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Le 17/02/2025 à 11:34, deathshade a dit :
Pour le recueil de nouvelles gratuit, ce sont des inédites ou du réchauffé ?
Maintenant que le recueil est sur le site de la BL, on peut répondre définitivement à cette question. Les nouvelles de la version française sont :
- 'Promesse de Longue Date', ('The Long Promise') de Mike Brooks -> inédit (merci à la couverture unique pour les 3 langues, qui a "forcé" la BL à traduire)
- 'Exécution', ('Execution') de Rachel Harrison -> déjà vu ailleurs
- 'Sans Surveillance', ('One, Untended') de David Guymer -> déjà vu ailleurs
- 'Voilà que Sonne Minuit', ('Now Peals Midnight') de John French -> déjà vu ailleurs
Schattra, "1/4 c'est pas si trop mal"
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Merci pour la poursuite de cette chronique rigoureuse et sourcée, @gilian !
Je redécouvre 'Magos' sous un jour plus favorable grâce à cela ; lors de ma lecture de ce bouquin, je trouvais qu'Abnett s'était contenté d'inclure ses nouvelles 40K lambda ('Pestilence' et celles de Valentin Drusher) à sa saga inquisitoriale, mais ton éclairage donne à voir davantage d'éléments de contexte.
Schattra, "and now I see"
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Il y a 6 heures, eldar lensois a dit :
je n'ai pas vu en scrolant sur plusieurs pages ici de critique(s) pour les Gotrek version AOS.
Eh non, ça manque encore à notre section... Mais mon petit doigt me dit que @gilian serait prêt à se lancer dans le grand bain de WFB pour la bonne cause.
Il y a 6 heures, deathshade a dit :Pour le recueil de nouvelles gratuit, ce sont des inédites ou du réchauffé ?
Du réchauffé, mais du réchauffé récent. Et si on part du principe que les nouvelles seront les mêmes dans toutes les versions (ce qui n'a pas toujours été le cas), ce seraient la première fois qu'elles seraient disponibles en français.
Il est plus que probable que la BL se fende également d'une semaine événementielle (Black Library Celebration Week) début mars, avec 5-7 nouvelles inédites. Ils font ça depuis 2019.
Schattra, ...à qui sait attendre
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Enfin des annonces autour de la Black Library Celebration de 2025 !
Révélation
Le recueil gratuit de l'année comportera (seulement...) quatre entrées :
- 'Visage' (Rich McCormick)
- 'The One Road' (David Guymer)
- 'Web of Ruin' (Adrian Tchaikovsky)
- 'The Long Promise' (Mike Brooks)
Il sera disponible en anglais, français et allemand.
Révélation
Tradition de cet événement : la sortie conjointe de romans et de figurines représentant quelques unes de figures de la GW-Fiction. Cette année, c'est Minka Lesk qui revient en compagnie de son escouade de commandement, tandis que pour AoS, c'est Maleneth Witchblade, un temps compagnon de route de ce vieux Gotrek, qui bénéficie de ce traitement de faveur.
Révélation
Petit kiff personnel : un recueil de nouvelles 40K se glissera dans les sorties du mois prochain. Pas d'inédits au sommaire, mais un regroupement de textes sortis en stand alone au cours des derniers mois, y compris un quartet de nouvelles publiées dans White Dwarf.
Révélation
Ca faisait longtemps que la saga du Tueur le plus intuable des univers de Warhammer n'avait pas bénéficié d'un nouvel omnibus, et ce tort est maintenant réparé avec ce nouveau tome, consacré aux premières déambulations de Gotrek à travers des Royaumes plus Mortels que lui.
Révélation
Les Black Library Celebrations sont également l'occasion pour la BL de remettre au goût du jour et à disposition des nouveaux lecteurs quelques entrées vintage de son catalogue, et le millésime 2025 est constitué de '15 Hours' de Mitchel Scanlon (publié en 2005), 'Titanicus' de Dan Abnett (2008) et 'Grey Seer' de C. L. Werner (2009).
Révélation
On termine avec un beau livre rempli d'illustrations pour Warhammer 40.000, dédié aux collectionneurs.
Schattra, tout vient à point...
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Ajout des nouvelles de 'The Dark Coil - Damnation' :
- 'The Greater Evil', 'Out Caste', 'A Sanctuary of Wyrms', 'Altar of Maws', 'Vanguard', 'Fire and Ice' et 'Cast a Hungry of Shadow' (Peter Fehervari)
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Bonjour à tous et bienvenue dans cette revue de ‘The Dark Coil – Damnation’, premier recueil consacré par la Black Library à l’œuvre, singulière et envoutante, de Peter Fehervari. Malgré une quinzaine d’années d’excellents et loyaux (à ma connaissance, il n’a publié que pour le compte de la BL) services au bénéfice de la GW-Fiction et une quarantaine d’œuvres à son actif, la prose de Fehervari n’a jamais bénéficié de la mise en avant dont bénéficient les têtes d’affiche de la maison d’édition de Nottingham, et demeure à ce jour une sorte de plaisir d’initié. On ne peut que déplorer et s’étonner de ce manque de reconnaissance, car une chose est (quasiment) sûre : quiconque pénètre dans le Dark Coil, nom donné par l’auteur à « son » pré carré de Warhammer 40.000 tombe rapidement sous le charme vénéneux de ce mystérieux recoin de la galaxie, où les secrets sont légion et la folie et la mort rôdent à chaque page1.
Ce premier opus – au moins un autre suivra – viendra, en tout cas je l’espère, donner un coup de projecteur bienvenu sur les travaux de Fehervari et augmenter son lectorat. Regroupant deux romans et sept nouvelles majoritairement centrés sur les factions Xenos du Dark Coil (Empire T’au et Cultes Genestealers), ‘Damnation’ constitue une parfaite introduction à l’œuvre tentaculaire et interconnectée de Peter Fehervari… tant qu’on garde en tête que le propre des œuvres tentaculaires et interconnectées est d’être déroutante et d’appeler plusieurs lectures, chacune permettant, à la lumière d’éléments glanés dans d’autres publications, de mieux comprendre les tenants et les aboutissants mis en scène par l’auteur. La sagesse populaire nous enseigne que l’important n’est pas la destination mais le voyage, et le Dark Coil en fait une démonstration à la fois brillante et pénombrale.
1 : Un peu comme dans le reste de l’Imperium vous me direz. Mais là, c’est vraiment bien écrit.
The Greater Evil :
Révélation
Alors qu’il coule des jours heureux, à défaut d’être paisibles, en tant qu’auxiliaire militaire du Bien Suprême, l’ex-Void Breacher Ulver Voyle est pris de cauchemars où il revit la fatidique mission ayant mené à sa désertion de la Garde Impériale. Troublé par la manifestation soudaine des échos d’un passé douloureux et plus qu’à moitié oublié (merci le lavage de cerveau des gentils libérateurs), et peu à l’aise à l’idée de reporter le problème à ses supérieurs Xenos, Voyle décide de prendre sur lui, mais attire tout de même l’attention de l’Ethéré de faction passage (c’est un Seeker, il n’a pas d’affectation fixe), Kyuhai, qui décide à tenir à l’œil le Gue’Vesa au cours de la mission à laquelle ils participeront tous deux : investiguer sur l’inattendue manifestation d’une expédition diplomatique T’au portée disparue trois ans plus tôt dans le système de Yuxa.
Placée sous le commandement d’une émissaire de la caste de l’Eau – Adibh – , escortée d’une petite force d’auxiliaires encadrés par l’héroïque Akuryo, d’un ingénieur de la caste de la Terre, ainsi que de Kyuhai et de ses deux side chicks Kroots, la délégation T’au arrive sur la planète de Scitalyss, décrite par les diplomates réapparus comme ayant embrassé pleinement les enseignements du Bien Suprême. Mettant en œuvre la philosophie de la Main Ouverte Mais Ne Me Prend Pas Pour Un Hrud Tout De Même Ro’Bert, fameusement théorisée par un Ethéré lassé d’être la cible de tentatives d’assassinat de la part de l’Imperium en plein pourparlers, l’équipe bleue débarque dans la cité ruche de Scitalyss-Altus, Kyuhai posant comme un simple troufion de la caste du Feu pour pouvoir observer ses hôtes sans attirer l’attention. Malgré l’accueil cordial prodigué par les locaux, sous l’égide du miraculé Por’vre Fai’sahl, une ambiance lourde flotte sur les retrouvailles, ce qui ne décourage pas la délégation d’accepter l’invitation du VRP du Bien Suprême d’aller prendre un verre de l’amitié chez le gouverneur de la ruche. À la tête de son escouade d’auxiliaires, chargée d’assurer la protection de ses boss, Voyle se met à entendre des voix en chemin, ce qui ne présage évidemment rien de bon. Le déclenchement de l’inévitable embuscade, repoussée par les biens étranges gardes de Fai’sahl, permettra peut-être à nos héros de trouver ce qui cloche chez leurs hôtes…
Fehervari continue sa descente dans le Dark Coil, son petit pré carré galactique où s’ébattent et se battent les factions et protagonistes, tant impériaux que Xenos, de son cru. Centrée sur les T’au mais mettant en avant un héros humain, le renégat (avec circonstances atténuantes tout de même) Voyle, ainsi qu’une petite galerie d’aliens assez attachants – mention spéciale au Chevalier Jedi, car je ne vois pas de meilleurs qualificatifs à lui appliquer, Kyuhai, un Ethéré expert en arts martiaux et en aphorismes mystiques – cette nouvelle explore avec réussite un aspect du fluff pas vraiment couvert jusqu’ici, à savoir l’intégration de déserteurs impériaux dans la société T’au. Comme souvent avec Fehervari, le résultat est nuancé (certains T’au voient les humains comme de la chair à canon, d’autres comme des alliés utiles, une minorité comme des frères d’armes), plausible, prenant et plein de fluff, ce qui ne gâche rien, vous en conviendrez.
On saluera également le talent consommé avec lequel l’auteur « sérialise » son propos (comprendre que certaines des intrigues développées au cours de ce The Greater Evil sont mises en suspens à la fin de la nouvelle, et seront reprises dans des travaux postérieurs), sans que cela n’artificialise ce dernier, ni ne donne l’impression au lecteur d’être en présence de la portion congrue d’un axe narratif réellement développé dans un tiers ouvrage. La nouvelle n’étant pas le genre roi de la Black Library, c’est assez souvent que ce genre de problème se présente (et d’autres soumissions du recueil Lords & Tyrants sont d’ailleurs concernées), aussi est-il nécessaire de souligner un travail bien fait. Une plume à suivre, pour sûr.
Out Caste :
Révélation
La campagne se déroula parfaitement du point de vue du haut commandement, les humains se faisant surclasser par les tactiques de frappes éclair et la supériorité technologique de leurs adversaires. Lorsque la capitale planétaire tomba sous les bombardements, des auxiliaires Kroots furent envoyés faire le sale boulot (et casser la croûte) dans les décombres de la cité pour éliminer les dernières poches de résistance, plutôt que de risquer la vie de braves, mais pas téméraires, T’au. Ce choix raisonnable ne satisfit cependant pas J’Kaara, qui désobéit aux ordres et emmena son escouade faire un peu de tourisme en zone de guerre urbaine afin d’assouvir ses penchants héroïco-morbides.
Mal lui en prit toutefois, car elle croisa en route un Commissaire impérial brûlé au 8ème degré mais dont la vue d’une peau bleue le sortit de l’état catatonique dans laquelle la tempête de feu déchaînée par les T’au l’avait placé. Bien que ses camarades ionisèrent le faquin avant qu’il n’ait pu régler son affaire à la pauvre J’kaara, cette dernière sortit de cette rencontre fortuite avec une énorme balafre, l’épée tronçonneuse de l’officier gue’la ayant transpercé son casque sans coup férir. Cette mésaventure ne fractura pas seulement le crâne de notre héroïne, mais également son sentiment de fraternité avec ses camarades, qui se mirent à appeler la shas’ui Jhi’kaara, ou miroir brisé. Sometimes, it’s better not to say hi, you know…
Peter Fehervari nous entraîne dans les premières vrilles de son Dark Coil1 avec cet ‘Out Caste’, qui met en scène le premier personnage récurrent de cette série iconique de la Black Library, la gueule cassée Jhi’kaara (que l’on retrouve dans ‘A Sanctuary of Wyrms’ et ‘Altar of Maws’), dont on apprend en quelques pages l’histoire traumatisante – dans tous les sens du terme. Ce n’est pas aussi inventif dans le propos ou virtuose dans l’exécution que les nouvelles et romans qui ont suivi, mais ça reste malgré tout une très bonne entrée de GW-Fiction.
1 : Sa première nouvelle (‘Nightfall’) pour la Black Library date de 2011, et bien qu’elle se déroule techniquement dans le même coin de galaxie que le reste du corpus Fehervariesque, les liens avec ce dernier sont assez ténus, comme si notre homme n’avait pas encore décidé de se lancer dans une véritable œuvre au long cours à ce stade.
A Sanctuary of Wyrms :
Révélation
Sortie minor, pour ne pas dire minable, de la promotion Pierre Bellemare de l’IEP (Institut des Etudes Potables) de T’au, la jeune Por’ui Vior’la Asharil de la Caste de l’Eau écope fort logiquement d’une première affectation loin d’être glamour au sein de l’empire. La voilà donc rendue sur Fi’draah (dont les trois premières lettres sont silencieuses), monde aussi attirant et salubre qu’une vieille éponge moisie à moitié immergée dans de l’eau croupie. Prétendant à qui veut l’entendre que c’était tout à fait ce qu’elle voulait faire, et qu’elle est très reconnaissante envers l’administration éthérée de ce poste valorisant (ce qui ne manque pas de susciter l’incompréhension, puis la défiance du sous-préfet placardisé – encore que pour la Caste de l’Eau, on pourrait dire bidetisé – auquel elle vient se présenter à son arrivée), Asharil peut toutefois maudire intérieurement sa mauvaise fortune lorsque son parcours d’intégration la mène à accompagner une expédition scientifique au cour des jungles impénétrables qui recouvrent le continent le plus sauvage de la planète, toujours contestée au Bien Suprême par les troupes de l’Imperium.
En compagnie de notre enthousiaste pipoteuse, nous retrouvons le cartographe Mutekh et son alternant Xanti, tous deux Terrestres jusqu’au bout des sabots, et la Shas’ui Jhi’Kaara, guerrière de feu intraitable et balafrée, escortée de sa fidèle bande de gue’las. Tout ce petit monde embarque pour une croisière au long cours dans les méandres marécageux du Coil, la zone de Fi’draah que Mutekh tient à reconnaître, malgré la très mauvaise réputation qu’elle a aux yeux des tribus d’humains dégénérés qui y vivent. Après quelques semaines à regarder la dengue et la dysenterie dans les yeux, nos intrépides explorateurs ont vent d’un lieudit pittoresque de la bouche des farouches Nirrhoda, les Sentinelles (les nôtres, pas les leurs, hein) locales, qui l’ont baptisé le Sanctuaire des Vers, en partie à cause des nombreux arbrémones (à la piqûre mortelle, sinon c’est pas drôle) qui ont colonisé l’île sur laquelle ce qui semble à nos héros être un complexe impérial abandonné a été construit. Mutekh tenant bien évidemment à investiguer cette trouvaille, la petite troupe débarque donc, essuie son premier mort (un humain ayant raté un test d’Initiative), et se retrouve victime de la nullité crasse d’Asharil, qui n’est pas foutue d’identifier le gros « I » barré de trois lignes horizontales embossé sur la porte d’entrée, ce qui me semble pourtant être le B.A.BA pour une diplomate diplômée. Il y a vraiment des Masters qui ne valent pas tripette.
Les aventuriers progressent dans les ténèbres moites du lieu, rencontrant sur leur passage des indices inquiétants sur la nature de la catastrophe qui a poussé les occupants de la station à prendre la poudre d’escampette, depuis les verrous placés à l’extérieur des portes pour empêcher quelque chose de sortir, jusqu’au cadavre isolé d’un techadepte qui a avalé son pistolet laser plutôt que de se laisser prendre par quelque chose. Evidemment, ça n’empêche pas le Tryphon Tournesol de l’expédition de pousser toujours plus en avant et profondément dans les ruines, et nos héros finissent par déboucher dans les niveaux inférieurs du complexe, où les choses prennent un tour beaucoup plus précis et sinistre…
Révélation…En effet, les T’aus directeurs exhument un charnier de cultistes Genestealers à l’humanité des plus douteuses, tandis qu’un peu plus loin, c’est le cadavre d’un Marine de la Deathwatch qui les attend (bien que personne dans le groupe ne soit foutu d’identifier l’allégeance du défunt1). Il en faut toutefois plus pour décourager Mutekh, qui entraîne ses baby-sitters jusqu’au cœur du réacteur, en croisant ça et là les restes du reste de l’escouade de la Chambre Militante de l’Ordo Xenos. Le malaise est à son comble lorsque les touristes débarquent dans le laboratoire central de la station, où un cadavre d’Iron Fist Deathwatch les attend, ainsi qu’une sorte de trompette de la mort géante. Ayant plus ou moins compris que l’endroit avait servi de base de recherche à l’Imperium sur les Genestealers, avant que quelque chose ne se passe, les détectives en herbe sont tirés de leur savante supputation par la bourde de Mutekh, qui fait exploser le champignon en essayant d’en prélever un morceau, avec des conséquences tragiques.
Les spores libérées par ce coup de scalpel mal avisé induisent en effet des changements rapides et douloureux chez les malheureux qui ont la malchance de les inhaler, les transformant en hybrides Genestealers en quelques secondes. Qui a dit que les trips aux champignons étaient sans danger ? Dans la bagarre qui s’en suit, la plupart des imprudents finissent en omelette, à l’exception de la coriace Jhi’Kaara et d’Asharil, piquée par un assaillant mais sauvée par le réveil inopiné de l’Iron Hand, qui puise dans ses derniers 1% de batterie pour pistonner un hybride un peu trop insistant, avant de se remettre en stase non sans avoir demandé le pouvoir un chargeur i-Phone à son obligée.
La suite et la fin de la fin de la nouvelle verra les trois rescapés décider de la marche à suivre, Jhi’Kaara remontant à la surface pour passer le message aux autorités locales, tandis que le cyborg, une fois dûment rechargé, et l’ondine, se sachant condamnée par le venin du Genestealer, décident d’aller purger le reste de la station, pour le Trône Suprême et le Bien de Terra, ou quelque chose comme ça. Sortez le fongicide, ça va charcler dans les chaumières.
Peter Fehervari livre une adaptation à sa sauce du classique scénario de l’exploration d’un lieu qu’il aurait mieux valu laisser en paix, et parvient à sublimer son sujet en l’estampillant fortement 40K et « Dark Coil » (son coin de galaxie personnel), pour un résultat des plus dépaysants (T’au obligent), atmosphériques (intrigue oblige) et intéressants (une constante chez notre homme). On savait Fehervari très à l’aise avec les serviteurs du Bien Suprême, qui trouvent sous sa plume une profondeur et une complexité rare parmi les contributeurs de la BL, mais il ne démérite pas non plus avec la Deathwatch, qui, bien qu’elle soit ici représentée par un individu peu loquace (mais qui a de bonnes raisons pour cela), est utilisée tout à fait à propos. Par ailleurs, l’auteur fait progresser un peu le fluff des cultes Genestealers en démontrant que les prodigieuses capacités d’adaptation de l’espèce rend très dangereux le développement d’armes bactériologiques contre cette dernière, qui a toutes les chances de vaincre, puis de mettre à profit les toxines à laquelle elle est confrontée pour évoluer en une variante encore plus mortelle. De là à se retrouver confronter à des Genestealers solubles qui infecteraient les cours d’eau à la Prometheus, il n’y a qu’une ou deux expériences ratées de la part d’un Inquisiteur de l’Ordo Xenos un peu trop zélé. Bref, le danger que représente la Grande Dévoreuse pour la galaxie en ressort grandi, et c’est précisément ce qu’on aime lire sur les Tyranides, non ? Mention Bien (Suprême) pour Peter Fehervari, comme d’habitude j’ai envie de dire.
