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Fenrie

[Background] Armées du 9e Âge : Races ainées Elfes

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Ces textes sont extraits du Livre de Règles Complet. Ils ont été traduits par @Ghiznuk

 

***

 

DES RACES AÎNÉES


Voici les antiques créatures qui peuplent toujours cette terre, autant de civilisations qui ne sont plus que les restes d'empires révolus. Chacune d'elles a vu ses forces décliner depuis son zénith. Cependant, en raison des connaissances qu'elles possèdent, ces civilisations demeurent des puissances qui ne peuvent être ignorées. En ces jours de promesses sans fin, chacune de ces races détient toujours le potentiel de croître à nouveau pour dominer toutes les autres.

 

***

 

DES ELFES


À l'aube des temps, cette race se révolta contre les énigmatiques sauriens pour devenir la protectrice de la plus grande partie du monde, tandis que les ancêtres des nains tenaient le reste. Si les elfes formaient jadis une seule et même nation, leur règne uni ne put perdurer. Car même ces êtres, les plus gracieux du monde, ne sont point exempts de trahisons et de querelles intestines. Si les causes exactes de ce conflit sont aujourd'hui masquées derrière les nimbes du mythe et de l'allégorie, il est clair qu'un grand schisme déchira le peuple elfique pour donner naissance aux trois factions que nous connaissons aujourd'hui.

 

***

 

Des Elfes sylvestres


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D'aucuns affirment que cette culture est la plus vieille et la plus authentique de toutes les civilisations elfiques, la plus proche des Fæes originelles. Son destin est entrelacé à celui des forêts où elle a élu domicile ainsi qu'à celui des esprits qui y résident, alliés aux elfes qui les soignent et les entretiennent sous les frondaisons. Ces mêmes esprits peuvent entrer dans une rage meurtrière une fois provoqués, tandis que les archers sylvestres sont craints dans le monde entier.

Depuis que ceux des Hautes-Lignées se sont retirés au-delà des mers, ces elfes demeurent les derniers représentants de leur race en Vétie, tapis dans les forêts de notre grand continent. Ne se souciant guère des frontières établies par les humains, ils entrent souvent en conflit avec leurs voisins ; nombreux sont les forestiers qui ont connu un triste sort de leurs mains, tandis que tout enfant disparu est considéré comme ayant été « pris par les fées ».

 

***

 

Des Hautes Lignées elfiques


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On dit des îles blanches de Celeda Ablan, terre des Hautes Lignées elfiques, qu'elles sont une vision de grand étonnement. Ces îles sont gardées par des flottes des meilleurs vaisseaux à avoir jamais navigué et par des phalanges d'elfes dotés de la grâce et du talent qui forment l'essence de leur peuple. Menés au combat par des princes portés dans les airs par de terrifiants dragons, les elfes des Hautes Lignées, malgré leur allure invariablement fière et froide, sont capables de combattre avec la même sauvagerie que leurs cousins.

Bien qu'ils disposent de la plus importante puissance navale que le monde ait jamais connue, les elfes des Hautes Lignées ont abandonné bon nombre de leurs territoires anciennement conquis – ce qui ne les empêche pas de continuer à entretenir des avant-postes sur les côtes du monde entier. La récente chute du Raj, qui avait été installé par les Hautes Lignées pour diriger en leur nom les royaumes du Sagarika, démontre une nouvelle fois toute l'étendue de leur déclin. Pourtant, alors même qu'ils consacrent de plus en plus de leurs ressources à la lutte contre la menace posée par les elfes noirs, ces elfes demeurent, encore aujourd'hui, les maîtres des mers et du commerce qui en découle.

 

***

 

Des Elfes noirs


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Les elfes noirs sont l'âpre reflet de leurs cousins. La même grâce, la même beauté, le même talent… mais le détachement des Hautes Lignées tourné au mépris, le caprice des Sylvestres tourné à la cruauté. Ce sont des pirates et des pillards sans pareils ; toute une série de communautés côtières sont tombées sous leurs lames vicieuses et leur ingénieuse artillerie. Les survivants se trouvent rapidement condamnés à ramer à bord de leurs galères, à moins qu'ils ne soient vendus pour servir des fins beaucoup plus sombres.

Leur société forgée par la guerre a été encore plus façonnée en ce sens par le conflit éternel qui les oppose à leurs cousins des Hautes Lignées, une guerre qui retrace ses origines jusqu'à la séparation des elfes, il y a des milliers d'années, sans que le moindre signe d'apaisement ne pointe à l'horizon. Même les dieux des elfes qui composent leurs saintes trinités ont chez eux adopté une connotation plus sinistre : nombreux sont les rescapés des flottes noires à mentionner de sanglants rituels. Quelles que soient les racinesde ce conflit, elles continuent à résonner jusqu'à aujourd'hui. Et vu la longévité des elfes, peut-être s'en trouve-t-il encore qui se remémorent ces événements et conservent à ce jour d'antiques rancœurs.

Edited by Fenrie

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Ces textes sont extraits du Livre de Règles Complet et du Ninth Scroll 8. Ils ont été traduits par @Ghiznuk

 

***

 

DES  ELFES SYLVESTRES

Princes secrets des bois sauvages

 

***

 

On sait aujourd'hui que les elfes sylvestres, qui se nomment entre eux « Tréhouis », sont en réalité bien plus répandus qu'on ne le pensait auparavant. Bien que leur pouvoir soit incontestablement centré sur la forêt de Houiscan, il existe de nombreuses tribus et cultures variées du peuple fée dans toutes les forêts et jungles du monde ; nul ne sait avec certitude à quel point ces différentes peuplades sont connectées entre elles. D'aucuns avancent qu'ils sont capables de parcourir de grandes distances par les liens magiques qui unissent leurs divers royaumes forestiers. Nombreux sont les récits d'une effroyable brume surgissant de nulle part, semant la mort dans son sillage ou entraînant des disparitions d'enfants et de bétail. Ceux à qui j'en ai parlé ont été incapables de m'en donner la moindre explication ; ce sur quoi tous s'accordent cependant, est que les esprits de la forêt sont extrêmement rancuniers. D'autres histoires évoquent des cadavres hérissés de flèches d'origine inconnue ; tous – bête, orque, nain ou humain – arborant un même regard hagard de terreur confuse.

