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Les sept compagnons


Iliaron

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Voici un petit récit, que je continuerais dès que possible. Bon, c'est pas top, mais je ne suis pas trop bon: c'est ma première histoire que j'écris depuis six ans (ça remonte :( )

Aucune recommandation particulière, ce n'est pas dur du tout (je suis sain d'esprit moi :wink: )

Tous ceux qui désirent lire ce texte peuvent m'envoyer un MP, je leur enverrais le texte entier par mail, cela ne me pose aucun problème: ça leur évitera de perdre du temps à regrouper les morceaux.

Edit: pour ceux qui veulent lire le texte amélioré, allez directement commencer à lire ici car j'ai tout recommencé pour mieux écrire. La version corrigée est maintenant à un stade bien plus avancé que l'ancienne :P

EDIT du 19/11/05: suite à quelques messages disant que mon post est assez... comment dire, en bazar, j'ai décidé de me mettre à le "ranger".

Pour l'instant je garde l'ancienne histoire, quand je pense avoir mal écrit, voir le niveau que j'avais avant me remotive :D . Mais si jamais il y a demande, je supprimerais.

Par contre, pour l'idée de korelion qui était de regrouper l'histoire dans un seul post, au vu de la longueur de mon histoire, il faudrait, pour l'instant, 12 posts. Comme ça va encore grandir, mieux vaut abandonner cette idée, donc je supprime ces posts créés.

Je vais aussi essayer de supprimer les posts où j'avais prévenu de changements: il est vrai que j'aime bien toujours modifier quelques trucs, mais bon, deux mois après, les changements ont été lus et ça peut gêner les nouveaux lecteurs.

Pfiou, ça va être long, c'est encore moins bien rangé que ma chambre :D .

Je regroupe ici l'ancien texte, au cas où que des gens aient envie de le consulter.

J'ai laissé les commentaires des autres auteurs, donc il est normal qu'il y ait beaucoup de messages sans textes entre (car demander l'autorisation à chacun pour savoir s'il est possible de supprimer leur message risque d'être long :D )

Embuscade

Le feu crépitait autour de la tente marron. Les sept compagnons discutaient de leur précédente chasse avec enthousiasme. Soudain, un sifflement aigu, un choc, puis un bruit mat se fit entendre: le bruit d’une chute. Un des compagnons avait été terrassé par une flèche aux plumes vertes.

Chacun des compagnons se tourna vers leur ami touché, et le regardèrent avec désespoir tomber en avant, mort. Surpris par cette soudaine attaque Kev essaya de trouver un quelconque message dans ses yeux noirs, d’ordinaire si pétillants et remplis de vie ; mais maintenant inexpressifs à jamais. Mav se pencha vers Pierre et constata avec une farouche haine envers leur agresseur qu’il était mort. Il fut ramené vers la tente par Richard qui lui criait en pleurant qu’il n’y avait nul espoir, et que seule la fuite pouvait les sauver. Gontrand sortit alors une flèche au plumage violet, et la décocha dans le vide à l’endroit où il supposait que l’agresseur se trouverait, espérant gagner du temps. Malheureusement en retour il n’y eut aucun râle d’agonie, mais plutôt une flèche, qui cette fois atteint Richard dans la boîte crânienne. Ils s’enfuirent alors immédiatement, pour éviter de tous périr. Juste avant d’enfourcher, Geoffroy et Arthur chargèrent leurs deux amis sur leurs chevaux, ayant une pensée horrible, puis s’enfuirent, laissant là une tente et les restes de leur feu de camp. Kev se retourna une dernière fois, tachant de voir les criminels, en vain. Il vit par contre une flèche atterir dans le feu.

Alors qu’ils chevauchaient, Kev ne put s’empêcher de penser à ses deux amis morts, et se demanda pourquoi ces archers les avaient pris pour cible. Que leur avaient-ils fait ? Etaient-ils d’un territoire ennemie, ou alors les avaient-ils pris pour cible par plaisir. Il savait le monde cruel, mais il ne l’avait jamais imaginé noir à ce point. Il connaissait la vie de château, la famine de nombreux paysans alors que dans le donjon s’engraissaient goulûment les riches rois et ducs ; chargés normalement de protéger ces paysans. Il pleura, lorsque soudain lui revint en mémoire un horrible souvenir. Etait-ce possible que ce soit eux ? A cette idée il frissonna.

A la fin de leur cavalcade se profila au loin la silhouette élancée d’un château, son donjon trouant la couverture nuageuse séjournant à basse altitude. A l’approche des cinq jeune gens, une vigie les reconnu, et demanda l’ouverture de la porte principale. Cette porte venait d’être renforcée pour parer aux inévitables assauts fréquents dans la région. Elle avait souvent été enfoncée, mais jamais elle n’avait été éventrée. Le groupe entra, aussitôt rejoint par le Duc.

