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Warhammer Forum

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Bonjour je m'essaie à un petit texte pour appuyer une "petite" théorie sur l'univers de Warhammer. N'hésitez pas à me faire des retours et désolé je ne peux pas la publier en anglais je n'ai pas le niveau (je ne sais pas si il y a des gens qui ne parlent pas français sur ce forum).J'espère que vous apprécierez ! 

Warhammer 40 084

Il était 5h30 du matin, des sirènes commencèrent à résonner à travers toute la ville. Elles annonçaient le début de la journée de travail et s’assuraient que personne ne puisse échapper à l’appel du travail. Caeron viricus avait 35 ans, des cheveux roux et un physique d’ouvrier rompu au travail .ces sirènes il les connaissait bien car cela faisait 35 ans qu’il les entendait chaque matin .Lentement il émergea de son sommeil et alluma la lumière .Devant lui ,son appartement se retrouva inondé de la pâle lumière que lui offrait l’ampoule qui lui servait d’éclairage principal .Son « chez lui » n’avait rien d’idyllique ,il était composé de mur en métal pur décoré ici et là de quelques photos et images offertes par les autorités locales .Quelques meubles garnissaient la pièce : un lit, une table ,trois chaises et quelques équipements de fortune pour cuisiner .Dans la pièce d’à côté dormait ses enfants ,une fille de 9 ans et un garçon de 5 ans qu’il avait eu avec sa femme et dont il était très fier .Sa femme était morte il y a deux ans ,écrasée par les rouages d’une machine sur laquelle elle travaillait .l’Usine avait alors attribué une prime à Caeron ce qui lui avait permis d’acheter des livres de mathématiques à sa fille .

Cela faisait maintenant 10 minutes que Caeron se préparait pour partir à l’usine. Alors qu’il attendait que l’eau de son déjeuner bouille afin de faire cuire ses œufs, il en profita pour aller réveiller ses enfants et leur demander de se préparer. Ils allaient tous les deux à une petite école du quartier financé par le culte impérial. Là-bas ils apprenaient à devenir de bons citoyens et les rudiments de l’histoire de l’Imperium. Sa fille y était depuis ses 5 ans et allait bientôt quitter l’école pour rejoindre une usine de minerais afin de participer à l’effort de guerre .

Il était maintenant 6h ,Caeron déposa ses enfants à l’école et prit la route de l’usine .Il travaillait comme 95% de ses concitoyens dans une usine d’extraction de minerais .tous les jours de l’année il parcourait les galeries souterraines afin d’extraire un maximum de ressources qui étaient ensuite envoyées à des usines de fabrication chargées d’alimenter les armées de l’impérium qui les protégeaient des dizaines de menaces xénos extérieur qui maintenaient l’impérium sous pression depuis des siècles maintenant .Tous les citoyens de l’impérium devaient se serrer les coudes et donner leurs maximum sous l’égide de l’empereur-dieu afin de maintenir la menace xenos loin d’eux .

Alors qu’il marchait entre les immeubles noirs et poussiéreux, il aperçut, au travers du brouillard noir ambiant, un attroupement. Il se rapprocha et vit un homme grand, le teint blanchâtre, richement habillé. Celui-ci se présenta comme un prêtre du culte impérial. Il commença son sermon public en invectivant les « ennemis de l’intérieur », ceux qui sabotait l’effort de l’empereur dieu et de son peuple pour sauver l’impérium face à la menace xenos. Ceux-là devaient périr dans d’atroces souffrances selon lui, eux et leurs familles complices. Il continua en expliquant qu’aux frontières de l’impérium leurs armées tenaient le choc mais que les attaques xénos s’intensifiaient de jour en jour et que face à cela, l’armée avait besoin de toujours plus de matériel afin de continuer de protéger les citoyens de l’impérium. L’orateur prit alors un moment pour souffler avant de continuer :

« C’est pour cela que l’impérium a encore plus besoin de votre dévouement et votre force de travail afin de continuer à toujours vous protéger. ».il marqua une petite pause et une lueur inquiète traversa son regard. « C’est pour cela que votre gouverneur planétaire, en accord avec les autorités de Terra, a décidé d’augmenter le temps de travail obligatoire de 2h afin que vous puissiez soutenir pleinement l’effort de guerre face aux menaces qui secouent notre chef Impérium ». Il se tut alors et regarda la foule afin de guetter leurs réactions .Dans un premier temps elle ne sembla pas réagir ,puis des grommellements timides se firent entendre avant que des plaintes ne commencèrent à s’élever .Ces plaintes se transformèrent en colère puis en insulte que le prêtre du culte n’arriva pas à contenir ,se contentant de rester sur son estrade et d’appeler au patriotisme .Très vite des pierres commencèrent à être jetées faisant reculer le pauvre prêtre voyant une foule se préparer à le lyncher sur la place publique .