 

***

 

Le Roi et la Reine demeurent pratiquement immobiles pour la majeure partie de l'année, et ne parlent que très peu. Leur volonté est celle de la forêt, leur programme est celui des saisons, leurs lois sont celles de la nature. On trouve ici quelque chose d'unique en ce monde : des surnaturels régnant sur les mortels. Le cœur de Wyscan est occupé par une source féerique d'où jaillit une partie du pouvoir éternel du Royaume de l'au-delà. C'est elle qui anime ces esprits tant qu'ils se trouvent à proximité. Et cependant, ils s'en éloignent parfois : le Roi lors de ses grandes chasses, pour y glaner ses terribles trophées, et la Reine pour verdir ses jardins de par le monde. Après quoi, ils sont recouverts par le Voile, revenant, – leur peuple l'espère – lorsqu'ils seront à nouveau rappelés.

 

Ignorants de la sophistication des peuples civilisés et des enseignements des sages, les Trewi se contentent de ces dirigeants rustres mais néanmoins puissants. Ils ne se préoccupent que de choses beaucoup plus terre à terre, remontant à un âge où tout était plus simple, lorsque nous étions tous aussi primitifs et sauvages. Leurs plus grands ennemis sont ceux qui sont tombés sous l'emprise des Dieux des Ténèbres ; mais ils exècrent et méprisent en égale mesure les Sauriens, disciples de l'ordre pur. Les Trewi sont ceux qui entretiennent les souvenirs les plus lointains de l'Âge de l'aube, les chants les plus anciens que notre espèce ait jamais composés, un savoir à moitié oublié, plus ancien même que celui des maîtres de la Tour Canreig. Mais, ô ironie du sort, leurs esprits naïfs sont incapables de comprendre comment l'utiliser.

 

Extrait du carnet de voyage d'un elfe des Hautes-Lignées

 

***

 

Le sang froid

 

Des vagues aussi hautes que le ciel,

Des montagnes dans le vent,

Une lumière qui brûle et détruit,

Puis vint le sang froid.

 

Nul peuple ne dédaignaient,

Une vengeance aussi vive que flamme,

Donnèrent sanctuaire en guise de prison

Et le firent de sang froid.

 

Ô apportez l'harmonie, vous dieux,

L'équilibre à leur colère

Nous verdirons ces jardins toujours,

Et les protégerons du sang froid.

 

Interprétation d'un « Rituel des lames » sylvestre, trouvé dans un recueil de poèmes parmi un trésor dérobé aux Hautes-Lignées

 

***

 

Je ne suis pas d'ici. Je pensais que cette forêt était une forêt comme les autres. Je ne savais pas que j'aurais dû craindre pour ma vie. Sitôt que j'y suis entré, j'ai entendu mon cœur battre comme un tambour, parce qu'il n'y avait dans ces arbres pas le moindre mouvement ni le moindre bruit. Mais il y avait dans l'air quelque chose… quelque chose que je ne peux décrire. Après ce qui m'a semblé comme des années plus tard, j'ai enfin entendu du bruit. Ça se rapprochait… jusqu'à ce que je réalise que c'était le son de lourds sabots. Ils semblaient provenir de partout à la fois, résonnant dans la forêt. Je me suis retrouvé paralysé, je suis resté là, à attendre les dieux seuls savaient quoi. Puis ça s'est arrêté ; et quand je me suis retourné, j'ai vu les plus belles des créatures, montées par des hommes et des femmes portant de longues lances. Enfin, je pense que c'était des hommes – leurs visages étaient dépourvus de la moindre expression. Comme s'ils regardaient à travers moi. J'ai été si surpris que j'en suis tombé tête en avant ; je dois m'être cogné, parce que je ne me souviens d'absolument rien d'autre avant de me retrouver là, au beau milieu d'un champ. Et je vous le jure, il m'a fallu quelque temps avant de trouver la taverne la plus proche.

 

– Entendu dans une taverne près d'Aschau

 

***

 

Transcription : Examen par les pairs de l'article sur les esprits de la forêt par Herr Gottlieb

Date : 05/07/961

Collège impérial des sciences naturelles, Grande Halle

 

Herr Gottlieb :

 

Messieurs, il ne fait plus aucun doute que ces prétendus « esprits de la forêt » sont en fait de véritables créatures. Les observations de leurs activités sont trop nombreuses pour être niées. Il revient aujourd'hui à notre estimée assistance de déterminer de quelle nature sont ces bêtes. Je les crois apparentées aux elfes de la forêt, les voleurs d'enfants, les gardiens de Wyscan. J'ai entendu dire que le peuple des fées lui-même considère les arbres comme ses ancêtres. Je suggère que ces « esprits » ne sont rien de plus que les êtres les plus anciens de la race des elfes, connue pour sa prodigieuse longévité ; des êtres vivant depuis si longtemps parmi les végétaux qu'ils auraient eux-mêmes fusionné avec les…

 

Herr Eisenberg :

 

Ridicule ! Grotesque ! N'écoutez donc pas cet imbécile, cet ignorant ! J'ai moi-même accompli d'importantes recherches à leur sujet, ayant obtenu pas moins de quatre spécimens en provenance directe de Wyscan ! Je vous le dis de façon définitive : les esprits dendriques appartiennent au Royaume immortel. Nous savons que les gens ou les objets peuvent être possédés par les créatures du pays d'au-delà du Voile – eh bien, ici, ces mêmes créatures se sont incarnées dans les arbres et les buissons afin de se transformer en êtres vivants. Je présume qu'ils ont été liés à notre Royaume au cours d'un des grands cataclysmes des ères passées ; c'est depuis lors qu'ils ne font plus qu'un avec les forêts qui les ont vus naître.

