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Warhammer Forum

Ghiznuk

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  1. Hello ! @Magnan XXIII Les fiches sont-elles à jour pour les Elfes noirs et les Nains infernaux ? Y a de la demande
  2. L'ÉPOPÉE DE KIBOTESH Aujourd'hui, nous sommes fiers de vous présenter l'Épopée de Kibotesh, une merveilleuse découverte littéraire parvenue jusqu’à nous depuis l’antique civilisation naine, traduite en français ! 36 pages de pur plaisir littéraire, au fil desquelles nous suivons le grand roi nain Kibotesh et son conseiller, Lugar. N'hésitez pas à nous faire part de vos retours ! ? Lien vers le portail des téléchargements du Neuvième Âge : LIEN Lien de téléchargement direct : LIEN
  3. p.78 Citadelles des Nains infernaux Dans la Plaine foudroyée, vous ne trouverez pas de gouvernement central. Chacune des citadelles lève et équipe ses propres troupes. Cependant, ces armées se regroupent fréquemment pour affronter certaines menaces puissantes. D’après mon expérience, ces forces se distinguent surtout par les différents dieux païens auquels elles ont prêté allégeance. J’ai eu l’occasion d’interroger une citoyenne infernale sur ce sujet. Et, si ses dires sont véridiques, ces nains barbares vénèrent un panthéon de tout juste quatre dieux appelés les Vanebs, un mot qui signifierait simplement « la Flamme ». Trois de ces dieux (c’est-à-dire tous, sauf Lugar qui se serait élevé au rang de divinité que dans une ère plus récente) se manifestent sous plusieurs formes ou aspects divins ayant chacun leurs propres noms et attributs. Pour un étranger, ces derniers peuvent facilement passer pour des dieux inférieurs. Il existe, par exemple, Ashuruk le Scribe, Ashuruk le Porte-soleil et Ashuruk le Mage, pour ne citer qu’eux. Ils se nomment respectivement « Kabu », « Nerkar » et « Ura », et sont des représentations distinctes d’un seul et même dieu. Chaque citadelle se vante d’abriter des temples de chacune des quatre divinités mais généralement, elles tendent à ériger le culte d’un aspect mineur d’un des dieux au-dessus de sa position habituelle dans le panthéon. Dans de nombreux cas, la cité et sa divinité titulaire finissent par se confondre, profondément interconnectées au fil des siècles. Si bien que lorsque l’on affronte une armée infernale, on peut déterminer sa citadelle d’origine par les icônes religieuses qu’elle brandie en guise de bannières. Ci-après vous trouverez des bannières que j’ai pu rencontrer. Ce n’est qu’un petit échantillon et elles ne représentent pas forcément les citadelles les plus puissantes de la Plaine, pourtant elles hantent encore mes cauchemars. – Capitaine émérite Urs Bödeker, Légions de fer de Myra ––––– Sakumesh La citadelle de Sakumesh contrôle un des rares lieux du territoire infernal où l’on peut pratiquer l’agriculture conventionnelle. Elle est dédiée à Gantar, une représentation de Shamut le Vengeur, figurée par une déesse guerrière liée au sexe et à la fertilité. Dans la mythologie naine, Gantar fut capturée et tuée dans les limbes avant de revenir à la vie. Ce symbole du cycle de la vie est partagé par beaucoup de cultures à travers le monde. Les nains orientaux voient généralement dans l’histoire de Gantar une parabole qui condamne la vie sous terre, telle qu’adoptée par leurs cousins occidentaux. L’emblème de Gantar est un lion en laisse. Gar-Shakhub De nos jours, c’est la citadelle la plus proche de la Fournaise, bâtie sur l'un des refuges créés lors de cet antique cataclysme. Au fil des ans, les descendants de ces survivants ont développé une force d’esprit et une dévotion sans égale au mythe nationaliste de la supériorité infernale. Gar-Shakhub a tenté à plusieurs reprises d’unifier la Plaine foudroyée depuis la création de la Fournaise, sans succès. Ses citoyens vénèrent Mikrash, une représentation primordiale et mystique d’Ashuruk associée à la foi et aux serments. Dans sa citadelle il est considéré comme le dieu de la nation. Sa bannière arbore une hache enveloppée de flammes. Nekek-Nelem Perchée sur la crête d’une montagne fortement boisée, Nekek-Nelem est une citadelle sombre et troublée qui n’a jamais étendu son autorité, mais qui ne fut jamais conquise non plus, grâce à sa position très facile à défendre. Sa déesse tutélaire est Dame Reshal, nom donné à Nezibkesh le Fossoyeur, gardienne respectée et crainte des profondeurs où les morts demeurent. D’après les vieilles légendes, l’entrée du Monde-du-dessous, Runalla, se trouverait sous les fondations même de la cité. Les bannières de Nekek-Nelem portent une unique bande noire représentant à la fois la mort et le charbon, minerai sacré de Reshal. Dedushak Symbolisée par un grand éclair, la citadelle de Dedushak voue un culte à Kadad, déesse du ciel et avatar de Shamut l’Ailé. Bien que Kadad est sensée