Mais tout à coup un cri se fit entendre dans le brouillard noir et un enfant en sortit en criant « La Garde ! La Garde ! ».Caeron ,qui avait assisté à toute la scène ,en entendant ça attrapa son petit baluchon et se mit à courir en même temps que la foule se dispersa .Il traversa plusieurs petites rues coupe-gorges avant d’enfin arriver à son usine .C’était un bâtiment immense ,froid et qui semblait avaler les hommes qui se présentaient à lui .Caeron n’avait jamais su combien de personnes travaillaient ici tellement il y avait de départ et d’arrivée quotidiennement .A vrai dire il n‘y faisait pas vraiment attention ,il s’était acclimaté à son quotidien routinier et se contentait de suivre les règles et les ordres .Son seul rayon de soleil durant ces longues journées de travail était son voisin de chaine ,Dophius ,un jeune ouvrier de 25 ans toujours plein d’énergie et d’optimisme .Il passait ses journées à raconter à Caeron ses rêves et ses envies de voyage .

Une fois entré dans le bâtiment Caeron déposa son baluchon dans son casier et se dirigea vers son poste. Là-bas il retrouva Dophius qu’il salua. Celui-ci semblait en colère, ce que Caeron en manqua pas de lui faire remarquer. Dophius lui répondit immédiatement d’une voix emplie de colère :

« Tu as vu la nouvelle directive ordonnée par notre cher gouverneur ? Deux heures en plus ! Nos camarades sont épuisés et eux nous parlent de travailler plus pour le même salaire, tout ça pour une guerre dont on ne voit toujours pas le bout ». Ne voulant pas énerver encore plus Dophius, Caeron se contenta d’hocher la tête. « Mais ça ne va pas se passer comme ça, dans les rues ce matin ça a chauffé ,les gars ne sont pas contents et ce gouverneur va devoir nous entendre même s’il envoie ses prêtres et sa garde pour nous faire taire ».Il se tut tout à coup en voyant le directeur de l’usine passer .Durant tout le reste de la journée Dophius continuât de s’épancher sur l’incompétence du gouverneur auprès de tous les collègues qu’il croisait .Il promit à plusieurs d’entre eux de faire revenir le gouverneur sur sa décision d’ici une semaine .Puis les sirènes de la ville sonnèrent la fin de journée et Caeron put rentrer chez lui en même temps que la nuit tombait sur les immeubles métalliques que quelques lumières semblaient rendre habités . À peine rentré chez lui il prépara un repas avec ce que l’usine lui avait fourni comme ration et le donna à ses enfants avant d’aller se coucher, tombant de fatigue.

