci l’envoya paître à plusieurs mètres. Propulsé sur le dos, il se releva, ses articulations tremblantes mises à rude épreuve, et planté sur place, poussa un rugissement de lionceau en direction du chef de banc. Alors Caliogath se leva de son trône, dominant tout l’espace de sa monstrueuse carrure, et répondit à l’enfant par un rugissement des centaines de fois plus puissant. Un grondement abyssal dont je perçus la vibration à travers mon sternum. Le silence retombé, l’astartes le rejoignit à pas lents. Nous étions tous suspendus à leur face-à-face disproportionné. Caliogath jaugea le petit corps qui reprenait à grand peine sa respiration. Au milieu de ses tâches de rousseurs, ses yeux aux reflets topazes s’étaient comme éteints. Il paraissait sans forces. Sans doute allait-il s’écrouler d’une seconde à l’autre. Les narines du guerrier se dilatèrent, il huma l’air ambiant un instant et grogna. Sa main se porta à l’un des couteaux enfournés contre les bandoulières de son armure, et d’un éclat de lame net, il rompit l’attache de la petite tunique fripée qui glissa au sol d’une traite. Alors nous vîmes tous. L’enfant se tenait debout, nue et immobile devant le guerrier. Son sang mêlé à celui de l’autre colorant encore par endroit ses mollets, ses avant-bras et ses épaules. Elle ne dépassait même pas la genouillère du géant. Elle était si maigre, sa colonne ressemblait à une crevasse entre ses deux omoplates saillantes, son ventre n’était qu’une cavité sous son buste, où la peau étirée sur ses os aplanissait sa poitrine sur le remous de ses côtes, ses jambe s’arc-boutaient faiblement, comme une ogive, jusqu’au trait blanc de son sexe. Caliogath se retourna vers Mégaré, une grimace de dégout sur le visage. La révérende chanoinesse peinait quant à elle à réfréner un sourire satisfait. « Accepterez-vous, chanoinesse, en remerciement de votre venu, ce présent du Carcharodon ? ». FIN
  19. Hello, Je vais donc présenter ici mon armée : La Lance du Changement, constituée de Chevaliers Renégats de Tzeentch de l'ordre des Suns of Damnation. Je compte faire évoluer cette armée au fur et à mesure du développement d'une croisade au sein de mon club Sector Gallicus. Nous avons commencé cette croisade à 40 PP et j'ai décidé de faire un petit vlog narratif de l'évolution de la campagne. On peut voir les premières figurines de cette armée sur le post suivant : Mais je compte bien mettre des photos plus intéressantes d'ici peu ! Alors c'est parti !! Voici la Lance au début de la Croisade : - 1 Chevalier Magaera - 2 Chevaliers Moirax 40K Renegade Knights of Tzeentch by Ar Kis
  20. Salut à tous, Je sais qu’il existe des assoc’ sur l’Ouest du Loiret, notamment Orléans mais j’aurais voulu savoir s’il y avait déjà eu des projets d’assoc’ sur Montargis ou les alentours proches ? Je joue en l’occurrence à 40K. Bon jeux à tous.
  21. Bonjour, bonsoir ! Me remettant doucement à 40k après avoir légèrement tâté la v8, ce qui fait suite à une pause totale de 18 mois, je reviens ici pour vous présenter mon armée en cours de réalisation de World Eaters. J'ai repris la peinture depuis début mai et j'ai eu un bon rendement jusqu'à fin juin, depuis c'est un peu le désert. Le but de ce topic est, déjà de vous montrer mes travaux, puis de me motiver à avancer dans mon armée, et bien sûr avoir des conseils, mon niveau étant assez moyen Au niveau de mon armée, il s'agit d'une armée de World Eaters pour laquelle j'ai opté pour un schéma de couleur blanc et rouge, plus classe que rouge à mon sens car on peut y voir du saaaaaaaang Au niveau des figs, jai décidé pour mon retour à 40k de ne prendre dans mes listes que les figs qui me plaisent et pour celles qui ne me plaisent pas, soit trouver des proxys, soit ne pas les adjoindre à mon armée ! Ensuite j'aime beaucoup certaines réf oop que j'incluerai à coup sur dans mon armée (j'adore par exemple les vieux totors du chaos métal donc j'en ai pris un lot sur eBay, je les attends de pied ferme, le colis est en transit <3). Pour finir, il y aura aussi du FW, déjà parce que j'ai un Warhound mais aussi parce que j'adore le Kytan et les slaughterer ! Khorne c'est beau ! Le sujet aura vocation à évoluer vers les armées multiples avec le rajout de démons de Khorne mais ce ne sera pas pour tout de suite, d'abord je me focalise