gilian Posté(e) le 14 juillet 2025 Partager Posté(e) le 14 juillet 2025 Garro: Le chevalier de Gris de James Swallow Révélation 0 : Avant-Propos James Swallow, tout comme Graham McNeill avant lui, a eu droit à un court roman pour conclure l’histoire du personnage qu’il a porté tout au long de l’Hérésie d’Horus. J’espère que notre bon vieux Garro aura une fin digne de lui… 1 : L’histoire du livre La bataille de Terra fait rage, et, dans les ruines du Palais impérial, Nathaniel Garro prête main-forte aux dernières forces impériales encore en activité, dans l’attente de la défaite finale. Mais son histoire n’est pas encore terminée : il lui reste un ultime défi à relever. 2 : L’histoire avec un grand H Révélation Alors que Garro observe l’avancée méthodique de la Death Guard en direction du bastion de la Marmax, il est rejoint par Helig Gallor. Ce dernier lui apporte une nouvelle inattendue : Euphrati Keeler est sortie de prison et se trouve à la Marmax, où elle galvanise les troupes. Garro comprend alors que l’objectif de Mortarion est d’assassiner la sainte vivante, et décide de l’exfiltrer. Prenant de vitesse la Death Guard, Gallor et Garro atteignent le bastion de la Marmax juste après une attaque de troupes hérétiques. Garro tente de convaincre Keeler de partir, mais cette dernière, lassée, n’a plus le goût du combat et cherche la mort. Il parvient néanmoins à lui faire entendre raison. Les dernières troupes de la Marmax doivent se replier vers le Palais intérieur tant qu’il en est encore temps. Mais il est presque déjà trop tard : la Death Guard est là, et elle ne laissera échapper aucun transport de troupes. Sauf si, bien sûr, elle est occupée ailleurs… Après avoir confié la protection de Keeler à Gallor, Nathaniel Garro part défier Mortarion en duel pour gagner du temps. Au terme d’un long affrontement, durant lequel Mortarion tente de convaincre Garro de le rejoindre, ce dernier est mortellement blessé. Mais Mortarion ne se contente pas de vouloir tuer Garro : il souhaite en faire le nouveau Seigneur des Mouches, ce même démon que Garro a déjà vaincu deux fois. Cependant, une intervention de l’Empereur à travers Keeler redonne à Garro la force de résister et de porter un dernier coup à Mortarion… avant de mourir. 3 : Marqueur Temporel Révélation Les événements de ce livre se déroulent entre la fin de Mortis et le début de Le Faucon. En effet, Garro, Gallor et les derniers des Soixante-Dix ont combattu sous la Porte Saturnine avant d’être définitivement congédiés par Malcador et envoyés sur le front. À ce moment-là, Keeler est encore en prison ; elle ne s’évade qu’à la fin de Mortis. L’intervention de Loken, et peut-être de Garro (le nom du second guerrier n’est pas donné, mais on sait que Loken et Garro sont partis ensemble après Saturnine), lors de son transfert, lui permet de fuir et de disparaître. Dans Le Faucon, Loken retrouve enfin la trace de Keeler, réfugiée dans le Palais intérieur (à noter qu’il n’y a plus aucune mention de Gallor…). Parallèlement, Mortarion s’est retiré du front pour affronter le Khan. Les événements de ce court roman se situent donc nécessairement entre Mortis et Le Faucon. 4 : Personnage Révélation Euphrati Keeler :Le roman étant sorti un an après Le Faucon, on sait déjà qu’elle survit, ce qui gâche un peu le suspense. Elle supporte mal le poids d’être considérée comme la sainte vivante de l’Empereur. Elle n’a plus la force de fuir, et attend la mort au bastion de la Marmax. Bien sûr, elle ne se suicide pas directement : elle aide les soldats et sa simple présence les galvanise. Mais en se plaçant sciemment sur la route de la Death Guard, elle sait que cela signera sa perte. Heureusement pour elle, Garro réussit à la convaincre de partir. Son sacrifice ultime redonnera foi à Keeler. Helig Gallor :Ancien membre de la septième compagnie de la Death Guard, il a suivi son capitaine Garro lorsqu’il a fui Istvaan pour avertir l’Imperium de la trahison d’Horus. Comme les autres membres des Soixante-Dix, il a suivi Garro sans discuter, mais tous lui en ont gardé rancune de les avoir coupés de leur légion sans leur avis. Après une longue détention sur Luna, il est entré au service d’Amendera Kendel, agentia tertius de Malcador. Il a ensuite rejoint les Kill Teams sous la Porte Saturnine, puis a retrouvé Garro pour le prévenir que Keeler était en danger. Il ne croit pas en l’Empereur-Dieu, mais il croit en Garro et décide de l’aider dans sa dernière quête. Il parvient à sauver Keeler pendant que Garro affronte Mortarion. On ignore ce qu’il devient ensuite. Mortarion : Bien qu’il ait presque totalement sombré dans la damnation, il lui reste une ultime parcelle d’humanité. C’est pourquoi il tente de rallier Garro à sa cause, dans l’espoir de sauver ce qui peut encore l’être. Au fond, il sait qu’il a commis une erreur, mais il est allé trop loin pour faire marche arrière. En tuant Garro, il perd ce dernier éclat d’humanité, devient pleinement un prince démon, et se transforme définitivement : son corps se métamorphose, ses ailes poussent. Nathaniel Garro : Agentia Primus de Malcador, ancien capitaine de la 7e compagnie de la Death Guard, et ancien lieutenant des Dusk Raiders. Après avoir été congédié par Malcador — qui lui a dit que son destin ne l’amènerait pas sur Titan mais sur Terra —, il a combattu les Sons of Horus sous la Porte Saturnine, puis est parti prêter main-forte à ceux qui en avaient besoin sur le front. Lorsque Gallor lui annonce que Keeler est en danger, il décide d’aller la sauver, convaincu qu’elle est trop précieuse pour périr dans la défense d’un bastion déjà perdu. Pour cela, il devra affronter en duel son père génétique, Mortarion, et accomplir sa destinée. Avant de mourir, il parvient à blesser Mortarion au cou — la faille dans l’armure qui permettra au Faucon de le décapiter un peu plus tard. 5 : Autres Révélation La rivalité entre Terriens et les autres humains : Je ne l’ai peut-être pas assez souligné dans mes autres résumés, mais ce roman en donne une nouvelle illustration. La Grande Croisade n’a pas toujours été vécue comme une libération par les planètes ramenées dans le giron impérial. Même au sein des légions Space Marines, cette tension persiste, oscillant entre rivalité, incompréhension, voire hostilité. L’Empereur n’a jamais pris le temps de stabiliser ses conquêtes, et, au fond, l’Imperium n’a jamais été véritablement solide. 