contrôler les évènements météorologiques de manière général, elle est le plus souvent associée aux orages, qui sont les manifestations de ses violentes étreintes avec Nezibkesh le Défaiseur, Huzid. Dedushak est une citadelle militariste dominée par le clergé de Shamut, et où l'on peut trouver plus de taurukhs que dans les autres citadelles. Les voyageurs racontent que les énormes cornes de bronze érigées par-delà ses remparts projettent des éclairs à travers la Plaine foudroyée quand la citadelle part en guerre. Kubnut-Bebit La plus orientale des citadelles, Kubnut-Bebit, est influencée par les cultures et les traditions de l’Extrême-Orient. Elle est fabuleusement riche, profitant de la Route de l’acier comme aucune autre citadelle, sauf peut-être Vanekhash. En théorie, cette citadelle est le lieu sacré de Ura, la déesse de la magie, mais récemment les bannières de Kubnut-Bebit s’ornent de l’étoile de Tazda, une divinité étrange, androgyne, qui ne provient pas clairement des Vanebs. Son culte, inspiré des religions orientales, est pratiqué de manière presque monothéiste, à la limite de l’hérésie. Tazda semble être une divinité de vérité et de pure « bonté », du mieux que je puisse traduire le terme abzhaghab. Zetivak Une citadelle ancrée dans l’orbite de Zalaman-Tekash, Zetivak est aussi connue sous le surnom de « Bibliothèque de Zalaman ». Il s’agit du plus grand lieu d’apprentissage de la Plaine foudroyée, disposant du plus grand registre de tablettes et de parchemins conservés par une armée de scribes. De fait, son patron est Kabu, Ashuruk le Scribe, réputé pour son savoir et sa sagesse. C’est une divinité mineure, puisque, hors des murs de Zetivak, Lugar a usurpé depuis longtemps la plupart de ses attributs. L’armée de cette citadelle n’est pas très importante mais elle contribue à fournir aux forces de Zalaman ses plus puissants magiciens. Ces derniers sont identifiables grâce au croissant de lune, symbole de Kabu. Nedzhid Nedzhid est parfois appelée la « Citadelle de la nuit » à cause des fumées opaques qui s’élèvent de ses fabriques, dissimulant le ciel pour tous ceux qui ne vivent pas dans les plus hautes ziggourats. Positionnée au nord de la mer de la Soif, il s’agit probablement du plus grand bastion des industries infernales. C’est une citadelle relativement récente, fondée au cours de la guerre contre les précédents occupants de la mer, les Arandais. Les guerriers de Nedzhid portent sur leurs étendards un engrenage de Ninarduk, un aspect de Nezibkesh l’Inventeur, patron des ingénieurs.
  4. p. 76 Char à kadims Approchez. J’ai beaucoup appris du prisonnier. C’est un invocateur de dieux des peaux-d’acier. Dans son arrogance, cet insensé m’a conté bien des choses. Oui, celui-là, le captif qui conduisait le chariot infernal. Beaucoup ont péri pour ce fait d’armes… Il a chanté pour nous son histoire, et nous avons appliqué les couteaux pour la lui faire chanter encore, chanter plus vrai. Chacun de ses chants était pétri dans le mépris et la haine, mais jamais le chant n’a changé. Son mérite : jamais il n’a montré la peur, même après avoir été désarçonné, même après avoir été cloué à terre par nos lances, par nos haches et nos épées. Je croyais qu’il était en proie au délire de ceux qui se fient à des dieux et à des esprits, mais maintenant, je n’en suis plus certain. Il a affirmé être celui qui a invoqué ces horreurs qu’ils appellent kadims : des déités de feu liées à l’acier. Il a raconté son voyage vers l’Œil-de-feu dans les Grandes Désolations pour y conclure son pacte. Folie, il a invoqué une déité pour tirer son char à la guerre. Arrogance, il pense que seul un Inné est un attelage digne de lui. Insensé, comment ne peut-il voir que c’est le kadim qui en retire toute la gloire et non lui ? Il sait manier les armes, il sait manier les sortilèges, mais comment peut-il penser que son histoire soit suffisamment digne d’être chantée ? Tous se rappelleront l’Horreur-de-flammes, et non le peau-d’acier caché derrière elle. Son propre discours le trahit : il nous a parlé des runes et de ses subterfuges qui le protègent des flammes de la déité. Insolence, il pense que nous ne pourrons jamais délier la trame de ses mensonges, même en cent générations. Voyez la vérité cachée : même les peaux-d’acier redoutent ces horreurs qu’ils prétendent asservir. Ce ne sont ni leurs guerriers, ni leurs champions, ni leurs invocateurs que nous devons craindre. Pas même leurs sorts ni leurs lames affutées. Mais le char lui-même… En cercle. Écoutez bien, jeunes-cornes, la raison pour laquelle vos pères ont souffert. C’est un chant que vous devez apprendre, si vous ne voulez pas partager leur destin, si vous voulez leur offrir leur vengeance. Apprenez. Gagnez la sagesse de nos blessures, car cette connaissance fut acquise au prix de nombreuses pertes parmi les