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  1. CONTES DE LA MARCHE DES DÉSOLATIONS Correspondance de mon ami, le marquis Ilarion Yanovitch, et matériaux complémentaires collectés entre les années 942 et 962 A.S., par moi, l'archevêque Voïtyek Bistritsa. Votre Excellence, Laissez-moi tout d'abord vous exprimer ma gratitude pour le soutien que vous m'avez apporté pour l'obtention de mon nouveau poste. Votre parrainage m'a toujours été d'un grand secours, depuis l'époque où nous étudiions ensemble à Sonnstahl. Ma nouvelle position est cependant fort différente de ce à quoi je m'attendais. Je me trouve en effet à dix lieues au-delà de notre frontière, près du rivage de la mer des Dieux, là où la steppe des Makhars est la plus étroite. Ici, les certitudes de la Volskaïa s'estompent pour faire place à un mélange trouble de lois, coutumes, religion et superstitions. La ville que je commande a beau être revendiquée par notre Mère Patrie, il y a des moments où j'ai vraiment l'impression d'avoir pris résidence dans une étendue vierge peuplée de sauvages – certainement une relique de l'histoire de cette colonie, si profondément avancée dans la steppe des Makhars, tout au bord des Désolations. Les solides remparts de bois de Totvárosh enserrent un millier d'habitants. Elle est la plus orientale des bourgades de cette taille. On y trouve bon nombre d'artisans et de commerçants, des fourreurs et des maréchaux-ferrants, tous les métiers nécessaires au maintien de cet avant-poste de la civilisation. Mais elle n'est séparée que d'un seul jour de chevauchée des barbares qui vénèrent ouvertement les Dieux Sombres et qui s'en prennent régulièrement aux voyageurs naïfs qui s'aventurent trop près de leur territoire. Pire encore, les adeptes de ces abominables divinités entretiennent un temple dans l'enceinte même de la ville. Comme vous vous en doutez, ma première réaction fut l'horreur face à cette menace si proche de notre frontière et entièrement sous ma responsabilité. Mais ces premiers mois à Totvárosh m'ont contraint à beaucoup réfléchir. Mon ordre de brûler ce sanctuaire a bouleversé la population locale, prise de panique à l'idée de provoquer le courroux de dieux dont l'influence sur sa vie quotidienne est aussi importante que celle de notre cher Mrozomor sur nos hivers. Je me contentai donc de barricader l'endroit, à titre de mesure temporaire. Je compris le lendemain à quel point les craintes des habitants étaient fondées. Une bande, forte de centaines d'hommes, approchait des remparts. Elle n'eût pas constitué de véritable menace, ne me fussé-je trouvé sur la bordure de la steppe des Makhars… On sonna le tocsin, la garde accourut sur les remparts. Les agresseurs avançaient en direction de la ville d'un pas nonchalant mais néanmoins inexorable, certains que rien ne pourrait les retenir. On discernait derrière eux le roulement de leurs chariots et bêtes de somme, de puissantes créatures tirant derrière elles les vivres nécessaires à toute une vie de pillages. Je restai là un long moment, observant la mort venir à moi. Enfin, repoussant le désespoir, je me préparai au combat. Je tentai d'évacuer les citadins, une décision qui fut accueillie par la plus grande perplexité. Et à juste titre : il était impossible d'espérer devancer la horde qui marchait sur nous. Ils étaient d'ailleurs nettement plus calmes que moi, vaquant à leurs activités quotidiennes comme s'il s'était agi d'un après-midi pareil à tous les autres. À la fin de la journée, nos remparts furent complètement encerclés par nos ennemis, qui se tenaient hors de portée de nos arcs. Ils dressèrent rapidement de simples camps ; il s'agissait clairement de gens habitués à une vie nomade. Je m'accrochais à une légère lueur d'espoir. Cette force n'avait en effet nul besoin de nous assiéger : nos murs seraient tombés dès le premier assaut. Il apparaissait qu'un autre destin nous était réservé. Tout ce que je pouvais faire était d'attendre le lendemain pour savoir de quoi il serait fait.