6 : Conclusion Je dois dire que j’ai été surpris par la fin du roman. Bien sûr, je m’attendais à la mort de Garro, mais la Black Library a souvent eu du mal à offrir à ses personnages des morts convaincantes — sinon glorieuses, du moins crédibles. Ici, la mort de Garro est héroïque et bien menée, avec un duel final où tout est dit, tout est révélé. James Swallow s’en sort très honorablement. Il revient sur le parcours de Garro, ses choix, leurs conséquences. Une belle conclusion pour ce personnage. L’intervention de l’Empereur à la fin était peut-être superflue. Après tout, il avait d’autres priorités à ce moment-là. Mais dans le même temps, voir Garro devenir un démon et Seigneur des Mouches aurait peut-être été trop cruel pour le lecteur… Des anges d'un autre âge de John French Révélation 0 : Avant-propos La première nouvelle est, une fois encore, signée John French, comme pour l’ouverture du Siège de Terra (et, comme pour le Siège, il aura droit à deux nouvelles et deux romans). Je suis curieux de voir quel sujet il va aborder. 1 : L’histoire du livre Kystos Gaellon, guerrier-poète des Blood Angels, erre dans un désert de cendres et de mort où le temps n’a plus de prise. À ses côtés, deux frères d’armes brisés. Autour d’eux, le silence d’une fin du monde. Mais lorsque Gaellon ressent dans sa chair la chute de Sanguinius, son père et Primarque, le dernier fil qui le reliait à l’humanité se rompt. 2 : L’Histoire avec un grand H Révélation Kystos Gaellon se tenait sur les ruines du bastion 78 de la Marmax Sud, là où, il n’y a pas si longtemps, il avait combattu avec ses frères pour défendre le Palais Impérial. Autour de lui, tout n’était que cendres, poussière ocre et métal brisé. Il était arrivé ici depuis quelques minutes… ou depuis une éternité. Dans la désolation, le temps n’avait plus de sens. À ses côtés se tenaient deux autres Space Marines : Su’lok, un White Scar dont l’arme était brisée, et Nerron, un Imperial Fist à l’armure éclatée, dont la moitié du corps manquait. Aucun des trois ne possédait de munitions. Ne restaient que leurs armes blanches, et leur volonté de mourir debout. Gaellon, fils de Sanguinius, tuait depuis un temps impossible à mesurer, avec pour seul compagnon son épée. Le bastion sur lequel ils se trouvaient était autrefois un point d’appui des fortifications impériales, érigé durant les grands travaux de Rogal Dorn. À présent, il n’en subsistait qu’un amoncellement de béton et de poutres, dressé au milieu du néant. Et alors que Gaellon murmurait des souvenirs, son esprit dériva vers un frère perdu — Baeron, mort quelque part non loin. Soudain, Gaellon s’arrêta. Quelque chose venait de se briser en lui. Dans un éclair noir, il ressentit la mort de Sanguinius, son Primarque, son père génétique et spirituel. Ce n’était pas une rumeur, ni une information transmise par vox. C’était une vérité ressentie dans la chair et l’âme. Le lien mystérieux qui unissait les Blood Angels à leur créateur venait d’être rompu, et Gaellon vacilla, englouti par un abîme de douleur. Ce choc le projeta dans un souvenir : une visite aux jardins suspendus de Hatay-Antakya, sur Terra — un moment de calme, de paix, de beauté. Il y retrouvait Baeron, son frère, en train de peindre. Ensemble, autrefois, ils avaient été choisis pour escorter leur père sur la planète-mère. Baeron, le peintre, avait immortalisé ce monde sur toile. Il était déjà mort lorsque Gaellon le revoyait. Mort sur la ligne Marmax Sud, tranchant les hérétiques de la Death Guard tel un ange furieux. Mais dans ce souvenir, il parlait encore, peignait le passé, acceptait son sort, trouvait dans la mort une paix que l’avenir ne lui aurait jamais donnée. Gaellon fut arraché à cette vision par une nouvelle alerte. Quelque chose approchait dans la brume rouge. Une vague mouvante soulevait la poussière. Des démons surgirent, formes incarnées de haine, de rage et de guerre. Ces créatures, fruits des émotions les plus sombres des vivants, n’auraient jamais dû franchir le voile de la réalité. Mais la dernière bataille du Siège de Terra avait brisé les règles du monde. Les désolations étaient devenues un royaume infernal. Alors Gaellon hurla et chargea. Il se jeta seul dans la marée démoniaque, son épée crépitante, les hurlements de guerre coincés dans la gorge. Il ne vit plus Su’lok, ni Nerron. Il ne sentit plus ses blessures, ni les griffes qui éventraient son armure. Il frappait, tranchait, tombait, se relevait. Chaque coup était une prière, un cri, un refus. Sanguinius était mort. Baeron était mort. Les Blood Angels étaient morts. Il ne restait plus rien, sinon le rouge, le noir, la douleur et la colère. Et pourtant, même dans cette folie, une voix résonnait encore : celle de Baeron, peignant avec calme les dernières heures d’un monde, parlant de beauté et de mémoire alors que tout s’effondrait. Un rappel que, même au bord de l’anéantissement, les Blood Angels étaient aussi des artistes, des rêveurs, des porteurs de lumière. Mais Gaellon était déjà loin. Très loin. Son épée s’était brisée. Son sang nourrissait la poussière. Il avançait toujours, seul contre la marée, à jamais perdu dans ce champ de mort. Le bastion 78 s’effaçait derrière lui. Et Gaellon s’enfonçait dans l’oubli, frappant encore, hurlant toujours — un ange sans ailes dans un monde sans pitié. 3 : Conclusion Première nouvelle intéressante. Je ne m’attendais pas du tout à voir John French écrire sur les Blood Angels. C’est fascinant de découvrir ce que certains d’entre eux ont vécu à la mort de leur Primarque. Gaellon revoit Baeron — le seul Blood Angel vraiment développé par French — et l’on comprend à ce moment que le meilleur des Blood Angels est désormais derrière eux. Le pire reste à venir pour les survivants : vivre avec la perte de leur père génétique et spirituel. Le recueil commence donc doucement, avec un personnage mineur, mais une histoire poignante, profondément noire… et rouge. Fulgurite de Nick Kyme Révélation 0 : Avant-propos Deuxième nouvelle de ce recueil. Avec un titre pareil et Nick Kyme comme auteur, je m’attendais à une histoire sur Vulkan, ou au moins sur les Salamanders… Comme quoi, on peut se tromper. 1 : L’histoire du livre Barthusa Narek, ancien Word Bearer, traque un ennemi plus ancien et plus personnel que tous les autres : son propre père, son Primarque, le dénommé Lorgar. 