nôtres. Ces chars ressemblent aux nôtres, mais tirés par des choses de feu noir qui sentent la haine et la colère. Forgés, comme des lames de métal, pas en bois, pas en corne, pas en os, car tous ces matériaux seraient consumés par leurs flammes. Façonnés en des formes cruelles et mauvaises : l’un est un taureau, l’autre est un karkadan, ou n’importe quelle autre bête, mais toujours enveloppés de détestables flammes noires. Brûlants, les kadims qu’ils contiennent sont attachés et contraints, brandons en furie. Puissants, brisant les boucliers et fracassant les os, ils font voltiger les corps comme vous jetteriez le noyau d’un fruit. Et malheur à qui tombe sous leurs sabots : leurs flammes brûleront aussi bien leur esprit que leur chair et leur fourrure. Les flammes qui les embrasent ne s’éteignent pas avec la mort, les esprits brûlés ne peuvent rejoindre nos totems. Et chacune de ces pertes nous affaiblit. Dans les plaines de Grandgrain, cette horreur mit fin aux récits du chef minotaure Bras-de-bronze. Ce fut une longue journée de bataille, nos haches tranchaient leurs esclaves et leurs soldats. Loups et gobelins étaient impuissants face à nous. Les cornes-cachées n’ont pas tardé à détruire les machines derrière leurs lignes. Leurs géants tombèrent face au gortach. Seul leur centre tint bon : volonté de fer et expertise aux armes. Les meilleurs d’entre eux, les Immortels. Ils n’hésitaient pas, ils ne criaient pas, ils ne provoquaient pas, ils ne fanfaronnaient pas. Il pleuvait sur eux javelots, flèches et rochers de cyclope. Ils n’ont pas reculé. Les fières-cornes les ont chargés, et ont été repoussés. Ils enduraient. Bras-de-bronze savait que s’ils ne fuyaient pas, c’est qu’ils devaient mourir. Les minotaures ont chargé, les longues-cornes tenaient leur flanc face aux peaux-de-fer plus faibles. Nous avons mis un terme à la vie de ces anciens, et nul n’a fléchi dans la harde de guerre. Enfin, alors que nos cornes percutaient les Immortels, que nous faisions mentir leur nom, le char hurlant a surgi. Les flammes infernales et le hurlement du métal ont percuté la harde du chef de guerre, dispersant les longues-cornes et ses frères minotaures, tels les oiseaux dans le champ quand ils aperçoivent le chat. J’étais présent, et j’ai vu le baroud d’honneur de notre grand chef. J’ai vu les flammes et la fureur le consumer. Il n’est plus que cendres… – Homélie du chamane Corne-de-pierre, traduite par Manfred von Jornburg
  5. p. 72 Kadims 12 auguste On les appelle kadims : esprits surnaturels de terre et de feu maintenus dans le monde matériel par les arts arcaniques des nains orientaux. On dit que les plus grands d’entre eux, les « titans », ont la force d’un millier d’hommes et sont capables de réduire en poussière des cités entières pour leurs maîtres. On appelle « avatars » ceux de taille plus petite, et s’ils n’ont pas la même carrure, il ne faut pas sous-estimer leur capacité à répandre la fureur des flammes sur leurs adversaires. C’est un principe, à mon avis, qui s’applique aussi bien à tous les barbus en tant qu’espèce. Les nains de l’est ont depuis longtemps compris que le savoir faisait le pouvoir. Et à travers ce pouvoir, ils exercent un contrôle irréfutable sur leurs terres par le feu, la foi et la magie. Depuis plusieurs âges, les érudits du temple d’Ashuruk ont découvert qu’il était possible de lier les kadims à leur volonté par l’établissement de contrats, un secret qui leur fut volé par les autres temples. Aujourd’hui, le temple de Lugar est considéré comme ayant surpassé les prêtres-juristes d’Ashuruk dans leur maîtrise de cet art. Hormis ces deux clergés, peu sont arrivés à mettre en place de tels pactes. Je fais aujourd'hui serment de mettre un terme à ce monopole détenu par les nains. Les kadims serviront quiconque aura suffisamment de volonté et de connaissance des lois. Une fois ces esprits guerriers sous mon commandement, mon pouvoir sera immense. Mes ennemis feront face au même choix que celui que les nains donnent à leurs vassaux : soumission ou incinération. J’ai passé des années à apprendre tout ce que je pouvais au sujet de ces kadims. Quand le savoir des humains s’est révélé insuffisant, j’ai voyagé à l’est pour apprendre ce que je pouvais des nains. J’ai récupéré bien des informations des textes qu’ils m’ont permis d’étudier après une donation considérable d’esclaves et d’or au temple de Lugar. J’ai bien tenté de marchander, mal m’en a pris : le prix fut encore plus considérable. 