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Warhammer Forum
Schattra

[HH][VO] Critiques Nouvelles Hérésie d'Horus

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Salut à tous! Le sujet que j'ouvre à présent est un peu particulier, dans le sens qu'il ne sera pas dédié à la revue d'un ouvrage particulier de la Black Library, mais bien à un format de récit: la nouvelle.

Pourquoi un tel choix? Pour plusieurs raisons, la première étant ma récente acquisition d'une douzaine de recueils de nouvelles estampillés BL, traitant à la fois des univers de Fantasy (Lords of Valour, Way of the Dead, Realm of Chaos, The Cold Hand of Betrayal, Death & Dishonour, Tales of the Old World, Les Épées de l'Empire) et de 40K (Crucible of War, Into the Maelstrom, What Price Victory, Shadows of Treachery, Let the Galaxy Burn). Étant finalement venu à bout de tous ces ouvrages (pour certains avec difficulté), je me suis dit que créer un sujet par livre n'aurait que peu d'intérêt, les liens entre les différentes histoires regroupées dans un volume spécifique étant inexistants. Démarrer un seul sujet, ou plutôt trois (un pour chaque univers, l'Hérésie d'Horus étant considéré comme un univers distinct), m'a semblé être un choix plus pertinent.

Une autre raison est que la nouvelle a un statut particulier pour la BL: il s'agit en effet de « l'antichambre » du roman, l'étape que tout écrivain a à franchir avant de se voir confier la responsabilité de la rédaction d'un récit de 100.000 mots. Même les auteurs les plus établis de la maison (Abnett, McNeill. Werner, King, Mitchell...) ont fait vivre, combattre et mourir leurs premiers personnages dans ce format. Mais si certains ont été jugés dignes par les éditeurs de la BL de se frotter à l'écriture d'un roman (une confiance pas toujours récompensée à sa juste mesure), d'autres n'ont pas eu cette chance: beaucoup d'appelés... peu d'élus.

De ces candidats malheureux, malchanceux ou tout simplement peu tentés par la perspective de travailler pour la BL, ne restent que les nouvelles publiées par cette dernière pour prouver qu'ils ont un jour collaborés à l'enrichissement des univers de GW, avec des résultats plus ou moins probants. Se pencher sur les nouvelles de la BL, c'est donc parcourir en filigrane l'histoire de cette dernière, une entreprise que je trouve (à titre personnel) assez intéressante.

Enfin, ces nouvelles, parce qu'elles ont été écrites par des auteurs aux parcours professionnels, aux intérêts, à la maîtrise du fluff et aux styles très différents, permettent d'envisager le background de Fantasy et de 40K sous des angles très variés: si les romans de la BL, particulièrement depuis quelques années, sont assez uniformes dans le style et le fond, les nouvelles, surtout les plus anciennes, ont en revanche bien plus de chances de surprendre et de dépayser leur lecteur.

Pourquoi faire un sujet distinct sur l'Hérésie d'Horus?

Deux raisons principales:

  • 10 millénaires séparent les évènements de l'Hérésie de la plupart des nouvelles "classiques" se déroulant dans l'univers de Warhammer 40.000. Battement de cils à l'échelle cosmique, mais fossé colossal en terme de background, ce hiatus de 10.000 ans justifie à mes yeux une séparation entre ces deux périodes charnières. Ajoutons à cela l'apparition (Taus, Nécrons, Tyranides, Sœurs de Bataille, Chevaliers Gris...) et la disparition (Empereur & Primarques, Légions Space Marines, Armée Impériale...) de nombreux protagonistes importants entre ces époques, et l'on obtient deux âges fondamentalement différents l'un de l'autre.
  • D'un point de vue éditorial, le cycle de l'Hérésie d'Horus est certainement le projet le plus construit et le plus fouillé monté par la Black Library à ce jour. Le but recherché est en effet de faire travailler les "grandes plumes" de la maison sur la même série de manière cohérente, afin de retracer cet évènement fondateur dans toute sa complexité1. Le contrôle des publications est donc bien plus strict, et la joyeuse anarchie qui régnait avant le lancement de ce grand uvre dans le petit monde de la nouvelle de Warhammer 40.000 ne se retrouve pas au sein de l'Hérésie.
    S'il appartient à chacun de juger de la qualité du travail des contributeurs de cette saga épique (à titre personnel, je suis plutôt satisfait du niveau général de cette dernière), les apports en termes de background sont objectivement plus cohérents et réfléchis que précédemment, et on ne va pas s'en plaindre. Bref, là encore, il existe une différence notable de traitement entre publications "hérétiques" et "classiques". Raison de plus pour séparer les deux.

 

1 : On rappellera qu'à l'origine, l'Hérésie d'Horus est un concept tenant en une demi-ligne, inséré par Rick Priestley dans le background de Rogue Trader pour faire cool.

Comment est organisé ce sujet:

Les nouvelles sont classées par ordre alphabétique d'auteur (prénom nom: les écrits d'Anthony Reynolds apparaissent donc avant ceux de Dan Abnett). La critique en elle-même est précédée de quelques informations qui pourront être utiles (ou pas) au lecteur: le titre de la nouvelle, le nombre de pages, le recueil ou le magazine dans lequel elle a été publiée et l'année de la première publication.

Le sujet promettant d'être assez long, je fais usage de balises spoiler afin de faciliter la navigation. Cliquer sur la première balise suivant le nom de chaque auteur vous permettra d'accéder à une liste des titres de ses nouvelles chroniquées. Chaque chronique dispose en outre de sa propre balise spoiler. Enfin, et si la nouvelle s'y prête (en cas de twist final particulièrement réussi, par exemple), la sous-partie Intrigue pourra être partiellement ou totalement dissimulée.

Les nouvelles récemment chroniquées sont signalées par l'emploi de la couleur rouge (Auteur + Nom de la nouvelle). Les mises à jour (s'il y en a eu) sont signalées par un message récapitulatif une fois par semaine.

J'essaierai aussi de relever les éléments les plus utiles pour le fluffiste assidu (cela peut aller d'une pratique digne d'être notée: « les Night Lords dorment toujours avec une veilleuse », jusqu'à un lieu/bâtiment important pour toute une race: « le palais impérial de Terra compte 12 piscines olympiques et 9 discothèques, mais toutes les toilettes sont sur le pallier », en passant par des anecdotes savoureuses sur la vie de personnages bien connus: « Omegon a été créé par l'Empereur afin de faciliter l'organisation de matchs de foot entre Primarques »).

 

Pour finir, un grand merci aux camarades qui ont contribué à ce sujet de leurs chroniques et critiques personnelles: @Celtic_cauldron, @Rippounet, @la queue en airain, @Kaelis@ziafab et @gilian !

Ouvrages critiqués (par ordre chronologique de parution) :

 

  • Recueils de l'Hérésie d'Horus :


tales-of-heresy.jpg.age-of-darkness.png.shadows-of-treachery.jpg.mark-of-calth.jpg.

recueil-gd-2012.jpg.aurelian.jpg.promethean-sun.jpg

Cliquez sur une couverture pour accéder au sommaire du livre.

 

  • Recueils événementiels Black Library (Black Library Celebration, Summer of Reading, Advent Calendar) : 

 

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  • Publications récurrentes (Inferno!, Hammer & Bolter) : 

 

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Nouvelles critiquées (43):

Aaron Dembski-Bowden (5)

Révélation

 

Aaron Dembski-Bowden s'est imposé comme la nouvelle figure de proue de la Black Library à la fin des années 2000, et a consolidé son statut de fils prodigue (et putatif d'un certain D. Abnett) de la GW-Fiction depuis lors. Il était donc logique qu'on le retrouve associé au projet phare de Nottingham, depuis l'aptement nommé 'Premier Hérétique' en 2010 jusqu'à CENSURE dans la série finale 'Siège de Terra'. En plus de ces romans, on lui doit une quinzaine de courts formats ('Aurelian', 'Les Clous du Boucher', 'Le Seigneur des Sables Rouges', 'Le Prince des Corbeaux'...), avec une préférence marquée pour les bad guys de l'Hérésie que sont Lorgar, Angron et Sevatar. Bad to the bon(n)e(t)!

 

• Savage Weapons // Des Armes Brutales merci @Celtic_cauldron !

Révélation

Age of Darkness // L'Âge des Ténèbres/2011/30 pages

 

Intrigue:

savage-weapons.png?w=300&h=459Celtic_cauldron:

Une histoire tirée de la campagne des Dark Angels contre les Night Lords, avec une rencontre entre Primarques.

 

Schattra:

Début de journée classique pour Corswain, Champion du 9ème Ordre (ce qui est mieux que champion de 9ème ordre, reconnaissons-le). Après avoir fait son rêve habituel, étrange et pénétrant, d’une bête bien connue qu’il n’arrive jamais à vaincre dans son état catatonique, bien qu’il porte la pelisse de ce prédateur de Caliban sur l’épaule, il est convoqué avec son supérieur, le balafré+++ Alajos, par le Primarque des Dark Angels, Lion El’Jonson en personne. Et comme d’habitude, le léonin surhomme se prend la tête pour essayer de déjouer les friponneries des Night Lords dans le sous-secteur de Thramas, sans succès concluant depuis deux ans1. Ce manque de progrès tape sur les nerfs de ce bon Lionel, qui se doute bien qu’il y a de plus gros poissons hérétiques à ferrer dans le reste de la galaxie. Malgré tout, le devoir chevillé au corps du Primarque le pousse à persévérer dans ce jeu du chat et de la chauve-souris, et même à accepter l’invitation, inattendue il faut le reconnaître, de Curze de se rencontrer sur une planète paumée pour taper la discute, comme au bon vieux temps. Le Lion, qui a juste entendu « taper », est d’accord, malgré les remarques sensées de ses petits frères, qui soupçonnent logiquement un piège. Confiant dans sa bogossitude naturelle et son statut de personnage nommé, le patron des anges sombres fait fi des conseils de prudence, et part avec le 9ème Ordre comme escorte au rencard fixé par son frérot.

 

Arrivée à proximité du monde de Tsagualsa, où doivent se tenir les pourparlers, la flotte loyaliste est accueillie par l’opérateur radio le plus irrespectueux de la galaxie, le Premier Capitaine Sevatar des Night Lords. Entre deux punchlines désinvoltes, le hallebardier le plus tristement célèbre des Legiones Astartes informe ses interlocuteurs que le point de rendez-vous a été fixé dans le chantier de forteresse que les Night Lords sont en train de construire sur la planète. Une petite téléportation plus tard (malgré le fait que Corswain n’aime pas vraiment ça, mais tout le monde s’en fout et le Lion en premier), voilà Lionel rendu sur place avec ses deux gardes du corps, comme convenu par le gentlepostmen’s agreement fixé par les parties en présence. Il ne faut pas longtemps pour que Konrad, bronzé comme jamais, n’arrive à son tour, avec son gang: l’impayable Sevatar bien sûr, mais également un dénommé Sheng, choisi sans doute pour respecter les quota de représentation des minorités.

 

Les retrouvailles entre les deux frangins sont glaciales, malgré les efforts déployés par Konrad pour briser la glace et raviver l’esprit de franche camaraderie entre les deux enfants sauvages de la fratrie… qui n’a sans doute jamais existé. Il convainc toutefois Lionel d’aller faire un petit tour en tête à tête, laissant les quatre Capitaines échanger quelques boutades de bon aloi. Sevatar, qui est responsable de la défiguration d’Alajos, ne se gène pas pour mettre évoquer ce sujet encore douloureux (surtout pour le principal intéressé, que l’on sent tout prêt à lancer la belle), mais le tact et l’érudition de Corswain, qui parle Nostraman comme une vache espagnole, c’est à dire relativement bien, font légèrement retomber la pression entre cousins. On apprend également l’origine des magnifiques gantelets rouges arborés par le Premier Capitaine des Night Lords, une marque d’infamie pas si différente des casques écarlates des Ultramarines censurés. Comme quoi, tout est dans tout, et inversement.

 

Ce plaisant badinage est toutefois interrompu par le retour des Primarques, toujours aussi fâchés l’un contre l’autre. Enfin, surtout Lionel, outré que l’on soupçonne la fidélité de la moitié de Légion qu’il a laissé pourrir sur Caliban, et qui profite de l’inattention de Konrad pour l’empaler avec son espadon de maître de deux mètres, un peu en traître tout de même. Ce qui aurait été une blessure mortelle pour n’importe qui n’a que l’effet d’une simple gifle pour Curze, que ses capacités physiques de Primarque sauvent d’un trépas ignominieux. C’en est toutefois terminé des gentillesses, et le combat s’engage entre la team robe de bure et la team cheveux gras. Si le Lion a d’abord l’avantage grâce à ses talents d’escrimeur, la tentative de strangulation dont il est la victime de la part du Nighthaunter lui fait perdre un peu de sa superbe, et motive Corswain à voler au secours de son seigneur. Cela laisse le pauvre Alajos Alaramasse (son deuxième prénom) contre Sheng et Sevatar, combat inéquitable dans lequel le Capitaine laisse bientôt sa tête, non sans avoir réussi à faire perdre la main au Night Lord pas important (je vous laisse deviner de qui il s’agit) auparavant.

 

L’intervention de Corswain, si elle permet au Lion d’éviter d’avaler sa neuroglotte, se passe assez mal pour le chevalier blanc et noir, dont la tentative de rodéo kurzien se termine assez rapidement, et dans la douleur. Malmené par son adversaire, et avec un taux d’invalidité en rapide progression, le Champion n’est sauvé que par le retour sur le ring de Lionel, qui a mis beaucoup de temps à se relever pour un Primarque2. Son paternel étant à nouveau occupé, notre héros est sur le point de finir en kebab sur la lame de Sevatar quand les renforts finissent enfin par arriver. Dark Lords et Night Angels déferlent par dizaines sur le champ de bataille, parviennent à séparer leurs patrons qui en étaient réduits au bras de fer chinois pour se départager, et repartent chacun de leur côté. Corswain regrette un peu d’avoir perdu son épée dans la mêlée, mais comme il l’a égarée dans le fessier d’un Primarque, il ne s’en formalise pas trop…

 

Notre nouvelle se conclut presque comme elle a commencé, Corswain arrivant enfin à (r)avoir la peau de la marmotte de Caliban qui lui faisait tant de misère dans ses rêves, avant d’être convoqué par son boss. Il est depuis devenu Capitaine du 9ème Ordre, en remplacement du pauvre Alajos, qui s’est bien frotté à plus fort que lui en la personne de Sevatar. Les nouvelles qui tombent sont toutefois un peu particulières, car Roboute Guilliman a envoyé un smiley à Lionel, qui ne pige rien aux émojis. Le message qui a suivi a cependant fait comprendre au Lion que son frère nourrissait lui aussi quelques pensées plus ou moins hérétiques, ou, tout du moins, sécessionnistes…

 

1 Plus j’avance et plus tu recules, comment veux-tu que je t’accule?

 

2 : Peut-être essayait-il de solliciter l’arbitre de la rencontre pour demander la VAR sur l’étranglement des yeux bassement exécuté par Curze. 

 

Avis:

Celtic_cauldron:

J'ai bien aimé. Intéressant surtout pour le personnage de Night Haunter.

 

Schattra:

Aaron Dembski-Bowden débute dans l’hérétique carrière en terrain à moitié connu avec ce Savage Weapons, puisque celui qui était jusqu’ici principalement connu pour ses travaux Night Lords ne se gène pas pour mettre les fils de Nostramo au casting de son histoire. En plus de mettre en scène le Joker des Primarques (qui avait commencé par être Batman, c’est dire si les années ne lui ont pas été clémentes), ADB introduit également l’un de mes personnages préférés de la série, le caustique, cruel mais surtout charismatique Premier Capitaine Sevatar, qui parvient sans mal à voler la vedette au pauvre Corswain, sensé être le héros de l’histoire. En plus de balancer des répliques d’anthologie (et ça tombe bien pour un recueil de nouvelles) et de se foutre ouvertement de la gueule de Lionel par moment, Sev’ se révèle avoir une personnalité complexe et profonde, et absolument pas aussi dénuée d’honneur qu’il essaie de le faire croire. S’ajoute à cela son passif mystérieux de condamné à mort en sursis, qui en fait un paria en même temps que l’individu le plus influent de la Légion après son Primarque. Et pour ne rien gâcher, notre surhomme est un bretteur de talent, maniant une arme certes improbable, mais absolument classe, avec des effets dévastateurs. Bref, voilà une entrée réussie dans le grand bazar qu’est cette Hérésie!

 

Savage Weapons mérite également la lecture en raison des portraits intéressants qu’ADB fait des Primarques convoqués, à la fois radicalement opposés et étrangement similaires sur certains points. Usant des talents de divination de Kurze, l’auteur peut également balancer quelques clins d’œil sur le lointain futur, et commencer à détruire la réputation de loyaliste de Lion El’Jonson. De son côté, le chevaleresque Maître de la Première Légion exsude une aura paladine presque palpable… mais est tout de même celui qui frappe son frérot en traître au début de leur bataille de polochons1. Le natif de Caliban apparaît comme un être parfait et froid, jusqu’à la limite de la sociopathie, et c’est très bien comme ça. Après tout, on est pas dans le monde des Bisounours2. De bonnes bases donc pour ces personnages importants, mais pas centraux, de l’Hérésie, sur lesquelles les auteurs prenant la suite de la couverture médiatique de la Croisade de Thramas, et de l’arc de l’Imperium Secondus, purent capitaliser (ou pas)3.

 

Enfin, notons les effets de style assez intéressants intégrés par ADB à son histoire, avec une introduction et une conclusion construite en quasi-miroir, ce qui est une manière de souligner que les Dark Angels n’ont pas fini de courir le sous-secteur à la poursuite de leurs insaisissables Némésis. Un jour de la marmotte un peu spécial (et spatial) pour Corswain, en quelque sorte, qui a tout de même gagné au change à la fin de la nouvelle, en ayant reçu une belle promotion et avoir enfin remporté son match de catch onirique. Il faut savoir profiter des petits bonheurs de la vie…

 

1Je remarque que ce pauvre Lionel n’a pas de chance dans ses duels avec ses frangins. Qu’il s’agisse de Leman Russ ou de Konrad Curze, à chaque fois ça se finit en grosse empoignade de pochtrons se balançant des patates de forains. C’était bien la peine de passer autant de temps à pratiquer l’escrime médiévale sur l’Invicible Reason, tiens. 

 

2Et pour cause, les Dark Angels les ont exterminés au cours de l’invasion de Caring, leur planète natale, au début de la Grande Croisade.

 

3On appréciera la référence faite à ‘The Lightning Tower’ dans le dialogue entre Konnie et Lionel, le premier ayant bien compris qu’il foutait les chocottes à ce planqué de Rogal Dorn, dont la peur du noir est la plus grande faiblesse. 

 

Fluff:

  • Lion El’Jonson : Son visage est d’une perfection et d’une froideur angélique (il est dit que sa bouche peine à exprimer des émotions), et aurait pu être sculpté dans du marbre brun. Il porte une armure d’un noir profond, à la cuirasse et aux grèves décorées de lions rampants en or rouge, le metal le plus rare de Mars. Sur Tsagualsa, il maniait une épée aussi grande qu’un Space Marine.

  • Konrad Kurze : Un dieu cadavérique, l’ombre d’un prince, émanant un reste de noblesse. Il est livide, et ses dents sont taillées en pointes. Il va au combat dans une armure d’un noir de nuit, arborant des cranes et de runes célébrant des massacres et atrocités commis contre l’humanité. Chacun de ses doigts se termine par une lame énergétique de la longueur d’une faux.

  • Night Lords (Culture) : Les guerriers ayant gravement failli à leur devoir et leur Primarque et condamnés à mort par ce dernier ont leurs gantelets repeints en rouge. Cette marque d’infamie rappelle à tous que son porteur est un paria et un mort en puissance, dont la sentence sera exécutée à l’heure décidée par le Nighthaunter. Cette tradition est un héritage de la culture des gangs de Nostramo, qui tatouaient les mains des traîtres et des idiots de cette manière pour signifier qu’ils vivaient sur du temps emprunté.

  • Dark Angels (Vaisseaux nommés) : Le croiseur d’attaque Vehemence, le destroyer Seventh Son.

  • Sous-secteur d’Aegis : Comporte les mondes d’Heroldar, Thramas, Parthac et Yaelis.

 

 Aurelian merci @Celtic_cauldron !

Révélation

Aurelian/2013/XX pages

Intrigue:
aurelian.jpgL'histoire se déroule après Le Premier Hérétique et avant l'Hérésie. Guidé par le Démon Ingethel, Lorgar remonte le temps et l'espace au cours de son Pèlerinage personnel au sein de l'Œil.

Avis:
Un récit court et agréable à lire qui alterne moments d'action et de description. Quelques longueurs pardonnables, alors que certains passages auraient mérité un traitement moins rapide. Si le personnage d'Aurelian est correctement abordé, les moments les plus intéressants restent ceux le mettant face à Magnus. En bref, une bonne lecture, rapide, parfois un peu trop.

Fluff:
Pas de grande révélation, si ce n'est que Lorgar est devenu très très fort. Certains comportements et trames narratives de Betrayer trouvent leur source dans ce bouquin.

 

Prince of Crows merci @Celtic_cauldron !

Révélation

Shadows of Treachery/2014/115 pages

Intrigue:
Prince-of-Crows.jpgLa Croisade de Thramas vient de connaître sa conclusion: les Night Lords se sont faits rosser par les Dark Angels, Curze est agonisant. Le Capitaine Sevatar décide prendre en main la destinée de sa Légion, y compris contre ses propres frères, voire son propre père.


Avis:
Il s'agit du gros morceau du récit. Je suis particulièrement fan d'ADB mais je dois dire qu'il continue de me ravir à chaque nouvelle lecture: les personnages sont bons, voire très bons, l'histoire est bien menée et sort des sentiers battus du "moi vois/moi tue" que l'on retrouve souvent (et avec plaisir la plupart du temps).


Fluff:
Que cela soit dit une bonne fois pour toutes: ADB = Night Lords. Le fluff est particulièrement maîtrisé, et la Légion des Night Lords prend une personnalité de plus en plus affirmée à chaque nouveau livre, avec toujours plus de détails, tant au niveau de son organisation, que de ses membres ou de ses rites. Tu aimes les Fils de Nostramo? Alors ADB est ton ami.

 

The Underworld War // La Guerre Souterraine merci à @Rippounet !

Révélation

Mark of Calth/2014/30 pages

 

 Intrigue:

la-guerre-souterraine.png?w=300&h=473Rippounet:

L'histoire d'un possédé.

 

Schattra:

Calth, J+2.441. Cela fait donc plus de six ans que Word Bearers et Ultramarines jouent à cache-cache (ou dans notre cas, Calth-Calth) dans le dédale souterrain de la planète martyrisée. Personne n’a dit à notre héros, le Sergent Jerudai Kaurtal, dernier survivant connu du Chapitre de la Twisting Rune, que l’Hérésie était terminée. En même temps, le réseau passe mal sous terre, c’est connu. Pour tromper son ennui et tuer le temps, Kaurtal peut compter sur sa vie intérieure riche, du fait de la colocation qu’il a engagé avec le démon Nerkhulum, avec lequel il s’est pacsé quelque temps avant l’attaque peu aboutie de Kor Phaeron contre les Ultra-Schtroumpfs. Notre Gal Vorbak trouve toutefois que les journées sont longues, et, persuadé que Lorgar et le reste de la Légion sont passés à autre chose, s’est donné pour nouvel objectif de recenser toutes les pertes subies par les Word Bearers1 afin d’offrir aux dizaines de milliers de légionnaires ayant donné leur vie pour la (dam)nation l’hommage qu’ils méritent. Un vaste programme, qui l’entraîne logiquement à la surface irradiée de Calth (après avoir euthanasié son vieux poto Thuul, qui voulait continuer la lutte à six pieds sous terre2), où les premiers combats de cette interminable bataille ont eu lieu.

 

Confiant en la capacité de sa moitié, certes un peu groggy à la suite de la rencontre fortuite entre notre petit couple et un Archiviste Ultramarine quelques mois plus tôt pendant une virée shooting dans les galeries (sans doute pas Lafayette, mais sait-on jamais), de compenser les effets débilitants du grand soleil de Calth, Kaurtal volète de charnier en massacre, inspectant les cadavres de l’équipe rouge pour déterminer leur pedigree, et ramassant de temps à autre une relique irradiée en guise de memento. Cette saine occupation est toutefois interrompue lorsque notre commémorateur amateur est apostrophé par un des macchabées auquel il rendait visite, ce qui n’est pas naturel du tout, même lorsqu’on est un possédé. C’est toutefois le moment que choisit Nerkhulum pour se sortir les doigts (je vous laisse imaginer d’où), reprendre contact avec son coloc et enfin commencer la chimiothérapie salvatrice qui permettra à son hôte de continuer ses tournées. D’abord persuadé que les hallucinations dont il a été victime ont été causées par les tumeurs cérébrales qu’il a développées au cours de son escapade, Kaurtal doit déchanter lorsque les cadavres joignent le geste à la parole et se mettent à le courser dans les ruines de Dainhold, en lui reprochant d’avoir abandonné la Légion…

 

Révélation

…Le crime d’apostasie étant puni de mort, le Gal Vorbak carbonisé cherche logiquement à prendre son envol, mais découvre que Nerkhulum est d’humeur proprement massacrante, ce qui ne présage rien de bon pour notre héros. Cloué au sol par la perte de son aile avant droite, Kaurtal se fait plaquer sans pitié par les revenants, et plaquer sans remords par cette mijaurée de Nerkhulum, qui décide finalement qu’il n’est pas digne de ses attentions. Poggo tragique à Colombey, 1 mort.

 

Si c’est la fin de notre héros, dont le devoir de mémoire restera inachevé, ce n’est cependant pas celle de notre histoire. Nous retournons quelques années en arrière, peu de temps après Isstvan, au moment où Kaurtal s’est vu offrir une promotion par Argel Tal en récompense de ses bons et renégats services. Le premier des Gal Vorbak a en effet reçu l’ordre de la part de Lorgar de recruter de nouveaux disciples pour le programme Erebus (c’est comme Erasmus, mais avec des démons au lieu des  Suédoises) qu’il a initié, et Kaurtal est un candidat rêvé pour le poste. Brave, dévoué, pieux et sans peur, Argel Tal est certain qu’il arrivera à lui trouver un match sans problème dans l’Empyrean. Kaurtal est bien de cet avis, et décide de prendre possession de son démon (ou l’inverse) le plus rapidement possible, comme le Cardinal Rouge l’a fait avant lui. Le procédé est simple : il suffit de mourir dans un coin du vaisseau non protégé par les champs de Geller quand le vaisseau est dans le Warp. Dont acte. Kaurtal se fait proprement empaler par la grande épée custodienne d’Argel Tal, meurt… et reste mort. Gag.

 

Révélation

…Bien embêté par ce nouvel échec, qui porte son taux de réussite à un piteux 18,75% (alors qu’un succès aurait été synonyme d’un beau 25%3), Argel Tal patiente une bonne heure auprès du cadavre, jusqu’à ce que Lorgar vienne passer une tête. La discussion qui s’engage entre le père et son fils favori permet au second de réaliser qu’il devrait plutôt choisir des candidats ultra motivés (à tuer des Ultras) que la crème de la crème de la Légion, et au lecteur de réaliser que tout ce que Kaurtal a vécu n’était en fait qu’un test de personnalité organisé par Nerkhulum pour juger de la qualité de son futur hôte, test qu’il a complètement raté en choisissant de partir en goguette cueillir des athamés à la surface de Calth au lieu de persévérer à cogner du loyaliste au troisième sous-sol. Le futur que le démon a révélé au Sergent n’aura donc pas lieu, ou en tout cas pas avec lui, puisque Kaurtal est mort avant d’avoir pu le vivre. Mind-blown. Notre nouvelle se termine avec une idée géniale et une remarque assassine de Lorgar : 1) faire venir un Dreadnought au jardin d’acclimatation démoniaque pour essayer d’appâter ce farceur de Nerkhulum, dont les « trolololos » résonnent comme une douce musique dans le Warp aux oreilles du Primarques, et 2) passe la seconde mon petit Argel, il me faut 2.000 Gal Vorbak d’ici à Calth. Il va falloir déclencher un PPV4, c’est certain…

 

 

1 : Que l’on découvre aussi être des Time Keepers, ce qui est un talent utile.

 

2 : Et a donc été exaucé.

 

3 : Je vous laisse me donner le nombre de candidats castés par Argel Tal, et le nombre de morts parmi ces derniers en conséquence. Vous voyez bien que vos cours de maths de 3ème servent dans la vraie vie.

 

4 : Plan de Possession Volontaire.

 

Avis:

Rippounet:

Bon ça part un peu bizarrement mais ça se développe pas trop mal et au final ça se tient bien. Plus mieux.

 

Schattra:

Aaron Dembski-Bowden rappelle aimablement pourquoi il est un des meilleurs auteurs de la Black Library avec The Underworld War, dont l’unique défaut aura été un titre sans grand rapport avec le propos de l’histoire1 qu’ADB nous livre. Dès les premières pages, le ton est donné avec un personnage principal vraiment intéressant, du fait de ses questionnements envers sa cause et son Primarque, mais résolument fidèle à sa Légion, et une quête vraiment spéciale, permettant à l’auteur d’entraîner son lecteur dans un inconnu des plus plaisants. Dès lors que l’apostat Kaurtal décide d’aller faire son devoir de mémoire à la surface de Calth, tout peut (et va) arriver, incertitude narrative qui se doit d’être savourée, au vu de la tendance de la BL à publier des histoires prévisibles des années lumières à l’avance.

 

On retrouve également les relations complexes et symbiotiques unissant l’hôte au démon, que Dembski-Bowden fait apparaître comme une entité certes féroce et cruelle, mais également rationnelle et coopérative lorsque les circonstances le nécessitent, déjà bien décrites dans Le Premier Hérétique. L’inclusion d’Argel Tal et de Lorgar, personnages centraux de ce roman, fait donc totalement sens, en plus de paver magnifiquement la voie à la conclusion de The Underworld War, que je n’aborderai pas ici (sauf pour dire qu’elle est superbement trouvée et amenée) pour ne pas spoiler et spolier outre mesure le lecteur. Fascinants mélanges de bienveillance et de corruption, le Cardinal Rouge et l’Urizen sont de parfaites figures d’anti-héros, bien plus intéressants à suivre que les autres personnages nommés des Word Bearers (Erebus et Kor Phaeron en tête). Pour finir, ADB nous offre une solide rasade de fluff, portant à la fois sur l’organisation de la XVIIème Légion, les rituels de possession permettant la création des Gal Vorbak, et la vision que Lorgar avait de l’assaut sur Calth. Bref, c’est du beau boulot sur tous les tableaux, et une des meilleures nouvelles de Mark of Calth, sans contestation possible2.

 

1 : Il y a dû avoir un échange avec ‘Calth That Was’ de McNeill, qui a le même « défaut » au moment de l’impression, je ne me l’explique pas autrement.

 

2 : Pour une fois, nous (francophones) avons de la chance car cette nouvelle est proposée, en VF et à l’unité, sur le site de la BL. 3,49€, ça reste cher, mais par rapport à la qualité moyenne des courts formats de la maison, on ne s’en tire pas trop mal.

 

Fluff:

  • Word Bearers (Organisation) : Chapitres de la Twisting Rune (dont le vaisseau amiral est le Mournsong), Graven Star, Asps of the Sacred Sand, Flayed Hand, Unspeaking, Inscribed, Consecrated Iron (ou Vakrah Jal en conlchisien, créé par Argel Tal) et Iron Veil.
  • Calth (Géographie) : Cité de Dainhold.
  • Gal Vorbak : Il existe deux voies pour devenir un Gal Vorbak. La première consiste pour l’aspirant à jeuner, graver des symboles sacrés dans sa chair afin de la purifier, et attendre qu’un démon se manifeste à lui. Il recevra alors un peu de sang d’un Possédé pour débuter la communion avec son propre hôte. La seconde, plus rapide et dangereuse, consiste à mourir dans le Warp (ou dans un vaisseau spatial imparfaitement protégé par ses champs de Geller se trouvant dans le Warp), et attendre qu’un démon vienne prendre possession du corps de l’aspirant avant que l’âme de ce dernier ne le quitte. Les Word Bearers comptaient 2.000 Gal Vorbak dans leurs rangs au début de l’attaque de Calth.

 

• Bringer of Sorrow // Porteur de Tourment

Révélation

Black Library Celebration Week 2020/2020/17 pages

 

Intrigue:

bringer-of-sorrow.png?w=249&h=379Alors que sur Terra, tout le monde se prépare à l’arrivée des horribles hordes horusiennes (Ho ho ho), nous retrouvons un couple de personnages des plus singuliers, coincés sur le Monde Trône par la force des choses. À ma droite, le génial mais asocial au plus haut point Arkhan Land, techo-archéologue de renom et polymathe à ses heures perdues, en plus d’être très certainement l’idole absolue de cet arriviste de Cawl. À ma gauche, le Capitaine Blood Angels Zephon (peut-être nommé ainsi à cause de sa tendance aux flatulences), victime d’une maladie auto-immune ayant conduit son organisme à rejeter ses implants de Space Marines, et assigné à l’inauguration des chrysanthèmes par sa hiérarchie en conséquence depuis quelques années. Une bien triste mise au placard pour le fameux Porteur de Tourments, devenu porteur d'eau, de la Grande Croisade!

 

Ayant fraternisé à l’occasion de la Guerre dans la Toile, à laquelle ils ont participé dans la mesure de leurs moyens (‘Le Maître de l’Humanité‘), les deux méta-hommes contemplent l’arrivée de la Légion de Sanguinius, qui n’est pas sans arracher quelques larmes de joie à ce fragile de Zephon. Land, qui est un être rationnel, lui, ne comprend pas bien la cause de ces épanchements hormonaux, démonstration imparable à l’appui. Qu’importe, Zephon est la patience et la bienveillance incarnées, et le techo-archéologue n’est pas loin de considérer le grabataire en armure rouge qui sert de perchoir à son psyber-macaque (les Jokaero, ça fait vraiment peuple) comme un ami, ce qui l’amène à lui proposer – à trois reprises car Zeph’ n’écoutait pas les deux premières – une séance de chirurgie réparatrice, ce que l’Astartes accepte de grand cœur.

 

Un peu plus tard, dans le laboratoire de Land, ce dernier débute une opération de grande ampleur visant à remplacer les ressorts de sommier, tringles à rideau et autres rustines en chewing-gum qu’il a mis à profit pour remettre sur pied son comparse lorsque les démons sont venus toquer à la porte pendant que Pépé était sur le trône. Pour efficace que se soit avéré ce bricolage, en effet, les conséquences de long terme pour Zephon ne se sont pas avérées plaisantes. Mettant à profit ses connaissances scientifiques poussées, son approche radicalement hétérodoxe (pour ne pas dire hérétique) du problème, et sa réserve personnelle de gadgets récupérés de ci de là au cours de ses fouilles précédentes (dont un implant cérébral très probablement piqué à un homme de fer), Land parvient à retaper à neuf le Blood Angel, qui déborde donc de gratitude à sa sortie de catalepsie. La pureté du moment est toutefois battue en brèche lorsque Zephon se rend compte que l’intervention du Martien en exil a été motivée, non pas par son sens de l’amitié, mais par son désir d’obtenir une entrevue avec Sanguinius pour le convaincre d’aller botter le joint de culasse du séditieux de Kelbor-Hal, ce que ce jean et jaune foutre de Dorn s’est montré incapable de faire. Blessé dans son for intérieur par la froideur de Land, Zephon promet toutefois de faire ce qu’il peut pour organiser la rencontre.

 

Quelques jours après cette opération à corps ouvert, Big Nose et son ouistiti attendent dans l’antichambre de la suite Aphelion, réquisitionnée par l’Ange pour la durée de son séjour sur Terra. Lorsqu’un membre de la Garde Sanguinienne se pose à ses côtés pour lui signifier que le Primarque attend son bon plaisir entre l’EAP de Raldoron et son Skype avec le Khan, Land ne met pas longtemps à comprendre que derrière l’armure clinquante et le masque doré du Rocket Man se cache Zephon, réintégré dans ses fonctions actives à la suite d’une visite médicale apparemment concluante. Ce qui fait chaud à son petit cœur de Martien, tout de même.

 

Avis:

Exercice de style plus drolatique que dramatique de la part d’ADB, cette petite nouvelle remet en scène deux personnages déjà utilisés par l’auteur dans des travaux précédents, et permet à ce dernier de souligner un peu plus l’opposition/complémentarité fondamentale entre le noble, droit et émotif Zephon, et l’acariâtre, rationnel mais néanmoins génial Arkhan Land. Parfait en mouche du coche protégé par ses relations hauts placées (il a causé à l’Empereur, tout de même) et totalement étranger à la moindre notion de savoir-être et d’entregent, le Arkhan le Martien révèle un côté un peu plus sombre de sa personnalité sous la plume de Dembski-Bowden. De son côté, Zephon a bien du mal à sécuriser sa place d’autre personnage principal, concurrencé bassement par le singe adoptif de son comparse et la mention de Diocletian. C’est dire s’il est charismatique. Bref, un petit extra littéraire sans grandes conséquences pour l’Hérésie avec un grand H, mais qui bénéficie du savoir-faire d’ADB pour faire passer un bon moment au lecteur. 

 

FluffRien de transcendant.

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Andy Clark (1)

Révélation

 

Andy Clark s’est impose au cours des dernières années comme un contributeur prolifique, si discret, de la Black Library, tant pour 40K que pour Age of Sigmar, et, donc, l’Hérésie d’Horus. Son premier jet pour cette franchise mythique et premium est ‘The Will of the Legion’, dédiée au sosie vocal de Jauni au 30ème millénaire, Rogal Dorn (un de ses talents cachés).

 

• The Will of the Legion

Révélation

Black Library Celebration Week 2020/2020/16 pages

 

Intrigue:

the-will-of-the-legion.png?w=236La 3ème flotte d'expédition de la Grande Croisade, engagée dans la joyeuse réunification humanitaire de la galaxie désirée par l'Empereur, est tombée dans une embuscade à la sortie d'une rocade warpienne. Assaillis par l'armada destroy mais pléthorique des Driftborn, une civilisation humaine ayant passé quelques millénaires à vivoter dans une ceinture d'astéroïdes en s'adonnant à la récupération et à l'upcycling des épaves passant à portée de leurs cités roches (les ruches, ce sera après le passage à l'âge impérial), les Imperial Fists qui constituent le gros (et le grand) des forces expéditionnaires se font donc un devoir de repousser les piteux abordages de leurs lointains cousins. Nous faisons ainsi la connaissance du Capitaine Hashin Yonnad, de la 39èmeCompagnie Maisonnée d'Inwit, alors qu'il mène une escouade de Breachers, le corps anti-émeutes de sa Légion, dans la purge du Tribune, vaisseau amiral de la flotte impériale. Ayant massacré la plupart des malheureux corsaires ayant croisé sa route, et fait, dans son infinie bonté, prisonniers les autres avant qu'ils ne meurent de froid  dans les coursives extérieures mal isolées du Tribune, Yonnad reçoit une convocation urgente à se rendre à l'autre bout du vaisseau, où il embarque sans tarder dans un Stormbird, en compagnie de ses vétérans... et de Rogal Dorn, rendu très chafouin par la tournure prise par les événements1

 

Rendu perplexe par l'absence de briefing quant au déploiement de la force de frappe Astartes que le Primarque emmène à l'assaut de la principale cité ennemie, Yonnad demande respectivement à son boss de bien vouloir partager sa gnose avec ses fistons, afin que ces derniers soient en mesure de mener à bien ses plans. Dorn s'exécute, et indique à ses Légionnaires que leur cible est un dôme stratégiquement important, dont la capture mettra fin au conflit de façon rapide. La moue désapprobatrice (encore plus que d'habitude) qu'il affiche fait cependant rapidement comprendre à Yoyo que les Driftborn ont épuisé la patience, pas très fournie de base, du Primarque, et que ce dernier considère très clairement l'annihilation pure et simple de ces derniers comme une option de travail. Après tout, la mort, autant que le mur, est son métier. 

 

Débarqués en plein cœur du marché aux puces local, les Imperial Fist tracent la route sans trop (trois morts) forcer jusqu'à leur objectif, massacrant l'arrière garde adverse au passage, un Rogal Dorn toujours aussi revêche collé à leur train. Papa se contente en effet de marcher derrière sa marmaille en fronçant très fort les sourcils, observateur plutôt qu'acteur de la sanglante et implacable progression impériale. Une fois le dôme sécurisé, il demande, que dis-je, il orDORNne à ses Techmarines de bidouiller les consoles de l'endroit afin de pouvoir disposer d'un gros bouton (sans doute jaune) qui pourra couper le chauffage et l'air conditionné  l'échelle de la cité entière d'une simple pression, avec des conséquences funestes pour qui ne porterait pas une armure énergétique (ou s'appellerait Marneus Calgar). Trop snob pour se salir les mains, il somme le brave Yonnad de se mettre en position devant le buzzer magique, tandis que lui donne une dernière chance à ses malheureux adversaires de se rallier à l'Imperium. Ayant bien fait comprendre aux Driftborn qu'il avait été bien gentil jusqu'ici, mais qu'il n'avait, en sa qualité d'architecte de la destinée galactique de l'humanité (d'abord) et de décorateur intérieur de l'Empereur (surtout), absolument rien à carrer de leur civilisation minable, il leur donne royalement impérialement quelques instants de réflexion après avoir terminé sa harangue. Assez pour plonger Yonnad dans de profondes considérations éthiques quant à la trop grande facilité qu'il aurait à presser le bouton, et donc à signer l'arrêt de morts de millions d'êtres humains, pas coupables de grand-chose au fond, sur un simple branlement du chef de son Primarque. Fort heureusement pour notre héros philosophe, les Driftborn choisissent sagement de capituler, rendant leur dépressurisation inutile. La nouvelle se termine sur cette victoire décisive de la Team Pépé, qui ne suffit cependant pas à dissiper les doutes du Capitaine Dubious. Béni soit l'esprit...

 

1: Cela se perçoit dans la manière dont il prononce "connerie". Et je ne parle pas de son accent chantant de Mareuh-seilleuh.

 

Avis:

Petite nouvelle de bonne facture de la part d'Andy Clark, qui donne un peu de profondeur tant à Hashin Yonnad, avant sa sortie de route sur Phall, qu'à Rogal Dorn, qui gagne ici quelques précisions fluffiques qui ne manqueront pas d'intéresser le chaland, en attendant que le Primarque trumpien (build the wall!) ne dispose de son tome dans la série du même nom. Les lecteurs du troisième livre Forge World de l'Hérésie d'Horus apprécieront sans doute également de revoir apparaître les Driftborn du Consus Drift, présentés dans ce même ouvrage il y a quelques années. Narrativement parlant, l'intérêt principal de The Will of the Legion repose toutefois dans ses dernières pages, et la réalisation incrédule et dérangeante par Yonnad de son total endoctrinement à la cause de Dorn, dont il appliquera sans hésiter tous les ordres, même les plus immoraux. Nul doute que Clark voulait faire ressortir par cette réflexion intérieure toute l'ambivalence de l'Hérésie d'Horus, dont beaucoup des combattants se sont retrouvés dans un camp qu'ils n'avaient au final pas vraiment choisi, simplement parce qu'ils s'étaient contentés de suivre l'exemple, presque irrésistible, de leur Primarque. Il réussit bien son coup, et souligne donc de manière convaincante qu'entre "gentils" et "méchants", la ligne est souvent des plus fines.

 

Fluff:

  • Rogal Dorn : Son visage, qui semble gravé dans le marbre, est barré par une bouche fine et sévère et surplombé par des sourcils souvent froncés par le mécontentement. Ses yeux sont des éclats de mica, dans lesquels brille le feu d’un zèle inflexible. Dorn est le Primarque qui croit le plus en la réunification de l’humanité par la Grande Croisade. Il manie une immense épée tronçonneuse, Storm’s Teeth.
  • Imperial Fists : Quelques Capitaines nommés : Hashin Yonnad (39ème), Ushent (177ème) et Paros (193ème), surnommé le « Briseur de Murs ».

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Anthony Reynolds (2)

Révélation

 

Scions of the Storm // Les Descendants de la Tempête merci à @la queue en airain, @Kaelis et @ziafab !

Révélation

Tales of Heresy // Chroniques de l'Hérésie/2010/51 pages

Intrigue:
scoins-of-the-storm-mp3.jpgla queue en airain:
L'histoire est sur les WB juste au moment où pépé vient d'engueuler Lorgar sur ses pratiques religieuses et ou le primarque s'est mis à bouder dans sa chambre. On sait donc que quand il en sortira, il sera corrompu mais pour l'instant, la légion est à un moment charnière avec le gros des marines qui sont loyalistes et un ou deux culs bénis qui commencent à susurrer aux oreilles de Lorgar des trucs sur le warp. Quant à la trame elle-même, je me dispenserais de commentaires pour ne pas faire de spoil, c'est une bataille de conquête d'une planète humaine en pleine Grande Croisade. Neuf sède, sinon je raconte l'histoire et sa fin.


Kaelis:
En gros, les types font un assaut planétaire, alors qu'ils sont pas foutus de péter un tripode au tir, ils pétent à la BàF des pylônes qui ont résisté aux tirs de la flotte, bref, c'est la fête. Par contre, on voit bien le retournement de situation avec les WB qui massacrent les fidèles de l'Empereur. Mes avis que Sol Talgron se fera tuer avant la fin de l'Hérésie par Lorgar. En fait c'est presque écrit dans le bouquin...


ziafab:
Pure réminiscence des premiers tomes de l'Hérésie d'Horus, avec la découverte de la trahison de la Légion des World Bearers vue de l'intérieur (avec le Primarque Lorgar et le premier chapelain Erebus) au milieu d'un champ de bataille.

 

Schattra:

J+30 après Monarchia pour la 47ème Flotte d’Exploration impériale. Menée par Lorgar et ses Word Bearers, l’expédition a atteint un monde humain prestement renommé 47-16 par les scribes du bord. Envoyé à la surface de la planète pour prendre le pouls de la convertissabilité des autochtones, Kor Phaeron, Premier Capitaine de la Légion, a émis un jugement sans appel sur les ploucs en question à son retour en orbite : des païens indécrottables, dont on ne pourra jamais rien tirer. Sans savoir que le père adoptif et confident de Lolo, qui boude dans sa chambre depuis qu’il a reçu une paire de mandales paternelles sur Monarchia1, suit son propre agenda (HelloKitty), l’idéaliste Capitaine Sol Talgron s’oppose à l’approche génocidaire préconisée par Kor Phaeron, et le duel de regards qui s’ensuit n’est interrompu que par le susurrement d’Erebus, qui informe le conseil de guerre des Porteurs de Moe que le Primarque devra être consulté sur ce point. À peine le temps pour les Capitaines rassemblés de sortir de la pièce et de se diriger vers leurs quartiers respectifs que ce coquinou de Premier Chapelain re-convoque tout son monde, et explique à l’assemblée que Lorgar a donné son feu vert pour annihiler la civilisation en contrebas (qui pourtant avait accueilli plutôt favorablement le projet de rejoindre l’Imperium), sous prétexte que l’Empereur souhaite désormais que la 17ème Légion accélère son rythme de mise en conformité. Interloqué par cette décision, Sol Talgron se plie toutefois sans broncher à cette dernière, et s’en va préparer ses hommes au prochain assaut.

 

Après une journée de bombardements intensifs, ayant fait chuter la démographie de 47-16 de 98%, il est temps pour les Astartes d’aller finir le job de plus près, le temple-capitale de la planète étant protégé par un champ de force trop puissant pour que les macro-canons de la flotte puissent en venir à bout. Et c’est là que les ennuis commencent pour les Word Bearers, dont le zèle ardent n’est cependant pas tempéré de beaucoup de sens tactique, ce qui leur posera les problèmes que l’on sait pendant la Croisade des Ombres. Nous suivons donc Sol Talgron et sa Compagnie lors de leur approche de l’objectif, pendant que les autres forces d’assaut impériales convergent sur l’ultime bastion adverse dans la confusion la plus totale. Certains par Stormbirds, d’autres par Drop Pods, on voit également des tanks lourds et des Titans se joindre à la curée, pendant que la flotte impériale continue de bombarder la cité. La définition même d’un overkill, même si dans ce cas précis, ce sont les impériaux qui paient le plus lourd tribut. Les défenseurs peuvent en effet compter sur leur maitrise de la foudre et de la robotique pour mettre des bâtons dans les roues et des éclairs dans les joues des assaillants, leurs marcheurs de combat montés sur trépied se révélant aussi coriaces que mortels pour les Word Bearers et leurs alliés. Cela n’empêche pas Sol Talgron et ses compagnons de l’escouade de vétérans Helikon2 de se frayer un chemin jusqu’au périmètre extérieur du temple, notre héros se mangeant quelques décharges bien juteuses en chemin. Grâce à l’éclair de génie (haha) du Sergent Kal Badar, il parvient tout de même à pénétrer dans le saint des saints adverse, le sabotage de quelques uns des paratonnerres locaux affaiblissant momentanément le bouclier protecteur et permettant à nos héros de se jeter (littéralement) à l’intérieur...