2 : L’Histoire avec un grand H Révélation Barthusa Narek, ancien membre des Word Bearers, erre dans les déserts désolés de Terra alors que la planète est ravagée par la guerre et la corruption. Tandis qu’il observe une colonne de véhicules de fortune — remplis de déserteurs, de criminels et de civils — il prépare une embuscade afin d’en capturer un et ainsi atteindre le Palais Impérial, où se trouverait sa cible. Mais d’autres horreurs rôdent : des créatures mutantes, jadis des Emperor’s Children, traquent également la colonne. Ces abominations, autrefois nobles, sont devenues des bêtes intelligentes et féroces, fruits d’expérimentations monstrueuses. Narek se remémore la trahison de ses frères et le massacre qu’il a orchestré à bord de leur vaisseau, notamment en libérant des bêtes démoniaques. Ayant survécu au crash, il chasse désormais ses anciens compagnons dans le cadre d’une mission qu’il tient pour sacrée : tuer un "dieu", ou du moins un homme qui prétend l’être, guidé par un mystérieux fragment de pierre appelé fulgurite. Lorsque la colonne s’arrête avant de tomber dans son piège, Narek découvre qu’ils ont repéré les créatures et qu’ils tentent une défense désespérée. Le carnage est rapide, sanglant ; les légionnaires mutants déchirent les humains. Narek finit par intervenir, abat plusieurs monstres et sauve quelques survivants, dont une femme nommée Ebba Renski, une ancienne enforcer. Blessé, il se replie avec eux vers un ancien bunker. Dans le bunker, ils découvrent un ancien laboratoire. Narek comprend alors que les horreurs du désert sont le résultat de manipulations génétiques. Ils y rencontrent un Astartes en armure violette : Fabius, Apothicaire fou de la Légion des Emperor’s Children, en train de "réparer" — ou de créer — une monstruosité à partir de restes humains et astartes. Narek affronte la créature surgie de la table d’opération : immense, difforme, fruit de l’ambition démente de Fabius. Le combat est violent. Plusieurs survivants périssent, et Narek, grièvement blessé, parvient à entraîner la créature dans un piège. Il déclenche une explosion qui embrase les fluides du laboratoire, consumant l’abomination dans les flammes. Lui, Renski, et un soldat blessé nommé Vuko survivent de justesse en se réfugiant dans un bassin d’eau. Ils fuient le bunker à travers les déserts calcinés. Narek sent que le fragment de fulgurite l’a mené ici pour une raison. Après avoir retrouvé un véhicule, il laisse Renski et Vuko derrière lui et reprend seul sa route, déterminé à mener sa mission à bien. Mais en approchant des ruines du Palais, au cœur de la guerre, il est attaqué par Erebus. Ce dernier le poignarde avec une lame empoisonnée, révélant que toute la quête de Narek — guidée par la fulgurite — n’était qu’un leurre. Lorgar, son père génétique, n’est pas là. Ce n’était qu’une fausse piste. Alors que la vie le quitte lentement, le froid l’envahit, et les voix des démons murmurent autour de lui… Pourtant, dans l’obscurité, le fragment de fulgurite vibre doucement, dégageant une dernière chaleur. 3 : Analyse Révélation Au départ, je me suis dit que le passage avec Fabius Bile ne servait pas à grand-chose, qu’il aurait fallu consacrer plus de temps à la confrontation finale avec Erebus… Mais cette scène finale avec Erebus, où il révèle à Narek qu’il s’est fait manipuler, que Lorgar n’a jamais été là… Mais alors, qui l’a manipulé ? En fait, c’est suggéré entre les lignes : Fabius a trouvé un laboratoire de l’Empereur et est en train de créer une sorte de "Fulgrim". Narek comprend que cela fait partie de sa mission : tuer cette créature et détruire le laboratoire. Plus tard, quand il affronte Erebus, il comprend qu’il va devoir utiliser la fulgurite pour le tuer. Et c’est peut-être cela, le véritable objectif de sa mission : éliminer Erebus. Tout changerait s’il mourait à ce moment-là… Mais c’est précisément à cet instant que la fulgurite cesse de fonctionner — peut-être parce que l’Empereur est mort ? — et Erebus tue Narek… 4 : Conclusion Nick Kyme fait intervenir plusieurs personnages célèbres pour conclure l’histoire de Barthusa Narek. Ce dernier était l’un des grands oubliés du Siège de Terra, et je suis heureux qu’ils aient pensé à lui offrir une fin, même si l’on se doutait qu’il était mort durant cette bataille. C’est une bonne nouvelle, même si elle suscite probablement moins d’émotion que la première. Fragments (tout ce qu’il nous reste) de Dan Abnett Révélation 0 : Avant-propos Dan Abnett a écrit des dizaines de Fragments à la fin du tome 3 de La Fin et la Mort, et apparemment, il n’a pas tout publié. Nous avons donc droit ici à un nouveau fragment, un peu plus long que les autres. Je suis curieux de voir quel sujet il aborde cette fois. 1 : L’histoire du livre Au cœur d’un palais assiégé, cerné par des hordes de traîtres et d’horreurs venues du Warp, une guerrière sans voix livre son dernier combat. Née rejetée, élevée dans le silence impitoyable de la Sororité du Silence, Aphone Ire n’a jamais été désirée. Jusqu’à maintenant… 2 : L’Histoire avec un grand H Révélation Sur Terra, au cœur du siège final du Palais de l’Empereur, une femme se prépare à mourir. Elle s’appelle Aphone Ire, sœur du Silence. Née rejetée, sans nom, prise en charge par la Sororité non pas par amour mais à cause de ce qu’elle est — une Pariah, insensible au Warp et aux démons, mais aussi insoutenable pour les humains. Elle fut nommée Aphone simplement parce que ce nom était le suivant sur une liste. Plus tard, sa mentor, Jenetia Krole, lui donna un second nom : Ire (la colère), après une mission où elle s’était montrée féroce. Ce fut un moment unique : une part de son identité qui n'était pas imposée, mais offerte. C’est la fin du Siège de Terra. Il ne reste plus rien : pas d’espoir, pas d’échappatoire, seulement la certitude de la mort. Aphone et un petit groupe de défenseurs tiennent position dans une ancienne annexe de la bibliothèque géographique, dernier bastion encore debout. Autour d’eux, la guerre hurle, les murs s’effondrent, l’ennemi approche. Les assaillants sont des traîtres du 14e Hussards de Tygris, accompagnés de Marines du Chaos — des World Eaters déchaînés, des Death Guard en décomposition, et bien pire encore. Aphone est leur rempart : son vide psychique repousse les créatures du Warp. Pour la première fois, elle est accueillie, reconnue, presque aimée par des humains. Car face à l’horreur, même une Pariah peut incarner l’espoir. Elle rencontre le capitaine Bleth. Ensemble, ils organisent la défense, et Aphone combat avec une brutalité et une habileté surnaturelles. Elle devient une légende vivante, une histoire que les soldats se racontent pour tenir bon. Les soldats lisent les livres abandonnés — des atlas, des traités de géologie, des données anciennes — non pour apprendre, mais pour fuir, ne serait-ce qu’un instant, vers un monde sans guerre. Comme elle, ils cherchent à s’évader à travers des récits, même poussiéreux, même techniques, car ils parlent d’un ailleurs. Aphone est partout. Elle parcourt les lignes et redonne espoir aux défenseurs. Elle affronte un World Eater et finit par le vaincre d’une manière inattendue : en criant. Son cri, premier son qu’elle ose émettre depuis son entrée dans la Sororité du Silence, glace même cette bête du Chaos. Elle lui tranche la gorge et brandit sa tête, transmettant la peur aux traîtres, leur rappelant qu’ils ne sont pas invincibles. Elle revient auprès de Bleth, qui est en train de mourir. Il lui raconte son histoire, puis lui lit un livre sur Albia, une région où il n’ira jamais, mais qu’ils imaginent ensemble, dans le calme avant la fin. 3 : Conclusion L’artifice utilisé par Dan Abnett — un récit en boucle (en réalité un récit homodiégétique cyclique… eh oui, je fais des recherches quand j’écris des résumés) — donne une impression de fatalité et d’intemporalité. Au final, on ne sait pas où commence le récit, ni où il se termine, et cela n’a guère d’importance. Comme le titre de la nouvelle l’indique, il s’agit d’un fragment : la fin d’une histoire sans impact sur le reste. Ce n’est pas un récit de gloire, mais un chant funèbre, une méditation sur la mémoire, la solitude, l’identité… et l’oubli. Ils vont tous mourir, et personne n’écrira leur histoire. Comme Jenetia avant elle, disparue sans témoin, Aphone mourra dans le silence, sans souvenir laissé derrière elle. Avec cette troisième nouvelle, on retombe dans le registre émotionnel et introspectif, comme dans la première nouvelle de John French. Ex Libris de John French Révélation 0 : Avant-propos Quand j’ai vu que John French avait deux nouvelles dans ce recueil, je me doutais bien qu’il en écrirait une sur l’un de ses personnages favoris, à savoir Ahriman. Mais j’étais loin de m’attendre à ça… 1 : L’histoire du livre À l’instant où Horus meurt, l’univers bascule. Dans les profondeurs du Palais Impérial, le sorcier Ahzek Ahriman erre dans une bibliothèque interdite où le savoir prend feu et où la réalité se déchire. Piégé entre l’effondrement du Warp et l’implosion du temps, il doit affronter ses propres pensées — et les fantômes de ses frères — pour échapper à l’anéantissement. 2 : L’Histoire avec un grand H Révélation Au cœur du Palais Impérial, Ahzek Ahriman est témoin d’un événement cataclysmique : la mort d’Horus, le Maître de Guerre renégat. Cet événement provoque une implosion psychique d’une violence cosmique. Parce qu’il est lié au Warp, Ahriman perçoit immédiatement la fin de l’instant : tout bascule hors du temps. Il est figé dans une réalité suspendue. Plus rien ne bouge : ni lui, ni les flammes des bougies, ni le monde autour. Ce n’est plus un moment, c’est un état absolu. Dans ce moment figé, la réalité se désagrège, incapable de contenir l’énergie relâchée par la disparition d’Horus. Le Warp se retire brutalement, laissant un vide qui aspire tout ce qui en dépendait. La Collection 888, issue de la bibliothèque des savoirs interdits et occultes de l’Empereur, commence à se désintégrer. Les livres brûlent, les parchemins s’enflamment, les vérités millénaires s’effacent dans le néant. Ahriman, perdu dans ce chaos suspendu, voit apparaître Amon, son frère d’armes mort depuis longtemps. Mais Amon n’est pas réel : il n’est qu’une hallucination, une manifestation de l’esprit d’Ahriman tentant de comprendre l’impensable. Amon l’avertit : sans le Warp, Ahriman est comme un poisson hors de l’eau, incapable de penser, de fonctionner. Son esprit panique, cherche des symboles, des signes dans la poussière des livres ou l’angle d’un volume mal rangé. Tout semble révéler une vérité… ou un piège. Maintenant qu’Horus est mort, tout le pouvoir qu’il avait accumulé implose. Le Warp, privé de son point d’ancrage, se rétracte violemment. Cela crée une brèche dans la réalité, une aspiration qui détruit tout ce qui dépendait du Warp. Des démons s’évaporent, des guerriers du Chaos s’effondrent, des bâtiments s’écroulent sur eux-mêmes. Le temps, l’espace, la matière : tout est broyé, réécrit. Ahriman assiste, impuissant, à cette fin des temps, emporté par le reflux du Warp. Il comprend la beauté terrifiante de ce moment, la fin d’un âge, et que tout ce que l’humanité a bâti — savoir, pouvoir, illusions — retourne à l’océan du néant. Mais il ne veut pas mourir. Toujours dans la bibliothèque en ruine, il aperçoit une porte de sortie : un portail de ténèbres qui mène vers un lieu incertain, peut-être un salut, peut-être un piège. Il veut l’atteindre, mais son corps est lourd, vidé de toute force. Ses pensées sont noyées par les voix des livres qui brûlent — des fragments de mémoire humaine, des illusions, des savoirs anciens. Chaque pas est une lutte contre l’effondrement du monde. Dans un éclair de lucidité, il comprend : ni Horus, ni l’Empereur n’étaient la fin de l’histoire. Tous deux croyaient pouvoir figer le monde, imposer une vérité unique. Mais la connaissance est un océan : toujours en mouvement, imprévisible. Ce n’est pas la fin. Ce n’est qu’une transition. Alors il marche, lutte contre la désintégration du monde, contre l’effondrement du temps. Il avance, jusqu’à franchir la porte, juste avant qu’elle ne disparaisse totalement. Il tombe dans un autre lieu. À genoux, il reprend son souffle. Derrière lui, la bibliothèque brûle encore. Les voix des livres s’éteignent. L’univers a changé. 