1 : Asharil prouvant son inutilité en faisant juste remarquer que le sens esthétique de l’Astartes laissait franchement à désirer (il faut dire qu’un Imperial Fists avec un bras argenté, c’est moche).
Altar of Maws :
Révélation
Fi’draah, c’est un peu comme si l’Empereur avait visité le marais poitevin lors d’un week-end vadrouille (il a bien fallu qu’il s’occupe tous ces millénaires avant de prendre les commandes de Terra), adoré ce cadre bucolique, et décidé qu’il fallait étendre ce concept à l’échelle d’une planète entière. Résultat : un enfer marécageux et moite, plus adapté aux Saprobiontes et aux Gatormen qu’à des espèces à sang chaud et à peau fine, comme les humains et les T’au. Mais il faut plus qu’une atmosphère irrespirable et un taux d’humidité à faire pleurer un urodèle pour convaincre ces deux factions de laisser tomber cette planète, à l’intérêt stratégique contestable, aux mains de l’ENNEMI. La guerre fait donc rage sur ce caillou imbibé, sans qu’un camp ait réussi à infliger une défaite cuisante et définitive à l’autre.
Nous suivons l’expédition commandée par la Shas’vre Ibolja alors qu’elle progresse dans les méandres de Fi’draah, afin de ramener un contingent de prisonniers impériaux jusqu’à la base arrière du Bien Suprême. Il aurait été plus simple et plus rapide de faire le voyag par voie aérienne, mais comme le commandant T’au est un sadique, il a opté pour offrir une croisière mémorable aux gue’la captifs afin de leur faire comprendre qui est le boss. Ah, et s’il peut arriver malheur aux nouvelles recrues (shas’saal), guère prometteuses, envoyées renforcer le contingent de Guerriers de Feu de Fi’draah, ce ne serait pas plus mal. Grosse ambiance chez les bleus, donc.
Les T’au peuvent toutefois compter sur la présence de plusieurs vétérans pour compenser la présence de novices abrutis et d’officiers peu concernés. Les shas’ui Tal’Hanzo et Jhi’kaara (cette dernière accompagnée par sa pote Ogryn Coraline), chacun affligés par leurs propres démons – un spleen incurable pour le premier, une gu*ule de porte-bonheur pour la seconde – feront ainsi office de protagonistes pour cette virée en eaux troubles. Lorsque les barges de transport du Bien Suprême se retrouvent sans crier gare sur un lac non indiqué sur les cartes, attirant l’attention du vaisseau fantôme champignon local, commandé par un zélé glaviomancien (il lit l’avenir dans ses glaires, avouez que c’est original), une traque mortelle débute, dont l’enjeu n’est autre que la libération du Grand Ancien résident de Fi’draah – ou quelque chose comme ça. Plongés malgré eux dans la Twilight Zone locale1, répondant au doux nom de Dolorosa Coil, nos héros en seront quitte pour une nuit éprouvante, qui les laissera sans nul doute hydrophobes au dernier degré…
Peter Fehervari retourne dans son coin à champignons préféré, la planète contestée de Fi’draah (qui servait déjà de théâtre spongieux et sporesque à la nouvelle ‘A Sanctuary of Wyrms’), avec un nouvel épisode du tentaculaire Dark Coil. On y retrouve une autre ancienne connaissance des amateurs de la prose de cet auteur iconoclaste de la BL, la Guerrière de Feu Jhi’kaara, qui servait d’(anti) héroïne du court format ‘Out Caste’.
Comme d’habitude avec Fehervari, cet ‘Altar of Maws’ est baigné d’un épais mystère, qu’une connaissance des événements relatés dans les romans et nouvelles précédents aideront à dissiper… en partie. Un peu comme la brume persistante qui recouvre Fi’draah, l’approche narrative de Fehervari se complait à laisser son lectorat tâtonner et spéculer sur l’origine et la motivation des personnages (particulièrement celles du mirifique Capitaine dans le cas présent, qui ne semble pas avoir compris qu’il boxait pour Papy Nurgle), et faire sens des phénomènes inexplicables et franchement déplaisants qui s’abattent sur les pauvres protagonistes ayant commis la grave erreur de pénétrer dans une zone de porosité warpesque. Candelabrum, Dolorosa Coil : même combat.
Le résultat est digne des standards élevés de Fehervari, et ‘Altar of Maws’ se déguste avec enthousiasme et curiosité, même si sa fin très peu « conclusive », et donnant plus l’impression d’un chapitre de roman que d’une nouvelle indépendante, m’a quelque peu déçue de la part de cet auteur. Bien qu’il ne se soit jamais caché de son dessein de relier toutes les intrigues développées dans son corpus de GW Fiction au sein d’un tout cohérent, je trouve qu’il a déjà réussi de meilleures sorties que celle de cette nouvelle, qui semble hurler « à suivre… » à la tête du lecteur2. Pas très élégant, si vous voulez mon avis.
Malgré ce petit bémol, ‘Altar of Maws’ est une soumission qui ravira les fans de Fehervari et vient complexifier encore un peu plus (comme si c’était nécessaire) son Dark Coil. Et si le grand méchant de Fi’draah n’était pas la Grande Dévoreuse, mais le Gros Dégobilleur ? Vous avez deux heures…
1 : Il en faut une dans toutes les nouvelles de Peter Fehervari.
2 : Et comme Fehervari revient sur Fi’draah tous les 11 ans, il ne vaut mieux pas être trop pressé de connaître la destinée de Jhi’kaara, Tal’hanzo et compagnie.
Vanguard :
Révélation
Retour sur Phaedra la douce (non), où la guerre entre l’Imperium et l’Empire T’au s’est enlisée après que les hauts commandements des deux camps aient décidé d’arrêter d’envoyer des troupes contester cette planète bucolique mais un peu trop humide, laissant les derniers contingents se livrer une guerre d’attrition aussi futile que barb(ot)ante.
Dans sa station de raffinage du Diadème de Fer, le Magos Caul (et non pas Cawl, ils ne peuvent pas se blairer) s’est toutefois rendu compte que something Warped this way cometh, grâce aux multiples capteurs qu’il a installé à travers la mangrove hostile de Phaedra. S’il n’a pas encore pu déterminer si ce sont les insectes locaux qui ont réussi à attirer l’attention des Dieux du Chaos, ni quand le Materium cèdera comme du carton moisi sous les caresses de Démons entomologistes, il est en revanche catégorique sur le fait qu’à plus ou moins court terme, la planète se retrouvera prise dans une tempête Warp, et il ne tient pas particulièrement à être là pour le voir. Le Diadème de Fer étant à la base un vaisseau spatial, et Caul plutôt bricoleur à ses heures perdues, il peut théoriquement repartir prendre l’air l’espace, à condition de mettre l’augmétique sur le Skysight.
Qu’est-ce que Skysight, me demandez-vous ? Eh bien, on ne sait pas, mais ça se trouve dans la base des T’au. Jugeant avec sagesse que les peaux bleues ne seront guère partageuses, Caul envoie donc l’essentiel de ses forces, soit 500 Skitarii embarqués sur des barges à moteur, rendre une visite de courtoisie aux Xenos et récupérer l’objet de ses désirs.
Cette expédition fluviale à hauts risques est relatée à travers les cortex d’une petite galerie de personnages inféodés au Magos, et dont les noms sont tous dignes d’un CAPTCHA de bas niveau. Plus intéressante mais voilée d’un mystère aussi opaque que son armure est étincelante, la Primus Alpha fait office de lieutenante de Caul, et mène ses cohortes avec un zèle tempéré par l’exactitude dépassionnée de la machine. On comprend au détour d’une ligne que cette cyborg de choc a été retapée par le Magos à partir des restes mortels d’une Garde Impériale blessée mortellement lors de la guerre pour Phaedra, et ayant presque tout oublié de sa précédente vie, mis à part qu’elle haïssait les T’au (ce qui peut se concevoir).
Après avoir repoussé les avances d’un diplomate de la caste de l’eau en proie à un méchant rhume des foins (Por’ui Ybolyan) de régler les choses à l’amiable alors qu’ils remontaient tranquillement les méandres du fleuve, puis résisté à une embuscade peu inspirée de la part des Guerriers de Feu qui l’accompagnaient, les Skitarii arrivent en vue du QG ennemi, stratégiquement placé dans une crique parcourue par des tourbillons monstrueux. Cela ne rebute pas le moins du monde la Primus Alpha, qui lance sa flottille à l’assaut du complexe, prenant soin d’envoyer quelques escouades contourner ce dernier en pédalo afin de prendre les bleus à revers.
À la guerre comme à la guerre, et si une nouvelle de Warhammer 40,000 n’est pas l’endroit où on pouvait s’attendre à vivre un rapport de bataille de Dreadfleet, c’est toutefois ce que Peter Fehervari nous propose dans les pages qui suivent. Au prix d’un affrontement sans merci, les cohortes biomécaniques parviennent à débarquer en terre promise, et il revient à l’humble Rho-IR01 de devenir un héRho-s en sécurisant le Skysight pour le compte de son employeur.
De manière assez logique, c’est un Navigateur que le Magos cherchait à acquérir, et bien que le mutant à serre-tête se montre assez grognon lorsque le Skitarii l’arrache de la matrice pour le ramener à bon port, il faut plus qu’un tempérament belliqueux pour empêcher les serviteurs de l’Omnimessie de faire leur travail, surtout quand on pèse 30 kilos et qu’on a la force de frappe d’un hamster sous roofies.
De retour au Diadème de Fer, la Primus Alpha escorte le Navigateur en rogne jusqu’à son nouveau patron, qui lui expose clairement ce que tout le monde avait déjà compris, à savoir qu’il attend de lui qu’il coopère pleinement à l’entreprise de délocalisation du vaisseau du Mechanicus. Coup de théâtre cependant : le rescapé annonce à son « sauveur » que les T’au lui ont enlevé son troisième œil après l’avoir capturé pour raison de sécurité, le rendant totalement impropre à l’usage auquel Caul le destinait. Voilà qui est plutôt fâcheux…
Révélation…Et fâché, Caul le devient aussi rouge que ses robes devant ce coup du sort. Empoignant l’avorton à bras le corps, il le secoue comme un prunier et commet là une erreur aussi bête que fatale, car le Navigateur était un petit farceur, et disposait toujours de son bel organe. Sous la poigne de fer du Magos, le cache métallique enserrant le front du mutant se brise, Caul en est quitte pour un concours de regard avec son interlocuteur, et se retrouve avec une carte mère totalement corrompue et grillée pour la peine. Mais ça valait le coup d’œil, comme on dit…
Une fois n’est pas coutume, Fehervari succombe aux attraits du bolt porn (ou l’équivalent pour l’Adeptus Mechanicus et l’Empire T’au) dans cette nouvelle d’une simplicité étonnante pour une entrée du Dark Coil. La quête des cohortes bielleuses de Caul pour lui trouver un conducteur Uber prêt à le ramener dans ses pénates martiens est en effet sans équivoque, et laisse une large place à la description circonstanciée de la naumachie opposant une bonne partie des entrées des Codex de ces deux factions. Si Peter Fehervari se sort honorablement de cet exercice, le résultat n’est pas aussi prenant que ses autres travaux, bien plus déroutants et stylés que ce rapport de bataille romancé.
Au registre des surprises, la fin un peu gag de la nouvelle doit être également notée, non pas que ce twist final soit indigent (au contraire, il est bien amené et déroulé), mais à cause une fois encore de son caractère tranché et définitif, que l’on retrouve assez peu dans le reste de l’œuvre de cet auteur. Chez Fehervari, tout n’est généralement que lent glissement, déchéance au ralenti et enfoncement irrémédiable dans les ténèbres du Dark Coil, et ‘Vanguard’ est plutôt le râteau que Tahiti Bob se mange sèchement dès qu’il fait un pas de travers. Il n’est pas dit que le Magos Caul ne revienne pas jouer un petit rôle dans la suite de cette fresque tentaculaire (comme certains autres personnages de la nouvelle, déjà croisés dans ‘Fire Caste’), mais je ne mettrais pas une pièce sur son comeback. En définitive, sans doute un filler au regard des standards fehervariens, mais une lecture très agréable malgré tout.
Fire and Ice :
Révélation
Haniel Mordaine, Interrogateur de feu le Seigneur Inquisiteur Aion Escher de l’Ordo Xenos, est un homme traqué. Coupable d’avoir involontairement amené l’assassin qui a transformé son vénérable maître en sashimi jusqu’à ce dernier, il sait que sa boulette n’a pu lui valoir que le mépris et la vindicte de ses pairs, et erre depuis lors de monde en monde à proximité du Golfe de Damoclès, où Escher supervisait les efforts de l’Ordo Xenos pour repousser les assauts de l’empire T’au. Accompagné d’un homme de main heureusement plus dégourdi et volontaire que lui-même (la première fois qu’on le voit, il fait des croquis au fusain d’une statue de Sanguinus dans un temple en ruines) répondant au nom de Kreeger, Mordaine poursuit un vague espoir de rédemption : s’il arrive à mettre en échec une des opérations séditieuses que les peaux bleues manigancent sur les mondes impériaux afin d’en faciliter le rattachement à leur empire, il prouvera sa valeur et sa loyauté de manière irréfutable. Mais évidemment, c’est plus facile à dire qu’à faire.
Arrivés sur le monde ruche glacé d’Oblazt, célèbre à travers le sous-secteur pour sa production de prometheum et ses exports de cabillaud, Mordaine et Kreeger parviennent à entrer en contact avec une figure mystérieuse, le Calavera, qui faisait partie des agents détachés d’Escher et semble prêt à les aider dans leur quête rédemptrice. Ayant détecté les signes avant-coureurs d’une insurrection pro-T’au dans la populace (comme cette mode suspecte pour les tatouages faciaux circulaires), le Calavera enjoint Mordaine de prendre les devants, et d’utiliser la rosette de son défunt mentor pour réquisitionner l’aide d’une compagnie de Requins Iwujiiens stationnée sur la planète afin de débusquer les traîtres avant qu’il ne soit trop tard. N’étant pas à une usurpation d’identité près, l’Interrogateur accepte… et ne stoppe rien du tout, le massacre perpétré par ses sanguinaires alliés d’une foule de manifestants communistes réclamant « l’unité » sur une place de la ruche Vyshodd ne faisant que renforcer la résolution des sécessionnistes et horrifier la population locale.
Quelques heures après la sanglante bavure (encore une) supervisée par Mordaine, une série d’explosions secoue la ruche, ciblant les lieux de pouvoir de la classe dirigeante et provoquant une émeute généralisée. Dans la confusion qui s’en suit, Mordaine est gravement blessé et Kreeger tué, mais le Calavera se montre enfin, accompagné d’un prisonnier très spécial. Toute la clique embarque alors dans le Transperceneige Chain Engine, un train de luxe reliant les ruches d’Oblazt entre elles, en compagnie des Requins ayant survécu aux combats, et file en direction de la ruche Yakov.
Ce voyage sera malheureusement le dernier pour la majorité de notre casting, victimes d’un crime d’une tuerie de masse dans l’Orient Express. Un traqueur Kroot (Ujurakh) travaillant pour le compte d’un mystérieux maître, seulement nommé « le Vide », est monté à bord sans billet et boulotte goulument les Gardes isolés passant à portée de bec, en attendant que son patron lui donne le signal pour séparer les wagons de tête du reste du convoi, condamnant les pauvres bidasses à mourir de froid en grande banlieue Vyshoddienne. Si le dindon tueur est finalement mis hors d’état de nuire par la Lieutenante Adeola Omazet, qui le force à sauter en marche pour éviter de se faire canarder (c’est approprié je trouve), nos héros ne sont pas au bout de leurs peines.
Mordaine, bien que très mal en point, sait que le temps joue contre lui car un comité d’accueil plutôt inquisiteur l’attend à Yakov, ne lui laissant que quelques jours pour obtenir des résultats probants. Il se rend donc à la cellule où le prisonnier amené par le Calavera est retenu afin d’obtenir de sa part des aveux circonstanciés. Sera-ce suffisant pour se racheter une conduite, me demanderez-vous ? Et bien, oui, car…
Révélation…Le prisonnier en question n’est autre que le Shas’O Vior’la Shovah Kais Mont’yr, ou plus simplement, O’Shovah, connu de l’Imperium sous le nom de Commandeur Farsight. En tout cas, c’est ce que le Calavera a annoncé à Mordaine, et ce dernier est heureux de le croire, et peu enclin à se demander comment diable un T’au aussi influent s’est retrouvé prisonnier d’un unique Space Marine (car le Calavera est un Adeptus Astartes1), sur un monde aussi minable qu’Oblazt. La curiosité a tué le chat, après tout.
Pendant que Mordaine et O’Shovah discutent géopolitique et campagnes militaires dans leur wagon, le Calavera lui fait le ménage dans le reste du train, et retourne la faveur à Omazet en la forçant à son tour à finir le voyage à pince. Car « le Vide », c’était lui !
Et s’il emploie des méthodes aussi discutables, c’est qu’il ne sert pas vraiment Pépé, mais, comme il le révèle à Omazet avant de lui savonner la planche, le Bien Suprêmissime
. Et si on va au fond des choses, il est carrément de l’Alpha Legion
, et à partir de là, ça ne sert plus à rien de poser des questions.
Même dans son état pitoyable, Mordaine finit toutefois par se rendre compte que quelque chose cloche, et s’il n’est pas de taille à s’opposer à un Space Marine à la loyale, il peut cependant compter sur un allié secret, en la présence du Capitaine Armande Uzochi, dernier Requin Iwujiien ayant échappé à l’écocide perpétré par le Calavera et son poulet de compagnie en se cachant dans les conduits de ventilation. Sur le conseil de Mordaine, Uzochi part à la recherche de loot dans les racks à bagages des wagons restants, et comme le train visait une clientèle privilégiée, il met la main sur un fuseur doré à l’or fin sans trop de difficultés. Avec une telle arme et l’effet de surprise, on peut coucher un Astartes sur un malentendu…
Révélation…Mais comme ça faisait longtemps qu’il n’avait pas mis un but contre son camp, et que jamais deux sans trois, Mordaine croque le deux contre un pourtant travaillé à l’entrainement, et abat lui-même Uzochi au moment où il allait faire feu. Pourquoi ? Parce qu’il n’était pas vraiment lui-même, et pour cause. Comme le Calavera lui glisse perfidement, ce vieux matois d’Escher ne l’avait pas nommé Interrogateur pour ses beaux yeux ou son potentiel caché, mais parce qu’il avait senti en lui une malléabilité psychique rare, permettant à Mordaine de servir de réceptacle à l’esprit de son maître en cas d’absolue nécessité… comme un décès inopiné, par exemple. Si la mort d’Escher a été trop soudaine pour que le processus de transfert soit accompli de manière optimale, il ne reste pas moins que Mordaine est à moitié possédé par les mânes de l’Inquisiteur (à ne pas confondre avec Leman Russ), et que sa situation ne va pas aller en s’améliorant.
« C’est bien beau tout ça » vous entends-je marmonner, « mais pourquoi Escher collaborerait-il avec un membre de l’Alpha Legion ? » Eh bien, parce qu’il était un agent du Calavera, au même titre qu’Ujurakh, pardi !
Et si le premier tenait tant à ce que Mordaine multiplie les discussions avec O’Shovah (qui n’était peut-être qu’un imposteur lui aussi, qui sait), c’était autant pour faciliter la « greffe » de l’esprit d’Escher dans la psyché de son Interrogateur, et ainsi regagner un agent bien placé au sein de l’Inquisition, que pour donner du grain à moudre à son invité/prisonnier, pour des motifs bien obscurs mais sans doute légitimes pour un membre de l’Alpha Legion.