 

Révélation

...Une fois remis de leurs émotions, Sol et ses hommes se dirigent vers le cœur du complexe, s’arrêtant en chemin pour émettre des jugements peu aimables sur la statue géante du dieu de la foudre vénéré par les locaux. Dans l’espèce de pyramide centrale sont réfugiés les survivants de 47-16, qui occupent leurs dernières heures à vénérer leur déité païenne sous le commandement d’un prêtre rabougri. Cherchant à mettre fin au massacre de façon diplomatique, Sol Talgron engage la conversation avec ce dernier, et ne tarde pas à réaliser, copie du Lectitio Divinatus locale à l’appui, que la population de la planète vénérait bien l’Empereur, sous la forme d’un dieu des tempêtes. Après tout, le symbole de Pépé n’est-il pas un éclair ? Bon, ça ne pardonne pas l’utilisation par les auto-proclamés Descendants de la Tempête de robots autonomes, une faute lourde dans le règlement intérieur de l’Imperium, mais Sol est convaincu que le malentendu peut être réglé à l’amiable (enfin, un amiable ayant fait près de 200 millions de morts, tout de même), si l’aimable vieillard consent à le laisser expliquer la situation à ses collègues et à désactiver son bouclier. Ce dernier accepte, après avoir reçu la promesse de la part du Capitaine que ses derniers fidèles seront épargnés par les Word Bearers.

 

Au bout de quelques minutes d’attente la 1ère Compagnie de la Légion se téléporte en full armure Terminator dans le temple, suivie de Lorgar et d’Erebus. La simple vue du Primarque fait blémir l’ayatollah local, sans doute capable de percevoir la corruption grâce à ses super pouvoirs de personnage secondaire qui va mourir dans les minutes qui vont suivre sans pouvoir prévenir le héros. Ce dernier, transporté par la présence de l’Urizen, aussi appelé le Doré, aussi appelé l’Oint par ses fils (et Ouin Ouin par ses frères), sous ses abords débonnaires et prévenants, semble bien trop satisfait de lui-même pour tromper le lecteur sur la fin de la nouvelle. Et en effet. Après une courte promenade avec Sol Talgron, il ordonne à Erebus d’égorger le prêtre et à Kor Phaeron de descendre les Descendants, avant d’annoncer à notre héros, un peu ébêté, qu’il aura besoin de son absolue loyauté dans le futur, et qu’il est en train de finir un nouveau bouquin, beaucoup plus abouti que le Lectitio Divinatus, dont le titre de travail est le Livre de Lorgar (en toute simplicité). Il ne manque plus qu’un petit éclat de rire maléfique pour faire comprendre au vraiment très gentil Sol Talgron que son boss n’est plus le même. En tout état de cause, il est plus que probable que l’intègre Capitaine ne finisse pas l’Hérésie en un Sol morceau…

 

1 : Au moment où Reynolds a écrit cette nouvelle, l’affaire n’avait pas encore été mise en scène comme l’humiliation publique et générale subie par la Légion dans son ensemble, sous la plume d’Aaron Dembski-Bowden ('Le Premier Hérétique'). De même, aucun Custodien ne viendra pointer le bout de son casque ici, ce qui aurait peut-être permis aux quaranteseptseiziens de mieux s’en tirer…

 

2 : Appelée ainsi en hommage à l’instrument dont joue Lorgar dans la fanfare primarquielle.


Avis:
la queue en airain:
Là, on entre dans les sujets qui fâchent. Le type est le même qui a commis les deux romans sur les World Bearers du 41° et il se fait son petit clin d'oeil perso puisque ça cause des WB. Après le Counter, voilà que les WB pré-hérésie subissent le Reynolds. Le résultat est une constante dans cette série : les WB du 31° millénaire sont tous des abrutis finis (genre "puisque les macro-canons de la flotte ne sont pas assez puissants, descendons s'y attaquer au pistobolter"). Heureusement pour eux, leurs adversaires aussi sont des tanches.


Kaelis:
Bon, ben de base, j'aime pas trop les Word Bearers. Mais là, encore plus.

ziafab:
J'ai trouvé cette nouvelle assez bien faite.

 

Schattra:

Difficile de juger cette très ancienne nouvelle traitant des Word Bearers au moment de leur basculement du côté sombre du Warp sans la comparer à ce qui a suivi, et qui est à mes yeux de bien meilleure facture. Au-delà des éléments fluff qui ont été modifiés ou réécrits depuis, et desquels Anthony Reynolds n’est pas responsable1, le récit du martyr de 47-16 n’apparaît pas comme particulièrement intéressant, à l’image de Sol Talgron, héros bien brave et bien honnête, qui passe son temps à tomber du ciel et des nues. Si la révélation finale permet au moins d’acter la déchéance consommée de Lorgar, elle se trouve amoindrie, comme le reste de la nouvelle, par des considérations logiques venant mettre à mal les efforts de l’auteur pour nous vendre du rêve et du mystère. Ainsi, j’ai du mal à m’expliquer comment une planète décrite comme ayant été isolée du reste de l’humanité pendant…un certain temps2 a réussi à récupérer une copie bootleg du Lectitio Divinatus, et à se convertir au culte de l’Empereur (en construisant des statues d’un kilomètre de haut pour marquer sa foi) dans l’intervalle de quelques décennies séparant l’écriture du bouquin et l’arrivée de Lorgar. Bref, ça tient globalement la route, et Reynolds se fend d’un petit coup de théâtre conclusif, ce qui est toujours appréciable, mais il ne s’agit pas d’aller trop dans les détails de ce Scions of the Storm si on veut que l’illusion opère.

 

1 : Bien qu’un esprit joueur pourrait lui sortir la phrase qu’il a mis dans la bouche de Kor Phaeron dans cette histoire : « l’ignorance n’excuse pas le blasphème ».

 

2 : Première phrase : « for countless millenia ». Deuxième phrase : « for over four thousand years ». À ce rythme, on en aurait fini sur un « depuis jeudi dernier » si cette nouvelle avait été un roman. C’est peut-être anodin pour l’histoire en elle-même, mais ça ne fait pas très sérieux.  


Fluff:

  • Word Bearers (Organisation) : Sor Talgron est le Capitaine de la 34ème Compagnie, qui participe à la Grande Croisade sur le croiseur Dominatus Sanctus. Argel Tal est le Capitaine de la 7ème Compagnie. Les Légionnaires passent plusieurs par jour en travaux d’illuminations.
  • Lorgar : Le Primarque exsude une aura de passion et de certitude, un bouclier de foi à la fois inspirant et terrifiant. Il a une armure grise et une robe de la couleur du sang coagulé. Surnommé l’Urizen, le Doré, l’Oint. Il a diffusé le Lectitio Divinatus à travers la galaxie pendant la Grande Croisade, contribuant à rallier certaines civilisations hummaines à l’Imperium avant même que ce denier ne redécouvre les planètes « converties ».
  • Primarques : Le plus grand atout de Leman Russ est sa férocité irrepressible, celui de Lion El’Jonson son inflexible tenacité, celui de Guilliman son génie logistique et stratégique, et celui de Lorgar sa foi. 
  • 47-16 : Premier monde conquis par les Word Bearers après Monarchia. Un peu moins de 200 millions d’habitants. Malgré la volonté de ses habitants de rejoindre l’Imperium, leur vénération d’un dieu des Tempêtes (l’Empereur) a mené les Word Bearers à exterminer sa population. La civilisation des Descendants de la Tempête était défendue par des robots intelligents capables d’envoyer des éclairs et d’immenses boucliers alimentés par les orages de la planète.

 

Dark Heart // Cœur Sombre merci à @Rippounet !

Révélation

Mark of Calth/2014/28 pages
 

Intrigue:

dark-heart.png?w=301&h=468Rippounet:

Une histoire de Word Bearers.

 

Schattra:

"Hello les aminches ! C’est moi, Marduk, votre héros favori ! silence de mort Mais si, vous savez bien, le jeune cadre dynamique des Word Bearers, qui a grimpé les échelons de la promotion sociale et chaotique dans la trilogie que m’a dédié Anthony Reynolds, l’auteur le plus populaire de la Black Library ! – silence de mort – O-ok. Bon, la salle n’est pas facile ce soir je vois ! Pas grave, j’avais prévu de vous régaler d’une de mes passionnantes histoires personnelles, et, coup de chance, celle qui me vient en tête explique en bonne partie qui je suis et d’où je viens. Je suis sûr que ça va vous plaire. Magnéto, Sergent !

 

Donc là, c’est moi, en beaucoup plus jeune évidemment. C’était au temps béni de l’Hérésie, et je n’avais encore que quelques décennies de service sous le plastron. D’ailleurs tout le monde m’appelait « petit », ou « Mhinabble » ou « Kraitain » (des titres honorifiques en colchisien), et j’étais la coqueluche de la Légion. J’en voulais déjà, j’avais la grosse niaque ! Suite à la purge ordonnée par notre estimé Primarque Lolo, j’avais corrigé du loyaliste à tour de bras, et obtenu une recommandation de la part de mon professeur principal de l’époque, M. Jarulek, qui m’avait envoyé rejoindre Kor Phaeron en personne juste avant le début de notre assaut sur Calth. Ah là là, j’étais fier ! Kor Phaeron, c’est un peu le Dumbledore des Word Bearers : un vieux monsieur impressionnant avec un vrai niveau en magie. Je l’ai vu une fois sortir un Nurgling du casque d’Abaddon, c’était grandiose. Bref, j’étais gonflé à bloc pour mon initiation aux mystères du Warp, mais on m’a affecté le Capitaine Bel’Ashared comme mentor. Et là, j’ai tout de suite compris que ça n’allait pas le faire. Le type était nul, mais nul ! Il passait son temps à lire ses présentations PowerPoint en séance de tutorat, et enseignait encore comme durant la Longue Nuit. Toutes mes idées d’expérimentations un peu audacieuses étaient rejetées les unes après les autres, et je passais mon temps en heures de colle. Comme je ne pouvais pas me permettre de retaper ma première année, j’ai dû prendre une décision radicale, et j’ai donc fait un pacte avec un démon rencontré dans une soirée déguisée organisée par l’amicale des stagiaires et alternants de la XVIIème Légion. Le deal était simple : il me donnait une formule magique pour me débarrasser de ce vieux schnoque de Balais Charrette (c’est comme ça qu’on l’appelait avec les copains), et moi je lui dégottais un petit pied à terre sympa dans le Materium. Echange de bons procédés.

 

Vous vous dîtes sans doute : « mais c’est vraiment aussi simple de faire un pacte avec un démon ? », et la réponse est oui ! Je suis rentré dans ma piaule d’étudiant, j’ai pris mon marqueur et une bonne latte de chichon, et paf ! Lorsque j’ai émergé, je me suis rendu compte que j’avais écrit une formule à l’intérieur de mon casque. C’est pas pratique comme endroit pour positionner une anti sèche, mais avec un petit miroir sous les optiques, ça passait crème. Le lendemain, c’était visite de terrain dans une station spatiale de Calth tenue par ces poseurs d’Ultramarines, avec Balais Charrette et Sorot Tchure. Nous devions saisir l’installation pour la grande gloire du Chaos, et c’est ce que nous avons fait ! Comme d’habitude, mon bien-aimé mentor s’est débrouillé pour m’envoyer loin de lui, et j’ai fini par rejoindre l’escouade du Sergent Dralzir, et mon poto Burias. Il a tendance à faire le fifou et à se mettre dans la ligne de tir (déjà que je suis pas super bon en balistique), mais sinon, il est cool. En tout cas, à l’époque.

 

Bref, nous voilà engagés dans un échange de bolt avec un duo d’Ultramarines, et Dralzir se fait tuer dans la bagarre. Pas de chance. Après avoir planté mon athamé dans la carotide de son meurtrier, je me suis dit « autant nous amuser un peu ». Et j’ai tenté de le faire posséder par un petit démon. J’avais passé quelques soirées à pratiquer sur mon hamster Hubert, et j’avais plutôt bien réussi (même si Hubert avait fini par mettre le feu à sa roue). J’aurais pu réussir là aussi, et ça aurait bien épaté Burias, si Balais Charrette n’était pas arrivé à ce moment là avec ses gardes du corps. Et là, ce fut le drame. Et que ça me sermonne sur la pureté des rites et mon approche iconoclaste, et que ça menace de me renvoyer chez Jarulek, et que ça me balance des coups de boule pour m’intimider. Mais je savais que j’avais raison, que Bel’Ashared était un plouc qui n’arriverait jamais à rien, et surtout pas à rejoindre les Gal Vorbak, comme il l’espérait. Quand je lui ai dit, il est devenu tout gris, tout rouge, et m’a envoyé une mandale qui m’a fait sauter quelques dents. Il m’aurait découpé en rondelles, l’animal, si je n’avais pas utilisé ma formule pour le mettre hors d’état de nuire. Je lui ai dit « Ceukipanskekornétunandouilledizkoa ». Il a dit « Quoi ? », et pouf… Il a explosé. Du beau boulot.

 

Évidemment, j’ai dû aller m’expliquer auprès de Kor Phaeron après ça. Ce que je ne savais pas, c’était que Balais Charrette était un Cœur Sombre, la secte personnelle du patron. J’étais dans de beaux draps. Heureusement, j’ai réussi à le convaincre que mon mentor était une bille, et que je ne voulais que parfaire ma connaissance du Warp avec un vrai professeur, comme lui par exemple. Ca a plutôt bien marché, et Kor Phaeron m’a même autorisé à venir avec lui accueillir Guilliman lorsqu’il a abordé notre vaisseau. Il s’était mis sur son trente-et-un pour le recevoir, avec aura néfaste et lévitation funeste, et avait sorti son plus bel athamé pour l’occasion. Malheureusement, ça n’a pas suffit. Quand il a dit à ce grincheux de Roboute « tire une carte », ce dernier a gueulé « Deux de cœur ! » et lui a arraché le palpitant. À ce moment là, j’ai reçu un coup sur la tête et quand j’ai repris mes esprits, j’ai vu les copains et les bleusailles engagés dans une grande partie de tir à la corde, avec Kor Phaeron dans le rôle de la corde. On a gagné, mais on a préféré ne pas s’éterniser, et Tchure a secoué son orangina warpique pour nous transporter en sécurité. Quelle affaire, les aminches ! Mais ce n’était que le début de l’histoire pour moi, et comme ça a l’air de vous intéresser, je vous invite à acheter mon omnibus, que je me ferai un plaisir de vous dédicac- Oh, où vous allez comme ça ? Revenez, mais revenez ! "

 

Avis:

Rippounet:

Bien écrit, alléchant, mais au final rien de vraiment spécifique à l'Hérésie si on excepte la présence d'un patron connu. Bon.

 

Schattra:

Anthony Reynolds et les Word Bearers, c’est une histoire d’amour qui prédate l’Hérésie d’Horus de plusieurs d’années. Partant, il n’est guère étonnant de voir cet auteur s’arranger pour intégrer son personnage de Marduk à la grande histoire de 40K, et de lui faire faire ses débuts (ainsi qu’à d’autres protagonistes de sa série) au cours de la bataille de Calth, rien de moins. Si vous n’êtes pas familier, ou attaché à Marduk, ce qui, soyons honnête, sera le cas de la majorité des lecteurs, il est probable que cette histoire vous passe un peu au dessus de la tête, et je ne pourrais pas vous en blâmer. Les déboires estudiantins de cet anti-héros carriériste au possible ne sont pas particulièrement intéressants ni bien écrits par un Reynolds qui parvient à donner, peut-être à son corps défendant, une vibe Star Wars à son histoire, avec Marduk dans le rôle d’un Anakin Skywalker peu doué mais tout à fait tête à claque, Bel’Ashared en Darth Tyranus du pauvre, Kor Phareon en Palpatine en armure et Burias en Jar Jar Binks. Si l’expédition sur la station spatiale de Calth frôle le néant absolu en termes d’intérêt, la rencontre entre Kor Phaeron et Guilliman sur l’Infidus Imperator aurait pu permettre à Reynolds d’apporter un nouvel éclairage à ce duel de légende. Aurait seulement, car il ne se passe rien que l’on ne savait déjà avant. Quand au « Cœur Sombre » qui baptise la nouvelle, mis à part une petite explication de la part du Maître de la Foi, on restera également sur notre faim (ce qui est dommage car j’aurais bien aimé apprendre comment fonctionne la team croûton des Word Bearers). Enfin, je reste dubitatif sur la manière dont Reynolds traite la simili-possession dont Marduk bénéficie. À moins que le sujet soit couvert plus en détail dans un autre texte, on dirait ici que l’aspirant se contente de regarder fixement une étoile à huit branches pour activer le mode Warp. Le Chaos pour les Nuls en quelque sorte. Et par les Nuls aussi, pourrais-je ajouter...

 

Fluff:

  • Word Bearers : L’armure rouge sang qui remplace leur ancienne livrée grise est un hommage aux possédés des Gal Vorbak.
  • Kor Phareon : Il a à son service la secte du Cœur Sombre (Dark Heart) depuis l’ascension de Lorgar sur Colchis. Elle est composée de fidèles des Dieux Sombres (même du temps où Lorgar prêchait la vérité de l’Unique) a agit comme l’exécutrice des basses besognes du Maître de la Foi.

 

 

Chris Wraight (2)

Révélation

 

Des lou(p)bards et des motos. Si on voulait résumer l'apport de Chris Wraight à l'Hérésie d'Horus (de façon pas forcément appréciative), on pourrait se contenter de cette description, qui, pour être lapidaire, couvre une bonne part des romans et nouvelles engendrés par notre homme. Côté canin: Wolf King, Lone Wolf, Wolf's Claw, Leman Russ: Le Loup Suprême. Côté tuning: White Scars, Le Chemin Céleste, La Confrérie de l'Orage, La Confrérie de la Lune, Grey TalonJaghataï Khan: Le Faucon de Chogoris... Des faucons et des vrais loups en quelque sorte, ce qui vaut mieux que l'inverse, qu'on se le dise. 

 

• Rebirth // Renaissance merci @Celtic_cauldron !

Révélation

Age of Darkness // L'Âge des Ténèbres/2011/28 pages

 

Intrigue:

rebirth.png?w=300&h=461Celtic_cauldron:

Une force de Thousand Sons revient sur Prospero après sa chute et tombe sur une armée World Eaters. C'est une forme de huis clos qui alterne avec des scènes en plein air.

 

Schattra:

Retour au bercail compliqué pour le Capitaine Menes Kalliston et son escouade de Thousand Sons. Partis au Warp vauvert sur les instructions de leur Primarque six mois auparavant, ils ont tout raté de l’arrivée remarquée des Space Wolves, Custodiens et Sœurs de Bataille sur Prospero, et de l’expulsion dans l’Immaterium dont le Cyclope et ses quelques fistons survivants ont fait les frais1. Malgré la présence d’un Corvidae2 (le Sergent Revuel Arvida) dans son effectif, Kalliston ignore tout bonnement ce qu’il s’est passé sur la planète des sorciers, transformée en planète des cendriers par les bons soins des loulous pendant son absence. Pas très pro pour un Thousand Sons, vous en conviendrez. C’est donc ce qui motive notre héros à aller mener une petite due diligence sur le terrain, malgré les vagues mais mauvais pressentiments de son subalterne.

 

Sur place, les légendaires facultés cognitives des fils de Magnus ne mettent pas longtemps à conclure que quelque chose, ou quelqu’un, hante toujours la surface dévastée de Prospero. Les indices concordent vers la piste lupine, d’autant plus aisée à soupçonner que l’inimité entre les frères Husse (Lemaneur et Magueunne) est connue de tusse, euh, de tous. Ces savantes spéculations sont toutefois repoussées à plus tard lorsque l’un des gardes du corps de Kalliston prend un bolt en pleine tête, ce qui donne d’autres chats à fouetter à l’inspecteur Gadget. Walking like an Egyptian jusqu’au couvert le plus proche, il donne l’ordre à ses hommes de le rejoindre pour essayer de regagner ensemble leur transport…

 

rebirth_illustration.png?w=301&h=447J’opère ici une ellipse concave qui me permettra de ménager un peu de suspens à mon propos. Nous retrouvons un peu plus tard Kalliston en train d’émerger du kohl (le cirage, c’est bon pour les Dark Angels), nu comme un ver et attaché à une chaise dans une pièce plongée dans la pénombre. « Comme dans Casino Royal ! » réalise notre héros cultivé, qui se prend alors à craindre pour l’intégrité de ses bijoux de famille. Enfin, c’est sans doute ce qu’il aurait pensé s’il se souvenait de quelque chose. En l’état, le mauvais coup qu’il a reçu sur le crâne lorsqu’un missile krak est venu le photo-bomber lui a retourné le ciboulot, au point qu’il a même du mal à se souvenir de qui il est, et de comment il est arrivé ici. Quant à ses pouvoirs psychiques, ils commencent péniblement à revenir une fois son interrogatoire débuté. Car, bien évidemment, cette mise en scène funeste a pour but de prévenir le lecteur que quelqu’un, ou quelque chose, a les moyens de faire parler Kalliston… qui est plutôt OK avec ça. Après tout, il lui faut du temps pour pouvoir lancer un sort de démenottage que ses capacités d’Athanean3 ne laissent absolument pas envisager. La magie de… la magie. Bref.

 

La discussion s’engage donc entre le Capitaine abandonné et son interrogateur, qui prend bien soin de rester dans le noir pour laisser planer un vieux doute sur son identité. Mais on ne la fait pas facilement à ce rusé de Kalliston, qui, d’après la respiration bestiale, la voix gutturale et la tendance à l’énervement de son interlocuteur, a tôt fait de comprendre qu’il se trouve en présence d’un Space Wolf. Tout content de sa propre ingéniosité, il se permet même de titiller l’égo de son tortionnaire, oubliant un peu vite que le type en peau de slip énergétique attaché sur une chaise, c’est lui. Résultat des courses, il se mange une belle correction après avoir demandé à appeler son avocat, trait d’humour évidemment peu partagé par son vis-à-vis. Ce dernier riposte toutefois (autrement que par la violence) en faisant exprès de ne pas révéler à Kalliston ce qui s’est passé sur Prospero, information que le Thousand Son donnerait cher pour connaître. Après quelques minutes d’échanges de petites piques et de grosses torgnoles, c’est enfin le moment de jeter bas les masques, ou, dans notre cas, d’allumer la lumière. Et le colosse musculeux aux yeux injecté de sang et au comportement maniaque qui fait face au prisonnier se révèle être…

 

Révélation

…Line Renaud. Ou plutôt, son descendant lointain, Khârn des World Eaters (et pourquoi pas d’abord, hein ?). Incompréhension compréhensible de la part de Kalliston, qui se trouve très Kallis-con devant ce retournement de situation. Pour sa défense, rien ne ressemble plus à un loup qu’un chien, même si on peut se poser la question pour les carlins. Bref, les Thousand Sons ont été pris en chasse et massacré par les suivants d’Angron, qui sont arrivés sur la planète après la bagarre (ce qui a dû les énerver) pour aller effacer le numéro personnel d’Horus du téléphone de Magnus (ou l’équivalent), ce qui a dû les mettre vraiment en rogne. Ils se foutent bien de savoir quel camp ont rejoint les Astartintellos, qu’ils méprisent copieusement, comme le reste des Légions d’ailleurs. Kalliston, qui pense que son vis-à-vis cherchait également la réserve de Xanax de Magnus pour gérer son stress de façon plus efficace, a alors la mauvaise idée de proposer un deal à Khârn : une thérapie complète assortie d’un stage de méditation tantrique pour retrouver sa paix intérieure, contre sa libération. Se passe alors une longue seconde pendant laquelle l’Ecuyer d’Angron semble hésiter… avant de décider bien sûr de corriger le maraud qui a osé sous-entendre qu’il était fou à lier. Et contre un personnage nommé spécialiste du corps à corps, notre héros ne fait pas le poids, même s’il arrive à se libérer de ses liens pour la bagarre finale. Surclassé par la puissance de son adversaire, Kalliston finit donc au tapis, puis dans le tapis, puis sous le tapis, au fur et à mesure que Khârn le réduit en porridge. Personne n’aime les psychiatres, c’est connu.

 

Finissons notre histoire et revenons en arrière pour suivre l’émancipation du dernier Thousand Son en un seul morceau de la nouvelle, le Sergent Arvida. Grâce à ses super pouvoirs de divination, il arrive à esquiver les ennemis et les balles avec un peu plus de succès que ses camarades, et échappe ainsi à la mort et à la capture. Le poids du nombre l’empêchant de secourir Kalliston, et son transport ayant été détruit par les World Eaters, notre loup solitaire joue un peu avec le feu en collant un bolt dans le casque du Capitaine Khorneux fort occupé à violenter la dépouille mortelle de ses frères d’armes, avant de partir comme un dératé dans le dédale carbonisé de Tizca. Tout finit cependant bien pour notre héros de rechange, dont le don de double vue lui a donné la certitude qu’il repartirait de la planète en vie. Bienvenue au club des personnages nommés, p’tit gars ! N’oublie pas de prendre tes chaussettes de scenarium avec toi pour la suite !

 

1 : Après tout, il ne faut pas compter sur Leman Russ pour appliquer la trêve hivernale. Ça doit bien le faire rigoler.

 

2 : Les présentateurs météo de la Légion (ils voient le futur).

 

3 : Les psychologues de la Légion (ils lisent dans l’esprit).

 

Avis:

Celtic_cauldron:

J'ai bien aimé cette nouvelle.

Les +:

  • La construction du récit, mettant en alternance des phases de combat et des phases d'interrogatoire.
  • Le personnage World Eater dont la folie grandissante est bien soulignée.

 

Schattra:

Pour ses débuts dans l’Hérésie, Chris Wraigth a voulu soigner son lecteur avec une nouvelle à suspens. Cette intention louable s’est toutefois heurtée à une réalité que le futur seigneur de Terra ne pouvait pas vraiment deviner au moment où il a soumis son texte à la BL: l’évolution du personnage de Khârn dans la série. Car si on a droit dans ce Rebirth à un berzerk de Khorne écumant de rage et guère maître de ses émotions, dans la droite lignée du positionnement choisi par Bill King pour cette figure chaotique dans ses propres écrits1, l’écuyer d’Angron est au contraire devenu sous la plume d’Aaron Dembski-Bowden la tête pensante et froide de sa Légion, jusqu’à un stade avancé de l’Hérésie tout du moins. De ce fait, le voir sombrer dans une démence sanguinaire au lendemain du sac de Prospero apparaît avec le recul comme un faux raccord narratif, dont Wraigth n’est certes pas coupable, mais qui réduit le plaisir de lecture de cette nouvelle.  Le plus ironique dans tout ça est que n’importe quel autre Capitaine des World Eaters aurait magnifiquement fait l’affaire, alors que la présence au casting de cette célébrité, utilisée donc à contre-emploi par l’auteur, dessert ce Rebirth.

 

Cette déception évacuée, il faut reconnaître que Chris Wraigth livre une histoire assez correcte, sérieusement bâtie et respectueuse du fluff Thousand Sons et hérétique déjà établi – à l’exception de celle notée ci-dessus, évidemment – qui lui permet d’introduire son personnage récurrent d’Arvida, que l’on retrouvera (comme présagé en conclusion de la nouvelle) plus loin dans l’Hérésie2, et pas forcément du côté où on l’attendait. Et c’est plutôt heureux, car le « héros » malheureux Kalliston n’inspirait ni intérêt, ni sympathie à l’auteur de ces lignes. Ce ne sont pas toujours les meilleurs (personnages) qui partent les premiers, heureusement…

 

1Et dans une moindre mesure, Graham McNeill et Ben Counter dans ‘False Gods’ et ‘Galaxy in Flames’.

 

2‘Allegiance’, ‘The Last Son of Prospero’.

 

Fluff:

  • Thousand Sons (Vaisseau nommé) : Le Destroyer Geometric.

  • Thousand Sons (Campagnes) : Magnus mena ses Thousand Sons à la conquête de Shrike pendant la Grande Croisade.

  • Nikea: Le procès qui mena à l’interdiction de l’utilisation de pouvoirs psychiques au sein des Legiones Astartes fut soit-disant tenu à l’instigation de Leman Russ, dont la haine de la « sorcellerie » était bien connue.

 

Magisterium

Révélation

Heralds of the Siege/2018/16 pages

 

BLPROCESSED-Magisterium-cover.jpgIntrigue:

Sortis très éprouvés de la Guerre dans la Toile, la première défaite qu’ils aient connu depuis leur fondation, et qui a réduit drastiquement leur nombre, les Custodes doivent à présent panser1 leurs plaies et se préparer pour l’arrivée prochaine d’Horus et ses Légions renégates. Nous suivons donc le Vestarios (soit littéralement, le préposé au vestiaire de la boîte de nuit, en grec ancien) Samonas, fidèle bras droit de imperturbable Constantin Valdor alors qu’il supervise la réhabilitation des gardes suisses de l’Empereur, qui, en plus d’avoir été nonagimés (mais si, mais si, c’est du haut gothique) par les hordes démoniaques, ont cabossé et égaré leur matériel dans des proportions abominables, ce qui force les services généraux de la custoderie à enquiller les heures sup’ sans compter. Au moins, le temps d’attente à la cantine et à la photocopieuse s’en trouve fortement réduit, et il n’y a plus de problème de place au parking des trottinettes électriques. C’est déjà ça.

 

Ayant obtenu une audience auprès de (son demi-frère ?) Rogal Dorn, avec lequel il entretient des relations aussi fraîches que le bloc Harpic qui orne ses toilettes personnelles, Valdor se rend dans les appartements du Seigneur Commandeur de l’Imperium, toujours escorté de son fidèle Samonas. Comme on peut s’y attendre, l’entrevue se passe assez mal, les deux surhommes se balançant des amabilités au visage sans prendre de gants, énergétiques ou pas. Tandis que le maître des Imperial Fists reproche à son interlocuteur sa roideur confinant parfois à l’autisme, dès lors qu’une directive lui ait été donnée par l’Empereur, ce qui a conduit les Custodiens à contenir seuls les brèches dans les niveaux inférieurs du Palais, alors qu’un retrait stratégique aurait permis d’épargner de nombreuses vies, Valdoche nous joue son air favori du « Oh-mais-vous-les-Primarques-vous-n-êtes-que-des-sales-gosses-pourris-gâtés-et-on-était-bien-mieux-avec-Pépé-avant-votre-naissance2 ». Le sentiment de supériorité de Darth Valdor est toutefois tout ce qui lui reste, Dorn soulignant avec à propos que les pertes subies par les 10.000 ont de facto condamnés ces derniers à jouer les seconds rôles dans le futur siège de Terra, et que le sort de l’Hérésie repose maintenant entre les gantelets des Legiones Astartes, qu’ils soient traîtres ou loyalistes. Bref, la garde aurique n’est plus bonne qu’à assurer le service d’ordre autour de la chaise d’affaires impériale, et doit laisser aux Space Marines la gestion des vrais dossiers.

 

La virulence des échanges entre la main droite et le poing gauche de l’Empereur n’est pas sans rappeler à Samonas, qui s’ennuie ferme pendant ce crêpage de chignon3, une conversation du même ordre qui avait pris place quelques années plus tôt sur Prospero, lorsque que les Custodiens étaient venus donner un coup de main aux Space Wolves dans le châtiment, que d’aucuns jugent mérités, de Magnus et ses Thousand Sons à la suite du poke un peu trop accentué que ce dernier avait envoyé à son paternel pour lui signaler le comportement déviant d’Horus. Bien que Leman Russ se soit révélé un tout autre animal (autant comparer un malamut à un poisson pierre), le zèle sanguinaire avec lequel le Fenrissien mena l’assaut sur Tizca, et sa volonté sans équivoque de ne pas faire de prisonnier, au mépris des instructions remises par l’Empereur au Capitaine-Général, ne furent pas sans générer des frictions entre les deux envoyés impériaux. Dans ce cas, comme plus tard avec Dorn, Valdor, en tant que Magisterium, disposait d’une autorité théoriquement absolue sur son vis à vis Primarque, mais cela n’a pas empêché ce dernier de n’en faire qu’à sa tête, avec des résultats spectaculaires, à défaut d’être satisfaisants. Et Constantin d’y aller de son petit « Primarque… » méprisant en voyant Russ hurler à la lune sur la grand-place de Tizca après la volatilisation du Cyclope. Décidément, ils n’ont pas les mêmes valeurs.

 

La nouvelle se termine sur une scène de remparts (comme beaucoup des histoires de Heralds of the Siege d’ailleurs), Valdor enjoignant son sous-fifre porte-cravate de ne pas désespérer que l’Empereur reprenne enfin contact avec ses Custodiens, malgré tous les travaux d’isolation des fondations du palais à terminer avant l’arrivée d’Horus, et qui l’occupent à plein temps depuis maintenant des mois. D’une manière ou d’une autre, la fin approche à grands pas…

 

1 : Et penser, ils ont tous passé l’agreg’ de philosophie après tout.

 

2 : Funfact : Sur les 1932 mots titres et qualificatifs gravés à l’intérieur de la cuirasse de Valdor, 93% sont des critiques adressées aux fistons du Patron.

 

3 : Dorn s’étant laissé pousser les tifs pendant ses sept années de permanence au domicile paternel, il y a largement de quoi faire un manbun.

 

Avis:

Pure nouvelle de fluffiste, en ce qu’elle s’avère être beaucoup plus riche en petites révélations et lourdes insinuations de background qu’en action pure et dure, Magisterium est une soumission de qualité de la part de Chris Wraight. Son principal intérêt, et non des moindres pour les amateurs de grandes figures de l’Hérésie (c’est à dire la plupart des lecteurs de la série, soyons honnêtes), est d’apporter quelques os à ronger sur le discret mais crucial Constantin Valdor, et de le faire interagir avec d’autres VIP impériaux. Les bisbilles qui s’ensuivent permettent à Wraight de soumettre quelques concepts intéressants, et de soulever des questions l’étant tout autant, comme celles de l’origine de Valdor et du rôle que lui a attribué l’Empereur, qui semble dépasser celui de simple garde du corps et porte parole officiel de Son Altesse Suprêmissime (bien que la fonction de Magisterium, et les prérogatives qui vont avec, soient déjà une belle source de discussion). La rivalité latente entre l’aîné des surhommes de Pépé et la fratrie primarquielle, qui est venue après, ne sera pas sans susciter quelques folles hypothèses de la part du lecteur, et j’espère bien que l’auteur continuera sur cette prometteuse lancée dans le roman dédié à l’énigmatique Capitaine-Général. En sus, l’état des lieux dressé par Wraight du piteux état dans lequel la Guerre dans la Toile a laissé les Custodiens permet de faire le lien entre cet épisode bien couvert dans les dernières publications de l’Hérésie d’Horus et le Siège de Terra, ce qui est toujours bon à prendre. Bref, une lecture tout ce qu’il y a de plus conseillée pour celles et ceux qui prennent l’Hérésie à coeur.

 

Fluff:

  • Guerre dans la Toile : 90% des 10.000 Custodes de l’Empereur sont morts pendant la guerre dans la toile, et sur le millier qui a survécu, la moitié a été sévèrement blessée, dont sept guerriers qui ont dû être incarcérés dans des sarcophages de Dreadnought. Il s’agit du conflit le plus meurtrier auquel la Garde Custodienne a participé depuis sa création, les affrontements précédents, même les plus violents et exigeants (comme la campagne d’Ullanor) n’ayant vu la mort qu’une poignée de ces guerriers d’élite.
  • Adeptus Custodes (Organisation) : Les (tout) meilleurs de l’Empereur sont dirigés par un Capitaine Général. Le premier titulaire de cette charge fut Constantin Valdor. Le bras droit de ce dernier porte le titre de Vestarios. L’organisation des Custodiens reflète l’autonomie qui est la leur par rapport aux autres institutions impériales. Ils disposent de leur propre armurerie (maître pendant l’Hérésie d’Horus : Kain Noio-Hailas) et de leur propre forge (maîtresse pendant l’Hérésie d’Horus : Alei Nai-Borsch).
  • Adeptus Custodes (Rites) : En temps normal, l’élévation d’un Custodien au rang de Dreadnought s’étale sur plusieurs mois, nécessaires aux minutieux réglages et personnalisation du sarcophage aux caractéristiques propres de son hôte.
  • Constantin Valdor : Premier Capitaine-Général de l’Adeptus Custodes, il servait l’Empereur (rq : qui est décrit comme son créateur dans la nouvelle… Valdor, le Primarque #0 ?) depuis des siècles au moment de l’Hérésie d’Horus. Il dispose également de la charge de Magisterium, et porte la parole de son maître avec lui, et peut donc demander l’obéissance inconditionnelle de tous les sujets de l’Imperium s’il l’estime nécessaire (rq : ça ne marche pas toujours avec les Primarques). De la taille d’un Primarque (il est un peu plus grand que Leman Russ), il conserve en toutes circonstances un calme et une froideur olympiens, mais il n’est pas dépourvu d’humour. En plus d’être un guerrier exceptionnel maniant la lance dionysienne, offerte par l’Empereur en personne, c’est également un érudit et un philosophe. Sa loyauté envers son maître est absolue, et le pousse à obéir aveuglément à ses ordres, même dans les situations où une prise de recul aurait pu s’avérer judicieuse (Dorn lui reproche de ne pas savoir réfléchir par lui-même). Il respecte les Primarques, car ce sont les chefs d’oeuvre et les créations de l’Empereur, mais les a toujours considérés avec méfiance, et ne les considère pas comme plus proches de l’Empereur que lui ne l’est (ce que pense Leman Russ, et sans doute beaucoup de ses frères).
  • Leman Russ : Il manie une épée énergétique nommée Balenight, ou Mjalnar en fenrissien.

 

 

Dan Abnett (4)

Révélation

 

Dan Abnett: si ce nom ne vous dit rien, vous devez être nouveau ici (dans ce cas, bienvenue!). Depuis ses débuts pour la Black Library à la fin des années 90, dans les pages du magazine Inferno!, qui a vu naître et évoluer des institutions de la maison d'édition de Nottingham tels que les Fantômes de Gaunt ou l'Inquisiteur Eisenhorn (à la calvitie agressive), Abnett s'est imposé comme l'homme fort, le taulier incontestable et la figure de proue de la BL. Il était donc tout à fait logique que cette dernière l'associe à son dernier projet d'envergure, l'épique Hérésie d'Horus, à laquelle il a contribué (en attendant que soit révélée le(s) titre(s) qu'il écrira pour Le Siège de Terra) à travers une demi-douzaine de romans, dont l'inaugural L'Ascension d'Horus//Horus Rising, Legion//Légion, Prospero Brûle//Prospero Burns, La Bataille de Calth//Know No Fear et Imperium Secundus//The Unremembered Empire) et autant de courts formats (La Tour Foudroyée//The Lightning Tower, Parties de Chasse//Blood Games, L'Autre Horus//Little Horus, Sans Repères//Unmarked, Meduson, Perpetual).


The Lightning Tower // La Tour Foudroyée  merci @gilian !

Révélation

Shadows of Treachery - Les Ombres de la Traîtrise/2007/19 pages

 

Intrigue:

the-lightning-tower.png?w=580gilian:

On y voit Rogal Dorn le prétorien, en train de détruire le palais impérial pour y construire la forteresse impériale, en vue de l’assaut des forces de son frère félon. Il est empli de doute et une question revient tout au long de la nouvelle : De quoi a-t-il peur ? Pour lui il a peur des raisons qui ont poussé les félons à se rebeller. Peur de les apprendre et de tomber d’accord avec eux. Mais pour Malcador il a peur de Konrad Curze et de la peur en elle-même.

C’est assez étrange comme fin de nouvelle.

 

Schattra:

Sur la Terra impériale du 31ème millénaire, la trahison d’Horus, Primarque, Maître de Guerre et fils favori de l’Empereur, est encore fraîche que ce dernier, jamais à repousser à la décennie suivante ce qui peut être fait cette année, ordonne à son manœuvre portugais inwittien de fiston de fortifier son Palais, en préparation d’un siège qu’il voit déjà se profiler à l’horizon, bien que ce qui deviendra l’Hérésie d’Horus n’en soit encore qu’à ses prémisses. S’exécutant sans broncher, Rogal Dorn, car c’était lui (quelle surprise), se met au travail avec ardeur, bien qu’il lui en coûte de devoir construire des casemates et des miradors sur un site classé au patrimoine galactique de l’humanité. Les considérations esthétiques du Primaçon, habituellement aveugle à toute beauté, ne manquent pas de surprendre ses collègues de truelle (Vadok Singh, le Contremaître de Guerre) et proches collaborateurs (Sigismund, pas encore disgracié, et Archamus, pas encore empalé) parmi lesquels on compte heureusement un psychiatre homologué en la personne de Malcador le Sigilite.

 

Ayant surpris Rogal traîner sur les remparts du Palais dans le pyjama en pilou qu’il tient de son grand-père1 (un signe manifeste de déprime), le Premier Seigneur de Terra comprend qu’il est de son devoir d’intervenir, et invite donc le rejeton de son boss à une consultation privée dans ses appartements. Ne pouvant décemment pas partir sur le complexe d’Oedipe avec la moitié des Primarques déjà décidés à tuer le père, Malcador opte pour une approche un peu différente, et demande à son interlocuteur ce qui l’effraie, afin de comprendre d’où vient le spleen persistant du Prétorien. Fort à propos, la question avait déjà été soumise à Dorn quelque temps auparavant, lui laissant le temps de considérer le sujet. Ayant décrété qu’il ne craignait personne, le Primarque tente de se donner l’air profond en répondant qu’il avait peur de ce qu’il ne comprenait pas, comme les règles de la belote, la communication de la Black Library ou encore les causes ayant poussé la moitié des Légions impériales à rejoindre la cause d’Horus. Malheureusement pour lui, il en faut plus pour berner le Sigilite, qui sort de ses tiroirs un jeu de cartes ayant appartenu à Konrad Curze, frère ennemi ayant failli tuer Dorn sur Cheraut après une dispute. Voyant son patient tourner au flave2, Malcador enchaîne sur une thérapie accélérée et tire les cartes à ce dernier, avec des résultats plutôt inquiétants. Mais évidemment, ce n’est qu’un jeu, haha. Ça fera 83 €.

 

La nouvelle se termine sur un Rogal Dorn un peu plus gaillard depuis sa discussion cathartique avec son prof principal, qui se prépare à repousser les assauts des traîtres avec un petit jeu de tower defence. Surpris par son Père en train de niaiser au lieu de faire ses devoirs, le Primarque dissipé jure toutefois qu’il ne laissera pas tomber son Pôpa, qui repart donc sur le Trône l’esprit tranquille mais le colon obstrué (la constipation, quel fléau). Rendez-vous dans sept ans pour que ça commence à vraiment chier sur Terra.

 

1 : Qui devait s’appeler Hodor(n) pour que sa robe de chambre aille à son petit fils naturel. Je ne veux pas penser à l’alternative.

 

2 : C’est un jaune pâle. Non, je ne connaissais pas ce terme avant d’écrire cette chronique. Oui, je vais dès à présent tenter de le placer discrètement dans autant de conversations que possible.

 

Avis:

gilian:

Pour moi c’est un peu l’ovni de ce recueil (rq: Croisade et Autres Récits, majoritairement consacré à 40K), la nouvelle a plus de 10 ans d’âge et rien ne justifiait de la voir ici… Mais ça reste une très bonne nouvelle et une très bonne introduction au livres sur Dorn ou plutôt au siège de Terra.

 

Schattra:

À l’heure où cette chronique est écrite, The Lightning Tower affiche plus d’une décennie au compteur, faisant partie des premiers textes écrits pour l’Hérésie d’Horus lorsque le projet fut initié par la Black Library en 2007, ce qui ne nous rajeunit pas. Pour ceux qui ont vécu l’épopée littéraire que constitue cette saga, cette nouvelle occupe sans doute une place particulière, le témoin d’une époque où le lecteur, probablement enthousiaste, mais peut-être dubitatif, devant cet OLNI, se demandait à quelle sauce il allait être mangé. Ayant sans doute voulu assurer le coup, la BL avait fait le sage choix de confier le début de la série à des contributeurs expérimentés, l’incontournable Dan Abnett en tête. Et force est de constater que, comme son Horus Rising pour les romans de l’Hérésie, The Lightning Tower a parfaitement accompli sa mission, c’est à dire fournir des fondations solides et inspirantes aux publications qui suivirent (qui se comptent aujourd’hui en centaines pour les nouvelles). Bénéficiant de la maîtrise narrative et de la patte littéraire du Wordmaster, cette soumission demeure à mes yeux l’une des meilleures introductions disponibles à cette franchise dans la franchise qu’est l’Hérésie d’Horus. En une vingtaine de pages, elle parvient ainsi à poser les bases de l’intrigue (une trahison monumentale mettant en péril le règne du bon Roy Empereur), présenter quelques personnages cruciaux, donner un aperçu satisfaisant de l’univers et de l’atmosphère de cette fin de 31ème millénaire, et esquisser la perte d’innocence que se révèlera être ce conflit galactique. Si, en plus, le lecteur connaît ses classiques, il aura droit en sus à quelques détails fluff assez sympathiques, variant du cool-à-savoir-mais-pas-vraiment-important (la barboteuse de Rogal) au cryptique-mais-probablement-lourd-de-sens (le tirage de Malcador). Bref, véritablement la pierre sur laquelle la Black Library a construit sa cathédrale, et une « relique » de l’Hérésie à laquelle il convient de rendre hommage.

 

Fluff:

  • Palais Impérial : Au moment de son achèvement, le Palais était le plus grand bâtiment construit par l’Homme connu dans l’espace impérial.
  • Rogal Dorn : Il s’agit du 7ème Primarque à avoir été retrouvé par l’Empereur. Au moment de leurs retrouvailles, il était le maître de l’amas d’Inwit, et régnait donc sur un petit empire galactique. Parmi les forteresses construites par ce maître de la porciolétique, on compte les cités fortifiées de Zavamunda, la spire de Gallant, les donjons des Marches de Ruthan. Il ne craint aucun de ses frères, à l’exception du Nighthaunter depuis leur accrochage sur Cheraut.
  • Malcador le Sigilite : C’est un grand collectionneur, il possède des tableaux : la Joconde de Leonard de Vinci ; les Tournesols de Van Gogh ; et le Cri d’Edvard Munch


Blood Games // Parties de Chasse merci à @la queue en airain, @Kaelis et @ziafab !

Révélation

Tales of Heresy // Chroniques de l’Hérésie/2010/51 pages

Intrigue:
BLPROCESSED-Blood%20Games%20cover.jpgla queue en airain:
Une histoire sur les Custodes et Terra au moment critique du début de l'Hérésie alors que tout le monde se prépare à la guerre.


Kaelis:
Une version un peu infiltration de Terra en M.31, qui nous renseigne pas mal sur le côté "vie de tout les jours" des Terriens.

ziafab:
Ambiance à la Eisenhorn. Polar, action, politique et trahison sur Terra, avec les Custodes (enfin !) et les Imperial Fist.

 

Schattra:

C’est camping ce soir pour notre héros, un individu mystérieux plus enclin à partager avec le lecteur ses voyages pendant les dix derniers mois, qui l’ont vu parcourir une bonne partie de l’Eurasie dans le sens inverse des aiguilles d’une montre et en suivant le vol des hirondelles d’Afrique chargées de noix de coco, qu’à révéler les raisons qui l’ont poussé à entreprendre ce périple singulier, ni pourquoi il est persuadé d’être recherché par les autorités locales. Au fur et à mesure que les anecdotes s’enchaînent, signe manifeste de la vie intérieure très riche du personnage, qui ne parle pas mais se souvient beaucoup, nous prenons la mesure du bonhomme, et comprenons qu’il n’est pas venu pour rigoler, en témoignent les trois migous junkies que Mr X a froidement abattu lorsque ces derniers ont fait mine de lever la main sur lui pendant un deal de résine qash1, sur les contreforts d’un Palais Impérial en grands travaux de renforcement. Si le migrant inconnu tenait tant à récupérer la précieuse substance, c’est qu’il a besoin des effets paralysants de cette dernière pour duper les scanners biologiques qui protègent le Palais, et feint donc la mort derrière un tas de gravier transporté par une grue pour déjouer les mesures de sécurité entourant sa cible. Car il ne fait guère de doute après ces quelques pages introductives que notre héros est un assassin, et que sa future victime se terre quelque part dans l’immensité baroque de la baraque de fonction de Pépé.

 

Négociant les obstacles les uns après les autres grâce à ses talents naturels, un changement fréquent d’identité et de profession, et l’aide de quelques petits gadgets très utiles, comme un champ de déplacement pour camoufler sa stature massive, et une feintecapuche2 pour disparaître totalement, tel un Harry Bolter de deux mètres dix sous sa cape d’invisibilité, le stalker parvient jusqu’au Hall de Leng, où il surprend Rogal Dorn en train de palucher un grimoire massif à des heures indues. S’arrêtant à peine pour noter la beauté des mains du Primarque, le tueur se rue sur cette pauvre et frêle chose qu’est le Prétorien de Terra, la dague aux lèvres et la bave à la main…

 

Révélation

…Mais voit sa lame empoisonnée être repoussée au dernier moment par un Custodien, qui s’était lui aussi planqué sous une cape VPN pour éviter d’être repéré. Bien que parvenant à se défaire de cet adversaire, puis des deux autres qui lui tombent sur le râble immédiatement après (pendant que Rogal Dorn, vraiment imperturbable, finit sa petite affaire dans son coin), l’assassin décide sagement de s’échapper de ce traquenard, mais se retrouve cerné à la sortie du Hall par un quintet de Custodiens en armure complète, qui lui font comprendre qu’une reddition immédiate serait charitable de sa part. Jeté en prison comme un malpropre sans avoir pu mener à bien sa mission, notre héros reçoit la visite de Constantin Valdor en personne, qui, plutôt que de le soumettre à la torture pour lui arracher ses secrets, le félicite pour le nouveau high score qu’il a réussi à établir pour cet exercice rafraîchissant que sont les Parties de Chasse (Blood Games) de l’Adeptus Custodes. Car notre surineur masqué capé n’était pas un Assassin retourné par Horus, ou un Alpha Légionnaire en goguette sur Terra, mais Amon, Custodien du 1er Cercle, et son run presque réussi va permettre à ses frères d’armes de perfectionner encore un peu plus la sécurité du Palais, dont il a exposé les failles3.