3 : Révélation Révélation Je pense que vous l’avez vu vous aussi, mais que vous n’y avez pas prêté attention… Ahriman voit Amon, mort depuis des dizaines d’années. Mais Amon ne meurt ni avant l’Hérésie d’Horus, ni pendant. Il meurt bien après… Si Ahriman sait qu’il est mort, alors… Ahriman vient du futur ? Ça m’a poussé à retourner voir La Fin et la Mort, et là… Chaque partie de lui n’est que pénombre, mais sa forme est infusée de rumeurs de couleurs : lapis et bleu de Prusse, cochenille et carmin, bismuth et cinabre, mêlés dans la noirceur comme des pigments, pour que chaque pièce de cette ombre ait une qualité, une texture différente. L’armure d’Ahriman lors de sa rencontre avec Sindermann dans la bibliothèque n’est pas rouge, mais elle a déjà les mêmes teintes que dans le 41e millénaire… Le Ahriman que nous voyons dans la bibliothèque n’est donc pas forcément celui de l’époque de l’Hérésie… Ce procédé a déjà été utilisé dans Le Roi Écarlate, où Ahriman et sa cabale remontent dans le passé pour retrouver un fragment de l’âme de Magnus. On retrouve aussi quelque chose de similaire dans un passage de la vie de Kasper Hawser, qui avait déjà croisé Ahriman — mais ce dernier venait du futur. Et à l’époque où il écrit cette nouvelle, John French travaille aussi sur Ahriman: Undying, dans lequel ce dernier voyage à la frontière de l’espace, du temps et de ses anciens souvenirs. Ou alors… ce sont simplement deux erreurs : celle d’Abnett (pour l’armure), et celle de John French (pour la mort d’Amon). Mais French écrit sur Ahriman depuis plus de 12 ans… Difficile d’y croire. 4 : Conclusion Le recueil continue d’alterner entre nouvelles plus « sentimentales » et récits plus axés sur le lore. Je classerais celle-ci dans la catégorie lore, avec une explication du reflux chaotique consécutif à la mort d’Horus, alors que jusque-là, on croyait que le Chaos gardait l’avantage. Cela donne une explication plausible à l’effondrement de l’armée chaotique à la mort d’Horus. Le doute subtil sur la véritable identité d’Ahriman passera sans doute inaperçu pour 99 % des lecteurs. Je ne suis même pas sûr que quelqu’un d’autre y prête attention un jour. J’ai probablement trop chroniqué la série Hérésie d’Horus… Au final, une très bonne petite nouvelle. Purge de Système de Gav Thorpe Révélation 0 : Avant-propos Cinquième nouvelle de ce recueil, et vu le titre et l’auteur, je penchais pour une histoire centrée sur le Mechanicus. La purge du système Sol mérite bien plus qu’une simple nouvelle de quelques pages… mais voyons ce qu’elle propose. 1 : L’histoire du livre Au cœur des ruines laissées par le Siège de Terra, une ancienne corruption rôde encore. Alors que les forces impériales pansent à peine leurs blessures, une mission critique est lancée : purifier le spatioport de la Porte du Lion, désormais gangrené par un code corrompu aux origines mystérieuses. 2 : L’Histoire avec un grand H Révélation Dans les jours qui suivent la victoire des forces de l’Omnimessie lors du Siège de Terra, deux prêtres du Mechanicus — Magos Theokleia et son acolyte Pherezides-Qorph — survolent une zone ravagée par la guerre à bord d’un ornithoptère pour rejoindre le spatioport de la Porte du Lion. Qorph est un jeune acolyte curieux, partiellement cybernétisé, fasciné par les théories non orthodoxes sur l’esprit-machine et la corruption métaphysique. Theokleia, sa supérieure, est une Magos froide, méthodique, presque entièrement mécanique, dotée d’une intelligence synthétique redoutable. Elle le réprimande lorsqu’il évoque des hypothèses dangereuses, notamment sur les metapsykinétiques — une forme de corruption mêlant code, matière et énergie du Warp. À leur arrivée à la Porte du Lion, ils rencontrent Magos Rakhbani, qui leur confirme que le spatioport est ravagé par un mystérieux « code corrompu » introduit durant l’assaut des Iron Warriors. Theokleia et Qorph ont pour mission de nettoyer ce code afin de permettre à la flotte de Roboute Guilliman de débarquer. Ils sont guidés dans les niveaux supérieurs par un Techmarine White Scar, le frère Tetzhou, surnommé Whispers to Iron. C’est un vétéran mutilé, reconstruit avec des implants rudimentaires, mais respecté pour sa proximité presque spirituelle avec les machines. Durant leur ascension, une embuscade survient : un être cauchemardesque — mi-légionnaire déformé, mi-machine hérétique — surgit d’un ascenseur et blesse grièvement Qorph. Tetzhou parvient à le détruire de justesse. Mais cet ennemi n’était pas un simple mutant corrompu : il semblait fusionner esprit du Warp, chair et code informatique. Ils comprennent alors que leur véritable adversaire est une entité Obliterator, un être né de la fusion impie entre un ancien Astartes, des technologies perverties et un démon du Warp. Cette créature s’est enracinée dans le cœur du spatioport, cherchant à infecter toute la structure et à se connecter à la flotte impériale pour la subvertir à distance. La situation devient critique. Tetzhou engage la créature dans une mêlée brutale, tandis que Qorph plonge dans le système de données de l’ennemi. Grâce à ses connaissances des théories interdites, il parvient à créer un antivirus métaphysique — un code vivant inspiré du Warp — capable d’infecter et de détruire le code de l’Obliterator. Ce contre-code se propage rapidement, détruisant Rakhbani, les systèmes infectés, et l’Obliterator lui-même, qui explose dans une gerbe de matière, d’énergie et de cris warp. Le prix de la victoire est élevé : le cœur du spatioport est réduit à l’état de ruines électroniques. Tetzhou sauve Qorph in extremis. Alors qu’ils fuient, Qorph, reconnaissant, propose de lui faire remplacer ses implants primitifs. Tetzhou refuse : ses blessures et son corps imparfait sont le rappel de son humanité, un garde-fou contre la tentation de devenir une machine pure. 3 : Conclusion Gav Thorpe a choisi de raconter la fin de l’histoire de Volk, le premier Obliterator, celui qui avait fusionné avec le démon Sa’ra’am avant de se lier au spatioport de la Porte du Lion. L’idée de raconter cette histoire du point de vue du Mechanicus est excellente, car du point de vue de Volk, cela aurait été bien plus difficile à transmettre. L’opposition de points de vue entre Qorph — qui reste « humain », avec le désir de découvrir et de comprendre — et Theokleia — chez qui il ne reste plus rien d’humain — montre bien l’évolution future du Mechanicus. Même si l’histoire reste intéressante et bien écrite, c’est celle qui m’a le moins séduit pour l’instant. Après l'Aurore, les Ténèbres de Guy Haley Révélation 0 : Avant-propos Sixième nouvelle de ce recueil, et on retombe dans le sentimental avec l’histoire de Katsuhiro, sans doute l’un des personnages les plus attachants apparus durant le Siège de Terra. Une personne ordinaire, entraînée dans la folie des événements. 