Au final, O’Shovah repart faire son tour de la galaxie à la recherche des réponses à ses problèmes métaphysiques (ou peut-être pour se détendre, car c’est pas facile tous les jours d’être un leader sécessioniste), Mordaine est accueilli triomphalement à Yakov par ses camarades et finit par gagner une vraie rosette, et le Calavera disparaît sans laisser de traces, même s’il est certain qu’on entendra parler de lui dans une vrille du Dark Coil, en temps voulu…
Nouvelle masterclass de Peter Fehervari, qui démontre son aisance sur le format de la novella après s’être illustré sur les nouvelles et les romans, ‘Fire and Ice’ coche toutes les cases d’une œuvre de GW-Fiction réussie. Personnages intéressants et complexes, intrigue prenante, rythme enlevé, atmosphère soignée, mystères, révélations et easter eggs, sans oublier les petits éléments fluff qui vont bien : ces soixante-dix pages se dévorent d’une traite et se terminent trop vite. On tient ici une pièce maitresse du Dark Coil, et probablement l’une des meilleures introductions à cet univers si particulier, si je devais me hasarder au jeu des recommandations. La présence d’un personnage connu du lore au casting de cette histoire n’est que la cerise sur un gâteau déjà parfaitement exécuté, et la preuve que Fehervari sait aussi travailler sur commande (pas d’autres justifications pour cette inclusion, à mon humble avis), car bien sûr, il sait le faire. Une vraie pépite du catalogue de la BL, en qui me concerne.
1 : Et il porte évidemment un casque représentant une tête de mort.
Cast a Hungry of Shadow :
Révélation
Bien des années après les événements narrés dans ‘Requiem Infernal’, le monde cathédrale de Vytarn a été rebaptisé Redemption, et son vaste océan transformé en mer de magma. Saleté de changement climatique. Si la civilisation a réussi à perdurer malgré les ravages démoniaques et géologiques ayant secoué la planète, la situation n’est pas brillante pour les fidèles de l’Empereur (s’il en reste). Le culte Genestealers de l’Aube Spirale a en effet annihilé les Sœurs de l’Epine Eternelle, gardiennes de ce monde problématique depuis le cataclysme précité, et prépare patiemment son grand soir sous le couvert d’une respectable secte impériale. Son hégémonie est cependant défiée par un culte chaotique et incendiaire répondant au doux nom de Crédo Calciné, et dont les membres – d’horribles bikers fans du Ghost Rider – prennent plaisir à monter des attaques sanglantes et pyromanes sur les communautés isolées de l’Anneau de Koronatus.
Autre problème notable pour les Spiraliens (c’est comme les Centraliens, mais en plus retors) : leur manque de Magus pour assurer la relève des premiers compagnons de route du Patriarche ayant implanté le culte sur Redemption il y a plusieurs décennies. Afin que les gênes – volés – se transmettent à la prochaine génération, il est impératif qu’un Psyker entre dans cette grande et belle famille, mais ces mutants ne courent pas les rues.
Aussi, lorsqu’un missionnaire de l’Aube Spirale tombe par le plus grand des hasards sur le repaire d’une recluse ayant toutes les caractéristiques de la sorcière moyenâgeuse, pouvoirs maléfiques inclus (comme l’innocent voyageur en fera rapidement la douloureuse et définitive expérience), une course contre la montre s’engage entre les deux cultes afin de mettre la main sur cette précieuse ressource ou empêcher l’adversaire de s’en emparer.
Du côté des gentils civilisés, c’est le tandem mère-fils constitué de l’ex-Sœur de Bataille Etelka Arkanto et de l’hybride de troisième génération Aziah qui est aux manettes. Après avoir lamentablement échoué à protéger le dignitaire de l’Aube Spirale auquel il servait de garde du corps d’un attentat commis par un cracheur de feu ayant grignoté de la malepierre (ou quelque chose comme ça), et évidemment inféodé au Crédo Calciné, Aziah n’avait de toutes façons plus grand-chose à faire à part accompagner sa chère môman et sa bande de guerre à la recherche d’une mère porteuse.
Du côté des méchants anarchistes, c’est un certain Gharth, a.k.a. La Chose des Cinq Fantastiques, mais inféodée à Khorne, qui mène la danse. Bénéficiant entre autres pouvoirs surnaturels de la capacité à détecter les Psykers à distance, il entraîne son gang de motards couturés en direction de la spire Vigilans, où feu le missionnaire de l’Aube Spirale a connu une fin tragique lors de son porte à porte prosélytiste.
Bien évidemment, les deux factions se rencontrent et s’affrontent sur le pont reliant Vigilans au continent, escarmouche au cours de laquelle Etelka se fait gravement blesser. Catapulté à la tête des opérations du fait du KO technique de sa génitrice, Aziah parvient à garder la tête suffisamment froide pour comprendre que l’attaque du Crédo n’avait pour but que d’affaiblir ses forces et les inciter à rallier au plus vite le repaire de la Psyker, que Gharth, malgré son traqueur démoniaque, n’a pas localisé précisément.
À malin, malin et demi, et Aziah tend à son tour un piège à ses poursuivants en ordonnant à son arme secrète/frère peu ou très gâté par la nature (selon le point de vue adopté) de prendre à revers les motocyclistes survivants pendant qu’il va présenter ses hommages à la recluse. Ce plan ingénieux aurait sans doute parfaitement fonctionné, n’eut été 1) la possession d’Etelka par un Démon (Redemption, comme Vytarn avant elle, a de gros problèmes d’isolation avec l’Immaterium) après que la renégate se soit confrontée à son ancienne Chanoinesse dans le délire de son agonie, et 2) le statut de mini boss de Gharth, capable de s’enquiller un tir direct de plasma sans trop broncher (du moins au début).
Tout est tout de même bien qui finit bien pour l’Aube Spirale, qui bénéficie de l’intervention salutaire/pichenette mentale de la Psyker sauvage pour envoyer EtelChaos faire de la plongée magmatique en contrebas de la spire. Gharth de son côté finit par se rendre compte qu’il s’est fait fumer, et part donc en fumée, laissant Aziah et sa (future) promise faire connaissance au milieu du carnage. Je ne sais pas s’ils se marièrent, mais ils eurent au moins un enfant…
Prélude au roman ‘Cult of the Spiral Dawn’, ‘Cast a Hungry Shadow’ (titre classe mais assez cryptique) est une pure soumission fehervarienne, en cela que cette nouvelle plonge le lecteur dans un recoin du Dark Coil sans beaucoup de ménagement, et charge à lui de faire sens des événements et des personnages mis en scène et convoqués par l’auteur. Le résultat est aussi particulier que grisant, et récompense les fidèles de la série, plus à même de relier cette histoire avec le reste de la fresque spatio-temporelle tissée par Peter Fehervari. Ce n’est donc pas une nouvelle que je recommanderais comme point d’entrée dans cette œuvre à part de la GW-Fiction, même si l’ensemble est loin d’être hermétique au lecteur de bonne volonté.
Et voilà qui termine cette revue (certes incomplète, mais je ne ferais pas honneur au mystère du Dark Coil si j’allais au bout de la démarche1) de ‘Damnation’, et au risque d’enfoncer une porte ouverte, je répète une nouvelle fois que Peter Fehervari est l’un des tout meilleurs auteurs de la Black Library, et que son Dark Coil est l’une des meilleures choses qui soient arrivées à la GW-Fiction depuis longtemps. Ils ne sont pas nombreux, les contributeurs de cette auguste maison d’édition à pouvoir se targuer de faire de la littérature (oui, j’utilise des gros mots), mais Fehervari fait définitivement partie de ce groupe des happy et gifted few.
À l’heure où cette chronique est écrite (c’est-à-dire après la fin du Siège de Terra, à quelques mois de celle de l’Aube de Feu, et alors que les gammes Warhammer Horror et Warhammer Crime sont en déshérence), la BL semble se chercher un peu en matière de stratégie éditoriale : sortir des canons du grimdark classique et aseptisé en donnant la possibilité à des plumes comme celle de Peter Fehervari de livrer leur vision du 41ème millénaire pourrait être une idée salvatrice. On peut toujours rêver…
1 : J’adore pouvoir sortir un argument fluffique pour justifier ma flemme.
Schattra, "let's the coil grow!"
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Il y a 1 heure, Elnaeth a dit :
J'ai mal a mon master en bio
Les cellules des champignons sont plus proches de celle des insectes (a base de chitine) que des plantes vertes. Les champi sont hétérotrophes comme les animaux. Les plantes, autotrophe (elle produisent leur propre matière organique a partir de matière minérale/gazeuse)
J'aurais du préciser que le raccourci était plutôt une sortie de route.
Cette errance biologique a d'ailleurs été un peu corrigée par GW, qui nous dit que la peau des Orks contient des algues, donc de vrais végétaux qui font vraiment de la photosynthèse. Mais c'est arrivé bien plus tard que l'origine fongique de l'espèce, comme le dessin vintage partagé par @HFXleol le montre.
Schattra, belles plantes
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Si on remonte aux origines officielles, les Orques, Gobelins et Snotlings (et assimilés) de Games Workshop sont verts à cause de la présence de fungus dans leur ADN, ce qui a mené à un gros raccourci (fungus = plante = chlorophylle = vert).
De manière plus extradiégétique, je pense que GW a repris les codes des Orques de Fantasy quand ils se sont lancés sur le marché (à leurs tous débuts, ils ne faisaient que commercialiser des figurines pour améliorer des sessions de jeux de rôle). Les Orques étaient verts à l'époque, et la justification diegétique n'est venue que bien plus tard.
Du coup question additionnelle : qui a décidé que les Orques étaient verts avant que GW entre en jeu ? Je suis assez certain que Tolkien (la source majeure) ne donne pas d'indices sur ce sujet, mais il y a forcement eu un déclic.
Schattra, "déconstruisons les Orques"
Edit: Est-ce que cette assertion de ChatGPT repose sur du vrai fluff ?
Le 02/02/2025 à 22:22, Khaldrek a dit :Officiellement, la teinte verte des Orruks est souvent associée à la Waaagh! et à l’énergie brute de la Destruction
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Merci pour cette première trilogie rondement bouclée @gilian! C'est sûr que l'Abnett du début des années 2000 n'a plus grand chose à voir avec la BL de maintenant, mais ça reste une de mes recos pour initier des potes à la GW-Fiction, et souvent avec succès.
Schattra, "Ra-ve-nor, Ra-ve-nor, Ra-ve-nor !!!"
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Merci pour le relai @Faffnr Bludbroder ! Un dernier tour de piste pour les Seigneurs de Terra, j'aime bien l'idée. Et on peut espérer que l'introduction de la BL (annoncée dans le post sur WC) donnera des indications de l'après-Hérésie.
Schattra, "il reste toujours le roman Primarques sur Horus à sortir, cela dit"
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Bonjour à tous et bienvenue dans cette revue du recueil ‘Legacies of Betrayal’, compilation de (très) courts et moyens formats de l’Hérésie d’Horus publié en 2014. Avec 19 entrées au sommaire, depuis la novella ‘Brotherhood of the Storm’ de Chris Wraight jusqu’aux formats 1.000 mots des calendriers de l’avent 2012 et 2013, cette anthologie a marqué un changement notable dans la stratégie éditoriale de la Black Library, dont les précédents recueils (‘Tales of Heresy ‘, ‘Age of Darkness’ et ‘Shadows of Treachery, pour ne donner que quelques exemples) étaient plus homogènes.
Laurie Goulding, qui officia comme éditeur en chef sur ‘Legacies of Betrayal’, insiste d’ailleurs sur le caractère novateur de cet ouvrage dans sa postface (parce que les préfaces, c’est beaucoup trop classique, reconnaissons-le), le définissant, peut-être de manière un peu pédante, comme une collection plutôt que comme une anthologie. Je n’ai pas honte de reconnaître que la nuance est un peu trop subtile pour moi, mais ce n’est pas le plus important.
Plus de dix ans après la publication de cet épais volume, et maintenant que l’Hérésie est plus ou moins1 terminée, il n’est pas étonnant que constater que les neuf auteurs réunis dans ces pages ne sont absolument pas des inconnus pour l’habitué de la BL, un bon nombre d’entre eux étant même destinés à devenir les Seigneurs de Terra, en charge de l’écriture du dernier acte de cette tentaculaire entreprise. En fait, il serait plus simple et rapide de recenser les absents notables de cette publication, et les noms de Dan Abnett, et dans une moindre mesure, de Rob Sanders, sautent immédiatement aux yeux. Dommage si vous êtes des grands fans des travaux hérétiques de ces pointures de la GW-Fiction, mais il faudra faire sans eux cette fois.
1 : À l’heure où cette chronique est entamée, le roman court Primarques consacré à Horus n’est pas encore sorti, ni même annoncé.
Brotherhood of the Storm - C. Wraight :
Révélation
Alors que l’Hérésie s’est révélée à eux et que le temps des choix difficiles arrive, quelques figures notables (Shiban Khan, Torghun Khan, Targutai Yesugei) de l’énigmatique légion des White Scars, ainsi qu’une Général du Munitorum « adoptée » par ce family man de Jaghatai Khan (Ilya Ravallion), relatent les événements marquants de la fin de la Grande Croisade, quand les choses étaient alors plus simples… sauf pour les logisticiens chargés d’approvisionner les fiers et bordéliques fils de Chogoris, bien sûr.
Commençons par les souvenirs du Prophète des Tempêtes (je tenterais bien le Propête en mot valise, mais c’est un peu limite) Targutai, car ce sont ceux qui remontent le plus loin dans le passé. Encore adolescent, ses pouvoirs latents de Psyker furent révélés par les yeux jaunes qui dénotent les zadyin arga, ou chamanes, sur Chogoris1, et il fut envoyé par son Khan dans les montagnes de l’Ulaav, haut lieu de spiritualité pour les tribus nomades de la planète, afin d’y communier avec les dieux. Après une nuit passée à se geler les miches en contemplant les feux de camp des bandes de guerre parsemer l’immensité herbeuse de l’Altak, le jeunot fut en effet frappé par une révélation lourde en symboles (notamment un petit teaser de l’affrontement à venir entre Space Wolves et Alpha Legion, because of scarry reasons), durant laquelle il se retrouva forcé à picoler par les Fab 4 en personne, sous le regard sévère et désapprobateur d’un Empereur en mode running to stand still.
Pris entre ces injonctions contradictoires, le jeune Targutai – qui s’appelait alors Shinaz – se contenta de descendre une micro gorgée du shooter chaotique pour être poli, décevant absolument tout le monde mais débloquant ses pouvoirs de Psyker. Cela lui fut fort utile dès le lendemain, car il descendit de la montagne pour découvrir que son escorte avait été massacrée par les guerriers d’une autre bande, et dut se carapater ventre à terre pour tenter d’échapper à ses traqueurs. Ayant pris la mauvaise décision et choisi de tenter sa chance en terrain découvert, le chamane novice se fit rapidement rattraper par ses poursuivants montés. Si le stress de sa capture lui permit de neutraliser un adversaire en le bombardant d’éclairs psychiques, son manque de maîtrise lui aurait certainement été fatal sans l’intervention coupe-feu et prise de terre d’un colosse bronzé n’étant autre que Jaghatai en personne. Ayant calmé la crise de l’adolescent par sa seule présence, le Primarque lui expliqua à son réveil qu’il avait de grands projets pour lui, pour Chogoris, et pour la géométrie, ce à quoi Targutai ne put qu’acquiescer2.
Bien des années plus tard, sur une Ullanor post-triomphe impérial, la Générale du Departemento Munitorum Ilya Ravallion tente de mener à bien une tâche quasi-impossible (obtenir une entrevue avec l’élusif Jaghatai Khan, a.k.a la Savonette à moustaches), prélude d’une tâche totalement impossible (convaincre les White Scars de coopérer avec le reste des forces mobilisées par la Grande Croisade). Grâce à l’appui d’un collègue disposant d’un solide réseau professionnel, elle parvient à rencontrer le même Targutai Yesugei, devenu un Prophète des Tempêtes blanchi et scarifié sous le harnais, mais pas très assidu dans son suivi des cours Duolingothique, comme ses difficultés à tenir une conversation avec sa visiteuse le démontrent. Malgré tout, le courant passe suffisamment bien entre les deux pour que Targutai accepte d’arranger une audience entre la Générale et le Primarque, qui prend place quelques jours plus tard sur le Swordstorm, vaisseau amiral de la Vème Légion.
Malgré le coaching généreusement prodigué par Targutai quant à la meilleure manière d’encaisser un face à face avec un des fils de l’Empereur, Ravallion ne s’avère guère convaincante et saoule rapidement Jaghatai ‘moi ce que j’aime, c’est faire VROUM VROUM ‘vec ma MOTOOOOO’ Khan avec son jargon procéduro-logistico-corporate.
Comble de malchance, c’est le moment que choisit ce vieil Horus pour aller saluer son frangin préféré (c’est ce qu’il leur dit à chacun, en tout cas), sans aucun respect pour l’entrevue obtenue de haute lutte par notre héroïne. Concassée par le niveau surhumain de charisme qui émane des deux Primarques, Ravallion passe à deux doigts de la liquéfaction, mais lorsqu’elle revient à elle, a la surprise de s’entendre proposer par Targutai de suivre les White Scars sur Chondax, où le Maître de Guerre les a envoyés écraser les survivants Orks d’Ullanor. Sous ses abords de kéké fan de tuning, Jaghatai est en effet conscient de l’intérêt d’améliorer ses relations avec ceux qui peuvent faire le plein de sa bécane (et il n’aura fallu que 18 messages de Terra pour lui faire comprendre ça, il apprend vite le petit), et Ravallion pourrait donc lui être utile dans un futur proche. Après avoir mûrement considéré la proposition pendant une demi-seconde, la Générale accepte le poste.
Nous terminons la novella sur Chondax, qui est la réponse à la question : et si j’avais une table de Sisyphe, mais vraiment super grande ? A la surface de ce monde à la blancheur minérale, où tout s’efface au bout de quelques heures ou jours, les confréries White Scars chassent les Orks à toutes berzingues. La campagne a été longue, mais les Xenos ont finalement été repoussés jusqu’à une zone ravinée, surnommée Grindr par un opérateur auspex à l’esprit mutin, où le coup fatal pourra leur être porté. La bande de guerre de Shiban ‘Live Love Laugh’ Khan, Chogorissien pur jus et poète revendiqué, est rejointe par celle du Terran Torghun Khan, fan boy ultime des Luna Wolves et beaucoup plus structuré dans son approche de la chose militaire ; et les deux commandants vont devoir apprendre à coopérer et à se respecter mutuellement, ce qui ne se fait pas sans heurts. Wraight nous sert ici une triple dose de baston, et à la fin, Shiban peut accomplir son rêve et voir Jaghatai soloter le Big Boss adverse avec une classe folle, en vertu de son arrivée précoce au cœur de la forteresse des Orks après un rush coûteux en vie d’Astartes, et que le plus rationnel/rabat-joie Torghun a vu d’un mauvais œil. Pendant que ce dernier décide de retourner à sa Loge une fois la bataille remportée, Shiban disserte longuement sur ce qu’être un White Scar veut dire pour lui, et cligne lourdement des yeux en direction de la fin de l’Hérésie, à laquelle il aura évidemment le privilège de participer quelques années plus tard…
Chris Wraight nous fait cadeau de la novella White Scars idéale dans ce ‘Botherhood of the Storm’, qui présente les personnages principaux de l’arc consacré à cette légion d’une manière intéressante et prenante. Les changements réguliers de points de vue, d’époque et de lieux, la présence au casting de Primarques en pleine forme, la confrontation réussie entre les philosophies « Chogoris » et « Terra » dont se revendiquent les protagonistes, et la haute teneur en fluff de cette soumission, font de cette dernière une lecture des plus agréables, même si les scènes de combat auraient pu être un peu rabotées à mon goût. On sent clairement que l’auteur a une affection réelle pour cette légion largement ignorée par la BL et peu décrite dans les suppléments en comparaison d’autres forces de l’Hérésie, et je ne doute pas que vous aurez envie de prolonger l’expérience en lisant la suite des aventures de Shiban, Torghun et C(onfrér)ie(s) dès que vous aurez terminé ces pages. Un quasi sans-faute.