 

Ce malentendu dissipé, il est temps pour notre vaillant infiltrateur de reprendre ses fonctions normales, qui consistent à détecter et déjouer tous les complots menaçant l’ordre impérial et la sécurité de l’Empereur sur Terra et dans ses environs. Bénéficiant d’un matériel de pointe et de pouvoirs très étendus, mais pas absolus, car même au zénith de la Grande Croisade, le Monde Trône n’était pas totalement sous le contrôle de Pépé, les Custodiens occupent donc leurs journées à maintenir la pax imperialis, ce qui les conduit parfois à monter des opérations que n’aurait pas dédaigné Tom Cruise à son époque Mission Impossible4. Pour Amon, qui est parti crapahuter dans la pampa avant que la nouvelle de la trahison d’Horus ne soit révélée, il faut se remettre au travail sans tarder après ces quelques mois de randonnée itinérante (l’équivalent d’une période de congés pour un Custodien, sans doute). Il demande donc à Valdor de superviser le dossier Sichar, du nom de l’influent seigneur du Hy Brasil, soupçonné d’entretenir des contacts détournés avec des éléments félons de l’Armée Impériale.

 

Jamais le dernier à mettre les mains dans le cambouis, Amon recrute son vieux pote (façon de parler, les Custodiens sont tous des asociaux) Haedo pour infiltrer le territoire de son suspect, usant à nouveau de sa science du maquillage et de la postiche pour se faire passer pour un VRP en granit, ou équivalent, tandis que son collège adopte le rôle de son garde du corps. Le hic, c’est que cet impatient d’Amon n’a pas attendu le mandat demandé à ses supérieurs pour se rendre sur place, et a poussé le zèle jusqu’à tenter de hacker le pare-feu de Sichar en utilisant des lombrics espions (it’s complicated). S’il se fait gauler, ce sera un beau merdier diplomatique, mais comme notre héros est un vrai professionnel hautement entraîné... il se fait gauler. Je crois que la bonne formule était « autrement entraîné ». Pour ne rien arranger, Amon se fait griller sous sa perruque par le soupçonneux garde du corps du frère de Sichar avec lequel il taillait le bout de gravier, un Lucifer Black auquel on ne l’a fait pas. Cependant, la tentative grossière de la team Custo’ ne se solde pas par un échec complet, les derniers vers inquisiteurs d’Amon lui ayant permis de prouver que ce petit fripon de Sichar a bien été en contact régulier avec le Vengeful Spirit au cours des derniers mois.

 

Abandonnant toute discrétion, les deux Custodiens se font livrer leurs armes et armures par un téléporteur Über Cheat, et partent en direction du Parlement de Hy Brasil, où se trouve leur suspect, le Lucifer Black de garde du frangin d'icelui sur les talons. Grâce à la magie des feintecapuches, ils parviennent toutefois à portée de lance gardienne de l’agent double, révèlent leur présence, et le somment de se rendre sans jouer au héros…

 

Révélation

…Cette interpellation sans histoire est cependant complexifiée par l’arrivée soudaine d’une escouade de Huscarls Imperial Fists, menée par Rogal Dorn en personne. Devant le refus des deux Custodiens de baisser leur arme, le Primarque est contraint de leur expliquer la situation : Sichar a bien été en contact avec Horus, mais c’est parce qu’il était un agent double au service de Terra. Et maintenant que sa couverture a été atteinte, il faudra trouver aux loyalistes un nouveau moyen de suivre les faits et gestes du Maître de Guerre félon. Bravo les Custos. Et Amon de faire remarquer à son interlocuteur qu’il faudrait vraiment que Space Marines et Custodiens collaborent de façon plus soutenue à l’avenir, afin d’éviter ce genre de résultats contre-productifs, conséquences logiques d’un travail en silo. Avant que Dorn ne puisse donner son avis sur la question, le Lucifer servant de garde du corps à Sichar, qui lui était un véritable traître, fait péter une bombe dans l’enceinte du Parlement, tuant son ancien employeur pour lui apprendre à être une balance. Il faudra à Amon encore s’employer pour rattraper le fâcheux et l’empêcher de faire exploser une autre bombe, bien plus dévastatrice, au dessus de la patinoire géante servant à refroidir les réacteurs de Hy Brasil, ce qui aurait eu des conséquences dévastatrices. Une petite téléportation du véhicule piégé en orbite, et l’affaire est réglée. Cependant, il va falloir que les surhommes rivaux apprennent à coopérer d’ici l’ouverture du siège de Terra si Pépé veut espérer l’emporter…

 

Révélation

…Spoiler : ils n’y arriveront pas des masses.

 

 

 

1 : Grossière erreur qu’ils ont payé de la même manière, c’est-à-dire cash.

 

2 : Je suis quasiment sûr que falsehood n’a pas été traduit comme ceci en VF, mais ma version a vraiment trop la classe. 

 

3 : « Et Dorn dans tout ça ? » demanderont les lecteurs Imperial Fists, avec raison. Et bien le Primarque est chill avec le concept du "Un-Deux-Trois...Scalpel" dont il est la cible de la part des Custodiens, apparemment. Notamment parce qu’il avait repéré Amon depuis un petit moment, et ne se sentait pas vraiment menacé par un avorton maniant un couteau à huître.

 

4 : À ne pas confondre avec ‘Maçon Impassible’, qui est le sobriquet dont les Custodiens ont affublé ce pisse-vinaigre de Dorn.


Avis:
la queue en airain:
Comme déjà dit par d'autres, Abnett est le type qu'il faut pour apporter un peu de crédibilité aux histoires se penchant sur la technologie de l'univers oùsqu'il y a la guerre et ça tombe bien, ici, pépé est encore là et on n'est pas dans le côté trotro-gothique-TGCM qu'on trouve dans nos jeu. Du coup on sent qu'Abnett en profite, il invente, il crée quantité de gadgets pour ses Custodes qui ne sont pas que des gardiens mais aussi une police politique et des James Bond en herbe.

Ça change des histoires habituelles tout en restant ancré dans l'univers qui nous plait avec des références posées çà et là. Grosso merdo, c'est sympa à lire et probablement un des meilleurs boulot du Abnett que j'ai été amené à lire jusqu'ici. Peut-être qu'être moins bridé par le côté trotro dark lui a été bénéfique.

Kaelis:
Très intéressante, et super sympa à lire. J'ai été surpris de voir qu'à l'aube de l'attaque du palais de l'Empereur, Terra n'est pas encore entièrement sous la coupe de ce dernier.


ziafab:
Franchement sympathique, surtout pour la découverte de l'organisation des Custodes.

 

Schattra:

Fascinante immersion dans le quotidien trépidant des encore plus meilleurs de l’Empereur, Blood Games fait mouche sur tous les plans importants pour une nouvelle de GW-Fiction. En matière de forme, Abnett parvient, comme à son habitude, à plonger son lecteur dans une intrigue passant de palpitante à intéressante, grâce à sa maîtrise de l’exposition parcellaire, qui lui permet de laisser son public dans une méconnaissance savamment étudiée de la situation dans laquelle son héros se trouve, jusqu’au rebondissement (pas tout à fait) final venant faire toute lumière sur les pages précédentes. Le bougre a beau être connu pour l’utilisation de ce genre d’effet, ce dernier marche toujours à plein à la première lecture, et c’est tant mieux. En plus de ce masterclass en termes de construction, Abnett convoque les souvenirs de ses trilogies inquisitoriales pour effectuer un remarquable travail de contextualisation de son propos, décrivant avec une foule de détails bien sentis la situation de Terra au début de l’Hérésie. Ce qui n’était alors « que » le Monde Trône se dévoile alors dans toute sa complexité, rappelant au lecteur qu’il n’y a pas forcément besoin de convoquer des armées titanesques s’affrontant sur des centaines d’années lumières pour intéresser le chaland.

 

Sur le fond, Abnett fait également fort en creusant quelques thèmes intéressants, comme le rôle et l’organisation des Custodiens, leurs rapports avec les autres protecteurs de Terra, et la situation géopolitique de la planète à HH-1. Et, si la vision qu’il donne de ces sujets peut surprendre de prime abord, il introduit ces nouveaux éléments de fluff avec une telle autorité et maestria que l’on ne peut qu’accepter sans la contester sa vision des choses, alors que beaucoup d’autres auteurs moins doués ont peiné à convaincre leur public de la validité de leur raisonnement et ajouts au background hérétique. Mine de rien, les apports de ces quelques dizaines de pages sont loin d’être anodins (notamment la mainmise assez fragile que l’Empereur a sur sa propre capitale, alors qu’il vient de conquérir la galaxie), et un certain nombre de publications postérieures capitaliseront sur ces derniers, à commencer par les propres soumissions d’Abnett (retour des Lucifer Blacks dans Légion, par exemple).

 

Finalement, le seul reproche que je ferai à cette nouvelle porte sur sa conclusion au goût d’inachevé, l’ultime cabriole d’Amon pour arrêter la Zamboni piégée de l’assassin de Sivar (dont la mort, racontée par une mention de deux lignes après une ellipse ayant projeté l’intrigue de la discussion tendue entre Amon et Dorn à la course poursuite du premier, est également bizarrement traitée) ne faisant pas le poids face à la qualité des pages précédentes. Pour le reste, c’est de l’excellent boulot de part de Dan Abnett, et une des meilleures nouvelles de tout le corpus hérétique que vous tenez dans les mains.


Fluff:

  • Adeptus Custodes (Caractéristiques) : Les protecteurs de l’Empereur sont généralement plus grands et plus imposants que les Space Marines, même si la différence est loin d’être aussi marqué qu’entre un humain et un Space Marines.
  • Adeptus Custodes (Organisation) : Les Custodiens sont divisés en plusieurs cercles selon leur position hiérarchique. Ils ont leurs quartiers dans le Palais Impérial dans une tour de l’Hégémon. Leur accès au système universel d’identification biométrique et à la noosphère terrane leur permet d’identifier, de suivre et de neutraliser les menaces à l’ordre impérial.
  • Adeptus Custodes (Culture) : Leurs noms leur sont donnés par le premier cercle, en reconnaissance de leur identité et celle de leur famille, lieux de formation et exploits accomplis. Ces sont gravés sur leur armure, le premier élément visible au niveau du col, et le reste sur la face intérieure de la cuirasse. Valdor avait 1932 éléments à son nom au moment de l’Hérésie. Ils ne sont pas liés par la fraternité des Astartes, et sont ainsi mieux capables d’opérer seuls. Ils s’équipent sans l’assistance de serfs.
  • Adeptus Custodes (Technologies) : Les Custodiens utilisent des technologies avancées pour mener à bien leurs missions. Le Displacer field  permet de dissimuler la taille et la stature de son porteur. La Falsehood est une cape d’invisibilité. Les Vermicular probes sont de petits robots vermiformes, de la taille d’une baguette (rq : l’ustensile chinois, pas la spécialité française) utilisés par les Custodiens pour infiltrer les systèmes d’information de leurs cibles. Répandus par milliers sur zone, les probes sont programmés pour se frayer un chemin jusqu’aux banques de données les plus proches, et envoyer l’information qu’ils ingèrent au centre de contrôle du Palais Impérial. Ils utilisent également des balises de téléportations minitaurisées et très précises, afin de recevoir leur équipement si le besoin s’en fait sentir alors qu’ils sont en mission.
  • Parties de Chasse : Afin de tester la robustesse des systèmes de sécurité du Palais Impérial, les Custodiens se prêtent à des Parties de Chasse (Blood Games), durant lesquelles ils essaient individuellement de penétrer le Palais pour assassiner un dignitaire important, voire un Primarque. Après chaque tentative, les méthodes utilisées par les « assassins » sont analysées pour améliorer la sécurité.
  • Terra (géographie) : Slovakian fiefs, Kaspia (nord reaches), Pit of Venezia (Dolomite Shrines), Boocuresti Hive, Bilhorod, Himalazia, Kath Mandau, Xizang mines, Gobi Wastes, Irkutsk, Papuan Deserts (Cebu Sity), Baktria, Delta Nilus, Archangelus (cité ruche ?), Nordafrik, Hy Brasil, Planalto (cité ruche du Hy Brasil) et le quartier de Sao Paol, Sud Merican Cantons.
  • Terra (Palais Impérial) : Cet édifice est décrit comme plus grand que beaucoup de cités de Terra. Il comporte des ravins artificiels constitués de l’empilement de cinq cents étages. Certains de ses domes, comme celui de l’Hégémon, sont si larges qu’ils disposent de leur propre micro-climat (la pluie de l’Hégémon est considérée comme un bon présage). Parmi les lieux connus, on trouve l’Enceinte de Jade (Jade Bailey), l’Oasis de Qokang, les Tours des Taxonomies, l’Investiary, le Hall de Leng (anomalie de l’espace-temps, à la confluence du passé et du futur), la Maison des Armes (House of Weapons, armurerie des Custodes), le Grand Observatoire (Great Observatory). Une montagne entière de l’Himalaya a été rasée pour fournir les matériaux nécessaires à sa fortification au début de l’Hérésie.
  • Terra (faune) : Loups irradiés (rad-wolves), présents en grand nombre sur les contreforts du Palais Impérial, et tenu à distance par des mastiffs.
  • Population impériale : Les Genestock Ogres de Nei Monggol, aussi appelés migous (rq : nom du yeti dans l’Himalaya). Ils sont beaucoup plus grands et forts qu’un homme normal et même qu’un Space Marine. Ils se droguent avec de la résine qash, dérivée d’un nématode du désert de Gobi.
  • Personnages nommés : Pherom Sichar est le seigneur du Hy Brasil et possède un empire commercial important dans les colonies terranes grâce à  ses connections avec la Navis Nobilite. Il est reconnu comme l’un des cinquante seigneurs féodaux les plus puissants des colonies (possession de Cajetan sur le monde de 61 Isthmus), avec un statut qui aurait pu lui permettre de devenir membre du Conseil de Terra, sans l’intervention de Malcador. Descendant direct de Dalmoth Kyn, l’un des derniers tyrans à s’être opposé à l’unification. Il a quatre frères, dont Ptolem Sichar. Protégé par les Dracos, une division militaire d’élite, et par des membres des Lucifer Blacks. Soupçonné par les Custodiens d’être en liaison avec Horus, il périt dans l’explosion d’une bombe posée par son garde du corps après que Rogal Dorn ait révélé qu’il était un agent double au service de Terra. La Dame Kalhoon de Lanark a été assignée à résidence du fait de son opposition à l’Empereur. Hans Gargetton, Chancelier des Platformes Atlantiques, a été démis de son office et mis en examen de haute trahison du fait de son opposition à l’Empereur.   
  • Régiment de renom : Les Lucifer Blacks sont un régiment à la réputation légendaire, dont les membres sont tout autant réputés pour leurs prouesses aux combats que pour leur intelligence et esprit d’analyse. Quasiment exterminés pendant les guerres d’Unification, seuls les individus les plus influents peuvent s’attacher les services d’un Lucifer Black.

 

• Little Horus // L'Autre Horus merci @Celtic_cauldron !

Révélation

Age of Darkness // L'Âge des Ténèbres/2011/21 pages

 

Intrigue:

little-horus.png?w=301&h=466Celtic_cauldron:

Une bataille de l'Hérésie vécue à travers les yeux et la conscience d'Horus Aximand.

 

Schattra:

Dans la famille Horus, il y a bien sûr le père, Lulu la Percale1, mais il y a aussi le fils, Aximand, surnommé Horus Minus par ses petits camarades de jeu. Ou l’autre Horus, si on veut être corporate. Capitaine de la 5ème Compagnie des Sons of H…imself et membre du Mournival, c’est un individu qui compte au sein de la Légion. Son tort aura de ne pas avoir la personnalité, la fabuleuse destinée, ou le destin tragique de ses condisciples mal lunés, ce qui l’a contraint à jouer les seconds couteaux pendant ce début d’Hérésie. Tout le monde ne peut pas se retrouver sous les feux des projecteurs, il faut bien qu’il y ait des gens qui se battent (ou font semblant de se battre) à l’arrière-plan. Pourtant, notre héros du jour a des arguments à faire valoir, à part sa première place au concours inter-Segmentum des sosies de Michel Blanc, s’entend. C’est ce que cette nouvelle d’Abnett nous propose de découvrir.

 

Le propos prend place quelques temps après les événements d’Isstvan, alors que les Sons of Anarchy Chaos commencent leur course de fond en direction de Terra. Sur leur chemin se trouve le monde de Dwell, farouchement loyal à Pépé et trop militarisé pour être ignoré par les renégats. De plus, un petit comique en fer blanc du nom de Shendrak Meduson commence à faire parler de lui, et pas en bien. Très mécontent d’avoir retrouvé son Primarque rétréci à l’essorage, ce Capitaine Iron Hand a mis sur pied une force de guérilla galactique, qui s’est faite une spécialité de titiller les flancs du Maître de Guerre. Si Meduson parvient à rallier Dwell à sa cause, son pouvoir de nuisance en sera décuplé, et ça, Horus ne le souhaite pas le moins du monde. Alors que la Légion se prépare à illuminer la planète, nous surprenons une discussion entre les derniers Mournivaliers encore debout. Aximand, qui s’est mis à rêver que quelqu’un le regardait, et à entendre une respiration mystérieuse autour de lui depuis la purge des Sons, serait pour une reconstitution de cette saine institution. Il faudrait pour cela des candidats dignes de ce nom, et alors que lui penche pour un petit nouveau prometteur du nom de Grael Noctua, même pas encore Capitaine mais c’est pas grave, Abaddon se contente d’égrener les noms des types de sa Compagnie jusqu’à ce qu’Aximand finisse par lui accorder Falkus Kibre. Tope là mon gaillard, cochon qui s’en dédit.

 

Chargé de la prise du Mausolytique, croisement entre une morgue et une bibliothèque où les défunts de Dwell sont gardés sur étagère pour que leurs descendants puissent bénéficier de leur savoir, Aximand entraîne ses hommes, ainsi que son stagiaire Noctua, à l’assaut du complexe défendu par les Tyjunate Compulsories, une garde d’élite dont la chance est de pouvoir compter sur des boucliers énergétiques de bonne qualité. Résultat des courses, les bolts des Astartes se révèlent assez peu efficaces, ce qui chagrine profondément Horus Minus. Heureusement, la honte d’un retard lui est épargnée par la bonne idée de son rookie, qui suggère tout bêtement de foncer dans le tas l’épée au clair, ce qui marche du (marteau) tonnerre. Vive la jeunesse. Emporté par son élan, et bien aidé par les moulinets ravageurs de sa latte personnelle, qu’il a spirituellement appelé Mourn-it-all2, Aximand se retrouve un peu isolé en tête de l’assaut, et manque de se faire occire par la contre-attaque féroce d’un Iron Hand isolé, qu’il identifie comme étant Bion Henricos, l’un des lieutenants de ce diaaaaaable de Meduson. Il faut dire que ses hallucinations auditives l’ont distrait au pire moment, et il s’en est fallu d’un rien pour que notre héros se fasse bellement navrer par son adversaire, qui a une grande épée et sait bien s’en servir. Après quelques passes d’armes dans le Mausolytique, artistement décoré de grandes statues blanches, les renforts finissent enfin par arriver du côté renégat, permettant à Aximand de vaincre – en traître (c’est fluff) – Henricos. Une question lui brûle alors les lèvres : pourquoi son assaillant était il seul ?

 

Révélation

…Et la réponse est : il ne l’était pas. Car les statues blanches de la pièce n’étaient pas en marbre mais en chogorite, et les White Scars les plus patients de la galaxie peuvent enfin déclencher leur attaque, menés par ce rusé de Hibou Khan.Les statuesques Astartes espéraient mettre le sabre sur Horus, mais faute grives… Se rouler dans la famille pour rendre la pareille à son adversaire, c’est beau tout de même. Il y a un mot de Chogoris pour ça d’ailleurs: prank’h. Après avoir prononcé la seule phrase qui s’imposait en cette situation3, Baby Horus doit à nouveau défendre sa vie, et y arrive beaucoup moins bien. Une estocade de l’oiseau de nuit fend en effet son casque en deux, délestant notre héros de la plus grande partie de son visage. La blessure n’est pas mortelle, mais seulement évanouissante pour Aximand, qui, dans son coma réparateur, met enfin un nom sur le triste sire qui le stalke à coups de soupirs depuis ces dernières semaines : Garviel Loken. Le fâcheux en question étant présumé mort sur Isstvan III, cela règle le problème pour Horus Minus, dont la chirurgie reconstructrice a laissé quelques traces. Mais, comme il le dit lui-même, il n’a pas peur du changement, alors… 

 

1 : Surnommé ainsi à cause de la finesse de ses draps.

 

2 : J’aimerais bien savoir comment la VF s’est dépatouillée de ce petit jeu de mots du père Abnett. Avis aux lecteurs francophones.

 

3 : Coucou, coucou, coucou, hibou, coucou.

 

Avis:

Celtic_cauldron:

Outre le fait que je suis attaché au personnage, je trouve cette nouvelle excellente avec un travail sur la psychologie d'Aximand ainsi que ses doutes et craintes.

Les +:

  • Excellente présentation d'Horus Aximand sur le plan psychologique.
  • Récit bien mené et bien adapté au format employé.
  • Histoire intéressante.
  • Évolutions de la Légion des Sons of Horus.

 

Schattra:

Après avoir mis l’Hérésie sur les rails avec Horus Rising, Dan Abnett reprend les commandes d’une Légion dé-Lokenisée, et désormais en guerre ouverte contre l’Imperium. C’est l’occasion pour lui de donner son heure de gloire à l’un des membres les plus discrets du Mournival, Horus Aximand, qu’on sentait un peu mal à l’aise par la tournure prise par les événements dans Galaxy in Flames, même si cela ne l’avait pas empêché de rabattre le caquet de cette grande gueule de Torgaddon sur Isstvan III. C’est également par ce biais qu’il commence à nous présenter son nouveau projet hérétique, mené d’une main de fer (héhé) par un nouveau-venu du nom de Shendrak Meduson, déterminé à venger la mort de son Primarque en enquiquinant les traîtres sur la route de Terra au maximum de ses capacités.

 

On retrouve donc dans ce Little Horus le mélange d’action frénétique, de rebondissements cinématiques et de réflexions plus posées sur l’état des Sons of Horus après qu’ils aient franchi le Rubicon (avant que ça ne devienne tendance) auquel Abnett nous avait habitué dans son pavé initial. Tout cela est bel et bien bon, et nous donne un précieux éclairage sur cette période de transition des fils d’Horus, à la trahison déjà consommée mais, pour la majorité d’entre eux, encore des Space Marines à peu près fréquentables, croyant sans doute s’être embarqués dans une noble révolution contre un Empereur tyrannique. Les années qui suivront en surprendront donc quelques uns… à commencer par notre protagoniste, déjà travaillé par sa conscience coupable1, et qui devra perdre la face au sens premier du terme pour laisser derrière lui ses allégeances passées. Little Horus est donc une lecture des plus sympathiques, pas indispensable en termes de compréhension de l’Hérésie, mais très intéressante pour ceux qui se passionnent pour les jeux de pouvoirs à l’œuvre au sein des Sons of Horus.

 

1 : Il y a fort à parier que la révélation de l’identité de l’individu venant lui souffler dans les oreilles H24 ait été un moyen pour Abnett de nous prévenir qu’un duel entre Aximand et Loken dans la suite de l’Hérésie était à attendre.  

 

Fluff:

  • Dwell : Planète impériale à la forte culture militaire, comportant des cités fortifiées, des batteries orbitales, une académie navale, et des forces de défense estimées à huit millions de soldats. Dwell fournit 80 régiments loyalistes aux armées impériales pendant la Grande Croisade, et resta fidèle à l’Empereur pendant l’Hérésie, conduisant Horus à conquérir la planète de façon préventive, afin d’éviter qu’elle ne devienne une place forte de Shadrak Meduson et des Légions Brisées.

  • Mournival : Parmi les membres historiques du Mournival, on compte Berabaddon, Syrakul, Janipur, Sejanus et Litus.

     

  • White Scars (Culture) : La pratique du berkutchi, ou decapitation, est une technique de chasse utilisée par les tribus de Chogoris (et reprise par les White Scars pendant leurs campagnes) visant à isoler et tuer le mâle dominant du troupeau, afin de plonger ce dernier dans la confusion. Le berkutchi est traditionnellement pratiqué avec les grands aigles akwilluh.

  • Space Marines : Le phénomène de « peur transhumaine » est la réaction de panique tétanisante qui frappe certains humains lorsqu’ils aperçoient un Space Marine au combat. La taille et la carrure des posthumains ne devraient en effet pas leur permettre de se mouvoir aussi rapidement, contradiction qui peut figer sur place leurs victimes.

 

Unmarked // Sans Repères merci à @Rippounet !

Révélation

Mark of Calth/2014/29 pages
 

 Intrigue:

unmarked.png?w=299&h=428Rippounet:

Du Abnett. Sur Ollanius en plus, cool.

 

Schattra:

Nous avions quitté ce bon vieil Oll Persson dans Know No Fear après qu’il ait pris la porte, ou plutôt le portail Warp, de Calth, escorté par cinq autres survivants rencontrés en chemin. Nous retrouvons notre petite troupe sur un autre monde, où la terre est si ronde, et la lune et si blonde, que ce soir, les trompettistes abondent. Ceci est l’exacte réalité, et le début d’une randonnée d’un genre un peu particulier pour notre bande, qu’il convient de présenter même si la plupart de ses membres ne servent pas à grand-chose : Oll Persson, Perpétuel croyant, ancien pote de John Grammaticus et soldat à la retraite, Zybes, un ouvrier agricole qui travaillait pour lui de temps à autre, Katt, une mystérieuse jeune femme (ahem…*Psyker*) croisée en chemin, Graft, son Serviteur manutentionnaire, et les soldats impériaux Rane et Krank. Grâce à l’athamé récupéré auprès d’un cultiste du Chaos trop prosélyte pour son intérêt, et les cours particuliers pris par Persson au long de son interminable vie, le sextuor est capable de passer de monde en monde, suivant le compas mystique du Perpétuel à la recherche de ce qu’on appellera simplement des carrefours d’espace-temps. Après un arrêt peu sympathique sur la planète des trompettistes, sorte d’autruches-sirènes géantes, qui rappellent à notre héros la foi où il était marin sur l’Argos, et où Orphée lui cassait les oreilles à jouer Wonderwall sur sa lyre pour essayer de choper Médée, Persson trouve le chemin d’un monde un peu particulier.

 

Et pour cause, il s’agit de Terra, ou plutôt de la Terre comme elle était appelée à l’époque, qui se révèle être Mars 1991, en pleine guerre du Golfe, à laquelle Persson a participé également, du côté de Saddam Hussein (Persson n’est parfait, comme on dit). Suspectant l’intervention d’un tiers dans ce tirage, qui permet toutefois aux randonneurs de l’extrême de se requinquer en pillant les réserves de nourriture et d’eau d’un T-62 éventré, Persson aperçoit également le nom de M’kar griffoné sur la carcasse du char. Il semblerait que quelqu’un veuille lui faire passer un message...

 

Révélation

…Et ce quelqu’un, c’est son vieux camarade John Grammaticus, avec lequel il est en froid depuis quelques temps (entre Perpétuels, on ne compte pas). C’est lui qui a mis Persson sur le départ à Calth, et lui qui a guidé son homologue immortel dans son errance, qui a fini par l’amener jusque sur le front de Verdun en pleine 1ère Guerre Mondiale. C’est lui enfin qui le prévient que le M’kar auquel il a fait référence si souvent au cours des dernières heures, de façon un peu subliminale il faut dire, est l’envoyé des Dieux du Chaos en quête de l’athamé dérobé par le très ancien militaire. Un peu troll sur les bords, Grammaticus refuse de dire ce qu’est M’kar, et se contente de conseiller à son comparse de jouer la montre et faire profil bas, le traqueur ayant été mis sur deux missions par ses boss et ne pouvant pas se permettre de passer l’éternité à courser les fugitifs.

 

Bien évidemment, il faudra tout de même qu’une confrontation ait lieu entre les forces en présence, rencontre rendue inévitable par le détraquage soudain du compas de Persson, l’empêchant de quitter le créneau horaire millénaire où il a fini par entraîner sa troupe, et la réalisation que les pouvoirs de Katt agissent comme une balise GPS pour leur poursuivant. Fort heureusement pour cette dernière (et le reste de l’équipe de volley de coach Persson), le M’kar en question, qui se trouve être Maloq Kartho (Calth That Was) démonifié et hodorisé1, préfère embarrasser ses victimes en leur faisant venir à l’esprit leurs pires souvenirs plutôt que…je ne sais pas moi, les réduire en bouillie avec ses pouvoirs surnaturels ? Pour sa défense, la forme démoniaque de M’kar n’avait pas encore été débloquée à ce moment là, la nouvelle prenant place avant (si cela veut dire quelque chose pour une histoire passant du Pliocène au 30ème millénaire d’une page à l’autre) l’apothéose de l’Apôtre Noir sur Calth. C’est d’ailleurs pour recoller les morceaux avec lui-même que l’indicible M’kar fausse compagnie à ses victimes avant d’avoir pu les faire mourir de honte. Pour Persson et sa bande, le voyage vers Terra, où Grammaticus leur a fixé un rencard, ne fait cependant que commencer…

 

1 : Maloq Kartho. Un coup de chance qu’il ne soit pas fait rebaptiser Mo, ça aurait été difficile d’instiller la terreur dans le cœur des mortels avec un blaze pareil.

 

Avis:

Rippounet:

Se lit en 2 minutes ou presque. Bien écrit, intéressant, et potentiellement lourd de conséquences pour la suite, voire pour la perspective sur l'Hérésie (cf Légion).

 

Schattra:

Prenant la suite de son Know No Fear immédiatement après qu’Oll Persson et son petit groupe ait pris la poudre d’escampette, Unmarked permet à Abnett, en plus de faire légèrement avancer l’intrigue d’un personnage amené à joué un rôle dans le dénouement de l’Hérésie1, de se livrer à une réflexion intéressante sur les liens entre le 30ème millénaire et notre propre connaissance de l’histoire, en plus de lui permettre d’utiliser à nouveau « OK » dans ses écrits. À travers la véritable odyssée2 spatio-temporelle à laquelle s’adonnent la vieille personne et ses compagnons de route, l’auteur exploite à fond les possibilités narratives et fluffiques offertes par le Père Paituel qui lui sert de héros, et qui a roulé sa bosse depuis son Irak natal jusqu’à la lointaine Calth, en participant, de près ou de loin, à quelques épisodes majeurs de l’histoire humaine entre les deux. Argonaute, soldat romain sur le mur d’Hadrien, poilu dans les tranchées de Verdun, tankiste pendant la guerre du Golfe… Persson a littéralement vécu mille vies, et on est toujours preneur de sa perspective sur des événements qui nous sont, pour une fois, bien familiers. La GW-Fiction n’a jamais vraiment exploité les possibilités que son positionnement futuriste (en comparaison avec un Star Wars par exemple, qui se déroule dans un espace temps différent) lui ouvre, ce qui est compréhensible mais un peu dommage à mon avis. Abnett corrige un peu le tir ici, en revisitant notre passé plus ou moins lointain sous le prisme de 40K. L’ensemble peut être vu comme un gros clin d’œil en direction des fanboys et fluffistes acharnés, et n’apporte pas grand-chose à la trame de l’Hérésie en tant que tel, mais comme il y a des centaines de livres et nouvelles qui sont positionnés sur ce créneau, cette petite excentricité est la bienvenue.

 

Unmarked répond également à Calth That Was de Graham McNeill, en donnant (enfin) une utilité et, si j’ose dire, un supplement d’âme au personnage de Maloq Kartho, antagoniste principal de la nouvelle en question. Même si cela ne suffit pas pour racheter à mes yeux la copie de McNeill, plus bourrine et premier degré que la soumission de son compère, ces liens permettent au moins de donner davantage de cohérence à une anthologie qui en manquait jusqu’ici. Là encore, c’est trop peu et trop tard en ce qui me concerne, mais je comprends le choix de Laurie Goulding d’avoir terminé Mark of Calth avec cette histoire. Au final, c’est une nouvelle qui démontre pleinement les facilités d’Abnett en termes d’imagination, de mise en scène et de style par rapport à ses petits camarades de la BL, sans qu’il ait eu trop besoin de forcer son talent (j’en veux pour preuve « l’affrontement » « final » entre le chœur gospel du Révérent et révérant Persson et un M’kar en retard à sa propre ascension, qui est assez quelconque en termes d’intensité dramatique). Il a fait mieux ailleurs, mais c’est déjà très bien.

 

1 : Les légendes disent que cette brave âme a demandé à Horus s’il avait la ligma avant que l’Empereur ne l’engage sur le Vengeful Spirit.

 

2 : Je m’attendais qu’Abnett nous révèle que Persson a également participé à la guerre de Troie, et ait soufflé à Ulysse – à moins qu’il ne se soit agi d’un de ses alias – sa fameuse réplique à Polyphème : « Mon nom est Persson ». Ca aurait été fendard.

 

Fluff:

  • Armée Impériale (Régiment nommé) : Le 11ème Mohindas, exterminé jusqu’au dernier homme par les Nephratil sur Diurnus au cours de la sixième année de la Grande Croisade.
  • L’Empereur : Il entretient un cercle de confidents Perpétuels. Oll Persson ne fait pas partie de ce club car l’Empereur n’a jamais apprécié sa foi.

  • Terra (Mythologie) : Les sirènes de la Grèce antique étaient très probablement des démons.

 


David Annandale (1)

Révélation

 

Avec une damnation (‘The Damnation of Pythos//La Damnation de Pythos’) et une ruine (‘Ruinstorm//La Tempête de la Ruine’) en contributions principales à l’Hérésie d’Horus, on peut dire que David Annandale a inscrit son parcours hérétique sous le signe de la tragédie. On laissera le lecteur en décider. Notons également que notre homme a deux novellas, sept nouvelles et quatre audio dramas au compteur pour cette série (à ce jour), ce qui en fait un contributeur conséquent, même si discret, de cette dernière.


The Traveller // Le Voyageur merci à @Rippounet !

Révélation

Mark of Calth/2014/26 pages
 

Intrigue:

Rippounet:

Histoire de science-fiction/40k assez classique.

 

Schattra:

Jassiq Blanchot n’a pas connu des jours faciles. Fonctionnaire peinard dans le fort orbital Veridian Maxim, il a subi de plein fouet, comme tous ses collègues, la trahison des Word Bearers en ouverture de la bataille de Calth. Contrairement à ses collègues, en revanche, Blanchot a survécu à l’incident, et est parvenu à gagner la surface de Calth malgré les chasseurs renégats dégommant les navettes d’évacuation, puis à rejoindre une arcologie avant d’attraper un coup de soleil carabiné. Depuis, et bien que sa vie se résume à creuser un tunnel avec ses camarades pour gagner un peu d’espace vital et rejoindre d’autres cavernes plus spacieuses, tel un Lemming Nazi, il est tenu en haute estime et grande révérence par la Lieutenant Narya Mellisen, qui pense dur comme fer qu’il a été épargné par l’Empereur pour accomplir de grandes choses.

 

Tout pourrait donc aller pour le « pas top mais pas pire non plus » pour Blanchot, s’il n’avait commencé à entendre de sinistres voix par intermittence, tenir des propos à glacer le sang du type « Tuer tuer tuer tueeeeeeer » « Teckel Lily » ou encore « Les produits laitiers sont vos amis pour la vie ». Ayant un temps considéré aller consulter l’unique médecin traitant des rescapés, un vétéran grisonnant du nom de Tal Verlun, capable de soigner n’importe quel problème du moment qu’il faille couper des membres à la tronçonneuse et/ou faire des pansements avec des chiffons, il renonce à se faire expertiser en détail devant la réponse peu empathique du praticien. Grave erreur évidemment, car notre skizophrène en puissance ne tarde pas à sombrer dans les abîmes de l’auto-diagnostic, et prend en grippe l’assistant contrefait de Verlun, Igor Krudge, qu’il se met à considérer comme étant responsable de ses hallucinations auditives par sa simple proximité. Ces dernières allant croissant, tant en fréquence qu’en menace, Blanchot se résout à porter son problème et exposer ses soupçons au Major Devayne, l’autorité compétente locale, qui l’accueille aussi froidement que le Doc’ avant lui. C’est alors que l’inspiration frappe : Blanchot est témoin d’une nouvelle éructation de haine pure de la part des voix dans sa tête, et prédit une catastrophe imminente, qui prendra la forme d’une explosion. Et c’est le jackpot pour le Nostradamus troglodyte, confirmé dans ses prédictions par la détonation des charges et grenades cachés dans la grotte par Verlun, qui aurait dû penser à lui au lieu de panser les autres.

 

Enseveli vivant par un éboulis, Blanchot est excavé de sa prison minérale quelques heures plus tard par Mellisen et d’autres survivants, qui le considèrent comme le porte-bonheur officiel de Calth du fait de cette deuxième survie miraculeuse. Cependant, les voix, elles ne sont pas parties. Bien au contraire...

 

Révélation

…Qu’à cela ne tienne pour notre prophète des tunnels, qui commence par désigner le hideux Krudge, qui a survécu lui aussi, comme cible de la vindicte populaire. L’assistant bancal se fait courser dans les coursives par la foule en colère, mais parvient à échapper à un lynchage sommaire en disparaissant dans le système d’aération de l’arcologie. Son problème de voix n’étant toujours par résolu par l’éloignement de sa némésis, Blanchot prend alors sur lui de se livrer au test de l’ensemble des survivants de la grotte, considérant que les émetteurs d’ondes négatives sont de mèche avec les Word Bearers. Mi-Jeanne d’Arc(ologie), mi-détecteur de métal, Blanchot passe en revue ses compatriotes, désignant les « traîtres » à Mellisen et sa bande de volontaires pour exécution préventive. Au bout d’un assez long moment, l’ayant vu condamner à mort environ 80% de la population locale par cet infaillible mécanisme de tri, le héros de l’Imperium demande une pause syndicale bien méritée, et tombe dans un sommeil réparateur.

 

À son réveil, seulement gardé par la fidèle Mellisen, il a la surprise et la douleur de réaliser que les voix sont de retour, plus ordurières, cryptiques et sanguinaires que jamais. Il comprend donc que c’est son acolyte qui est responsable de ses hallucinations, et lui saute dessus pour mettre fin au problème. Ce qui aurait dû être son dernier move en toute logique, Blanchot n’étant qu’un employé de bureau bedonnant et désarmé, confronté à un soldat entraîné et disposant d’un pistolet laser, débouche sur un corps à corps désespéré, quelque chose ayant épargné au prophète de se manger un tir de laser dans le buffet. Et, lorsque Krudge refait son apparition depuis les canalisations de la pièce pour prêter main forte au Lieutenant, il semble fort que la messe soit dite pour notre héros…

 

Révélation

…Qui peut toutefois compter sur des ressources insoupçonnées (mais pas forcément insoupçonnables) pour se tirer de ce mauvais pas. La voix démoniaque dans sa tête prend le contrôle de son corps, ce qui lui permet de vaincre sans mal ses assaillants. Relégué en mode spectateur, l’esprit de Blanchot comprend alors que sa survie miraculeuse n’a été due qu’à l’intervention du Voyageur, une entité du Warp dont la spécialité est de passer d’hôte en hôte grâce à la communication orale. C’est niche, mais diablement efficace comme vecteur de propagation, vous le reconnaîtrez. Ce même Voyageur qui est entré dans le système de Veridian à bord du Campanile, le vaisseau de pélerins utilisé par les Word Bearers comme boule de bowling spatiale dans le jeu de quilles du parking orbital de Calth (Know No Fear). Blanchot est devenu porteur (plus ou moins) sain lorsqu’il a reçu la dernière communication du Campanile, et a permis au Voyageur de poursuivre sa route jusqu’à la surface de la planète. Désormais tout à fait impotent, notre héros ne peut que constater le massacre des ultimes survivants de l’arcologie par son alias démoniaque, et l’arrivée trois jours plus tard d’une force de secours menée par un Ultramarine… qui a la mauvaise idée d’engager le dialogue avec le babtou fragile jonché sur un tas de cadavres. À tous les voyageurs en direction d’Ultramar, correspondance immédiate en gare de Calth, trois minutes d’arrêt !

 

 

Avis:

Rippounet:

Relativement agréable (peut-être par comparaison avec le reste). Okay.

 

Schattra:

Petite nouvelle d’horreur1 ma foi fort sympathique, et qui le serait à mon humble avis encore plus sous format audio drama (if someone in Nottingham is reading this…), The Traveller2 n’apporte pas grand-chose à la guerre souterraine mais a pour elle une intrigue bien pensée et mise en scène, et un lien fort (même si vraiment très spécifique, et facile à manquer à moins d’avoir lu Know No Fear très récemment) avec le déroulé de la bataille de Calth. Annandale s’est montré très inspiré au moment de l’écriture de ce court-format, que je place facilement parmi ses meilleures productions horrifiques à ce jour. Un cinéphile expert pourrait sans doute décortiquer toutes les influences de l’auteur pour l’écriture de cette nouvelle (pour ma part, je me contenterais d’une référence au Témoin du Mal – le méchant qui parvient à poursuivre sa route incognito sans que le gentil ne puisse rien faire – en conclusion), mais quoi qu’il en soit, c’est une soumission solide que The Traveller, qui souligne une fois encore que les miracles du lointain futur ne sont que très rarement causés par des entités recommendables...

 

1 : Six ans avant le lancement de Warhammer Horror, dont il est devenu l’un des piliers. On comprend mieux pourquoi à présent.

 

2 : J’en veux un peu à Annandale de ne pas avoir nommé son récit ‘The Passenger’, ce qui m’aurait ouvert des perspectives démentielles en termes de références foireuses.

 

Fluff:

  • Word Bearers (Vaisseau nommé) : Les croiseurs Annunciation et Gospel of Steel, qui ont participé à l’assaut sur Calth.

 

 

Gav Thorpe (5)

Révélation

 

Qu’on l’aime, qu’on le déteste, ou qu’on aime le détester, Gav Thorpe est l’un des piliers sur lesquels la Black Library s’est bâtie. Présent dès les héroïques débuts de la maison d’édition, contributeur régulier d’icelle dès l’époque où il était encore un concepteur de jeu pour GW et le punching ball officiel des équipes du White Dwarf dès lors qu’il s’agissait de tester une nouvelle armée dans un rapport de bataille, Gav(w)in a toujours une approche très littéraire de son métier et de sa passion, ce qui l’a mené à être un temps Maître du Savoir pour son employeur, avant d’embrasser la voie de l’écrivain de (fan) fiction à plein temps. Si on se concentre sur son œuvre hérétique, on remarque là encore un investissement des plus conséquents au service la cause, avec pas moins de deux romans (Deliverance Lost et Angels of Caliban), 4 novellas (The Lion, Soulforge, Ravenlord, Weregeld), 11 nouvelles et 8 audio dramas… à ce jour. Et ça, ça se respecte.


Call of the Lion // L’Appel du Lion merci à @la queue en airain, @Kaelis et @ziafab !

Révélation

Tales of Heresy // Chroniques de l'Hérésie/2010/47 pages

Intrigue:
call-of-the-lion-mp3.jpgla queue en airain:
L'histoire ressemble fortement à Wolf at the Door/Dans la Gueule du Loup mentionnée plus bas.


ziafab:
Les Dark Angels Pré-Hérésie. Avec le clivage des Dark Angels Calibanites et Terriens.

 

Schattra:

Notre propos commence par l’arrivée, aussi lente que vigilante, d'une Flotte d’Exploration commandée par Astelan des Dark Angels dans un système solaire quelconque. Car, mine de rien, même une armada de supers vaisseaux remplis jusqu’à la gueule de super soldats a la tête dans le Warp à son retour dans le Materium. Ayant réussi leur insertion dans l’espace réel du système DX-619, les inflexibles croisés se dirigent posément vers le soleil local, où les attend peut-être une civilisation humaine à ramener dans l’ample giron de l’Imperium. Astelan, qui en a vu d’autres, ne se berce pas de grandes illusions quant aux chances de découvrir une planète colonisée si loin du centre galactique, mais il reste de son devoir d’investiguer le moindre indice et signal radio capté par les auspex impériaux. Aussi, lorsque la confirmation tombe enfin qu’une des planètes de DX-619 accueille bien une vie intelligente, c’est l’effervescence parmi les Übermen in Black. C’est également l’occasion pour Astelan d’inviter à bord de sa barge de bataille son homologue Belath, que le haut commandement de la Légion lui a collé dans les pattes il y a seulement deux semaines.

 

À son arrivée, Belath est contraint de briefer son vieux collègue sur les dernières tendances de la mode calibanite, qu’Astelan (qui est Terran) n’a pas suivi d’un œil attentif. Une fois expliqués son héraldique et sa couleur de fond d’écran d’épaulière, certes moins austères que la moyenne, Belath emboîte le pas de son hôte jusqu’au Strategium de la Spear of Truth, où les deux officiers supérieurs doivent mettre de côté leurs approches divergentes – Astelan plaidant pour une approche discrète et conciliante, Belath pour un assaut frontal en bonne et due forme – pour accoucher d’un mode opératoire cohérent. Sur le chemin, Astelan ne résiste pas à la tentation de frimer en montrant à son collègue les portes en bois gravé qu’il a fait installer à l’entrée de la salle de réunion, et qu’il a réalisées de ses propres mains. On s’en fout certes, mais c’est tout de même une information ESSENTIELLE. Après moultes palabres, le vétéran parvient à convaincre le jeunot de monter une opération de reconnaissance furtive, dont le but sera de capturer quelques locaux pour leur extorquer des informations sur leur planète. Cette dernière semble en effet dépourvue d’une autorité centrale, compliquant la tâche des missionnaires de Pépé. Heureusement, le lion sait aussi se faire renard quand l’occasion le nécessite…

 

Révélation

…Mais un renard myope, comme Astelan, qui a tenu à être le premier à prendre pied sur ce nouveau monde, tel un Christophe Colomb à deux cœurs ou un Neil Amstrong en armure énergétique, ne tarde pas à le découvrir. Car la petite ville à côté de laquelle les Astartes se sont posés en mode sneaky1 se révèle être un camp militaire, qui réagit comme tout camp militaire digne de ce nom à cette intrusion : par une attaque massive. Bien que les Space Marines, d’abord surpris par le tour pris par les événements, réussissent sans trop de mal à repousser les assauts des bidasses en furie2, et à retourner en orbite pour réviser leurs plans, cette opération a été un monumental fiasco, qui risque de compliquer fortement la réception du message pacifiste prôné par Astelan. De son côté, Belath piaffe d’impatience à l’idée de conquérir son premier monde, et il faut tous les talents d’orateur d'Astelan, ainsi qu’un bon front contre front pour asseoir sa domination, pour give peace (another) chance, comme le chantaient les Nonnes Jaunes (le groupe préféré de Lionel). Bien que Belath accepte une nouvelle fois l’approche non-violente (en tous cas, pas intentionnellement) de son collègue, le courant est rompu entre les deux hommes, le Calibanite menaçant ouvertement le Terran d’aller le cafter auprès du Primarque.

 

Après quelques jours passés à organiser une entrevue entre les impériaux et le Comité des Nations de Byzanthis (les Dark Angels auront au moins appris quelque chose pendant leur séjour), Astelan et Belath reçoivent enfin l’autorisation de se rendre, seuls et sans armes, devant l’auguste assemblée pour plaider leur cause. Si le premier tente de faire amende honorable pour convaincre ses interlocuteurs de la méprise ayant conduit la Légion Etrangère à massacrer quelques milliers de soldats locaux, et de présenter l’Imperium de l’Humanité sous un jour attrayant, Belath n’appuie pas vraiment les efforts de son coéquipier. Pire, il devient rapidement clair qu’il a ordonné à ses propres vaisseaux de se placer en orbite basse au dessus des grandes villes de Byzanthis, ce qui a déclenché une paranoïa bien compréhensible de la part des délégués. Et lorsque l’une d’entre elles appelle le service d’ordre pour emprisonner les Dark Angels afin de pouvoir négocier leur libération avec les Impériaux, Belath se fait une joie d’inviter ses potes Terminators, avec des conséquences tragiques pour le Comité. Pris de court par les événements, Astelan ne peut qu’ordonner à ses troupes d’assister celles de Belath dans la mise en conformité de Byzanthis, de la façon la plus sanglante qui soit. Ce n’est cependant pas la fin des emmerdes pour notre héros, à qui son homologue révèle en conclusion de la nouvelle qu’il l’a balancé à l’IGPN de la Légion, et peut donc s’attendre à une enquête approfondie sur son cas dans les mois qui viennent. Ah, les tensions dans les familles recomposées…

 

1 : Tellement sneaky que la première chose qu’ils ont fait a été d’envoyer des jet bikes et des Land Speeders vrombir aux alentours. C’est un peu comme vouloir aller observer la nature en 125.

 

2 : La bataille se terminera sur le score sans appel de 2780 morts à 3.