  2. Le journal de Marzell von Stirlingen Fluff publié dans le Ninth Scroll nº14, et dont de nombreux passages sont repris dans le Livre d'armée supplément Cavaliers makhars. Traduction par ‘Ghiznuk’, relecture par ‘Minidudul’ et ‘Aenoriel’. Extraits du journal de Marzell von Stirlingen, ambassadeur de l'empereur Matthias auprès de la horde makhare dont le camp a été aperçu par notre patrouille de reîtres, à trois jours de marche à l'est de Volskagrad, dans la steppe au-delà des Flambeaux. 3e jour d'acrobre, début de soirée Il semblerait que les rapports de nos reîtres aient été fondés, malgré les nombreux doutes qui ont été exprimés à leur sujet. Les éclaireurs makhars qui nous interceptés avec une vitesse tout à fait surprenante nous ont escortés jusqu'à une véritable mer de tentes et de feux. Leurs guerriers sont innombrables, hommes comme femmes. Chacun de ces visages battus par le vent dégage la même aura de haine et de répulsion. Leur odeur est épouvantable, mais je m'abstiens de tout commentaire. Même si je comprends leur langue gutturale, il me semble plus avisé de garder mes réflexions pour moi. On les dit fort susceptibles ; le parchemin que je tiens, portant le sceau de l'Empereur, me paraît tout à coup une bien dérisoire protection. Au cœur de leur camp se dresse un imposant pavillon de cuir, de la taille d'un entrepôt d'Alfhaven. Je suppose qu'on pourrait facilement y loger tout un bataillon. De plus près, je constate qu'il est fait de cuir chevalin. Je savais que les Makhars ont une relation particulièrement étroite avec leurs montures, mais je trouve que le fait de vivre dans des bâtiments faits de la peau de leurs bêtes illustre parfaitement leur caractère primitif. Nous voyant arriver, des gardes viennent à notre rencontre. Je lève le bras, et notre petite compagnie s'arrête. J'espère sincèrement que le message demandant des pourparlers de paix que j'ai remis à notre guide sera bien reçu et accepté. Mais cela est difficile à dire. Ces gens de la steppe ne sont guère expressifs. Je suppose qu'ils attendent de voir la réaction de leur chef. Le battant en cuir qui sert de porte d'entrée au pavillon se relève. Un homme trapu, aux cheveux noirs et à l'air farouche, en sort. Au vu de la déférence que lui témoignent les Makhars qui nous entourent, je suppose qu'il s'agit de leur chef, le « gyula ». Il me fixe de son seul œil encore valide et, quand bien même il est vêtu d'un accoutrement qui ferait rougir le plus crasseux des mendiants du port, il est difficile d'ignorer la lueur d'intelligence qui brille dans son regard, ainsi que sa maîtrise de soi. Je soutiens son regard, mais ce duel est de courte durée : je dois bientôt admettre ma défaite. Il a un renâclement de triomphe (ou de dégoût ?), et commence à parler d'une voix pleine de l'accent des prairies, dans la langue à l'étude de laquelle j'ai consacré tant d'efforts. « La steppe des Makhars engendre de rudes hommes. Ce n'est que par un engagement sans faille envers notre peuple que nous autres, Makhars, parvenons à survivre dans ces plaines sans fin et inhospitalières, et à affronter les créatures redoutables qui y vivent. La loyauté est attendue et exigée de tous. Aucune faiblesse ne peut être tolérée. Nos alliés sont les bêtes de la steppe : le cheval, le chien, le puissant turul, le mammouth, et d'autres encore. Notre loi est celle de la guerre, une guerre que nous menons contre l'adversité permanente. Des profondeurs de la puissante steppe, nos hordes frappent avec une force élémentaire. Notre vitesse et notre férocité sont légendaires. Loin de nous la vie molle et aisée des sédentaires de l'Ouest ! Nous sommes les fils de l'herbe, du ciel et du vent, et partout nous portons la mort. Mon fidèle compagnon, Munkátsh, vous fera la démonstration de la puissance de notre armée. Écoutez bien ses dires, et sachez tenir votre langue ; car vous n'êtes pas entouré d'amis. En effet, si j'honore les termes des pourparlers et si je me retiens de verser votre sang, mon peuple pourrait ne pas vous porter les mêmes égards. Abreuvez vos yeux de notre grandeur, pour pouvoir la rapporter à vos maîtres. Dites-leur bien qu'à moins qu'ils n'accèdent à nos demandes, leur chute est proche. » Le gyula disparait de nouveau dans son pavillon. Un guerrier s'avance. Il se tient bien trop près de moi – une agression en bonne et due forme pour mes narines, mais je parviens à ne pas laisser voir ma réaction de recul. L'épée qui pend à sa ceinture a l'air usée. Il est