1 : Alors que sur Terra, ça révèle une cirrhose terminale. Beaucoup moins classe.
2 : En même temps, il était devenu esclave de Jaghatai selon les coutumes de Chogoris du fait de sa capture par ce dernier. Il n’avait donc pas vraiment la possibilité de dire non.
Serpent - J. French :
Révélation
Voici Thoros et sa clique, venus tout droit de Davin à la demande de leurs maîtres démoniaques pour éduquer comme il se doit un ramassis de cultistes de bas étage honorant les Dieux dans la clandestinité d’un monde industriel quelconque. Ayant localisé sans difficulté la grotte dans laquelle la Magos du culte était en train de terminer un écorchage rituel, Thoros et sa coterie de prêtres écailleux (on peut plus parler de Scalies que de Furries pour les disciples de la loge du Serpent) s’avancent sans être invités et crash the party avec une efficacité remarquable.
Pas le temps ni l’envie de faire ami-ami avec ces pouilleux sanguinaires : Toto n’est pas là pour raconter des blagues mais pour s’assurer que la planète tombera au Chaos en temps et en heure, très vraisemblablement pour faciliter la suite d’un événement galactique que l’on appellera par la suite Hérésie d’Horus. La fin comptant plus que les moyens, Thoros ne voit aucun problème à défier l’autorité de la Magos autochtone, ce qu’elle ne prend pas avec le sourire : tant pis pour elle, car si le dépeçage d’une victime entravée et droguée est dans ses cordes, le combat à l’arme blanche contre un Prêtre de Davin est en revanche une autre paire de manches, et la meneuse du culte finit bientôt avec une dague dans le bide.
Dans la mêlée furieuse qui s’en suit, et sur laquelle se termine notre court récit, Thoros ne s’en sort pas non plus indemne. Un gros lard parvient à lui percer le cœur de son couteau, mais trop tard pour empêcher la réalisation du rituel de « serpent de fumée glacée et hallucinogène », ou quelque chose dans le style, qui se répand à travers toute la caverne et provoque une épiphanie hystérique parmi l’assemblée. Dans certains cas, il faut le voir pour le croire, et je pense que ça s’applique parfaitement à notre histoire.
La courte nouvelle que nous livre John French a pour elle une atmosphère de mysticisme indéniable, ainsi qu’un déroulé clair qui permet de suivre facilement de quoi il est question dans ces quelques pages. Les choses se compliquent cependant lorsqu’on se demande pourquoi les événements relatés dans ce ‘Serpent’ prennent place.
Aux dernières nouvelles, Thoros est plus connu comme Capitaine des Blood Angels que comme Prêtre des loges de Davin, et comme la planète sur laquelle il se rend pour pourrir le groove de la Magos locale n’est pas identifiée, on est bien en peine de savoir s’il s’agit d’un monde d’une quelconque importance pour la suite d’une Hérésie pas encore en branle à cet instant. Cela devait sûrement être plus sympa en format audio drama, mais à l’écrit, ça rend malheureusement moins bien.
Hunter's Moon - G. Haley :
Révélation
Profitant d’une nuit calme sur le grand océan qui recouvre la majorité de la surface de Pelago, un vieux pêcheur du nom de Tidon décide qu’il est grand temps de régaler son mousse d’un des récits de jeunesse dont il (Tidon, le mousse on ne sait pas) est friand, et lui apprendre ainsi qu’il n’a aucune raison de craindre les flots de cette planète aquatique, car il existe des choses bien plus terribles que les felphins et nautilons1 qui hantent les profondeurs de Pelago. Un raisonnement… intéressant, pour être poli, mais nous ne couperons pas la parole à Tidon et le laisserons enchaîner sur son édifiante histoire.
À l’époque, il servait lui aussi comme matelot sur le bateau de pêche commandé par le capitaine Ven, aux côtés de son cousin Sareo. Tout allait pour le mieux après une journée de dur labeur récompensée par une cale remplie de poissons, lorsqu’une étoile filante d’un type particulier vint déchirer les cieux nocturnes de la planète. Ven, qui avait potassé le Codex Imperialis lors de ses études sur le continent, et même réussi à se faire prendre en photo avec d’authentiques Space Marines, reconnut tout de suite cette apparition fugitive pour ce qu’elle était, c’est-à-dire un vaisseau de l’Astartes en perdition, et mit donc le cap sur le lieu probable du crash afin de secourir d’éventuels survivants.
Le hasard et le scénario faisant bien les choses, le chalutier parvint à localiser l’épave d’un Stormbird frappé des armes de l’Alpha Legion. Laissant Ven stationner en double file avec ses warnings allumés, Sareo et Tidon prirent pied sur le vaisseau spatial, et parvinrent à entrer dans ce dernier après avoir découvert un sas (et les instructions de manipulation obligeamment écrite en haut gothique – que Sareo savait déchiffrer, gage de la qualité du système éducatif de Pelago – à proximité). Après quelques minutes d’exploration, les deux cousins finirent par localiser le poste de pilotage, occupé par deux Space Marines inertes recouverts par une armure grise. L’un des Astartes se réveilla cependant lorsque son casque lui fut retiré afin de contrôler son état de forme, et accepta de suivre ses sauveteurs jusqu’à l’extérieur du Stormbird sans faire trop d’histoire. Sage décision, car l’épave ne tarda pas à sombrer corps et bien après le retour du trio sur l’esquif de Ven, emportant ses secrets sous les flots.
Après avoir comaté quelque temps, le fier Space Wolf – car c’en était un – daigna se présenter auprès des locaux et les éclairer sur les raisons de sa venue sur Pelago. Membre d’une meute dépêchée par Leman Russ en personne pour surveiller les agissements du benjamin de la fratrie, Alpharius, à la suite des regrettables événements de Prospero, Torbjorn n’eut pas le temps de faire de vieux os auprès de ses cousins de l’Alpha Legion. Bien que les Space Wolves fussent accueillis par un banquet, l’ambiance se refroidit brutalement lorsque le Primarque dont ils avaient la charge se présenta à eux et demanda avec raison ce qu’il avait fait pour mériter un tel honneur. Incapable de répondre à cette question, pourtant fort légitime, de manière satisfaisante, les Loulous causèrent un incident diplomatique en refusant de plier le genou devant leur hôte, qui se comporta alors de manière « ignoble et irritante » et osa critiquer leur purge de Prospero. Shocking.
Selon la version de Torbjorn, les Alpha Légionnaires furent les premiers à attaquer, mais toujours est il qu’un combat éclata entre les forces en présence. Bien qu’en sous-effectif, les Space Wolves montrèrent à ces serpents de l’Alpha Legion qu’ils en avaient des velues dans le slibard, et Torbjorn parvint à abattre Alpharius d’un tir de pistolet bolter dans son crâne chauve et huileux, au prix de la vie de la majorité de sa meute. Accompagné de ses derniers camarades, l’envoyé de Russ parvint à piquer un Stormbird dans l’arsenal de ses hôtes et à distancer ces derniers au cours d’une course poursuite rocambolesque. Malheureusement pour les guerriers du Rout, leurs adversaires usèrent du stratagème « Cachés dans la boîte à gants » pour invoquer deux Astartes à l’intérieur du vaisseau2 alors que ce dernier approchait de Pelago, causant suffisamment de grabuge dans le cockpit pour que le Stormbird s’écrase sur cette planète minable (c’est pas moi qui le dit, c’est Torbjorn).
Après avoir écouté leur nouveau copain raconter son histoire, Ven et son équipage, pas plus bêtes que le péquin moyen, ne tardèrent pas à réaliser qu’il n’y avait aucune raison que l’Alpha Legion n’ait pas pu suivre le Stormbird volé jusqu’à Pelago, et que la paisible planète pourrait donc devenir un champ de bataille entre loyalistes et renégats à court terme. Ce sombre pressentiment fut confirmé par Torbjorn, qui avait cependant un plan : il a pu contacter ses copains Space Wolves pour les faire rappliquer au plus vite. Il lui fallait toutefois de rejoindre la terre ferme, et le navire mit donc le cap sur port le plus proche.
Alors que la côte approchait, un nouveau vaisseau spatial vint survoler la zone, celui-ci aux couleurs de la VIème Légion. Reconnaissant l’appareil comme le Hunter’s Moon, Torbjorn se réjouit de ce coup de chance inespéré, avant de réaliser que c’était sans doute trop beau pour être vrai…
Révélation…Et en effet, ce ne furent pas de joviaux alcooliques barbus qui débarquèrent devant nos héros après qu’ils eurent touché terre, mais une escouade d’Alpha Légionnaires, menée par nul autre qu’Alpharius Betarius. Blessé à mort dans son amour propre, car il était certain d’avoir réussi à tuer un Primarque et nourrissait donc le secret espoir de pouvoir frimer devant les potes une fois de retour au bercail, Torbjorn se lança dans une charge suicidaire contre les nouveaux arrivants, et ne réussit qu’à se faire cribler de bolt pour sa peine, et à faire connaître le même sort à Ven et à Sareo. Tidon aurait pu (et dû) se faire aussi trouer la peau, mais le meneur de l’Alpha Legion, aussi benêt que son nom de code le laissait à penser, se contenta de lui lancer un petit sourire en coin avant de sonner la retraite, laissant notre héros indemne mais légèrement traumatisé. Morale de l’histoire : Leman Russ avait souvent des idées à chier.
Guy Haley répond à une question que peu s’étaient posés, à savoir celle du devenir des chaperons envoyés par le prévenant Leman Russ pour surveiller ses forbans de frérots, dans cette nouvelle assez peu inspirée. Son choix d’exposer longuement à quoi ressemble la vie du vulgum pec(he)u(r)s de Pelago en ouverture de son propos, ce qui ne débouche au final sur rien de concret, illustre bien les atermoiements narratifs de ‘Hunter’s Moon’3, que j’ai trouvé assez étonnants (et décevants) de la part d’un auteur du calibre de Haley.
J’ai également trouvé que l’utilisation faite par l’auteur de la légendaire fourberie de l’Alpha Legion tenait plus du gimmick (mY nAmE iS aLpHaRiUs LoLiLoL…) que du choix inspiré, ce qui est assez dommage là encore4. Il aurait été tellement plus satisfaisant de voir Torbjorn et ses comparses se perdre dans le dédale des intrigues dont la XXème Légion est si friande que d’apprendre les subtilités du système éducatif pelagique, ou d’écouter l’incroyablement humble Torbjorn relater comment il a tué un Primarque en mode rapport de bataille romancé de Kill Team, au cours des 14 pages que Haley consacre à cette histoire…
Finalement, et pour en terminer avec mes griefs contre cette nouvelle, je ne pardonne pas à Haley (auteur de science-fiction accompli) d’avoir glissé en lou(p)cedé dans son texte une fuite en Stormbird d’un système solaire à un autre, sans utilisation du Warp pour accélérer la translation. À moins que Pelago soit situé dans un coin de la galaxie où la densité stellaire est exceptionnellement élevée, ou que le transport réquisitionné par les Space Wolves dispose de l’option vitesse lumière, Torbjorn aurait dû en toute logique se crasher dans la grande bleue des siècles après la fin de l’Hérésie.
J’arrête ici de tirer sur l’ambulance et le ‘Hunter’s Moon’, qui ne mérite pas vraiment d’être lu à moins d’être un fan hardcore de l’Hérésie tenu par un serment de complétude.
1 : On dirait de noms de Pokémons, j’ai donc du mal à respecter ces « terribles » bestioles.
2 : Après plusieurs jours, voire semaines, de traque, je précise. On doit saluer l’endurance (et la souplesse) de l’Alpha Legion, dès lors qu’il s’agit de jouer des tours pendables.
3 : Pourquoi ce titre, et pas ‘Hydrologie’ ou ‘Tidon et le Dindon’ (deux choix bien plus marquants à mon avis), alors que le fameux vaisseau en question n’est nommé qu’au détour d’une phrase à la fin de l’histoire, et – je vais me répéter – sans que cela ne débouche sur rien de concret ?
4 : La conclusion de la nouvelle bat également en brèche la réputation de maîtres stratèges de l’Alpha Legion. Pourquoi laisser un témoin de la trahison de la Légion en vie, alors que le plus grand atout de cette dernière est la duplicité ? Certes, les chances qu’un civil isolé sur une planète de troisième ordre puisse révéler cette information à quelqu’un capable d’en faire quelque chose sont très minces, mais pourquoi prendre ce risque, alors qu’il suffisait d’un bolt pour conserver le secret ?
Veritas Ferrum - D. Annandale :
Révélation
Il est des événements auxquels il vaut mieux arriver tôt pour être certain de les expérimenter dans les meilleures conditions. Qu’il s’agisse de se retrouver au 78ème rang d’un concert à la sono capricieuse, ou de découvrir que le bar ne sert plus que des soft, on a tous connu des grands moments de solitude de temps à autres. Fort heureusement (?) pour le Capitaine Durun Atticus et son contingent d’Iron Hands embarqués sur le Veritas Ferrum, le massacre d’Isstvan V ne se déroula pas selon la règle du « premier arrivé, premier servi ». Bien que relégués dans la seconde vague medusane à cause de l’empressement de Ferrus Manus d’aller mettre une taloche à ses frangins rebelles, et ainsi gagner la gratitude (à défaut de l’amour, ce serait trop demander) paternelle, Atticus et ses Space Marines arrivent dans le système à temps pour bénéficier de la légendaire hospitalité des légions renégates, et le Veritas Ferrum se retrouve engagé par deux croiseurs des Night Lords et de l’Alpha Legion à peine sorti du point de Mandeville. On peut dire ce qu’on veut de lui, mais Horus a toujours été un hôte prévenant.
Trop pragmatique et désincarné pour se ronger les ongles (par absence de dents et d’ongles) devant ce coup du sort, Atticus passe en mode MathHammer et prend les décisions qui s’imposent pour sortir victorieux de ce threesome non désiré. Rencardé sur la situation désastreuse des loyalistes à la surface d’Isstvan V et le probable décès de son Primarque par les extraits de communication entre unités Iron Hands captés par le pont du Veritas Ferrum, le pragmatique Capitaine ordonne la retraite, conscient qu’il est de sa responsabilité de sauver ce qui peut l’être de sa Légion de cette débâcle.
C’est le moment que choisissent deux Thunderhawks Salamanders pour se joindre aux réjouissances, talonnés par une escadre de vaisseaux Sons of Horus et Emperor’s Children. À leur bord, le Sergent Khi’dem contacte le Veritas Ferrum pour l’implorer de les prendre en stop avant qu’il ne leur arrive malheur, et parvient à toucher une des rares cordes sensibles d’Atticus lorsqu’il révèle que des Iron Hands font partie des survivants ramassés par les altruistes fils de Vulkan avant leur départ en catastrophe. Atticus se ravise donc, et le Veritas Ferrum se jette dans la gueule du loup lunaire1 pour prendre à son bord les Thunderhawks durement éprouvés, héritant au passage de quelques dommages supplémentaires dont une brèche critique sur un flanc.
Au final, l’acte chevaleresque d’Atticus lui coûte plus de vies d’Astartes qu’il n’en rapporte (c’est ce qui s’appelle se faire ratio au 31ème millénaire), et le saut Warp que le Veritas Ferrum s’apprête à faire pour semer ses poursuivants s’avère des plus risqués, les dommages de coque subis lors de la dernière canonnade ayant compromis son intégrité. Les mains de fer et leurs amis à écailles et à plumes parviendront-ils à s’en sortir ? La réponse au prochain épisode…
Prologue du plus mauvais (ou en tout cas, le moins bien accueilli par la communauté, comme sa note de 3.26 – aux dernières nouvelles – sur GoodReads le montre) roman de l’Hérésie d’Horus, ‘Veritas Ferrum’ n’est pas aussi mauvais que son infâme filiation pourrait le laisser craindre. Cette petite nouvelle permet ainsi d’illustrer le côté sans concession des Iron Hands, prêts à abandonner leurs frères et leur Primarque sur le champ de bataille si cela leur permet de maximiser leurs chances de remporter la campagne. Pas mémorable, mais pas abominable non plus.
1 : Enfin plus vraiment à ce stade, mais si vous avez compris la référence, vous excuserez la blague (ou l’inverse).
Riven - J. French :
Révélation
Crius du Clan Kadoran jouissait d’une pré-retraite bien méritée sur Terra au sein de l’Ost de Croisade, lorsque la trahison d’Horus força le paranoïaque Rogal Dorn à incarcérer de façon préventive tous les représentants des légions Astartes (sauf la sienne, bien sûr #Népotisme #TousPourris) présents sur le Monde Trône, le temps de confirmer la loyauté de chacun par une contre-enquête rigoureuse. Détenu dans le complexe de haute sécurité de Khangba Marwu pendant de longs mois, sans égards pour son statut de grand invalide de guerre, Crius se réveilla un beau jour sur un vaisseau spatial en partance pour une destination inconnue.
Plutôt d’apprendre que son OQTT était mise en exécution et qu’il était renvoyé sur Medusa comme un indésirable, notre héros couturé eut la très désagréable surprise d’être mis au courant de la mort de son Primarque sur Isstvan, pénible nouvelle que ce grand diplomate et fin connaisseur du cœur humain de Sigismund lui délivra avec tout le tact nécessaire. Profitant de l’erreur 404 qui réduisit momentanément Crius au silence après cette annonce dévastatrice, le Premier Capitaine des Imperial Fists instruisit ce dernier qu’il était désormais attendu de lui qu’il aille à la rencontre des fragments épars de la Xème Légion et en ramène le plus possible sur Terra avant qu’Horus ne débarque avec ses renégats. En cela, il pourrait compter sur un véhicule de courtoisie, l’Oathbound, ainsi que sur l’appui et la surveillance de Boreas, Lieutenant Templier de l’entourage de Sigismund1. Zou, galinette.
Après avoir essuyé échec sur échec pendant plusieurs mois, l’Oathbound finit par capter un signal prometteur, l’image d’un volcan éteint associé à des coordonnées menant à un système solaire dans l’amas d’Arinath. Dans la symbolique médusane, il s’agissait d’une convocation à fins militaires, et le vaisseau impérial mit donc cap sur cette destination.
À son arrivée, l’Oathbound ne fut pas long à trouver un vaste vaisseau forge Iron Hands en piteux état, le Tethis. Ayant pris pied à bord, Crius et Boreas furent accueillis par une poignée d’Astartes plus très frais, menés par un Sergent plus qu’à moitié mécanique à ce stade (Athanatos) ainsi que par le capitaine du vaisseau, Phidias. La demande de relocalisation du Thetis et de son équipage dans le système solaire formulée par Crius n’ayant provoqué comme toute réponse qu’un « 01000010 01101111 01100110 » franc et massif chez les Iron Hands, les deux émissaires de Sigismund se retrouvèrent bloqués sur place, car le signal qui les avait menés jusqu’ici n’était en fait pas un appel mais un appât, destiné à attirer des hérétiques à portée des canons des orphelins de Ferrus Manus.
Et en effet, il ne fallut pas attendre longtemps avant qu’une escadre Sons of Horus fasse son apparition sur les cogitateurs du Thetis. Malgré le rapport de fort très déséquilibré en faveur des suivants du Maitre de Guerre, les Iron Hands choisirent de livrer bataille, confiant dans leur arme secrète pour triompher des renégats.
Cette arme secrète, il ne fallut pas non plus attendre longtemps pour que Crius et Boreas, laissés de facto sans surveillance par un Phidias trop occupé à diriger son épave pour jouer les babysitters, la découvrent au hasard de leurs pérégrinations dans les coursives du vaisseau. Interloqué par la chaleur démentielle s’échappant d’une aile du Thetis, Crius se glissa à l’intérieur avec un bidon de liquide de refroidissement, et tomba nez à nez avec un data center un alignement de caissons cryogéniques, réceptacles des dépouilles mortelles de centaines d’Iron Hands, dont Athanatos2 (reparti pioncer après son entrevue avec ses visiteurs).