 

Avis:
la queue en airain:
C'est du Thorpe, c'est basique, haché, peu crédible et les personnages sont stupides et basiques. Remarquez, entre ça et le Descent of Angel, on comprend pourquoi la légion s'est divisée : avec un patron aussi con que le Lion, ça devait être dur de suivre, même pour des militaires.


Kaelis:
Le souci, c'est que juste après l'histoire des Space Wolves (Wolf in the Fold/Dans la Gueule du Loup - Mike Lee) et des Word Bearers (Scions of the Storm/Les Descendants de la Tempête - Anthony Reynolds), ben ça fait un peu redite: on arrive, on essaie de négocier, on massacre tout le monde et on se casse. Le seul aspect nouveau, c'est le combat Calabanite/Terran qui fait poindre en mon esprit un amusement: au vu de comment le Lion est une bouse en diplomatie, ce sont les Terrans qui formeront les Loyalistes et les Calabanites les Chaotiques, donc il va devoir taper sur ces potes avec des "étrangers"?

Du coup, ça m'a donné envie de lire le second tome qui leur est consacré, surtout qu'après La Descente des Anges, j'étais resté sur ma faim...


ziafab:
L'histoire est très (trop) semblable à la nouvelle de Mike Lee (Wolf in the Fold/Dans la Gueule du Loup).

 

Schattra:
Construit autour d’une idée intéressante, même si pas vraiment originale1, Call of the Lion réussit à être par moment très bien fichu (l’approche de la flotte, qui permet à Thorpe de rappeler à tout le monde que les manœuvres hyper véloces à la Star Wars n’ont pas lieu d’être dans les ténèbres de notre lointain futur) et pertinent (la confrontation des points de vue entre les deux Commandants, qui souligne une des causes ayant pu mener à la scission des Dark Angels pendant l’Hérésie, et illustre les difficultés pour les Légions Space Marines de former un tout cohérent après la découverte de leur Primarque et l’intégration de « ses » guerriers), et assez quelconque le reste du temps (la bataille de Saivrémenpadbôl, qui occupe un bon tiers du récit). À trop vouloir intégrer le propos de cette nouvelle dans son arc Dark Angels (Astelan étant l’un des personnages principaux d’Angels of Darkness, publié trois ans plus tôt par la BL), et notamment sa rivalité avec Belath, Thorpe affaiblit la fin de son histoire, qui semble se terminer sur un cliffhanger plutôt que sur une ouverture – ce que Lee avait réussit à faire dans Wolf at the Door. Cela étant, l’ensemble reste assez solide, en particulier quand on le compare au standard habituel de Thorpe, qui démontre une fois encore qu’il est le maître de la contextualisation des voyages et manœuvres spatiaux, un talent malheureusement assez peu répandu parmi les contributeurs de la Black Library. Notons pour finir que le titre de la nouvelle est passablement trompeur, Lionel n’apparaissant nulle part dans l’intrigue, ni ne décrochant son téléphone pour passer un coup de fil aux héros. Peut-être est-ce cette balance de Belath qui a réussi à joindre le Primarque pour cafarder sur son camarade, mais dans ce cas là, il aurait été plus juste de parler de l’Appel au Lion (poil au croupion).

 

1 : Mike Lee ayant eu la même pour son Wolf at the Door, qui malheureusement pour Gav, précède sa nouvelle dans Tales of Heresy.


Fluff:

  • Dark Angels : La découverte de Caliban a mené au renforcement de la Légion de 20.000 hommes en l’espace de quelques années. Le Lion a permis aux Dark Angels de Caliban de porter le vert (hommage aux forêts de la planète) sur leur armure.
  • Dark Angels (Vaisseaux nommés) : Le Spear of Truth, vaisseau amiral de la flotte d’expédition menée par Astelan.
  • Glandes progénoïdes : Elles sont retirées à maturité lorsque c’est possible.

 

• The Face of Treachery  // Le Visage de la Trahison merci @Celtic_cauldron !

Révélation

Age of Darkness // L'Âge des Ténèbres/2011/19 pages

 

Intrigue:

the-face-of-treachery.png?w=300&h=457Celtic_cauldron:

Le récit de la mission de secours qui a procédé à l'extraction de Corax.

 

Schattra:

C'est l’heure de l’after dans le système d’Isstvan. Après avoir massacré tous les loyalistes leur étant tombés sous le gantelet sur Isstvan V, les fidèles d’Horus s’appliquent à passer la serpillière dans les moindres recoins, débusquant ça et là quelques Raven Guards déplumés, Iron Hands rouillés, ou, dans le cas de notre héros, le Lieutenant-Commandant Nigh Vash Delerax des World Eaters, des Salamanders carbonisés. Ayant raté le fun du site d’atterrissage, Delerax se rattrape comme il peut en passant les abords du système au peigne (ou, dans notre cas, au croiseur) fin, à la recherche des rares survivants de l’hécatombe. Une tâche ingrate mais nécessaire, compliquée par la présence à bord de sa Barge de Bataille d’un inspecteur du travail de l’Alpha Legion, chargé de contrôler la bonne conduite des opérations. En bon World Eater, Delerax a toutefois beaucoup de mal avec l’autorité, la contrariété, ou même la physique appliquée1, et fait comprendre à son bras droit, le plus diplomate Kordassis, que le plénipotentiaire horusien n’a pas intérêt à lui baver longtemps sur les rouleaux s’il ne veut pas finir avec son code de conduite dans le fondement. Le farouche guerrier est toutefois rappelé en orbite d’Isstvan V (après qu’il ait fini de tester ses torpilles Warp sur le vaisseau Salamander ayant eu la malchance de croiser sa route, paskifôpadékoné, non plus) par une communication pressante de son Primarque, qui, entre deux footings dans les montagnes à la recherche de Corax et de ses survivants, enregistre un podcast encore plus furibard que celui d’Alex Jones2, où il passe le plus clair de son temps à se chauffer tout seul et à insulter son couard de frère.

 

Plus loin, mais pas trop, c’est une autre flotte, celle menée par le Commandant Branne de la Raven Guard et le Praefactor Marcus Valerius de l’Armée Impériale, qui s’approche des lieux du carnage. Les funestes et aviaires visions reçues par le second ont fini par convaincre le premier d’aller jeter un œil dans le système d’Isstvan, où Corax a emmené le gros de sa Légion pour clouer le bec d’Horus et de ses groupies, sans savoir qu’il volait tout droit dans un piège3. Alors que le Space Marine ne se départit pas de sa prudence et furtivité naturelle, son comparse semble avoir sombré dans une profonde dépression, doublée de tendances stupidement suicidaires. Du genre à envoyer des messages radio au premier vaisseau Iron Hands qui passe à proximité pour prendre des nouvelles, en priant très fort pour que ce dernier ne soit pas hostile, ou qu’un vaisseau ennemi ne surprenne pas la communication. Les preuves suggérant que la flotte loyaliste a été détruite s’accumulant au fur et à mesure que les secouristes s’approchent du soleil local, le circonspect Branne est sur le point de chuchoter la retraite lorsqu’il capte le dernier épisode d’InfoWars, par lequel il apprend de la bouche éructante de haine d’Angron que Corax est toujours en vie, et fait du camping sauvage sur Isstvan V. Il n’en faut pas plus pour pousser le Commandant à mettre le cap sur la planète, utilisant les vaisseaux de Valerius pour faire distraction tandis que les siens, protégés par leur VPN surpuissant, se faufileront jusqu’à l’orbite.

 

Cette savante manœuvre manque toutefois d’échouer lorsque Delerax (et surtout sa Barge de Bataille) se présente à l’improviste, prêt à caillasser du corbeau après avoir écorché de la salamandre. Malgré les ordres transmis par le haut commandement félon de prioriser la destruction des leurres canards corbeaux au bombardement des positions occupées par l’insaisissable Corax, le World Eater se montre déterminé à seconder son pôpa, ce qui provoque des remontrances assez sèches de la part de son superviseur. Voyant que les mots ne suffiront pas à faire entendre raison à ce chien fou de Delerax, ce dernier finit par se rendre sur le pont de commandement pour glisser lui-même quelques glaçons dans le slip énergétique du capitaine. Delerax, trop heureux d’avoir une occasion « d’accidenter » son garde-chiourme, fait signe à Kordassis d’enlever par mégarde la sécurité de son pistolet bolter...

 

Révélation

…Et se retrouve donc fort étonné lorsque son second lui colle son flingue sur la tempe. Car si l’Alpha Légionnaire était Alpharius, Kordassis l’était aussi (c’est un fan club puissant), ce qui fait de Delerax le maillon faible. Un petit bolt dans la tête plus tard, tout est bien qui finit bien pour la flotte de secours de la Raven Guard, qui peut récupérer ce qu’il reste de sa volée sans être molestée par les renégats. Ça tombe bien, c’était exactement ce qu’ils voulaient aussi…

 

1 En témoigne ce passage où il engueule son équipage parce que ce dernier n’a pas jugé bon de mettre les réacteurs en surchauffe pour arriver plus vite à destination

 

2 : Dont il a sans doute piqué le nom, d’ailleurs.

 

3 : Je me fais rigoler tout seul en imaginant Horus lancer des bouts de pain derrière une vitre et Corax s’écraser dessus comme une bouse parce qu’il ne voit pas le verre, en bon oiseau.

 

Avis:

Celtic_cauldron:

Bon, c'est du Thorpe, donc l'écriture n'est pas exceptionnelle mais ça reste lisible voire agréable. En revanche, le sujet ne se prête pas du tout au format de la nouvelle, bien trop court. On reste donc un peu sur sa faim, en attendant Deliverance Lost.

 

Schattra:

Si The Face of Treachery est la première nouvelle publiée par Gav Thorpe pour le compte de la Raven Guard, dont il deviendra par la suite le principal Commémorateur, il apparaît rapidement à la lecture de ce texte qu’il prend la suite d’un arc narratif déjà initié, comme le manque d’introduction des personnages de Marcus Valerius et de Branne, qui sont pourtant au coeur du récit, le laisse apparaître. Et pour cause, avant The Face of Treachery, il y eut Raven’s Flight, un audio drama sorti en 2010, dans lequel est relaté le début de la quête mystique de Valerius vers Isstvan, à la suite d’un rêve l’avertissant du funeste destin des loyalistes. Comme la BL ne jugea bon de publier Raven’s Flight sous forme écrite que dans Shadows of Treachery, autre anthologie de nouvelles de l’Hérésie sortie en 2012, nous nous retrouvons donc avec une histoire racontée à l’envers dans les bouquins, ce qui est légèrement gênant pour la compréhension et l’appréciation de l’oeuvre.

 

Ce point technique évacué, on peut alors se pencher sur la nouvelle en question, et rapidement conclure qu’il s’agit d’un honnête filler, assurant la transition entre les nuits agitées de Valerius (Raven’s Flight) et celles de son bien-aimé Primarque (Deliverance Lost). Le principal intérêt de cette soumission, dont l’absence de suspense (évidemment que les derniers Raven Guards vont être secourus) ne peut pas vraiment être reprochée à son auteur, vue la « fonction » narrative de ce texte, réside dans l’intervention de l’Alpha Legion dans le sauvetage des corbeaux déplumés de Corax. Savoir que la plus retorse des Légions renégates est intervenue pour éviter l’extinction de la galinette cendrée sur Isstvan constitue un bel ajout au fluff classique de l’Hérésie, et fait office de bon teaser pour le roman suivant de Thorpe. C’est à peu près tout ce que je retiens de The Face of Treachery, dont les protagonistes apparaissent sinon comme des archétypes caricaturaux de leurs Légions, avec Delerax dans le rôle du gros rageux World Eaters, qui ne peut s’empêcher de casser des trucs dès qu’il s’énerve (heureusement qu’ADB est intervenu, tout de même), Branne en maître infiltrateur super sneaky, et ces fourbes d’Alpharius, toujours fidèles à eux-mêmes…

Fluff:

  • Flotte impériale (Arsenal) : Les torpilles Warp sont des charges plasma équipées d’un engin Warp leur permettant d’alterner entre Materium et Immaterium, rendant leur trajectoire difficile à prédire et esquiver. Chaque torpille contient 400 têtes nucléaires de 5 mégatonnes, qui sont dispersées à proximité de leur cible afin de maximiser les dégâts infligés.
  • Space Marines (Vaisseaux nommés) : Les Barges de Bataille World Eaters Dedicated Wrath et Raven Guard Avenger, le Glory of Victory des Iron Hands.
  • World Eaters (Organisation) : Le rouge de l’armure est un hommage au culte guerrier mis en place par Angron.


Raven's Flight merci @Celtic_cauldron !

Révélation

Shadows of Treachery/2014/40 pages

Cette nouvelle-ci est la transcription sur papier de l'audio-drama du même nom. Reste à savoir si ce changement de portage concernera tous les autres récits couchés sur support audio...

Intrigue:
ea-ravens-flight.jpgDeux histoires en parallèle qui précèdent les événements de Deliverance Lost. D'une part, on retrouve le Praefector Valerius qui décide de s'embarquer pour Istvaan car il ressent, via ses rêves, le drame du Massacre du Site d'Atterrissage et l'appel de Corax. D'autre part, on voit le même Corax après le massacre, menant ses 4000 survivants dans une lutte pour la survie.

 

Avis:
Cela me fait toujours bizarre de l'écrire, mais l'ami Gav améliore son écriture: il y a une vraie différence entre ses premiers écrits (dignes d'un mauvais codex V3) et les plus récents. L'histoire est intéressante surtout dans la mesure où on se retrouve sur Istvaan V après les combats principaux. Cette bataille a, jusqu'à présent été plutôt sous-traitée par la BL, sans parler de sa suite, à savoir le nettoyage.

Fluff:
Rien à redire, la cohérence avec ce qui est connu est là.


The Lion

Révélation

Hammer & Bolter #17-18-19/2012/79 pages

 

The-Lion.jpgÀ la suite de la première (et peu concluante) tentative des éditeurs de Hammer & Bolter d’aborder le format de la longue nouvelle (une cinquantaine de pages au lieu de la vingtaine constituant le mètre étalon de la maison) via la soumission par Andy Smillie de son assez quelconque Beneath the Flesh (Hammer & Bolter #15/16), c’est au tour du Gav de se frotter à la novella, cet entre-deux indéfinissable entre la nouvelle et le roman. Et avant même de débuter la lecture de ce The Lion, force était de constater que Thorpe abordait l’obstacle dans des conditions bien plus favorables que son prédécesseur, tant au niveau de l’expérience (plus de 20 ans de maison) que du sujet (Lion El’Jonson, sa vie, son œuvre) et de l’univers (l’Hérésie d’Horus). Cela étant dit, la tendance de Gavin à se contenter du strict minimum en matière de storytelling incitait également à la circonspection, et c’est ainsi que j’abordais cette première partie sans a priori d’aucune sorte.

 

Intrigue:

Part I

Révélation

Prenant la suite de l’affrontement entre les deux self-made Primarques sur Tsagualsa (épisode narré dans le Savage Weapons d’ADB), dans le cadre de l’affrontement larvé entre Dark Angels et Night Lords, Thorpe centre logiquement son propos sur la Première Légion et sur Lion El’Jonson, tout à la fois frustré par l’impossibilité de mettre un terme à la croisade de Thramas et de se porter au secours de Terra, et travaillé par la déclaration du Night Haunter à propos de la loyauté vacillante des Dark Angels restés sur Caliban.

 

La réception d’une demande d’assistance émise par la garnison d’un complexe isolé de l’Adeptus Mechanicum (eh oui, encore un !) localisé dans le système de Perditus vient tirer le Lion de la bouderie contemplative dans laquelle il s’était plongé depuis la tentative de strangulation dont il avait fait les frais de la part de ce coquin de Kurze. Ni une ni deux, Jonson décide de se rendre sur place à la tête d’un contingent d’une taille plus que respectable (30.000 légionnaires tout de même), afin de s’assurer que le secret détenu sur Perditus ne tombe pas entre de mauvaises mains, Iron Warriors, Iron Hands et Death Guard ayant été repérés en train de rôder dans les environs.

 

Le gros de la première partie de The Lion décrit donc le voyage de l’Invincible Reason et de son escorte vers le système de Perditus, odyssée pimentée par la prise en filature du vaisseau amiral des Dark Angels par un mystérieux poursuivant, phénomène normalement impossible du fait de la nature particulière du Warp. Soucieux de préserver la confidentialité de son arrivée, Lionel parvient à attirer son poisson pilote dans l’univers réel pour une petite explication de texte, qui se solde au final par l’invasion de l’Invincible Reason par une flopée de démons pas vraiment concernés par les désirs d’intimité des DA. Too bad. Le rideau retombe au moment où Jonsy (à ne pas confondre avec Jónsi, bien que les deux partagent la même coquetterie à l’œil droit) s’apprête à aller coller quelques baffes aux séides des Dieux Sombres afin de leur apprendre à respecter la propriété d’autrui. Non mais.

 

Part II

Révélation

Retour sur le pont de l’Invincible Reason, victime d’une tentative de squat (aucun rapport avec les nains-génieurs bouffés par les ‘nides dans le fluff) en bonne et due forme par une cohorte démoniaque, suite à un bitch move effectué par des Night Lords ne supportant visiblement pas de perdre à cache cache. Réalisant que ses sous-fifres sont incapables d’expulser les indésirables sans un petit coup de main de sa part, Lionel part s’équiper dans ses quartiers pendant que son fidèle Corswain réorganise la riposte des Anges (dit comme ça, on dirait un teaser pour une émission de la TNT). Malgré l’urgence de la situation, le Primarque réfléchit longuement aux options s’offrant à lui1 en matière de stuff (le bougre a une pièce entière remplie d’armes de corps à corps), et finit par opter pour une paire d’épées bâtardes, choix certes kikoolol dans l’absolu mais assez dévastateur dans la pratique, comme on le verra plus tard.

 

À la tête de ses légionnaires, Lionel s’enfonce donc dans les entrailles de son vaisseau en direction du réacteur Warp, qu’il sait être la cible principale des vils résidents de l’Immaterium ! Les premiers mobs ayant le malheur de spawner sur son chemin sont rapidement réduits à l’état de protoplasme, pour un gain d’expérience assez minime pour notre héros, tant la différence de niveau est criante. Bien décidé à rattraper son retard sur Sanguinius et Fulgrim, qui eux ont passé le niveau 105, le Lion enclenche la vitesse supérieure et initie un raid de la base adverse… en solo. Dommage pour les PNJ qui constituaient son « escorte », et doivent maintenant se débrouiller tout seuls contre des ennemis dont ils ne soupçonnaient même pas l’existence une heure plus tôt. Big brother is not watching you any longer, suckers.

 

De leur côté, Corswain et sa garde rapprochée finissent par pénétrer dans la salle du réacteur, où les attend un Duc du Changement bicéphale (qui n’est pas Kairos, sauf erreur de ma part) qui insiste lourdement pour avoir une discussion avec le shift manager. Son sénéchal ayant perdu une guerre mentale contre Super Poulet et se trouvant par conséquent sous la domination de ce dernier, Lionel n’a d’autre choix que de la jouer fine et échange donc quelques banalités avec sa Nemesis avant de profiter de la nuque roide de ce dernier pour lui tomber sur le râble gésier et lui faire avaler son bâton. L’Angry Bird Alpha ayant été mis hors d’état de nuire, les autres démons sont rapidement bannis par l’équipage de l’Invincible Reason, qui peut alors reprendre sa route vers le système de Perditus et rallie bon port sans plus d’incidents.

 

La deuxième partie de cette deuxième partie met sur le devant de la scène les forces en présence à la surface de la planète, en particulier les Iron Hands du capitain Lasko Midoa et la Death Guard de ce bon vieux Calas Typhon. L’arrivée en orbite de la flotte des Dark Angels venant mettre fin au statu quo atteint par les belligérants depuis plusieurs jours, les poings nickelés saisissent l’occasion se présentant à eux pour attaquer les positions des prouteux. On ne peut plus suspicieux, le Lion décide toutefois d’envoyer un ultimatum indiscriminé par le biais de ses Archivistes2 aux factions présentes sur Perditus, que l’on peut résumer en cinq mots : « Cassez-vous de ma planète ». Et si les Iron Hands trouvent plus prudents d’obtempérer, Typhon ne l’entend pas de cette oreille et profite du désarroi de ses adversaires pour monter une contre-attaque. L’épisode se termine avec un Lionel passablement énervé de voir son autorité bafouée par ses neveux, et tout près d’envoyer quelques mégatonnes de glaçons sur la station de recherche afin que tout le monde puisse en mettre dans son slip. Zut à la fin.

 

1 : On me signale dans l’oreillette que cet épisode de la geste d’El’Jonson est entré dans la postérité au point de se retrouver dans une comptine bien connue des bambins de l’Imperium quelques dix mille ans plus tard :

Promenons-nous dans le vaisseau

Pendant que le Lion s’fait beau

Si le Lion y était

Il nous défoncerait

Mais comme il n’y est pas

Il nous butera pas

Lion y es-tu ? Que fais-tu ? M’entends-tu ?

Lionel : Je mets mon armure d’artificier

(au refrain)

Lionel : Je ceins ma pelisse en peau de panthère de Caliban

(au refrain)

Lionel : Ah merde, j’ai oublié de mettre mes chaussettes, du coup il faut que j’enl-

(au refrain)

Lionel : C’est bon, je suis prêt ! Maintenant, il faut que je choisisse une arme.

(au refrain)

Lionel : Hmmm…

(au refrain)

Lionel : J’hésite.

(au refrain)

Lionel : …

(87 refrains plus tard)

Lionel : Ok pour la paire d’épées longues. ME VOILAAAAAAA !!!

 

2 : On notera au passage que Lionel n’a pas suspendu l’Edit de Nikea de manière temporaire, comme on aurait pu s’y attendre de la part d’un fiston loyaliste. Il aurait été logique que le commandement de Pépé redevienne loi une fois l’Invincible Reason débarassé de ses parasites démoniaques, l’utilité de psykers de bataille une fois cette crise surmontée n’étant plus que marginale. Reste que le Primarque de la première Légion avait visiblement un autre avis sur la question.

 

Part III

Révélation

Grand final du plus long format jamais publié dans un numéro de Hammer & Bolter (romans feuilletons mis à part), le troisième acte de The Lion débute par la proclamation d’un fragile cessez le feu entre les belligérants de Perditus, la mauvaise volonté manifeste exprimée par Typhon ne faisant au final pas le poids face aux méthodes de négociations musclées d’El’Jonson1. Ce dernier arrive (finalement) à la surface de la planète aussi sapé qu’un maquereau de GTA, et pénètre dans la station de l’Adeptus Mechanicus, où l’attend Tuchulcha, boule à facette géante et accessoirement intelligence artificielle ayant asservi le système de Perditus jusqu’à ce qu’il soit libéré par l’effort combiné des Dark Angels et de la Death Guard. Epargné après sa défaite à fins d’études par le Mechanicum, Tu-pues-le-chat est le prix tant convoité par Typhon et Midoa, chaque camp cherchant à priver l’autre de la possession d’une machine au potentiel aussi extraordinaire que son humeur est taquine (du genre à envoyer des vaisseaux dans le Warp sans prévenir – ce qui n’est pas sympa – ni enclencher leurs champs de Geller – ce qui n’est franchement pas sympa –).

 

Au début pas franchement emballé par le tour qu’ont pris les expérimentations des prêtres rouges depuis son départ de Perditus, puis carrément effrayé par la puissance de HAL 30.000, Lionel décide de finir ce qu’il avait commencé il y avait des années et de détruire Tuchulcha… en apparence. Il annonce donc aux capitaines des autres Légions que la station de recherche de Perditus va être oblitérée afin que nul ne puisse être tenté d’utiliser le Tuch’ à des fins malavisées. Peu satisfait par cette décision, Typhon profite de la clémence du Lion à son égard pour se téléporter au cœur du complexe du Mechanicum2 afin de convaincre Tuchulcha de repartir avec lui sur le Terminus Est. Confiant dans sa survie (d’ailleurs il n’était même pas sûr qu’un Exterminatus soit capable de venir à bout de cet engin démoniaque – sans doute conçu par Nokia à la base –), ce dernier renvoie gentiment les Death Guards à leurs chères études et sur leur vaisseau, juste au moment où un Lionel vraiment furax de constater qu’absolument tout le monde le prend pour un con(combre) arrive à son tour dans la station et commence à botter des derches de Prouteux (résultat des courses : une paire de pompes en croco de Caliban3 bousillée).

 

La nouvelle se termine avec un Lion El’Jonson ruminant de bien sombres pensées, seul dans sa salle du trône (NDR : non, il n’est pas aux chiottes). Ayant au final récupéré Tuchulcha, qu’il compte utiliser pour mettre fin à la Croisade de Thramas une bonne fois pour toutes, il médite sur les derniers développements de la rébellion d’Horus et sur le comportement plus que suspect de Roboute Guilliman (qu’il ne semble d’ailleurs pas vraiment porter dans son cœur4) avec un de ses Jawas de compagnie (qui lui confirme ce que Cruze lui avait susurré à l’oreille sur Tsagualsa : les Dark Angels restés sur Caliban sont sur le point de faire sécession). Il en profite également pour exposer ce qui sera son grand dessein pendant l’Hérésie : s’assurer qu’aucune Légion, loyale ou non, ne sorte du conflit assez puissante pour pouvoir menacer le règne de Pépé. Une ligne de conduite plus que borderline, en cohérence avec les agendas secrets développés par la plupart des Primarques au cours du conflit (j’écris la plupart car je ne pense pas qu’Angron goûte aux plaisirs de la realpolitik), dont l’exposition permet de conclure The Lion de fort belle manière.

 

1 : Lionel : Bon je te préviens coco, si tu ne fais pas exactement ce que je t’ai dit de faire, ça va très mal se passer pour toi. Je compte jusqu’à trois.

Typhon: Whatever, bitch.

Lionel: Un.

Typhon: Parle à ma fau-

- BOOOOOOOOOM -

Typhon : Oh, c’était quoi ça? Tu avais dit que tu comptais jusqu’à trois !

Lionel : Oui, et je balance une torpille cyclonique pour marquer le décompte. Deu-

Typhon : Okokokok, tu l’as ton armistice espèce de grand malade.

Lionel : Tu vois quand tu veux. On se retrouve en bas, bises.

 

2 : On se demande pourquoi la Death Guard n’a pas commencé par ça au lieu d’assiéger la station de manière conventionnelle.

 

: Ce jeu de mots vous a été gracieusement offert par Privateer Press.

 

4 : Il le considère au mieux comme un imbécile heureux et au pire comme un ignoble traître, le projet du grand Schtroumpf de commencer un Imperium 2.0 ne plaisant pas du tout à un Lionel se voyant en parangon de loyauté à son Pôpa. C’est assez savoureux de la part d’un Primarque qui a révoqué l’Edit de Nikea sans états d’âme et a décapité à mains nues un de ses Chapelains qui lui rappelait que ce faisant, il défiait ouvertement la volonté de l’Empereur.

 

Avis:
Part I

Révélation

Malgré quelques longueurs dans son déroulement, The Lion s’est révélée être une lecture assez agréable, même si Gav ne parvient pas à rendre une copie du même niveau que Dembski Bowden, dont les nouvelles Savage Weapons et Prince of Crows restent à mes yeux les deux must read pour tous les amateurs de l’Horésie d’Hérus (j’invertis des lettres si je veux). On peut d’ailleurs tout à fait considérer que la soumission de Thorpe comme un side event de la croisade de Thramas, El’Jonson prenant un break bien mérité après trois années de cache-cache avec les Night Lords pour accomplir une quête annexe, sans que la VIIIème Légion n’intervienne de manière significative dans l’intrigue.

 

En choisissant de faire d’un Primarque le personnage principal de son propos (même si le Sénéchal Corswain tente également d’exister aux côtés de son père génétique), Gawin prenait le risque de ne pas rendre justice à cette figure surhumaine, trop souvent décrite comme un simple super Space Marine dans les œuvres romancées de la Black Library. Je dois reconnaître qu’il s’en est plutôt bien tiré, en grande partie grâce à la description en clair-obscur qu’il fait de son héros, dont les motivations comme l’allégeance finissent par apparaître bien plus floues que ce que son image de loyaliste radical laissait à penser. Méfiant jusqu’à la paranoïa, faisant preuve d’un goût prononcé pour l’isolation (certains diront pour la bouderie), ne supportant pas la contestation de la part de ses subalternes (au point de décapiter à main nue un Chapelain ayant refusé de révoquer l’édit de Nikea), et éprouvant un indéniable, même si coupable, plaisir à imposer son point de vue par la force, le Lion de Thorpe n’est pas le parfait chevalier décrit par la propagande impériale, ce qui rajoute une profondeur intéressante à un personnage autrement ennuyeux de surpuissance. En complément, et comme souvent dans les publications relatives à l’Hérésie d’Horus, les détails de fluff (d’un intérêt plus ou moins grand) abondent, ce qui justifie amplement la lecture de cette nouvelle par tous les fans des Dark Angels.

 

Si l’utilisation de Lion El’Jonson comme protagoniste est donc assez réussie, les autres personnages de Thorpe, à commencer par Corswain, aka le Loken de la Première Légion (il en faut bien un), se révèlent malheureusement bien fades, tout comme la plupart des péripéties mises en scène au cours de cette première partie. Jamais avare en matière d’affrontement entre vaisseaux spatiaux, le Gav sert une nouvelle fois la soupe en consacrant une part non négligeable de sa nouvelle à la description de la « poursuite » entre l’Invincible Reason et son admirateur secret, à la fois dans, hors et entre (je me comprends) le Warp. Comme le bonhomme maîtrise son sujet, la pilule passe sans douleur, mais sans plaisir non plus. En fin de course, les points positifs l’emportent tout de même sur les points négatifs.


Part II

Révélation

Chapitre de transition entre deux arcs narratifs distincts, ce deuxième volet de The Lion ne diffère pas vraiment du premier d’un point de vue qualitatif, même si les nombreux passages d’action laissent logiquement moins de place à Thorpe pour continuer sa description du Primarque (ce que je trouvais être l’aspect le plus intéressant de cette nouvelle), bien qu’il réussisse tout de même à compléter le tableau, décidément ambigu, du caractère de Lion El’Jonson en mettant à profit les quelques passages plus posés de l'épisode.

 

À titre personnel, j’ai trouvé la baston de l’Invincible Reason assez dommageable du point de vue du character development mis en place par Gav depuis le début de la nouvelle, Jonson apparaissant certes à cette occasion comme un guerrier insurpassable (et suffisant), mais également (et surtout) comme un stratège très limité et un meneur d’hommes abominable. De la part du frère ennemi de Leman Russ, je m’attendais à une approche moins rentre dedans de la chose militaire, même s’il est somme toute assez logique qu’un Primarque aussi renfermé et méfiant que Lionel choisisse d’agir comme la one man army qu’il est en définitive, sans prendre le temps de coordonner ses actions avec ses alliés.

 

La partie consacrée à l’affrontement entre Iron Hands et Death Guard est quant à elle tout à fait lisible, même si, détails fluff mis à part, il n’a pas grand-chose à tirer de cette n-ième empoignade SM. L’inclusion de Typhon au casting de The Lion est toutefois une vraie bonne nouvelle, l’iconique premier capitaine DG promettant d’être, en l’absence d’un Primarque renégat, une Nemesis convenable à Lionel lors du dernier volet de ce triptyque hérétique.

 

Part III

Révélation

Bénéficiant grandement des révélations fluffiques amenées dans les dernières pages du récit, ce troisième volet n’est pas moins exempt de défauts, dont le premier est à mes yeux le traitement subi par Typhon sous la plume de Thorpe. Dépeint comme un demeuré fini en matière stratégique (toutes ses décisions intelligentes lui sont en fait soufflées par un sous-fifre) et comme une grande gueule prompt à insulter un Primarque, tout en sachant pertinemment que cela risque de se retourner contre lui et ses hommes1 (il doit faire des Périscopes, c’est pas possible autrement), le premier Capitaine de la Death Guard ne sort pas grandi cette nouvelle. À l’inverse, Lionel regagne en profondeur ce qu’il avait perdu pendant le 2ème épisode, son positionnement toujours plus ambigu par rapport aux forces en présence de l’Hérésie s’inscrivant fort bien dans le background, historiquement et canoniquement trouble, des Dark Angels en ces heures décisives. En auteur vétéran, Thorpe prend de plus bien soin de donner aux fanboys ce qu’ils veulent, c’est-à-dire des révélations fluffiques ayant une véritable portée sur le développement de l’Herésie d’Horus. Même si on n’est pas au niveau du twist final de Legion, c’est toujours sympa de voir des personnages importants se « griser » au fil des pages, et force est de reconnaître que Gav a fait honorablement le job de ce point de vue-là.

 

Autre source d’insatisfaction, les quelques failles de cohérence relevées en cours de route, la plupart découlant directement d’une utilisation trop bornée des pouvoirs de téléportation dont bénéficient les protagonistes de l’histoire, et qui auraient dû selon toute logique empêcher l’apparition du statu quo mis en scène par Thorpe sur Perditus (seul moyen pour que Lionel puisse arriver sur place à temps pour régler la situation). Entre Typhon qui se souvient soudainement qu’il n’a pas besoin de jouer au tower defense avec les Iron Hands pour accéder à Tuchulcha, et ce dernier qui attend obligeamment sur sa planète minable que Lionel vienne le chercher alors qu’il a certainement les moyens de précipiter leur entrevue, la crédibilité SF du récit est largement battue en brèche, ce qui est toujours dommage dans un nouvelle de 40K.

 

Ceci dit, le bilan est au final assez positif pour The Lion, qui se révèle être un long format digne d’intérêt et à la lecture divertissante. À l’inévitable question : « n’y avait-il pas moyen de faire la même chose en trente pages ? » j’apporterai une réponse négative, la longueur du récit permettant à Thorpe de peindre son sujet par petites touches, un parti pris s’avérant au final plus judicieux qu’un descriptif ramassé sur quelques lignes ou pages. Cet espace supplémentaire permet de plus à l’auteur de débuter quelques intrigues secondaires (Lionel qui doute de la loyauté du capitaine de l’Invincible Reason, Typhon qui voulait récupérer Tuchulcha pour le compte d’un mystérieux commanditaire, la probable présence d’agents du Dark Mechanicus parmi les gardiens de Tuchulcha) ne demandant qu’à être explorées dans d’autres récits. Pas mal Gavin, pas mal du tout.

 

1 : Extrait de la nouvelle fable du Lion et du Rat. « … Et Typhon lui tint à peu près ce langage: “Wesh bolos, les DG sont dans la place, prêts à te ravager la face ». Et Lionel répondit : « J’ai entendu ». Et Typhon ne dit plus rien car il s’était fait dessus… ».

 

Fluff:

  • Lion El’Jonson (physique) :

            - Yeux verts (comme les forêts de Caliban).

            - Il n’aurait qu’un seul cœur.

            - Le « rugissement » du Lion est tellement puissant qu’il constitue une arme sonique de plein droit, et déclenche l’activation de l’oreille de Lyman chez les Légionnaires à proximité.

         - Il est capable d’affronter plusieurs douzaines de démons (sans doute mineurs) en solo sans problème. Il n’éprouve pas plus de difficulté à bannir un Duc du Changement, après un combat      bref et à sens unique.

 

  • Lion El’Jonson (caractère) :

            - Il ne fait naturellement pas confiance aux autres, et cette méfiance atavique s’est amplifiée depuis le début de la Grande Croisade (au cours de laquelle il s’est fait rouler à plusieurs reprises par ses frangins, qu’il considérait pourtant comme des parangons de vertu du fait de leur nature surhumaine) et la trahison d’Horus.

            - Il est particulièrement suspicieux envers les psykers, l’Empereur mis à part (ce qui doit signifier qu’il n’est lui-même pas doté de pouvoirs psychiques).

         - Il est prompt à la bouderie et supporte mal que son autorité soit remise en question, y compris par les membres de sa Légion. Il est décrit comme prenant du plaisir à imposer sa volonté par la force, même si de façon éphémère.

            - L’enthousiasme et la rage de vaincre d’El’Jonson ont progressivement décru au fur et à mesure de l’avancée de la Grande Croisade.

           - Il ne parle pas Nostraman, mais est capable de réaliser des calculs très complexes en une fraction de seconde (trait de caractère partagé par tous les Primarques passés sous la plume de Thorpe).

            - Passionné par les armes, il en a une salle entière dans ses quartiers sur l’Invincible Reason. C’est la seule marotte qu’on lui connaît.

          - Il semblerait (d’après une source démoniaque, donc intox volontaire possible) ne pas éprouver d’attachement véritable envers les humains normaux, dont il trouverait les préoccupations insignifiantes.

            - Lorsqu'il a affaire à des représentants d'autres factions de l'Imperium, il cherche à impressionner son public en arborant ses regalias de Primarque de la Première Légion (voir équipement).

            - Il voit d'un mauvais oeil le projet de Guilliman de créer un second Imperium au lieu d'aller secourir l'Empereur.

            - Il sait que les Dark Angels restés sur Caliban sont en train de lui échapper mais considère que son devoir de défendre l'Empereur prime sur tout le reste.

 

  • Lion El’Jonson (équipement) :

            - Il arbore une armure noire rehaussée d’or.

            - Lors de son combat contre les démons dans l’Invincible Reason, il choisit d’utiliser deux épées une main et demie nommées Espoir (Hope) et Désespoir (Despair). Forgées par un artisan de Caliban tombé dans l’oubli, il s’agit de pièces exceptionnelles dont le nom est gravé le long de l’arête centrale. Présentant une longue gouttière afin d’en alléger le poids, ces épées ont un tranchant façonné dans un cristal plus résistant et coupant que n’importe quel métal, et leur fil ne s’émousse jamais. Lionel les a échangées contre la peau d’un sablesabre préparée de sa main à un maître de l’Ordre.

            - Le Lion se déplace avec toute une quincaillerie (plaques, gobelets, couronnes, boucliers, ceinture unifiée de champion du monde de catch, tupperwares encastrables, accessoires pour i-Phones 6) lorsqu’il intervient comme diplomate et non comme guerrier. Il arbore une cape écarlate dont la traîne fait cinq mètres de long, soutenue par dix suspenseurs en forme d’épées, chacune gravée des noms des Ordres de Chevalerie de Caliban. Sur sa hanche gauche il porte l’épée longue Adamant (Résolue, Inflexible), au pommeau incrusté de rubis et garde rehaussée d’or. Sous sa cuirasse sont suspendues les Proclamations de Caliban, contenues dans 6 cylindres de la taille de l’avant-bras d’un homme normal. Il s’agit de la Constitution et du Serment d’Allégeance de Caliban à l’Empereur.

 

  • Caliban : Le monde « natal » du Lion est une zone de porosité entre l’univers matériel et le Warp, assez pour que des créatures démoniaques, connues sous le nom de nephilla par les natifs du cru, figurent parmi les prédateurs les plus redoutés des forêts sauvages de la planète. Caliban a également été frappé par des épidémies de pourriture de Nurgle, dont au moins une a eu lieu pendant l’enfance de Lion.
  • Légion Dark Angels : L’Invincible Reason, commandé par le Capitaine Stenius, est le vaisseau amiral de la flotte Dark Angels. La Légion est divisée en Ordres (au moins 30) de 5.000 Space Marines chacun (soit 150.000 Légionnaires).
  • Navigateurs : Ils sont capables de détecter l’intrusion de démons dans l’univers matériel à « l’œil » nu (par exemple, un navigateur peut déterminer si un vaisseau spatial à proximité du sien a des démons en soute), et leur troisième œil peut émettre un rayon psychique, à même de bannir les démons qu’il touche, en cas de nécessité. Cette pratique est toutefois épuisante pour les Navigateurs, et ne peut pas être utilisée à intervalles trop rapprochés.
  • Démons : Les démons n’ont ni squelettes, ni organes. Les coups violents les disloquent ou les font éclater.
  • Mastodons : Transport de troupes au sol utilisé par les Légions Space Marines durant la Grande Croisade et l’Hérésie d’Horus. Plus gros et plus lents que les châssis Rhinos, ils présentent quatre chenilles et sont plus grands qu’un Land Raider.
  • Générateur de champ de phase : Arme projetant un rayon qui envoie tout ce qu’il touche dans le Warp. Peut-être utilisé pour créer des brèches dans des fortifications de manière quasi-instantanée.
  • Terminus Est : Equipé d’un dearthfield (possiblement une faute de frappe, earthfied ? deathfield ?) qui empêche les communications longue distance (planète – orbite par exemple).
  • Mortarion : Le Primarque de la Death Guard déteste les psykers autant que Lion El’Jonson, et a expressément interdit à ses légionnaires d’utiliser leurs pouvoirs psychiques. Cet anathème a forcé Typhon à se détourner de son premier choix de carrière (il faisait partie du Librarius des Dusk Raiders avant la « récupération » de Morty par l’Empereur), hiatus qu’il a utilisé pour sécuriser sa place de premier capitaine.
  • Ordre du Dragon : une secte de l’Adeptus Mechanicus, sans doute hérétique, possiblement affiliée aux C’Tans.
  • Tuchulcha : Un orbe de 10 mètre de diamètre, à la surface d’un noir marbré parsemé de particules dorées. Fait d’un matériau inconnu de l’Imperium, et impossible à percer ou à scanner. Il s’agit d’une intelligence artificielle ayant réduit la civilisation de Perditus en esclavage jusqu’à l’arrivée de la Grande Croisade. Vaincu, l’engin a été laissé aux bons soins de l’Adeptus Mechanicus à fins d’étude. Il communique avec ses geôliers par le biais d’un terminal humain, qu’il fait parler et agir à sa place. Le Lion s’empare de l’engin pour assurer sa victoire contre le Night Haunter.

 

The Board is Set // Les Pièces sont en Place 

Révélation

Black Library Celebration 2019/2019/22 pages

 

Intrigue:

the-board-is-set.png?w=529Sur le sol de cette bonne vieille Terra, les armées loyalistes se préparent à recevoir comme il se doit le retour du fils indigne et de sa bande de potes, dont on entend déjà les « boum boum boum » crachés par les enceintes de leurs Clio tunées résonner depuis le parking de la copropriété, brisant le calme légendaire du quartier1. Comme le petit vieux acariâtre qu’il est, Macaldor, après avoir balancé une ou deux références que les moins de 20.000 ans ne peuvent ni connaître, ni comprendre, s’en va en grommellant dans sa barbe psychique que Dorn est définitivement une grande et jaune godiche, et que son obsession pour les briquettes et les portails électriques n’est qu’une lubie de jeune crétin. Ca tombe bien, notez, c’est l’heure de la coinche à l’EHPAD Bon Séjour, et le Mac’ ne raterait pour rien au monde ce moment de la journée.

 

À peine a-t-il fini d’installer la table que son acolyte de jeu révèle (you see what I did there…) sa présence et engage sans plus tarder les hostilités. Dans les ténèbres mi-obscures du 31ème millénaire, l’antique jeu de belote se joue en effet à deux plutôt qu’à quatre, et sur un plateau de jeu avec figurines en plus du traditionnel paquet de cartes. En fait, ça ressemble furieusement à une version Shadespirée des échecs, et ça a l’air donc vachement cool, d’autant plus que toutes les pièces se trouvent être des représentations des Primarques engagés dans l’Hérésie d’Horus2. Comme à chaque partie depuis leur internement respectif, Pépé et… Mémé ? rejouent la bataille finale de l’Hérésie, avec l’Empereur dans son propre rôle et Malcador dans celui de ce fripon d’Horus. Et comme à chaque fois depuis le début de ces amicales sessions, le Sigillite constate que son adversaire passe son temps à tricher. Manipulation de la pioche, duplication de cartes, ajout de pièces non WYSIWYG en cours de jeu… s’il y avait un arbitre, celà ferait longtemps que le Maître de l’Humanité aurait mangé son ban. Malheureusement pour lui, Malky ne peut compter que sur lui même pour se faire justice, ce à quoi il s’emploie avec toute la rouerie et la malice qu’on lui connaît.

 

En face de lui, l’Empereur semble peu intéressé par le déroulé de la partie, et joue franchement comme une savate, seulement sauvé par sa capacité à top decker comme un porcasse avec une régularité des plus suspectes. Ajoutant l’insulte à l’outrage, il se permet même de tancer son partenaire sur son faible niveau de jeu, alors que Horus, lui, était un opposant digne de ce nom. Sans doute très fatigué par l’enchaînement des nuits blanches à pousser sur son trône (la constipation psychique est un problème commun chez les démiurges millénaires, tous les auxiliaires de vie vous le diront), Big E va même jusqu’à utiliser des mots très durs à l’encontre de son vieux comparse, au point d’arracher à ce dernier des larmes de collyre. Qu’à cela ne tienne, Malcador en a vu d’autres, et met à profit sa rogne pour sortir un enchaînement digne de Magnus Carlsen le Rouge, le laissant en position de remporter la partie au coup suivant. « Ha ha, tu l’avais pas vu venir celui-ci, bouffi » exulte notre vieillard échevelé, pas peu fier de tenir sa première victoire en 1.834.427 confrontations. Sauf que, sauf que… Sauf que l’Empereur est décidément un mauvais joueur à la main leste, et trouve le moyen de substituer à son Roi Empereur lui-même une nouvelle pièce, le Fou, qui va héroïquement se sacrifier pour lui permettre de gagner la partie. Comble de la bassesse, le Fou a la tête de Malcador, à qui il prend l’envie folle de fracasser l’échiquier sur le crâne de son suzerain.

 

Sur ces entrefaites, une estafette se présente à la porte, et vient apporter la nouvelle tant redoutée au Premier Seigneur de l’Impérium : la flotte d’Horus vient de se matérialiser dans le système solaire, et la plus grande bataille de l’Humanité est sur le point de s’engager. Cherchant du regard son boss, Malcador a la surprise de s’apercevoir qu’il est seul dans la pièce, et l’a apparemment toujours été, d’après le retour un peu honteux du messager, qui n’a pas osé déranger tout de suite l’aïeul vociférant qui faisait une tournante autour du plateau de jeu à son arrivée. Conclusion de l’histoire : la grande vieillesse est un naufrage, mais au moins, on ne s’ennuie pas.

 

1 : Et je ne rigole même pas, la nouvelle commence par un constat par Macaldor et le chef de l’Adeptus Astra Telepathica du tapage nocturne diurne warpurne généré par l’approche de la flotte traîtresse.

 

2 : On comprend mieux du coup pourquoi l’Empereur tenait absolument à avoir un nombre pair de rejetons. C’est mieux pour équilibrer les parties.

 

Avis:

The Board is Set est une nouvelle intéressante. Parmi les qualités notables de cette soumission, on peut mettre en avant l’art consommé avec lequel Thorpe distille à la foi clins d’oeil aux évènements passés et à venir de l’Hérésie, à coups de manoeuvres lourdes de sens des pièces sur l’échiquier et de remarques sybillines soufflées par un Empereur plus que jamais omniscient au bras droit/fusible qu’il s’apprête à griller, mais également allusions fluffiques subtiles, sur lesquelles les fans hardlore passeront des pages et des pages à s’étriper, par les mêmes biais que ceux donnés ci-dessus. Même sans être un amateur transi du style du Gav, on peut lui reconnaître un certain talent de mise en scène de ces passages prophétiques, ce qui n’était pas gagné d’avance au vu du casting de monstres sacrés qu’il convoque.

 

À titre personnel, j’ai également apprécié la tirade que MoM (Master of Mankind) balance à son larbin dans le but de le mettre en rogne et de le forcer à la jouer comme Lupercal, qui est un condensé de remarques blessantes mettant en évidence que Malcador n’a été qu’un outil utilisé par l’Empereur pour arriver à ses fins, et qu’il n’aura absolument aucun scrupule à s’en débarrasser une fois qu’il n’en n’aura plus l’usage. Ce discours des plus cash trouve une résonnance particulière depuis Dark Imperium, où il est clairement indiqué la dualité de l’Empereur dans ses « sentiments » envers ses congénères : incapable d’aimer l’homme, mais absolument dévoué à l’Humanité. On peut alors se demander si les piques envoyées par Pépé ne sont pas simplement le fond de sa pensée, qu’il livre à un Malcador qui reste persuadé qu’il ne s’agit que de la manœuvre d’un monarque bienveillant et attentionné pour lui faire donner le meilleur de lui-même. Chacun se fera sa religion sur le sujet, mais cette dualité d’interprétation est assez intéressante.

 

Fluff:

  • Palais Impérial : La Tour Supérieure de l’Adeptus Astra Telepathica est ainsi nommée car elle s’élève loin au dessus du Palais Impérial, afin de permettre aux astropathes de s’affranchir de la « pollution » générée par les boucliers psychiques qui protègent l’édifice.
  • Régicide : Ce jeu de stratégie se joue sur un plateau octogonal de cases noires et blanches, sur lesquelles sont disposées 20 pièces (rq : les Primarques inconnus font donc partie du jeu, et comme on peut s’attendre à ce que la dotation en pièces soit paritaire, l’un est loyaliste, l’autre renégat). Une pioche de cartes est utilisée pour générer des évènements à chaque tour de joueur et indiquer le positionnement initial des pièces. L’un joue le Maître de Guerre (qui commence), l’autre l’Empereur. Le Maître de Guerre doit s’emparer d’une case spécifique défendue par son adversaire, l’Empereur doit prendre la pièce centrale de l’adversaire, le Seigneur des Coeurs (The Lords of Hearts).