 

***

 

Nous disposons bel et bien de quelques sources d'informations sur les Trévis, comme les anciennes chroniques des Hautes-Lignées, ou le témoignage d'individus qui ont survécu à leur captivité, dont celui de Thomas le Barde est sans doute le plus fameux. Nous savons qu'ils ont une économie rudimentaire qui ne repose ni sur l'argent, ni sur le troc, mais sur le don. Ils vivent en relation aussi étroite que possible avec la nature, et ne présentent aucune distinction sociale entre les deux sexes. Ils possèdent un calendrier hautement développé, assez peu comparable au nôtre. Nous savons aussi qu'au sein de Viskan, leur société est divisée en différentes castes, avec des nobles, des sages et de simples citoyens. Certains groupes, tels que les redoutables Danselames et les Chasseurs sauvages, opèrent hors de ce système.

 

Tous les témoignages s'accordent également à dire que les elfes sylvestres sont des architectes uniques en leur genre, capables de bâtir leurs maisons à partir des arbres eux-mêmes et de plantes grimpantes. Ces structures, appelées « bosquets », remplissent des rôles fonctionnels mais aussi esthétiques ou militaires. Les druides et d'autres individus de la caste des sages encouragent patiemment les branches à croître en prenant la forme désirée et en s'entrelaçant les unes avec les autres. Ces « bâtiments » évoluent et se développent en même temps que la nature ; leurs plus grands palais, normalement occupés par l'élite ou réservés à des fins cérémonielles, sont aussi généralement les plus anciens.

Edited by Ghiznuk

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Ces textes sont extraits du Livre de Règles Complet. Ils ont été traduits par @Ghiznuk

 

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DES HAUTES LIGNÉES ELFES

 

***

 

On trouve, parmi les plantes les plus inhabituelles du Sagarikadesha, le camillia. Arbuste tout à fait banal produisant de minuscules fleurs blanches au printemps, cette plante semble n'avoir aucun usage ni pour la cuisine, ni pour la médecine. Et pourtant, comme vous le savez peut-être déjà, le camillia a été une des principales raisons des gigantesques efforts consacrés par les elfes des Hautes Lignées à la colonisation de ce pays. Le commerce de ses feuilles représente d'ailleurs toujours une part très importante de l'activité économique de Celeda Ablan. J'ai dû passer de longs moins dans une des plantations avant que le superviseur ne daigne enfin me montrer comment les feuilles de camillia, après avoir été récoltées à un moment précis, sont ensuite mises à sécher, roulées, fermentées et brièvement torréfiées avant d'être finalement plongées dans de l'eau bouillante pour former un breuvage tout aussi étrange qu'insipide. Même si je ne parviens toujours pas à concevoir l'intérêt de cette concoction, il m'a été expliqué qu'elle est hautement appréciée des elfes car elle agit en tant que sédatif sur leur physiologie délicate ; elle les aide notamment à mieux contrôler certaines des pulsions primaires qui leur ont été léguées par leurs ancêtres.
– Extrait de l'Herbarium sagarikense de Georg Eber

 

***

 

Par l'illusion ou la séduction, par l'art ou la ruse ; là où d'autres échouent, nos lames toujours trouvent leur marque.
– Adage des maîtres des épées de Celeda Ablan

 

***

 

J'en ai vraiment assez d'avoir à traiter avec eux. Ces soi-disant « Bien-Nés » considèrent le commerce avec les humains comme quelque chose d'indigne de leur rang. Pourtant, sans le flux constant de marchandises en provenance d'Alfhaven, je suis certain qu'ils seraient gravement affaiblis. Nous sommes en position de force pour renégocier nos conditions. Le tout est de savoir se comporter d'une manière capable d'apaiser leur intense narcissisme. S'ils décident de s'isoler, ce sont eux qui en souffriront bien plus que nous.
– Lettre du chancelier Eckhardt à l'empereur Matthias, 955 A.S.

Edited by Fenrie

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Ces textes sont extraits du Livre de Règles Complet et du Ninth Scroll Issue 6 . Ils ont été traduits par @Ghiznuk

 

***

 

DES  ELFES NOIRS

Le Peuple libre, Marchands de chair, Élus de la Corneille

 

***

 

Il n'y a qu'une seule véritable loi : la survie du plus fort. Nous sommes les agents de la sélection naturelle : aujourd'hui, nous allons rendre leur jugement à tous ceux qui ne méritent pas de vivre !
– Dac Æbha, oracle du culte de Nabh

 

***

 

Il ne s'agit pas de savoir qui va me laisser faire, mais bien qui va m'arrêter.
– Extrait de La Vertu d'égoïsme de Barac Heaumenoir, traité de morale fondateur chez les elfes noirs

 

***

 

Vole au-dessus des champs de guerre,
Vole au-dessus des os de l'ennemi.
Ô affreuse, sinistre et ancienne Corneille écarlate, toi qui erres !
De la côte meurtrière aux champs de bataille,
Protège nos faits de guerre et glorifie nos armes ensanglantées,
Exalte nos héros, repais-toi du sang de nos victimes,
Témoigne de notre prouesse, témoigne de notre force,
Vole au-dessus des champs de guerre,
Vole au-dessus des os de l'ennemi.
– Litanie à la maîtresse de la guerre, la Corneille écarlate

 

***

 

Les sources que j'ai pu rassembler dépeignent un tableau plutôt sinistre de la naissance du Dathen en tant que nation. Il semblerait qu'au cours du premier Âge de la Ruine, les provinces elfiques de Vétie ont été mises sous forte pression de la part des hordes barbares et de leurs rivaux, les nains.