Il ne fallut pas longtemps ter au docte Crius pour réaliser que ses frères légionnaires avaient contrevenu aux ordres laissés par Papa Ferrus de son vivant, et utilisé des technologies pas très jojo, connues sous le nom de code de Clés de Hel, afin de ramener à la vie des cadavres. Athanatos, réveillé par Phidias afin de guider son armée de Space Zombies à l’assaut des vaisseaux chaotiques, le confirma à ses interlocuteurs, provoquant la juste colère de Boreas, qui comme tout bon Black Templar (même s’il avait un peu d’avance sur la création du Chapitre) détestait ce qu’il ne peut pas comprendre, et donc détestait beaucoup de choses. L’Imperial Fist attaqua donc Athanatos pour haute trahison et rupture de la chaîne du froid (et on sait à quel point les Templiers tiennent à ce que leurs chaînes restent en un morceau), et lorsque Crius vint au secours de son camarade, il s’en prit aussi pour son grade.
Au terme d’un combat épique, le vioque et le macchabée parvinrent à envoyer le fanatique au tapis, et Crius usa de ses dernières forces pour appuyer sur le bouton « Invocation de Nehek » du sceptre trotrodark qu’Athanatos avait récupéré à sa sortie de boîte. Cette action sortit le reste des Revenants Iron Hands de leur torpeur, et au bout d’un affrontement sans pitié, le Thetis parvint à détruire trois des vaisseaux Sons of Horus en envoyant ses troupes de choc à l’abordage (bien aidé également par l’intervention désintéressée de l’Oathbound au moment où l’escadre hérétique avait la haute main dans les combats).
La nouvelle se termine là où elle a commencé, aux confins du système solaire. Crius, que son combat avec Boreas a tellement esquinté qu’il est devenu un Revenant à son tour, renvoie l’Imperial Fist à la niche, en lui disant de rappeler quand il en aurait vraiment besoin. Dans l’intervalle, les Iron Hands du Tethis poursuivront leur guerre de vengeance contre ceux qui les ont trahis sur Isstvan, et avec leur capacité à revenir d’entre les morts, ils sont bien équipés pour souffler dans les bronches de ce salopiot d’Horus…
John French ouvre un arc secondaire diablement savoureux de l’Hérésie d’Horus avec ce ‘Riven’3, qui met un coup de projecteur sur l’impossible deuil de leur Primarque auquel les Iron Hands sont confrontés, et les choix radicaux faits par certains des survivants d’Isstvan à la suite de ce traumatisme. Cela aurait pu être assez grotesque en cas de mauvaise exécution, mais la rencontre entre Space Marines mécaniques et nécromancie est une vraie trouvaille tant sur le plan narratif que sur celui du lore, et donne envie de s’intéresser à la suite du parcours mort-vivant de Crius et de ses acolytes zombifiés (ce sera le cas dans ‘The Keys of Hel’).
1 : On notera au passage que ce dernier s’est déplacé en personne jusqu’aux confins du système solaire pour briefer Crius, ce qui est soit une marque de respect, soit une preuve qu’il s’ennuyait à mourir sur Terra.
2 : « A-Thanatos », qui peut se traduire par « non-mort » en grec. De même, Phidias était un sculpteur de la Grèce antique, réputé pour ses statues plus vraies que nature. John French s’est fait plaisir avec ces noms.
3 : Que la traduction française affaiblit cruellement à mon sens : plutôt que ‘Tiraillé’, Déchiré, Ecartelé ou même Disséqué auraient été plus fidèles à l’atmosphère de la nouvelle.
Strike and Fade - G. Haley :
Révélation
Au lendemain de la monumentale trahison d’Isstvan V, un groupe de quatre Légionnaires Salamanders (Jo’phor, Hae’Phast, Go’sol et Donak) essaie tant bien que mal de survivre dans les désolations désolantes et désolées de cette planète désormais maudite. Bien que le moral soit bas, les loyalistes peuvent compter sur des activités de team building cathartique pour tenir le coup, comme par exemple embusquer des bikers Night Lords s’étant aventurés dans la pampa pour pratiquer la chasse à courre nostramane. C’est exactement comme celle que l’on connaît, sauf qu’il faut remplacer le renard par un Raven Guard à poil (si on n’en a pas, une autre Légion fait aussi l’affaire), et les chevaux par des motos. On peut utiliser une meute si on en a une sous la main, ce qui n’était pas le cas de nos amis de la 8ème. On ne peut pas toujours tout prévoir.
Comme on peut s’y attendre, les gentils lézards règlent leur affaire aux affreux jojos avec une efficacité consommée, et en profitent pour piquer le matos et les rations de leurs victimes afin d’alimenter leur effort de guérilla. Comme on dit, les petits ruisseaux font les grandes rafales de bolter. Malheureusement, leur camarade corbeau hérite d’une blessure thoracique mortelle au cours de l’échange de tir, et meurt dans les bras du noble Joe Fort, non sans avoir exprimé sa gratitude éternelle (plus que lui en tout cas) à ses frères de bataille pour l’avoir sauvé des griffes des Night Lords. Victoire tactique et victoire morale pour les Salamanders. Qu’ils en profitent, il n’y en aura plus beaucoup d’autres d’ici à la fin de l’Hérésie…
Si en 2012 tout le monde connaissait déjà la grande histoire d’Isstvan V (racontée dans ‘Galaxy in Flames’ par Ben Counter dès 2006), le sort des quelques survivants épars des Légions loyalistes étant tombées dans le piège de ce fieffé fripon d’Horus n’avait pas encore été couvert par grand-monde au sein de la Black Library. Guy Haley fut donc parmi les premiers à (re)donner leurs lettres de noblesse aux losers magnifiques des Légions Brisées, bien avant que Nottingham ne leur consacre un recueil de nouvelles (2017). Cette parenthèse historique mise à part, il n’y a pas grand-chose à dire de ce ‘Strike and Fade’, qui présente les Salamanders sous l’angle favorable qu’on leur connaît, mais ne développe pas assez son quatuor de personnages pour qu’on s’attache à eux. Potable.
Honour to the Dead - G. Thorpe :
Révélation
Convoquée sur Calth en préparation de la prochaine étape de la Grande Croisade, la Legio Praesagius, se rendait à la queue leu leu jusqu’au site d’embarquement lui ayant été attribué, à proximité de la cité d’Ithraca, quand l’impensable se produit. Un barrage de feu s’abat soudainement sur les vaisseaux et les machines impériales, plongeant le contingent dans la confusion la plus totale et prélevant un lourd tribut parmi la soldatesque : ces fripons de Word Bearers ont abattu leurs cartes, et la bataille pour Calth vient d’être déclenchée. Profitant de sa position dans l’arrière garde de la légion titanique, le groupe de bataille Argentus, placé sous les ordres du Princeps Mikal, a le temps de se désengager de la kill zone et décide de se replier sur Ithraca afin de faire la liaison avec le reste des forces loyalistes.
Seulement, s’il est une chose qui nuit fortement à l’urbanisme civil, c’est bien l’affrontement entre plusieurs dizaines de Titans, guère soucieux de la minimisation des dommages collatéraux. Les habitants d’Ithraca se retrouvent donc soumis à un mélange de bombardements et de démolitions de bâtiments (sans compter les dommages auditifs causés par les déflagrations et les sirènes des machines du Mechanicus) qui envoie une bonne partie d’entre eux rejoindre la droite de l’Empereur. Perdue au milieu de cette bataille indiscriminée, une jeune mère (Varinia) ne pense qu’à sauver son bébé (Pexilius), et croise heureusement la route d’un trio d’Ultramarines (Aquila, Gaïus et Septival), qui après l’avoir sauvée des déprédations de cultistes chaotiques, accepte qu’elle les accompagne jusqu’au point d’évacuation le plus proche. Et tout ça, parce que le petit a le même nom que leur défunt Capitaine. Rigolez pas, y a un film de super héros à gros budget qui a utilisé la même justification pour réconcilier Batman et Superman, alors…
Du côté des True Messengers (l’autre nom de la Legio Praesagius, choisi pour faire la distinction avec la messagerie toute pourrie de Meta), Mikal a tiré l’objectif « ouvrir la boîboîte » et emmène donc son groupe en direction de l’épave du vaisseau de transport Aratan, dans laquelle sont prisonniers quelques beaux bébés titaniques, et qui pourraient faire basculer la bataille en faveur des zentis s’ils parviennent à se dégager de la zone du crash. Mais les méshans ne l’entendent pas de cette oreille, en particulier le Princeps Tyhe de la Legio Infernus, dont le Warhound Denola se met en chasse de l’Invigilator de Mikal, après avoir commis quelques crimes de guerre sur la population civile d’Ithraca.
Comme on peut s’y attendre, les deux intrigues finissent par se rejoindre dans un dénouement digne d’un film d’action plein de testostérone et de bons sentiments de l’époque de Reagan. Le Denola arrive à embusquer l’Invigilator à proximité du bâtiment où Verinia et ses protecteurs avaient fait halte pour reprendre leur souffle, et aurait sans doute réussi à abattre le Titan loyaliste sans le combo fatal « cri perçant » de Verinia et « regard d’innocence » de Baby Pexilius, qui attire l’attention de Tyhe et lui fait reconnaître que, sacrebleu, il est devenu un méshan tré méshan ! Cette réalisation absolument bouleversante permet à Mikal de reprendre l’avantage sur son adversaire en proie à de terribles remords, et de lui coller un tir de fuseur fatal dans la carlingue.
Quelques dizaines de mètres plus bas, Gaïus a héroïquement donné sa vie pour protéger Verinia et son chtiot d’une chute de gravats provoquée par l’affrontement des Titans (décidément, les armures énergétiques Mark IV ont des défauts de robustesse), mais la pauvrette avait perdu trop de sang hors cadre pour survivre à son propre hurlement de banshee, laissant Pexilius orphelin, et aux bons soins de Septival et Aquila, qui échangent quelques banalités sur l’importance de défendre la population civile même si tout semble perdu, bla bla bla. Coupez, elle est bonne, merci les gars1.
On termine par la remontada pressentie plusieurs pages auparavant, lorsque des décombres de l’Aratan, la forme gigantesque du Warmonger Immortalis Domitor finit par s’extirper, renversant en une salve dévastatrice le cours de la bataille et sauvant les miches passablement roussies de l’Invigilator. Ça c’est du happy end comme on les aime.
L’infatigable pionnier de la GW-Fiction, Gav Thorpe, parvient à créer un sous-genre particulièrement osé dans ce ‘Honour to the Dead’, puisqu’il combine guimauve et grimdark pour un résultat particulièrement passable (mais qui se prononce par contre assez bien : guimdark). Le mélange d’action bourrine et peu inspirée d’un côté, et d’hectolitres de bons sentiments de l’autre, s’additionne pour donner naissance à une nouvelle qui aurait pu être absolument oubliable, n’eut été la nullité comique et cabotine des dialogues (qui sont d’ailleurs souvent des monologues) signés par le même Thorpe. Ça donnerait presque envie d’acheter la version audio drama – car ‘Honour to the Dead’ est d’abord sorti sous ce format – pour entendre comment les acteurs vocaux embauchés par la BL s’en sont sortis. Presque. Et dire qu’Aaron Dembski-Bowden aurait (c’est peut-être totalement bullshit) qu’il s’agissait de sa nouvelle préférée de l’Hérésie d’Horus…
1 : Pour la forme et le lol, on remarquera que le désespoir a changé de camp d’un dialogue à l’autre. Dans le premier, Aquila était persuadé que la légion des Ultramarines allait être détruite sur Calth. Dans le second, c’est Septival qui désespère du futur de l’Imperium. Je rappelle qu’on est deux heures après le début de la bataille de Calth à ce stade, et le moral de la bleusaille est déjà au niveau des arcologies…
Butcher's Nails - A. Dembski-Bowden :
Révélation
Pendant que le gros de ses forces (et par là, il faut entendre Kor Phaeron, qui ne rentre plus dans son armure énergétique après avoir abusé de tartelettes citron meringué au self) est sur le point de lancer son projet
sur Calth, au nez aquilin et à l’absence de barbe de Roboute Guilliman et de ses Ultramarines, Lorgar se prépare à faire du sale à l’autre bout des 500 Mondes. S’il a planifié sa Croisade des Ombres dans les moindres détails et a obtenu sa validation de la part d’Horus en personne, le Primarque doré doit cependant compter sur un aléa imprévu et diablement chronophage : la soif de sang de plus en plus incontrôlable de son frère Angron, aussi mis sur le coup par le Maître de Guerre, sans doute pour ne pas l’avoir dans les pattes. On a tous dû un jour garder un petit gamin pénible pour dépanner un proche, et si c’est horripilant quand on a affaire à Jean-Kevin, 5 ans et une addiction problématique à la Pat’ Patrouille, imaginez ce que ça doit être quand Jean-Kevin fait 3 mètres, 400 kilos, et a une addiction problématique à l’hémoglobine. Pauvre Aurelian.
D’une nature raisonnable, pour ne pas dire couarde, Lorgar a commencé par tolérer les écarts de son complice en hérésie, mais les velléités d’Angron de détruire toute vie1 sur chacune des planètes croisant la route de la flotte combinée des World Eaters et Word Bearers, au lieu de simplement les piller et raser leurs principales cités, a mis la petite entreprise séditieuse des légions renégates dans le rouge au niveau des délais. Après cinq mondes dépeuplés dans les règles de l’art, mais sans aucune considération pour le retroplanning, les deux légions sont à un cheveu de commencer leur propre guerre civile. Fort heureusement, leurs Primarques sont tous les deux chauves, et surtout, c’est le moment que choisit une flottille eldar pour sortir de la Toile sans être annoncée, et de se livrer à un assaut en règle du Conqueror, vaisseau amiral de la XIIème légion, profitant de son relatif éloignement du reste de la flotte.
Coupé au moment où il allait conseiller à son cher frangin de s’asseoir sur son crozius pour communier plus profondément avec son panthéon (une bonne répartie, mais dure à déclamer avec le bon tempo quand on a du mal à faire des phrases de plus de trois mots), Angron n’hésite pas longtemps avant d’ordonner à Lotara Sarrin, la Capitaine du Conqueror, de donner une bonne leçon à ces empêcheurs de s’engrainer en rond. Et si les vaisseaux Xenos sont rapides et fuyants, ils ne le sont pas assez (apparemment) pour esquiver l’arme spatiale la moins pratique de la galaxie, à savoir les griffes d’Ursus, soit des harpons géants reliés à des chaînes tout aussi géantes. Une salve dévastatrice plus tard, les assaillants sont mis en fuite, laissant les renégats libres de reprendre leur bisbille là où ils l’avaient laissée.
Si Lorgar est tout prêt à utiliser ce prétexte pour repartir du bon pied avec son frère soupe au lait, Angron de son côté n’en démord pas : un tel outrage doit être puni. Il se lance donc en chasse des Eldars, peu aidé en cela par la technologie avancée de ces derniers, qui rend proprement impossible de savoir où ils sont partis. Fort heureusement, Lotara Sarrin a une idée aussi lumineuse qu’osée : puisque les Eldars en avaient après le Conqueror, il suffit d’envoyer le vaisseau amiral se promener tout seul dans l’espace pour déclencher une nouvelle attaque des Xenos. Angron en bave de joie, et si Lorgar trouve que c’est encore du temps perdu pour pas grand-chose, il accepte toutefois de seconder la lubie psychotique de son frangin.
Le plan de l’astucieuse Sarrin se déroule sans accroc et les Eldars refont donc leur apparition dès que le Conqueror s’éloigne suffisamment du reste de la flotte. Mal leur en prend toutefois, car le cyber truck d’Angron (en moins moche tout de même) encaisse leurs assauts sans broncher, et, grâce au miracle technologique des griffes d’Ursus, le vaisseau amiral des Zoneilles se retrouve embroché et immobilisé, ce qui permet aux deux Primarques de partir à l’abordage dans la joie et la bonne humeur.
La suite n’est qu’un sombre massacre d’Eldars l’étant tout autant, qui tombent par dizaines sous les coups des fils de l’Empereur. Lorsqu’ils finissent par arriver sur le pont de commandement, les Pépé Bros font place nette, mais ont la politesse de laisser le meneur drukhari faire une ultime déclaration avant de le faire s’asseoir sur le crozius de Lorgar, qui voulait vraiment voir si ça avait des bénéfices physiologiques. Surprise, l’Eldar explique à demi-mots que cette attaque avait pour but d’empêcher Angron de devenir un démon de Khorne, et si le principal intéressé ne pige absolument rien au charabia mystique de sa future victime, Lorgar note quant à lui la prophétie dans son petit calepin à fourberies, car cela lui a donné une idée… diabolique.
Au sortir de ce safari fraternel, qui a tout de même salement amoché le Conqueror, les deux Primarques se quittent en relativement bons termes, bien qu’Angron ne soit pas dupe du sourire fielleux et des ricanements grinçants que Lorgar lui assène depuis leur purge commune du vaisseau eldar. Ça cache quekchose, comme disait Bashung en son temps. La scène de fin revient à Khârn et à Argel Tal, qui croisent le fer dans les arènes World Eaters pour passer le temps, et arrêtent leur duel lorsque l’annonce de l’assaut sur Calth par les Word Bearers est relayée à travers la flotte. La Croisade des Ombres a officiellement débuté…
Magnifique nouvelle de jonction entre ‘The First Heretic’ et ‘Betrayer’, ‘Butcher’s Nails’ est une démonstration de maestria ès GW-Fiction par un Aaron Dembski-Bowden qui domine totalement son sujet, que ce soit sur le fond ou sur la forme.
Comme souvent avec cet auteur (et les auteurs accomplis en général), c’est d’abord l’attachement immédiat que l’on ressent pour tous les personnages – ok peut-être pas le capitaine Eldar Noir décapsulé par Angron – qu’il met en scène au cours de ces quelques pages qui ressort comme le gros point fort de cette histoire. Angron le psychopathe sanguinaire qui peut se montrer réfléchi et spirituel, et dont la tragique fuite en avant vers la démence apparaît proprement pathétique. Lorgar le conspirateur zélé, qui marche sans cesse sur la ligne de crête entre attention sincère envers un frère meurtri, et calcul machiavélique afin de plaire à ses nouveaux maîtres. Les deux protagonistes de ‘Butcher’s Nails’ s’opposent et se complètent fort bien, aussi bien dans le déroulé de la nouvelle que sur le pont du croiseur eldar qu’ils nettoient en bonne intelligence. Khârn, Lotara Sarrin et Argel Tal, en seconds rôles solides, viennent compléter cette galerie de personnages qu’on a plaisir à voir évoluer et interagir.
J’ai également apprécié le fait que ‘Butcher’s Nails’ n’est pas un simple épisode de remplissage dans l’arc WB + WE = LOVE BLOOD d’ADB. On y trouve les racines de la mésentente entre les deux Primarques en charge de la Croisade des Ombres, temporairement réconciliés à la fin de leur traque aux Zoneilles, mais également l’événement déclencheur de l’apothéose involontaire d’Angron dans ‘Betrayer’, lorsque Lorgar est mis au courant des visions que les Eldars ont eu du futur démoniaque du Primarque des World Eaters. Il est ironique de réaliser que sans la tentative des Xenos d’empêcher ce futur sanguinaire, Lorgar n’aurait peut-être pas réalisé le potentiel de son frérot, et n’aurait donc pas tout fait pour l’emmener en casting devant le trône de Khorne… Un paradoxe temporel classique mais de bonne facture, et c’est suffisamment peu commun pour être apprécié.
Pour le reste, le rythme est enlevé, les scènes de combat bien mises en scène et chorégraphiées (quel fanboy ne rêverait pas de voir deux Primarques combattre côte à côte, aussi…), et on a le droit à quelques éléments fluff loin d’être dépourvus d’intérêt : du travail soigné dans les moindres détails, et une soumission qui se place dans le haut du panier (à linge) de l’Hérésie, pour sûr.