2 tandembre Au cours de mon étude, j’ai trouvé que les inscriptions murales finement ouvragées, gravées sur les murs de la bibliothèque du temple, étaient plus fascinantes que la plupart des tablettes et des parchemins sur le sujet. Elles représentent des kadims bataillant contre de nombreux ennemis, que ce soit des rebelles orques ou des serviteurs des Dieux Sombres. On y trouve aussi des scènes dans lesquelles ils construisent des villes, rendent hommage à des despotes nains, voire témoignent de procédures judiciaires. Il semblerait que les nains considèrent les kadims comme des agents de la loi divine, opposés au désordre, que ce soit en temps de guerre ou en temps de paix. Quel que soit leur rôle, je sens que j’ai appris tout ce qu’un étranger comme moi peut obtenir des nains. Le temps de l’étude touche à sa fin, place à l’action. Un groupe de disciples a quitté la ville il y a trois jours. Ils se sont dirigés au nord, vers la Fournaise. Leurs chariots étaient chargés de lourdes caisses, sans aucun doute les réceptacles qui permettent de lier les kadims à ce monde. J’ai engagé secrètement un groupe de mercenaires guerriers-nés pour les poursuivre. Bientôt, les kadims seront à moi. Je trépigne d’impatience. 18 tandembre La bataille fut féroce mais j’ai vaincu. Le combat fut plus serré que je m’y attendais. Je ne sous-estimerai plus les talents martiaux des nains. Les disciples se sont battus avec force ténacité mais ma magie et le poids du nombre apporté par les mercenaires ont pu en venir à bout. Mes efforts portent enfin leurs fruits ! J’ai récupéré des réceptacles capables de recueillir l’essence d’un kadim. Certains sont des structures de métal tandis que les autres sont des statues de pierre sculptées. Ils ont la forme d’horribles démons ou de monstres des légendes de l’Augée. Les symboles arcaniques inscrits sur eux sont sans nul doute les termes du contrat prévu par les nains. J’ai aussi ce grimoire, encore plus précieux, porté par le plus âgé des disciples. Il décrit le rituel dans ses moindres détails, même si le langage est archaïque, ce qui le rend quelque peu ambigu. Je détiens maintenant les clefs pour lier un kadim à ma volonté ! Je me prends souvent à rire sans véritable raison. 22 tandembre Nous nous sommes dirigés au nord, vers la Fournaise. Sa flamme infernale diffuse une lueur omniprésente à l’horizon. La nuit ne semble jamais tomber sur cette terre maudite, et les étoiles sont totalement invisibles à l’œil nu. J’ai peur qu’il ne devienne impossible de poursuivre notre route. Des nuages d’orage surnaturels s’amassent à l’horizon, fouettant le sol d’énergie magique. Certains des plus petits gobelins sont tombés raides morts à la suite d’une petite exposition au phénomène. Mes talismans sont en train de prouver qu’ils valent bien le prix que j’ai eu à payer à l’époque. 25 tandembre Cela fait maintenant trois jours que nous errons sur cette terre dévastée, et les orques s’agitent de plus en plus. Les provisions s’épuisent, et le peu qu’il nous reste commence à être contaminé. Pire, nous avons évité de justesse une patrouille naine. Il semble qu’ils possèdent une armure qui les protège de l’influence maléfique qu’exercent ces terres sur le corps. Je vais devoir trouver très prochainement un kadim ou libérer les mercenaires de mon service. Ces brutes sont tout prêt de se mutiner. Pire, leur nombre augmente les chances de se faire repérer par les nains. Je dois trouver la gloire maintenant ou me préparer à un échec déshonorant. Inconcevable ! 26 tandembre Enfin ! Le Grand Mage est maître de la flamme immortelle ! J’ai accompli ce que les autres disaient impossible. Pas un, mais trois kadims sont désormais soumis à ma volonté ! Dans un éclair de génie, j’ai ordonné une dernière marche vers la Fournaise. Étant donné qu’ils ne sont pas vraiment de notre monde, les kadims ne peuvent pas s’aventurer très loin de la magie qui les alimente : ils sont donc plus souvent proches de la source. Juste au moment où mes talismans commençaient à se corroder et se décomposer, que les orques étaient au comble de l’impatience, nous les avons vus : trois masses de magma animées, se déplaçant sans but apparent. Retrouvant mon autorité naturelle, je leur ai intimé d’écouter mes paroles. J’ai déjà marchandé avec des démons et lié des djinns à ma volonté, mais les kadims sont des créatures extraplanaires tout à fait différentes. Ils étaient impénétrables, totalement étrangers et leur présence était comme froide. Ils semblaient curieux quand je leur ai mentionné les réceptacles que je leur avais apportés, et comment ils leur permettraient de s’aventurer dans le monde extérieur pour peu qu’ils acceptent de se mettre à mon service. J’ai parlé longtemps, détaillant copieusement tous les termes du contrat, sa durée, la nature des services et la rémunération accordée, et ainsi de suite. Mes paroles furent d’abord accueillies par le silence. J’ai commencé à douter qu’ils m’aient entièrement compris, mais ils finirent par s’approcher doucement. L’un des kadims s’exprima d’une voix profonde et distordue, pareille au rugissement d’une chaudière : « Nous acceptons. » Il toucha de sa flamme le contrat que j’avais préparé dans la langue des lois naines. Le parchemin flamba, et je sentis ses runes brûler sur ma peau tandis que le corps des kadims chatoyait. Le tout ne dura que quelques instants. Leur magma s’écoula dans les réceptacles, qui prirent vie dans une lumière flamboyante. C’est fait. Par les termes du contrat, leur pouvoir est désormais assujetti à ma volonté. Je fus tenté de leur commander de détruire le reste des mercenaires, mais j’eus trop peur de recevoir une flèche noire gobeline dans le chaos du combat qui s’ensuivrait. 