De nombreux elfes ont fui à l'ouest pour s'établir dans les colonies qui avaient déjà été fondées par le Trône de Perle en Silexie et participer à la domestication de ce continent sauvage. Mais les épreuves traversées les ont emplis de rancœur à l'encontre des nobles d'Aldan qui, alors qu'ils ne leur avaient pas envoyé le moindre secours en Vétie, cherchaient à présent à tirer profit du fruit de leur labeur.

Ils rejetèrent alors la tutelle d'Aldan, déclenchant une guerre civile qui coïncida également avec une révolte interne sur l'île natale des Hautes Lignées, Celeda Ablan. Il semble que c'est lors de cette guerre d'indépendance qu'est né l'esprit impitoyable de la Légion noire – un esprit qui était destiné à perdurer. Aujourd'hui encore, les vaisseaux daebs sèment la terreur partout dans le monde.

 

***

 

Aux nouveaux diplômés

 

Libres et honorables citoyens, nous vous recommandons en ce jour pour le service à la Patrie. Le temps que vous avez passé à l'académie est à présent terminé. Que vous quittiez ce lieu en tant que légionnaire ou en tant qu'auxiliaire, chacun d'entre vous est à présent un fier soldat de la République appelé à couvrir d'honneurs sa famille.

 

Les liens que vous avez noués en ces murs ensanglantés dureront toute votre vie. Cette vie est à vous, c'est à vous et à vous seul qu'il revient de choisir ce que vous en ferez : c'est là votre droit inaliénable. Certains d'entre vous retourneront cultiver leurs terres en tant que citoyens exemplaires subvenant aux besoins de leur famille. D'autres parmi vous participeront à la vie politique de Rathaen. Et d'autres encore se joindront aux expéditions militaires ou les soutiendront, contribuant ainsi de leurs efforts à la grande puissance de notre peuple afin de proclamer sa force inégalée et sa volonté de dominer le monde. Enfin, les meilleurs d'entre vous pourront être sélectionnés pour endurer les épreuves qui les feront renaître sous un nouveau nom au sein de  la Garde de la Tour.

 

Quel que soit ce que vous réserve l'avenir – marin ou guerrier, chevalier ou cultivateur, marchand ou sénateur –, jamais vous n'oublierez ce que vous avez appris en cette académie, jamais vous n'interromprez cette quête de perfection de soi qui est la vôtre.

 

Citoyens du Dathen : je vous salue !

 

***

 

Les Trônes d'Obsidienne sont le cœur et le symbole ultime du pouvoir de la République. C'est sur ces trônes que siègent les trois Consuls écarlates qui incarnent la volonté du Sénat, une assemblée de 99 individus élus qui se réunit dans la tour de Gar Daecos à Rathaen. Cependant, ils ne sont pas les seuls acteurs dans le grand jeu d'intrigue, de pouvoir et d'ambition des daebs. On considère généralement au nombre de trois les grands partis qui se partagent le pouvoir politique dans ce pays.

À l'époque de la naissance de Sonnstahl, notre peuple a particulièrement souffert d'une terrible offensive sous les auspices du premier de ces partis : la faction « Mère-Patrie », qui se fixe pour objectif la reconquête des royaumes elfiques perdus de la Vétie. Le deuxième de ces partis, la faction « Terre-Mère », attire les individus désireux de recouvrer la domination sur le vieil empire, qui est aussi le plus grand ennemi de la République, aux mains des Hautes Lignées de Celeda Ablan. Enfin, le troisième parti est celui des « Esclavagistes », particulièrement populaire parmi la jeunesse des daebs et les plus ambitieux navigateurs de leur race. Cette faction considère la Silexie comme étant sa seule patrie et cherche à consolider sa puissance par le commerce – ce qui, au Dathen, est synonyme de traite des esclaves.

 

***

 

Ceux des Hautes Lignées n'abordent que rarement ces sujets avec les humains ; ils ne nous considèrent en fait pas comme quelque chose digne d'être mentionné dans leurs conversations. Mais j'ai été extrêmement chagriné par l'infortune de votre fils, et j'ai insisté autant que j'ai pu auprès de mes contacts à Aldan afin d'en tirer quelque information. Je dois être franc avec vous : il semble qu'il ait été capturé par les Flottes noires. Sa destinée ne peut dès lors être que les travaux forcés. Quant à sa destination, les cas les plus probables sont au nombre de trois. Tout d'abord, il a pu être mis au travail dans un des ports qui servent d'attache aux puissantes flottes des corsaires daebs, opérées par des citoyens mus par la soif de profit et qui forment sans doute la force navale la plus redoutable du monde. Deuxièmement, il a pu avoir été envoyé dans une plantation dans le vaste intérieur inexploré de la Silexie, où s'étendent les terres exploitées par les esclaves de Dathen et dont nul ne connaît les limites.

 

Enfin, il a pu avoir été vendu pour servir de domestique dans une maisonnée d'une des grandes villes du pays sur sa côte Est et qui sont d'immenses métropoles (du point de vue elfique, du moins). On dit que même le plus pauvre des elfes se fait un devoir de posséder au moins un esclave pour le servir à domicile. Quoi qu'il en soit, vous devez savoir que les serviteurs des elfes noirs étant parvenus à regagner leur domicile se comptent sur les doigts de la main.

 

Je ne peux qu'imaginer votre désespoir à l'annonce de cette nouvelle. Sachez cependant que vous pouvez compter sur mon entière compassion.