1 : La légende raconte que les World Eaters sont restés 10 jours de plus que les Word Bearers sur Turem : 3 jours pour massacrer toute la population et la faune locale, et une semaine pendant laquelle Angron a essayé de venir un bout d’un unique tardigrade, sans aucun succès.
Warmaster - J. French :
Révélation
Horus profite d’un de ses rares moments de paix depuis qu’il a lancé son hérésie pour soliloquer sur le sort qui est le sien dans le confort ouaté marbré de la salle du trône du Vengeful Spirit. Comme il le dit lui-même, être Maître de Guerre n’est pas une sinécure, surtout lorsque le titre est décerné par un Empereur plus concerné par ce que le Primarque inter pares ne doit pas faire que par ce que le poste apporte comme avantages. De même, il n’est pas facile de mener à bien un coup d’état galactique quand on hérite de la moitié la plus dysfonctionnelle de la super fratrie pour jouer au régicide contre son Pépé. À tout prendre, Horus aurait bien aimé que Sanguinius, Roboute Guilliman et même Corax (un peu d’amour pour les corbeaux emo, ça fait du bien) le rejoignent, plutôt que de se coltiner les manigances tarabiscotées et inefficaces de Lorgar et d’Alpharius, les bouderies de Mortarion et la cyclothymie de Perturabo. Comme on disait à la fin de M1, if you can’t be with the ones you love, love the ones you’re with.
Qu’importe ces menus désagréments et la nullité crasse des bras cassés qui l’accompagnent, Horus sait qu’il est le surhomme pour le job, et que chaque bataille, chaque massacre, chaque désastre, sert sa cause. C’est ça l’avantage de servir le Chaos : on est autorisé à se réjouir lorsque tout part à vau l’eau, car après tout c’est ce que les patrons désirent, pas vrai ? Notre histoire se termine avec la révélation de l’identité du bienheureux individu à qui Horus a déballé ses profondes réflexions sur la conjoncture, car non, il n’est pas (encore) assez fou pour parler tout seul…
Révélation…Et il s’agit du psychiatre préféré des Primarques félons, Ferrus Manus en personne1. Ou son crâne, en tout cas, que le Maître de Guerre a gardé comme souvenir du bon vieux temps. Qui pourrait se lasser de prendre la tête de la Gorgone, aussi, hein ?
Un seul en scène d’Horus, sur un livret de John French, franchement, ça se prend. Mine de rien, recueillir les états d’âme du protagoniste (et antagoniste) de l’Hérésie, c’est toujours appréciable d’autant plus que ça n’arrive pas si souvent que ça au cours de la série. French nous livre un Horus encore fréquentable, toujours charismatique, et sans langue de bois sur ses alliés aussi bien que sur ses adversaires : voilà un Primarque tel qu’on aime en voir dans les pages de la GW-Fiction. Solide.
1 : Fulgrim aussi apprécie beaucoup faire des confidences à son frère favori (‘Imperfect’).
Kryptos - G. McNeill :
Révélation
L’Hérésie est arrivée sur le Monde Forge de Cavor Sarta, et malgré ses meilleurs efforts pour rester fidèle à l’Omnimessie, la planète a été conquise par un effort combiné des Night Lords et des Word Bearers en l’espace de six jours (ce qui n’est pas beaucoup, mais après tout les renégats étaient venus par milliards -sic-). Depuis, les conquérants s’amusent à faire péter les arsenaux et à torturer les machines (monstres !) du Mechanicus, et aussi un peu à utiliser les anciennes technologies datant des âges du fer et de l’or pour créer des amalgames innommables, comme des tours de poterie avec charrue intégrée. Pas sûr que ça aide beaucoup Horus à arriver jusqu’à Terra, mais le Chaos est aussi création, ne l’oublions pas.
Dans ces ruines où règnent l’anarchie la plus totale, un duo de Space Marines loyalistes, le Raven Guard Nykona Sharrowkin (Nico) et l’Iron Hand Sabik Wayland (Seb) se sont déployés discrètement pour entreprendre une mission à haut risque : capturer un Kryptos. Qu’est-ce qu’un Kryptos, vous demandez vous ? Eh bien, c’est un sobriquet attribué par l’inventif Seb à ce que les autorités compétentes appellent Unlingual Cipher Hosts, soit une sorte de Serviteur chaotique spécifiquement créé pour encoder et décoder les messages échangés par les rebelles. Ce galimatias hérétique est bien entendu indéchiffrable par les forces fidèles à l’Empereur, faisant de la capture et du hack d’un de ces Kryptos une priorité stratégique de premier ordre. Membres d’un petit contingent de ce qu’on appelle pudiquement les Légions Brisées, Seb et Nico savent que du succès de leur entreprise peut dépendre beaucoup, mais leur opération capture the trad’ ne sera pas une partie de plaisir.
En guise d’échauffement, nos compères tombent sur le râble d’un honnête et presque placide Ferrovore (encore une trouvaille de Seb, le créatif de l’équipe), bête de guerre à moitié démoniaque occupée à brouter des poutrelles métalliques dans le no man’s land. S’il leur aurait été facile de régler son compte à cette bestiole balourde, il s’agissait pour eux de la neutraliser temporairement afin de pouvoir lui implanter un terminal de contrôle, et ainsi la faire passer dans leur camp. Grâce aux talents de tireur de Seb et ceux de triple sauteur de Nico, cette étape préliminaire est franchie haut la main (de fer), et les choses sérieuses peuvent commencer.
Profitant de la couverture apportée par leur nouveau gros copain1, le duo infernal peut se rapprocher de sa cible, un complexe très bien gardé où est sensé se trouver un Kryptos, sans attirer l’attention. Une fois sur place, le problème sera de franchir les cordons de sécurité pour mettre la main sur le nerd chaotique, que ses protecteurs n’hésiteront sans doute pas à abattre s’il menaçait d’être capturé. Comme Nico considère qu’une infiltration est impossible, il revient à Seb de résoudre cet épineux problème, en… faisant appel à un ami, ici l’esprit de la forge conquise par les cultistes.
Grâce à un petit gadget remis par un Techno-Adepte de sa connaissance, l’Iron Hand arrive à entrer en contact avec l’esprit de la machine du complexe, qui décide de mettre le réacteur nucléaire dont il tirait son énergie en surchauffe, pour apprendre aux hérétiques à saloper la moquette avec leurs gros pieds boueux. L’alarme générale qui s’en suit débouche logiquement sur un sauve qui peut collectif, et dans la cohue, Nico repère un Word Bearer qui part en petites foulées avec un mec en robe sous le bras. Pendant que Seb et le Ferrovore sortent les flingues et foncent dans le tas pour occuper l’ennemi, le Raven Guard part à cloche pied récupérer la gonfle.
On s’en doute, l’unité gardien de but chaotique ne fait pas long feu face aux talents meurtriers de notre fringant et bondissant héros (fallait prendre des cultistes aussi, le joueur Chaos est un n00b), et Nico revient dare dare sur la position occupée par ses alliés, rapportant avec lui un Kryptos geignard mais parfaitement fonctionnel. Ne reste alors plus à Seb qu’à synchroniser le déclenchement de la grenade de stase que le Q (Raymmond) Koppa des Légions Brisées lui a fourni avec l’explosion du réacteur du complexe pour se protéger de cette dernière pendant que les hérétiques se prennent chacun 10D6 blessures de Force 83 dans le buffet. Pouf mallette, comme on dit dans le jargon.
Une fois revenus à eux, nos deux gais lurons n’ont plus qu’à lancer leur balise de téléportation pour solliciter une évacuation rapide de la part de leur vaisseau spatial, planqué dans un champ d’astéroïdes en orbite. Il ne faudrait pas traîner, les niveaux de radiation à proximité de l’épicentre d’une explosion nucléaire, quelques minutes seulement après la détonation, étant probablement assez élevés pour transformer le Kryptos en tumeur géante en cas de séjour prolongé, mais ce n’est qu’une formalité après cette brillante exécution d’un plan superbement conçu. Trop facile l’Hérésie, trop facile.
Variation sur le thème du buddy movie, ‘Kryptos’ est une soumission d’un Graham McNeill en pleine possession de ses moyens. Du rythme, du style (je l’ai trouvé particulièrement inspiré dans ses descriptions des créations du Mechanicum Noir, bien glauques), des personnages qui se complètent bien, de l’inventivité dans les péripéties (usage bien pensé des armes de stase pour survivre à une explosion nucléaire), un enjeu crédible et adapté aux forces en présence : on n’est pas loin du sans faute, et on ne dit pas non à poursuivre notre baroud d’honneur en compagnie des inflexibles combattants des Légions Brisées.
1 : Je choisis de penser que les Légionnaires ont apporté un landau géant avec eux, se sont mis dedans et ont ordonné au Ferrovore de les pousser jusqu’à destination.
Wolf's Claw - C. Wraight :
Révélation
Les retrouvailles entre Space Wolves et Alpha Legion dans la nébuleuse d’Alaxxes se passent ou très mal, ou parfaitement bien, selon à qui on demande. Du côté des loulous, ce n’est pas la grande forme, et nous retrouvons le bon-mais-pas-encore-vieux Bjorn alors qu’il mène un assaut dans les coursives d’une frégate renégate avec quelques sous-fifres. Confronté à un ennemi de taille (un champion en armure Terminator), il reprend son souffle planqué derrière le comptoir avant de se ruer à nouveau au combat, et c’est le moment que choisit Chris Wraight pour nous balancer un petit flashback des familles.
Quelques heures plus tôt, et dans les entrailles du Hrafnkel, le même Bjorn cherchait une audience auprès du maître de la forge Slejek, sur recommandation de Leman Russ en personne. Le but pour l’impétueux Garde Loup était d’obtenir un coupe-file et bénéficier en urgence d’un appareillage sur son moignon de main gauche, perdue pendant l’Incendie de Prospero et bricolé au petit bonheur la chance depuis. Englués dans leur campagne contre l’Alpha Legion, les Space Wolves ont bien besoin de disposer de tous leurs champions et meneurs en pleine possession de leurs moyens, et Bjorn ne doute donc pas que sa demande trouve une oreille attentive de la part de Slejek… Mais en cela, il avait bien tort.
L’irascible et incorruptible Prêtre de Fer rabattit en effet le caquet du jeune loup en lui rappelant qu’il n’avait pas que son cas à traiter, et qu’avec une main encore attachée à son poignet et des jambes en parfait état de marche, il était loin d’être le plus à plaindre de la meute. À défaut de s’armer d’une prothèse en adamantium dans les plus brefs délais, il fut recommandé à notre héros de s’armer de patience et de prendre un ticket à l’entrée de l’arsenal, un Serviteur ne tarderait sans doute pas à venir s’occuper de son cas.
C’était cependant mal connaître Bjorn, dont le respect pour les procédures ne fit jamais partie des points forts. Avisant un gantelet monté de griffes éclairs gardé en réserve pour un commanditaire mieux organisé que lui, il « convainquit » un serf de le lui monter en bout de bras, et c’est avec cette griffe de loup que Big B. réalise une trachéotomie d’urgence sur l’Alpha Terminator qui lui barrait la route quelques instants plus tôt. Même s’il serait indélicat de conclure notre propos par la mention a star is born, on peut au moins reconnaître que ce moment marque le début d’une longue et fructueuse collaboration entre un (sur)homme et une machine. Qui se poursuit d’ailleurs encore, plus de dix millénaires plus tard…
Clairement un filler dans l’épopée hérétique des Space Wolves, et même dans la saga de Bjorn, ce petit ‘Wolf’s Claw’ est néanmoins assez sympathique car il permet à Chris Wraight de dépeindre le côté impulsif et rebelle de son héros manchot, pour lequel ni « non » ni « plus tard » n’est une réponse. Pas indispensable mais plutôt bien fait.
Thief of Revelations - G. McNeill :
Révélation
Expulsés manu militari de Tizca et du Materium par ces rustres de Space Wolves, les Thousand Sons ont refait leur petite vie sur la Planète des Sorciers, et vaquent à de bien ésotériques occupations alors que la galaxie s’embrase. Dans sa tour, Ahzek Ahriman passe ses journées à étudier les effets délétères de la malédiction mutatrice qui est revenue frapper les survivants de la légion, dans l’espoir d’y trouver un remède. Ses recherches sont loin d’être théoriques, car le Maître Archiviste utilise comme cobayes ses condisciples les plus gravement atteints par ce mal débilitant, et nous le découvrons donc en train de fixer d’un air pénétré la forme d’Astennu, un Pyrae s’étant littéralement laissé consumer par sa nature pyromane.
Si sa forme physique évoque davantage la citrouille d’Halloween possédée que le légionnaire de l’Astartes qu’il était autrefois, Astennu, même immobilisé par des chaînes psychiques et contenu par des sceaux cabalistiques, n’a pas la langue dans sa poche, et parvient à titiller son orgueilleux geôlier juste assez longtemps pour venir à bout des pentacles inflammables (quelle idée aussi) tracés par ce dernier. Enfin libre de ses mouvements, il saute immédiatement à la gorge du pompeux Ahriman pour lui apprendre à séquestrer son prochain, et lui aurait sûrement peut-être fait son affaire sans l’intervention salutaire de trois sidekicks bien connus des habitués de l’Hérésie d’Horus : Amon, Hathor Maat et Sobek (sans doute venus pour faire une partie de bridge avec notre héros).
La combinaison des pouvoirs des quatre fantastiques sonne le glas d’Astennu a.k.a. le fils caché de la Torche Humaine et de la Chose, qu’Ahriman euthanasie sur la demande expresse de ses comparses. S’en suit un dialogue houleux au cours duquel chacun expose son point de vue sur la marche à suivre pour sauver la légion de la disparition. Bien que partisan de la poursuite des recherches de façon confidentielle, Ahriman se fait convaincre par ses invités de porter la chose à la connaissance de Magnus le Rouge, qui glande dans sa Tour d’Obsidienne sans se soucier de la dégénérescence de ses fils. Après tout, si le Cyclope a pu arrêter la malédiction une première fois, il est sans doute le mieux placé pour la stopper à nouveau, pas vrai ?
Après avoir fait le déplacement en Thunderhawk (alors qu’il aurait pu se téléporter sur place, mais môssieur Ahriman aime bien se faire remarquer), Harry obtient une audience auprès de son géniteur. À sa grande surprise – et à celle de personne d’autre – il se rend compte que Magnus n’ignorait en rien ses petites recherches sur ce qui deviendra le Rubric, ridiculisant a posteriori ses efforts de discrétion. Le pot au Fulgrim Pink étant découvert, Ahriman demande à son mentor de jeter un œil sur ses travaux et de l’aider à fignoler une belle invocation qui viendra tout arranger. Refus poli du Primarque, qui prétexte qu’il a d’autres choses à faire et interdit formellement à son garnement de poursuivre dans cette voie, par imitation de Gandalf cherchant à faire pétocher Bilbon interposée1. Comme il a bon fond, le Roi Ecarlate accepte tout de même d’expliquer à son fiston ce qu’il l’absorbe au point qu’il est prêt à laisser sa légion le khopesh dans l’eau, et squalala, les voilà partis pour un space trip un peu particulier.
Affranchis des lois de l’espace et du temps, père et fils parcourent la galaxie à vitesse grand W (pour Warp), et contemplent quelques-uns des champs de bataille les plus notables de ce début d’Hérésie : là, Night Lords et Dark Angels se bastonnent à proximité de Tsagualsa, au plus fort de la Croisade de Thramas. Un peu beaucoup plus loin, Sanguinius s’apprête à boire la tasse dans un océan de sang alors que les Blood Angels partent la fleur au bolter conquérir l’amas de Signus. Dans le sud galactique, les Word Bearers font la boule à z à Calth et initient la Croisade des Ombres, au grand désarroi de Papa Schtroumpf et de sa marmaille bleutée.
Magnus, qui pense que l’incendie de Prospero a été dû à une mauvaise analyse des rapports de force entre légions, est déterminé à ne plus se faire avoir et s’est donc lancé dans un multiplex galactique afin de cerner les motivations et loyautés de ses frères, et ainsi décider quel camp rejoindre. Cette due dilligence, sans doute un peu tardive, est ce qui occupe Maggy, et la raison pour laquelle il ne veut et ne peut patronner les recherches d’Ahriman. Mais si au pays des aveugles, le borgne est roi (écarlate), il n’est pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre… Affaire à suivre, donc.
Poursuite de l’arc narratif consacré par Graham McNeill à ses chers Thousand Sons, ‘Thief of Revelations’ permet de recontextualiser les rapports entre les personnages majeurs de cette faction au lendemain de l’incendie de Prospero, et accomplit cette tâche de façon très honnête. À titre personnel, je trouve que McNeill n’est guère convaincant lorsqu’il justifie le refus de Magnus de travailler au salut de sa légion aux côtés d’Ahriman par un manque de bande passante, alors qu’il ne fait « que » suivre les événements de l’Hérésie depuis le confort de sa tour, ce qui paraît être peu de chose pour un Psyker d’un tel niveau, mais il fallait bien un motif pour semer les graines de la discorde entre le Primarque et son fils prodige et prodigue. Un épisode intermédiaire tout à fait respectable.
1 : Entre ce passage clairement pompé du Seigneur des Anneaux et l’aspect tout à fait barad-dûrien de la Tour d’Obsidienne, je crois que McNeill a été inspiré par Tolkien au moment de prendre la plume.
The Divine Word - G. Thorpe :
Révélation
L’Hérésie ne prend pas de vacances, et la cohorte Therion de Marcus Valerius non plus. Engagés sur le théâtre d’Euesa, monde tenu par les renégats et sur la to take back list de la Raven Guard, les braves soldats de MV commencent la nouvelle par une retraite infamante, l’assaut sur les murs de la cité de Milvian ayant été repoussé par un champ de force à éclair (très stylé) non prévu sur la feuille de match par le Vice-Caesari. Comme le rappelle – gentiment – le Commandant Branne de la XIXème Légion, il serait cependant préférable que les auxiliaires se sortent les doigts du cloaque, car de cela dépend le succès d’un futur assaut direct des Space Marines sur le bunker où s’est réfugié le haut commandement ennemi. Ce dernier, pas plus bête que le clampin moyen, sera relocalisé dans un nouvel emplacement sécurisé sous quelques heures, ce qui oblige la cohorte à accomplir ses objectifs avant le lendemain midi. Grosse pression, donc.
En ces moments difficiles, Valerius peut heureusement compter sur le soutien indéfectible de son adjudant Pelon, toujours là pour lui enlever ses bottes, lui repasser ses uniformes, lui servir de réveil, et lui proposer de lire une copie fan made du (pas encore) fameux Lectitio Divinatus, dont il s’est procuré une version en parlant à son dealer un camarade. Refus catégorique de la part de Marlerius, qui a décidé que la spiritualité, c’était un passe-temps trop frivole pour un guerrier tel que lui1, et gourmande vertement son aide de camp sur la vacuité de ses lectures. Notre héros peut aussi, et c’est assez drôle si on considère le point précédent, se reposer sur sa capacité à faire des songes cryptiques mais prémonitoires pour établir ses plans de bataille. Une petite sieste réparatrice lui permet ainsi de visiter une prairie herbeuse, où des serpents venimeux lui mordent cruellement le bedon, et se révèlent être les têtes d’une hydre. CA C’EST DU SYMBOLE. Ah, et il a des troupes, véhicules et titans à ne plus savoir quoi en faire aussi, ce qui est appréciable (et donne une bonne idée du stratège génial qu’il doit être). Mais je suis un peu mesquin, je l’avoue.
Ragaillardi par son roupillon, Marcus se rend à son conseil de guerre et décide… de continuer comme avant. Après tout, si ça n’a pas marché la première fois, c’est parce que l’ennemi a été fourbe, et pas du tout parce que ses plans étaient mal conçus. Maintenant que la cohorte Therion sait que les générateurs sont très très importants, alors qu’ils n’étaient que très importants précédemment, la victoire lui tend les bras. Un vague pressentiment le mène aussi à laisser dix compagnies et deux Titans en réserve dans le village qui verrouille le flanc impérial, malgré l’absence de signes annonçant une contre-attaque à cet endroit. Le flair des vieux briscards, c’est important.