1 : L’histoire du livre Terra est en ruines. La guerre est finie, mais la lutte pour survivre ne fait que commencer. Katsuhiro erre dans un camp de réfugiés. Dans ses bras, un nourrisson miraculeusement vivant. Il ne connaît ni son nom, ni ses origines, mais il sait une chose : il doit le protéger, à tout prix. Dans un monde où l’humanité vacille, où l’espoir semble éteint, un homme épuisé va tout risquer pour tenir une promesse. Pour cet enfant, il affrontera la faim, l’indifférence, la violence… 2 : L’Histoire avec un grand H Révélation Dans les ruines fumantes de Terra, les survivants errent dans les camps, marqués par la faim, le désespoir et le traumatisme. La foudre éclaire un ciel noir d’orage, révélant des montagnes de décombres et les vestiges de l’ancien Empire. Dans cet enfer, les cris des rescapés résonnent à chaque grondement de tonnerre, rappelant les horreurs vécues. Parmi eux, Katsuhiro traverse le camp, tenant précieusement un nourrisson contre sa poitrine. Il ne connaît pas le nom de l’enfant, ni d’où il vient, mais il s’est promis de le protéger. Le camp est misérable, confiné derrière des grillages, sans eau ni nourriture suffisante. Katsuhiro n’a plus foi en l’Empereur. Il survit par instinct, et pour l’enfant. Il trouve refuge contre un mur en ruines et s’endort, rêvant des morts qui le supplient de les aider, des visages de ses camarades tombés, et de Baeron, un Space Marine mourant qui lui ordonnait de tenir sa position. Le lendemain, Katsuhiro rencontre Elantra Katamana, qui l’aide à s’occuper de l’enfant. Lors du traitement administratif des réfugiés, Katsuhiro se bat pour que l’enfant ait sa propre carte de rationnement. Il menace, plaide, argumente, jusqu’à obtenir une deuxième carte. L’enfant est alors officiellement reconnu sous le nom de Oriens, ce qui signifie l’Aube en Haut Gothic. Mais Katsuhiro est ensuite envoyé loin, affecté à un travail de déblaiement dans les ruines du Palais, à des centaines de kilomètres. Séparé de l’enfant qu’il a confié à Elantra, il tente de survivre dans un nouveau camp. Il creuse, pioche, soulève des gravats, découvre même le cadavre d’un Space Marine renégat. L’horreur est toujours là, mais Katsuhiro pense sans cesse à Oriens. Il décide alors de fuir pour revenir le chercher. Il vole de l’eau et des légumes, mais il est capturé et fait prisonnier. On le traîne alors dans un bâtiment, où l’attend Shiban Khan, le même qui lui avait autrefois confié le bébé durant le Siège. Shiban reconnaît Katsuhiro et l’écoute. Ce dernier lui avoue qu’il ne cherche ni gloire ni honneur : il veut simplement rentrer chez lui, dans les Nations du Dragon, pour élever l’enfant parmi les siens, s’ils ont survécu. Ému par sa détermination, Shiban accepte de l’aider. De retour au camp d’origine, Katsuhiro retrouve Elantra. Elle a pris soin d’Oriens avec tendresse. Il lui propose de venir avec lui — non comme épouse, mais comme partenaire, pour élever l’enfant. Elle accepte, les larmes aux yeux. Dans un véhicule antigrav piloté par Shiban lui-même, ils quittent ensemble les ruines de Terra : Katsuhiro, Elantra et le petit Oriens, vers l’est, vers l’aube. 3 : Conclusion Guy Haley a choisi d’offrir un happy end à Katsuhiro. L’intention est louable, mais à la lecture de la nouvelle, on sent que cette fin ne colle pas entièrement à l’univers. Je rapprocherais cela de la discussion entre Baeron et Gaellon : le monde qui s’annonce n’est pas un monde où il fait bon vivre. Il n’y a plus de place pour l’homme, ni pour l’humanité. Le titre est bien choisi : Après l’Aurore, les Ténèbres. Sauf que Haley n’a pas voulu être celui qui ferait venir les ténèbres, et a préféré offrir une fin douce… C’est l’une des nouvelles les plus touchantes du recueil, même si, à mes yeux, elle aurait mérité une autre fin. Le retour de Chris Wraight Révélation 0 : Avant-propos Septième et avant-dernière nouvelle du recueil, et Chris Wraight joue avec les mots… Le retour de qui ? Et vers où ? Mais on aura vite la réponse. 1 : L’histoire du livre Terra est en ruines. La guerre est finie. Mais pour Ilya Ravallion, le dernier combat ne fait que commencer. Après avoir survécu à l’ultime siège du Palais Impérial, Ilya — vétérane brisée et sage oubliée de la Légion des White Scars — entreprend un dernier voyage : retourner chez elle. Accompagnée de Sojuk, un Space Marine blessé mais fidèle, elle traverse un monde dévasté, hanté par les morts, les souvenirs… et quelques monstres oubliés dans les ombres. Dans les ruines d’une civilisation à reconstruire, alors que l’Empereur ne parle plus et que les Primarques s’éloignent les uns après les autres, Ilya cherche un sens à tout ce qui a été perdu. Peut-on encore semer quelque chose sur une terre brûlée ? Peut-on encore mourir en paix, quand on a vu l’horreur des dieux et des hommes ? Émouvant, crépusculaire et empreint de dignité, ce récit est un adieu — à la guerre, aux héros, à un âge de légendes. Mais c’est aussi un acte de mémoire. Et d’espoir. 2 : L’Histoire avec un grand H Révélation La guerre est terminée. Horus est mort, et avec lui se referme le chapitre le plus sanglant de l’histoire impériale. Ilya Ravallion n’éprouve ni culpabilité ni triomphe. Elle est vide, usée, survivante d’un cataclysme où tant d’autres ont péri. Lorsque la nouvelle de la mort d’Horus parvient au cœur du Palais Impérial en ruine, Ilya est encore là, hagarde, son corps et son esprit à bout. Mais elle reçoit la visite de Sojuk, qui l’informe que leur Primarque, Jaghatai Khan, est vivant. Il l’emmène jusqu’à lui, dans les entrailles du Palais. Ilya retrouve le Khan, gravement blessé, dans un état proche de la mort, maintenu en vie par des machines. Il est hanté par la guerre, marqué par son passage aux frontières de la mort, parlant de choses qu’elle ne comprend qu’à moitié. Pourtant, il se souvient d’elle, de leur lien, et l’appelle « sage ». Ce sont leurs adieux. Il est vivant, mais changé. Et Ilya sait qu’elle ne le reverra plus. Elle quitte alors le Palais, escortée par Sojuk. Ensemble, ils traversent un Terra en ruines, couvert de cadavres et de machines