clair que c'est là Munkátsh. C'est maintenant que nous verrons si les heures passées à compulser les traités de langue makhare n'ont pas été vaines. « Nos gyulas dirigent par l'exemple, car ils doivent mériter le respect de notre fier peuple. Ils doivent être des chefs talentueux, habiles à l'art de la guerre autant qu'à celui de la diplomatie, afin de pouvoir maintenir ensemble les éléments indisciplinés de nos tribus. Ce n'est pas là une tâche facile, nombreux sont ceux qui échouent. Leur faiblesse est leur perte, qu'ils soient tués par les lances de l'ennemi ou par les lames de leurs « amis ». Ceux-là, nous ne pleurons pas leur décès. Mais ceux qui parviennent à maîtriser cet art énigmatique sont rapidement aussi adorés que les dieux, et lorsque vient pour eux l'heure de quitter la steppe, nous élevons un grand tertre de terre afin qu'ils puissent conserver leurs trésors en ce Royaume comme en l'autre. Les faibles, quant à eux, sont abandonnés dans l'herbe, pour servir de pâture aux loups. Les présages que lisent les táltoshs dans le vent et dans les entrailles annoncent la venue d'un grand gyula, qui nous mènera à l'hégémonie sur les peuples sédentaires. Nous attendons son arrivée. » Sur ce, il presse le pas, sans un regard en arrière, présumant visiblement que nous le suivons. À quelque distance du camp, une yourte isolée se dessine dans les ombres projetées par les flammes vacillantes des feux de camp. Munkátsh approche lentement. Il se met à chuchoter, tandis qu'un nouvel arôme de sang, de feu et d'encens emplit l'air autour de lui. « Certains d'entre nous voient ce que la plupart des Makhars ne voient pas. Ils perçoivent le cœur vivant et battant de la steppe, ressentent le rythme du vent, communient avec l'esprit de notre terre. La voie des táltoshs est un chemin parsemé d'embûches. Les táltoshs font tout autant partie de la horde que nos chevaux et nos arcs. Nous attendons d'eux qu'ils se battent à nos côtés, qu'ils vivent et meurent comme nous, dans le feu du combat. Leur savoir éveille l'immensité de la steppe qui vient terrasser nos ennemis. À de nombreuses reprises, leurs pouvoirs sont capables de renverser le cours d'une bataille. » Munkátsh s'éloigne d'un pas furtif ; je remarque que ce faisant, il part à reculons, faisant face à la yourte du chamane. Nous le suivons du mieux que nous le pouvons. Notre petit groupe quitte les limites du camp. Dans la demi-obscurité, nous nous dirigeons vers les silhouettes des animaux qui sont parqués là. Munkátsh se fait plus loquace. Il veut nous montrer ses chevaux favoris – il insiste. Un enfant émerge de l'herbe, agrippant un lourd bâton. Il nous défie du regard, paraît désapprouver notre guide. Sortant des ombres derrière lui, une créature véritablement effrayante vient se positionner à ses côtés. Rappelant par sa forme nos propres chiens de chasse, cette bête est néanmoins aussi haute que l'enfant. Sa fourrure épaisse et emmêlée, de même que son regard, sont le témoin d'une myriade de luttes menées dans le noir. « La steppe abrite de nombreuses bêtes redoutables. Nous apprenons à les connaître dès notre enfance ; les histoires narrées autour du feu nous en inculquent une saine frayeur. Nous confions à nos jeunes la tâche de garder nos troupeaux de chevaux, chèvres et moutons. Mais il ne s'agit pas pour autant d'un jeu d'enfant : s'ils meurent, nous mourons. C'est pour les aider que nous élevons ces chiens : territoriaux, courageux, ils affrontent les terreurs de la steppe armés de leurs crocs et de leurs griffes. Ce ne sont pas des animaux de compagnie, comme ceux qu'élèvent les sédentaires ; les nôtres sont le fruit d'une sélection qui dure depuis des siècles, qui ne garde que les plus rapides et les plus farouches de leur race. Accoutumés à repousser les loups, et pire même, au plus profond de l'hiver, ils savent, tout comme nous, que nos troupeaux sont notre source de vie, et que leur combat contre les bêtes sauvages de la plaine doit forcément finir par la mort – la leur ou celle de leurs ennemis. » Le chien-loup se fond à nouveau dans les ténèbres, suivi par l'enfant. Munkátsh s'éloigne déjà à grandes enjambées. Je trottine derrière lui, ravi de m'éloigner du monstre. Un curieux spectacle s'offre à présent à