 

– Correspondance interceptée entre deux marchands sonnstahlais

 

***

 

Je te fais appel, ô Seigneur de la Matière, Seigneur des Sens,
Maître des Excès, l'essence même de la vie,
Car tu es l'âme du plaisir sans fin,
L'aguicheur symbole du pouvoir et de la joie.
Tu es la vie, tu es la mort, tu es le désir qui les dépasse,
Tu es à la fois le jour et la nuit de l'esprit,
Tu ne choisis que ceux qui étreignent l'unité du plus sombre délice.
Tu es l'inconnue connaissable du plaisir, l'infranchissable chemin de l'éternité,
L'incarnation et l'essence de notre supériorité.
Nous recherchons ton plaisir et nous te prions
Afin que tu protèges la puissance de Dathen.


– Invocation à Yema servant de préambule aux cérémonies publiques

 

Edited by Fenrie

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Mise à jour du sujet avec l'ajout des textes du Ninth Scroll 8 pour les Elfes Sylvestres.

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Correction dans le texte sur le camilia :

« J'ai dû passer de longs mois dans une des plantations  »

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Correction présentation Elfes :

 

« Si les elfes formaient jadis une seule et même nation… » –> « Les elfes formaient jadis une seule et même nation, mais leur règne uni ne put perdurer. »

« Fæes » –> « Fæs »

« entrelacé » –> « étroitement lié »

« Hautes-Lignées » –> « Hautes Lignées »

« raj » –> « râdj »

 

 

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DES HAUTES LIGNÉES ELFIQUES
Maîtres des mers indomptées

 

(traduit du Ninth Scroll nº9)a

 

Les blanches falaises de Celeda Ablan ! Peu sont les hommes dont le regard a pu témoigner de leur majesté ; moins nombreux encore sont ceux qui y ont posé le pied. Car ces terres sont le pays sacré de la Reine de Perle, réservé aux seules personnes qu'elle estime véritablement civilisées.


Même les commerçants doivent attendre sur leurs vaisseaux que les affaires viennent à eux, à l'entrée des ports jumeaux d'Aldan, capitale d'un empire mondial. Au-delà des falaises, l'étranger découvre une île aussi verte qu'humide, presque toujours enveloppée de brumes et de nuages de pluie, ce climat ne faisant qu'ajouter au mystère et à la protection de ce royaume. Quelque part, au cœur des rivières et des marais, se dressent les bibliothèques d'Asfada et les tours de Canrac, où œuvrent les plus grands érudits et mages de leur peuple. Cette terre s'élève jusqu'aux montagnes de Rymâ, aux hautes terres d'ê-Baleg et aux champs d'Erlë, prolongées par l'archipel de petites îles dénommé « le Cordon ». C'est ici qu'est ancrée la flotte la plus puissante du monde, véritable centre de contrôle et d'influence sur tous les océans.


***


Distants, vaniteux, suffisants… enfin, vous voyez l'idée, hein ? Bien sûr, c'est à force de vivre dans ces tours, leurs tours, si hautes qu'on dirait qu'elles grattent le ciel, c'est ça qui les a rendus comme ils sont, c'est ce que j'ai toujours dit. Vivre dans des tours, une vieille tradition arandaise, ça ! C'est comme ça qu'ils vivent, depuis qu'ils sont sortis de leur forêt en clignant des yeux pour commencer à se la jouer devant tout le monde. Ils ne se sont pas arrêtés aux collines et aux vallées : l'instant d'après, les voilà sur les fleuves et même sur la mer. À force, ils ont fini par découvrir leurs précieuses îles aux falaises blanches, et voilà qu'ils y construisent des tours, là aussi. Ils les ont fort logiquement appelées « Celeda Ablan », les Îles blanches (pas très imaginatif, si vous voulez mon avis !). Comme si leurs tours ne les coupaient pas assez du reste du monde. C'est pas un petit complexe de supériorité, ça, je vous dis.
Mais les îles n'étaient pas assez, ben non ça ! Hop ! Les voilà qui reviennent ! Ils s'étaient mis en tête d'à nouveau faire la loi dans la forêt. Ben oui, mais leurs cousins sylvestres, là, n'ont pas trop apprécié, hein, je vous le dis ! Mais ça ne les a pas empêchés, figurez-vous, de donner des « droits d'abattage » aux nains, hahaha ! Dès que les nains ont approché, comme il fallait s'en douter, voilà ces petites saletés des fourrés qui leur tirent dessus ! Je vous laisse imaginer ce qu'ils se sont dit ! Et alors, le problème des nains, vous voyez, c'est qu'ils font pas trop la différence entre un Zoreille-pointue ou un autre… Y a pas mal de sang qui a coulé en ce temps-là. Oh dieux, tant de sang… Et ça ne s'est pas arrêté là. Quand les choses ont vraiment commencé à dégénérer, lors des Âges de la Ruine, les Hautes Lignées elles-mêmes ont commencé à s'entre-massacrer. Les aristos de Celeda Ablan ont déclaré que ceux qui vivaient en Vétie n'étaient pas assez civilisés pour valoir la peine qu'on parte à leur rescousse. Ils les ont laissés à la merci des Bêtes et des Verdâtres. Et les ceusses qui ont réussi à rentrer, on ne les a même pas laissé mettre pied à terre sur les Îles. À la place, on les a envoyés de force coloniser les Terres de l'Ouest. Ça a été encore toute une guerre. Et du coup, nous voilà en plus avec ces saletés d'elfes noirs sur le dos !
– Extrait des Contes de Rodomonte, l'ermite dément

 

***

 

