Je les ai lu il y a quelques mois... et pour les deux premiers, j'ai eu l'impression de voir une partie de jeu de rôle: (le recrutement dans une taverne, la mission de secours...). Mais par rapport aux autres romans de la BL, ils sont très bien, hein.
J'ai quand même du mal avec le comportement des personnages qui semblent illogiques, la bande d'aventuriers rivale qui apparaît toujours droit devant au bon endroit, les hobbits qui passent les héros à tabac, sans chercher à les tuer, sans raison... Par contre, j'aime beaucoup le dénouement avec Marius Leitdorf
Un autre bon point, c'est effectivement les combats, qui sont à la fois flous (ce qui représente bien la nature d'un combat) et beaucoup moins approximatifs et cheatés que la grande majorité de la BL.
Dans le second tome, les héros escortent une bande de pèlerins, tous plus riches les uns que les autres mais sans aucuns serviteurs, domestiques, gardes ou autres (ce qui est pour le moins surprenant), jusqu'à un temple de Shallya haut dans les montagnes noires. Dans la bande, il y a un assassin, et ça part en 10 petits nègres, avec l'originalité que c'est un huis clos mobile. Là encore, c'est une idée qui m'a l'air faite pour du jeu de rôle! Un autre élément, qui à mon sens manque souvent dans le jeu de rôle, correspond à la partie que Rhydysann n'a pas bien compris.
En gros, sur une partie du trajet il n'y a pas de source d'eau. Nos voyageurs boivent donc de l'eau croupie, et remplissent leurs gourdes. Bien sûr, ils tombent malades et sont incapables d'avancer (seul Franky, qui doit avoir Endurance 4, résiste à peu près). Là dessus d'autres "pèlerins" arrivent. Comme ils se sont fait piquer leurs affaires par des bandits, ils se servent parmi les malades ... entre autre en prenant leurs gourdes. L'équipe d'Angie se remets de sa colique foudroyante et ultra-violente, pour tomber, un peu plus loin, sur les pèlerins qui les avaient volés, dans le même état qu'eux quelques heures avant.
Enfin, je suis d'accord sur la fin trop rapide: pendant 80% du roman, les héros vont du col du feu noir à Heiliberg. Et pendant les 20% restants, ils refont le trajets dans le sens inverse, traversent tout l'Averland et vivent (dans cette trilogie, les héros subissent) le dénouement à Averheim, avec passage secret dans la cathédrale.
Enfin, le 3e roman met en scène Angie et Franky. Angie a décidé d'arrêter son métier et a converti toutes ses richesses dans 1 gemme (un rubis). Bref, le roman commence avec le personnage principal qui a résolu de faire ce qu'elle refusait d'envisager pendant les 2 romans précédents. Du coup, les héros sont dans les Montagnes du Bord du Monde, vers le Col du Pic, juste après la Tempête du Chaos et la grande bataille entre Ungrim Poing de Fer et Vardek Crom (chaoteux). Ils se retrouvent contraints à servir d'éclaireurs (ce sont des montagnards aguerris) à une petite expédition du Stirland destiné à chasser les quelques Kurgans qui sont quand même passés à l'ouest du rideau de fer nain.
Le thème apparait tout de suite comme bien plus guerrier que les tomes précédents, même si les combattants ne sont pas plus nombreux que dans une partie à 1000 points (sans unités spéciales ni rares)...
évidement, Angie perd sa gemme dans une embuscade et évidement, pour la retrouver elle est contrainte de servir d'éclaireur au détachement impérial. Évidement, ce n'était pas les chaoteux qui avaient son précieux mais bien le lieutenant de l'expédition. Parlons de lui d'ailleurs. Jonas, noble impérial, est le véritable personnage principal du roman. Bon guerrier, stratège intelligent, charismatique, très bon juge des caractères... mais menteur sans scrupule. Les discussions entre lui et le trop naïf Franzy et les jeux de poker menteur contre Angie (pas aidée par un collaborateur trop admiratif de l'homme qu'il aurait pu être s'il était resté dans l'armée) sont à mes yeux un exemple unique de psychologie dans la BL.
Bref, le menteur du titre, c'est lui, et on le voit s'enfoncer dans ses mensonges pour garder son expédition en un seul morceau, au point d'y croire lui même.
Je dirais que le défaut de ce tome, c'est que finalement toutes les péripéties apparaissent comme secondaire devant cet aspect psychologique. De plus, elles pâlissent à côté de la littérature militaire dont regorge la BL, qui proposent des morceaux de bravoure un peu plus enthousiasmants que des échanges de flèches dans le noir ("a zut c'était pas des kurgans, mais des nains") surtout quand il n'y a qu'un seul mort à la clé...
J'ai beaucoup aimé ces livres (pour de la BL). Je pense que l'aspect plus psychologique (Lukas et les von Koft dans le 1er, le groupe de pèlerin en huis clos dans le 2e, Jonas qui craque face à ses responsabilités dans le 3e) est ce qui fait son originalité, surtout qu'il est mieux traité que par d'autres (Gav Thorpe, au hasard)