               - La Lame à Double Tranchant (The Double-Edged Blade) : Lion El’Jonson (rq : le nom semble indiquer que l’ambivalence du Primarque était bien connue de l’Empereur et de Malcador)

               - La Perfection (The Perfection) : Fulgrim

               - Le Faucon Ascendant (The Warhawk) : Jaghatai Khan (rq : détourné de sa position de support du Bastion Invincible – Dorn – par la carte « Souffrance Indicible » pendant la conclusion de la partie – Le Siège de Terra - ; on peut donc supposer qu’un évènement tragique affectera suffisamment profondément le Khan pour que les traîtres puissent en tirer partie)

               - Le Loup Affamé (The Hungering Wolf) : Leman Russ

               - Le Bastion Invincible (The Invincible Bastion) : Rogal Dorn (rq : l’Empereur révèle à Malcador qu’il a gardé le Prétorien sur Terra au lieu de l’envoyer combattre Horus pour se prémunir d’une tentative d’assassinat de la part de l’Alpha Légion, qui aurait réussi sans la présence de Dorn dans le Palais Impérial)

               - Les Ténèbres Aveugles (The Blind Darkness) : Konrad Curze

               - L’Ange (The Angel) : Sanguinius (rq : va combattre Angron sur Terra)

               - Le Général de Fer (The Iron General) : Ferrus Manus (rq : l’Empereur avait pour projet de « réparer » le Primarque une fois qu’il aurait eu plus de temps)

               - Le Roi du Néant (The King of Nothing) : Angron (rq : une manière pas très fine de se moquer de l’échec d’Angron de devenir le maître de son monde d’adoption ?)

               - Le Monarque sans Couronne (The Uncrowned Monarch) : Roboute Guiliman

               - Le Seigneur des Nuages (The Lord of Clouds) : Mortarion (rq : l’Empereur n’avait pas anticipé la corruption de Mortarion par Nurgle, et la « découvre » pendant la dernière partie jouée avec Malcador, ce qui l’attriste)

               - La Bibliothèque (The Library) : Magnus le Rouge

               - Le Seigneur des Coeurs (The Lord of Hearts) : Horus (rq : la preuve du faible que l’Empereur éprouve toujours pour son fiston favori ?)

               - L’Elu (The Chosen) : Lorgar (rq : l’Empereur et Malcador sont conscients que c’est ce Primarque qui est à l’origine de l’Hérésie)

               - L’Enclume (The Anvil) : Vulkan

               - L’Ombre (The Shadow) : Corax (rq : représenté comme rongé par le doute durant la partie, ce qui diminue fortement son efficacité)

               - Les Jumeaux (The Twins) : Alpharius et Omegon (rq : il est donc probable que Macaldor soit au courant de la gemellité de ces Primarques. Lors des premiers tours de la partie, la pièce a été dédoublée, l’une servant l’Empereur et l’autre le Maître de Guerre. Cependant, les deux pièces finissent toujours par basculer du côté d’Horus)

 

On peut finalement remarquer l’absence de Perturabo, qui devait bouder dans un coin.

 

  • Personnage nommé : Eirich Halferphess, Astrotelegraphica Exulta, directeur adjoint de la Tour Supérieure de l’Adeptus Astra Telepathica.
  • Trivia : Malcador connaît l’effet papillon, a lu A Picture of Dorian Gray et sait battre les cartes comme un croupier de Vegas !

 

 

Graham McNeill (6)

Révélation


The Last Church // La Dernière Église merci à @la queue en airain, @Kaelis et @ziafab ! 

Révélation

Tales of Heresy // Chroniques de l'Hérésie/2010/51 pages

Intrigue:
the-last-church-mp3.jpgla queue en airain:
Après une série de sombres bouses, on revient sur un truc sensiblement intéressant : on est avant même le début de la Grande Croisade, sur Terra, dans la dernière église (le titre vous avait déjà donné un indice?) en pleine période où pépé fait le ménage et cherche à virer les culs bénis de la population humaine.


ziafab:
Étonnant débat théologique entre le dernier prêtre de Terra et ... l'Empereur lui-même.

 

Schattra:

Il n’est pas loin de minuit dans l’Eglise de la Pierre Foudroyée, comme le constate le Père Uriah Olataire en allumant les cierges du saint lieu. Un seul coup d’œil au coucou suisse cassé qu’il a volé à son propriétaire légitime lors de sa folle jeunesse suffit à notre héros pour se rendre compte que l’heure est grave, très précisément minuit moins deux sur l’horloge de l’apocalypse. Lorsqu’elle se mettra à sonner, l’a prévenu l’horloger auquel il a dérobé l’artefact, cela chauffera dans les chaumières. En attendant, Olathaire se prépare à célébrer la messe de minuit dans une profonde solitude, aucune de ses ouailles n’ayant jugé bon de braver la tempête sévissant cette nuit là pour monter au sommet du Ben Nevis1 assister au sermon de notre écclésiastique. Plus que sur les conditions climatiques ou le denivelé, il faut mettre cette désertion sur le compte des commandements laïques édictés par ce soi-disant Empereur, ayant conquis presque tout Terra pour y imposer son joug athée. Résolu à accomplir tout de même son office, Uriah est interrompu par l’arrivée d’un visiteur, se présentant sous le nom de Révélation, et venu avec quelques amis patientant tranquillement sur le parvis, discuter avec le prêtre de la dernière église terrane avant que cette dernière ne soit réduite en cendres. Du tourisme de l’apocalypse en quelque sorte…

 

Révélation

…Ravi d’avoir un peu de compagnie, Uriah engage la discussion avec l’intrigant voyageur, qui ne met pas longtemps à exprimer ses vues résolument séculières et rationnelles à son hôte. S’engage alors une joute enfiévrée voyant les deux hommes échanger leurs arguments sur les mérites et les dangers de la foi. Guère convaincu par l’exhibition de la pierre sacrée dont l’église tient son nom, Révélation se montre cependant disposé, après un petit whiskey, à écouter Uriah lui raconter le soi-disant miracle dont il a été témoin lors de sa jeunesse, et qui l’a poussé à endosser le surplis. Notre prêtre était de son propre aveu une canaille en son jeune temps, et s’était piqué de voyager à la recherche de contrées pas encore assujetties au règne de l’Empereur, qui avait à cette époque déjà conquis la majeure partie de l’Europe. N’ayant réussi à rien d’autre qu’à se faire jeter d’une falaise italienne par un Guerrier Tonnerre dont il avait traité la maman de gorille, l’infernal Ecossais était revenu chez lui pour un temps, avant de repartir pour se faire soldat dans toute armée de résistance à la tyrannie impériale qui voudrait bien le prendre. Et, comme de juste, il avait trouvé avec qui parler en se rendant en France (Franc dans le texte), un Etat connu dans le monde entier pour la belligérance de ses habitants. C’est ainsi qu’il s’était retrouvé mêlé à un soulèvement local, vite écrasé dans le sang par la patrouille de Guerriers Tonnerre de la région. Seul survivant du massacre, Uriah avait repris connaissance dans une forêt et vu une figure lumineuse s’approcher de lui pour tenir à peu près ce langage : « Yo dog, we cool now ? ». Transporté par cette expérience extraordinaire, il avait abandonné sa vie de marginal pour obéir au commandement divin qu’il était certain d’avoir reçu dans cette clairière abandonée.

 

Cette émouvante anecdote ne convainc cependant pas Révélation de baisser sa garde, et il continue à critiquer les ravages de la religion2 à travers l’histoire avec tant de hargne que le bon prêtre finit par lui montrer la porte. Comprenant qu’il a épuisé la patience de son hôte, le visiteur laisse alors tomber le masque et se révèle être…

 

Révélation

…L’Empereur en personne. Sous sa forme néon de cabine d’UV, qui plus est. Il ne faut pas longtemps à Uriah pour réaliser que c’est lui qu’il a vu dans la forêt il y a toutes ces années, et qu’une mauvaise interprétation a conditionné toute sa vie jusqu’à ce moment. C’est la lose. Un peu hébété par cette…épiphanie, le prêtre accepte de suivre Pépé à l’extérieur de l’église, et d’enfin souscrire à sa vision du monde… jusqu’à ce que l’Empereur lui révèle son grand projet de conquête de la galaxie, à laquelle Uriah ne croit pas du tout. Et lorsque le puissant monarque répond à la question « pourquoi ? » par un pauvre « parske-euh », le charme est définitivement rompu. Uriah préfère donc retourner dans son église, incendiée par les Guerriers Tonnerre amenés en renfort par leur boss, plutôt que de donner la satisfaction d’une victoire morale à son contradicteur. Ainsi brûle la dernière église de Terra, au son prophétique du coucou de l’apocalypse…

 

 

1 : Pure supposition de ma part, mais McNeill, qui s’est donné pour mission de vendre son Ecosse natale dans l’univers de 40K, donne quelques indices supportant cette thèse.

 

2 : On apprend à cette occasion qu’au 30ème millénaire, les gens se souviennent encore de Béziers... Béziers. C’est tout de même la classe.

 

Avis:
la queue en airain:
Il n'y a guère que deux personnages mais ils ne sont pas trop trop mal branlés. Là encore, la ficelle est grosse mais c'est pas plus gênant que ça. Le gros reproche qu'on pourrait faire à la nouvelle à part cette totale absence de suspense est que le débat entre le cureton et le messager de pépé est quand même superficiel, naïf. Genre les arguments pour et contre la religion sont les plus connus des arguments basiques, ya pas de vrai réflexion derrière. Mais bon, tout le monde n'est pas un auteur des lumières (voire un auteur tout court) et on peut se consoler en se disant que de toute façon, les vrai raisons de pépé de virer les religions (le danger du ouarpe), il les a gardé secrètes justement parce que ce sont des connaissances dangereuses et que c'est pour ça qu'on reste dans le superficiel.


Kaelis:
Bon, là c'est plus posé, pas d'action, mais c'est assez intéressant. Bon, c'est pas vraiment les arguments développés qui m'ont plu, car comme dit plus haut, ils sont usés de chez usés. Mais l'ambiance est sympa, et même si on se doute tous que Papa est parmi nous, ben on essaie de jouer le jeu jusqu'au bout. Un bon point donc pour McNeill qui fait remonter le niveau du bouquin dans mon estime.


ziafab:
Pas franchement adoré mais plaisant à lire tout de même. Les fans de l'Empereur Tout Puissant risquent d'être déçus.

 

Schattra:

Je ne sais pas si la GW-Fiction sera un jour considérée comme autre chose que de la littérature de gare (ou de spatioport, pour rester dans l’ambiance), mais je peux déjà m’avancer en plaçant The Last Church parmi les « classiques » de ce sous-sous-sous-sous-genre. Car McNeill réussit ici à livrer un texte aussi surprenant qu’intéressant et profond (toute proportion gardée, bien entendu), et justifie ainsi son positionnement parmi les meilleurs contributeurs de la Black Library… quand il s’en donne les moyens1.

 

Cette nouvelle est surprenante, car elle est (presque) totalement non-violente, et place le lecteur dans une situation des plus inhabituelles pour la littérature millénariste de Games Workshop : foin d’héroïques Space Marines, de courageux soldats impériaux, d’inflexibles Inquisteurs, ou de civils apeurés2 ici, seulement un vieux prêtre et son visiteur inattendu, dialoguant des mystères de la foi et des conséquences, aussi positives que négatives, que cette dernière a eu pour l’humanité depuis l’aube des temps. Si les arguments convoqués par les débatteurs ne sont pas à placer au pinacle de la réflexion philosophique ni au sommet de l’art oratoire, il faut tout de même reconnaître que McNeill réussit à faire passer cet échange de façon distrayante et parfois instructive pour le lecteur, ce qui n’était pas couru d’avance pour un auteur spécialisé dans l’art délicat du grimdark d’action. Autre surprise et prise de risque, à mes yeux concluante, de Graham McNeill, son utilisation du personnage le plus central et intouchable de l’univers de 40K, Pépé 1er. La véritable identité de Révélation sera comprise par le lecteur plus ou moins tôt dans la nouvelle, en fonction de sa connaissance du fluff et de son attention aux petits indices égrénés par McNeill, mais la véritable surprise demeure ce choix de mettre l’Empereur à hauteur d’homme le temps d’une nouvelle, et de le laisser s’exprimer assez longuement au cours de cette dernière, alors que la norme avait jusqu’ici été de cantonner MoM à l’élément de décor3, balançant de temps à autres une phrase d’une infinie sagesse pour le bénéfice du fanboy transi. Ici, ce dernier en aura vraiment pour son argent, et The Last Church constitue encore à ce jour l’un des textes où Big E est le plus disert, ce qui en fait un passage quasi obligé pour tout citoyen impérial qui se respecte.

 

Cette nouvelle est également intéressante, car elle couvre de nombreux aspects des Luttes d’Unification, sorte de préhistoire impériale pendant laquelle de nombreux événements ont été mis en branle qui trouveront leur conclusion dans les siècles et millénaires suivants. Qu’il s’agisse de détails géographiques, historiques ou personnels, l’éclairage apporté par les souvenirs du Père Olathaire est précieux pour le fluffiste acharné, ou simplement curieux d’en apprendre un peu plus sur la manière dont Pépé a enfin tapé du poing énergétique sur la table pour réaliser son rêve galactique. En matière de construction narrative, McNeill parvient également à tirer son épingle du jeu en maintenant du suspens jusqu’à la fin de son récit. Comment Olathaire va-t-il réagir à sa propre révélation, lorsqu’il comprendra que son miracle personnel, sur lequel sa foi s’appuie, n’était en fait qu’une rencontre furtive entre un survivant en état de choc et un Empereur parti faire un tour en forêt ? Tout se joue dans les dernières lignes de la nouvelle, faisant de cette dernière une des plus abouties de McNeill de ce point de vue.

 

Enfin, cette nouvelle est profonde, et confine parfois à l’ironie, à travers le discours tranché livré par Révélation sur la religion et ses méfaits. Quand on sait comment l’histoire se termine, ou en tout cas se poursuit après cet ultime incendie d’église par un païen à cheveux longs4, la laïcité militante de l’Empereur apparaît comme le plus gros You had ONE job de l’histoire de l’humanité, tout comme son horreur absolue de l’Inquisition… Encore plus intéressant est le renversement de situation opéré par McNeill dans les dernières pages de la nouvelle, lorsque le jusqu’ici très rationnel Empereur ne peut justifier son projet de conquérir la galaxie par un « je sais que j’ai raison » assez minable, qui vient ruiner tout son argumentaire nocturne, et pousse finalement son interlocuteur à demeurer fidèle à sa foi, et à prendre son congé en prévenant Révélation qu’il deviendra sûrement ce qu’il s’était juré de détruire. Warhammer 40.000 étant un univers reposant à bien des égards sur de profonds paradoxes, l’exposition d’un des plus centraux de ces derniers prouve, si besoin était, l’excellente compréhension que Graham McNeill a du cadre dans lequel il évolue. Cela peut certes sembler banal pour le lecteur, mais la BL a connu son lot de soumissions ratées à cause de connaissances trop légères de la part de ses contributeurs : il faut donc reconnaître un auteur « bien (in)formé » quand on en croise un. En définitive, The Last Church se positionne très sérieusement comme l’une des meilleures nouvelles signées McNeill de l’Hérésie d’Horus, et peut-être même de sa production totale pour le compte de la Black Library.

 

1 : Car il y a tout de même beaucoup de scories dans sa production, vous ne m’en ferez pas démordre.

 

2 : Probablement parce qu’ils ont tendance à tomber comme des mouches dès lors que les trois autres catégories de personnages sont présents.

 

3 : Du genre luminaire, si on doit en croire sa propension à générer des flashs aveuglants.

 

4 : C’était bien la peine d’exterminer les Scandinaves pour leur piquer leurs traditions ancestrales.

 

Fluff:
la queue en airain:
Plein de nouveau flouffe à se foutre sous la dent pour les gens qui aiment les petiots détails à con et toujours le travail main dans la main avec le Abnett : ils reprennent leurs nouveaux gadgets. Ya des clins d'oeils parfois pas trop fin à des lieux qu'on connait mais surtout des références aux guerres d'unification des pré-marines en Thunder Armour.

 

Schattra:

  • Terra (Géographie) : La Grande Bretagne était reliée à l’Europe par un pont d’argent. Italie : Tali peninsula. Mediterranean dust bowl. Nordafrik Conclaves et cité de Xozer (rq : cochon en hébreu), détruits par Shang Khal. Les ruines d’Ursh et les bastions de Narthan Durme. Les Scandians (Scandinaves) ont été exterminés par l’Empereur pour avoir refusé l’unification.
  • Terra (Personnages nommés) : Isandula Verona, artiste peintre renommé de M28. Sa dernière œuvre a été la fresque du plafond de l’Eglise de la Pierre Foudroyée. Havuled D’agross, agitateur ayant assassiné la gouverneur désignée par l’Empereur pour gérer la ville d’Avelroi après sa conquête de Franc. Il mena la population de la ville et celles des villes voisines dans un soulèvement rapidement écrasé par les Guerriers Tonnerre lors de la bataille de Gaduaré, où il périt également. Le Cardinal Tang était le dirigeant du bloc Ydonesic, partisan d’un eugénisme militant et organisateur de pogroms et camps de la mort responsables de millions de morts.
  • Bataille de Gaduaré : Livrée sur le territoire de Franc, elle vit 5.000 Guerriers Tonnerre de l’Empereur de l’Humanité écraser 50.000 miliciens Francs à proximité des ruines de la forteresse de Gaduaré.
  • Promulgators : Corps d’envoyés impériaux combattant l’idée du divin.

 

• Rules of Engagement  // Les Règles du Combat merci @Celtic_cauldron !

Révélation

Age of Darkness // L'Âge des Ténèbres/2011/35 pages

 

Intrigue:

rules-of-engagement.png?w=299&h=455Celtic_cauldron:

Cette nouvelle traite de la rédaction et des premiers essais du Codex Astartes par les Ultramarines et leur Primarque, à travers le regard du Capitaine de la 4ème Compagnie: Remus Ventanus.

 

Schattra:

Nous retrouvons le premiarque de la classe, Roboute Guilliman, en train d’écrire (quelle surprise) dans son bureau, situé au cœur de son palais résidentiel sur Macragge. Le manuscrit (dans tous les sens du terme) sur lequel il travaille actuellement, et qu’il considère déjà comme son chef d’œuvre, n’est autre que le Codex Astartes, que les derniers événements de l’Hérésie, et notamment l’attaque des Word Bearers sur Calth1, l’ont convaincu de terminer séance tenante, quand bien même les demandes d’audience de la part de ses Maîtres de Chapitre ne cessent de s’abattre sur la permanence téléphonique du patron des 500 Mondes. Qu’importe que sa Légion ait pris un méchant coup dans le nez, que la Croisade des Ombres soit en train de ravager Ultramar, ou même qu’Horus poursuive son chemin vers Terra, tant qu’à faire. Qu’importe aussi que Guilliman passe pour un despote demeuré auprès de ses hommes par son mutisme persistant2 en cette période de troubles. Rob’ est persuadé que l’Imperium de son Père est bon pour la décharge, mais espère que son prochain bouquin parviendra à sauvegarder les idéaux sur lesquels le rêve paternel a été bâti. Ce qui est vendre la peau de MoM avant qu’il ne soit mort, pour sûr, et limite hérétique sur les bords, tout comme les deux mots que Guiliman inscrit en tête d’un nouveau chapitre de son magnum opus : « Imperium Secundus »…

 

Nous partons ensuite sur les traces de Remus Ventanus, Capitaine de la 4ème Compagnie des Ultramarines, aussi appelée la Troublesome 4th (la SEGPA du Segmentum, en VF), alors qu’il mène ses hommes dans ce que la nouvelle présente comme « l’engagement #94 ». Tiens tiens, faudrait-il y voir un message caché par ce coquin de McNeill ? Seul l’avenir nous le dira (mais, oui, évidemment)… Les Ultras défendent Talassar contre un assaut de la Death Guard, dont la fameuse tenacité pose beaucoup de problèmes à nos bleusailles. Pour ne rien arranger, les hommes de Ventanus sont tenus d’appliquer les commandements tactiques donnés par le Primarque, sans possibilité d’y déroger. Une hérésie (wait…) pour les esprits libres de la 4ème, dont le point de vue est abondamment relayé par le Sergent Barkha à son Capitaine. Mais Ventanus, assagi par les événements de Calth, se conforme aux instructions, et commet l’impensable pour un être (masculin) normalement constitué : il se réfère à la notice d’utilisation. C’est beau la post-humanité, tout de même. Résultat des courses : les affreux de Mortarion finissent par être vaincus, de façon un peu miraculeuse pour un observateur lambda, mais qui fait au contraire beaucoup de sens pour notre héros, qui reste admiratif devant le génie de Guili.

 

Nous enchaînons ensuite les batailles à travers les 500 mondes, Ventanus et ses frères se frottant aux World Eaters sur Prandium, puis aux Salamanders sur Quintarn. Car oui, les Salamanders ont rejoint le Maître de Guerre. À moins que. À MOINS QUE… Bref. À chaque fois, le même schéma se répète : Ventanus parvient à arracher la victoire des griffes de la défaite en appliquant scrupuleusement les instructions du patron, malgré les protestations outrées de la part de ses collègues et équipes devant ce qu’ils considèrent, en pauvres normies qu’ils sont, comme des ordres dénués de raison. La leçon est claire : Roboute a plié le wargame, et il suffit désormais de choisir parmi les menus déroulants mémorisés par son beta testeur de choc Ventanus pour vaincre l’adversaire. Cependant, lors du dernier affrontement de la série victorieuse de la 4ème Compagnie, qui prend place sur Macragge et oppose les Ultramarines aux Sons of Horus menés par leur Pôpa en personne, notre fringant Capitaine s’aperçoit dans la douleur que, malgré son respect absolu des consignes, il ne peut empêcher les hérétiques de prendre la capitale planétaire, et consigner ainsi Ultramar aux livres d’histo- et mettre fin à sa série de victoires personnelles. Car, évidemment, toutes ces batailles n’étaient que de simulations grandeur nature organisées par Guilliman3 pour peaufiner ‘La Guerre pour les Nuls’, et les Ultramarines ont bien sûr le temps et les ressources nécessaires pour faire du paintball à grande échelle pendant que la galaxie brûle autour d’eux, haha.

 

La nouvelle se termine sur un dialogue entre Ventanus, chafouin d’avoir été mis en échec, et Guilliman, à l’esprit occupé par son projet d’OPA « amicale » sur les 500 mondes, résumant parfaitement la position du Primarque : il faut appliquer scrupuleusement le Codex Astartes parce qu’il prévoit tout, sauf dans les cas où ce n’est pas le cas, et où il est donc toléré d’improviser. C’est pour ça que Roboute a tenu à réaliser ses tests avec Ventanus, qui sait faire preuve d’indépendance… mais a été tellement obnubilé par les consignes qu’il n’a pas trouvé comment remporter cette dernière bataille. Ceci souligne l’importance pour les Ultramarines de ne jamais rien prendre pour argent comptant… sauf quand leur Primarque va dévoiler son futur projet secret, qu’il faudra alors appliquer sans réfléchir, même si cela mènera la Légion à être considérée comme traîtresse. Quelle clarté limpide. Guilliman aurait pu être ministre de l’Éducation Nationale, s’il était né un peu plus tôt. En tout cas, nos deux compères en viennent à espérer qu’ils se retrouveront face à Horus lorsque l’Hérésie arrivera à sa fin. Ce qui ne sera pas le cas, évidemment. C’est ça aussi, de faire des tournois de DoW IV en ligne au lieu d’aller aider son Pépé.

 

1 : Petite remarque meta : au moment de l’écriture de cette nouvelle, la série n’avait pas encore abordé cette bataille (‘Know No Fear’ et ‘Mark of Calth’). McNeill se projette donc dans le futur.

 

2 : Comme il le dit lui-même, l’obéissance aveugle de ses sbires lui suffit amplement. On se demande de qui il tient ça…

 

3 : Qui met lui-même la griffe à la patte dans un souci d’authenticité, en endossant le rôle d’Horus dans la dernière simulation. Notons le très joli heaume qu’il portait à l’occasion, et/ou la fragilité psychologique de Ventanus, ému aux larmes par une barbute alors qu’il se fout d’avoir oublié ses parents.

 

Avis:

Celtic_cauldron:

J'ai bien aimé malgré les rebondissements prévisibles 3 heures à l'avance. Intéressant pour comprendre les Ultra et Guilliman.

Le +:

  • Une écriture assez agréable à lire, c'est du McNeill, avec son style, ça passe bien.

 

Les -:

  • Incohérence temporelle par rapport à ce qui se savait sur le Codex Astartes depuis au moins la V2 (bon OK, c'est pas grand chose, mais c'est toujours ça).
  • De grosses ficelles, comme d'habitude.

 

Schattra:

Difficile d’évaluer ce ‘Rules of Engagement’ avec ma perspective de fluffiste averti, qui a lu ce texte pour la première fois en 2020, soit près de dix ans après sa publication dans le recueil Age of Darkness, et en savait donc « trop » sur certains aspects. Ainsi, la mention d’Imperium Secondus, balancée nonchalamment par McNeill en début de nouvelle, n’aurait certainement pas eu le même impact si j’avais pris connaissance de cette dernière avant que ce développement du background n’ait été présenté en détail par la Black Library. De la même manière, savoir ce qu’est le Codex Astartes peut gâcher un peu du suspens du récit, McNeill ne « révélant » à son public que les batailles menées par Ventanus sont factices qu’en conclusion de son texte, ce qu’un lecteur un minimum averti aura deviné bien plus tôt1. Enfin, les pensées de traîtrise entretenues par Ventanus au cours de la nouvelle ne sont jamais clairement expliquées par l’auteur, ce qui laisse une zone d’ombre sur ‘Rules of Engagement’ peut-être pas voulue par McNeill. En effet, la seule fourberie d’importance à relever ici est le projet de sécession fomenté par Guilliman, mais dont il n’a mis personne au courant au moment où l’histoire se déroule. Tout cela reste donc bien mystérieux. Je dois donc me déclarer incompétent pour livrer un jugement impartial sur la qualité de ce texte, même si le plus gros problème que j’ai avec ce dernier (le globiboulga philosophique entourant le Codex Astartes, qu’il faut appliquer à la lettre sauf quand il ne le faut pas) est indépendant de la « temporalité de lecture » de cette nouvelle. Pour finir sur un point positif, j’ai toutefois apprécié la manière dont McNeill parvient à faire ressortir la manière dont les relations entre Légions loyalistes ont été ébranlées depuis le début de l’Hérésie, Ventanus n’ayant apparemment aucun problème à trouver des raisons de haïr les Salamanders2, sans que ces braves amphibiens aient fait quoi que ce soit pour mériter une telle hargne. Comme on dit en Russie, le crapaud aimerait casser des noix, mais n’a pas de dent. Deal with it.

 

1Personnellement, je pense que McNeill a trop flirté avec la ligne blanche bleue en mettant en scène une bataille contre les Salamanders (dont on peine à imaginer comment les quelques survivants d’après Isstvan auraient réussi à mener une opération militaire contre Ultramar, et ce sans aborder le problème posé par ce retournement inédit d’une Légion loyaliste), puis en faisant participer « Horus » au siège de Macragge. Your are fake news, Graham !

 

2McNeill aurait pu poussé le bouchon un peu plus loin en mettant en scène l’affrontement « hérétique » ultime : Ultramarines vs Ultramarines. Ça aurait été intéressant.

 

Fluff:

  • Ultramarines (Organisation) : Une Compagnie (au temps de la Grande Croisade) comporte 3.000 Space Marines.
  • Ultramarines (Personnages nommés) : Les Capitaines Honoria, Urath et Evexian des 23ème, 39ème et 7ème Compagnies.
  • Death Guard (Mentalité) : Les guerriers de Mortarion sont réputés pour ne jamais laisser retomber la pression et attaquer l’ennemi sans relâche une fois que la bataille est engagée.
  • Prandium : Surnommée la Belle Demoiselle (Fair Maiden) d’Ultramar, cette planète est considérée comme la plus belle des 500 mondes, à cause de ses magnifiques forêts, ses montagnes sculptées et ses lacs scintillants.
  • Quintarn : Monde agricole d’Ultramar. Comporte de grandes cités, appelées hydropolis, dont Idrisia.

 

Kryptos merci @Celtic_cauldron !

Révélation

Recueil Games Day France 2012/2012/XX pages

Intrigue:
Kryptos.jpgCette nouvelle traite d'une mission d'infiltration menée par deux rescapés d'Istvaan V et visant à exfiltrer le Kryptos, le chaînon qui permettra de déchiffrer les codes des forces renégates.

Avis:
Une petite nouvelle sympathique et qui sort du cadre traditionnel des engagements de l'Astartes.

Les +:

  • Un récit d'infiltration court et sans longueur. Cela reste un petit moment d'action plutôt qu'un scénario à la Splinter Cell.
  • Une écriture assez agréable à lire, c'est du McNeill, avec son style, ça passe bien.

 

Le -:

  • Les performances physiques du Raven Guard sont quand même un peu exagérées. On a peine à imaginer une telle dextérité chez un Légionnaire.

 

Fluff:
-

 

The Kaban Project merci @Celtic_cauldron !

Révélation

Shadows of Treachery/2014/53 pages

Cette nouvelle-ci non plus n'est pas un travail original puisqu'il s'agit d'une reprise de l'histoire figurant dans le fameux Horus Heresy: Collected Visions, en vente dans toutes les bonnes charcuteries.

Intrigue:
The-Kaban-Project.jpgElle commence au tout début de l'Hérésie, sur la planète Mars, alors que le schisme martien n'a pas encore éclaté. Vous l'aurez compris, cette histoire traite de problèmes liés au Mechanicum. Le personnage principal est un Adepte de Troisième Rang du nom de Ravachol qui, à force de travail, a inventé une machine de guerre intelligente, ce qui a été interdit par l'Empereur. Rongé par le doute, il va chercher conseil auprès de son ancien mentor: l'Adepte Malevolus.

Avis:
Je trouve ce récit très bon. D'une part, parce qu'il explore une faction assez peu connue qui est le Mechanicum. D'autre part, parce que, pour une fois, au-delà du simple récit de SF décrivant notre univers favori, on a un vrai début de réflexion sur la notion de vivant, de conscience et de droit à la vie. Un petit bol d'air bienvenu dans ce monde de brut.

Fluff:
Quelques connections bien cohérentes avec Mechanicum. Le fluff connu est respecté.

 

Death of a Silversmith merci @Celtic_cauldron !

Révélation

Shadows of Treachery/2014/13 pages

Intrigue:
Death-of-a-Silversmith-thumb.jpgL'extraterrestre du recueil: 13 pages d'agonie d'un commémorateur, maître-orfèvre de son état, à bord du Vengeful Spirit, peu de temps après Ullanor. C'est très bien écrit, le style est bon, mais que diable vient faire ce récit dans tout ça? Pas de bataille, pas d'intrigue, juste 13 pages au cours desquelles le vieux bonhomme raconte sa vie. Bref, c'est assez surprenant...

Avis:
Du point de vue littéraire: très intéressant. Du point de vue de l'intérêt dans la série en cours: je dois être passé à côté de quelque chose, parce que je ne sais pas du tout.

Fluff:
Vous voulez savoir qui a commandé les fameuses pièces indiquant l'appartenance à la Loge des Luna Wolves? Sejanus vous manque? Cette histoire est faite pour vous. Les autres, passez votre chemin.

 

Calth That Was // La Calth Qui Fut merci à @Rippounet !

Révélation

Mark of Calth/2014/79 pages

Intrigue:
Rippounet:

Une mini-guerre Ultramarrants versus Word Beaters.

 

Schattra:

Ce n’est pas parce que Roboute Guilliman a arraché une égalité aux Word Bearers à la fin de Know No Fear, et décrété qu’il avait mieux à faire que de terminer les dernières poches de résistance à la surface (et en dessous) de la planète dévastée que la guerre pour Calth s’est arrêtée comme par magie. Contrairement au vieil adage terran, le départ des chats-patrons n’est pas synonyme de gigue endiablée pour les souris-sous fifres, et il revient donc à McNeill, Remus Ventanus et Hol Beloth d’apporter une suite à ce qu’Abnett, Guilliman et Kor Phaeron ont commencé. Tout un programme.

 

Notre histoire reprend donc le fil de l’arc Ultramarin (à défaut d’être ultra-marrant) à la fin du roman susnommé, Ventanus ayant été catapulté par la force des événements commandant en chef du théâtre de Calth. Accompagné d’une pléthore de personnages nommés dans Know No Fear1, dont aucun n’est vraiment indispensable à la compréhension de cette nouvelle, l’héroïque Capitaine de la 4ème Compagnie des Ultramarines (hmm… cela me dit quelque chose…) commence par nous gratifier de ses sentiments vis-à-vis de ses adversaires, qui sont peu charitables. C’est bien simple, il a juré d’être celui qui tuerait le dernier Word Bearer de Calth, et d’une façon prohibée par la Convention de New-Geneva. Il a les boules, il a les glandes (progénoïdes), il a les augmétiques qui pendent… et pour montrer à quel point il reste un beau gosse héroïque, il tend une embuscade stupide à une colonne de 600 Word Bearers totalement dépenaillés (ils n’ont même pas de quoi tirer sur leurs assaillants2) avec 200 de ses survivants, réfugiés dans l’Arcologie X avec des centaines de milliers de civils. Pourquoi stupide, vous entends-je demander à travers l’espace-temps ? Eh bien parce que Ventanus dispose de la puissance de feu démentielle des plateformes orbitales de Calth, repassées sous contrôle loyaliste à la fin des événements de Know No Fear. Il n’a donc qu’à demander à son méca-crush, Tawren, d’appuyer sur un gros bouton pour vitrifier avec impunité n’importe quel point du globe. Et au lieu de ça, ce gros rageux de Ventanus préfère exposer ses hommes aux radiations de la surface de la planète et gâcher ses munitions pour massacrer quelques traîtres en état de choc. Théorie : c’est un rageux. Pratique : ça fait badass.

 

Malgré ce rapport de force totalement déséquilibré, Ventanus est tout de même soucieux. Car il sait qu’en face se trouve l’infâme Foedrall Fell, un stratège redouté disposant d’une armée encore suffisante pour donner un intérêt à cette nouvelle. Vent d’anus veut donc éviter que son adversaire attire à lui les autres bandes rescapées de l’ost Word Bearers, ce qui… serait plutôt une bonne chose pour les défenseurs puisque cela leur permettrait d’annihiler les traîtres en un seul endroit. Ou pas. En tout cas, son statut de héros vengeur lui demande d’agir pour se mettre en valeur. Il monte donc une opération de grande envergure pour attaquer le bastion ennemi, entraînant avec lui la majeure partie des défenseurs de l’Arcologie X.

 

De leur côté, les fistons de Lorgar ne se tournent pas non plus les pouces. Nous suivons plus particulièrement un autre chef de guerre de la XVIIème Légion, l’ambitieux Hol Beloth, que sa défaite des mains bleues de Guilliman a plongé dans une dépression post-humaine. Heureusement, il peut compter sur le soutien psych(olog)ique de l’Apôtre Noir Maloq Kartho, qui lui a servi de coach de vie au cours des derniers mois. Beloth se doute bien que Kartho a ses propres plans (normal avec un nom pareil, me direz-vous), mais ce dernier semble avoir acquis une puissance telle que le Capitaine préfère faire sagement ce que son conseiller personnel lui dit de faire. Et Kartho a de la ressource et du vice. Il coordonne notamment les attentats atomiques perpétrés par les fraternités de cultistes encore présentes sur la planète, qui piochent parmi l’arsenal nucléaire disponible à même le sol de Calth pour annihiler des camps de réfugiés, et ainsi faire grimper son compteur d’atrocités. On a par exemple droit à une scène très drôle pendant laquelle une mère courage dépenaillée insiste pour donner un pendentif en forme d’aquila à un Capitaine Ultramarines, qui l’accepte malgré les ordres qu’il a reçus lorsque la madone lui indique qu’Elle (la Sainte) tient à ce qu’il reçoive ce symbole. À la seconde où notre vétéran pose la main sur le bijou, il gagne +40 en perception, repère un convoi suspect, se précipite vers ce dernier… et meurt en même temps que les deux millions de réfugiés entassés dans sa grotte lorsque le Chaos-mikaze fait tout de même détonner sa bombe. MERCI LA SAINTE, HEIN3.

 

Retour à Ventanus et ses petits copains, qui attaquent la forteresse en carton de Foedrall Fell, et s’étonnent de ne croiser personne dans les ruines fumantes de cette dernière, une fois que Tawren a dit le mot magique. Serait-ce une nouvelle manigance de l’ennemi ? Réponse : oui, mais comme ce dernier est aussi intelligent que les Ultramarines, inutile de s’inquiéter pour nos héros. À l’intérieur d’un temple frigorifique, miraculeusement épargné par la déflagration, Ventanus trouve des centaines de Word Bearers empalés dans motif d’étoile à huit branches, avec le redoutablement retors Fell au centre du macabre motif. Empalé aussi (sinon c’est pas drôle), par le bâton de Maloq Kartho. But de l’opération : permettre à des démons de posséder les cadavres des Astartes renégats. Petit problème : les démons en question ne savent pas utiliser les armes de leurs hôtes, et se contentent donc de charger comme des gnous les Ultramarines, qui, après avoir été surpris pendant les vingt secondes réglementaires, les taillent en pièces sans trop de problèmes. On a cependant droit à un petit duel, se finissant en quinquel, entre Ventanus et Fell 2.0, également possédé mais rapidement pulvérisé par le fidèle Telemechrus, qui accomplit ici son petit caméo de rigueur. Voilà un superbe usage d’un bon millier de Space Marines de la part des Word Bearers, suicidés et ranimés pour se battre à nouveau de façon complètement sous-optimale. Et après, on s’étonne qu’ils n’aient pas été foutus de conquérir Calth avec l’élément de surprise.

 

Revenons en donc à Kartho, qui a entre-temps récupéré une bombe virale de la part de son réseau de cultistes, et a insisté pour monter en haut d’un immeuble en ruines avec cette belette de Beloth, soi-disant pour admirer la vue. Nos deux vilains sont donc aux premières loges pour assister à la pulvérisation de la base de Fell par les gros flingues des loyalistes, et Kartho en profite pour révéler à son compagnon que c’est lui qui a tout manigancé, et au lecteur sa gueule de porte bonheur, signe manifeste que l’élévation démoniaque n’est plus très loin. Encore un peu essouflé par l’ascension d’un kilomètre (de dénivelé positif) auquel il a eu droit, Beloth se jure de tuer l’Apôtre à la première occasion (apparemment, c’est tendance chez les Word Bearers de se trahir entre frères), mais n’a pas le temps de mettre son projet à exécution que la ruine branlante sur laquelle ils se trouvent se fait souffler par la déflagration ayant annihilé la forteresse en papier mâché de Fell. Nos deux pieds nickelés tombent donc comme des pierres jusqu’à un lac souterrain, échappant miraculeusement à la mort qui leur était promise.

 

calth-that-was.png?w=300&h=425C’était encore une manigance de Kartho, dont le plan est d’évoluer en Karthotho en massacrant les réfugiés de l’Arcologie X grâce à sa bombe sale, gentiment véhiculée pour lui par son Dreadnought possédé d’agrément, Zu Gunara. Grâce à un coup de bol tout à fait opportun, Beloth trouve un accès menant à la cave loyaliste en revenant à lui, et notre bande d’affreux (Kartho a également invité une escouade de Terminators amphibies à la fiesta) arrive bientôt devant un portail fortifié par les Ultramarines. L’Apôtre Noir ne faisant pas les choses à moitié, cette difficulté est négociée sans problème par l’intervention décisive d’un ingénieur travaillé au corps à l’esprit par Kartho au cours des semaines précédentes, et qui ouvre donc la porte aux chaoteux pendant une transe cauchemardesque, juste avant d’être bolterisé par l’escouade Ultra de faction. Il est toutefois trop tard pour empêcher les assaillants de faire leur entrer dans le camp adverse, laissé dégarni par l’assaut de Ventanus. La résistance démentielle des traîtres leur permet d’avancer sans trop de mal jusqu’au centre de la caverne, où Kartho, dont la transformation en démon frôle les 97%, veut faire exploser sa bombe. De son côté, Beloth s’est mis lui aussi à muter (pour des raisons inconnues), mais a emprunté la voie de l’Enfant du Chaos. Est-ce la fin des haricots pour les fidèles de l’Empereur ? NON ! Car l’impayable Ventanus arrive au dernier moment, grâce au noble sacrifice d’un Land Speeder brutalisé. Le combat s’engage avec Beloth, qui, malgré son physique de déménageur de l’Oeil de la Terreur, finit en bio-compost, victime de son propre athamé que Ventanus lui subtilise et retourne contre lui en désespoir de cause. Il ne reste plus à notre héros qu’à éviter de perdre sa base, ce qu’il fait en précipitant l’empoté Zu Gunara et son précieux chargement à travers la faille vers le Warp que Kartho a ouverte pour s’échapper une fois sa métamorphose complète. C’était moins une.

 

Bilan des courses : les Word Bearers ont perdu bêtement deux personnages nommés au combat, près de deux mille Space Marines (dont la majorité s’est petite-suissidée), et un Apôtre Noir a décidé de devenir free lance. Les loyalistes quant à eux n’ont à déplorer la perte que de quelques seconds couteaux, deux Land Speeders et les jambes du pauvre Selaton. À ce rythme là, la bataille de Calth sera finie avant ce soir...

 

1 : Kiuz Selaton, Lyros Sydance, Ankrion, Barkha, Eikios Lamiad, Telemechrus, Meer Edv Tawren… J’en passe et des meilleurs de l’Empereur. C’est bien simple, McNeill s’est fendu d’un Dramatis Personae en début de nouvelle pour nous aider à nous y retrouver.

 

2 : À moins que ces derniers approchent à moins de six pas, auquel cas ils pourraient leur cracher leur salive acide au visage.

 

3 : Hypothèse, Bruscius (le Capitaine) a mal entendu. Ce n’était pas « la Sainte » mais « l’absinthe » qui a motivé ce don.

 

Avis:
Rippounet:

Du potentiel, mais du vrai McNeill. Des personnages caricaturaux, et un final grotesque. M'bof.

 

Schattra:

Calth That Was est une nouvelle qui n’avait pas vraiment lieu d’exister. J’en veux pour preuve l’intrigue grossipide (un mélange de grotesque et insipide) que nous sert McNeill dans ce beau pavé, dans lequel pas grand-chose ne fait sens. L’auteur semble avoir pris le parti de pousser la kioulitude au maximum, sans se soucier des conséquences, souvent stupides et généralement risibles, que ce morceau de bravoure aurait sur l’équilibre et la vraisemblance de sa nouvelle. C’est bien simple, on dirait que McNeill s’est donné pour défi de reprendre tous les persos SM de son copain Abnett, pour continuer sur la lancée de ce dernier une histoire déjà convenablement terminée par l’intéressé et Meer Edv Tawren à la fin de Know No Fear. Handicapé par le cul de sac narratif dans lequel il s’est lui-même embourbé, l’auteur se rabat sur son amour démesuré pour les Ultramarines (ki son tro cool é tro for é détaist lé Word Béreur mé cé logik), généreusement étendu aux loyaux citoyens d’Ultramar (si courageux ! si disciplinés ! si productifs !), et concentré dans le personnage de Ventri…Ventanus, dont la soif de revanche, pour pure et logique qu’elle soit, le mène à prendre des décisions à la limite de la connerie profonde. En face, les Word Bearers, enfin, Kartho, s’en sort un peu mieux, mais son mode opératoire est tellement coûteux en vie de Space Marines que les loyalistes seraient bien inspirés de laisser leurs adversaires se massacrer entre eux plutôt que de s’embêter à les attaquer. Bref, c’est grossier, clownesque et peu inspiré, et vous pouvez largement vous contenter de Know No Fear, même (surtout) si vous avez apprécié les personnages Astartes d’Abnett.

Fluff:

  • Calth : Les cités et spatioports de Lanshear et de Numinus. Calth avait la réputation d’être le monde le plus industrieux d’Ultramar, et ses habitants les plus productifs et dévoués à leur tâche. Les légendes locales veulent que les arcologies de Calth aient été creusées par un serpent gigantesque.
  • Word Bearers : Fraternités de cultistes places sous le patronage de la Légion: Kaul Mandori, Tzenvar Kaul, Jeharwanate, Ushmetar Kaul.

 

 

Guy Haley (3)

Révélation

 

Le gars Guy a réussi à faire son trou dans le cénacle de la Black Library, jusqu’à s’imposer comme l’un, peut-être pas des meilleurs, mais en tout cas des plus reconnus, contributeurs de cette dernière. Figure assez connue des hobbyistes, notamment du fait de son passage à la tête de la rédaction du White Dwarf dans les années 2010, notre homme peut compter sur un solide bagage de journaliste et écrivain SF, qui n’est sans doute pas étranger à son irrésistible ascension jusqu’au premier cercle de la BL. Auteur agrégé es Hérésie (Pharos, Le Fléau du Loup, La Mort des Titans, et une douzaine de courts formats en sus), biographe de Primarques (Perturabo: Le Marteau d'Olympia, Konrad Curze: The Night Haunter, Corax: Lord of Shadows) et chroniqueur du Siège de Terra (The Lost and the Damned), Haley est un incontournable de 31ème millénaire.

 

The Shards of Erebus // Les Fragments d'Erebus merci à @Rippounet !

Révélation

Mark of Calth/2014/21 pages

Intrigue:
the-shards-of-erebus.png?w=300&h=431Rippounet:

Une chtite histoire sur Erebus.

 

Schattra:

Les romans de l’Hérésie d’Horus ont beau relater avec de nombreux détails les événements capitaux de cette période charnière de l’Imperium, le lecteur peut toutefois se retrouver avec des zones d’ombre persistantes quant aux faits et gestes de ses personnages favoris. Prenez Erebus par exemple : quand il ne chante pas des berceuses à Lorgar avec sa voix de fausset, ou ne complote pas pour insérer des objets pointus et souillé dans le Maître de Guerre, que fait donc le Premier Chapelain Word Bearers de ses journées ? En voilà une question qu’elle est bonne. Heureusement, les nouvelles permettent d’y répondre, et c’est donc dans les quartiers privés d’Abribus dans le Destiny’s Hand que notre histoire commence. Nous y retrouvons notre garnement en train d’organiser un rituel un peu spécial en compagnie de quelques collègues et d’une bande de prêtres groupies. Au centre de toutes les attentions, et bientôt de l’enclume consacrée qu’Erebus a fait installer dans sa chambre, se trouve l’Anathamé volé à l’Interex, et utilisé par notre anti héros pour poker Horus sur Isstvan. Croyez le ou non, mais notre spirituel Word Bearer a décidé de se mettre à la métallurgie1 païenne, et parvient, à grands renforts d’outils maudits et de sacrifices humains, à détacher huit fragments de la lame démoniaque, qu’il confie à son chef Warpsmith pour qu’il fasse pousser de nouvelles armes depuis ces boutures. Après tout dans le Warp, tout est possible. Une fois les couteaux rituels réalisés, il parvient par un habile tour de passe passe à les déposer incognito dans les quartiers de leurs destinataires, qui se trouvent être d’éminents membres de la Légion impliqués dans le plan de Lorgar d’attaquer Calth dans quelques semaines. Malgré le petit mot gentil attaché à chaque poignée, les cadeaux ne sont toutefois pas bien reçus par la plupart de leurs cibles. Après tout, ne dit-on pas que les couteaux coupent l’amitié, déjà bien rare parmi les gros bonnets du XVIIème ? C’est donc en grommelant que six huiles de la Légion se rendent dans la salle de réunion où Erebus les a convoqués, afin de lui rendre la monnaie de sa pièce.

 

Auparavant, notre fieffé coquin de Chapelain s’est offert un petit congé totalement sabbatique sur Davin, et est parti sac au dos retrouver sa vieille comparse Akshub, qui l’avait aidé à convertir Horus au Chaos après son tête à tête avec Eugen Temba… et un tout petit peu égorgé au passage, ce dont il lui tient rigueur. Cependant, c’est avec humilité qu’Erebus aborde la vieille chamane, car il a besoin d’elle pour apprendre à utiliser les pouvoirs les plus subtils des athamés qu’il a apporté avec lui. Et pour être subtils, ils sont subtils. Un peu comme le poignard subtil de La Croisée des Mondes, pour les gens culturés parmi vous. Pour les autres, voici ce qu’Ephèbe Russe voudrait apprendre à faire : fendre la « paroi » du Materium pour accéder au Warp, et pouvoir ainsi voyager aussi rapidement et discrètement qu’un message envoyé sur Periscope. Pratique pour aller chercher un colis à la Poste sans devoir poser une demi-journée de RTT. Mais également pour gagner un marathon sans se fouler. Ou encore, pour les plus grands maîtres, prendre des bières dans le frigo de la cuisine sans se lever de son canapé. Pour Erebus, cela permettra de glisser ses cadeaux directement dans les piaules de ses collègues, et montrer ainsi à ces derniers à quel point il est trotro mystérieux et über cool… Mais également à s’éclipser rapidement en cas de pépin pendant l’attaque de Calth. À chacun ses motivations.