34 novembre Le voyage du retour fut long et ardu. J’ai lancé un sort de dissimulation pour éviter les représailles naines, et j’ai finalement pu revoir les rives de la Mer médiane. Arrivé à la maison, j’ai lié les kadims à mon sanctuaire, à l’intérieur de cercles d’invocation conçus pour retenir des êtres bien plus puissants qu’eux. Ils y resteront tant que je n’en ai pas besoin. Ce sera un bon test de patience pour eux comme pour moi. Mon esprit bouillonne de nouvelles idées quant à l’usage de ce tout nouveau pouvoir ! 19 ullose Les kadims s’agitent dans leurs cercles. Ils ont commencé à émettre des demandes, m’accusant de ne pas respecter les termes de notre contrat. Mon majordome me rapporte qu’ils ont tenté de se défaire des entraves magiques par la force, ce qui a ébranlé les fondations de mon manoir. Je dois réviser les sorts qui les maintiennent en place, juste au cas où. Mais je ne crains rien. Ils ne peuvent pas défier ma volonté. – Fragments de journal brûlé retrouvés après le Grand Brasier d’Amarhaq qui a dévasté une portion notable de la ville en 879 A.S.
  6. p. 64 La Mer de la Soif La mer de la Soif est si vaste qu’il est impossible d’en voir les côtes depuis un bateau qui se trouverait au centre. Dans l’ancien temps, ses eaux étaient vénérées sous l'aspect d'une déesse qui aurait donné vie aux premières civilisations. C’est autour de son littoral que s'est développée l’ancienne culture thalassienne de l’Âge d’Or. Cette dernière disputait la domination régionale avec l’Empire nain et le Naptesh. Comme ces autres États, l’Empire thalassien s’est éteint au début des Âges de la Ruine. Les nombreuses catastrophes naturelles du début de l’Âge de la Mort ont déstabilisé les royaumes thalassiens du Nord et du Sud, et dans ces circonstances, ces derniers n’ont plus été en mesure de gérer correctement leurs ressources. Mais le point culminant du désastre advint lorsque la mer fut empoisonnée magiquement par un procédé qui demeure mystérieux à ce jour. C’est dans ce contexte que la mort arriva en Thalassie, et que les vampires corrompirent chacun des deux royaumes. Nombreux sont ceux qui appellent encore cette région le « Tombeau des civilisations ». Peu d’histoires sont avérées concernant l’époque qui suivit la disparition du premier Conclave, mais la mer est restée inféconde depuis lors. Si elle n’est plus saturée de magie aujourd'hui, l’eau reste hautement toxique à cause de son exceptionnelle concentration en sel. Il se raconte que les riverains de la mer de la Soif sont capables de boire l’eau de l’océan tant elle est pure en comparaison. Mes investigations ont révélé qu’il s’agit plus d’un concept poétique pour décrire la dure réalité qu’un fait pratique. Pourtant, l’infertilité de la mer de la Soif en a fait un emplacement stratégique particulier. Pendant longtemps, la Compagnie marchande sagarikaine d’Aldan essaya de s’accaparer les marais salants locaux. Les minéraux extraits étaient utilisés pour concocter des potasses et pour fertiliser des cultures exotiques dans certaines parties tempérées des Îles blanches. Cette entreprise privée bénéficiant de l’accord tacite du Trône de perle mais pas de son soutien déclaré, elle fut forcée de négocier avec les puissances régionales pour maintenir des accès aux routes commerciales. Le contrôle de la mer par les elfes cessa lorsque les nains infernaux prirent possession du territoire par la force au cours du Neuvième Âge. Le conflit entre les deux puissances s’est conclu par un statu quo des plus tendus. Les nains colonisèrent les côtes septentrionales où ils fabriquent du bitume et de l’asphalte dans leurs nouvelles usines construites autour de la citadelle de Nedzhid. Guglielmo di Torenza, ce poète arcaléen fantaisiste, devait certainement penser à cette région quand il inclut la strophe suivante dans le onzième chant du Signore Giovanni : La terre s’agite, l’eau frémit Le sel irrite l’appétit Le ciel s’assombrit, la route métallique Notre temps exquis n’est pas fini Les colonies des Hautes Lignées sont toujours présentes au sud de la mer de la Soif, autour de Gan Harod où elles ont de fréquents accrochages avec les forces daèbes escortant les navires esclavagistes du golfe. Plus au sud, des colonies humaines subsistent, peut-être les descendants de peuplades antiques. Elles se disputent le territoire avec les hardes bestiales du désert : des espèces humanoïdes à tête de caprin, ou peut-être de coyote, qui errent dans les dunes et les canyons. On peut aussi citer parmi les puissances régionales les royaumes gobelins des Monts arides dont les oligarques sont bien connus des marchands vétiens tant ils nuisent au commerce. Ils contrôlent un certain nombre d’avant-postes à l’ouest et au nord de la mer, où leurs nombreuses bêtes apprivoisées protègent leurs cachettes. – Johannes Strabo, extrait d’Histoire et géographie