Le lendemain les sirènes sonnèrent à la même heure que tous les jours, relançant la routine infatigable de millions de citoyens. Mais cette fois-ci un air de défiance flottait dans les rues. Caeron le voyait bien, à l’approche des gardes les gens se mettaient à chuchoter et à lancer des regards de haine. Il n’y prêta pas attention et se rendit à son lieu de travail. Là-bas il y trouva Dophius en train de discuter énergiquement avec des dizaines d’ouvriers, clamant qu’il fallait lutter pour leurs conditions de travail et refuser ces deux heures en plus. Toute la matinée le mot circula à travers toute l’usine et un rassemblement le midi fut décidé. Là-bas Dophius prit la parole et fit un discours d’une heure sur la nécessité de s’exprimer et de refuser cette attaque du gouverneur sur leurs conditions de travail. Caeron avait toujours su que Dophius était quelqu’un d’énergique mais jamais qu’il était si fougueux dans ses idées. Voyant son ami haranguer la foule, Caeron sentit en lui la flamme de l’espoir s’allumer et il se joignit aux acclamations de la foule. Alors que la foule avait grossi pour atteindre quelques milliers d’ouvriers, une alarme se fit entendre à travers toute la ville et tout le monde se précipita dehors pour voir ce qui se passait. Caeron se retrouva ainsi dans une grande rue au milieu des gens qui couraient, il aperçut un jeune garçon et se dirigea vers lui pour lui demander ce qu’il se passait. « Une armée Xénos vient d’être repérée dans notre système planétaire ,l’armée impérial a annoncé la mobilisation générale ,tous les hommes entre 14 ans et 60 ans doivent se rendre dans les bureaux de l’armée afin de recevoir leurs packages ».Devant cette nouvelle ,Caeron resta stupéfait ,lui qui n’avait connu que la routine de l’usine et la peur de la menace Xenos allait devoir aujourd’hui les affronter .Il pensa tout de suite à ses enfants et à leurs sorts sans lui .Il se rendit alors en courant à l’école où ils étaient pris en charge .Une fois là-bas un prêtre sembla tout de suite comprendre sa détresse et vint lui parler d’un ton calme .

« Ne vous inquiétez pas Monsieur Viricus, le culte impérial a l’habitude de venir en aide aux enfants de soldats de l’impérium ,le temps de votre absence ce sera notre culte qui s’occupera d’eux et leur apportera tous les soins dont ils auront besoin ».Il fit ensuite amener une sorte de boisson ressemblant à un thé qui calmit immédiatement Caeron et lui donna un sentiment de calme qu’il n’avait pas ressenti depuis longtemps .Il prit alors congés du prêtre tout en prenant le soin d’embrasser une dernière fois ses enfants avant de partir et se dirigea vers son appartement .Arrivé sur place il s’empressa de remplir sa valise de tout ce dont il pensait avoir besoin et ,avant d’éteindre une dernière fois la lumière de son appartement ,attrapa une photo de sa femme et de ses enfants pour la glisser dans sa veste .

 

Le bureau de recrutement était massif, une dizaine de guichets accueillaient les futurs soldats et leur indiquait la marche à suivre pour recevoir leurs équipements. Dans la file d’attente des hommes de tous horizons, habillés pour la plupart pauvrement, s’entassaient en attendant de savoir dans quelle compagnie ils attendraient la mort. Caeron attendait maintenant depuis une heure, s’accrochant à sa valise comme un enfant s’accrocherait à son doudou. Il avait pourtant l’habitude des lieux massifs et bondés mais ce bureau de recrutement dégageait quelque chose. Avec ses affiches mettant à l’honneur l’empereur-dieu et ses soldats exposés sur tous les murs et ses dorures parcourant les murs tels de fins serpents, le lieu avait quelque chose d’intimidant. Caeron avait toujours évolué dans un milieu de métal terne, agrémenté de poussière et de brouillard grisâtre alors il ne se sentait pas vraiment à sa place dans ce lieu.

Loin dans la file devant lui, il aperçut Dophius au guichet. La dame qui tenait ce guichet sembla lui grommeler quelque chose et Dophius se dirigea vers une porte avec marqué dessus « 17ème compagnie ». Voyant cela, Caeron se mit à prier de toute son âme l’empereur-dieu ou tout autre entité pouvant l’aider à se retrouver dans la même compagnie que son ami de toujours. Une fois arrivé devant le guichet il présenta ses papiers à la dame qui l’inspecta attentivement. Puis d’un mouvement las, elle apposa un tampon sur ses papiers et lui dit d’une voix monotone « compagnie 17 ». Caeron sentit son cœur bondir et se dirigea avec un sourira qui déconcerta la dame du guichet vers la porte de la 17ème compagnie.

Une fois rentré à l’intérieur il observa la salle dans laquelle il venait d’arriver afin de trouver Dophius .Contrairement au bureau de recrutement cette salle était nettement moins chaleureuse ,elle était constituée de murs défraichis et de quelques tables sur lesquels étaient posés des grandes boîtes comportant des packages de soldats que des officiers distribuaient aux nouveaux arrivants .Tout en se dirigeant vers cette distribution de packages ,faute d’avoir trouvé Dophius ,il observa les autres hommes dans la salle avec lui .Il reconnut certains des hommes avec qui il travaillait à l’usine .La plupart semblaient usés et peu emballés par l’idée d’aller combattre les armées xénos .Une fois arrivé devant l’officier qui distribuait les packages ,il récupéra celui à son nom et inspecta son contenu .Il contenait un uniforme réglementaire avec casque ,gilet pare-balles et tenue complète mais aussi un fusil laser ,un couteau et des accessoires basiques comme une gourde .