Bien entendu, cette intuition se révélera payante lorsqu’une petite force de l’Alpha Legion se faisant passer pour des Raven Guards tentera une remontada de la dernière chance alors que l’assaut principal sur Milvian était sur le point de réussir. Faisant une fois encore confiance à son instinct, Marcus ordonne à ses troupes d’ouvrir le feu sur les Space Marines s’étant matérialisés sur le flanc impérial, quand bien même ces derniers utilisent des codes un peu datés mais toujours valides. Ce coup de génie militaire, comme ses officiers le considèrent, permet à la cohorte de prendre les murs de la cité dans les délais impartis, et à la Raven Guard de décapiter le commandement ennemi dans la foulée quelques minutes plus tard.
Notre histoire se termine à nouveau sur le lit de Marcus (décidément, c’est un gros dormeur), qui demande à Pelon de lui passer sa copie du Lectitio Divinatus, finalement et tout bien considéré. Après tout, il n’y a que les abrutis qui ne changent pas d’avis…
Dans une répétition à moindre enjeu (pas de Primarque emplumé à sauver cette fois) de ‘Raven’s Flight’, Marcus Valerius se débat dans les affres de la foi à un moment où le concept était considéré comme définitivement has been du côté des fidèles (pas dans ce sens-là, hein) de l’Empereur. Ici, pas de Space Marines circonspects à rallier à sa cause, ni de blocus orbital à braver, mais seulement une cité ennemie à prendre en mode contre la montre, avec quelques visions animalo-mystiques pour guider notre crédule héros jusqu’à la bonne décision. La seule petite différence que l’on peut mettre sur le compte de ‘The Divine Word’ est la tentative – vaine – du Vice-Caesari de (re)devenir l’être rationnel que tout le monde s’attend qu’il soit. Pour le reste, c’est du déjà lu, et donc pas l’épisode le plus intéressant de l’arc valerian qui soit.
1 : Je crois que ce revirement à 180°C s’explique par sa déception de n’avoir pas eu la confirmation de Corax qu’il avait effectivement pensé très fort à lui pendant la galère d’Isstvan V. Les otakus sont des grands fragiles.
Lucius: The Eternal Blade - G. McNeill :
Révélation
Depuis sa défaite et première mort des mains du Raven Guard Nykona Sharrowkin, plus connu sous le nom de Nico le Charo parmi les survivants des Légions Brisées, Lucius broie du noir. Ce n’est pas tant le fait qu’il ait été tué par meilleur que lui un gros coup de chance qui le déprime, mais la réalisation que son vainqueur ne considère pas ce résultat comme un haut fait mémorable, mais comme un aléa d’une bataille quelconque contre des hérétiques tout ce qu’il y a de plus banal. Bref, Lucius se sent être traité comme un nobody, et ça, il ne peut pas le supporter.
Laissé sans encadrement managérial digne de ce/son nom après l’apothéose de Fulgrim sur Iydris, le bretteur égomaniaque décide de soigner son spleen en remportant une victoire de prestige contre un adversaire formidable. Grâce à ses relations avec les Thousand Sons, il apprend ainsi l’existence d’un duelliste extraordinaire du nom de Sanakht, dont il part à la recherche sur la Planète des Sorciers. Après avoir un temps erré dans les paysages à la fois fractaux et réfractaires de ce monde complètement dément (il en a été réduit à fouetter des flammes pour se frayer un chemin jusqu’à la tour de son adversaire, tout de même), Lucius finit par arriver à bon port, où, en bon mentaliste, Sanakht l’attend patiemment, les khopeshs à la main.
Après les amabilités d’usage, les deux surhommes commencent à se mettre sur la tronche, et l’érudition martiale combinée aux capacités divinatoires du Thousand Son lui permettent sans mal d’avoir la main haute dans l’affrontement. Sanakht commet toutefois l’erreur de faire remarquer à son adversaire bouffi d’orgueil qu’il aurait bien besoin d’écouter les conseils qu’il a à lui prodiguer, s’il souhaite s’améliorer. Cette offre généreuse et désintéressée est accueillie avec fureur par l’Emperor’s Child, et la colère homicidaire qui le submerge le rend paradoxalement moins facile à prédire par son ennemi, qui finit rapidement désarmé et à la merci d’un Lucius rouge pivoine et d’une humeur proprement massacrante…
Révélation...La camarde devra toutefois attendre un peu pour mettre Sanakht sur son tableau de chasse car Ahriman en personne vient interrompre le duel, et empêcher d’un verrou psychique opportun que son compatriote se fasse égorger par balafré psychotique. Comme il l’annonce à ce dernier en guise d’explications, il a en effet de grands projets pour Sanakht…
Même s’il n’y a aucun suspens dans l’affrontement d’un personnage nommé du 41ème millénaire connu pour ses capacités de duelliste et un random champion créé de toutes pièces pour lui servir de faire valoir (même si Sanakht et ses deux khopeshs auront une belle carrière de second couteau pendant la fin de l’Hérésie d’Horus, et au-delà), cette petite nouvelle reste intéressante car elle montre comment Lucius parvient à se tirer d’affaire lorsqu’il croise le fer avec un adversaire lui étant supérieur au maniement des armes. Le contraste que McNeill parvient à instiller entre son protagoniste imbuvable et l’antagoniste beaucoup plus respectable de ce dernier est également bien trouvé. Vraiment pas mal pour du 1.000 mots.
Khârn: The Eightfold Path - A. Reynolds :
Révélation
Sur le Conqueror, quelques temps après la transformation/ascension (selon qu’on soit factuel ou cette petite fouine de Lorgar) d’Angron, nous retrouvons le doux Khârn, plongé dans une dépression sanguinaire par la perte conjointe jumelée de son Primarque et de son bon pote Argel Tal d’une part, et les effets délétères des clous du boucher d’autre part. La solution trouvée par le Capitaine de la 8ème à ce mal-être persistant est étrangement terre à terre : la psychot- randonnée, et, même si ce choix peut porter à questionnement, force est de constater que cela… marche (mouahaha) puisqu’aux dernières nouvelles, Khârn le Piéton n’a tué personne (il aurait bien aimé terminer sa petite affaire avec Erebus lors de leur dernier tête à tête ceci dit, mais you can’t always get what you want).
Ces déambulations conquérantes ont toutefois pris fin lorsqu’un virage mal négocié à un croisement où le balisage GRRRRR était effacé a ramené l’Ecuyer d’Angron dans les fosses gladiatoriales/parties communes (d’où leur nom de fosses communes) du vaisseau. Ne pouvant pas lutter contre la chaude ambiance, la bonne odeur de vestiaire et l’implant débilitant greffé à son cortex, Khârn se retrouve embringué dans un combat au premier sang contre un Dévoreur (la garde rapprochée du Primarque, à peu près aussi utile que le -H de Horus) du nom de Borok.
Le duel commence de façon classique, et comme souvent lorsqu’il se bat « pour de faux », Khârn ne donne pas la pleine mesure de son talent, et se fait même dominer par son adversaire du jour. L’affrontement aurait pu se terminer de façon assez terne par une égratignure de phalange après une parade mal maîtrisée, sans l’intervention d’Angron qui se change en ring announcer du fond de sa cellule grâce à la magie du Warp (ou la mauvaise isolation phonique de sa geôle), et se met à beugler comme un veau à travers tout le vaisseau, au point d’en faire saigner le plafond, rien de moins.
Le yodle de son patron pressure les gonades de ce pauvre Khârn à un tel point qu’il passe immédiatement en mode super saillant, et tombe sur Borok comme la vérole sur un cultiste de Slaanesh et/ou de Nurgle. Lorsqu’il revient à lui, quelques instants après qu’une âme charitable ait coupé le micro à cet énergumène d’Angron, il ne reste plus du Dévoreur qu’un tas de bitz organiques dont même Fabius Bile n’aurait pas l’usage. La foule qui assistait au combat est ravie, Khârn et l’équipe en charge du nettoyage de l’arène, un peu moins. Nous quittons les lieux et clôturons la nouvelle sur la réalisation par notre héros, bourrin mais philosophe, que les World Eaters ont fait une sortie de route dogmatique : ils pensaient suivre le chemin cramoisi (Crimson Path), mais les voilà maintenant sur la voie octuple (Eightfold Path), qui est… beaucoup plus passante et beaucoup moins bucolique, j’imagine. Bouclez vos ceintures les petits gars, ça risque de secouer un peu.
Plus familier des Word Bearers que des World Eaters, Anthony Reynolds a trouvé ses ailes (ou en tout cas, son -l) pour écrire ce court mais efficace segment de la geste de Khârn, quelque part entre les événements de ‘Betrayer’ et ceux de ‘Prince of Blood’. Dans la droite ligne de ce que nous propose Aaron Dembski-Bowden, et c’est heureux vu l’incroyable boulot accompli par ce dernier sur ce personnage, Reynolds met en scène un Khârn luttant pour garder le contrôle de ses pulsions malgré l’environnement un chouilla stressant dans lequel il évolue, mais incapable de se maîtriser lorsque les stimuli khorneux se font trop insistants. Pas grand-chose de neuf pour qui est déjà familier de cet arc, mais pour une micro-nouvelle soumise par un auteur non familier ce dernier, c’est un résultat très honorable.
Cypher: Guardian of the Order - G. Thorpe :
Révélation
Sur Caliban, on s’occupe comme on peut en attendant que le Lion revienne donner des trains à coudre aux légionnaires affectés à l’inauguration des MJC locales et animations lors de foires à la saucisse, activités utiles à l’image de marque des Dark Angels mais guère passionnantes pour des surhommes créés pour aller conquérir la galaxie. Lorsque le Seigneur Cypher, gardien des rites et traditions de l’Ordre, a annoncé sa volonté de faire un peu de travail de terrain, c’est tout naturellement que Luther lui a assigné une escorte, en la personne de l’Archiviste Zahariel (déjà croisé dans ‘Descent of Angels’ et ‘Fallen Angels’, plus tôt dans l’Hérésie). Après tout, les membres de la Première Légion n’ont pas de secrets les uns pour les autres, pas vrai ?
Le binôme se rend dans une arcologie du nord de la planète, où du vilain s’est produit quelques années plus tôt. Zahariel le sait bien, lui qui a fait partie des croisés qui ont purgé ce lieu corrompu de la souillure de… on ne sait pas trop quoi en fait, mais connaissant Caliban, c’était sûrement 50% démoniaque, 50% velu. Cypher, malgré son statut d’érudit, a l’air un peu à côté de ses pompes énergétiques, et ne sait d’ailleurs pas trop ce qu’il fait ici. C’est donc avec réticence qu’il accompagne son acolyte dans l’exploration d’un campement souterrain, laissé récemment et brusquement à l’abandon par ses habitants. Sans doute que Zahariel espérait trouver un peu de loot digne de ce nom en fracassant toutes les caisses qui croiseraient son chemin : quand on n’a pas la chance d’accompagner Lionel en croisade, les chances de dégotter une panoplie digne de ce nom sont drastiquement restreintes.
Au fur et à mesure que les deux Astartes s’enfoncent dans le tunnel, un sentiment oppressant s’abat sur eux, à tel point que cette chochotte de Cypher finit par tourner les talons sans demander son reste, et démarre même leur transport sans attendre que son camarade l’ait rejoint. Super la solidarité. Si Zahariel se montre Déchu par l’égoïsme de son partenaire, il ne le montre pas : ses pouvoirs psychiques et ses souvenirs véreux du combat livré ici même lui permettent d’identifier ce qui a fait fuir Cypher, et qui n’est autre que…
Révélation…Ourouboros. Et si cela ne vous dit rien, c’est assez normal : on appelle ça le foreshadowing dans les films…
Le format de la micro-nouvelle n’est certainement pas le plus simple à maîtriser, et Gav Thorpe nous fait ici une démonstration assez éloquente de la difficulté de rendre une copie intéressante lorsqu’on n’a que l’amour 4 pages pour faire avancer rien de moins que l’Hérésie d’Horus de manière pertinente.
Si son choix de terminer son propos par un honnête cliffhanger des familles est compréhensible1, la manière dont il s’y prend laisse à désirer : balancer le nom d’un nouveau grand méchant trotrodark sans aucune contextualisation est un art narratif délicat, et si certains auteurs de la Black Library sont parvenus à le maîtriser, le Thorpe de 2014 ne faisait pas partie de ce club assez fermé.
Le lecteur en est donc quitte pour une annonce brute de décoffrage qu’il n’a aucun moyen de relier au reste du corpus hérétique, ce qui a plus de chance de le confondre et/ou de le blaser plutôt que de le hyper. Si les personnages de Zahariel et de Cypher sont plus familiers, ils ne sont pas particulièrement mis en valeur ici, le premier apparaissant comme un chaperon (ou comme on dit chez les Dark Angels, une capuche) un peu ahuri, et le second étant très timoré pour un être sensé ne pas pouvoir connaître la peur.
Je note également que malgré un titre indiquant un statut de protagoniste, Cypher agit clairement comme le second couteau de cette histoire, ce qui n’est en soit pas très grave, mais dénote à mon sens d’une tentative assez grossière de la BL de capitaliser sur le statut de personnage nommé (et connu) du futur pistolero Déchu, sans avoir grand-chose à dire sur son sujet. Comme Zaha et Cycy à la fin de ces quelques pages, le lecteur a donc tout intérêt à passer son chemin sans se retourner.
1 : La lumière sera faite sur l’identité de ce fameux Ouroboros dans des publications postérieures à cette nouvelle : ‘Angels of Caliban’ et ‘The Unforgiven’, tous deux de Thorpe. Notons au passage que le ver ténia de Caliban aura une belle carrière dans le lore, puisqu’il a été sorti de son trou dans les Arks of Omen, en 2023.
Heart of the Conqueror - A. Dembski-Bowden :
Révélation
On fait beaucoup de cas des Primarques et de leurs légions de Space Marines, mais sans les discrets efforts de certains personnels clés, comme les Navigateurs, tous ces surhommes en armure énergétique en seraient réduits à faire du paintball sur Terra au lieu de conquérir la galaxie au nom de leur Pépé bien-aimé. C’est l’une d’entre elles, Nisha de la Maison Andrasta, qui nous intéresse aujourd’hui.
Elle eut l’insigne et singulier honneur d’être choisie par l’Empereur Himself, qui était trop occupé pour venir lui annoncer la bonne nouvelle en personne, bien sûr, mais demanda à Son secrétaire privé Malcador de tout mettre sur un beau parchemin, puis envoya Valdor et une escouade de grouillots remettre l’offre d’embauche au patriarche de sa Maison. Ces formalités exécutées, on l’amena jusqu’au vaisseau qu’elle aurait la tâche de mener à travers le Warp, et qui n’était autre que le futur Conqueror des futurs World Eaters, du temps où cette légion était un chouilla moins borderline.
C’était le bon temps, mais l’Hérésie mit un terme à cette période de service sans complications. Même si elle ne se tint pas très informée des événements ayant suivi la trahison d’Horus, des échos assez déplaisants du massacre galactique perpétré en bonne partie par Angron et ses séides finirent par lui arriver aux oreilles, provoquant la réalisation que, peut-être, elle était du côté des baddies. Pire – pour elle en tout cas – elle trahissait celui qui lui avait donné son premier (et unique) job, et ça, c’est vraiment moche.
Alors que le Conqueror se traînait dans le Warp en direction de Terra dans le sillage du Trisagion des Word Bearers, Nisha Andrasta décida donc de réaffirmer une fois pour toute sa totale et entière loyauté envers l’Empereur1 en retournant son arme de service contre elle, et retournant du même coup le vaisseau amiral des World Eaters dans le Materium d’une manière absolument brutale. Coup dur pour nos amis Lotara Sarrin et Khârn, mais ne vous inquiétez pas, ils ont l’habitude…
En l’espace de cinq pages, l’habile wordsmith Aaron Dembski-Bowden braque le projecteur sur un personnage mineur de sa grande galerie World Eaters & « « « « « « friends » » » » » », lui donnant un passé, un dilemme moral, et un impact, limité mais pas insignifiant2, sur la suite de l’Hérésie, ce qui est un résultat fort honorable pour un si petit format.
On a également le droit à un peu de fluff sur les rouages administratifs de la Grande Croisade – les Custodes étaient vraiment désœuvrés à cette époque – et une réflexion intéressante sur la manière dont le péquin moyen, c’est-à-dire tout le monde mis à part Big E, les Primarques et leurs n-1, est totalement largué à propos des tenants et aboutissants de la rébellion fomentée par Horus. Un reality check salutaire, qui ne fait que renforcer l’intérêt de ce ‘Heart of the Conqueror’.
1 : Pas du tout acculée par la menace de mort implicite que Lorgar lui adressa après qu’elle se fut montrée incapable de suivre le rythme de son vaisseau, sous prétexte qu’elle « n’entendait pas la chanson des dieux ». Il faut dire qu’à ce moment-là, on n’entendait pas grand-chose d’autre sur le Conqueror qu’Angron s’entraînant à faire du grunt.
2 : La sortie de route causée par les remords suicidaires de Nisha Andrasta servira de point de départ aux événements couverts dans ‘Prince of Blood’, et de manière plus macro, justifiera la scission des forces de la Croisade des Ombres, les World Eaters, et leur sens de la famille chevillé au corps, restant aux côtés de leur cher petit papa pour perpétrer des crimes de guerre.
Censure - N. Kyme :
Révélation
Terre… brûlée… au vent… des landes de pierre… autour… des -redacted- … c’est pour les vivants… un peu… d’enfer… le Connemara CAAAAAAAALTH. Deux ans après que Kor Phaeron et sa cabale aient fait « boum boum dans le soleil », la planète résonne encore de l’écho de combats sporadiques mais acharnés entre les héroïques Word Bearers glorieusement oubliés sur place par le commandement de la XVIIème légion lors de son redéploiement tactique accéléré, et les infâmes Ultramarines inféodés au faux Empereur. En tout cas, c’est ce que l’Apôtre Noir Kurtha Sedd (tête d’affiche de ‘The Unburdened’) professe à ses hommes pour les garder motivés. Comme tout bon méchant mystique qui se respecte, il a aussi un plan (foireux) de rituel chaotique qui lui trotte dans un coin de la tête, mais nous verrons cela plus tard.
De l’autre côté du no man’s land, c’est le Sergent parisien (rapport à sa livrée bleue et rouge) Aeonid Thiel qui porte haut les couleurs des loyalistes. Ayant choisi de rester se battre sur Calth après sa rencontre mouvementée avec Guilliman sur le Macragge’s Honour, Thiel a passé les deux dernières années à tester toutes les tactiques de guérilla qui lui venaient à l’esprit, et à les noter soigneusement à la surface de son armure avec un marqueur indélébile. Théorique : cela permet de les avoir à disposition à n’importe quel moment. Pratique : ça n’a aucun sens du fait de la mémoire eidétique des Astartes, du fait que leurs armures disposent d’un système de stockage d’informations intégré, et aussi du fait que malgré les conditions spartiates dans lesquelles les Ultramarines de Calth vivent, je pense qu’ils ont tout de même accès à du papier et des crayons1. Mais, comme souvent avec Thiel, si on peut critiquer les méthodes, les résultats sont là, et notre renard énergétique des sables commence la nouvelle en piégeant deux cultistes Word Bearers en utilisant seulement de la ficelle, un écureuil et le cadavre d’un Ultramarine. C’est Roboute qui serait fier2.
Seulement voilà, à trainasser à la surface pour essayer tous les pièges alakon possibles et imaginables, les risques de se faire surprendre par une aube nucléaire (une constante de Calth depuis quelques mois) augmentent de manière drastique, et avec eux, les chances de se faire épier par des yeux indiscrets. Comme vous l’avez déjà deviné, sagaces lecteurs, Thiel est repéré par les affreux de Kurtha Sedd, dont le moindre crime est de porter leur armure énergétique comme si c’était un marcel, alors qu’il tape son meilleur sprint pour rentrer dans la caverne où son unité est stationnée. Cette négligence aura des conséquences tragiques, soyez en sûrs.