  7. p. 52 La Route de l'acier « Hé, pétaradeur ! » cria le ferrailleur lorsqu'il passa sa tête dans l’abri pour me lorgner la tête. La puanteur qui émanait de ses dents jaunes me retourna l’estomac. « Le Gros là veut savoir si ta boîte esploziv’ elle va marcher ou pas. Pasque si non, on va te bouffer bientô – ooohh ! » Le compagnon ogre de la créature, Nöying, balança nonchalamment le ferrailleur en l'air et se baissa pour me rejoindre dans l’abri. Il gloussa d’une manière qu'on eût pu décrire comme fraternelle. « Mon camarade fait bonne blague. On mange grand héros, grand ennemi. Si bombe à toi pas explose, juste on jette toi à tigre. » Après plusieurs semaines à apprécier l’hospitalité rude mais généreuse de ces créatures, je commençais à mieux comprendre quelles menaces de démembrement releveaient de la plaisanterie et lesquelles étaient mortellement sérieuses. Le sonnstahlien de mes hôtes s’était amélioré bien plus nettement que mon ghyengghetat depuis le début de notre coopération, ce qui m’embarrassait un peu. Mais à cette occasion, il était particulièrement difficle de lire l’humeur de Nöying. « Je peux vous assurer, messires, sur mon honneur de diplômé du Collège d’ingénierie de Westerhafen, que les charges et les détonateurs sont de première qualité. Le cylindre principal est chargé de fulminate d’argent pour… » Le ferrailleur, tout en se frottant la croupe, pencha la tête et fit une grimace. « Mais pourquoi un si brillant humain des villes viendrait dans montagne fabriquer boîtes qui esplos’ pour ogres ? » Je rougis. Nöying en parut grandement amusé. « Ah. Il y a eu ce regrettable quiproquo, impliquant la femme du recteur, et, hum, elle s’avérait aussi être la fille du magistrat en chef… — Ha ! ha ! ha ! Alors minus pense être homme pour femme ! Tu dois faire attention ici, » Nöying m'enfonça son doigt massif dans le ventre. « Peut-être jolie ogresse tombe amoureuse et veut bien montre toi comment ça faire. Si elle pas mange toi avant. Ha ! ha ! ha ! » L’exposition de l’idée me fit tressaillir, quand soudain retentit l’appel d’un cor de guerre démesuré. Le grondement assourdissant occasionna une interruption bienvenue. « Bien ! En avant ! C’est heure carnage ! » Nöying vociférait tout en brandissant son hachoir à la lame plus large qu’un pavois. Il aboya dans sa langue un ordre aux deux douzaines de brutes qui s’étaient tapies dans la tranchée derrière nous. Le mince espoir qu’il me restait de rester à l'abri disparut alors que mon interlocuteur m’attrapait par la peau du cou pour m'entraîner à sa suite, malgré mes prétextes bien vains. « Viens ! Tu dis que tu étudie fabrication gros trucs ? Alors tu veux voir ça ! » Il me lâcha sur le sol poussiéreux, probablement plus rudement qu’il ne l'avait escompté. Je clignai des yeux, pas tant à cause de la chute que du spectacle que m’offrait la Route de l’Acier. Et notre cible au milieu. C’était plus facile à imaginer quand ce n’était qu’un point sur la carte : un entrepôt-forteresse conçu pour protéger le chemin de fer passant dans cette région montagneuse. L’endroit servait aussi de dépôt de ravitaillement et de maintenance ; enfin, son emplacement était stratégique car il se trouvait à l'une des quelques entrées des parties souterraines du réseau. Le dépôt était bien défendu. Après toutes ces années à étudier les engins de guerre, j’étais enfin sur le point de constater leurs effets sur le terrain. Des rangées d’artillerie bien alignées se mirent à tirer des salves à une cadence rapide, les obus sifflaient autour de moi, les éclats volaient en tous sens. C’était au-delà de tout ce que j’avais imaginé. J'étais incapable de bouger, le regard rivé sur l’armement infernal, la terreur qu’il inspirait marqua mon esprit à jamais. Ma situation ressemblait de façon troublante aux gravures que notre confesseur utilisait pour nous faire peur lorsque nous nous comportions mal étant enfants : des âmes damnées piégées dans la gueule de l’Abysse. Devant moi se dressait un grand pont d’acier, aisément aussi large qu’une demi-douzaine de portes de mur d’enceinte. Il s’arc-boutait par-dessus le gouffre, et sur chacun de ses côtés s’alignaient des postes de tir fortifiés, certains équipés de batteries de roquettes. Les fortins