 

Bien qu’Atchoum la chamane ne soit pas franchement emballée par le retour du gros tatoué, elle s’attendait à ce dernier et accepte donc de lui apprendre cet art délicat. Que l’élève moyennement doué Ducobus arrive à maîtriser au 64ème jour (wink wink), après avoir probablement sacrifié l’équivalent de la population de Vesoul dans ses tentatives laborieuses. Qu’importe, une fois qu’il a enfin chopé le pli, il ne se gène pas pour multiplier les sorties scolaires et solaires, allant jusqu’à éteindre son radio réveil dans sa cabine du Destiny’s Hand (merci pour les voisins) alors que le vaisseau naviguait dans le Warp. Ça gère la fougère, comme on dit sur Caliban. Ceci fait, il ne reste plus à notre zéro qu’à trucider consciencieusement sa prof, comme cette dernière s’y attendait (aussi). Elle n’oppose donc aucune résistance à son bourreau, qui réalise toutefois au moment de grignoter le palpitant de sa tutrice qu’Akshub avait reçu la visite d’un être encore plus trotro mystérieux et über cool que lui. Erebus est donc colère. Mais au moins, il a des athamés consacrés et la capacité de les utiliser pour faire des sick tricks. C’est déjà ça.

 

Ce petit flashback expédié, nous retrouvons la salle de réunion des Word Bearers, où le ton est rapidement monté entre les augustes invités de ce meeting surprise. Après que Kor Phaeron ait bien fait comprendre à tout le monde qu’il était spécial et différent et supérieur2, et déclenché une guéguerre d’égo et de gogos avec le tout aussi antipathique Quor Vondar, Archiviste en chef de la Légion, les Space Marines rassemblés ont la bonne idée de sortir leur engin pour le comparer à celui des copains. Et là, surprise, il y en a des droites, des tordues, des ondulées, et même, dans un cas que nous laisserons anonyme pour ne pas stigmatiser son possesseur, des fourchues. Il faudrait penser à consulter. Sur ces entrefaites, Erebus arrive avec un modeste Sergent, auquel il remet le septième athamé, au grand outrage des autres présents. Il en faut cependant plus pour décontenancer notre Chapelain, qui annonce enfin le sens de ce don si particulier… Ou pas. On devra donc se contenter d’un « la force est puissante avec vous », ou l’équivalent 40K. Le plus important pour Erebus, et pour Haley, est que les couteaux à fromage soient en la possession des bons individus avant que l’attaque sur Calth ne commence. Le reste est entre les mains de la destinée…

 

1 : Ou plus précisément, au plastique fou, la lame de l’Anathamé n’étant ni en métal, ni en pierre.

 

2 : J’en suis au point où je ne lis plus Kor Phaeron mais Karen Phaeron. C’est typiquement le gars qui demande à parler au Primarque lorsque la réponse du Capitaine lui déplaît.


Avis:
Rippounet:

Bon c'est pas trop mal écrit et potentiellement intéressant, surtout qu'Erebus est un personnage quand même central. Mais au final ça ne donne pas grand chose à part constituer une introduction à quelque chose qui viendra dans un autre bouquin. M'bof.

 

Schattra:

Exemple typique d’une nouvelle de l’Hérésie ayant « mal vieilli », The Shards of Erebus est handicapé par la présence de personnages de niche dans son casting (les participants de la session tupperware d’Erebus, ce dernier et Kor Phaeron mis à part), et le choix de l’auteur de nous survendre du mystère et du mystique pour au final ne pas nous révéler grand-chose. Conséquence : à moins de connaître sur le bout des doigts le déroulé de la bataille de Calth, pendant laquelle certains des Word Bearers identifiés ici joueront un rôle prépondérant avec leurs rites et leurs couteaux, le lecteur se trouve en face d’une nouvelle certes sympathique, mais assez cryptique en termes de conséquences pour la suite de l’histoire.  Le trip chamanique d’Erebus sur Davin, s’il permet d’en finir avec un personnage mineur des premiers temps de l’Hérésie, tient également plus du détail que de la révélation. Rien de rédhibitoire au final, mais la manière dont Haley fait monter la sauce pendant vingt pages pour au final nous planter là (ironique pour une nouvelle consacrée à des couteaux) m’est restée en travers de la gorge, comme le coupe chou d’Akshub pour Erebus. Mettons cette petite déception sur le coup de la « timidité » d’un Haley qui faisait ses débuts dans la série, et voulait sans doute assurer en prenant la suite de l’intrigue d’Abnett dans Know No Fear, et passons à autre chose.


Fluff:

  • Athamé : Il est possible de les faire « pousser » depuis un éclat d’un autre athamé, en les plongeant dans du sang de démon. Ils peuvent être utilisés pour tailler un passage du monde réel vers le Warp, et permettre à leur porteur de voyager très rapidement, ou pour convertir ceux qu’ils blessent au Chaos.
  • Word Bearers (Personnages nommés): Guldire, Chief Warpsmith d’Erebus. Quor Vondar, Chef Archiviste des Word Bearers. Kor Phaeron est le Premier Capitaine, le Sombre Cardinal (rq : Argel Tal est le Cardinal Rouge) et le Maître de la Foi.
  • Word Bearers (Vaisseau nommé) : Le Destiny’s Hand est le vaisseau personnel d’Erebus.

 

Grandfather's Gift // Le Cadeau du Grand-Père 

Révélation

Black Library Celebration 2019/2019/16 pages

 

Intrigue :

grandfathers-gift.png?w=532Le propos de notre récit se situe dans un jardin public, où un clochard toxicomane émerge péniblement d’un sniff de crack frelaté, dans une tenue étrange et avec une très vague idée de qui il est et ce qu’il fait là. Vous allez me dire : « C’est pas une nouvelle de l’Hérésie ça, c’est la Villette un mardi matin classique ». Vous auriez raison, sagaces lecteurs, ne serait-ce que pour les quelques détails ci-après : le jardin est géré par le NURGLE (Node Urbain de la Régie Générale de Laval Est), le clochard est un Primarque, et la mémoire qui lui revient progressivement lui apprend, et nous avec, qu’il est Mortarion, seigneur de la Death Guard.

 

Malgré ces débuts prometteurs, Morty se demande bien comment il est arrivé dans ce bouge, lui qui aux dernières nouvelles travaillait tranquillement dans son laboratoire de la planète de la peste à quelque grand dessein arcano-technologique. Plus curieux qu’inquiet devant le charme sauvage de l’endroit, à mi chemin entre le jardin anglais dans toute sa bucolique liberté et le fond d’un baril d’eau lourde oublié dans un terrain vague de Chernobyl, notre Primarque décide de partir en vadrouille, espérant trouver un agent municipal qui lui indiquera la station de tram la plus proche pour l’Oeil de la Terreur. Au bout de quelques secondes/minutes/heures/jours/mois/années/siècles/éons, il finit par tomber sur un Grand Immonde, en chair autant qu’en larmes, auprès duquel il s’enquiert poliment des raisons de son tracas. On a beau dire ce qu’on veut des qualités paternelles de l’Empereur, il a su inculquer à ses fils des manières tout ce qu’il y a de plus urbaines.

 

Khu’gath, car c’était lui, se fait un plaisir de rafraîchir la mémoire du dormeur du val, le taquinant au passage sur son aveuglement volontaire, et hilarant, quant au fait qu’il soit un psyker, appellation que Mortarion refuse catégoriquement1. Toujours totalement perturbé par une enfance difficile et un complexe d’Œdipe asymétrique (il veut tuer son père et… tuer son père) mal digéré, notre héros atrabilaire ne démord pas qu’il est un scientifique et non un praticien des arts occultes, ce que Khu’gath, conciliant, finit par lui accorder. En guise de cadeau d’adieu, l’affable démon a la bonté de remodeler le Primarque a sa véritable image, ailes de bourdon (l’animal totem de Mortarion) incluses, et de lui souffler à l’oreille la raison de sa venue à Neverland. Le bon Papa Nurgle lui a organisé une chasse au trésor pour le récompenser de sa piété, et l’âme de son beau-père l’attend quelque part sous les frondaisons moites de son jardin.

 

« Bon sang, mais c’est bien sûr ! » s’exclame Mort Shuman, qui s’envole à tire d’aile chercher la récompense qu’il poursuit depuis si longtemps, et qu’il finit par trouver, disséquer et enfermer dans une fiole en un tour de faux. Satisfait d’avoir rayé cet important item de sa to do list personnelle, Mortarion peut enfin regagner ses pénates et appeler son psy pour convenir d’une prochaine séance, se jurant au passage qu’il finira par régler ses comptes avec son autre père, dont la lampe torche psychique clignote en lisière du jardin de Grand-Père Nurgle. Pépé ou Papy, il fallait choisir, et il a choisi! 

 

1 : « Tu es un sorcier, Mort- » « AGNANANANA, JE N’ENTENDS RIEN-EUH !»

 

Avis :

Grandfather’s Gift a beau se concentrer sur un épisode somme toute négligeable de la saga de Mortarion, personnage l’étant – jusqu’à récemment – tout autant en termes d’importance sur le lore de 40K, sa (courte) lecture n’en demeure pas moins intéressante, en ce qu’elle permet à Haley de poursuivre sa description pour le moins contrastée du Primarque de la Death Guard, déjà généreusement ébauchée dans Plague War : celui d’un être totalement paradoxal, qu’il est le seul à ne pas voir, ce qui a la fâcheuse tendance à miner son autorité naturelle. Prince Démon jurant ses grands dieux qu’il a réussi à dompter les forces du Chaos à force d’études et d’analyses tout ce qu’il y a de plus scientifiques, Morty apparaît comme un être aussi amer que pathétique, ce qui contribue à le rendre intéressant, même si la frontière est fine entre profondeur tourmentée et ridicule patenté. L’autre trait notable de son caractère, le mépris souverain qu’il semble éprouver envers toute chose (la condition humaine, ses frères, ses pères) pourrait tout autant le magnifier que le plomber, si utilisé de manière peu fine par un auteur en manque d’inspiration1. Affaire à suivre, donc.

 

1 : L’extrait gratuit de La Dague Enfouie de James Swallow me fait ainsi redouter le pire pour le DG de la DG, qui apparaît comme le pion d’un Typhus même pas respectueux de son père génétique, sans que ce dernier ne s’en offusque.

 

Fluff:

  • Mortarion (personnalité) : Ce Primarque est un être de contrastes et de paradoxes. C’est un humain qui n’est pas humain, un sorcier qui méprise la magie, un sauveur qui est devenu damnateur, un fils chéri qui déteste ses pères. Il est attiré par la recherche de connaissances, à laquelle il s’adonne de manière scientifique, mais a condamné l’un de ses frères (Magnus) pour cette même raison. Il n’éprouve que de l’amertume envers ses frères Primarques. Lorsque l’Empereur est venu le chercher, il a cru percevoir de la déception chez ce dernier, ce qui l’a durablement marqué. Il a consacré une grande partie de son temps depuis la fin de l’Hérésie (sept fois cent ans) à traquer l’âme de son père adoptif dans le Warp pour se venger de lui (rq : cela pourrait expliquer sa relative inactivité de manière fluff). Cette tâche accomplie, il désire maintenant régler ses comptes avec son véritable père.

  • Mortarion (apparence) : Avant de devenir un Prince Démon, Mortarion était de constitution mince et élancée (pour un Primarque), avec de traits blafards émaciés et de longs cheveux ternes lui balayant les joues. Il était revêtu d’une armure de plates inspirée de la culture de Barbarus, intégrant un respirateur distillant l’air empoisonné de son monde natal. Il manie un pistolet appellé la Lanterne (Lantern) et une faux de guerre nommée le Silence (Silence). Après avoir mutilé et capturé l’âme de son premier père dans les Jardins de Nurgle, il la garde captive dans une fiole qu’il arbore à la ceinture. Le changement le plus notable apporté par son ascension est l’apparition d’ailes insectoïdes dans son dos. 

 

Duty Waits

Révélation

Heralds of the Siege/2018/12 pages

 

BLPROCESSED-Duty-Waits-cover.jpgIntrigue:

Sur Terra, les loyaux défenseurs de l’Empereur ne savent plus quoi inventer pour tuer le temps. Nous suivons ainsi le quotidien à la fois morne et stressant de deux Astartes de la VIIème Légion, le Capitaine Maximus Thane de la 22ème Compagnie, et le poussin Kolo, fraîchement diplômé de la promotion Eltaune Jaune, alors qu’Horus n’en finit plus de faire traîner son quart d’heure d’impolitesse. Alors que Max’ a au moins le loisir de faire un peu d’exercice à la tête de ses hommes, qu’il emmène régulièrement faire des joggings sur le mur d’enceinte du Palais1, Kolo est assigné au support informatique de ce dernier, et, entre deux appels d’un certain M. Alcador, qui éprouve toutes les peines du monde à envoyer un mail ou à ouvrir une pièce jointe (et qui oublie une fois sur deux d’allumer son écran), doit gérer une bien pesante inactivité. Car, il faut bien le reconnaître : il ne se passe pas grand-chose d’intéressant sur Terra d’un point de vue strictement apocalyptique. Bref, les journées sont longues2.

 

À défaut de s’améliorer franchement, les choses évoluent un peu pour nos protagonistes après le départ de la flotte en destination de Beta-Garmon. Bien qu’ils n’aient pas eu la « chance » de faire partie des heureux élus envoyés au casse-pipe contre les renégats, Thane et Kolo ont en effet reçu de nouvelles affectations. Le Capitaine a ainsi la chance, la joie et l’avantage de faire le planton à 300 mètres au dessus d’un square fréquenté par les civils du Palais, afin de rassurer et d’inspirer ces derniers. Malheureusement, les cadences infernales de travail auxquelles sont soumises les masses laborieuses de Terra, les conditions météorologiques détestables de la région, et le manque d’intérêt du spectacle (les gars restent vraiment plantés comme des piquets pendant des heures, à tel point que son Lieutenant manque de déclencher une alerte jaune quand il voit Thane lever les yeux vers le ciel) viennent contrarier cette noble initiative de propagande. Ils auraient jonglé avec leurs bolters, ça aurait eu plus de gueule, moi je dis. Pour se distraire, Maximus imagine ce qu’il se passerait s’il se laissait tomber depuis le mur, et calcule les probabilités jusqu’à la 15ème décimale de sa survie en fonction de paramètres divers, comme l’écartement de ses bras pendant la chute, l’atterrissage sur un quidam, ou encore la vitesse de croisière d’un Stormbird (africain) non chargé. Il soupçonne que le développement d’un passe-temps tel que le suicide mental pourrait peut-être trahir un léger début de névrose, mais cela ne l’empêche évidemment pas de faire son devoir.

 

De son côté, Kolo participe à l’opération Sentinelle II (la première ayant pris place 28.000 ans plus tôt, même si personne ne s’en souvient), ce qui lui donne l’occasion d'interagir avec les civils que Thane ne voit que de loin. Entre deux contrôles d’identité et palpations aléatoires, le voilà sommé avec son escouade d’intervenir en support des forces de l’ordre, débordées par une foule hostile car affamée. La distribution du pain quotidien ayant en effet annulée sans prévenir, une poignée d’Arbites doivent calmer les velléités meurtrières de quelques milliers de mal-contents. L’arrivée des gilets plastrons jaunes n’a pas l’effet escompté, pas plus que les talents oratoires et diplomatiques, assez limités il faut bien le reconnaître, du Sergent Benedict ne permettent de désamorcer le conflit latent. Ce qui doit arriver arrive, et les manifestants commettent l’erreur de charger leurs protecteurs, qui répondent par une rafale de bolter dans le plus grand des calmes. 80 douilles très exactement plus tard, l’incident est clos, au prix d’un petit millier de morts seulement. Voilà qui mérite bien un honneur balistique, il me semble. Bref, sur Terra il n’y a pas que le temps qu’on tue.

 

1 : En revanche, pas question de traverser la route avant que le petit bonhomme ne passe au vert jaune. Sous peine de mort.

 

: Il est d’ailleurs murmuré dans les cercles autorisés que c’est la surutilisation de leur membrane cataleptique pour faire passer le temps plus vite pendant leur interminable garnison sur Terra qui a entraîné la dysfonction de cette dernière chez les Imperial Fists et leurs successeurs.

 

Avis:

Dans la série des nouvelles de C.A.L.T.H.1 constituant une partie non négligeable du recueil Heralds of the Siege, Duty Waits se place en tête de peloton par ses importants apports en termes de fluff, ainsi que par la réussite de Haley à faire ressortir la torture mentale que représente cette attente interminable pour les défenseurs, fussent-ils des transhumains conditionnés et entraînés pour faire face à toute situation. Et les Space Marines ont beau ne pas connaître la peur, l’Empereur n’a rien dit ni prévu en ce qui concerne l’ennui, ce qui peut mener même les soldats les plus disciplinés à commettre quelques regrettables boulettes. Dans cette ambiance de Désert des Tartares, Thane et Kolo vivent chacun leur propre enfer, et se retrouvent, sans le savoir, complices d’une exaction qui ne manquera pas de venir les hanter après l’Hérésie. Sur le thème, déjà couvert de nombreuses fois mais tellement central pour la série qu’on pardonnera aisément cette nouvelle itération, du sacrifice des fins en faveur des moyens, Haley parvient à brosser un portrait singulier et sinistre du Monde Trône avant que l’apocalypse ne s’y déchaîne, et préfigurant sans le savoir la dictature brutale, liberticide et usine-à-gazesque que deviendra l’Imperium, autrefois « simple » despotisme éclairé et progressiste, une fois la guerre civile terminée. Et si la question du « mais comment en est-on arrivés là ? » est la plus importante à laquelle l’Hérésie d’Horus doit répondre, alors on peut considérer Duty Waits comme une vraie réussite.

 

1 : Calme Avant La Tempête Horusienne.

 

Fluff:

  • Terra (Environnement) : Après l’Unification, l’Empereur a initié une campagne de réhabilitation de Terra, incluant une dépollution de l’atmosphère. L’Hérésie mit fin à cette noble entreprise, les ressources consacrées à ce programme ré-affectées à des besoins plus pressants.
  • Palais Impérial (Fortifications) : Les patrouilles Imperial Fists sur les murs du Palais Impérial peuvent mobiliser jusqu’à une Compagnie entière de Space Marines (soit 500 Astartes, selon les standards de l’époque).  Les chemins de ronde du Mur Antérieur sont suffisamment larges pour permettre à des escadrons de blindés de progresser à cinq de front, et ne restent jamais plus d’un quart d’heure sans passage de patrouille. Depuis l’attaque de l’Alpha Legion sur Terra, les défenses ont été relevées à un tel niveau qu’il faut une heure à chaque patrouille pour passer redoute du mur, qui en compte de dizaines. Chaque Space Marine doit se plier à des tests individualisés, intégrant des contrôles biométriques, génétiques et mécaniques, en plus d’un mot de passe – changeant tous les jours, et propre à chaque soldat – à donner (rq : et l’esprit de la machine de son armure doit donner son mot de passe personnel, des fois qu’un Loyaliste soit dupé par sa cuirasse). Les cieux de Terra ont été vidés des plateformes orbitales qui les occupaient avant l’Hérésie, à l’exception de la plateforme Skye, qui orbite autour de l’aile ouest du Palais. Pris au piège par les mesures sécuritaires décrétées par les autorités, beaucoup de sujets impériaux se sont retrouvés à devoir survivre dans des zones où ils n’avaient ni le droit d’être, ni le droit de partir.
  • Palais Impérial (Géographie) : Les enceintes concentriques des murs d’enceinte protégeant le Palais Impérial intègrent le Mur Antérieur, de 600 milles de pourtour, à l’intérieur duquel se dresse le Mur d’Eternité et la gigantesque Porte du Lion (elle est décrite comme étant plus grande que certaines montagnes), et s’étend le spatioport du même nom. Bien que 200 milles la sépare des créneaux du Mur Antérieur, elle est clairement visible depuis ce dernier. Le Mur Antérieur compte six portes, séparées chacune de 89 milles (rq : c’est Haley qui a fait les maths, et on va lui faire confiance sur ce point).
  • Imperium (Technologie) : Les contraintes techniques et logistiques nées de l’Hérésie, ainsi que la crainte de voir des technologies trop avancées être détournées par les traîtres, ont conduit l’Imperium à favoriser le retour à des technologies basiques, mais fiables et robustes. Cet état d’esprit s’est ancré durablement dans la culture impériale et a survécu à la fin de l’Hérésié, et explique le conservatisme mystique qui est toujours à l’oeuvre dix millénaires plus tard.
  • Imperial Fists (mentalité) : La Légion de Dorn est réputée pour l’attention qu’elle porte aux détails et la discipline dont elle fait preuve. Ses membres sont des plannificateurs méticuleux, et maîtrisent parfaitement probabilités et statistiques (rq : ils doivent être meilleurs à 40K que les World Eaters alors).
  • Recorders (Administratum) : Ce département de fonctionnaires a été créé pour collecter, agréger et computer les données provenant des mondes conquis par la Grande Croisade, afin de faciliter leur gestion et exploitation par l’Imperium. Il a continué à opérer pendant l’Hérésie, bien que nul ne sache à quoi ses membres occupaient leurs journées, ni à qui leurs rapports servaient.
  • Beta Garmon : Le rassemblement des forces loyalistes dans ce système fut le plus important depuis le commencement de l’Hérésie.

 

 

James Swallow (2)

Révélation


The Voice // La Voix merci à @la queue en airain, @Kaelis et @ziafab !

Révélation

Tales of Heresy // Chroniques de l’Hérésie/2010/64 pages

Intrigue:
the-voice-mp3.jpgla queue en airain:
La suite de la fuite d'Enstein avec sa petite patronne sista du silence dans une nouvelle mission à haut risque. L'histoire se passe dans le warp, entre deux vaisseaux noirs, un qui est à la dérive et l'autre de notre héroïne qui est missionnée pour enquêter. Bref, des sistas et du psyker sont au moins des ingrédients du truc. On ne peut guère en dire plus sans raconter la fin puisqu'il n'y a pas grand-chose à se mettre sous la dent.

Kaelis:
Nan, nan, naaaaaaan! C'était super bien parti cette histoire d'investigation du vaisseau façon Space Hulk (bon, j'ai pas bien compris comment elles avaient trouvé un vaisseau perdu dans le Warp, mais passons), avec des sistas pleines de caractères, que ce soit la Novice, le Chevalier Amandera ou l'autre excitée balafrée. Et à partir du moment où elles rentrent en contact avec la Chose, ça devient n'importe quoi. Pourquoi la Novice ferait-elle un massacre sur un de ses propres navires? De quoi veut-elle prévenir Amandera (de l'Hérésie? Muhahahaha) ?
Alors forcément, explosion finale, la Novice meurt et la Méchante balafrée s'en sort et nous tape un sermon en fin de nouvelle.


ziafab:
Nouvelle axée sur deux corps impériaux peu traités dans les romans de la BI : les soeurs de silence et les Vaisseaux Noirs. Honnêtement,rien que pour ça cette nouvelle est sympathique.

 

Schattra:

Sur l’Aeria Gloris, l’ambiance est lourde et la parole rare. Ceci est notamment dû à la fonction de ce vaisseau et à la nature de son équipage, respectivement assurer le ramassage solaire des Psykers sauvages de l’Imperium, et Sœurs du Silence, mais pas que. L’expérience horrifique vécue par nos héroïnes, la novice Leilani Mollitas et sa maîtresse d’alternance Amendera Kendel sur Luna il y a quelques semaines, où elles ont vu la lune de l’agent infectieux ramené par cet arriviste de Garro après sa fuite éperdue d’Isstvan, pèse en effet sur leur conscience, tout comme la nouvelle de la trahison du Maître de Guerre. Et, si Kendel, en sa qualité d’Oblivion Knight, ne peut s’épancher sur cette expérience traumatisante1, Mollitas, qui n’a pas encore prêté le Serment de Tranquilité, est libre de vider son sac, ce qu’elle ne se prive pas de faire. Car la jeunette est bavarde, ce qui risque de compliquer la suite de son parcours professionnel, mais passons. La séance thérapeuthique est toutefois interrompue par l’arrivée de Thessaly Nortor, adjointe de direction de Kendel, qui permet à Swallow d’en venir aux faits de sa nouvelle. L’Aeria Gloris a été envoyé s'enquérir du destin du Validus, autre Vaisseau Noir ayant cessé de donner des nouvelles depuis plusieurs semaines, et donc supposé perdu corps et biens (et âmes). Le Validus étant chargé à ras bord de Psykers au moment de sa disparition, les autorités compétentes n’ont rien voulu laisser au hasard et la mission des Dagues de Tempête de Kendel est de localiser, sécuriser ou oblitérer le vaisseau égaré ou damné. Fait rare, et à la limite du blasphématoire pour les muettes à chignon, la dernière transmission du Validus contenait un message audio dans lequel on entend une Sœur parler et mettre en garde ses auditeurs contre « La Voix… LA VOOO !!! ». Voilà qui est bien étrange et sinistre.  

 

Au prix d’une entourloupe fluffique ayant pour but de renforcer l’ambiance lourde de son récit, Swallow enchaîne en permettant à l’Aeria Gloris de localiser sa proie dans le Warp et de s’amarrer à ce dernier dans le Warp (toujours), après une savante manœuvre visant à la mise en commun des champs de Geller des deux vaisseaux. Je ne suis absolument pas convaincu que cela soit possible, mais sinon, la nouvelle se termine sur une photo de Kendel en train de faire : ¯\_()_/¯, alors on lui fera grâce pour cette fois. Téléportée avec son escouade sur le Validus, Kendel ne met pas longtemps à se rendre compte que quelque chose de pas très funky s’est passé sur le vaisseau, comme démontré par la poutre d’acier vieille de plusieurs millions d’années que la taskforce trouve sur son chemin vers l’animalerie de bord. OK, ce n’est qu’un signe parmi le tombereau de manifestations flippantes que les Sistas croisent lors de leur balade dans le cargo abandonné, mais c’est le premier alors autant commencer par là.

 

Etant parvenues jusqu’au pont de commandement, après avoir euthanasiées par le feu un mastiff charognard et constaté que certains membres de l’équipage ne sont pas morts, mais en état végétatif, Kendel et son crew se repassent les dernières entrées du capitaine de bord, et apprennent que le Validus a pris position dans le Warp, étrangement calme à cet endroit, suite à la réception d’un ordre siglé S.O.S2, un peu bizarre dans sa formulation, mais néanmoins tout à fait valide. Malheureusement, l’expérience a eu des effets indésirables sur la cargaison de Psykers, dont certains ont été libérés par des interventions mystérieuses, et foutus un boxon monstre à l’intérieur du vaisseau. Ce constat angoissant est encore renforcé de la découverte par Mollitas des astropathes de bord, pendus dans leur studio. Il en faut toutefois plus pour décourager Kendel d’enquêter sur le sort de l’équipage de Sœurs du Validus, placé sous le commandement de son ennemie intime, cette pimbêche d’Emrilia Herkaaze. Les Jeannettes reprennent donc leur route dans la joie et la bonne humeur, en chantant (dans leur tête évidemment), Un Kilomètre À Pied.

 

Après avoir réchauffé un cryokene complètement givré (en même temps…) en chemin, Kendel et ses oies finissent par localiser une Sœur isolée, plongée dans une méditation profonde au milieu d’un couloir. Ô surprise, il s’agit de Herkaaze, qui émerge de sa transe à l’arrivée des renforts, et leur explique qu’elle a ordonné à ses suivantes d’établir un cordon anti-psy dans le vaisseau pour empêcher le Gestalt, ou l’agglomérat de psykers, situé un peu plus loin d’accéder au pont de commandement. Maintenant que les renforts sont arrivés, l’autoritaire Serre Blanche, qui en veut toujours à Kendel du souvenir cuisant de leur opération commune sur Sheol Trinus, est déterminée à régler le problème une fois pour toutes, même s’il faut pour cela laisser la fidèle Nortor faire des salutations à la lune en arrière garde pour ne pas briser le périmètre de sécurité…

 

Révélation

…Kendel, Mollitas et Herkaaze parviennent, après de durs combats contre la ménagerie de Psykers perturbés errants dans les couloirs, jusqu’à leur objectif, que l’on peut littéralement décrire comme un groupe de parole. En effet, une assemblée de Psykers contrôlés par le même esprit est en train de danser un an dro dans un hangar, faisant signer à Herkaaze la phrase fatidique (mais attendue avec ferveur par votre serviteur). Contrairement à ses petits camarades de jeu, le Gestalt, ou la Voix, ne semble pas intéressée par l’annihilation des Nulles l’ayant débusquée dans sa tannière. Au contraire, elle insiste qu’elle doit communiquer un message très important à rien de moins que l’Empereur, car elle vient d’un futur pas vraiment lointain mais définitivement en guerre, que ses révélations pourraient permettre de contrecarrer. Déjà pas franchement encline à l’écoute bienveillante d’un ramassis de Psykers à la mentalité d’un banc de sardines, Herkaaze manque de s’étouffer dans son fluff lorsque la Voix déclare qu’elle est en fait la manifestation psychique de Mollitas, qui a trouvé un moyen de voyager dans son passé pour tenter de circonscrire l’Hérésie d’Horus. C’en est trop pour la puritaine Herkaaze, qui pourfend Mollitas jeune en hurlant signant ~C’EST PAS SUR TARAAAAAAAAN !!!!~, provoquant une réaction en chaîne spatio-temporelle menant à une…extinction de Voix (badum-tss). Dans la panique générale qui s’en suit, Kendel tombe dans un trou et se cogne la tête, tombant dans une inconscience bien pratique pour insérer une petite ellipse.

 

Et comme par hasard, lorsqu’elle revient à elle, c’est dans une cuve de bacta de l’Aeria Gloris. Face à elle, cette voyeuse d’Herkaaze, ayant elle aussi survécu au voyage retour, a l’amabilité de la briefer sur la fin de l’expédition. Secourue par Nortor, qui l’a ramenée au prix de sa propre vie sur l’Aeria Gloris, Kendel a passé plusieurs jours à récupérer de sa mauvaise chute. Herkaaze et quelques unes de ses Serres Blanches ont réussi à s’échapper du Validus, détruit par une vague de senescence accélérée en utilisant des capsules de survie3. Toujours choquée par le meurtre de sa novice de la main de sa rivale, Kendel l’est encore plus par la prise de parole de cette dernière, qui ce faisant brise son Vœu de Tranquilité. Herkaaze semble avoir été durement éprouvée par l’expérience du Validus, et s’en va en murmurant sur la nature divine de l’Empereur, autre signe manifeste d’un esprit dérangé. Kendel aura tout loisir de régler ses comptes avec sa collègue une fois qu’elle aura décuvé…

 

1 : Durant laquelle elle a failli prendre la mouche.

 

2 : Sisters of Silence, évidemment.

 

3 : Qui doivent donc disposer de leurs propres champs de Geller (à moins qu’une Sœur du Silence suffise à le remplacer).


Avis:
la queue en airain:
Pas grand-chose à dire, c'est du Swallow, le type n'est pas clair dans sa tête et on le sent dans la nouvelle qui est brouillon.

Kaelis:
Tout ça pour dire que le 31ème, ben c'est comme le 41ème, de toute façon c'est les méchants qui gagnent, 40k c'est pas pour les kikoulol. Blasant.


ziafab:
Le début est vraiment passionnant mais plus le récit avance, moins il captive. Jusqu'à la fin que j'ai trouvé baclée.

 

Schattra:

Etrange nouvelle que ce The Voice, dans laquelle James Swallow parvient à faire du très bon comme du très mauvais. Parmi les bons points, mettons au crédit de l’auteur l’ambiance angoissante savamment instillée et maintenue pendant les trois quarts de son récit, ainsi que les nombreux éléments de fluff touchant à l’organisation des Sœurs du Silence et des Vaisseaux Noirs égayant ce dernier. À l’inverse, Swallow prend parfois des libertés excessives avec ce même fluff pour faire tenir son intrigue, et son utilisation d’une boucle spatio-temporelle en guise de rebondissement final m’est apparue comme assez grossière. Outre le fait que ce genre de procédé génère invariablement des paradoxes et questions que même les plus grands esprits de la SF (catégorie à laquelle James Swallow n’appartient pas) ont du mal à cadrer de façon satisfaisante, la nature même de la voyageuse temporelle vient encore complexifier l’opération décrite par l’auteur. En l’état, mon ressenti à la deuxième lecture (la première ayant suscité une réaction bien plus tranchée de ma part) de The Voice est que Swallow en a trop ou pas assez dit sur cette histoire de voyage temporel. Il s’agit typiquement d’un sujet qui devrait être couvert dans un roman, et pas dans une nouvelle d’une soixantaine de pages (dans laquelle cette révélation occupe royalement cinq pages au total, qui plus est). Peut-être que la suite des aventures de Kendel (pas encore lue de ma part au moment de l’écriture de cette chronique) a vu James Swallow creuser un peu cette histoire, mais pour l’heure, c’est trop nébuleux pour mériter un pouce vert. 

Fluff:

  • Sœurs du Silence (Organisation) : Appelées les Filles des Portes (Daughters of the Gates) par les citoyens de l’Imperium. Le gène Paria, responsable des capacités anti-psychiques des Sœurs du Silence, est extrêmement rare (1 pour plusieurs milliards), beaucoup plus que le gène Psyker (1 pour 1 milllion). Elles prêtent le Serment de Tranquilité (Oath of Tranquility) à la fin de leur noviciat, et ne parlent plus jamais. Elles utilisent plusieurs langages des signes : le ThoughtMark est employé pour les messages complexes, et se concentre sur des mouvements des doigts. Le BattleMark est plus ample et directif, et utilisé pour diriger des troupes au combat. L’Orsköde est utilisé pour communiquer sans ligne de vue. Le résultat est semblable à des cliquetis métalliques. Elles utilisent des animaux dressés pour traquer et neutraliser les Psykers, comme des mastiffs augmentés (stimulants, crocs et griffes en acier) appelés en-dogs. On connaît les cadres des Dagues de la Tempête (Storm Daggers) et des Serres Blanches (White Talons).
  • Vaisseaux Noirs : Le nombre et l’emplacement de la flotte de vaisseaux noirs ne sont connus que des Sœurs du Silence senior, du Conseil de Terra et de l’Empereur. Les Psykers testés dans les Vaisseaux Noirs et jugés aptes au service sont envoyés dans la Cité de Vision (City of Sight) sur Terra, et intégrés dans les chœurs astropathiques après avoir été entrainés. Les vaisseaux de la Divisio Astra Telepathica comportent des sections insonorisées grâce à la technologie aphonoria. En cas d’accident grave ne pouvant pas être contrôlé par l’équipage, la procédure est de libérer un agent Life Eater dans le vaisseau pour neutraliser tous les Psykers capturés. Les astropathes et navigateurs des Vaisseaux Noirs sont maintenus dans des environnements protégés à bord, mais leur espérance de vie est beaucoup plus faible que celle des Psykers servant sur des vaisseaux normaux.  On connaît les vaisseaux Aeria Gloris, Validus (détruit) Honour Haltis (détruit) et White Sun (détruit).
  • Personnage nommé : Sœur Commandante Jenetia Krole, maîtresse de la Garde Raptor, plus haute gradée des Sœurs du Silence pendant l’Hérésie d’Horus, confidente de l’Empereur.
  • Ouvrages nommés : Le Psykana Occultis, et Les Jugements Silencieux (Voiceless Judgements) de Melaena Verdthand.
  • Psykers: Plusieurs individus peuvent fusionner en une seule entité, appelée gestalt.

 

• Liar's Due // Le Fruit du Mensonge merci @Celtic_cauldron !

Révélation

Age of Darkness // L'Âge des Ténèbres/2011/33 pages

 

Intrigue:

liars-due.png?w=299&h=458Celtic_cauldron:

Je passe rapidement sur celui-là, juste pour dire que cela traite de guerre psychologique et de contrôle de l'information.

 

Schattra:

Malgré le déclenchement de l’Hérésie, la vie suit son cours normal à la surface de Virger-Mos II, planète agricole de pouillème ordre située tellement loin en périphérie de l’Imperium que ses habitants doivent se contenter des podcasts envoyés par des YouTubers de Terra pour se tenir informés de l’avancement du conflit. L’épisode qui est retransmis le jour où commence notre histoire, dans la ville 441, est cependant un peu spécial, dans la droite lignée des ‘Noces Pourpres’ de Game of Thrones2. Et pour cause : on annonce à nos braves péquenauds que l’Empereur a cassé sa pipe, et qu’Horus a gagné la guerre et pris le trône paternel. Stupeur et tremblements parmi la populace, sur laquelle souffle bientôt un vent de panique. Que va devenir leur petite colonie ? Quelle position adopter après ce retournement de situation que nul n’avait vu venir ? Faut-il attendre de la visite dans les jours/mois/années à venir de la part du nouveau maître de l’Imperium et de ses armées ? Quel bruit fait le renard ? Des dizaines de questions à la gravité inédite fusent de part et d’autre, tandis qu’au milieu de la ville, notre héros, le jeune et idéaliste Leon Kyyter, a bien du mal à digérer la nouvelle.

 

Car Leon est un lointain descendant des fanboys pratiquant le « Hobby » sur Terra en M2. En plus de posséder une armée de figurines en métal (et en bois, ça coûte moins cher) peinte avec amour, il est un lecteur assidu du fluff de la propagande impériale, et possède même une authentique douille de bolter (les ravages du merchandising). Si son père lui avait permis, il se serait fait tatouer « I ❤ Pépé » sur le front. Aussi, apprendre de but en blanc que son idole absolue a tiré sa révérence le chagrine au plus haut point. Laissant ses concitoyens débattre entre eux de la marche à suivre, il s’en va relayer la nouvelle au seul résident du foyer de jeunes travailleurs que son père et lui font tourner, le sieur Mendacs, Commémorateur de son état.

 

Mendacs est arrivé deux mois plus tôt à 44, annonçant aux locaux estomaqués par la survenue d’un estrangé dans leur communauté que sa mission était de peindre quelques paysages bucoliques de champs et de nuages, sans doute à fin d’illustrer les cartes postales et calendrier des postes du Segmentum. On ne saura jamais ce que notre Commémorateur a fait ou dit à son supérieur pour être envoyé sur une mission aussi pourrie, mais Mendacs prend son boulot avec philosophie, comme la nouvelle que lui apporte Leon, d’ailleurs. À la grande surprise de son jeune ami, il se montre en effet assez posé dans sa réaction, et rassure ce dernier que cette annonce n’aura sans doute aucune conséquence pour Virger-Mos II, dont l’enclavement galactique et le peu de valeur stratégique mettent à l’abri d’une invasion. Tous les locaux ne partagent cependant pas l’avis du chill-ommémorateur, et le conseil municipal improvisé le soir même tourne bientôt au vinaigre, loyalistes, opportunistes et jemenfoutistes n’arrivant pas à trouver un consensus sur la décision à prendre, et quel drapeau faire flotter sur la devanture de la mairie. La tension monte encore d’un cran lorsque des traînées lumineuses sont aperçues dans le ciel nocturne, faisant redouter à nos braves ruraux que l’invasion de leur patelin a déjà commencé. Dès lors, il ne faut pas s’étonner que la plèbe finisse par faire des choses stupides (sa spécialité depuis des temps immémoriaux), comme tirer d’abord et poser des questions après. C’est ainsi que l’apprenti vigilante local, Dallon Prael, tue par accident son pote de comptoir Silas Cincade avec le fusil laser de sa grand-maman, ayant pris la Kangoo de son compaing, parti chercher des nouvelles à la capitale, pour un Land Raider des Sons of Horus. Un tragique accident.

 

Révélation

…Pendant que la psychose progresse gentiment mais sûrement dans sa cité, Leon décide de suivre un Mendacs parti en vadrouille en mode sneaky dans les rues de 44. Le Commémorateur se dirige vers le Skyhook, l’ascenseur orbital entièrement automatisé utilisé pour acheminer les récoltes de la planète jusqu’aux cargos spatiaux qui transporteront le précieux quinoa de Viger-Mos II jusqu’aux confins de l’Imperium. Déterminé à comprendre les raisons de ces agissements étranges, Leon parvient à sauter dans une cabine à la suite de Mendacs, et se retrouve quelques minutes plus tard sur la plateforme d’échange du Skyhook, qui se trouve être le lieu de résidence de la seule Astropathe de la planète. Cette dernière a passé les deux derniers mois emprisonnée dans un champ de stase posé par Mendacs, qui a mis ce temps à profit pour effectuer son œuvre de désinformation de masse. C’est lui qui a envoyé le message qui a mis le feu aux poudres en contrebas, utilisant le matériel et la formation de pointe fournis aux agents de l’Alpha Légion pour ce faire. C’est également lui qui a fait basculer la planète dans la paranoïa en programmant quelques drones faire s’écraser d’innocentes météorites à la surface de Virger-Mos II. Sa mission accomplie, il ne lui reste plus qu’à convaincre l’Astropathe d’envoyer un Tweet à ses patrons pour les informer de la réussite des opérations, avant de repartir vers de nouvelles aventures, non s’en s’être débarrassé des témoins gênants de son triomphe : l’Astropathe en question… et pas Leon. Mendacs décide en effet d’épargner le garçon, trop content d’avoir eu, pour une fois, un public témoin de ses manigances, et confiant dans l’incapacité de ce dernier d’enrayer la spirale de méfiance et de violence à l’œuvre sur la planète. En cela, il a probablement raison. Des dangers des fake news

 

Avis:

liars-due_illustration.png?w=300&h=444Celtic_cauldron:

Je l'ai trouvé très ennuyeux, long, poussif et sans rythme.

 

Schattra:

James Swallow prend son monde à contre-pied avec The Liar's Due, dont le ton s’éloigne résolument du grimdark industriel auquel notre homme nous avait habitué jusqu’ici. J’ai trouvé pour ma part que ce récit se plaçait davantage dans la lignée de la SF classique (notamment le Skyhook , qui m’a fait penser à l’ascenseur spatial de la trilogie Mars de Kim Stanley Robinson), avec son intrigue majoritairement non-violente et placée à hauteur d’homme, que dans celle de la GW-Fiction telle qu’on la connaît. Je dois reconnaître que j’ai apprécié ce parti pris, qui change agréablement de ce que l’on peut lire ailleurs dans l’Hérésie d’Horus, et permet de réfléchir sur les implications concrètes de cette dernière pour les milliers de planète ayant eu la chance de ne pas retrouver au centre des violents combats entre loyalistes et renégats. Cette apparente tranquillité n’a sans doute pas toujours été synonyme de sérénité pour les populations aux secondes loges de cette guerre galactique, et la mise en avant de la cinquième colonne d’Alpharius, et du rôle joué par les agents de ce dernier en matière de propagande, est la bienvenue. Je regrette simplement que Swallow n’ait pas jugé bon d’entretenir un peu de suspens dans sa nouvelle, la duplicité de Mendacs étant établie très tôt dans l’histoire, ce qui entame un peu de son intérêt. Mais la balance reste malgré tout positive, et je place The Liar's Due en tête de la production de cet auteur, confortablement devant la majorité de ses écrits Blood Angelesques et Sœurs de Bataillesques.

 

Fluff:

  • Virger-Mos II: Planète agricole isolée dans l’Empire des Tempêtes (Dominion of Storms), aux confins de l’Ultima Segmentum. Sa population ne dépasse pas un million d’habitants, et sa principale fonction est d’exporter le grain produit sur son sol dans le reste de l’Imperium. Son Gouverneur au moment de l’Hérésie est Lian Toshack.
  • Hérésie d’Horus: Le Maître de Guerre a brûlé les planètes des Etoiles Taebiannes, qui lui avait résisté pendant sa progression vers Terra.
  • Ouvrage nommé : Insignium Astartes : Uniformes et Regalias des Space Marines est un livre illustré grand public présentant l’héraldique et les couleurs des Legiones Astartes.

 

 

John French (4)

Révélation

 

Depuis ses discret débuts dans Hammer & Bolter aux débuts des années 2010, le (peut-être, je ne l'ai jamais rencontré) petit John French a fait son chemin et roulé sa bosse, jusqu'à devenir l'un des Seigneurs de Terra chargés de narrer la fin de l'Hérésie d'Horus. Ce qui était sans doute pressenti de la part d'un auteur dont la première contribution à la saga était nommée Le Dernier Commémorateur. Parmi les travaux qu'il a consacré à cette fin agitée de 30ème millénaire, citons ceux centrés sur la bataille de Tallarn (Executioner, Ironclad, Witness, The Eagle's Talon) et ses chroniques fistiennes (Prétoriens de Dorn, Le Poing Ecarlate, Templar).


The Last Remembrancer // Le Dernier Commémorateur  merci @Celtic_cauldron !

Révélation

Hammer & Bolter #7 (Age of Darkness // L'Âge des Ténèbres)/2011/17 pages

Après une première livraison, Hunted, dans le quatrième numéro de Hammer & Bolter, John French nous revient avec une nouvelle traitant de l'Hérésie d'Horus, comme le titre de l'oeuvre en question vous l'a sans doute déjà révélé. Cerise sur le gâteau, en plus de la version « papier » de l'histoire, la BL fournit gracieusement aux lecteurs la version audio, telle que narrée par l'inimitable voix de stentor de Gareth Armstrong1. C'est le moment de sortir la calculette et de voir combien cet acte généreux nous fait économiser: en l'occurrence, pas moins de 6 euros (le prix de l'audio-book correspondant tel qu'affiché sur le site de la BL), soit 150% du prix du numéro de H&B. Pas mal, pas mal du tout.

Après la première « transgression » que constituait le Waiting Death de Steve Lyons (mais si, les vacances du Colonel « Iron Hand » Starken de Catachan sur un quelconque monde hostile, en compagnie du Colonel Reyel de Harayneby2), il était somme toute logique que la prochaine étape soit celle-ci, mais comme ce n'était annoncé nulle part au moment de l'achat (où alors j'ai mal regardé, ce qui est aussi possible), la surprise n'en est que plus agréable. Je tire donc mon chapeau aux grands princes de la BL pour ce petit extra appréciable. Bon après, il faut aimer les audio-books en anglais, mais avec le texte livré avec, c'est vraiment royal.

1 : Vous admettrez avec moi que c'est vachement dur d'imiter la voix d'un mec que personne ne connaît.
2 : Le deuxième s'étant révélé être celui qui fait une très bonne descente de lit pour le premier avant le début de la nouvelle, on n'en entend malheureusement pas parler au cours de cette dernière, et croyez-bien que je le regrette.


Intrigue:
the-last-remembrancer.png?w=300&h=461Schattra:
French place l'action à quelques encablures à peine de la sainte Terra, dans les geôles d'une prison secrète dissimulée sur Titan (pas sûr que Mac Aldor y ait déjà envoyé ses premières super recrues faire du camping et, accessoirement, s'entraîner à poutrer du démon à l'abri des regards à ce moment là, mais il n'en reste pas moins que cette lune a l'air d'être ze place to be quand il s'agit de cacher des trucs top secrets). On y suit la confrontation entre Rogal Dorn, assisté de Iacton Qruze, avec le premier et dernier des Commémorateurs, Solomon Voss. Dûment renvoyé à l'expéditeur par Chaossimo (c'était le temps béni de l'Hérésie où les gars ne regardaient pas à la dépense: sacrifier un gros vaisseau un kilomètre de long, des milliers de membres d'équipage et de soldats juste pour faire une blague pourrie à un frère qu'on ne peut pas blairer, c'est bling bling) après avoir bénéficié d'une visite thématique de la galaxie offerte par Horus himself, Voss est assez logiquement soupçonné par Dorn et Qruze de jouer maintenant dans le camp adverse.

Cependant, French déplace rapidement le débat du classique "loyaliste ou hérétique?" vers une nouvelle problématique, à savoir: la fin justifie-t-elle toujours les moyens, ou encore: la défense de valeurs peut-elle justifier qu'on renonce à ces dernières, même temporairement? Le souci de transparence/propagande qui avait mené l'Empereur à créer les Commémorateurs lui retombe à présent sur le coin du nez (qu'Il avait aquilin), car il va sans dire qu'autoriser celui que le texte présente comme étant le plus grand écrivain de son temps à raconter tout ce qu'Horus lui a fait voir durant son trip cosmique n'est pas vraiment une grande idée pour le moral des troupes. Écartelé entre l'idée qu'il se fait de l'Imperium et les décisions borderline qu'il va lui falloir prendre pour le préserver de l'anéantissement, Dorn va finir par trancher dans le vif (littéralement), perdant du même coup un peu plus de ses illusions vis à vis du monstre qu'il a contribué à créer.


Celtic_cauldron:
On retrouve Rogal Dorn et Iacton Qruze dans l'interrogatoire d'un commémorateur qui a cotoyé Horus.


Avis:
Schattra:
Clairement une bonne petite nouvelle, qui si elle n'apporte pas grand chose en terme de fluff à la grande fresque que constitue les résilles d'Aude Russe, permet de reprendre contact avec quelques seconds rôles attachants de cette dernière, en plus de délivrer le questionnement moral qui constitue sa raison d'être de manière assez fine. On aurait étudié ça en philo au lycée, j'aurais sans doute été plus attentif.

Celtic_cauldron:
Une nouvelle plutôt sympa à lire même si, encore une fois, ce n'est pas de la grande littérature.


Fluff:
Schattra:

  • Solomon Voss : Considéré comme l’auteur le plus doué de son époque, il accompagna la Grande Croisade depuis son depart de Terra et écrivit plusieurs ouvrages (dont ‘Le Fil de l’Illumination’, ‘The Edge of Illumination’) relatant la conquête de la galaxie par l’Empereur. Il soumit une petition à l’Empereur demandant la création de ce qui deviendra l’Ordre des Commémorateurs. Fait prisonnier par Horus au début de l’Hérésie, il fut renvoyé dans le système solaire après avoir été témoin des horreurs de la guerre civile, et fut exécuté par Rogal Dorn pour garder cette vérité secrète.
  • Commémorateurs : Ordre créé par décision du Conseil de Terra après la victoire d’Ullanor pour immortaliser les exploits de la Grande Croisade et la naissance de l’Imperium. Dissolu cinq ans plus tard peu après le début de l’Hérésie d’Horus par l’Edit de Dissolution du Conseil de Terra.
  • Titan : Abrite une ancienne station de défense, transformée en prison secrète pour les traîtres capturés dans le système solaire.