Ayant passé ma vie à voyager pour affaires, j'ai pu observer les flottes de toutes les nations, au port comme en mer. Croyez-moi : aucune n'est plus efficace que la Marine royale de la Reine blanche. Ce disant, j'entends par là qu'elle n'est pas seulement puissante en termes de technique ou de capacité de voile. Plus que cela, ce qui fait sa force, c'est la parfaite coordination entre ses nombreux ports et régiments d'infanterie navale – la Garde maritime, dont l'entraînement est si poussé qu'il pourrait humilier la Garde impériale de Sonnstahl. Mais c'est aussi la compétence de ses services de renseignement, la vigilance constante des Veilleurs gris, ces véritables « yeux et oreilles de la Reine », renommés du Tsouan-tan aux colonies virentiennes. Enfin, pour certaines missions spéciales, mandées directement par le Trône de Perle, de petits détachements de Gardes de la Reine mènent les troupes navales contre les pires ennemis de la Couronne. L'étalage d'une telle prouesse martiale est une vision aussi terrifiante que fascinante, même pour quelqu'un d'aussi aguerri que moi.
– Extrait du journal de Cesare Federici, marchand arcaléen
 

***


Certes, l'Empire arandais n'est plus ce qu'il fut, mais il reste extrêmement puissant grâce à son impressionnante force navale. Ses territoires sur chaque continent s'élargissent à mesure que croît son contrôle des routes maritimes. Parmi les colonies sous la tutelle du Trône de Perle, on compte la citadelle glaciale de Nedarac, loin au nord, où les phénix font leur nid ; le bastion stratégique de Gan Dareb dans la mer du Milieu ; et Celed Ryman, un monastère fortifié, balafré par la recherche de savoirs magiques, dans la partie méridionale du Grand Océan. De plus, plusieurs avants-postes situés, entre autres, au Sagarika, en Taphrie et autour de la mer de la Soif demeurent loyaux aux Arandaïs.

 

***


Mon jeune ami,
Sachez que la représentation de notre bien-aimé Empire auprès des héritiers de la Reine blanche est une tâche bien pénible. Sous l'air de cordialité qu'ils se donnent lors des évènements officiels, ces elfes sont en réalité des créatures fort méchantes. La grâce de leurs paroles, de leur voix et de leurs mouvements peut rapidement s'avérer mortelle. Prêtez la plus grande attention à votre maintien : ils chérissent les formalités, il importe de respecter leurs cérémonies. Ainsi, si d'aventure vous vous adressez à un amiral, veillez à ne jamais le faire qu'en ces termes : « Ô Héraut du Trône de Perle, prunelle de la Reine Blanche, le plus précieux joyaux de la race elfique ».
Ne sous-estimez pas l'importance de l'affiliation politique des officiers avec qui vous parlerez. Ils seront sans doute proches de l'une ou l'autre des trois principales factions au sein du Conseil impérial : les Isolationnistes, pour qui seules comptent les affaires internes des Îles blanches ; les Impérialistes, qui cherchent l'expansion et le prestige de leur nation à l'extérieur (particulièrement difficiles d'abord pour nous autres Vétiens) ; enfin, la faction Mercantiliste, notre plus grand allié dans la politique elfique.
Ne vous laissez pas tout de suite intimider par leur fierté suprême. Pour peu que vous agissiez de manière respectueuse, ils finiront sans doute, en dépit de vos manières « primitives », à vous trouver une quelconque utilité. Mais en aucun cas ne vous attendez à nouer la moindre amitié sincère.
– Lettre envoyée à son successeur par le comte Heinrich Deitor II, émissaire impérial auprès de la Flotte de défense septentrionale de l'Empire arandais

 

***

 

« Terre d'illumination et de gloire »

(chant patriotique des Hautes-Lignées)

 

Ô Toi, belle terre d'illumination et de gloire,

Mère du peuple le plus grand, le plus raffiné,

Née de l'écume, te louer est notre seul devoir

Delà les mers je t'ai entendue m'appeler

 

Delà le désert, dunes infinies des eaux bleues

Toujours j'entends ta voix douce qui m'appelle encore

Tes enfants apporteront ta gloire en tout lieu

Bénie sois tu des mêmes dieux qui nous rendent plus forts

 

Je te rêve toujours plus grande, plus belle et puissante

Les mers les unes après les autres pour notre nation

Porteront notre progrès, notre gloire resplendissante

Notre raffinement sera notre domination

 

Lorsqu'Arandach la première, sur ordre immortel,

S'éleva hors de la pale étendue azure ;

L'alliance pour les grandes lois du pays éternel

Et des anges gardiens entonnèrent ce bel air pur :

 

Ô toi belle Arandach ! Voici l'heure de ton Règne

Celeda Ablan gouvernera sur les mers

Les Arandaïs, enfants de terre souveraine,

Glorifieront de chants ta beauté millénaire »

 

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

 

(traduit du Ninth Scroll 12)

 

Honoré Proviseur,

Je vous écris pour vous faire part de mes dernières découvertes dans le cadre de l'enquête sur la mort de votre neveu à la bataille de Tulpenfeld, au cours de l'incident de l'Hermine argentée. Lors d'une récente audience au manoir d'un des nobles d'Aldan, j'ai eu le douteux honneur de rencontrer l'un de nos « confrères » elfes, et le déplaisir de me voir sermonner de manière assez grossière pour mon apparente ignorance des instituts d'apprentissage des Arandaïs. Bien que le fait que les elfes possèdent des universités semblables aux nôtres ne soit guère un secret pour quiconque s'intéresse à l'histoire elfique, nous ne savons, pour autant que je le sache, jusqu'ici absolument rien du degré de division idéologique entre elles. Et sil est vrai que nos estimés établissements se querellent régulièrement pour toutes sortes de prétextes, nos différences paraissent plutôt mesquines comparées à celles des elfes, lesquelles sont en désaccord sur l'âme même de leur civilisation. Mon « tuteur » m'a ainsi offert une merveilleuse occasion de m'« instruire » de ce sujet.