grouillaient de nains et crachaient une épaisse fumée, produites par les machines à l'origine de l’alarme stridente. Mais le principal des fortifications n’était pas ces postes de garde. De l’autre côté du pont, d’énormes murs d’acier noir recouvraient la montagne. De nombreuses cavités dans les flancs de la gorge, naturelles ou non, vomissaient un brouillard malsain, comme autant de portails vers l’enfer. Enfin, sur la demi-douzaine de chemins de fer grondaient les bêtes métalliques que les ogres nomment « mammouth d’acier » : d’énormes locomotives de métal noir traînant d’innombrables wagons blindés. Je m’interrogeais, et pas pour la première fois, sur l’origine de la force motrice de ces monstrueux engins. Il ne faisait nul doute de la présence de quelque force arcanique : j’avais déjà eu le privilège de voir à l’ouvrage les plus puissantes locomotives à traction de Nevaz Athiz, mais ces dernières se mouvaient deux fois moins vite et avec une charge bien moindre. À moins que que les ingénieurs des forteresses naines n’aient fait qu’effleurer le véritable potentiel des machines à vapeur. J’ignore encore laquelle de ces hypothèses me perturbe le plus. À se retrouver en présence d’espèces plus grandes, il se produit un curieux effet d’échelle. On s'habitue à sa propre petitesse. J’imagine qu’il en est de même pour les gobelins et les nains parmi les humains. Après plusieurs semaines aux côtés avec des ogres, j’ai pu obverser de quoi est capable leur corps massif et j’en avais conclu qu’il leur serait facile de se frayer un chemin dans une forteresse infernale pour peu que ma bombe créer une brèche dans les défenses. Mais ça ! Ils n'en avaient jamais parlé. Je fus horrifié car je réalisais que mon calcul de charge était complètement erroné. Il était impossible que le dispositif qu’on m’avait commandé pût entailler les courtines du dépôt. Et encore eût-il fallu que les ogres arrivent jusque-là ! La ligne de bataille ogre chargeait le long du gouffre en direction de l’entrée, tandis que l'artillerie naine clairsemait sans pitié leurs rangs depuis la forteresse et les tours du pont. Aussi puissants que soient les ogres, ils ne pouvaient espérer survivre à un tel déluge de feu. Ils furent soufflés, découpés en morceaux, tranchés en deux par d’énormes éclats d’obus ou encore brûlés vifs dans des flambées si intenses qu’on pouvait sentir leur chaleur depuis les derniers rangs. Mais les ogres continuaient à avancer ! Je jetai un œil à mon compagnon, cherchant désespérément le moment d’inattention qui me permettrait de fuir sans que ma couardise ne fût remarquée. Mais il semblait calme, sinistrement calme malgré le carnage. Il marmonnait une mélopée guttural que je pense être un moyen de méditation. Ou une prière aux défunts. Une occasion se présenta et je commençais à pivoter, mais Nöying tourna subitement la tête. Mon cœur battait la chamade. Mais il ne regardait pas exactement dans ma direction : il avait repéré un drapeau rouge flottant à peine visible dans le vent chaud, de l’autre côté de la gorge. L’ogre se tourna vers moi, un grand sourire aux lèvres. « Trois… Deux… » Et une immense explosion retentit. Mais très loin de la forteresse. Bien au-dessus du bord opposé du gouffre, bien au-delà des tours de guet du complexe. Un panache de fumée et de poussière s’éleva et des fragments de roches commencaient à tomber en toutes directions. L’avalanche continua sans jamais sembler s’arrêter. L’écho des détonations résonna sur les rebords métalliques du tunnel, qui ressemblaient désormais à une sorte de trompette démoniaque ; je me bouchai les oreilles. Nöying, lui, resta debout à contempler la bouche d’acier en contrebas, rugissant de triomphe. Un nuage de poussière et de cendre surgit du tunnel, qui engloutit rapidement le pont. Finalement tout le champ de bataille fut plongé dans le noir. J’aperçus vaguement deux des mammouths d’acier s’extirper hors de l’ouverture, leurs freins faisant pleuvoir des étincelles dans l’espoir d’un arrêt pas trop brutal. Tous leurs wagons étaient déformés ou écrasés par d’énormes rochers. La poussière voltigeait de toute part lorsqu’une main inhumaine attrapa mon épaule. « Très bien ! Tu as paye. On y va ! Vite ! » Encore secoué par les événements je luttai pour me remettre sur pied. Après avoir toussé de tous mes poumons, je m’enfuis dans le sillage de Nöying. Arrivé à la tranchée, je tombai littéralement dedans, atterrissant sur un ogre qui beugla et me dégagea d’un brusque mouvement irrité. Une petite main gluante tiraillait avec insistance sur mon pantalon. Je jetai un coup d’œil en direction du ferrailleur qui dansait à petits pas, piaillant d’excitation. « Superbe esplozion ! Ces fichus nains ont mordu la poussière ! Les gros rochers ont tout aplati les bêtes de métal. Fais-en plus ! Plus ! Héhéhéhéhéhé ! » J'errai