moi. Un homme vêtu de ce qui semble être les restes de la livrée d'un chevalier d'Équitaine est occupé à remplir un seau de crottin de cheval. Il est évident que ce travail lui déplaît. Je l'approche et le salue dans sa langue, que je parle aussi bien qu'un natif de ce royaume. Cela paraît l'émouvoir : il se lance promptement dans le récit de ses mésaventures. « Estions prêts à recevoir leurs cavaliers, car informés de leur arrivée. Œuvrâmes – entendez que manants œuvrèrent – journée entière à creuser tranchées que couvrîmes d'herbe fauchée afin de rompre les jambes des leurs cavales. Mais cavaliers jamais ne vinrent, seulement hordes de leurs sauvages vassaux tamyirs, pressant le pas. Cela effaroucha les manants, et je dus sévir. Plutôt sévèrement, s'il me souvient bien. En vain, certes, car fusmes submergés en un rien de temps. » Aussi invraisemblable cela puisse-t-il paraître, cet homme que nous avons rencontré là affirme être le baron Louis de Châtray, autrefois chevalier de la Quête, aujourd'hui simple purineur, pitoyable tableau, abominable odeur. J'ai jadis admiré son père jouter à Guênac. Son fils est tombé bien bas pour se retrouver prisonnier un en tel endroit. Alors que je prends congé pour m'élancer derrière Munkátsh, il demande misérablement si j'ai du vin dans mon bagage. Je le soupçonne de ne supporter son sort que par une consommation généreuse d'alcools forts. Je lui promets une bouteille. Peut-être ferais-je mieux de l'empoisonner afin de le libérer de son triste destin. Notre guide nous mène à présent vers un quartier du camp où les guerriers sont notablement différents. Plus larges d'épaules et plus costauds, ils se prélassent autour de leurs feux avec un air de nonchalance. Ça et là, de lourdes lances sont plantées pour former de petites pyramides. Même Munkátsh paraît intimidé en leur présence. Non loin, les enclos sont peuplés de montures plus grandes et plus massives que la plupart de celles que j'ai vues. Je reconnais là les demi-sangs daciens, élevés dans le sud-est de la steppe. Chacun d'entre eux équivaut à la rançon d'un prince dans les terres civilisées. Peut-être pourrais-je en demander un en guise de cadeau ? Ils sont gardés près du camp. Ceci semble indiquer qu'ils sont ici aussi considérés comme étant de grande valeur ; leurs propriétaires préfèrent ne pas prendre de risque en les plaçant entre les mains des garçons pâtres et de leurs chiens. Munkátsh est toujours en train de parler. Je me ravise, pour donner l'impression que je n'ai cessé de l'écouter au lieu de convoiter leur cheptel. « Tous nos guerriers ne combattent pas à l'arc… », conclut-il, prenant un air narquois en voyant mon visage. S'arrêtant près d'un petit groupe de chevaux, Munkátsh donne une tape sur la tête d'un petit garçon, qui détale rapidement pour se tenir à distance. Cela est sans doute perçu chez eux comme un geste de tendresse familiale. Munkátsh indique le cheval le plus proche, et un sourire d'authentique plaisir parental illumine son visage. Si cet homme connaît l'amour, alors en voici certainement une preuve. « Notre code du guerrier est un mode de vie qui concerne également nos chevaux, qui sont les plus proches et les plus vieux de nos alliés. Aussi rudes que les hivers cruels qu'elles endurent, nos braves montures nous fournissent tout ce dont nous avons besoin : leur vitesse, leur lait, leurs tendons pour nos arcs, leur cuir, la richesse et, au besoin, leur viande. Leur fidélité est totale et ancienne ; nos familles et leurs lignées s'entremêlent plus loin que remontent nos plus anciennes traditions orales. Nous sommes un seul et même peuple. Nous vivons et mourons ensemble. Tous les Makhars sont des cavaliers et des archers accomplis – notre survie en dépend. Aucun homme ne peut rivaliser avec nous à cet égard. Nous combattons comme un seul être hybride : homme, cheval et arc, comme une seule entité. Avec nos arcs, un archer à cheval makhar est à craindre, surgissant sans le moindre avertissement et disparaissant tout aussi vite. On ne peut compter ceux pour qui la dernière chose qu'ils ont entendue a été le sifflement de nos flèches. » Dans le noir, d'étranges sons nous parviennent de cette partie du camp. Je suis heureux de ne pas en discerner la