brisées. Elle retourne dans la ville de son enfance. Arrivés dans sa ville natale, Ilya retrouve sa maison d’enfance, délabrée mais encore debout. Elle s’y installe avec l’aide de Sojuk, qui veille sur elle. Elle est très affaiblie, à bout de forces. Elle se souvient de son passé, de son ascension dans l’armée, de son départ de cette maison, des Primarques qu’elle a servis. La guerre lui a tout pris, sauf ce lieu. Mais la paix est illusoire. Un Space Marine renégat, une abomination survivante de la IIIe Légion, surgit dans la maison. Aveugle, monstrueux, affamé, il veut la tuer. Sojuk intervient, mais le combat est inégal. Alors, Ilya, avec les dernières forces qui lui restent, se jette sur le traître et le frappe avec un poignard sacré, ouvrant une faille décisive. Sojuk achève la bête. Elle s’évanouit, victorieuse. Après cela, ses forces déclinent rapidement. Elle continue de parler avec Sojuk, lui transmet ses recommandations, ses conseils pour la reconstruction, pour la Légion, pour l’avenir politique de l’Imperium. Elle lui demande de remercier le Khan de l’avoir ramenée chez elle. Un matin, Sojuk la trouve morte, paisible dans son lit. Il l’enterre dans le jardin de la maison, sans pierre tombale, et dépose son poignard auprès d’elle. Il remet de l’ordre dans la maison, puis s’en va, prêt à repartir vers le Palais, vers la suite de la reconstruction. Avant de partir, il regarde la terre qu’elle avait plantée. Rien n’a encore poussé. Mais elle avait planté. Et c’est cela qui compte. 3 : Conclusion J’ai toujours pensé que Chris Wraight était doué pour raconter des histoires sans avoir besoin d’un grand combat ou d’une quête épique — et il le prouve une fois de plus. Pour moi, c’est définitivement la meilleure nouvelle du recueil (juste devant celle d’Abnett). Wraight réussit là où Haley a échoué : il montre le basculement d’un monde, ce qu’il entraîne, ce qu’il coûte. On y voit mourir un personnage que l’on a appris à connaître et à aimer au fil des années. Tout est juste dans cette nouvelle : le thème, le ton, l’écriture… Le seigneur charognard de l'Imperium d'Aaron Dembski-Bowden Révélation 0 : Avant-propos Petite surprise pour cette dernière nouvelle du recueil. J’attendais Aaron Dembski-Bowden pour une histoire sur les Blood Angels, pas forcément sur l’Empereur. Voyons ce qu’il nous a réservé. 1 : L’histoire du livre Diocletian Coros est l’un des Dix Mille : les Custodiens, gardes du corps génétiquement parfaits de l’Empereur de l’Humanité. Depuis les profondeurs du Palais Impérial, il observe la montée et la chute des demi-dieux vivants que sont les Primarques, la guerre secrète menée dans les ténèbres de la Toile, et la lente agonie d’un empire fondé sur le silence, le mensonge… et le sang. À travers ses souvenirs, Diocletian retrace l’histoire tragique d’un idéal dévoré par ses propres enfants. Car l’Empereur n’a jamais été un père. Et ceux qui se proclament ses fils… l’ont trahi. 2 : L’Histoire avec un grand H Révélation Chapitre I : Le feu des dieux Diocletian raconte le moment où l’Empereur a pris une décision impensable : plonger dans le Warp pour y puiser le pouvoir des « dieux » qui y règnent. L’Empereur savait que les Dix Mille, ses Custodiens, ne suffiraient pas à conquérir la galaxie. Il devait créer quelque chose de plus grand : les Primarques. Dans une salle souterraine, plusieurs Custodiens de la garde rapprochée (les Trois Cents) s’opposent à ce projet. Constantin, Amon, Ra, et d’autres expriment leur désaccord. Diocletian, lui, reste silencieux. Lorsque l’Empereur lui demande son avis, il répond simplement : « Je pense que, quoi que nous disions, vous le ferez quand même. » Chapitre II : L’immortalité et la mort Les Custodiens ne vieillissent presque pas. Leur mort est rare. Ils vivent dans l’ombre de l’Empereur. Lorsque l’un d’eux, Xerxes, tombe au combat, ils sont démunis : ils n’ont pas de rites funéraires, car ils ne sont pas censés mourir. Diocletian et Constantin discutent sur un champ de bataille en ruines. Constantin entonne une vieille lamentation tribale oubliée. Ensemble, ils comprennent qu’ils devront inventer leurs propres rituels. Ils ne sont pas que des gardiens : ils doivent aussi être les bâtisseurs d’un monde nouveau. Chapitre III : Le rêve brisé Quand Magnus le Rouge transperce le Palais en brisant le portail de la Toile, Diocletian est présent. Il court dans les laboratoires en ruine pour rejoindre l’Empereur. La scène est apocalyptique : des démons jaillissent, les morts s’amoncellent. L’Empereur ordonne à ses fidèles de pénétrer dans la Toile pour contenir l’invasion. Diocletian rejoint Ra et Constantin dans le portail, aux côtés des Sœurs du Silence, dont Kaeria, sa plus proche alliée. Ensemble, ils plongent dans l’horreur. C’est le début de la guerre secrète dans la Toile. Chapitre IV : La trahison des Primarques Diocletian s’interroge : pourquoi les Primarques ont-ils sombré ? Ce n’est pas qu’ils étaient incomplets. Au contraire : chacun portait en lui la totalité de la volonté de l’Empereur. Et c’est précisément ce qui les rendait incapables de coopérer. Chacun était une copie de l’Empereur, voulant imposer sa propre vision. Dans le présent, Guilliman se proclame maître de l’Imperium. Diocletian assiste à son discours. Il est prêt à le tuer. Il veut hurler la vérité : les Primarques n’ont jamais été les élus. Ils ont échoué. L’Empereur n’a jamais misé sur eux comme il l’a fait sur les Dix Mille. Mais il se retient. Il murmure seulement : « Ils ne sont pas faits pour durer. » Chapitre V : L’ultime question Des siècles plus tard, Diocletian revêt à nouveau son armure dorée, pour la première fois depuis la fin de l’Hérésie. Il traverse un Palais transformé en sanctuaire religieux. Les laboratoires sont devenus des monastères, les archives, des églises. Il est vénéré comme un saint vivant — ce qu’il méprise. Il fait deux arrêts : – Le premier pour offrir son manteau à un enfant pauvre. – Le second pour s’incliner devant la tombe profanée de Kaeria, brûlée par les fanatiques impériaux. Il ne reste que son épée. Il descend encore plus profondément, jusqu’au sanctuaire interdit du Trône d’Or. Là, il retrouve l’Empereur — ou du moins ce qu’il en reste : un cadavre vivant, maintenu par des machines et nourri de sacrifices d’âmes humaines. Diocletian s’agenouille. Il pleure en