D'après ce que j'en ai compris, il s'est produit, vers l'époque de la Sainte Vierge, un schisme à la célèbre université d'Asfada. Un groupe d'individus, que mon interlocuteur a désignés sous le terme d'« apostats », a accusé le reste de la nation elfique d'être responsable des calamités des âges précédents, en raison de ce qu'ils considéraient comme un abandon de l'elfitude véritable. Ces « âmes égarées » ont décidé de refonder leur dogme en réintroduisant dans leur enseignement les préceptes de leurs ancêtres sauvages, tout en ouvrant, dans leur quête insensée de perfection, leurs esprits aux idées hérétiques venues de l'autre côté de la mer Occidentale. Soucieux de camoufler leur hérésie, ils ont revêtu de dogmes religieux leur voie vers l'« illumination », affirmant que leurs actions avaient pour but d'honorer les dieux (Amhar, Meritaur, Meladys, Amryl et Nab) et de maintenir l'équilibre de la spiritualité elfique.

Cependant, selon mon « précepteur », ces individus auraient entièrement échoué dans leur quête, ne parvenant qu'à ternir la noblesse elfique en invitant en leur for la sauvagerie. De ce fait, ces individus ne méritent plus le titre d'érudits, mais bien celui d'assassins et de prestidigitateurs de bas étage. L'image qui m'a été dépeinte de ces soi-disant « Maîtres canreigs » correspond parfaitement aux rapports de Tulpenfeld, ainsi qu'au signalement de cette tornade aux cheveux de lin qui s'est taillé un chemin sanguinolent à travers l'escorte du bourgmestre – à ceci près que le terme « de bas étage » me paraît difficilement qualifier son talent. L'empressement de cet érudit asfad à ternir la réputation de ses rivaux m'a rendu suspecte sa version de l'histoire. J'ai envoyé une requête aux administrations compétentes du Trône de perle pour les prier de bien vouloir me faire entrer en contact avec Canrac ou, du moins, de me laisser accéder aux bibliothèques d'Aldan afin que je puisse y apprendre la vérité par moi-même.

J'espère que cette lettre vous trouvera en bonne santé et que le responsable de ce crime sera bientôt amené devant la justice, quand bien même il ne devrait s'agir que de la justice elfique.

Votre dévoué serviteur,
– Günther Faust

 

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

 

La Protection de Dorac

 

Ninth Scroll 12, p.34

 

 

… Mais les peines de ma jeunesse ne m'apportèrent nulle sérénité, et même avant que je ne fusse rejeté sur le Grand océan par les caprices du destin, je dévorais avidement, mû par une insatiable curiosité, la moindre bribe de savoir ramenée sur nos rivages par les marchands aux traits pâles de l'empire des Hautes Lignées. C'est par leur biais, franchissant le prodigieux gouffre du temps, que me parvint un récit des tout premiers jours de l'Âge de l'Aube. Il était une fois, bien avant Sunna, bien avant les rois et les reines de la vallée du Napaat, bien avant que les elfes n'eurent atteint la quiétude des Îles blanches, cinq grands princes, les plus forts et les plus nobles de toutes les fæs d'au-delà des frondaisons.

 

On dit de Dorac que tant il s'éprit de leur vertu, qu'il ne pouvait admettre qu'un jour advînt où ces illustres elfes périraient en défendant leurs nations naissantes. Alors il forgea pour eux des casques, écus, plastrons, gantelets et jambières tels que le monde n'en avait jamais connus. Chacune de ces pièces d'armure était tapissée d'un entrelacs de gravures proclamant la suprématie de la race elfique à tous ceux qui oseraient tourner vers elles le regard. Plus légères que les plumes du Grand aigle, elles étaient d'une telle perfection que même les plus grands chefs-d'œuvre des nains de cet âge paraissaient à côté fort ternes.

 

Lorsque, à nouveau, les princes partirent en guerre pour affronter les hordes de barbares, ils irradiaient une lumière aussi intense que celle du grand brasier qui brille au-dessus d'Aldan. Incarnations du noble héritage de leur race et de son droit naturel à l'hégémonie, ils aveuglaient leurs ennemis sauvages de leur auguste éclat. Maints tombèrent sous leurs lames affûtées ; qui, en effet, s'enhardirait à porter main sur pareille splendeur ?

 

Mais rien n'est éternel sauf peut-être la mort, et en d'étranges éternités, la mort elle-même peut trépasser : de même survint l'heure du trépas pour ces êtres exaltés. Car d'Orient elle adopta la forme d'un homme, un guerrier, un seigneur, un conquérant. Les joyaux de douze royaumes morcelés chatoyaient sur son front tracassé, les crânes de leurs rois paraient sa bannière. Ne dit-on pas que l'orgueil précède la chute ? Les princes færiques relevèrent le défi. L'un après l'autre, ils firent face au meurtrier à la crinière de jais ; l'un après l'autre, ils furent brisés sous ses bottes de fer, leurs dons divins fracassés et déparés.

 

Payant à jamais le prix de cet échec et de cette honte, le nom des princes fut effacé des mémoires, tandis que celui du boucher à la peau de bronze hante toujours les rêves des sages. Un spectre de destruction qui pourrait encore revenir un jour sonner le glas de la race elfique.

 

Un âge passa. Et en ces temps de grande calamité, lorsque les frères luttaient entre eux et que les filles se retournaient contre leurs mères, le premier prince de Rymâ conjura Dorac de reforger ses présents en une unique armure afin qu'il pût préserver son peuple de la folie qui l'avait pénétré. Mais bien que bravement il combattit, la fierté finit par avoir le dessus sur les champs ensanglantés d'Erlë. Le don des dieux passa alors entre les mains de la Reine. Aujourd'hui encore, le champion qu'elle élit annuellement se voit conférer l'honneur de revêtir une armure très particulière, que beaucoup affirment être la même panoplie des « Rois oubliés » conçue par Dorac il y a si longtemps…

 

– Thomas le Barde, Contes de fæs, Tome II, Entre les vagues

 

 

 

 

 

 

 

 

Edited by Ghiznuk

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Edit : ajouté l'Hymne national des Hautes-Lignées

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Ajouté un article sur les Maitres de la Tour canreig

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Les légions de l’effroi

(traduction du texte d'introduction sur le site, par ‘Minidudul’) 

 

Sur chaque rivage, dans chaque port, la vue de voiles noires est toujours cause de panique instantanée. Leur sinistre renommée a été acquise à travers de siècles de pillage et d’esclavage, n’épargnant personne qui tombe sous le mordant de leurs fouets. C’est un froid glacial qui enchaine le cœur de quiconque est témoin de l’approche des Elfes noirs.