source. Il semble que ce sentiment soit partagé par Munkátsh. « Parmi les Makhars, certains suivent une voie plus sinistre. Celle du flagelleur. Alors que la plupart de nos frères se contentent de leurs chevaux et de leurs moutons, les flagelleurs recherchent un bétail plus exotique et parfois dangereux : chimères, turuls, karkadans, voire même des feldraks. Plus féroce est leur cheptel, plus il est prestigieux aux yeux du flagelleur. Pour contrôler ces troupeaux périlleux et imprévisibles, les flagelleurs chevauchent des ombres chasseresses. Il faut être très rapide pour pouvoir diriger de tels troupeaux, tout en étant capable d'esquiver leurs terribles griffes et leurs mâchoires mortelles, en faisant claquer leurs fouets pour déchirer le cuir et la chair. » Je ne suis que trop heureux de poursuivre notre visite. Rebroussant chemin, je suis surpris d'entendre un accent d'Aschau très prononcé émanant du milieu d'un petit groupe de femmes makhares. L'homme, de toute évidence, passe du bon temps ; il est complètement saoûl. Munkátsh nous explique qu'il s'agit d'un guide au service des Makhars. Il est clair qu'il le méprise. L'homme affirme être le sergent J.G. Holtz, du 7e détachement de reîtres d'Ullsberg. Il prend un vif plaisir à nous raconter son histoire. Quant à moi, j'aurais bien pu m'en passer. « Vous voulez savoir ce qui hante mes cauchemars ? J'ai été un reître pendant trente ans. J'ai vu, combattu et tué à peu près tout ce qui marche, vole ou rampe sur cette terre. J'ai affronté de nombreux cavaliers et fantassins ennemis. Du menu fretin pour nos arquebuses à répétition. Mais ce char… c'est la pire chose que j'aie jamais vue. Je ne l'oublierai jamais. Quatre redoutables guerriers, dont deux étaient montés sur les chevaux qui tiraient le char. Un véritable problème. Deux fois trop d'arcs, deux fois trop de lances… On a perdu de bons éléments ce jour-là. Qu'Ullor les bénisse. Et maintenant, passez-moi cette bouteille. » Une fois revenus au pavillon du gyula, nous subissons ce qui passe pour du divertissement parmi ces gens. Des danseuses et un alcool véritablement effroyable, à base de lait fermenté. J'espère qu'il s'agit de lait de cheval, mais j'ai des doutes. Nous buvons à petites gorgées, en souriant à chaque fois que cela est requis. Nos hôtes se lassent rapidement de nous : nous avons pour ainsi dire quartier libre. Nous nous prélassons dans une alcôve plus calme du pavillon. Après quelque temps, j'aperçois un petit coffre contenant des parchemins. L'un d'entre eux, taché de sang séché, retient particulièrement mon attention. Je le tire de son casier avant de me plonger dans le texte. « Maître, j'éprouve de grandes difficultés à obtenir les œufs de turul que vous avez demandés. Ces créatures sont bien plus intelligentes que les aigles. Dès que la mère part chasser, sitôt que je vois ses ailes disparaître au-delà de l'horizon, j'entame ma descente. Mais à chaque fois que je suis à quelques mètres de son nid, mon guetteur me crie de remonter. Comme si ce maudit turul pouvait me repérer à des lieues de là ! Ces bêtes sont vraiment à craindre : l'arrière d'un lion de montagne et les serres, la tête et les ailes d'un faucon géant. Je n'ose m'approcher trop près de son nid tant qu'elle est en vue, sans quoi je finirais lacéré. Il me faut trouver une autre méthode. » La signature en est illisible. Je suppose que la personne qui a écrit cette lettre a quitté ce monde depuis bien longtemps. Je commence à l'envier. Un second parchemin attire maintenant mon regard. Il semble être un extrait du journal de voyage de Columbo Vinaroni, ambassadeur de Zilas auprès du Grand Khan. « Notre guide continue à s'amuser de notre ignorance. De nombreux mois après que nous avons quitté Volskagrad, nous avons passé la nuit dans une vallée rocailleuse, près d'un trou d'eau alimenté par un petit torrent. À notre réveil, dans le soleil matinal, je suis parti m'étirer les jambes et relâcher ma vessie. À ma grande surprise, j'ai vu de l'autre côté du trou d'eau, occupé à se désaltérer goulûment, une bête velue, dont le nez était surmonté d'une gigantesque corne. Tout joyeux d'être le premier homme de Zilas à contempler de ses propres yeux la majesté d'une licorne, j'ai réveillé le camp de mes