sur le full World Eaters ! Sans plus de palabres, par rôle tactique, présentation des premières unités : QG: À tout seigneur tout honneur, le maître de cet ost de guerre j'ai nommé Khârn le Félon ! Ses deux lieutenants, princes démons de leur état, j'ai nommé: Monsieur P C'est un proxy qui vient du vendeur Irina_est, aucune idée si il/elle est encore en activité Et Smurf Oui, je sais, il est beau il est issu d'une vente aux poids qui date de trèèèèèèès longtemps dans mon GW local Ensuite, mon champion exalté appelé Chestnut l'Iconoclaste Ses bras sont aimantés pour l'équiper à loisir. Et 5ème et dernier QG de mon ost de World Eaters, mon Apôtre Noir, j'ai nommé Jiji la Poutre Comme j'ai fait attention à lire la charte, pour une fois, avant de poster n'importe comment, j'ai vu qu'il fallait étaler ses photos dans le temps. La suite de ce qui est fini n'arrivera donc que demain, ce week-end ou semaine prochaine. Le prochain focus sera fait sur les troupes avec les escouades de tueu...euh, de Berzerks de Khorne et...des cultistes, même si c'est moins sexy Merci pour la lecture de ce début de sujet! Tutur
  22. Salut à tous, Nous sommes un cercle d'une petite dizaine de joueurs 40K sur Lagny-sur-Marne (77) Nous avons un local (privé) avec 2 tables et nous nous réunissons en général 2 fois par semaine pour des parties en 1V1 et / ou 2V2 le plus souvent. Si vous êtes dans la région et que vous cherchez des joueurs, n'hésitez pas à me contacter pour nous rejoindre ou pour des rencontres ponctuelles. Vous serez les bienvenus ! Vous y croiserez de fiers Taniths, de puissants Space marines, d'éminents Aeldars, de ténébreux Drukharis, d'insatiables Tyrannides et de sombres émissaires du Chaos pour des batailles épiques en 1000 à 2000 pts... ou plus ? A bientôt j'espère.
  23. Dernier article vendu, annonce à fermer
  24. Bonjour à tous ! Après pas mal d'hésitations, j'ai fini par me décider à poster mes SM BA (chapitre sucesseur). Il y a deux ans j'avais décidé de décaper toutes mes figurines, de les aimanter et de les repeindre ... Étant d'une lenteur monumental .. j'ai mis 1 an pour tout aimanter et sou-coucher, ainsi qu' une autre année pour peindre une poignée de figurines ! J'ouvre ce poste pour me motiver et me pousser à en faire d'avantage. Petite particularité: je ne peins que du Firstborn, vous ne verrez pas de primaris dans mon chapitre successeur ! J'avais le vieux fantasme de revoir les ASM repasser en troupe chez les Blood Angel en V8 ... ce qui n'a pas eu lieu ? ... mais qui m'a pousser à partir sur cette idée ? Je voulais pouvoir passer de mes SM tactiques en assaut à volonté -voir en Dévastators- si l'envie m'en prenait; j'ai donc aimanté les bras et les backpack, pour pouvoir changer les armes et les rôles. S'est alors posé le problème du schéma de couleur: traditionnellement, les assauts sont en casque jaune, les Dévastators en bleu et les tactique en rouge; n'ayant pas aimanté les têtes (mauvais calcul de ma part) je suis donc parti sur un shéma "fourre tout" jaune et rouge, avec une distinction sur une épaulette bleu pour la Déva. Je voulais également un socle marécageux pour aller avec ce schéma. Et ça à donné ça: https://i.ibb.co/k5nkmPV/P-20200903-082533.jpg La couleur de l'armure n'était pas assez travaillé, trop clair et les linings pas assez voyant. J'ai donc marqué un peu plus les linings. https://i.ibb.co/LvZB91V/P-20200903-082704.jpg https://i.ibb.co/HY9myMt/P-20200903-082726.jpg Je ne les trouvais pas assez réalistes, alors j'ai ajouter des battle damages: https://i.ibb.co/QNkhCfn/P-20200903-082922.jpg https://i.ibb.co/NxxWDsB/P-20200903-082949.jpg Après le CDA 11 de FWS j'ai suivit les conseils et radoucis les linings en passant à la mousse à blister pour les battle damages. J'ai adoucis les OSL des réacteurs que je trouvais trop bourrins. J'ai suivit les Totals wip pour la peau et les visages; actuellement j'en suis là: https://i.ibb.co/JRk1pyK/P-20200903-083129.jpg Et https://i.ibb.co/j67WJht/P-20200903-083314.jpg Je ne suis pas encore satisfait du réalisme des figurines. Je me demande si je ne devrais pas ajouter encore plus de battle damages.. Si vous avez des conseils là dessus ou simplement pour monter mon niveau de peinture, je suis preneur ?
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