Celtic_cauldron:

Des petits détails qui révèleraient peut-être la nouvelle fonction des rescapés de l'Eisenstein. Les révélations du prisonnier sur l'avenir probable de l'Imperium.


The Crimson Fist merci @Celtic_cauldron !

Révélation

Shadows of Treachery/2014/109 pages

Intrigue:
Crimson-Fist.jpgOn découvre ici le destin de la flotte envoyée par Rogal Dorn vers Istvaan V, au lendemain du sauvetage de Garro. Placée sous le commandement d'Alexis Polux (futur Maître de Chapitre des Crimson Fists), cette flotte va livrer contre les Iron Warriors la bataille de Phall.


Parallèlement à ce récit, on va découvrir les raisons du départ de Sigismund vers Terra, et les conséquences de son choix.

Avis:
La partie principale est bien traitée, bien que ce ne soit pas le meilleur récit de combat que l'on puisse imaginer. John French fait le boulot, sans briller, mais de manière très honnête. Les encarts se passant sur Terra sont, à mon sens, plus intéressants.

Fluff:
Pas grand-chose de neuf à se mettre sous la dent, hormis si vous rédigez un sujet sur les Legiones Astartes. Pas de divergence, phénomène dû essentiellement selon moi, à la simplicité du sujet et à la longueur de la nouvelle. Néanmoins, on commence à discerner le caractère de Perturabo, un garçon qui a des problèmes...

 

Athame // Athamé merci à @Rippounet !

Révélation

Mark of Calth/2014/25 pages
 

Intrigue:

Rippounet:

Une histoire racontée par une arme, pourquoi pas.

 

Schattra:

Où ne sera pas abordé l’art délicat du rémoulage, mais où ça aurait pu être le cas. Car le personnage principal n’est autre qu’un couteau en silex, que le destin a changé en athamé impie, alors que ses collègues se sont contentés de découper des bavettes de mamouths jusqu’à ce que casse s’en suive. À quoi tient la grandeur, parfois ? Notre ustensile chaotique voit le jour dans la préhistoire profonde, et commence immédiatement son parcours sanglant en se faisant voler des mains raidies par la mort de son créateur par un nommé Gog1, attiré par le potentiel chaotique de cette lame de pierre. Car Gog est un adepte primitif (dans tous les sens du terme) des Dieux Sombres, et n’est pas du genre à hésiter à verser le sang pour obtenir ce qu’il veut, surtout celui des autres. Consacré par ce premier meurtre, l’athamé restera en possession d’Hannibal Pierrafeu pendant quelques millénaires, les pactes impies noués par son porteur lui accordant une très longue vie. Il faudra attendre le Moyen-Âge pour que Gog consente à passer l’arme à gauche, après une rencontre fortuite avec un monarque anglais dans une tour abandonnée. Le portrait de l’individu (armure d’or, cheveux bruns, calme imperturbable, pouvoirs psychiques, capacité à repousser le Chaos et à faire tomber des éclairs) correspondant assez à celui d’un certain Big E, on peut raisonnablement suputer que son Altesse Serenissime a failli hériter du surin magique après que son précédent propriétaire se soit donné la mort. Mais le futur Empereur laissera sagement la relique moisir à côté du cadavre de Gog, ne jugeant pas ce loot digne de son auguste personne.

 

Quelques millénaires plus tard, et à l’aube de la Grande Croisade, le couteau est enfin redécouvert par l’archéologue stagiaire Jakkil Hakoan, alias Deagol, et promptement récupéré par sa collègue Magritte, alias Smeagol2, lors de fouilles organisées dans les tréfonds de la ruche ayant absorbé l’Angleterre. On dit coucou au passage à Kasper Hawser, dont la peine doit être profonde pour venir cachetonner dans cette nouvelle. Magritte est une Cognitae, et donc un peu chaotique sur les bords, et s’embarque dans un périple galactique qui finira par la mener sur Tharn, où elle s’esquintera les quinquets à regarder dans les flammes pour communier avec ses divinités. Ce qui est un peu comme regarder Canal + sans décodeur : ça ne marche pas des masses. Finalement, les errances de la vieille Magritte dans les cavernes de son monde d’adoption la mèneront jusqu’au trône de crânes de Khor-d’Anacreon, Apôtre Noir des Word Bearers, qui, jaloux de son intimité, éventrera sa visiteuse avec son propre couteau, avant de l’ajouter à sa collection personnelle.

 

De là, l’athamé passera à Xen, un autre fils de Lorgar, après qu’Anachreon se soit fait plasma-pranker par un civil dont il était en train de massacrer les concitoyens pour leur apprendre à respecter de l’autorité impériale (personne n’aime les fayots). Après qu’il ait servi à départager les deux candidats short listés par le Word Bearer pour devenir majir de la Confrérie du Couteau, l’athamé échoit au vainqueur, un certain Criol Fowst, qui en fera mauvais usage jusqu’à ce qu’un direct dévastateur de Graft, le Serviteur d’Oll Persson, envoie le cultiste au tapis pendant la bataille de Calth. Notre histoire s’achève avec le départ du Perpétuel et de sa petite bande de survivants de la planète condamnée par le portillon Warp obligemment ouvert par le vétéran, dont les talents de survivalisme laisserait pantois Mike Horn en personne. Attention, ça va couper !

 

1 : Descendant de Bob, père de Lol, et lointain ancêtre de Wow.

 

2 : Ceci n’est pas une référence gratuite.

 

Avis:

Rippounet:

Au final pas trop mal. Okay.

 

Schattra:

John French enfile sa casquette de fanboy d’Abnett et livre une petite nouvelle assez inventive sur la forme, retraçant de façon linéaire la « vie » d’un athamé, dont le destin aura été, assez ironiquement, de n’être manié que par des seconds couteaux au cours de sa longue existence. Derrière l’influence du Seigneur des Anneaux (un objet maléfique doué d’une conscience propre, qui choisit ses possesseurs et les mène à leur perte), l’auteur multiplie les cliens d’œil à l’œuvre du saint patron de 40K, en intégrant Kasper Hawser (Prospero Burns), le Cognitae (Ravenor), Criol Fowst et Oll Persson (Know No Fear) à son propos, sans apporter beaucoup d’informations supplémentaires sur ces personnages et éléments du daniverse. Nous sommes clairement dans l’hommage, et pas dans l’innovation, mais le tout est suffisamment bien mené (et assez court) pour qu’on ne tienne pas rigueur à French de son approche « périphérique ». L’Empereur lui-même se permet un petit caméo sans conséquence, mais qui permet au moins d’identifier une partie de l’emploi du temps très fragmenté de Pépé pendant les millénaires ayant précédé son avènement. En somme, Athame se lit vite et bien, et accompagne (plus que ne complète) l’histoire de Know No Fear, donc pourquoi pas ?

 

Fluff:

  • L’Empereur : Il a été un roi ou un seigneur d’Angleterre au Moyen-Âge.

 

Now Peals Midnight

Révélation

Heralds of the Siege/2018/11 pages

 

BLPROCESSED-Now-Peals-Midnight-cover.jpgIntrigue:

Alors que l’horloge de l’ApocalypseTM se rapproche furieusement de l’heure fatidique du début de la plus grande bataille de Warhammer 40K de l’histoire de la galaxie, le capitaine de l’équipe loyaliste décide de passer le temps avant le lancement de la clock en se dégourdissant les jambes sur le chemin de ronde qu’il a passé le dernier lustre à bâtir. Rogal Dorn, Prétorien de Terra, a beau se répéter que lui et ses gars (et filles) sont aussi prêts qu’ils puissent l’être, il est difficile d’être certain de rien alors que l’express d’Isstvan V est sur le point d’entrer en gare système, rempli jusqu’à la gueule de félons et de traîtres. Un calme de mauvais augure est d’ailleurs tombé sur Terra, comme si la planète tout entière retenait son souffle dans l’attente de l’arrivée d’Horus et de ses ruffians.

 

Alors que le Primarque des Imperial Fists boucle son parcours en écoutant le podcast des meilleures prédictions pessimistes et autres maximes déprimantes de l’Hérésie, depuis Malcador dans The Lightning Tower1 jusqu’à Solomon Voss dans The Last Remembrancer2, en passant par… lui-même (il le vaut bien) dans The Crimson Fist3, il fait plusieurs rencontres aussi vides de sens que lourdes d’intérêt, ou peut-être est-ce le contraire. Après avoir demandé à l’astropathe et secrétaire de direction Armina Fel d’organiser un dîner de travail avec ses frangins, il passe une tête au PC Sécurité jauger des conditions de circulation sur le périphérique solaire. Vison Buté voit noir foncé. Zut. Juste le temps de donner sa soirée à l’Amiral Su-Kassen (qui ferait bien d’en profiter pour bingewatcher la saison IV de Stranger Things, elle n’aura plus le temps après), et Jauni est déjà reparti.

 

Un petit aparté littéraire nous permet de faire la connaissance de Seplin Tu et de son paternel (Tur-Lu’tu), banlieusards impériaux enrôlés de force dans la milice terrane, et qui feront peut-être/sûrement une apparition dans une des prochaines soumissions de French dans cette franchise. Hello Yellow. Retour sur les remparts, où Archamus-3 et Andromeda-17 attendent l’arrivée du taulier en discutant anthropologie et philosophie. On s’occupe comme on peut. Dorn finissant par pointer ses guêtres, le Huscarl et la Devineresse lui emboîtent le pas jusqu’au lieu de rendez-vous avec Sanguinius et le Khan… qui savent déjà ce qu’il avait à leur annoncer, à savoir que la flotte du Maître de Guerre vient de se matérialiser aux confins du système solaire, prélude à la guerre du même nom. La prochaine fois, utilisez Whatsapp les gars, ça ira plus vite.

 

Enfin, en orbite, dans l’assiette de guerre sur laquelle il est posté, le Capitaine Katafalque reçoit un message privé signé d’un « RD » très peu protocolaire, mais qui n’en contient pas moins une information de (pierre de) taille : l’ennemi vient d’arriver. Corporate jusqu’au bout, Dorn insiste toutefois pour que l’ordre de mobilisation générale ne soit passé dans un premier temps qu’à la 7ème Légion, les White Scars et les Blood Angels bénéficiant d’un léger sursis avant d’être mis au parfum. Pourquoi ? Mystère. Mais comme on le disait chez les tribus Franc à la fin de M2 : « Avant l’heure, c’est pas l’heure… »

 

1 : ‘He saw this Heresy coming in his visions. That is the truth you fear. You wish you had listened…’

 

2 : ‘The future is dead, Rogal Dorn. It is ashes running through our hands…’ C’est moche l’auto-citation, John.

 

3 : ‘You’re no son, you’re no son of maïïïïïne !’ Bon c’est Genesis (We Can’t Dance), mais vous saisissez l’idée.

 

Avis:

Je pense que l’apprécation de cette nouvellinette de French variera fortement selon le contexte dans lequel elle sera lue. Prise individuellement, il serait facile (et exact) de souligner qu’il ne se passe vraiment pas grand-chose dans Now Peals Midnight, Dorn se contentant de faire ce qu’il fait depuis les prémices de l’Hérésie d’Horus (The Lightning Tower, 2007) : regarder le ciel d’un air pénétré en fronçant très fort les sourcils. Cette fois-ci, c’est vréééééééééément la bonne, Rogal ! Bien sûr, il a gagné quelques souvenirs et connaissances dans l’intervalle, certains d’entre elles convoquées pour quelques lignes de dialogue, mais dans l’ensemble, rien de nouveau sous la plateforme de défense orbitale. D’un autre côté, si Now Peals Midnight est la culmination du corpus (entier ou partiel) de l’Hérésie, et que le lecteur sait que la prochaine fois qu’il recroisera la route des personnages de la nouvelle (qu’il a appris à connaître au cours de ses précédentes lectures), l’acte final de cette tragédie galactique aura débuté, il y a de bonnes chances qu’il éprouve quelques trépidations de bon aloi en parcourant ces quelques pages. Bref, comme souvent avec ce genre de production purement atmosphérique, time is the essence. J’appose donc la mention « à conserver dans un endroit frais et sec, à l’abri de la lumière, de la chaleur et de la précipitation » sur cette soumission. On connaissait la slow food, nous voilà avec du slow reading. Ce siècle est décidément étrange.

 

Fluff:

  • Palais Impérial : Ce complexe est si vaste qu’il s’étend sur quatre fuseaux horaires. Il intègre des localités telles que le Bastion de Bhab, l’Oasis de Qokang, et les cités de Dhawalagiri et de Gravula.
  • Rogal Dorn : L’Homme de Pierre est capable d’assimiler en un regard une projection tactique du système solaire qu’un officier humain bi-augmenté et rigoureusement entraîné met un quart d’heure à comprendre. Seuls ses huscarls sont dispensés de s’agenouiller devant lui en signe de déférence (rq : il vaut mieux, cela risquerait de les empêcher de faire correctement leur boulot).
  • Armée impériale (Terra) : Tous les citoyens adultes et aptes (capables de tenir debout) des alentours du Palais Impérial ont été intégrés dans les forces de défense terrane.

 

Matthew Farrer (1)

Révélation


After Desh'ea // Après Desh'ea merci à @la queue en airain, @Kaelis et @ziafab !

Révélation

Tales of Heresy // Chroniques de l’Hérésie/2010/38 pages

Intrigue:
after-deshea-mp3.jpgla queue en airain:
Non, ce n'est pas une histoire de taus mais le retour d'Angron dans le giron de l'empereur. Vous savez, cette histoire oùsqu'il était un gladiateur rebelle (oui on sait, Spartacus) sur son monde et où pépé est venu le tirer de là et a abandonné ses potes gladiateurs à leur sort et où le fiston n'en était pas content ? Exactement ça.

Kaelis:
Bon eh ben on apprend que l'Empereur délaisse Angron de base avec sa Légion, donc que comme papa, ben le Maître de l'Humanité, il était pas fameux. On sait juste qu'il a pété un câble parce que Angron a cassé un de ses jouets dorés (Custodes). Mais à peine on voit ce qu'il s'est passé, qu'on sait que dès le début, Angron va tomber dans Khorne et se retournera contre l'Empereur qu'il hait déjà...

Pour le dialogue et l'action, bon, et ben trop bien, y a une quinzaine de patrons qui se sont fait buter avant d'avoir ouvert la bouche, mais Kharn, qui est trotro charismatique, se fait balancer une vingtaine de fois à travers toute la pièce comme si un suppôt de Slaneesh s'amusait avec lui (certains verront le paradoxe, d'autres non), et à le temps de taper la discut' avec son Primarque adoré.


ziafab:
Récit de la première rencontre/confrontation entre les World Eaters (War Hounds à l'époque) et leur Primarque récemment découvert. Avec Angron et Kharn. Essentiellement basé sur un dialogue avec corps à corps.

 

Schattra:

Un sombre sentiment étreint les cœurs du fier Khârn et de ses compagnons War Hounds alors qu’ils patientent dans la salle d’attente du Conqueror. Pas de la peur, non (après tout, ils ne peuvent pas ressentir cette émotion, pas vrai ?), mais une certaine appréhension à l’idée de rencontrer pour la première fois leur Primarque perdu, le colérique Angron, que l’Empereur a téléporté chez ses fils en coup de vent avant de repartir vers sa Grande Croisade, justifiant son départ précipité pour Aldebaran par la nécessité de ne pas rater sa correspondance avec la 37ème. Le tout griffoné sur un post-it maculé de sang et collé sur la porte de la salle où Angron fait les cent pas et les quatre cents coups. Les tragédies causées par les parents démisionnaires…

 

Par le jeu des successions déclenché par le massacre systématique de tous les émissaires envoyés par les War Hounds se présenter au Primarque, Khârn est maintenant en charge de réussir là où ses supérieurs et camarades ont échoué au cours des heures précédentes. Faisant fi des conseils de prudence de ce planqué de Dreagher, le Capitaine toque à la porte, entre discrètement, et s’avance de quelques pas pour essayer d’apercevoir son père génétique. S’ensuit une conversation honnête et amicale entre Angron, toujours un peu jet lag depuis son départ de Nuceria, et celui qui ne tardera pas à devenir son Ecuyer. Hum. En fait, pas vraiment. Reprenons : Khârn entre, scrute les ténèbres de la pièce jonchée de cadavres mutilés, et... SE FAIT DEFONCER DANS LES GRANDES LARGEURS par un Angron toujours aussi grognon. Entre deux rebonds sur les murs, fractures, dislocations et hémorragies internes, Khârn, en grand professionnel qu’il est, tente de faire passer quelques infos capitales à son nouveau chef, comme qui il est vraiment, ce que sont les War Hounds, pourquoi ces derniers, à la grande frustration du Primarque, ne se sont pas défendus lorsqu’il leur est tombé sur le râble, ou encore comment se servir de papier toilette. Tout un programme, que seuls sa constitution renforcée de Space Marines et le bonus de résistance offert par son statut de personnage nommé lui permettent de dérouler de façon presque posée.

 

Angron, de son côté, s’il a tendance à évacuer sa légitime frustration d’avoir été forcé d'abandonner ses compagnons d’armes à leur destin sur Nuceria en utilisant le Capitaine comme ballon de foot, ne perd pas une miette de ce que son sous-fifre cherche à lui inculquer. Il peut également initier ce dernier à la culture martiale de sa planète d’adoption, où il exerçait la noble et utile profession de gladiateur jusqu’à ce qu’il réussisse à s’évader avec quelques collègues. Lui et ses Eaters of Cities s’étaient alors livrés à une orgie de pillages et de destruction dans l’arrière-pays de Desh’ea, vainquant l'une après l’autre les armées envoyées par les high riders pour écraser les rebelles. Coup de chance pour l’Empereur, Nuceria a été approchée juste au moment où les derniers gladiateurs étaient sur le point de livrer une ultime bataille contre les forces de l’ordre. Déveine pour Angron, recruté manu militari par son paternel pour sa Grande Croisade, même s’il ne souhaitait rien d’autre qu’une mort glorieuse aux côtés de ses frères et soeurs d’armes. La première confrontation orbitale entre le Père et le fils s’étant soldée par la mort atroce d’un des précieux Custodiens du premier, Pépé a donc décidé qu’il était too old for this shit1 et laissé son garnement de rejeton faire mumuse avec les chiens. Khârn apprend ainsi ce qu’est la Corde de Gloire, les Crocs du Boucher, ainsi que l’intégralité des techniques de soumissions, étranglements et self-defense pratiquées sur Nuceria auprès d’un professeur émérite, qui, sous ses abords de brute épaisse, se révèle redoutablement intelligent et…profondément timide (en effet, il ne lui est pas venu un instant à l’esprit qu’il avait la possibilité de sortir de la pièce dans laquelle l’Empereur l’avait confiné).

 

C’est toutefois la description par un Khârn au bord du KO (le Chaos viendra plus tard) de la campagne de Nove Shendak, à laquelle les War Hounds ont participé aux côtés des Iron Warriors de Perturabo et de l’Empereur en personne, qui achève de calmer Angron. Le récit des exploits vermifuges des Légions Space Marines, menées par le Maître de l’Humanité en personne, captive le Primarque au point qu’il se met à mimer les affrontements relatés par le Capitaine comateux, et la confirmation par ce dernier que Pépé est un grand guerrier n’hésitant pas à mouiller le maillot en compagnie de ses troupes, et pas un dirigeant dédaigneux laissant aux autres le sale boulot, comme l’étaient les high riders, pèse d’un certain poids dans la décision d’Angron de calmer sa colère, et d’engager la conversation honnête et amicale dont nous parlions précédemment avec ses fistons. Sa première décision, une fois ce pas franchi, sera de renommer les War Hounds World Eaters, en hommage aux camarades dont il n’a pu, à sa grande honte, ni accompagner dans la mort, ni commémorer le trépas en dotant sa Corde d’un tour funèbre avec la poussière de Nuceria. Une manière comme une autre de bien montrer à sa nouvelle famille qu’elle ne pourra jamais remplacer, ni rivaliser, avec la chaude camaraderie de l’arène. Mais c’est déjà mieux que rien…

 

1 : Se rappeler qu’Angron a été le 17ème Primarque découvert, et que l’Empereur en avait certainement par-dessus la tête des biberons et changements de couches à ce stade.


Avis:
la queue en airain:
Ce qui est le plus étonnant, c'est que le Farrer m'avait plutôt habitué à des histoires sympas. Là, je ne sais pas si c'est une commande ou quoi mais on apprend des choses : Angron est le Géant d'Emeraude de la Marvel (Hulk, quoi). Il a les mêmes tics, les même cris, la manie d'avoir mal à la tête quand il pense un peu et celle de taper partout pour ponctuer les trois mots qui lui tiennent lieu de phrases. Mais c'est pas sa faute, on voit que ce sont ses implants dans le dedans de la tête qui lui font ça, c'est de suite plus rassurant et on comprend pourquoi on lui confie une légion. Et on y apprend aussi que l'Empereur est lui aussi un abruti mais sans excuse. Et qu'il ne s'assume pas.

Bref, c'est dispensable du point de vue de la cohérence du flouffe général parce que c'est une reprise d'une histoire de merde tirée de l'IA sur les WE. La bonne nouvelle c'est que ça n'est pas mal écrit et que les descriptions de Hulk sont parlantes, visuelles (bon oké c'est aussi ptet parce que j'ai trop lu de bédés de la fin des 70). C'est déjà ça de pris : ce sont des conneries dignes de ThorpoCounter mais bien écrites, pour de la BL.


Kaelis:
Jouant World Eaters, c'est la nouvelle pour laquelle j'ai acheté le bouquin. Une note perso toutefois: je trouve que Kharn est super mal dessiné durant l'Hérésie. J'veux bien qu'il devienne haineux quand il passe chez Khorne, mais là, la description de Kharn est CONTRAIRE à ce qu'il est: il est diplomate, posé, réfléchi,...! C'est comme si Garro, Tarvitz et Loken étaient passé au Chaos quoi...


ziafab:
Nouvelle que j'ai trouvé très moyenne (surtout les dialogues avec Angron).

 

Schattra:

Je dois reconnaître que mon appréciation de cette nouvelle de Matthew Farrer a évolué au cours du temps. Lors de ma première lecture, j’avais été un peu déçu par ce qui m’était apparu comme une histoire simpliste, mettant en scène des personnages l’étant tout autant (un Primarque éructant de rage en mode Hulk, et un Space Marine encaissant les coups en lui refaisant son éducation). À présent, et même si je comprends toujours ce qui m’a poussé à émettre ce premier jugement, j’ai une vision plus favorable de ce After Desh’ea, que j’ai trouvé être plus complexe qu’il n’y paraissait.

 

Pour remettre en contexte le boulot effectué par Farrer, un auteur plutôt doué de la BL, avec cette nouvelle, il faut se rappeler que nous étions au tout début de l’Hérésie, dont les personnages étaient donc moins caractérisés qu’ils le sont aujourd’hui. Pour Angron, je pense même qu’il s’agissait de sa première apparition dans la série comme personnage de premier plan2, avant qu’ADB (entre autres) ne vienne s’occuper de son cas. Le fluffiste savait juste que ce Primarque avait été secouru contre son gré par l’Empereur d’une mort certaine à laquelle il était résigné, et que ce ressentiment allait le pousser à se rebeller contre son « sauveur » des années plus tard. Tout l’enjeu était d’expliquer de manière satisfaisante comment un gladiateur aux tendances homicidaires établies avait pu donner la patte à un maître honni pendant une période de temps assez longue, et n’était pas entré immédiatement en conflit avec son supérieur hiérarchique. Sur ce brief vraiment casse-gueule, Farrer est parvenu à livrer une copie relativement propre, ou en tout cas bien conçue, qui pemet au lecteur de suivre la progression émotionnelle et intellectuelle du Primarque, depuis sa téléportation sauvage en orbite, jusqu’à l’acceptation de ses nouveaux rôle et statut. D’abord convaincu d’avoir échappé à une tyrannie pour une autre, il finit par comprendre pourquoi les War Hounds n’ont pas cherché à riposter à ses attaques, et trouver une raison de respecter un Empereur très peu favorablement mis en avant dans cette nouvelle, lorsqu’il apprend que son père est un guerrier qui mène ses hommes à la bataille. La transition du point A au point B n’est certes pas facilitée par les caprices et tics nerveux du Primarque, qui use du pauvre Khârn comme un sac de frappe pour réguler son humeur mutine, mais on sent que Farrer avait à cœur de donner une justification logique à un ralliement peu évident, pour dire le moins.

 

Khârn, de son côté, est dépeint pour la première fois comme un individu sensé et sensible (qualificatifs ne s’appliquant plus guère à la fin de sa carrière), ce qui a dû surprendre plus d’un lecteur s’attendant sans doute à ce que Farrer prenne le pas de King à cet égard. Presque quinze ans plus tard, et grâce aux romans et nouvelles s’étant inscrit dans la droite ligne de ce choix de Matthew Farrer, cette divergence notable est parfaitement digérée, et, si je ne peux pas parler pour l’ensemble des hobbyistes, je suis en ce qui me concerne très satisfait de la profondeur du personnage, qui justifie à lui seul mon intérêt pour cette Légion de brutasses. Bref, si vous avez aimé le guerrier badass engagé dans une bromance déchirante avec ce vieil Argel Tal3, le combattant implacable animé par un sens du devoir chevillé au corps ayant maintenu les World Eaters à peu près dans les clous (du Boucher) pendant une bonne partie du mandat de PDG (Primarque Découpeur Général) d’Angron, et le fils dévoué prêt à se damner pour garder son père parmi les siens, vous pouvez remercier Matthew Farrer d’avoir établi ces fondations dans sa nouvelle, comme Perturabo l’a fait pour la digue impériale sur Nove Shendak. C’est d’ailleurs l’occasion pour moi de souligner que l’auteur donne également quelques éléments fluffiques dignes d’intérêt, tant au niveau micro (les traditions martiales de Nuceria) que macro (l’origine des noms de la 12ème Légion) et même meta (Big E est vraiment un très mauvais père) dans son récit, ce qui doit également être mis à son crédit.

 

Finalement, After Desh’ea a permis de poser de nombreuses bases de l’héritage « hérétique » des World Eaters, depuis la personnalité complexe de son Primarque et le rapport ambivalent de ce dernier avec ses fils génétiques, qu’il placera toujours en-dessous de ses premiers compagnons d’armes, jusqu’à l’adoration masochiste des World Eaters pour Angron, qui a poussé les premiers à des sacrifices toujours plus importants pour gagner l’amour et le respect du second. Il pose également Khârn comme l’excellent personnage que nous connaissons aujourd’hui, un guerrier réfléchi et pragmatique, qui finira par embrasser sa destinée et sombrer dans une folie meurtrière dont les écrits de Bill King et sa description dans le fluff de 40K se font écho (ce qui lui donne une profondeur tragique indéniable). Voilà pourquoi je considère que cette nouvelle a, au minimum, eu un impact fort sur le reste de l’Hérésie, au moins en ce qui concerne la 12ème Légion, et mérite donc la lecture à ce titre seul, mais peut également être appréciée pour la description que l’auteur fait d’Angron, tout à la fois une bête de guerre sanguinaire devant lutter contre les Clous du Boucher en permanence, un guerrier honorable et fidèle à ses compagnons, et un être à l’intelligence supérieure capable d’intégrer rapidement les informations que lui livre Khârn sous ses abords de primitif balbutiant. Bref, il y a du potentiel ici, peut-être pas superbement exprimé par Farrer3, mais présent tout de même. Dommage que l’auteur en soit (presque) resté là pour l’Hérésie d’Horus, un roman de sa main sur les World Eaters aurait été très intéressant…

 

1 : Je fais abstraction de son rôle de taupe de choc dans ‘Galaxy in Flames’.

 

2 : Et qui accomplira le rêve de tous les lecteurs de l’Hérésie d’Horus en bottant les fesses de ce faux jeton d’Erebus en one to one.

 

3 : Et peut-être affaibli par la traduction en français (que je n’ai pas lue). Difficile de transcrire dans une autre langue les borborigmes d’Angron de façon satisfaisante. En tous cas, j’ai trouvé qu’en anglais (et peut-être est-ce dû au fait que ce n’est pas ma langue natale) cela passait plutôt bien.


Fluff:

  • World Eaters (Personnages nommés) : Gheer, Maître de la Légion au moment de la découverte d’Angron (et tué par ce dernier). Vanche, maître d’armes de Gheer (tué par Angron). Kunnar, Champion de la Première Compagnie (tué par Angron). Les Capitaines Anchez (Capitaine d’Assaut), Hyazn et Shinnargen (2nde Compagnie), tués par Angron. Jareg, Maître Artificier (Master Shellsmith). Horzt, Commandant du 9ème Escadron de Stormbirds. Dreagher (Capitaine).
  • Angron : Il a une peau bronzée et des cheveux rêches à la teinte cuivrée, un haut front, desy eux pâles, des pommettes taillées à la hache, un nez aquilin et une large bouche aux lèvres fines.
  • Corde du triomphe : Cicatrice rituelle des gladiateurs de Nuceria, commençant au niveau des reins et s’enroulant autour du torse. Chaque victoire est marquée par un tour rouge, chaque défaite par un tour noir (plaie infectée avec du sable).
  • World Eaters (Culture) : Baptisés War Hounds (chiens de guerre) par l’Empereur à la suite des combats des ruches de Cephic, en hommage aux molosses utilisés par les guerriers Yeshk. Angron les renomme World Eaters en hommage à son armée de gladiateurs de Nuceria, les Eaters of Cities. L’Empereur a combattu avec les War Hounds sur Nove Shendak (appelée 8-2-17), contre des Xenos semblables à des grands vers, qui chassaient la population humaine de ce monde. Perturabo et les Iron Warriors étaient également là, et le Seigneur de Fer a permis aux assaillants de prendre pied sur la planète en construisant des plateformes sur les marécages.
  • Nuceria (Géograpie) : Hozzean, Meahor, Ull-Chaim (cités détruites par Angron).

 

 

Mike Lee (1)

Révélation


Wolf at the Door // Dans la Gueule du Loup merci à @la queue en airain, @Kaelis et @ziafab !

Révélation

Tales of Heresy // Chroniques de l’Hérésie/2010/97 pages

Intrigue:
la queue en airain:
wolf-at-the-door-mp3.jpgLa grosse nouvelle du recueil mais, coup de bol, elle ne se tient pas trop mal. Ça cause bien sur des louloups et l'Hérésie n'est guère qu'évoquée au loin, ça ressemble plus à une action de la Grande Croisade. Ya même du xenos qui sent des pieds dedans.

ziafab:
Petite histoire traitant de la colonisation d'une planète durant la Grande Croisade avec la 13ème compagnie les Space Wolves et les Eldars Noirs.

 

Schattra:

Sur la planète de Kernunnos, siège de l’empire humain ayant fédéré le sous-secteur de Lammas, les forces de la 954ème Force d’Expédition en terminent enfin, après sept ans de durs combats, avec la résistance farouche mais futile des Tyrans locaux. Passant à travers les ruines désolées de la capitale, et progressant jusqu’à la gated community où les dirigeants de Kernunnos se sont repliés pour monter leur dernier carré, les Dragons Arcturan sont rejoints sur le parking de la résidence Beau Séjour par un Stormbird aux couleurs des Space Wolves. À la tête des féroces loulous, nous retrouvons le Seigneur Bulveye et ses Lieutenants Halvdan Bale-Eye (surnommé Coco Bel Œil par les Dark Angels) et Jurgen Toukour, les trois officiers supérieurs de la 13ème Grande Compagnie de la Légion de Russ. En attendant que leurs hôtes viennent leur ouvrir la porte, massive et quelque peu endommagée par le bombardement orbital sévère subi par la région au cours des derniers jours, Bulveye nous briefe rapidement sur la particularité de sa Compagnie, composée1 des frères d’épées du Primarque ayant insisté pour boire un coup de Canis Helix à l’arrivée de l’Empereur sur Fenris, en dépit des conseils paternels prodigués par l’Allfather. La gnôle de Pépé s’étant révélée un peu trop forte pour ces flippettes de Fenrisiens, 99% se sont écroulés après avoir demandé s’il y avait de la pomme2, ne laissant que Bulveye et une quarantaine de gaillards accompagner leur lige dans l’espace. Un résultat malgré tout impressionnant.

 

Ces souvenirs émus sont interrompus par l’arrivée des forces adverses, venues offrir leur reddition à leurs vainqueurs. Une fois les soldats, esclaves, femmes, enfants et Tyrans sortis de leur trou et prostrés dans la poussière devant les impériaux, Bulveye démontre son infinie magnanimité en ne tuant ni n’urinant sur personne, à la grande surprise des vaincus. À la place, il leur explique que les mondes du sous-secteur vont être finalement rattachés à l’Imperium, et qu’il vaudrait mieux pour les petites fesses flageolantes des Tyrans qu’ils ne lui donnent pas de raison de revenir sur Kernunnos de sitôt. Ceci fait, et de retour vers son vaisseau, il apprend de la bouche d’un des ses huskarls l’arrivée de deux messages sur son boîte mail neuf.fr3 : le premier est une convocation de toute la Légion sur Telkara, en vue d’un petit voyage sur Prospero, où Magnus aurait fait du vilain. Le second l’informe de la découverte d’un dernier monde humain dans le sous-secteur, auparavant coupé du reste de la galaxie par des tempêtes Warp. Prenant très à cœur le fardeau du loup blanc et la mission d’unification confiée par l’Empereur à ses Légions, Bulveye décide d’aller tuer le temps nécessaire au rassemblement de sa flotte dans ce patelin perdu, pour honorer la promesse faite à Leman Russ de finir la map à 100%.

 

Venus en petit nombre, les Space Wolves atterrissent sur une planète qui semble s’être mangée une guerre atomique en bonne et due forme au cours de son histoire, transformant 90% des terres émergées en désert radioactif. Accueillis par une délégation d’adulescents impressionnés par la carrure et la mâle prestance des nouveaux venus, Bulveye et son escorte sont amenés en Kangoo4 jusqu’au Sénat local, constatant pendant qu’ils patientent dans les bouchons que la population semble se préparer pour une catastrophe imminente. Introduits dans le saint des saints d’Antimon (le nom de la planète), les Space Wolves reçoivent un accueil très froid de la part des augustes sénateurs, très occupés à s’abreuver d’injures à propos d’un quota et d’une loterie, dont le sens échappe à leurs hôtes. Sans doute l’organisation de la kermesse de la fin d’année. L’honorable Président du Sénat, Gérard Larch-Javren Santanno, va même jusqu’à traiter ses hôtes de « sales furries puant de mes deux », ou quelque chose comme ça, en introduction de l’entrevue, forçant Bulveye à puiser dans ses réserves de self-control pour éviter de rentrer dans le lard des Antimoniens. À la place, il sort sa plus belle saga, et raconte pendant des heures les circonstances ayant mené à la Grande Croisade et à la fondation des Space Wolves, pour finir par une offre d’adhésion à l’Imperium de l’Humanité, évidemment non assortie d’une période d’essai sans conditions, parce que, reconnaissons-le, vous n’êtes pas en position de dire non. Le test de persuasion si longuement préparé par notre héros s’immobilisant sur un échec critique après avoir roulé sur le bureau de Javren, ce dernier traite tout bonnement son visiteur venu d’ailleurs de menteur, ce qui aurait pu très mal finir si les Harrowers n’avaient pas choisi ce moment pour faire leur grand retour sur Antimon. Que sont les Harrowers, vous entends-je me demander ? Voici.

 

Cette race de Xenos a pris le parti de venir passer des vacances régulières sur la planète il y a de cela deux siècles, lorsque les tempêtes Warp déchirant la galaxie se sont un peu calmées. Bénéficiant d’une technologie très avancée et d’un goût prononcé pour la torture, ils se sont mis à prélever une dîme parmi les habitants d’Antimon à chacun de leurs passages, et ont construit de grandes (5 km de haut tout de même) tours défigurant le paysage pour abriter leurs vacanciers. D’abord combattus par la caste de guerriers locaux, les armigers, les Xenos déversèrent le feu et la fureur sur la planète en représailles d’une embuscade ayant coûté la vie à 20 d’entre eux, exterminant des centaines de millions de locaux. Suite à cet événement, le Sénat décida de dissoudre les armigers, et de mettre en place un système de bénévolat en pro bono, envoyant aux envahisseurs un contingent de leur population de leur propre chef pour préserver le reste. Tout cela a marché plutôt correctement au cours des dernières décennies, mais le retour précipité des vacanciers tortionnaires fait souffler un vent de panique parmi la population locale, qui, comme aurait pu le dire Illidan Hurlorage, n’est pas prête. Voila ce qui justifiait les débats de quota et loterie5 surpris par les Space Wolves à leur arrivée. Ces derniers, pris également au dépourvu par le débarquement des Eldars Noirs (car oui, si vous n’aviez pas fait le rapprochement, je ne peux plus rien pour vous), qui a forcé leur barge de bataille à se retirer de l’orbite (ou à s’écraser sur la planète, au choix), décident de faire contre mauvaise fortune bons cœurs, et de défendre leurs congénères des déprédations des Drukhari, bien que rien ne les y oblige.

 

S’ensuit alors une campagne de guerilla inspirée, montée par un Bulveye très à l’aise dans l’exercice. Ayant exprimé leur manifeste de farouche défiance à l’encontre des Xenos puants (littéralement puants, leurs sens développés de Space Wolves manquant d’être submergés par l’infâme fumet dégagé par les envahisseurs) en massacrant sans sommation la petite bande envoyée par l’Archonte Darragh Shakkar collecter la dîme de chair déposée par les Antimoniens à proximité de leur capitale, les Space Marines passent les semaines suivantes à organiser des opérations coup de poing contre les Eldars, leur infligeant de lourdes pertes et minant l’autorité de l’Archonte sur ses pillards. Soutenus dans leurs efforts héroïques par les dons de victuailles de la population, et leur capacité à faire du camping dans les plaines irradiées de la planète pour échapper à leurs poursuivants, Bulveye et ses hommes finissent par être contactés par Andras Santanno, fils de feu Javren, et résistant de la première heure avec ses copains armigers, dont ils ont maintenu la tradition martiale en vie malgré l’interdiction des autorités. Andras pouvant leur permettre d’accéder à une des spires Eldars en dérobant un Raider laissé sans trop de surveillance, Bulveye accepte le principe d’une collaboration, et la team humains prend donc le chemin du pied à terre Xenos…

 

Révélation

…Sur place, les assaillants parviennent à se frayer un chemin jusqu’au cristal réacteur, et à poser leurs ultimes charges à fusion sur ce dernier. Bonus appréciable, ce chacal de Shakkar finit également par se joindre à la fête, comme prévu par Bulveye. Au cours d’un combat accroché, et bien aidé par la distraction apportée par Andras, le Seigneur Loup finit par envoyer son adversaire par-dessus la troisième corde, directement sur le cristal en question, ce qui le vaporise sans autre forme de procès (les amateurs de catch appellent ça une Palpatine), et surcharge le réacteur, déclenchant une réaction en chaîne catastrophique menant à l’explosion du centre de vacances Drukhari. Évidemment, nos héros ont réussi à s’enfuir à la dernière seconde de l’édifice condamné, sinon c’est pas drôle.

 

Se préparant à livrer un dernier carré dans les ruines du Sénat, les survivants apprennent quelques heures plus tard l’arrivée de la flotte de secours des Space Wolves, ayant mis en fuite les vaisseaux Xenos et effectivement remporté la victoire pour l’Imperi… Wait. Andras, en digne fils de son père, n’est vraiment pas chaud pour rejoindre la joint venture vendue par Bulveye, qui espérait pourtant que l’héroïque action d’arrière-garde de ses hommes inciterait leurs hôtes de give peace Big E a chance. Ayant bien compris qu’il n’arriverait pas à convaincre son nouveau frère de la validité de sa démarche, c’est les cœurs lourds que notre héros se trouve forcé de hacher menu son compagnon et les derniers armigers, et d’ordonner à ses renforts de se lancer dans une petite mise en conformité sur le pouce, pendant qu’il prend la route de la rout. Signé Bulveye

 

1 : En partie, sinon la « Grande » Compagnie ne pèse que quarante nobles vieillards, ce qui est peu.

 

2 : Et l’Empereur de répondre « Y en a. » selon la formule consacrée.

 

3 : Comme tous les vieux, Bulveye n’est pas à l’aise avec la technologie, et a donc un préposé aux emails et au pack Office qui lui prépare ses présentations Power Point.

 

4 : Dont la flexibilité offerte par ses sièges rabattables et sa puissance sous le capot impressionne même ce blasé de Bulveye.

 

5 : Bonne chance pour vendre des tickets en porte à porte avec un grand prix aussi pourri que celui-là.

 

Avis:
la queue en airain:
Là aussi on a une histoire intéressante avec des personnages louloups relativement simples mais pas mal définis, ne serait-ce que par les décisions qu'ils doivent prendre. L'intrigue laisse même un peu de suspense dont les dernières bribes ne se dissolvent que dans les deux dernières pages. C'est pas non plus du polar mais pour une fois, il n'y a pas une ficelle énorme mais deux ou trois (énormes aussi, quand même) et on ne sait pas laquelle il va choisir (ou presque quand même, n'exagérons pas).


Kaelis:
Super sympa, avec explication de ce que ressent le Wulfen, et une vision un peu moins grossière des SW que d'habitude. Au lieu de nous la faire "Gros Khorneux, mais côté loyaliste", on a vu que les SW étaient capables de traquer l'ennemi et de le frapper chirurgicalement. La fin est très sympa, et elle est presque triste, mais un peu prévisible...


ziafab:
Je trouve que la description des Space Marines ne colle pas suffisamment aux loulous (elle correspondrait d'ailleurs autant à n'importe quel autre chapitre) mais l'histoire n'est pas mauvaise.

 

Schattra:

Longue nouvelle à haute teneur en action space marinée, et adaptation assez réussie de Papy(s) fait de la résistance à la sauce M31, Wolf at the Door se révèle plus intéressante par ce qu’elle dit de la réalité de la Grande Croisade que par la guerilla menée par Bulveye et ses Bulv-ouailles contre des Xenos à l’hygiène corporelle douteuse. Confronté au classique dilemme opposant devoir et éthique, le Seigneur Loup devra trancher (c’est le cas de le dire), bien qu’il lui en coûte. Un bon point à l’élève Lee pour avoir traité cet aspect de la reconquête galactique par les armées de Pépé, et ne pas s’être contenté d’une happy end à la Star Wars1 comme d’autres auteurs auraient pu le faire.

 

En plus de cela, on apprend pas mal de chose sur la 13ème Compagnie des Space Wolves, et sur la figure semi-connue de Bulveye2, qui reviendra jouer les seconds couteaux dans la novella Leman Russ : Le Loup Suprême de Chris Wraight. On notera également que la diction3 du Wulfen, utilisée par Bulveye comme special move pour vaincre l’Archonte adverse, semble avoir été mise sous contrôle par les Longues Barbes depuis les événements de Dulan. Au temps où cette nouvelle a été écrite, je doute que la BL ait été aussi stricte dans son contrôle éditorial qu’elle ne l’est aujourd’hui, et il est donc heureux que les pièces du puzzle continuent à s’agencer sans trop de friction après toutes ces années.

 

On regrettera toutefois que les Eldars Noirs convoqués par Mike Lee pour donner le change aux fiers loulous aient été dépeints par l’auteur comme de frêles et grêles brêles, facilement mis en échec par une poignée de Space Wolves déterminés (la palme revenant au Frère Ranulf, qui a défendu en solo le Raider de l’équipe contre des vagues de Xenos sans aucun problème). Cela permet certes de recontextualiser le potentiel des Astartes, mais un peu plus d’équilibre dans le rapport de force aurait été appréciable.   

 

1: Il aurait été marrant que les Ewoks refusent également de rejoindre la Résistance après le banquet d’Endor, et se soient faits massacrer par la flotte rebelle en représailles. Mais cette galaxie fort lointaine a toujours été des plus gentillettes…

 

 

2 : Petit problème de continuité fluffique, dans l’œuvre de Wraight, Bulveye a été démis de ses fonctions de Seigneur Loup et n’est plus que le bras droit de Jorin Bloodhowl. L’âge de la retraite avait-il sonné pour notre vieux guerrier ?

 

3 : Non pas que les performances orthophoniques de ces petits êtres poilus soient au cœur des débats, mais je ne peux pas trancher s’il s’agit d’une béné- ou d’une malé-diction.


Fluff:

  • Space Wolves (13ème Grande Compagnie) : Commandée par le Seigneur Loup Bulveye pendant la Grande Croisade, où elle a servi dans la 954ème Flotte d’Expédition. Constituée des frères d’épée de Leman Russ sur Fenris, des hommes de plus de 20 ans qui ne pouvaient pas devenir des Space Marines. Sur des centaines de candidats, seule une quarantaine survécut, ce qui surprit l’Empereur. Les guerriers de la 13ème Grande Compagnie sont surnommés les Barbes Grises par les autres Space Wolves, mais s’appellent les Frères Loups entre eux. La Barge de Bataille Ironwolf est le vaisseau amiral de la 954ème FdE.
  • Space Wolves (Culture) : Les Space Wolves gravement blessés tombent dans un coma artificiel appelé le rêve rouge. La tradition pour un guerrier Fenrisien est de se laisser pousser la barbe, c’est de Terra que vient la pratique de se raser.
  • Grande Croisade : L’Empereur a ordonné la destruction et l’effacement des archives des planètes contrôlées par des Psykers humains.
  • Tyranie de Kernunnos : Empire humain couvrant une douzaine de mondes, situé dans le sous-secteur de Lammas. Gouverné par six tyrans, chacun gardé par un millier de Compagnons, les forces d’élite de la tyranie. La Tyranoe a été écrasée par les Space Wolves et les Dragons Arcturan pendant la Grande Croisade, et son empire intégré à l’Imperium après une campagne de sept ans.
  • Antimon : Planète du sous-secteur de Lammas, comptant 120 millions d’habitants au moment de sa redécouverte par l’Imperium,  et gouvernée par un Sénat. Isolée du reste la galaxie par des tempêtes Warp. Cité capitale d’Oneiros. Pillée tous les sept ans par les Harrowers, le nom donné par les habitants aux Eldars Noirs, depuis deux cents ans. La majeure partie de la planète est devenue inhabitable à la suite du bombardement nucléaire lancé par les Xenos en représailles d’une embuscade.

 

 

Nick Kyme (4)

Révélation

 

Bien que son nom ne soit certainement pas le premier qui vienne à l’esprit quand on évoque les auteurs de la Black Library impliqués dans l’Hérésie d’Horus (pas chez moi en tout cas), Nick Kyme a à son actif un corpus hérétique assez conséquent. Spécialiste des Salamanders (Vulkan est Vivant, Retour au Mont Deathfire, La Vieille Terre…), on lui doit également les aventures de l’officier Ultramarines le plus censuré du 31ème millénaire, le manifestement très grossier Aenoid Thiel (La Marque de l’Infamie, Stratagème, Marqués de rouge, Nightfane). Entre autres.

 

• Forgotten Sons  // Fils Oubliés merci @Celtic_cauldron !

Révélation

Age of Darkness // L'Âge des Ténèbres/2011/38 pages

 

Intrigue:

forgotten-sons.png?w=299&h=459Celtic_cauldron:

Récit mettant en scène une interaction diplomatique entre Hérétiques, loyalistes et gouvernement d'une planète stratégique qui hésite à choisir son camp.

 

Schattra:

C’est sur la vision d’un Salamander (presque) à poil surplombant la forme recroquevillée d’une humaine en détresse que Nick Kyme fait ses débuts dans l’Hérésie d’Horus. Le surhomme en pagne s’appelle Heka’tan, et est Capitaine d’une Légion placée sur la liste des espèces en voie d’extinction par l’IUCN. La frêle (en comparaison) jouvencelle se nomme Persephia, et est une ancienne Commémoratrice devenue aide soignante1 du Capitaine Arcadese des Ultramarines depuis l’Edit de Dissolution. Tous trois se trouvaient à bord d’un Stormbird les amenant jusqu’à la capitale de la planète Bastion, mais victime d’une avarie grave en chemin, qui a provoqué les turbulences ayant mis Persephia au tapis. Quelques secondes plus tard, l’appareil se crashe, ne laissant que notre trio de choc comme survivants. Après avoir convaincu l’acariâtre Arcadese de laisser son auxiliaire de vie les accompagner jusqu’à Cullis, leur destination finale, nos héros partent donc vers la cité, croisant un autochtone en chemin2.

 

Avant d’aller plus loin, il est nécessaire de donner un peu de contexte à notre propos. Arcadese et Heka’tan ont été envoyés sur Bastion pour une mission d’un genre un peu particulier : remporter le concours d’éloquence organisée par le gouvernement local pour décider qui de l’Empereur ou d’Horus il soutiendra. Comme aucun des belligérants n’a trop envie d’envoyer ses légionnaires conquérir la planète en son nom, mais que cette dernière possède un potentiel militaire indéniable, la question sera donc tranchée à l’amiable, pour changer. Nos deux Space Marines, guère indispensables à la conduite du conflit pour raisons médicales et organisationnelles, respectivement, ont donc été chargés de convaincre Bastion d’honorer son allégeance à Pépé, Arcadese en tant qu’avocat de la défense, et Heka’tan, qui était présent sur Isstvan V et est encore traumatisé par la disparition de son Primarque, comme témoin principal. Dans le coin opposé, c’est l’itérateur renégat Ortane Vorkellen qui représente les intérêts du Maître de Guerre, et se frotte donc les mains d’avance de ce combat très déséquilibré sur le papier. Après tout, si mon sort devait être tranché devant une cours de justice, je préférerais être défendu par Dupont-Moretti que par Hulk Hogan et Mr T. Reprenons.