cris. Mais une fois debout, notre guide n'a pas manqué l'occasion de se moquer de ma « découverte », tout en m'informant de la véritable nature de la bête. Comme pour enfoncer le clou, le karkadan a tourné les talons et vidé ses entrailles dans ma direction, éparpillant ses excréments fumants de quelques vigoureux coups de ses pattes arrière. Puis, avec un grognement, il a foncé en direction de la toundra pour y rejoindre sa harde. » Je poursuis ma lecture tandis que les Makhars continuent leurs ripailles. « Pénétrant dans la vallée en descendant d'un haut col, la mer d'herbe émeraude s'étendait devant nous comme une étoffe de soie jetée nonchalamment par terre. Le bleu profond du ciel matinal rencontrait à l'horizon le vert sans fin de la steppe. Les ondulations idylliques de la prairie n'étaient interrompues que par les gros rochers qui parsemaient l'herbe en petits amas jetés çà et là. Vus de plus près cependant, ces rochers nous sont apparus recouverts d'une épaisse fourrure. Quand je l'ai signalé à mon guide, il a une fois de plus failli tomber de son cheval, tant il riait. Il nous a informés de ce que ces rochers sont en réalité d'énormes créatures, assez débonnaires lorsqu'elles sont occupées à pâturer. Cependant, ces « mamuts », comme il les appelle, sont capables de se muer en de véritables monstres enragés une fois en colère. Ils sont élevés et montés de la même manière que les chevaux ; leur lait, une fois fermenté, sert à confectionner le kumiss, une liqueur très forte, hautement prisée parmi les tribus makhares. » Munkátsh est de retour. Il se jette à mes côtés et m'offre encore un peu de ce « kumiss ». J'en prends une gorgée, en gage de politesse. Un grondement sourd qui nous parvient d'en-dehors du pavillon couvre le brouhaha de la foule des fêtards. Je lève des yeux inquiets sur mon guide, qui accueille ma réaction d'un sourire narquois. « Certains habitants de la steppe entretiennent de bonnes relations avec les géants qui errent dans la plaine. Bien que leur démarche maladroite tranche avec l'agilité de nos cavaliers légers, ils peuvent s'avérer très efficaces au combat. Certains, désireux d'imiter nos archers, portent de puissants arcs qui projettent de gigantesques flèches mortelles, capables de dévaster les rangs ennemis. Un fort beau spectacle. » Je réponds que j'apprécierais certainement voir ce spectacle, mais seulement du haut de mes remparts. Nous attendons, assis. Peut-être serons-nous autorisés à envoyer notre rapport relatif à cette masse humaine qui avance en direction de l'ouest. Sinon, il me faudra bien tenter de faire sortir ces notes du camp par les moyens que je trouverai. L'Empereur doit être informé de ce qui vient. –––––––––– Les présentes notes sont parvenues à la cour de l'empereur Matthias le 23 acrobre, ayant été découvertes en possession de deux hommes à l'article de la mort, totalement perdus dans la steppe. La patrouille qui les a trouvés affirme que tous deux déliraient et s'accusaient l'un l'autre de leur infortune. Ces deux hommes ont fourni des preuves suffisantes permettant de les identifier comme étant l'un le sergent J.G. Holtz, reître impérial, et l'autre le baron Louis de Châtray, chevalier équitain. Je dois avouer que je me trouve surpris que la Cour ait ainsi accepté ces téméraires affirmations ; car ces deux individus n'ont guère l'air de ce qu'ils prétendent être. Ces notes, à moitié recouvertes de sang séché, ont été acheminées hors du camp dans un emballage ciré astucieusement dissimulé dans une bouteille de vin. Ce vin était vraisemblablement empoisonné ; les messagers ont déclaré l'avoir utilisé pour se débarrasser des gardes du camp, vu que les Makhars sont de grands amateurs d'alcool. Et pas qu'eux, d'ailleurs, à en juger par l'odeur des deux compères. Ces deux hommes se sont vu offrir l'honneur de rejoindre la mission diplomatique que l'Empereur m'a ordonné de conduire afin de vérifier la véracité des informations contenues dans ces notes et de localiser la délégation menée par Von Stirlingen. Dire qu'ils ont tous deux poliment décliné notre offre serait un euphémisme. – Gravius Stiegler, ambassadeur impérial, Notes prises le jour du départ, le 25 acrobre
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