Alors qu’il inspectait le contenu de son sac, une main vint taper l’épaule de Caeron qui, surprit, sursauta. Il sursauta et se retourna pour se retrouver face à face avec Dophius qui, tout sourire, s’exclama :

« Alors comme ça on sera ensemble quand on va enfin voir à quoi ressemble un xénos ». Caeron approuva, soulagé de retrouver son ami pour affronter ce qu’ils allaient vivre.

Alors qu’il s’apprêtait à entamer la discussion, un homme dans un bel uniforme monta sur la table et interpella tous les hommes présents sur place :

« Bonjour à tous ,je suis le commissaire Drarrion ,c’est moi qui vous mènerez vers les sentiers de la gloire éternelle .Normalement vous êtes censés suivre un entrainement intensif avant d’être déployés sur le terrain ,mais devant l’urgence de la situation nous allons seulement vous montrer comment marchent vos fusils laser et vous devrez apprendre sur le tas .Pour ceux qui se demandent nous partons dans trois heures ,vous avez donc trois heures pour maitriser votre arme .Pour se faire moi-même et les officiers et sous-officiers présents ici-même tenteront de vous montrer tous les rudiments du fonctionnement de ce qui sera sans doute votre seule assurance-vie sur le terrain. »

Il descendit alors de la table et sortit un fusil laser d’un des cartons.il décrivit le fonctionnement de cette arme puis pointa une cible en bout de salle, visa et tira en plein de la tête de la cible. Puis il se tournis vers les hommes massés là et leur ordonna de faire pareil. Caeron se tourna vers Dophius qui haussa les épaules, prit un fusil laser et tira en direction de la cible sans pour autant la toucher. Les autres hommes présents commencèrent à faire de même alors que les officiers et les sous-officiers passaient dans les rangs afin de prodiguer des conseils sur le tir et expliquer comment recharger leurs armes.

3h plus tard on les fit se masser dehors tout équipés. Personne ne parlait, tous observaient le ciel avec un mélange de crainte et de fascination. Quand tout à un coup un gigantesque vaisseau apparu et de plus petits vaisseaux se détachèrent de lui avant de se poser devant les soldats qui observaient ce spectacle aérien avec une admiration non-dissimulé. Caeron monta dans un de ces petits vaisseaux et regarda à travers une petite ouverture la terre qui l’avait vu naitre s’éloigner petit à petit. Il se tourna vers Dophius qui, lui aussi, regardait de manière mélancolique le sol s’éloigner.

Le petit vaisseau s’arrima au gros vaisseau dans un vacarme sonore assourdissant et une petite porte s’ouvra permettant à Caeron de pénétrer dans le gros vaisseau. Tout à l’intérieur de ce vaisseau était démesuré, de la taille des équipements au nombre de personnes présentes. Il avait l’impression d’être une petite souris s’étant perdue dans un monde de géants. Un membre du personnel indiqua à Caeron où il pouvait trouver sa couche et il s’y dirigea immédiatement, la fatigue le poussant instinctivement vers sa couchette. Il arriva dans la pièce où se trouvait sa couchette et ne prêta même pas attention aux 7 autres couchettes réparties autour de lui ni à l’aspect lugubre et étriqué de la pièce, il s’écroula juste et s’endormit profondément. Lorsqu’il se réveilla il put apercevoir par un hublot que la planète d’où il venait n’était plus qu’un lointain souvenir. Devant lui s’étendait l’infinité de l’espace et savoir ça suffisait à lui noircir les pensées. Il sortit alors de la pièce sans prêter aucune attention à ses colocataires qui eux aussi étaient plongés dans leurs pensées. Il se dirigea au réfectoire, pris les rations que lui tendirent le cuisinier avant de rejoindre Dophius qui était déjà en train de manger. Celui-ci l’accueillit chaleureusement et engagea directement la conversation.