Fermement admonesté par son supérieur, le Capitaine Vultius, qui n’hésite pas à le qualifier d’obstreperous’ alors qu’il est sur le chemin de la douche (si si c’est grave), Thiel trace sa route avec un manque de considération assez total pour la hiérarchie, et se fait un copain en la personne de Rowd, un soldat des forces de défense planétaire de Calth, alors que les deux attendent que l’armure du Sergent sorte du pressing anti-rad. Cette camaraderie naissante est interrompue mais également renforcée par l’arrivée tonitruante des Word Bearers dans l’arcologie, qui prend la bleusaille totalement de court. Fort heureusement, Kurtha Sedd a besoin de prisonniers pour exécuter son rituel (foireux), et comme il le proclame haut et fort à travers la pièce, Vultius décide qu’il est acceptable de se rendre, tout en chargeant Thiel et Rowd, laissés de côté par les hérétiques à cause de la distance entre la salle de commandement et la laverie, de filer à l’anglaise pour venir les libérer plus tard.
Cette évasion, si elle se termine à l’air libre pour nos deux compères, les laisse bien amochés, la faute aux tactiques de fourbe des cultistes ayant croisé leur route (un peu) et aux contre-mesures extrêmes (comme utiliser une grenade comme outil de déblaiement manuel) employées par Aeonid ‘YOLO’ Thiel (surtout). La prochaine priorité est de trouver un abri avant l’aurore, sans quoi un coup de soleil cocciantesque aura raison des échappés. Après avoir localisé un Rhino abandonné, surplombé par les restes d’un démon s’étant fait surprendre par l’épaisseur du rideau entre Materium et Immaterium, Thiel décide qu’il est grand temps de méditer pour remonter sa barre de PV3, laissant Rowd monter la garde.
Le répit est cependant de courte durée pour nos héros, car une bande de goons menée par Kaeloq, Gal Vorbak au service de Kurtha Sedd, vient pointer ses vilains museaux à proximité du véhicule. Le salut viendra cette fois de l’esprit de la machine, qui se réveille à temps après quelques embrayages violents de Rowd, pour emmener la compagnie (Kaeloq est monté à bord entre temps) en vadrouille dans l’arrière-pays calthais. Pendant que Thiel et le possédé échangent de mâles horions dans l’habitacle SPACIEUX du Rhino, Rowd fait de son mieux pour garder le tank en mouvement, mais finit par le précipiter du haut d’une falaise qui s’est jetée sous ses chenilles en traître.
Un malus à l’assurance pour un bien, car dans la chute, Kaeloq se retrouve empalé sur la lame de Thiel, jusque là fort malmené. En plus, cela donne une nouvelle idée disruptive à ce dernier, qui récupère quelques éléments de l’armure de son adversaire pour tenter (et réussir) un cosplay Word Bearer, et ainsi retourner incognito à son point de départ.
Tout est donc réuni pour l’affrontement final entre Ultramarines et Word Bearers, qui se conclut de la façon la plus memesque possible, avec Thiel donnant un grand coup de casque à Kurtha Sedd au moment où ce dernier sentait venir l’apothéose (foireuse), lui explosant le pif de manière si comique que les Dieux de Chaos le changent en purée démoniaque pour sa peine. Bilan des courses : Vultius et les civils de la base ont survécu, mais pas Rowd, dont la combinaison anti-radiation avait un accroc et qui décède donc d’un cancer fulgurant sous l’œil ému de son meilleur pote, après avoir joué un rôle non négligeable dans l’issue heureuse de cet affrontement grâce à ses talents de tireur.
Bouleversé par cette perte tragique, et/ou peut-être en recherche de nouveaux défis professionnels, le toujours aussi cavalier Thiel annonce à Vultius sa mutation réaffectation sur Ultramar, sans bien sûr lui avoir demandé son avis avant. Sur le chemin du bercail, Thiel découvre que son Primarque n’a pas été inactif depuis son départ de Calth, et qu’un certain Imperium Secondus a ouvert ses portes à proximité. Autant aller y jeter un œil.
Même si le départ de Roboute Guilliman de Calth à la fin de ‘Know No Fear’ signe la fin du prime time de cette planète martyr durant l’Hérésie, la guerre acharnée qui opposa les Ultramarines aux Word Bearers dans les ruines irradiées de cet ancien agri-monde mérite tout de même d’être relatée, et on peut remercier Nike Kyme de braquer le projecteur sur cette ligne de front4.
Reprenant à son compte la forte et rouge tête d’Aeonid Thiel (personnage créé par Dan Abnett à la base, mais dont il deviendra le « père » d’adoption par la suite, avec trois autres soumissions après celle-ci), Kyme nous livre une nouvelle d’action simple et assez efficace, fragilisée de temps à autres par quelques digressions pas tellement vraisemblables – depuis le duel dans un habitacle de Rhino faisant 20 m2, jusqu’au choix de Thiel de graver ses préceptes sur son armure uniquement pour la postérité5 – et facilités scénaristiques (gros coup de bol que le Gal Vorbak qui faisait la misère à Theil se décapite tout seul après que le Rhino ait roulé sur un nid de poule, hein). Rien de bien méchant au final, et un retour sur scène assez convaincant pour Ninid, qui aura donc l’occasion de continuer à tracer sa route à travers Ultramar dans les années qui suivront.
1 : Personnellement, je pense que Thiel a regardé ‘Memento’ en boucle et a fini par se convaincre qu’il était Leonard Shelby.
2 : Enfin, tant qu’il n’apprenait pas que Thiel considère son Codex Astartes comme déjà vieux jeu et dépassé.
3 : Personnellement, je pense que Thiel a poncé The Witcher quand il était hors service et a fini par se convaincre qu’il était Geralt de Riv.
4 : Il a été le ou l’un des seuls auteurs de la BL à le faire, selon que l’on considère les événements de ‘The Underworld War’ d’Aaron Dembski-Bowden comme véridiques ou pas (allez lire la nouvelle si ce n’est pas clair).
5 : C’est pas comme si sa Légion était renommée à travers tout l’Imperium pour son goût pour la publication de traités militaires…
Bjorn: Lone Wolf - C. Wraight :
Révélation
Sur une plaine volcanique de Velbayne, les Space Wolves sont engagés dans une féroce bataille contre un ost démoniaque, une préparation adéquate à leur future purge de Prospero (l’univers est bien fait tout de même). Bien que Leman Russ en personne ait fait le déplacement, la star du jour est Bjorn, surnommé le loup solitaire par le reste du Rout depuis que le reste de sa meute a été unsuscribed from life par un Buveur de Sang lors de la campagne de Gryth. Par un heureux hasard, le même démon majeur, reconnaissable à ses mèches blondes effet mouillé (j’imagine), est présent sur Velbayne, et Bjorn est bien décidé à régler ses comptes avec la bête canicide d’une manière définitive.
Nous suivons donc sa course folle, son triple saut, son enfonçage de cordon (le joueur Démons était un gros newb) et pour finir son combat acharné contre sa Némésis khorneuse et cornue, en même temps que notre héros jusqu’ici silencieux égrène les noms de ses frères d’armes défunts. Protégé par son statut de personnage nommé et renforcé par une myriade de buffs, Bjorn couche le Buveur en moins de temps qu’il faut à son Primarque pour vider un tonneau de mjød, pour l’honneur de ses morts et la gloire des Space Wolves. On voit qu’il n’a pas perdu la main…
Soumission très honnête de la part de Chris Wraight pour cette micro-nouvelle, qui montre à quel point les liens unissant les frères de meute sont forts chez les Space Wolves, et à quel point le jeune Bjorn était une brute de corps à corps. Il n’était pas possible de faire beaucoup mieux que ça en trois pages/1.000 mots, c’est donc une mission accomplie en ce qui me concerne.
Et voilà qui termine cette revue de ‘Legacies of Betrayal‘, et je dois dire que je suis plaisamment surpris par la diversité offerte par ce recueil, qui jongle de façon heureuse entre tous les courts et moyens formats usités par la Black Library, depuis la micro-fiction de 5 pages jusqu’à la novella. Certes, il faut avoir une connaissance assez poussée de l’Hérésie (ou, comme moi, arriver suffisamment tard dans la bataille – Guilliman style – pour pouvoir bénéficier des travaux d’archivage du fluff de la communauté) pour ne pas se perdre parmi les intrigues et les personnages, pour beaucoup assez mineurs, compilés et empilés dans les pages de ce copieux pavé, mais si vous vous reconnaissez dans cette catégorie de lecteurs, alors ‘Legacies of Betrayal’, et les autres recueils qui suivront, sont pour vous. Prochain arrêt dans notre périple de revue hérétique : ‘War Without End‘.
Schattra, "on y retourne"
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Merci pour ce retour sur ce bouquin qui m'intriguait depuis que j'avais eu le choix de le prendre (parmi d'autres) dans une boutique de Montréal comme prix de participation à un tournoi, il y a... plus de quinze ans de ça. Je crois que j'avais pris 'Curse of the Necrach' à la place, et ça avait été grandiose.
Robert Earl était abonné aux faction "exotiques" du Vieux Monde (Hommes Lézards, Royaumes Ogres, Bretonniens - si si, c'est exotique -), mais il a aussi signé la nouvelle 'The Vampire Hunters', où l'antagoniste était aussi un Stryge. Je pense que cette nouvelle était un one shot et qu'il n'y a pas de lien à chercher avec ce roman, mais l'auteur ne part pas de rien sur cette race.
À te lire, je comprends clairement que ce bouquin vaut la peine pour le fluff, mais à moins d'être un grand fan des Stryganis, qui sont tout de même un peuple super fringe du Vieux Monde (tant qu'on est dans les citations de lecture, je me souviens qu'il y avait des Strygans dans 'Meat Wagon' de C. L. Werner, et pas avec un super rôle...), il n'y a pas grand chose à tirer de l'ouvrage, mis à part que les comtes d'Averland sont fous de générations en générations. Il y avait d'ailleurs une hypothèse intéressante qui voulait que c'était la manipulation de leur Croc Runique qui les rendait barjos...
Je passerai donc mon tour en connaissance de cause !
Schattra, ancient... and forgotten
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Salut @FlavoPiperis et bienvenue sur le forum !
Ta demande m'a remis en tête une requête assez similaire de @Rama il y a quelques mois, et qui portait sur les livres mettant en avant les Necrons. Je me permets de remettre le lien vers le sujet ci-dessous, c'est une bonne base.
Schattra, they're back
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il y a 4 minutes, Faffnr Bludbroder a dit :
J’ai pas tout bien suivi dans vos derniers échanges.
Il y a des gens qui auto éditent de la fan fiction 40k sur Amazon ?
Oui, si tu fais une recherche "Black Library" sur Amazon (ou que tu utilises le MAGNIFIQUE bouton du tout premier post du sujet) tu vas tomber sur une bonne quinzaine de bouquins 40K non officiels.
Schattra, "je savais bien que ça servirait un jour"
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il y a 3 minutes, gilian a dit :
sinon faite bien attention, il y'a de plus en plus de faux romans blacklibrary sur amazon.... Et les mec font même plus semblant il cite 40K dans les descriptions....
Oui j'ai vu ça à l'instant ! Bon, pour le moment les faussaires n'osent pas utiliser les logos de 40K et de la BL sur les couvertures de leur bouquin, donc c'est assez facile à repérer, mais je me demande ce qui a provoqué cette poussée notable de fan fiction sur Amazon. À voir si GW laisse faire ou commence à envoyer ses avocats pour défendre la sacro-sainte IP...
Merci pour le lien vers la page de Track of Words : il publie beaucoup moins de posts sur la GW-Fiction depuis deux ans, mais je suis content de voir qu'il continue à suivre les sorties.
Schattra, l'imitation est la forme la plus sincère de flatterie
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Exact, bien vu @gilian ! On peut espérer des annonces sur l'après Aube de Feu, comme à chaque événement depuis un an maintenant...
J'ai essayé de retrouver la page avec le calendrier officiel des sorties de la BL, et je ne suis pas sûr qu'elle existe encore. Par contre Amazon nous annonce une sortie sous embargo de Jude Reid pour la fin du mois d'avril.
Schattra,
(Path of) Heaven or Las Vegas
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Quel travail au niveau du recensement et de la présentation des éléments fluff de 'Xenos' !
Je n'ai pas encore tout lu (il y a de quoi faire), mais un grand merci pour cette première fournée, et j'ai hâte de lire la suite (même si je devrais m'arrêter avant la fin pour ne pas me spoiler le cycle Bequin).
il y a 10 minutes, gilian a dit :Uber Aemos :
Uber Aemos est le membre le plus ancien de la suite d’Eisenhorn, ayant servi auparavant sous l’inquisiteur Hapshant. Véritable érudit, il met à profit son immense savoir pour épauler Eisenhorn dans ses enquêtes, bien qu’il ne participe jamais directement aux opérations sur le terrain.Dans sa jeunesse, Aemos a été grièvement blessé, et ces événements tragiques ont laissé des marques indélébiles sur son corps. Il est également porteur du même-virus, une maladie qui engendre un besoin compulsif de collecter et d’assimiler des informations. Grâce à cette mémoire infaillible, il conserve tout ce qu’il voit et entend, ce qui en fait une ressource inestimable pour l’inquisiteur.
(Note : son personnage rend hommage à l’inquisiteur Bronislaw Czevak du roman Atlas Infernal.)J'avais l'impression que 'Atlas Infernal' était sorti après 'Xenos', donc ce ne serait pas Czevak qui rendrait hommage à ce bon vieil Aemos ?
Schattra, 2025 commence fort
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Quelques annonces pour les sorties Black Library ce dimanche :
Révélation
Une version deluxe de 'Red Tithe' de Robbie MacNiven, qui incluera la nouvelle 'The Reaping Time' (qui est déjà sortie avant). Sympa pour les collectionneurs, mais je ne comprends pas (encore) pourquoi la BL ressort un bouquin publié en 2016. Est-ce que la série Carcharodons va prendre la suite de l'Aube de Feu ?
Révélation
Compilation de six nouvelles publiées dans White Dwarf, et complétées par une novella inédite. Je m'attendais à ce que la nouvelle signée de David Guymer ('The Ancestors' Hall') dans le lot, mais peut-être que cela ne s'y prête pas. Assez intéressé par cette sortie.
Révélation
DIRECT DANS MES VEINES !!! Bon, on verra d'abord quels sont les nouvelles (7) et les romans (2) qui sont inclus dans cette anthologie, mais ça fait plaisir de voir la BL mettre en avant une de ses séries les plus intéressantes. Pourvu que ça dure ! Petit détail sympa (je trouve), l'illustration de couverture est une variation de celle de la nouvelle 'Nightshift Nineteen', ce qui, connaissant l'importance des symboles et des easter eggs chez Fehervari, est une trouvaille bienvenue.
Les sorties de ces bouquins devraient se produire début février, donc on a le temps de voir.
Schattra, en passant
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Le 27/12/2024 à 20:43, hénuel a dit :
Application détournée, pourquoi il n’existe pas des boucliers de stase dans l’Imperium ? Adaptés aux dimensions de la source d’énergie nécessaire bien sûr. Genre une fine couche de stase qui bloquerait les projectiles. Bon à voir comment régler le problème du débranchement du champ par contre…
En lisant 'Kryptos' dans le recueil 'Legacies of Betrayal', on a un exemple d'utilisation "défensive" d'une grenade stase. Les héros utilisent la bulle de stase pour survivre à l'explosion d'un réacteur nucléaire, qu'ils ont déclenchée pour annihiler une garnison ennemie.
Très cinématique, et nécessitant un timing impeccable (c'est évidemment un Iron Hands qui se charge de ça), et donc pas adapté à une utilisation généralisée, mais j'ai trouvé que l'idée était bonne.
Schattra, "et c'est plus fun qu'à Magic !"
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il y a une heure, boiaak a dit :
[Redacted X]
Retiré, au sens de censuré, caviardé. C'est généralement utilisé dans le contexte de documents confidentiels mis à disposition du public.
RévélationSchattra, "nous aussi on peut jouer à être trotro mysterieux"
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Je profite du sujet et de la période de l'année, propice aux bonnes résolutions, pour lister quelques uns des projets pour 2025 de mon côté.
- Finir (autant que faire ce peut) les nouvelles individuelles pour Warhammer Fantasy Battle, ou One Shot Short Stories (OSSS, en espérant qu'il n'y en ait pas 117).
- Venir à bout des calendriers de l'avent de la BL, qui ont commencé en 2012 et ont pris plusieurs formes au fil des années.
- Avancer sur l'Hérésie d'Horus, que j'ai un peu laissé tomber ces derniers mois. @gilian a déjà tout fini de ce côté là mais mieux vaut tard que jamais.
- Sortir des sentiers battus, en chroniquant un recueil de nouvelles d'une autre franchises med-fan ou sci-fi pour voir si l'herbe est plus verte ailleurs.
Et évidemment, rester à jour des sorties de nouvelles de la BL !
Schattra, "y a de quoi faire"
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Merci à tous les deux pour cette chronique ! Ça faisait un bout de temps que je n'avais rien vu de la part de MacNiven, mais ça ne m'étonne pas de le voir faire son come-back avec un nouveau chapitre de Space Marines (après les Space Wolves, Ultramarines et Carcharodons).
Le bouquin a l'air intéressant, mais à lire le résumé, je réalise que les Exorcists ont vraiment un fluff trotrodark et problématique quand on se pose deux minutes pour essayer de voir comment ce chapitre s'intègre dans l'Imperium. C'est pas vraiment le problème de MacNiven ceci dit, même s'il pourrait contribuer à crédibiliser cette confrérie s'il est inspiré (comme ADB a pu le faire pour les WB et WE de l'Hérésie).
Le 05/01/2025 à 20:40, gilian a dit :je revient la semaine prochaine avec une vieille chronique mainte fois remise a plus tard....
Eisenhorn ?
Schattra, qui a envie de réécouter 'Tubular Bells' maintenant
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il y a 37 minutes, Miles a dit :
Après, si je me rappelle bien la dernière nouvelle que tu as critiqué de sa plume, elle s'était grandement améliorée non?
Oui, ca allait vers le mieux ! Il y a un monde dans lequel elle s'est faite remerciée par la BL parce qu'elle s'est améliorée et que ça a déplu à son premier public.
Schattra, ne jamais laisser un bienfait impuni
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Il y a 3 heures, Rhydysann a dit :
Je ne suis l'HH que de loin mais je constate surtout que Jude Reid a l'air d'être la nouvelle Danie Ware.
Pour ses soumissions à l'Hérésie d'Horus (2 nouvelles), c'est en effet assez quelconque de mon point de vue. Ce n'est cela dit pas facile de commencer à contribuer à cette franchise à la toute fin des festivités (mais certains auteurs ont réussi).
Pour les nouvelles 40K (6, au dernier décompte), c'est mieux, et en tout cas au dessus de Danie Ware. Les soumissions Warhammer Horror et Warhammer Crime, notamment, tenaient bien la route. J'avais apprécié la nouvelle introduisant Morvenn Vahl (beaucoup moins celle consacrée à Aveline), mais je n'ai pas lu les romans.
Il y a 1 heure, Miles a dit :J'adore les résumés des nouvelles de Danie Ware par Shattra! Je sais c'est un peu Shadenfreunde, mais c'est tellement bon!
Merci @Miles! Elle s'est faite très discrète ces derniers temps, il se pourrait qu'elle ne collabore plus avec la BL. Comme les Soeurs de Bataille ne sont pas aussi populaires que les Space Marines et la Garde Imperiale, il ne faut qu'un auteur référent pour tenir la barraque, et ça pourrait être Reid qui a pris le relai.
Schattra, "de mère en fille"

[40K][VO] Critiques Nouvelles Warhammer 40.000
dans Black Library et autres éditeurs
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Merci pour ces retours @gilian ! Je prends du retard sur le front des nouvelles, je l'avoue, heureusement que tu tiens la boutique.
Schattra, vacant