 

Après une petite balade, les loyalistes, qui soupçonnent que leur accident d’avion n’est pas le fruit du hasard, arrivent devant le Sénat de Cullis, où, au grand énervement d’Arcadese, on leur demande de laisser leurs armes et armures au vestiaire. Après avoir juré son grand Empereur qu’il ne payerait jamais deux euros par article, alors qu’il pouvait tout garder sur lui sans problème, l’Ultramarine finit par obtempérer, et les comparses sont introduits devant l’auguste assemblée, où attend déjà Vorkellen. Persephia, de son côté, est chargée par son boss d’aller récupérer « discrètement » son bolter et de lui apporter tout aussi « discrètement », pour le cas où la situation dégénérerait. Fort heureusement pour la malheureuse larbine et la tout aussi malheureuse histoire de Nick Kyme, la sécurité de Cullis est plus laxiste que les principes moraux de Fulgrim, et elle parvient donc à récup- se perdre dans les niveaux inférieurs de l’auditorium, et à arriver en vue du réacteur nucléaire qui se trouve en sous-sol. Parce que c’est tout à fait logique de faire siéger la plus haute instance législative d’une planète entière sur un site classé Seveso seuil haut. Sur place, notre auxiliaire fait une mauvaise rencontre : un Iron Warrior à l’impressionnante détente sèche, qu’elle a surpris en train d’installer quelque chose sur la console de contrôle de la centrale. On Se DeMaNdE bIeN cE qUe C’eSt AlOrS ! Notre petite futée ne courra cependant pas assez vite pour éviter de faire connaissance avec l’épée tronçonneuse du traître, ce qui est tout à fait tragique.

 

forgotten-sons_illustration.pngUn peu plus haut, le débat suit son cours, les deux parties rivalisant de stupidité pour faire basculer Bastion dans leur camp. Si on peut excuser les Space Marines de ne rien y connaître en rhétorique, même si la tendance d’Arcadese à prendre toutes les mouches que Vorkellen lui envoie voler autour de la tête est rapidement lassante, notre itérateur s’avoue être redoutablement c*n lui-même, ce qui équilibre un peu les débats. Il axe ainsi son argumentation sur l’exemple de Monarchia, qu’il arrive à présenter de telle façon que tout être intelligent en retiendra que l’Empereur a puni Lorgar après que ce dernier ait une nouvelle fois ch… prié dans la colle. Et donc qu’il l’avait bien cherché. De son côté, en attendant d’être appelé à la barre pour raconter l’atrocité d’Isstvan, Heka’tan croit apercevoir une forme menaçante au premier balcon, puis s’en va chercher Persephia parce que « ça fait quand même longtemps qu’elle est partie, la ptiote », laissant son collègue pédaler dans la Roboute tout seul dans son coin. Profitant une fois encore de la permissivité de ses hôtes, le Salamander ne met pas longtemps à trouver le cadavre de Persephia, que ce tâcheron d’Iron Warriors n’a pas pris la peine de beaucoup camoufler. Utilisant son super pouvoir de détection des sources de chaleur, Heke’Tan parvient ensuite au réacteur, où il tombe sur le râble du renégat. Malgré le fait qu’il ne soit ni armé, ni armuré, le loyaliste parvient à se défaire de son adversaire, lui aussi complètement cramé du bulbe. J’en veux pour preuve qu’il ne prend pas la peine d’utiliser son pistolet bolter pour descendre son assaillant, et finit donc empalé sur sa propre épée tronçonneuse, puis balancé dans le noyau nucléaire (Palpatine like, c’est dire à quel point cette installation semble sécurisée). Une fois cette petite vengeance accomplie, Heka’tan trouve un bout de papier déchiré indiquant « -out faire pét- », et constate que l’écran du terminal sur lequel travaillait l’Iron Warrior affichait toutes les autres installations nucléaires de la planète… et ne fait pas le lienC’mon duuuuuuuuuuuude. Il s’en retourne donc gentiment à l’auditorium, où Arcadese s’est fait humilier par son adversaire.

 

Une délibération plus tard, il est temps pour les dirigeants de Bastion de rendre leur verdict. Ce dernier est cependant interrompu au moment où le juge prononce : « Je kiffe trop Hor- » par l’arrivée de Heka’tan, juste à temps pour avertir Arcadese de la présence d’un sniper au balcon. Oui, le même qu’il avait cru voir quelques minutes plus tôt, et qu’il avait laissé tranquille pour partir en vadrouille. Pour sa défense, et pour rester dans le thème des personnages de cette nouvelle, il s’agit du plus mauvais sniper du monde, puisqu’il se passe trois secondes entre l’avertissement du Space Marine et le tir, destiné à Vorkellen, qu’Arcadese intercepte avec ses gros pecs huilés. La situation devient encore plus confuse qu’elle ne l’était précédemment, nos héros parvenant toutefois à se frayer un chemin jusqu’au tireur, qui se trouve être l’autochtone croisé sur la route de Cullis3, ayant pris la place de l’un des gardes du Sénat. Mais l’autochtone lui-même défie les pronostics en parvenant à matérialiser une épée en os à partir de sa propre jambe, et à s’échapper sans difficulté dans les galeries supérieures de l’auditorium. Kyme décrète alors que personne ne peut plus sortir de la pièce, ce qui était totalement faux jusqu’à présent, mais permet d’accélérer la suite de l’intrigue. Littéralement deux lignes plus loin, c’est le retour de la revanche du fils de la momie, soit un nouvel affrontement entre les deux surhommes et l’assassin… qui se révèle être un Custodien. Non ? Si. Mais en fait non, comme ce rusé de Heka’tan le démontre par l’absurde à son comparse, après que l’escarmouche ait été interrompue une nouvelle fois. Ce n’est pas un vrai Custodien, car sinon les deux compères seraient déjà morts. Dit comme ça…

 

Finalement, nos héros parviennent à mettre la main au collet de l’invité mystère, mais non sans qu’Heka’tan ait pété le pif à Arcadese, et que ce dernier lui ait avoué qu’il devrait utiliser du déo (it’s complicated). Feinté et contre-feinté par les Space Marines, l’entité homicidaire est victime d’un bear hug carabiné de la part de Heka’tan, qui appuie tellement fort que sa victime finit par révéler sa véritable identité… un lacrymole. Un assassin Callidus renégat aurait tout aussi bien fait l’affaire, mais après tout, c’est le droit des auteurs de la BL que de piocher dans le fluff le plus obscur pour faire des révélations téléphonées. En tout cas, ça n’explique pas ce que ce transformiste Xenos faisait là, ni pourquoi il a agi de la sorte, apparemment sans coopération avec l’Iron Warrior dérouillé (haha) par Heka’tan un peu plus tôt. Bref, c’est la grosse m*rde dans cette histoire, qui heureusement arrive à son terme lorsque les réactions en chaîne nucléaires causées par les bombes laissées par l’Homer Simpson renégat finissent par se déclencher. Nos héros comprennent alors que le but du Maître de Guerre était d’intimider les planètes se ralliant à l’Imperium en faisant de Bastion un exemple de ce qu’il leur réservait… Sauf que Bastion s’était déclaré pour lui. Ce qui devrait donc avoir l’effet inverse à celui recherché. Bon, moi, j’ai décidé que j’en avais assez à ce moment là, et me suis dépêché de finir les dernières pages de la nouvelle, qui voient la planète partir autant en cacahuète que le scénario de Kyme, Heka’tan tomber dans un trou et décider de faire son Gandalf plutôt que de laisser Arcadese lui sauver la vie, soi disant pour aller retrouver ses frères et son père morts sur Isstvan (et moi qui croyait que les Salamanders étaient réputés pour leur résistance), et l’Ultramarine repêcher Vorkellen en guise de lot de consolation, pour honorer la dernière volonté de son frère d’armes. Voilà comment se termine ce récit des fils oubliés, qui auraient sans doute dû le rester si vous voulez mon avis…

 

1 Arcadese est un peu le Rick Grimes du 30ème millénaire. Il a été gravement blessé sur Ullanor et est tombé dans un coma dont il n’est sorti qu’une fois l’Hérésie commencée. Tu parles d’un choc au réveil. Rafistolé par ses toubibs, il dépend en grande partie des augmétiques qui lui ont été implantées, et que Persephia aide à entretenir.

 

2 : Oui, c’est important. En tout cas pour Nick Kyme. Vous comprendrez plus tard.

 

3 : Quand je vous disais que c’était important !

 

Avis:

Celtic_cauldron:

Une vraie déception pour moi car le sujet laissait espérer beaucoup mieux.

Le +:

  • Une histoire moins bourrine que la moyenne des récits parus.

 

Les -:

  • Rythme mal maîtrisé, la construction temporelle de l'histoire n'est clairement pas son point fort.
  • Personnages pour l'essentiel sans intérêt.
  • Le débat est creux au possible et mal retranscrit.
  • Tout est téléphoné du début à la fin.

 

Schattra:

On reconnaît sans mal la « patte » WTFesque du Nick Kyme du début des années 2010 dans ce Forgotten Sons, qui est je pense la nouvelle de l’Hérésie d’Horus la plus comiquement ridicule que j’ai jamais lue1. « Grâce » à ses personnages demeurés prenant des décisions stupides pour tenter de coller à une intrigue lacunaire, cette histoire s’avère être aussi mémorable qu’épuisante, Kyme parvenant à surenchérir sur le n’importe nawak avec une constance aussi admirable qu’inquiétante. Il n’y a guère que les flashbacks d’Isstvan V qui affligent Heka’tan qui parviennent à relever un peu le niveau, en braquant la caméra sur Vulkan juste avant que le géant vert de Pépé n’aille danser le MIA chez le Nighthaunter. Pour le reste, c’est un bon gros nanard hérétique que Nick Kyme nous sert, comme il avait l’habitude de le faire pour 40K à la même époque (‘Thunder from Fenris’, ‘Fireborn’). Je vous laisse déterminer si cela manquait à la série…

 

1On verra bien si quelqu’un arrive à ravir cette « distinction »  à Mr Kyme dans le futur.

 

Fluff:

Celtic_cauldron:

De nouvelles informations sur Isstvan V.

 

Schattra:

  • Vulkan : Le Primarque des Salamanders est le plus fort et le plus endurant de ses frères (Ferrus Manus étant le seul à rivaliser avec lui sur ces aspects), à défaut d’être l’épéiste le plus doué, le meilleur tacticien ou un Psyker d’un talent quelqueconque. Il est ainsi capable de retourner un tank Demolisher sur le flanc à mains nues.
  • Nocturne (Culture) : Les natifs de la planète utilisent une langue-sigil. Les Salamanders prêtent serment en marquant leur chair avec les symboles de cette dernière.

     

  • Bastion : Planète humaine à forte culture militaire, ralliée à l’Imperium sans combat par les Iron Warriors pendant la Grande Croisade. L’allégeance de Bastion devait être décidée par une session extraordinaire de son assemblée dirigeante, chaque camp envoyant des représentants plaider sa cause. Horus décida cependant de faire un exemple en orchestrant le sabotage des installations nucléaires de la planète, résultant en sa destruction.
  • Lacrimole : Race de Xenos vampirique capable de prendre l’apparence de n’importe quel être vivant. Leurs meilleures imitations sont celles de leurs victimes, dont ils ont bu le sang. Presque exterminés par les armées de l’Empereur pendant la Grande Croisade.

 

The Gates of Terra merci @Celtic_cauldron !

Révélation

Recueil Games Day France 2012/2012/XX pages

Intrigue:
Gates-of-Terra.jpgDans ce récit, nous suivons les péripéties du Capitaine Arcadese des Ultramarines menant la défense du Récif Ardent face aux légions d'Horus, alors que ces dernières ont entamé l'assaut final vers Terra.

Avis:
Une nouvelle agréable, sans véritable ambition mais qui possède une ambiance assez particulière.

Les +:

  • Un bon complément sur les nouvelles évolutions de l'Imperium et de certains de ses principaux commandeurs.
  • Une histoire agréable et bien construite, on sent que quelque chose cloche sans pour autant le deviner immédiatement.

 

Fluff:
-

 

Promethean Sun merci @Celtic_cauldron !

Révélation

Promethean Sun/2013/XX pages

Intrigue:
promethean-sun.jpgElle se déroule avant l'Hérésie. Une planète occupée par des Eldars subit l'assaut de trois Légions de l'Astartes: Death Guard, Iron Hands et Salamanders. Cette campagne d'Ibsen verra Vulkan trouver un sens à son combat, et être conforté dans sa propre humanité.

Avis:
Un récit court et pas désagréable à lire qui mêle combats et flashbacks introspectifs sur la vie du Primarque des Salamanders. L'auteur essaie, de manière parfois caricaturale de souligner le côté très humain de Vulkan, par comparaison avec ses deux frères Ferrus Manus ("Je suis, donc je tue") et Mortarion ("Je tue, donc je suis"). C'est un peu grossier et artificiel, mais on comprend bien ce qu'est Vulkan finalement: un bon gars qu'on aurait plaisir à avoir à table chez soi, mais qu'il ne faut pas énerver quand même.

Fluff:
Quelques éléments sur les Salamanders, mais pas de grosses révélations non plus. On notera, enfin surtout les vieux Légionnaires de la V1-V2 que les Eldars sont des Exodites avec Carnodons et autres dinosaures. Cela fait toujours plaisir.

 

Dreams of Unity

Révélation

Heralds of the Siege/2018/20 pages

 

BLPROCESSED-Dreams-Of-Unity-cover.jpgIntrigue:

« Démobilisé » comme ses camarades à la fin des Guerres d’Unification, l’ancien (dans tous les sens du terme) Légionnaire Tonnerre Dahren Heruk s’est reconverti dans le gladiatorat avec une poignée de comparses afin de joindre les deux bouts. L’Empereur n’ayant visiblement pas prévu de plan épargne retraite digne de ce nom en faveur de ses premiers prototypes de post-humains, la joyeuse bande vivote sur les maigres bénéfices des combats auxquels elle participe dans le Swathe, bidonville Terran s’étendant en périphérie du Palais de leur ancien patron. Pour ne rien arranger, les vétérans sont affligés de divers troubles physiques et psychologiques, dont une forme particulièrement vivace et handicapante de PTSD, poétiquement nommée les Rêves d’Unité, qui les mène à revivre leurs souvenirs de bataille comme s’ils y étaient, avec des conséquences généralement fâcheuses pour les quidams évoluant à proximité. Les Blood Angels n’ont vraiment rien inventés.

 

Ayant été témoin de la mort d’un de ses comparses (Kabe) sur le sable de l’arène, des mains d’un chrono-gladiateur au final desservi par son propre sadisme, Heruk commence sa journée par un peu de manutention, ramenant les restes mortels de son défunt collègue jusqu’au domicile de son dominus et imprésario (Tarrigata), afin de procéder au recyclage, puis à l’incinération de ces derniers. Il part ensuite à la recherche d’un autre gladiateur de l’écurie (Gairok) aux abonnés absents depuis quelques heures, ce qui n’augure rien de bon. Pris en chemin d’une crise de somnambulisme aiguë, il revient à lui dans un bar dévasté du Swathe, où Gairok1 semble avoir organisé une reconstitution hyper réaliste du siège d’Abyssna, avec les piliers de comptoir comme figurants (involontaires). Jugeant son camarade trop atteint pour qu’une autre issue soit possible, Heruk l’euthanasie la mort dans l’âme, et poursuit sa mission de porteur d’os en charriant le cadavre jusqu’au QG de la bande.

 

Ailleurs dans le Swathe, le SWAT impérial (see what I did there ?) se déploie à grand renfort de gadgets, sous les traits aquilins mais masqués du Custodien Tagiomalchian. Ce dernier a été chargé de trouver et de neutraliser des éléments séditieux opérant depuis les dédales mal famés du bidonville, et se montre très intéressé par le carnage commis par Gairok au café PMU du coin. Alors qu’il est occupé à faire quelques relevés en mode les Experts : Terra, il est violemment attaqué par un agresseur non identifié, ce qui coupe la transmission envers la Tour de l’Hegemon. Sus-pense.

 

Nous retrouvons Heruk et son poids mort alors qu’ils arrivent enfin en vue de la bicoque de Tarrigata, qui se trouve être en proie des flammes. Décidément, ce n’est pas la journée de notre heruk. Réussissant à extraire son patron des décombres au péril de sa vie, le Guerrier Tonnerre n’arrive pas à lui sous-tirer d’informations vraiment utiles quant à l’identité des petits gougnafiers responsables de cette destruction de propriété privée avant que Papy Tarri’ n’aille rejoindre la droite de l’Empereur. Supputant que l’incident ait pu être causé par une autre crise de delirium tremens du dernier de ses corelégionnaires vivants (Vezulah Vult), Heruk se met à nouveau en chasse, et parvient à débusquer Vivi dans les égouts du Swathe. Ce dernier, également à l’article de la mort, et aveuglé par un Bitch Betcher move réalisé par son assassin, refait le coup du « je meurs avant d’avoir donné la bonne info à mon pote pour préserver le suspens de l’histoire mouahaha- couic » à Heruk. Au moins, l’honneur des Guerriers Tonnerre est sauf, car ce n’est pas Vult qui a foutu le feu aux pénates de son patron. C’est déjà ça. Résolu à tirer ce mystère au clair, et désormais libre de toute obligation professionnelle du fait du décès de tous ses collègues, Heruk poursuit son avancée dans les niveaux inférieurs du Swathe…

 

Révélation

…et arrive à temps pour filer un salutaire coup de main à Tagiomalchian, fort occupé à maîtriser un Alpha Légionnaire possédé et son culte de groupies, que l’on devine être responsables du saccage du Balto pendant que Gairok s’en jetait un petit, ce qui lui a fait péter les plombs, et de l’attaque des locaux de Tarrigata… parce qu’il leur devait de l’argent, peut-être ? Toujours est-il que ce sont les méchants de la nouvelle, les vrais, en plus d’avoir été impliqués dans la tentative d’infiltration du Palais Impérial quelque temps auparavant, bien sûr. Prudence étant mère de sûreté, Heruk commence par s’occuper des goons chaotiques pendant que Tag’ et Alpharius (car c’était lui… c’est toujours lui) se roulent par terre en bonne intelligence, écopant de quelques légères blessures mais se montrant si convaincant dans son approche qu’il arrive même à convaincre la meneuse adverse de se suicider plutôt que de l’affronter2. Ceci fait, il ne reste plus à notre increvable vétéran qu’à régler son compte au bossédé de fin, en partenariat avec l’Adeptus Custodes, et en écopant d’une déchirure mortelle au passage (si seulement il s’était souvenu qu’il avait piqué le pistolet à radiations de Tarrigata avant que d’engager le renégat au corps à corps… les ravages de la grande vieillesse). Herruïque jusqu’au bout, notre briscard peut ainsi tirer sa révérence la tête haute, ayant bien mérité un honorable coup de grâce de la part de son camarade de jeu. Dreams are my reality… (air connu).

 

1 : Pour être honnête, on ne sait pas trop qui blâmer pour ces troubles de voisinage, Heruk ayant été tout aussi parti que son poto à son arrivée sur les lieux. Dans ces cas là, mieux vaut reporter le problème sur le type d’en face c’est vrai.

 

2 : Il faut dire que voir un colosse écumant perforer la cage thoracique de Roger de la compta’ à coup de pied ne donne pas en vie d’engager le dialogue.

 

Avis:

Cette nouvelle de Kyme s’avère être assez satisfaisante, et plus qualitative que nombre de ses travaux précédents, ce qui est appréciable pour le lecteur et peut laisser à penser que notre homme s’améliore au fil du temps. Tant qu’il y a de la vie… En plus de la généreuse dose de fluff relative aux Guerriers Tonnerre dont nous bénéficions ici, le petit thriller mis en scène par Kyme quant à l’identité des proies traquées par Tagiomalchian tient plutôt bien la route, dès lors qu’on ne le regarde pas de trop près. À titre personnel, j’ai trouvé que l’auteur s’inspirait lourdement des travaux de certains collègues (le Custodes est un clone Kymesque du Tauromachian d’Abnett dans Blood Games, le crachat venimeux un emprunt au Talos d’ADB), ce qui peut peut-être expliquer pourquoi cette soumission est de meilleure facture que d’ordinaire. La tendance de Kyme à saboter l’exécution d’idées pourtant intéressantes par la non prise en compte de détails mineurs (affliction baptisée annandalisme par votre serviteur) vient toutefois fragiliser l’édifice1, ce qui est dommage mais pas surprenant. Mais on progresse, on progresse…

 

1 : Exemple gratuit, le chrono-gladiateur du début de la nouvelle est d’abord décrit d’une telle manière à ce que le lecteur croit qu’il s’agit d’un Custodien (ce qui ferait sens car ce sont eux qui ont massacrés les Guerriers Tonnerre sur l’ordre de l’Empereur). Ce quiproquo assez malin est affaibli par le choix de Kyme de faire de son antagoniste un tueur sadique, qui prend son temps pour tuer sa victime au lieu de l’achever efficacement. Pour un guerrier vivant littéralement sur du temps emprunté, une telle procrastination est en effet très improbable.

 

Fluff:

  • Guerriers Tonnerre : Bien qu’ils aient été tués pour la majorité d’entre eux après la fin des Guerres d’Unification sur ordre de l’Empereur, certains Guerriers Tonnerre ont réussi à survivre sur Terra pendant la Grande Croisade et jusqu’au déclenchement de l’Hérésie. Hantés par leur passé, ils sont victimes d’hallucinations les faisant revivre leurs anciennes batailles, et pendant lesquelles ils attaqueront sans discrimination ceux qui ont le malheur de passer à leur portée (rq : une Rage Noire avant l’heure ?). Ils sont également affligés de nombreux problèmes physiques, leur constitution améliorée n’ayant pas été pensée pour leur assurer une telle longévité (rq : ce qui confirme le fait que l’Empereur avait prévu de se passer d’eux une fois la victoire acquise). Les survivants en sont réduits à récolter les organes sains de leurs frères d’armes et se les transplanter pour prolonger leur existence.
  • Guerres d’Unification : Les oligarques de Kievan Rus ont déchaîné le feu nucléaire sur les plaines gelées de Sibir. La cité princière d’Abyssna (Afrique) a été assiégée et conquise par les forces de l’Empereur. Les clans guerriers de Hoth Grendal, sur Albia, ont été soumis. Kalagann a mené les hordes de l’Ursh contre l’Empereur. Les Guerres d’Unifications se sont officiellement terminées par l’hégémonie de l’Empereur sur Terra après la bataile du Mont Ararat, et le lever de la bannière impériale par Arik Taranis/Tyrannis (rq : il faudrait te relire, Nick).
  • Palais Impérial : Les alentours du Palais extérieur sont occupés par un bidonville appelé the Swathe. Les niveaux souterrains du Swathe sont appelées the Flood.
  • Adeptus Custodes : Leur premier engagement au service de l’Empereur se serait passé à Nas’sau, sur Terra.

 

Rob Sanders (2)

Révélation

 

Rob Sanders n’a écrit aucun roman pour l’Hérésie d’Horus, mais a contribué à cet effort collectif en signant 3 novellas (‘The Serpent Beneath//’Le Serpent en dessous’, ‘Cybernetica’ et ‘The Honoured’) et 9 nouvelles (de ‘The Iron Within//Cœur de Fer’ à ‘The Ember Wolves’). On lui connaît un attrait particulier pour les Iron Warriors, et notamment la figure esquintée du Warsmith Idriss Krendl, Némésis de ce vieux Barabas Dantioch, ainsi que pour les manigances de l’Alpha Légion (‘The Harrowing//’Le Foudroiement’).

 

 • The Iron Within  // Coeur de Fer merci @Celtic_cauldron !

Révélation

Hammer & Bolter #5 (Age of Darkness // L'Âge des Ténèbres)/2011/36 pages

Intrigue:
the-iron-within.png?w=300&h=461Schattra:
The Iron Within permet à Sanders de mettre sous les feux de la rampe un Iron Warrior ayant choisi de se battre dans le sens de l'histoire, le Warsmith Barabas Dantioch. Fidèle au portrait en clair obscur qu'il avait dressé de son dernier héros Marine (Elias « le Codex Astartes est formel sur ce point » Artegall, Maître du Chapitre des Crimson Consuls), préférant s'attarder sur les faiblesses de son personnage pour le caractériser plutôt que sur ses forces, logique tout à fait défendable quand on parle de surhommes génétiquement supérieurs en tous points au reste de l'humanité.

La tare de Barabas, qui lui attache la sympathie du lecteur, n'est cette fois pas d'ordre psychologique, mais physique, puisque le Warsmith est le premier Marine atteint de mucoviscidose (et pas qu'un peu) de l'histoire de la Black Library. Évidemment, cette affliction découle d'une glorieuse campagne contre les Hruds, apparemment capable de réduire en grabataires même les meilleurs de l'Empereur par le seul poids du nombre (me demandez pas pourquoi). Prématurément usé par cette ultime bataille dont il fut quasiment le seul rescapé (l'autre survivant ayant fini dans un Dreadnought, et encore, un Dreadnought avec déambulateur), Barabas s'est trouvé affecté à la garde d'une planète de huitième ordre, poste honorifique mais véritable mise au placard déguisée, Perturabo n'ayant semble toute guère apprécié que sa légion soit la première à devoir verser une pension vieillesse à un de ses combattants.

Isolé dans son trou ferreux, Barabas s'est occupé comme il a pu pour tuer le temps, ce qui pour un Iron Warrior, consiste surtout à construire des miradors derrière la haie et à installer des multi-lasers dans les bacs à géraniums. Malheureusement pour le pré-retraité qu'il est devenu, l'arrivée de l'arrogant et hérétique Warsmith Krendl va le forcer à prouver au reste de la galaxie que le vioque touche toujours sa bille en matière de conduite de siège.


Celtic_cauldron:
L'histoire d'un siège d'une forteresse loyaliste des Iron Warriors par leurs frères renégats.

Avis:
the-iron-within_illustration.png?w=299&h=446Schattra:
Si ni le thème, ni la conclusion de l'histoire ne sont très originaux, Sanders parvient bien à retranscrire l'effroyable guerre de positions qui oppose loyalistes et chaotiques, dans une sorte de préquelle clin d'oeil à la bataille de Terra, au cours de laquelle les Iron Warriors affronteront cette fois leurs rivaux de toujours au lieu de leurs propres frères. S'il fallait retenir une morale de tout ceci, c'est que l'abus de Chaos est mauvais pour le sens stratégique, le méchant Krendl conduisant son offensive comme une savate, malgré les avantages quantitatif et qualitatif dont il dispose pour mener la réduction de la place-forte ennemie.


Certes, on peut se dire que Barabas est un Warsmith vétéran, défendant son chef d'oeuvre en compagnie de troupes sur motivées, mais son adversaire étant lui aussi un Iron Warrior de haut rang, et de ce fait un expert de la prise de fortifications, la correction que papi gaga lui inflige apparaît légèrement too much. On n'a pas vraiment l'impression de voir deux grands stratèges s'affronter à distance en se rendant coup pour coup, mais plutôt le sentiment d'assister à une partie de tower defense, les assaillants tombant comme des mouches pour gagner le moindre mètre.

Cette petite déception écartée, il faut bien avouer que Sanders maîtrise tout à fait les codes du dernier carré super héroïque, le rythme s'accélérant progressivement au fur et à mesure que le nombre des gentils diminue et que ces derniers doivent sans cesse reculer devant l'avance inexorable des vagues ennemies. Il y a bien quelques sujets à froncement de sourcils, comme le personnage de Vastopol, « Guerrier-Poète » à l'importance dans le récit aussi grande que son utilité à ce dernier apparaît comme contestable, mais Sanders ne relâche jamais le rythme, et toutes les incohérences sont vite laissées de côté. En conclusion, une autre nouvelle de Marines de bonne facture à mettre au crédit du petit Rob, dont j'attends personnellement de voir s'il peut faire aussi bien en long format et avec d'autres protagonistes.


Celtic_cauldron:
Histoire intéressante, mais bâclée et qui, surtout, ne rend pas compte de la réalité d'un siège, en tous cas moins bien que Déluge d'Acier qui reste la référence en la matière.

Fluff:
Schattra:

  • Iron Warriors (auxiliaires): Dantioch a recouru aux services d'une main d’œuvre génétiquement modifiée (genebreeds en VO) pour construire sa forteresse. Plus grand et plus large qu'un Space Marine, le genebreed est à son aise dans les travaux de maçonnerie monumentaux pour lesquels les fils de Perturabo sont renommés (question à deux balles: les Imperial Fists ont-ils également des super larbins pour ce genre de tâches?). C'est en quelque sorte la version supérieure du Kroxigor de 40K, puisqu'il est suffisamment intelligent pour suivre les instructions d'une notice de montage IKEA sans supervision (Sanders parle de cold, technical skill, mais il ne trompe personne). Une fois l'édifice terminé, les genebreeds peuvent servir à renforcer la garnison d'Iron Warriors laissée sur place. 
  • Ultramarines (doctrine): L'Ultra de service de la nouvelle (Nicodemus) révèle que Guilliman est persuadé que l'Imperium, et même l'Empereur, sont faillibles et mortels. Cela renforce le côté sécessionniste du Grand Schtroumpf, trait de caractère qui sera exploité plus tard dans la série (Imperium Secondus, entre autres).

 

A Deeper Darkness // Des Ténèbres Plus Profondes merci à @Rippounet !

Révélation

Mark of Calth/2014/37 pages

 

Intrigue:

a-deeper-darkness.png?w=300&h=430Rippounet:

Histoire d'Ultramarrants dans des caves.

 

Schattra:

Dans la vie, tout le monde n’a pas la chance d’avoir un nom original, comme Alphonse, Christofle ou Roboute. C’est le cas de notre héros, Hylas Pelion, surnommé Pelion le Pelos1 en référence à un autre Pelion, qui a mieux réussi que le nôtre apparemment. Pelion a pourtant des états de service tout à fait honorable, et pour cause, il a réussi à devenir l’Honorarius de la 82ème Compagnie des Ultramarines, ce qui… est cool pour lui, j’imagine ? Pris dans les événements de Calth avec le reste de ses frères, il lutte depuis pour sécuriser les arcologies shotgunnées par le Tétrarque Tauro Nicodemus au cours de la guerre souterraine, tout en tentant de se guérir de son addiction pour le jeu. Il commence d’ailleurs la nouvelle en utilisant son dernier bolt comme dé à jouer, c’est dire à quel point il est accro.

 

Pelion a un naturel conquérant, et un beef en cours avec un Apôtre Noir Word Bearers, du nom d’Ungol Shax. Ayant failli lui régler son compte pendant la bataille de Komesh, Pelion nourrit une haine profonde et singulière envers le Shack, qui motive puissamment ses vélléités d’expansions militaristes. Cependant, le sage Nicodemus préfère conserver les trois arcologies qu’il pense être capable de tenir sans trop de difficultés plutôt que de débusquer tous les traîtres à portée de gourdin énergétique, ce qui frustre notre héros. Après avoir mené une opération de nettoyage2 dans un bastion ennemi à proximité du QG loyaliste, et failli écoper d’un blâme de la part de l’omniprésent Nico’ à cause de son choix de tenter de soutirer des informations à un Word Bearer fait prisonnier3 plutôt que de l’exécuter sur le champ, Pelion voit la chance lui sourire lorsqu’un autre Space Marine renégat fait son apparition, depuis les profondeurs d’une mare souterraine. Sans doute un apnéiste de haut niveau. Chose étrange, le nouveau venu, lui aussi capturé sur le champ, a eu les yeux arrachés, et porte la marque du Chapitre d’Ungol Shax sur le front, ce qui ravive l’intérêt du rancunier Pelion.

 

Ayant convaincu son boss d’interroger le captif, Pelion est frustré dans son interrogatoire par l’exécution sans sommation du traître par le service de sécurité, après qu’il ait fait mine de prononcer le mot qui tue en présence de Nicodemus. Mot qui tue commençant par « Penetral- ». Chargé par le petit Tetraque (à ne pas confondre avec le grand Tetras) de sceller l’accès de la caverne ainsi purgée pour éviter que les affreux d’en face ne vienne faire une surprise aux braves gens de Calth, Pelion découvre par un gros coup de bol qu’un réseau de tunnels à moitié submergés est relié au lac local, et que ce réseau s’appelle Penetralia. Il n’en faut pas plus pour que notre bouillant héros aille de nouveau plaider sa cause auprès de Nicodemus, qui consent à lui donner deux frères de bataille (Daesenor et Phornax, un ancien Archiviste) et une escouade de miliciens sous le commandement du Sergent Grodin, en plus de la sapeuse Ione Dodona, pour aller faire un peu de spéléo de reconnaissance. Grâce au talent de bricolage de cette dernière, la fine équipe prend place dans une rame de métro plus ou moins étanche, et part dans les profondeurs du lac, où s’enfoncent les rails du réseau ferroviaire local. Ayant échappé de peu à une noyade qui aurait été des plus comiques, notre bande de bras cassés arrive dans la Penetralia, où Pelion est persuadé de trouver sa Némésis…

 

Révélation

…Et ce sera bien le cas (aaaaah !), même si Shax n’est pas en mesure de lui opposer une farouche résistance (oooooh…), transformé qu’il a été en statue de ténèbres cristallisées, ou quelque chose comme ça, comme tous les cultistes et Space Marines que Pelion et ses hommes croisent au cours de leur reconnaissance. Instruit par Phornax qu’une présence maléfique rôde dans les parages, et ayant déjà perdu quelques sous-fifres, dont Daesanor et ce gredin de Grodin sous les coups de cet ennemi insaisissable, qui semble être capable de cristaliser subitement quiconque pose les yeux sur lui, l’Honorarius décide de se la jouer beau gosse et ordonne à Phornax et Dodona, les derniers personnages dignes d’être nommés de son équipe, de retourner jusqu’au sous-marin jaune bleu pour aller prévenir Nicodemus de ce nouveau danger, pendant que lui retiendra ce démon le plus longtemps possible. Notre paladin en céramite n’étant pas le dernier des abrutis, il prend soin de se plonger dans les ténèbres en désactivant le système optique de son casque, s’épargnant ainsi le sort de son ennemi juré, pétrifié par l’aspect monstrueux de la créature qu’il a invoquée sans pouvoir la contrôler. Une solution moins radicale que celle du Word Bearer s’étant arraché les yeux avant de se lancer dans son expédition de canyoning mal avisée, mais satisfaisante tant sur le plan théorique que pratique. Le combat qui s’engage est, comme vous pouvez vous en douter, des plus confus, l’absence d’éclairage contraignant Pelion à utiliser son ouie pour sabrer l’horrible bestiole, et le lecteur à faire preuve d’imagination pour se représenter cette lutte épique entre un Space Marine aveugle et un ragondin obèse (eh, ça pourrait être ça).

 

Dégouté par la résistance de cet adversaire, le démon décide au bout d’un moment de se rabattre sur des proies un peu plus coopératives, et s’en va donc en Velib (eh, ça pourrait être ça) à la poursuite de Phornax et Dodona, laissant Pelion errer un bon moment dans la sombre noirceur obscure, jusqu’à ce qu’il parvienne à son tour à retrouver le chemin du lac. Là, il ne peut que se rendre compte qu’il est trop tard pour Phornax, changé en verre fumé par le prédateur des ombres. Lui vient alors l’idée géniale d’utiliser la laideur abjecte du monstre contre lui-même, ce qu’il fait en éclairant subitement la salle avec son Iphone en mode torche, après avoir demandé à Dodona de piquer une tête. Et ça marche : ayant commis l’erreur de contempler son reflet, l’horreur finit victime de son regard vitreux et finit vitrifiée. Cela ne change cependant pas grand-chose pour Dodona, dont le fragile esprit humain se brise à la simple vue de l’indescriptible bestiole4. Ayant lu son Lovecraft, comme l’homme de culture qu’il est, Pelion n’est pas affecté et doit mainteant décider comment il va utiliser son dernier bolt : pile, il flingue la méduse, et face, il flingue la gorgone. Faîtes vos jeux…

 

1 : The Lesser en VO.

 

2 : Et pour cause, les démons de compagnie des Word Bearers ont fait leurs besoins dans les nappes phréatiques.

 

3 : Ce grand couillon ne savait pas nager, et a donc attendu de se faire cueillir par les Ultramarines sur le bord du lac local.

 

4 : Je pense qu’elle avait la formule cabalistique « ∞/0 » tatouée sur le front, ce qui expliquerait beaucoup de choses.

 

Avis:

Rippounet:

De l'idée, mais quelques personnages concons et une histoire médiocre au final. M'bof.

 

Schattra:

Sanders se frotte à l’indescriptible lovecraftien dans un univers grimdark dans cette nouvelle assez intéressante, mais handicapée, comme la plupart des textes voulant surfer sur la grande idée du reclus de Providence, par la notion même d’indescriptibilité. Il n’y a guère que Lovecraft qui arrive à faire peur avec des êtres non euclidiens, et Sanders n’a ni l’espace, ni le style nécessaires pour arriver à un résultat comparable ici. On se contentera donc d’apprécier son idée d’adapter le mythe de la méduse dans l’Hérésie d’Horus, et le rythme particulier qu’il réussit à instiller à son propos, la double confrontation initiale avec les Word Bearers ne présageant en rien la deuxième moitié du récit.

 

Fluff:

  • Space Marines : Ils ont un instinct de conquête inscrit dans leur patrimoine génétique.
  • Ultramar : L’engeance d’Abydox (Fiend of Abydox) était un Big Boss Ork dont l’empire se situait à proximité des frontières d’Ultramar lorsque le royaume était encore jeune. En conséquence, les humains attaquèrent les Xenos de façon préemptive.
  • Ultramarines (Personnage nommé) : Tauro Nicodemus, Prince de Saramanth, Tétrarque d’Ultramar, Champion du Primarque.
  • Ultramarines (Organisation) : Le rang d’Honorarius est attribué à des guerriers méritants. Pas d’indication précise sur ce que cela représente. Les champions de la Légion portent la Crux Aureas.
  • Word Bearers (Personnages nommés) : Les chefs de culte Dusa Dactyl, Kreedstress (rq : Hapôtre?) de l’Edictae-Ghuul et Seid Phegl, Cognosci du Red Munion (10.000 cultistes). Tous deux tués sur Calth.
  • Calth (Géographie) : Les arcologies de Tatoraem, Magnesi, Thurcyon et Edanthe.

 

 

Schattra, commémorateur stagiaire

 

 

Edited by Schattra
Retours additionnels sur 'L'Âge des Ténèbres'

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Ajout des critiques des nouvelles de Shadows of Treachery.

Edited by Schattra

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Mise à jour des critiques des nouvelles de Tales of Heresy + ajout des critiques des nouvelles de Mark of Calth.

Edited by Schattra

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Ajout des critiques des nouvelles du recueil Black Library Celebration 2019.

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Ajout des chroniques des nouvelles du recueil Crusade & Other Stories

  • The Lighthing Tower//La Tour Foudroyée (D. Abnett)croisade-autres-rc3a9cits.png

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Ajout des chroniques de 4 nouvelles de Heralds of the Siege (incluses dans le Humble Bundle d'il y a quelques mois - ce qui est fait...).

  • 52.-Heralds-of-the-Siege.jpgMagisterium (C. Wraight)
  • Duty Waits (G. Haley)
  • Now Peals Midnight (J. French)
  • Dreams of Unity (N. Kyme)

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Ajout de la chronique de @gilian (merci à lui pour la permission donnée) de The Lighthing Tower//La Tour Foudroyée (D. Abnett). Le sujet d'origine:

 

 

 

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J'ajoute tout de suite ce sujet dans mes favoris :) C'est intéressant de s'attaquer au format nouvelle, plutôt délaissé mais qui contient énormément d'informations (Sans mentir Last Church je crois que c'est l'un de mes textes favoris de l'hérésie).

 

Merci pour ce travail, si besoin d'autres contibuteurs n'hésites pas.

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Il y a 23 heures, IILudwigII a dit :

J'ajoute tout de suite ce sujet dans mes favoris :) C'est intéressant de s'attaquer au format nouvelle, plutôt délaissé mais qui contient énormément d'informations (Sans mentir Last Church je crois que c'est l'un de mes textes favoris de l'hérésie).

 

Merci pour ce travail, si besoin d'autres contibuteurs n'hésites pas.

 

Merci @IILudwigII! N'hésite pas à soumettre tes propres critiques, si le cœur t'en dit! Plus il y en aura, mieux ça sera. :) 

 

Schattra, "quelles nouvelles (?/!)"

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Hello tout le monde. Je suis content de pouvoir faire vivre un peu ce vénérable sujet central, qui n'a pas vu d'activités depuis quelques temps. La Black Library Celebration Week 2020 inclue en effet une nouvelle de l'Hérésie d'Horus, signée du nouveau venu (dans la franchise en tout cas) Andy Clark. Direction la Grande Croisade, pour une pacification expresse en compagnie du One-Punch Primarque en personne, Rogal Dorn.

 

The Will of the Legion - A. Clark:

Révélation

 

the-will-of-the-legion.png?w=236La 3ème flotte d'expédition de la Grande Croisade, engagée dans la joyeuse réunification humanitaire de la galaxie désirée par l'Empereur, est tombée dans une embuscade à la sortie d'une rocade warpienne. Assaillis par l'armada destroy mais pléthorique des Driftborn, une civilisation humaine ayant passé quelques millénaires à vivoter dans une ceinture d'astéroïdes en s'adonnant à la récupération et à l'upcycling des épaves passant à portée de leurs cités roches (les ruches, ce sera après le passage à l'âge impérial), les Imperial Fists qui constituent le gros (et le grand) des forces expéditionnaires se font donc un devoir de repousser les piteux abordages de leurs lointains cousins. Nous faisons ainsi la connaissance du Capitaine Hashin Yonnad, de la 39èmeCompagnie Maisonnée d'Inwit, alors qu'il mène une escouade de Breachers, le corps anti-émeutes de sa Légion, dans la purge du Tribune, vaisseau amiral de la flotte impériale. Ayant massacré la plupart des malheureux corsaires ayant croisé sa route, et fait, dans son infinie bonté, prisonniers les autres avant qu'ils ne meurent de froid  dans les coursives extérieures mal isolées du Tribune, Yonnad reçoit une convocation urgente à se rendre à l'autre bout du vaisseau, où il embarque sans tarder dans un Stormbird, en compagnie de ses vétérans... et de Rogal Dorn, rendu très chafouin par la tournure prise par les événements1

 

Rendu perplexe par l'absence de briefing quant au déploiement de la force de frappe Astartes que le Primarque emmène à l'assaut de la principale cité ennemie, Yonnad demande respectivement à son boss de bien vouloir partager sa gnose avec ses fistons, afin que ces derniers soient en mesure de mener à bien ses plans. Dorn s'exécute, et indique à ses Légionnaires que leur cible est un dôme stratégiquement important, dont la capture mettra fin au conflit de façon rapide. La moue désapprobatrice (encore plus que d'habitude) qu'il affiche fait cependant rapidement comprendre à Yoyo que les Driftborn ont épuisé la patience, pas très fournie de base, du Primarque, et que ce dernier considère très clairement l'annihilation pure et simple de ces derniers comme une option de travail. Après tout, la mort, autant que le mur, est son métier. 

 

Débarqués en plein cœur du marché aux puces local, les Imperial Fist tracent la route sans trop (trois morts) forcer jusqu'à leur objectif, massacrant l'arrière garde adverse au passage, un Rogal Dorn toujours aussi revêche collé à leur train. Papa se contente en effet de marcher derrière sa marmaille en fronçant très fort les sourcils, observateur plutôt qu'acteur de la sanglante et implacable progression impériale. Une fois le dôme sécurisé, il demande, que dis-je, il orDORNne à ses Techmarines de bidouiller les consoles de l'endroit afin de pouvoir disposer d'un gros bouton (sans doute jaune) qui pourra couper le chauffage et l'air conditionné  l'échelle de la cité entière d'une simple pression, avec des conséquences funestes pour qui ne porterait pas une armure énergétique (ou s'appellerait Marneus Calgar). Trop snob pour se salir les mains, il somme le brave Yonnad de se mettre en position devant le buzzer magique, tandis que lui donne une dernière chance à ses malheureux adversaires de se rallier à l'Imperium. Ayant bien fait comprendre aux Driftborn qu'il avait été bien gentil jusqu'ici, mais qu'il n'avait, en sa qualité d'architecte de la destinée galactique de l'humanité (d'abord) et de décorateur intérieur de l'Empereur (surtout), absolument rien à carrer de leur civilisation minable, il leur donne royalement impérialement quelques instants de réflexion après avoir terminé sa harangue. Assez pour plonger Yonnad dans de profondes considérations éthiques quant à la trop grande facilité qu'il aurait à presser le bouton, et donc à signer l'arrêt de morts de millions d'êtres humains, pas coupables de grand-chose au fond, sur un simple branlement du chef de son Primarque. Fort heureusement pour notre héros philosophe, les Driftborn choisissent sagement de capituler, rendant leur dépressurisation inutile. La nouvelle se termine sur cette victoire décisive de la Team Pépé, qui ne suffit cependant pas à dissiper les doutes du Capitaine Dubious. Béni soit l'esprit...

 

Petite nouvelle de bonne facture de la part d'Andy Clark, qui donne un peu de profondeur tant à Hashin Yonnad, avant sa sortie de route sur Phall, qu'à Rogal Dorn, qui gagne ici quelques précisions fluffiques qui ne manqueront pas d'intéresser le chaland, en attendant que le Primarque trumpien (build the wall!) ne dispose de son tome dans la série du même nom. Les lecteurs du troisième livre Forge World de l'Hérésie d'Horus apprécieront sans doute également de revoir apparaître les Driftborn du Consus Drift, présentés dans ce même ouvrage il y a quelques années. Narrativement parlant, l'intérêt principal de The Will of the Legion repose toutefois dans ses dernières pages, et la réalisation incrédule et dérangeante par Yonnad de son total endoctrinement à la cause de Dorn, dont il appliquera sans hésiter tous les ordres, même les plus immoraux. Nul doute que Clark voulait faire ressortir par cette réflexion intérieure toute l'ambivalence de l'Hérésie d'Horus, dont beaucoup des combattants se sont retrouvés dans un camp qu'ils n'avaient au final pas vraiment choisi, simplement parce qu'ils s'étaient contentés de suivre l'exemple, presque irrésistible, de leur Primarque. Il réussit bien son coup, et souligne donc de manière convaincante qu'entre "gentils" et "méchants", la ligne est souvent des plus fines.

 

1: Cela se perçoit dans la manière dont il prononce "connerie". Et je ne parle pas de son accent chantant de Mareuh-seilleuh.

 

Schattra, back in the 30's

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Ajout des chroniques des nouvelles de la Black Library Celebration Week 2020.

  • the-will-of-the-legion.png?w=236The Will of the Legion (A. Clark)

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bringer-of-sorrow.png?w=249&h=379Ajout de la chronique de la nouvelle Bringer of Sorrow // Porteur de Tourment (A. Dembski-Bowden), incluse dans le recueil Black Library Celebration 2020

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Retours additionnels sur Chroniques de l'Hérésie :

  • 10.-Tales-of-Heresy.jpg?w=399&h=610Blood Games // Parties de Chasse (D. Abnett)
  • Wolf at the Door // Dans la Gueule du Loup (M. Lee)
  • Scions of the Storm // Les Descendants de la Tempête (A. Reynolds)
  • The Voice // La Voix (J. Swallow)
  • Call of the Lion // L'Appel du Lion (G. Thorpe)
  • The Last Church // La Dernière Eglise (G. McNeill)
  • After Desh'ea // Après Desh'ea (M. Farrer)

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Retours additionnels sur La Marque de Calth :

  • mark-of-calth.jpgThe Shards of Erebus // Les Fragments d'Erebus (G. Haley)
  • Calth That Was // La Calth Qui Fut (G. McNeill)
  • Dark Heart // Coeur Sombre (A. Reynolds)
  • The Traveller // Le Voyageur (D. Annandale)
  • A Deeper Darkness // Des Ténèbres Plus Profondes (R. Sanders)
  • The Underworld War // La Guerre Souterraine (A. Dembski-Bowden)
  • Athame // Athamé (J. French)
  • Unmarked // Sans Repères (D. Abnett)

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Retours additionnels sur L'Âge des Ténèbres :

  • age-of-darkness.png?w=399&h=644Rules of Engagement // Les Règles du Combat (G. McNeill)
  • The Liar's Due // Le Fruit du Mensonge (J. Swallow)
  • Forgotten Sons // Fils Oubliés (N. Kyme)
  • The Last Remembrancer // Le Dernier Commémorateur (J. French)
  • Rebirth // Renaissance (C. Wraigth)
  • The Face of Treachery // Le Visage de la Trahison (G. Thorpe)
  • Little Horus // L'Autre Horus (D. Abnett)
  • The Iron Within // Coeur de Fer (Rob Sanders)
  • Savage Weapons // Des Armes Brutales (A. Dembski-Bowden)

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