« Je viens d’entendre le commissaire et le capitaine de ce vaisseau parler, nous serons bientôt sur notre objectif, selon le capitaine nous y serons pour ce soir. Ils ont pour consigne de nous déposer puis de repartir illico. Si un vaisseau comme celui-ci a peur de trop rester, cela veut dire une seule chose, là où on va ça va chauffer dur ». Sur ces mots il se plongea dans sa ration et Caeron put voir une émotion qu’il n’avait jamais lu dans les yeux de Dophius : La Peur !

En fin de soirée la prophétie de Dophius se révéla juste .On les fit monter dans les vaisseaux qui les avaient fait embarquer .Puis dans un silence assourdissant ,les hommes débarquèrent dans un camp où d’autres soldats à la mine désabusée et l’air lessivé les attendaient .Sur place les officiers leurs affectèrent des places dans des tentes de fortunes .Au loin les hommes purent entendre le bruit des explosions et des cris de régiments entiers qui chargent .Voyant ses hommes regardant vers là d’où venait le bruit des explosions ,le commissaire leur lança d’un air amusé :

« Pas la peine de regarder maintenant demain c’est là où nous irons alors vous pourrez voir de plus près.»

Devant l’expression de peur que cette remarque avait suscité chez ses hommes il rigola et rentra dans sa tente.

Caeron dormit peu cette nuit là ,il avait à la fois le stress du combat à venir et l’excitation de la bataille prochaine .Au petit matin les hommes furent réveillés au son des trompettes et ils se mirent en marche vers qui allait être la dernière bataille de nombre d’entre eux .Arrivé là-bas on les sépara en compagnie et on les fit rentrer dans des tranchées très profond se faufilant à travers tout le champ de bataille .Alors qu’il traversait ces tranchées creusées à même la boue ,la pierre et les cadavres ,Caeron croisât les soldats qui tenaient la ligne avant lui .Ils étaient tous sales ,les vêtements en lambeaux avec un regard agars comme si ils avaient vécu l’enfer dans toute son horreur .Arrivés sur place ,la 17ème compagnie se rendit compte qu’elle était en première ligne .Devant elle s’étendait le no man’s land ,un paysage de désolation où boue ,trous d’obus et barbelé côtoyait cadavres ,carcasses et poussière aveuglante .Chaque soldat déposa son petit package dans la tranchée ,et n’ayant pas reçu d’ordre se mit à attendre qu’on leur dise quoi faire .Caeron ,lui, se mit à observer l’horizon .Au loin il aperçut des tranchées mais ne parvint pas à identifier de soldat ennemi ni à apercevoir un quelconque équipement ennemi. Tout à coup il entendit un sifflement venant d’en haut, un cri retentit et un homme à sa gauche se jeta sur lui. Puis une violente explosion retentit juste devant la tranchée dans laquelle il se tenait. Tout en restant au sol il reconnut Dophius qui s’était jeté sur lui pour le protéger. Il voulut le remercier mais Dophius lui fit un signe pour qu’il se taise et lui intima l’ordre de rester au sol. Caeron ne comprit pas jusqu’au moment où d’autres explosions survinrent tout le long de la tranchée, en étant toujours de plus en plus forte. Cette vague destructrice dura si longtemps que Caeron perdit le compte et se contentât d’attendre que la violence des explosions cesse.

Cela faisait maintenant deux mois que Caeron vivait dans cette tranchée, il avait appris à s’habituer à la saleté ambiante, aux rats et à la présence permanente de la mort dans leurs trous .Voir le laser bleu quitter le canon de son arme pour s’abattre dans le brouillard face à lui était devenu une habitude lassante .Cependant il n’avait pour l’instant pas quitté sa tranchée .Mais des bruits couraient chez les gars ,le commissaire préparait ,conjointement avec l’Etat Major ,un assaut massif dans les jours qui suivraient .En attendant ce jour fatidique ,Caeron passait ses journées à discuter avec Dophius de tout et de rien comme si ils n’avaient jamais quitté l’usine .Dophius semblait ne pas être affecté par l’ambiance des tranchées et continuer de rire même si son visage trahissait sa fatigue et sa peur .Il n’avait cependant pas oublié ses conditions de vie à l’usine et continuait de parler avec ses camarades de comment il comptait améliorer leurs conditions de vie une fois rentré à la maison .Tous les gars de la compagnie semblaient l’apprécier ,qu’ils soient d’accord avec lui ou pas .Seul le commissaire semblait jeter des regards méfiant à l’égard de cet homme qui parvenait étrangement à maintenir le moral de la compagnie .