silence. Il sent le poids de l’échec, de la guerre, des siècles de souffrance. Et il pose la seule question qui lui reste : « Mon roi. Rêvez-vous ? » 3 : Conclusion Bonne nouvelle de conclusion pour ce dernier recueil du Siège de Terra. On n’y apprend rien de vraiment nouveau : on savait déjà, ou on soupçonnait, que l’Empereur avait pactisé avec les puissances du Warp pour créer les Primarques. Mais on découvre davantage le point de vue des Custodiens — ou du moins celui de Diocletian. Je regrette un peu qu’on n’ait pas eu une nouvelle sur Valdor, mais je me contenterai de celle-ci. Eh bien voilà, dix-neuf ans après le premier roman de l’Hérésie d’Horus, nous arrivons à la fin de cette saga avec ce dernier recueil, Era of Ruin / Les Flammes de la Trahison. Même si on a tous conscience que c’est un demi-mensonge : on aura sûrement droit à d’autres nouvelles, surtout autour de Noël, peut-être encore quelques livres de la série Personnages, et il manque toujours le roman Primarque consacré à Horus. Je trouve que, dans l’ensemble, ce recueil fait le boulot, même s’il reste encore quelques zones d’ombre que j’aurais aimé voir éclaircies. Cela dit, on ne pouvait pas en attendre beaucoup plus de ce genre de recueil. C’est aussi l’occasion pour moi de faire le bilan de ce long voyage de chroniqueur. Quand je regarde le premier résumé que j’ai posté sur l’Hérésie d’Horus il y a six ans, et que je le compare aux résumés actuels, on voit quand même une belle évolution. Je suis assez content de moi, même si c’est loin d’être parfait (vous pouvez d’ailleurs voir la différence entre le résumé du roman court Garro : Le Chevalier de Gris, qui date d’il y a un peu plus de deux ans, et les résumés des nouvelles). Et bien sûr, j’attends la suite avec impatience. Il reste encore beaucoup d’histoires à écrire, et j’espère que Black Library va continuer dans ce sens. Citer Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
gilian Posté(e) le 14 juillet 2025 Auteur Partager Posté(e) le 14 juillet 2025 Bonjour, Après avoir posté, je me rends compte que j’ai un peu honte de mon résumé sur Garro. Il faudrait peut-être que je me replonge dans mes vieux résumés… Bonne lecture à tous, en espérant que cette dernière chronique du Siège de Terra vous plaira. Citer Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
gaspard Posté(e) le 14 juillet 2025 Partager Posté(e) le 14 juillet 2025 (modifié) Je suis en pleine lecture du recueil. Garro est le meilleur texte de swallow d'après moi, j'ai été agréablement surpris par sa lecture, même si deux trois choses me font tiquer. Notamment la conjugaison et l'orthographe. Révélation Pourquoi Keller regarde le combat alors qu'elle est sensé s'enfuir grâce à ce sacrifice ? Je n'avais plus la référence des anges d'un autre âge, cette histoire m'a laissé un peu de marbre. Pas mal écrite pour autant. Fulgurite c'est moisi. On dirait quil à pioché 3 noms de personnages et qu'on l'a mis au défi de faire quelque chose. Et je termine à l'instant Fragments et là attention, petit bijou d'écriture. Clairement la nouvelle favorite jusqu'ici (dans ce livre) mais du grand Abnett, dans la maîtrise du rythme et de la fluidité, de la cinématographie de l'histoire. La suite dans quelques jours Modifié le 14 juillet 2025 par gaspard Citer Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Kaptain Posté(e) le 18 juillet 2025 Partager Posté(e) le 18 juillet 2025 J'attendais la Purge pour clore des arcs, et je découvre ce recueil de nouvelles dont j'ignorais l'existence et qui fait la majorité du travail, quelle surprise ! Très déçu pour Narek, visiblement fin bâclée en impro. Excellente théorie sur Arhiman, je me souviens avoir tiqué pendant La Fin et la Mort. Ton interprétation me semble correcte. J'imagine bien l'auteur malicieux attendre que quelqu'un lui pose la question. Le fait que le bébé soit nommé n'est amha pas anodin, on le reverra dans la Purge. Et enfin, comme par hasard, tous les auteurs évitent soigneusement Valdor. Je vais vraiment commencer à croire à un grand plan pour ce personnage, entre les sous-entendus d'Abnett et l'absence assourdissante de nouvelles à son sujet... Citer Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
gaspard Posté(e) le 20 juillet 2025 Partager Posté(e) le 20 juillet 2025 Je n'ai pas pu mettre la main sur Valdor naissance de l'Imperium, mais il n'y a pas de pistes là dedans ? En tout cas il est sur la couverture de la purge. Moi je reste sur l'idée que ce bébé est le starchild. Citer Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
gaspard Posté(e) le 20 juillet 2025 Partager Posté(e) le 20 juillet 2025 voilà j'ai terminé le livre aujourd'hui, et globalement c'est un bon bouquin. ex libris je n'ai pas compris l'utilité de la nouvelle jusqu'à lecture de l'analyse de Gilian, et de ce point de vue ça a un sens. ça n'est cependant pas la nouvelle qu'il me fallait absolument pour clôturer l'hérésie , par contre. purge du système c'est pas mauvais, c'est pas foufou, ça se lit facilement et sans déplaisir même si on voit les choses arriver à 100 km. j'ai trouvé la conclusion (le paragraphe) un peu grotesque quand m^me dans sa formulation. Les trois dernières sont d'un autre niveau. La nouvelle sur Katsuhiro et l'enfant Révélation a un happy end un peu dispensable je trouve mais c'est écrit de main de maitre et aborde des thématiques plus humaines et terre à terre. La nouvelle sur Iliya m'a serré le cœur. Je me demande quelle sera la personnalité du Khan après sa rémission. La dernière nouvelle du livre est une surprise pour moi, des Custodes qui ne sont pas des imbéciles ce n'est pas arrivé souvent dans la série. et surtout cette histoire s'étend sur une période très longue, avant la création des Primarques et bien après la "mort" ou le retrait de ceux restés loyaux. Guilliman en prend pour son grade, ce qui donne une idée AMHA du ton de la Purge. Après je n'ai rien lu de ce qui parle de la V8 et de l'arrivée des primaris, donc je ne sais rien du comportement de Guili ni de l'attitude des Custo vis à vis de lui. Je n'ai même pas lu les codex. Au final de cette série du siège de terra j'en retiens que les WS ont enfin eu un rôle prépondérant, comme pour compenser un oubli. Citer Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
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