maladroitement à travers le camp, dans la poussière qui commençait à peine à retomber, jusqu’à retrouver Nöying. D’un coup sec de son hachoir, il venait tout juste de trancher la jambe broyée d’un de ses guerriers. Une douzaine de ferrailleurs s’affairait à chauffer à blanc un grand tison pour cautériser la plaie. Étonnamment, quelques instants après avoir hurlé de douleur, la créature blessée avait l’énergie de me montrer du doigt et même m’aboyer quelque chose qui ressemblait à un compliment. Mon camarade qui appliquait le tison brûlant ma parla par-dessus son épaule de façon tout à fait décontractée, comme s’il n’était pas en train d’effectuer une opération délicate. « Achdag dit que ça être bon travail. Fais plus bombes comme ça. Peut-être bientôt, toi célèbre et ogres pense à manger toi ! Ho ho ho ! » Son patient poussa un cri de douleur, la légendaire résistance à la douleur des ogres atteignant ses limites. Nöying hocha la tête, comme pour approuver son travail, puis se tourna vers moi. « Tu as questions ? » Bien des questions traversèrent mon esprit, mais seule une franchit le seuil de ma bouche. « Vous n’avez jamais eu l’intention d’occuper la forteresse pour demander une rançon. » Nöying renifla d'un air moqueur. « Agent ogre a dit ça ? Pff. Il est plus stupide que je pense. Même ogres pas essaye plus gros morceau chaîne casser. Beaucoup gardes, beaucoup canons. Mais ils pensent ogres stupides. Ils pensent ça ogres veut faire, oui. » Il se tapota la tampe. « C’est comme chasse au mammouth. Ogres courageux fait du bruit, attire mammouth avec grosses défenses, pendant chasseur se cache… » Il représenta l’action, faisant marcher ses doigts le long de son bras jusqu’à son poing. « … et jette petite flèche dans œil mou. » Évidemment, le fait que la flèche en question était gros et épaisse qu'un trait de baliste brouillait un peu la métaphore, mais l’exemple était suffisamment clair. « Donc l’assaut était une diversion. Sacrément coûteuse, il semblerait. » L’ogre haussa les épaules, balaya du regard les alentours, les blessés gisant ça et là. « Ils prend or, ils connait jeu. Comme toi. Mais pas pareil. — À ce propos, il était question d’un supplément en cas de succès de la mission… » Le regard de Nöying se durcit. « Comme khan dit : bombe explose, tu as or pour temps et pour bombe. Pour reste… on voit si trou est gros comme tu as vendu. — Comprenez cependant que j'avais calculé en prenant en compte que la bombe devait faire exploser un – » L’ogre leva la main. Je sus qu’il valait mieux ne pas continuer. Il héla une créature plus jeune et plus mince, qui partit à toutes jambes. Il revint quelques minutes plus tard, visiblement porteur d'un message qui satisfait Nöying. « Très bien. Tout plafond tombe avec charge principale, toutes six pistes sous tas de rochers. Frappe devant un mammouths d’acier et lui explose. C’est plutôt bon résultat. On paye tout. Il faut une semaine pour réparer. » Je déglutis bruyamment. J’avais entendu parler de l'ardeur au travail des nains infernaux, mais cela semblait incroyable d’être capable de réparer les dégâts infligés par ma bombe en si peu de temps. « Mais… » commençais-je. « Si la route sera opérationnelle d’ici une semaine, qu’est-ce qu’il y avait à gagner… » Nöying éclata de rire. « Par gosier de Yakha, humains lents comprendre ! » Il approcha son visage tout près du mien. Même après tout ce temps passé en sa compagnie, je ne m'étais toujours pas entièrement habitué à la puanteur de son haleine. Dans son large sourire, sa dent en or scintillait à la lueur du feu. « Pendant une semaine, tous convois direction Huafeng pas utilise cette route mammouths d’acier. Ils utilisent passe de Tchougaï. Notre route. — Hum, et je suppose que, » hasardai-je, « il y aura… un petit droit de passage. » Son sourire s’élargit encore. « Tu apprends vite. Une semaine de péage. Ça paye en or membre tribu perdu aujourd’hui, dix fois même. Ça pas marche toujours bien, défenses des nains bien. Mais quand ça marche… Ça rapporte beaucoup ! » Le potentiel économique du chemin de fer me surprenait encore. Je savais pourtant qu’il formait un vaste réseau reliant le Sagarika, le Tsouan-Tan et toute la richesse de l'Orient. J'avais même entendu parler de nouvelles branches en direction de la Taphrie à l’ouest. Malgré ma propre condition de mercenaire, je ne pus m’empêcher d’être bouleversé par ces vies sacrifiées à la faveur de cette logique froide et mercantile. Nöying remarqua mon malaise et me donna une sacrée claque dans le dos, la bourrade m’étala à terre. « Bienvenue sur Route d’Acier, ami ! Viens, on a encore travail et route. Après repas, bien sûr ! » – De Voyages à dos de cheval à travers les steppes orientales, les mémoires de Holgar Ormerudde, ingénieur mercenaire
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