Puis vint le jour tant attendu de la charge. Le commissaire avait annoncé à ses hommes la veille qu’ils allaient mener une ultime charge pour briser les lignes ennemies et permettre aux compagnies blindées d’enfoncer le front. C’est un mélange d’appréhension et de soulagement qui accueillit cette annonce et peu d’hommes dormirent cette nuit-là. Le lendemain, à la première lueur du matin, les hommes attendaient devant les échelles armes à la main et visage fermé que le commissaire donne l’ordre .Un silence de mort régnait dans les rangs et tous se préparaient à faire face à la mort elle-même .Caeron allait être dans la première vague  ,il se tenait fixe face à son échelle, prêt à la monter pour courir vers les rangs ennemis .Dophius était à côté de lui devant une échelle ,lui aussi le visage fermé .Tout à coup des coups de sifflet retentirent et les cris de milliers d’hommes se firent entendre .Au premier son Caeron s’élança pour sortir de sa tranchée .Une fois sorti il se mit à courir le plus vite possible en criant le plus fort possible comme si crier suffirait à faire fuir la mort .A ses côtés ,des milliers d’hommes qu’il ne connaissait pas faisaient de même et donnait tout ce qu’il pouvait pour atteindre le camp d’en face le plus rapidement possible .Quand tout à coup un bruit se fit entendre et un laser bleu sorti du camp d’en face puis deux puis trois puis une pluie de laser s’abattirent sur les hommes qui courraient .Des dizaines tombèrent dans un déluge de sang ,de boue et de cris d’agonie .Des bruits sifflants se firent entendre et des explosions d’obus se rajoutèrent à l’apocalypse qui venait de s’abattre sur Caeron et ses camarades .Comprenant qu’il ne pourrait jamais atteindre la tranchée adverse ,Caeron se jeta dans un trou proche de lui et se recroquevilla .Le commissaire qui venait de le voir faire s’approcha de lui au milieu de la tempête d’explosion pour lui intimer l’ordre de continuer mais il n’eut pas fini de parler qu’un laser lui arracha la moitié du visage ,le faisant tomber au sol raide mort. Alors que la mort pleuvait sur les camarades de Caeron ,celui-ci observa le spectacle de mort qui était en train de se jouer devant lui .Des dizaines d’hommes tombaient devant ses yeux chaque seconde ,le sol semblait se nourrir de sang qui coulait par litre .Les cris d’agonies semblaient se battre les détonations d’obus pour savoir qui ferait le plus de bruit et le ballet des lasers semblait offrir un spectacle de lumières meurtrières .Alors qu’il était frappé par l’horreur de ce qu’il voyait ,le regard de Caeron fut attiré par un cadavre fumant au sol .Un homme était sur le ventre ,le dos transpercé encore fumant .Caeron eut alors un mauvais pressentiment et une boule se forma instantanément dans son ventre. Il se mit alors à courir vers ce cadavre redoutant que son pressentiment ne révèle prophétique. Il se jeta à genoux et retourna de manière précautionneuse le cadavre. Les larmes lui montèrent alors aux yeux lorsqu’il aperçut le visage encore épris par la surprise de son ami Dophius. Son corps était couvert de boue et son sang était rependu sur le sol, commençant déjà à sécher à certains endroits.