 

La république du Dathen, en Silexie, constitue le plus grand territoire des elfes noirs, foyer d’intrigues et de politiques autour des Trônes d’obsidienne dans la tour de Gar Dæcos. La religion fait également partie intégrante de leur société, où les cultes les plus influents gouvernent tant la vie civile que militaire. En outre, les elfes noirs disposent d’une arme particulièrement redoutable avec leur ménagerie : une collection de créatures monstrueuses que les daebs ont plié à leur volonté.

Style de jeu

Les Elfes noirs ont souvent recours à une armée variée. Cela se traduit en général par la présence d’armes de tir à courte et longue portée ainsi que de la magie pour soutenir leurs différentes unités de combat. Ils peuvent aussi se concentrer en une unité d’infanterie principale appuyée par d’autres plus petites qui l’aideront à porter le combat là où elle le souhaite. Une approche complètement différente est possible en se basant sur des unités à très faible effectif d’infanterie d’élite, de monstres, de chars ou de cavalerie au potentiel dévastateur à l’impact. Sans oublier leur capacité à déployer du tir mobile pour harceler l’ennemi en « dansant » autour de ses troupes.

 

**********

Traduit du Ninth Scroll nº18

 

Journal de bord de l’Œil du kraken. 28e jour de bomudh, 2682 D.D.

À une dizaine de lieues de la côte occidentale de Vétie.


Nous avons quitté Cæn Dracin il y a maintenant deux semaines. L’équipage du navire est de bonne humeur après les épreuves des derniers jours. Nous avons accueilli l’arrivée de la tempête avec la discipline de fer habituelle de notre peuple. Les esclaves ont voulu profiter de la tourmente de l’océan pour se révolter. Nous avons rapidement et impitoyablement mis un terme à cette mutinerie, en cherchant à perdre le moins d’esclaves que possible. Mais ce genre de préjudice est inévitable. Un de mes compagnons est mort et deux ont été blessés. Même si aucune vie elfe ne vaut celle de quelques misérables esclaves, la révolte devait être réprimée. De ce fait, nous avons perdu une partie de notre cargaison : sept esclaves sont morts et onze blessés, dont trois grièvement.


Conformément au désir de l’équipage, nous avons offert les morts à Harag, la Sorcière des tempêtes. La déesse a apparemment écouté nos prières : aujourd’hui, alors que les premières lueurs de l’aube dansaient sur les vagues, les nuages se sont très vite dissipés et un cadeau de la déesse est apparu à l’horizon. Un gros navire marchand faisant voile vers l’est, arborant le drapeau destrien en haut du mât. Nous approchons rapidement pour l’aborder, le vent nous est favorable, nos lames sont prêtes. L'abordage est imminent. Finalement, il semble que nous reviendrons les cales pleines.


– Traduit par Herr Wolfram Leitner, Chercheur en chef en cultures elfiques de la Société impériale d’Eichtal

 

–––––––––––


« Vous voulez capituler ? Ce n’est pas vous qui formulez les demandes ici, humain. Alors écoutez attentivement : le prince Lucian Cœur-noir, Commandant des légions du dragon, envoyé direct des Consuls écarlates, pour la gloire de la république du Dathen, vous ordonne de quitter ces terres, vous et votre pitoyable peuple. Si vous n’obéissez pas, primitif, vous finirez pendu avant minuit. Nous traînerons le corps de vos hommes dans la boue imbibée de leur propre sang, et les femmes et les enfants que vous chérissez tant seront vendus au plus offrant sur nos marchés de la lointaine Rathæn. Vous comprendrez que ceci n’est pas une menace, mais un avertissement. J’ai déjà vu votre destin, et les dieux sont avec nous ! »

– Négociations entre le Maréchal de la frontière occidentale et le Haut Oracle de Fyreth

 

Edited by Ghiznuk

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correction présentation Elfes noirs :

Les elfes noirs sont l'âpre reflet de leurs cousins. La même grâce, la même beauté, le même talent… mais le détachement des Hautes Lignées tourné au mépris, le caprice des Sylvestres tourné à la cruauté. Ce sont des pirates et des pillards sans pareils ; on ne compte plus les communautés côtières tombées sous leurs lames vicieuses et leur ingénieuse artillerie. Les survivants se trouvent rapidement condamnés à ramer à bord de leurs galères, à moins qu'ils ne soient vendus pour servir des fins beaucoup plus sombres.

Leur société forgée par la guerre a été encore plus façonnée en ce sens par le conflit éternel qui les oppose à leurs cousins des Hautes Lignées, une guerre qui retrace ses origines jusqu'à la séparation des elfes, il y a des milliers d'années, sans que le moindre signe d'apaisement ne pointe à l'horizon. Même les dieux des elfes qui composent leurs saintes trinités ont chez eux adopté une connotation plus sinistre : nombreux sont les rescapés des flottes noires à mentionner de sanglants rituels. Quelles que soient les racines de ce conflit, leurs répercussions n'ont pas fini de retentir, même aujourd'hui. Et vu la longévité des elfes, peut-être s'en trouve-t-il encore qui se remémorent ces événements et conservent à ce jour d'antiques rancœurs.

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