Caeron resta là pendant de longues minutes alors que le chaos de la guerre continuait de se déchainer autour de lui à pleurer la mort de son ami, lui qui avait tant égayé sa vie si morne. Alors que Caeron émergeait petit à petit de sa torpeur il vit un de ses camarades arriver sur la ligne ennemie, celui-ci s’apprêtait à se jeter dans la tranchée quand il émit un cri de surprise. Il n’eut pas le temps de formuler un autre mot car une épée vint lui trancher la gorge. Des sifflets se firent alors entendre dans le camp en face et des milliers de cris s’élevèrent des tranchées ennemies .De ces mêmes tranchées émergèrent des milliers d’hommes vêtus du même uniforme que Caeron qui se jetèrent sur ses camarades baïonnettes à la main .Ceux-ci furent tellement surpris et décontenancés que certains ne se défendirent même pas ,affichant seulement une mine perdue semblant avoir perdu toute vie .Ces ennemis qui leurs ressemblaient tentés furent sans pitié et massacrèrent toute âme vivante en continuant d’avancer furieusement. Voyant cette vague mortelle de soldats enragés, Caeron eut seulement le temps de s’effondrer sur le cadavre de son ami et de feindre la mort. Les soldats ennemis passèrent autour de lui sans le toucher et continuèrent vers sa tranchée. Il put alors entendre les cris de détresse ,de surprise et d’agonie émergeant de sa tranchée avant qu’un calme plat ne revienne se poser sur le champ de bataille ,laissant une impression de désolation à toute personne pouvant voir ce spectacle .

Caeron demeura dans sa position et ce silence ahurissant pendant des heures .Le sang de son ami avait continué d’imbiber ses vêtements et avait finit par s’incruster dans ceux-ci .Alors qu’il ecoutait autour de lui pour déterminer le moment où il faudrait qu’il se lève et fuit ,il entendit des pas de bottes venant vers lui .4 bras l’agrippèrent alors et il continuât de feindre la mort .il entendit alors une voix s’exclamant « décidément ramasser des traitres à longueur de journée c’est vraiment la partie la plus chiante de ce métier »,ce à quoi une autre voix lui répondit « c’est clair que c’est pas à quoi je pensais quand je suis devenu garde impériale ».Caeron en avait donc bien la confirmation ,c’était des alliés qui venaient de leur tirer dessus et qui l’appelaient lui et ses camarades « traitre ».Il n’avait pourtant l’impression de n’avoir trahi personne .Mais alors pourquoi ses camarades et surtout Dophius étaient mort .

Il fut transporté pendant de nombreuses heures dans ce qui semblait être un camion au bruit .Puis il reconnu le bruit des vaisseaux qui l’avait emmené sur cette terre qui avait vu ses camarades mourir .Puis,Comme lors de son arrivée il reconnut le bruit des petits vaisseaux qui s’arriment au gros vaisseaux .Il fut transporter dans une salle où il n’entendit plus aucun bruit .Il prit alors son courage à deux mains pour ouvrir les yeux et inspecter ce qui l’entourait .Quelle ne fut pas son horreur quand il se rendit compte qu’il se trouvait dans une salle obscure remplie de cadavres empilés les uns sur les autres .L’odeur vous prenait tout de suite à la gorge et Caeron ne put réprimer des haut le cœurs de secouer son corps. Il reconnut de nombreuses personnes qu’il avait vu lors du bureau de recrutement. Il ne comprenait pas ce qui venait de lui arriver, il était entouré de cadavres à plus savoir qu’en faire et il ne comprenait pas pourquoi ces hommes était mort ni pourquoi lui était encore en vie. Il tapota alors sa poche à la recherche de quoi éclairer un peu plus la salle et trouver une porte de sortie .Il sortit alors la photo de sa femme et de ses enfants de sa poche et celle-ci déclencha un déclic chez lui ,il avait maintenant un but auquel se raccrocher : retrouver ses enfants .Il chercha alors du regard une porte ou un moyen de sortie .Ses yeux finirent par s’accrocher à une sorte de petite porte .Il se précipita vers elle et miracle elle s’ouvrit .Il se retrouva dans un grand couloir plongé dans une obscurité combattue par de timides ampoules .Il longea celui-ci quand il entendit deux voix arriver d’un couloir perpendiculaire à celui où il était .Pris dans la panique il poussa la première porte qui se présentât à lui .Il se retrouva alors dans une petite pièce composée d’armoire comportant de nombreux dossiers .Il s’agissait sans doute d’une pièce qui servait à stocker les rapports temporairement le temps du trajet avant qu’ils ne soit remis aux personnes concernées .Constatent cela ,Caeron eut une idée ,il se dit que si il pouvait trouver les informations qu’il recherchait quelque part ce serait bien dans ces rapports .Il se mit alors à rechercher frénétiquement la 17ème compagnie dans les dossiers et finit au bout d’un quart d’heure de recherche par tomber sur le dossier de sa compagnie .Dessus un petit tampon rouge avait inscrit l’inscription « décimé » .Il ouvrit alors le dossier et put lire « est tombé sous le feu d’une offensive xénos ».Il n’en revenait pas ,c’était pourtant des hommes qu’il avait vu massacrer ses frères d’armes .Caeron qui pensait trouver les réponses à ses nombreuses questions ,venait de renforcer celle-ci. Il décida d’oublier ce qu’il venait de lire et de se rattacher à la seule chose pour laquelle il vivait encore : ses enfants. Il parcourant le vaisseau, se cachant dans tous les recoins au passage des gardes et cherchant frénétiquement une voie de sortie. Puis il entendit une voix criant le nom de sa planète indiquant aux hommes devant descendre qu’ils seraient en orbite dans 15 minutes. En entendant ça, le cœur de Caeron ne fit qu’un bon. Il vit des petits chariots transportant des cercueils faits à la va-vite passer devant lui et profitât d’un moment d’inattention des pousseurs pour se jeter dans l’un d’entre eux.

Une fois de plus il entendit, il l’espérait pour la dernière fois, le bruit des petits vaisseaux quittant le gros vaisseau. Une fois à terre il entendit les cercueils être transportés à travers les rues sous les pleurs des mères ,des femmes et des femmes cherchant avec espoir un signe que leurs époux ,fils ou père n’était pas dans ces boites .Il entendit une voix hurler à qui voulait l’entendre que ces hommes étaient mort pour préserver l’imperium de l’empereur-dieu et que c’est grâce au sacrifice de ces valeureux soldats que l’humanité était encore debout face aux xénos .Finalement le transport s’arrêta et Caeron put sortir de sa cachette pour courir à travers les rues comme un fou pour arriver au plus vite à l’école de ses enfants .Une fois sur place il poussa la porte et se retrouva avec le prêtre gérant les lieux qui parut extrêmement surpris avant de se reprendre. Caeron lui demanda où étaient ses enfants, le prêtre sembla gêné et après avoir été pressé il finit par répondre aux demandes pressantes de Caeron.

« Ils sont partis monsieur ….»

Toute l’âme de Caeron sembla se vider de son corps d’un seul coup. Et il lui demanda machinalement de répéter.

« Lorsque la nouvelle de votre mort nous est parvenue, ils sont devenus des pupilles de l’impérium et ont été envoyés sur une autre planète afin d’y être élevé par le culte. »

Caeron venait de perdre sa raison de vivre, sa vie n’avait plus aucun sens et sans dire un mot de plus il sortit de l’école et se dirigea vers son appartement d’un pas fatigué. Il monta petit à petit l’escalier le séparant de son appartement puis rentra. Il n’avait pas changé depuis son départ si ce n’est pas le nombre de poussière s’étant accumulé. Il contempla son appartement vide pendant de longues minutes quand la porte se referma subitement derrière lui. Surpris Caeron se retourna et découvrit avec stupeur un homme en armure avec un grand chapeau qui le regardait avec un regard amusé. Il le toisa du regard puis lança :

« Tu pensais nous échapper en rentrant simplement chez toi ? »

Caeron ne comprit pas cette allusion et se contenta de continuer à le regarder. L’homme continua :

« On te suit depuis ta petite fouille de notre salle des rapports, si tu avais continué à faire le mort on ne t’aurait sans doute pas détecté mais il a fallu que tu fouilles. »

Comprenant que cet homme faisait partie des gens qui détenaient toutes les réponses qu’il voulait, Caeron s’enhardit et se mit à crier :

« POURQUOI !? Pourquoi vous nous avez fait combattre contre d’autres hommes alors que tous les jours la menace xénos se multiplie à nos frontières et fait trembler l’humanité ? Pourquoi nous faire combattre entre nous alors que nous unir face aux autres espèces peuplant cet univers ? »

L’homme encapuchonné comprenant que Caeron n’était qu’un pauvre homme perdu dans le déroulement des événements, leva son arme, lâcha un sourire et répondit :

« Quelle ironie que dans un si grand univers, l'humanité soit obligée d'inventer d'autres espèces pour justifier ses peurs et ses travers »

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