« -Que s’est il passé ?

-Nous sommes tombés dans une embuscade alors que nous campions à trois lieues de là. Nous allions déguster un cerf que nous venions de tuer lorsque soudain des ennemis nous ont attaqués. Pierre et Richard sont morts par leur faute », murmura-t-il en s’écroulant à terre.

Le Duc releva Gontrand et continua :

-Quel malheur, dit-il en serrant les dents. Qui a été l’auteur de ce coup ?

-Nous n’en avons aucune idée, dans la pénombre nous avons pu voir les gens et leur tenue, mais eux ont du se repérer à nos voix. Au vu de la trajectoire des flèches ils tiraient depuis le couvert des arbres. Le plumage était vert »

Le Duc se raidit alors, terrifié. Il scruta les yeux de Gontrand, et comprit qu’ils pensaient exactement à la même chose. Seuls eux pouvaient attaquer dans l’ombre. Le Duc rompit cet échange de pensée en enchaînant :

« -Des elfes, il n’y a qu’eux qui sont capables de telles faits, expliqua le Duc en serrant les poings. Seuls eux peuvent abattre froidement un homme à cent mètres. Rentre dans ton foyer Gontrand, j’en ai assez entendu. Je connais mes ennemis.

- Bien Duc répondit il soumis»

Il quitta ainsi le Duc, traversa la place centrale du château, recouverte de paille, fit fuir quelques poulets qui stationnaient par là et qui caquetèrent de mécontentement, et vint voir ses quatre autres compagnons qui l’attendaient à l’entrée de sa maison. Kev accourut vers lui. Il remarqua que ses yeux bleus étaient remplis de larme. Ce fut pourtant Geoffroy qui engagea la conversation :

« -Qu’a-t-il dit ? Toujours les mêmes paroles, à accuser les elfes ? marmonna t-il de colère

-Oui, comment as-tu deviné ? demanda Gontrand d’un air faussement naïf

- C’est un xénophobe. Il a la haine des elfes, qui se trouvent pourtant à plus de quarante lieues, soit à au moins deux jours de chevaux, et encore pour des chevaux elfiques. Les hommes du royaume voisin de Mormundes ne sont qu’à six lieues.

-A-t-il seulement pensé que ce meurtre pouvait être d’eux. Heureusement que l’on a ramené les corps rajouta Mav avec effroi.

- Il l’a compris, enchaîna Gontrand, mais il craint que ces envahisseurs ne soient des elfes."

Kev fut sur le point de parler, quand un sifflement tristement connu arrêta la conversation. Une flèche aux plumes vertes vint alors atterrir sans dommages dans la cour.

Avertissement

Accroché à elle était un parchemin jauni, fermé par un cachet. Le Duc vint la décrocher, et la lut à haute voix :

« -Si demain vous n’avez fait don pour mon Royaume de cinquante de vos meilleurs chevaux, d’un canon, et de dix de vos hommes, alors nous lancerons le siège sur votre château jusqu’à ce que vous vous rendiez et acceptez nos conditions.

Signé : Richard, Roi des Mormundes »

Aussitôt les conversations s’enflammèrent, certains prêchant pour la guerre, d’autres pour la prudence, d’autres encore pour donner ce qu’il demandait et vivre en paix autant que faire se peut… Très vite les armes furent sorties des fourreaux et les hommes se mirent à crier. Le Duc jugea alors opportun de faire une harangue, avant que cela ne tourne au drame, et se mit à parler haut et fort, ce qui arrêta momentanément la bagarre:

« -Arrêtez, ne vous battez pas entre vous : nous avons bien assez d’ennemis, entre les elfes et ces hommes. Nous aurons besoin demain de tout notre courage pour les battre, Mormundes étant une riche région. Mais nous n’avons dit notre dernier mot, et s’ils nous réclament du matériel c’est qu’ils sont terrorisés. Demain nous les massacrerons. Pour que vive le pays de Foy. Mort à ces ennemis. »

Une clameur acclama ses dires, à laquelle tous participèrent, à l’exception des cinq compagnons, seuls eux restèrent placides, en pensant à tous les morts que cette guerre allait encore faire. Morts pour une seule cause : la richesse et le pouvoir.

« - Nous devons fuir, s’exclama terrorisé Kev. Ou bien nous mourrons dans la bataille, Mormundes est bien trop puissante et sans-coeur. Nous serons tous annihilés.

-Oui, surenchérit Mav, mais fuir…est-ce réellement possible ? Après cet avertissement le duc vérifiera toutes les sorties, et la notre lui paraîtra des plus étranges le jour même où nous avons perdu deux de nos compagnons… Le Duc ne nous apprécie pas, il n’aime pas notre amour de la liberté. Pour lui tous devraient se courber devant lui.

-Demain, durant le désordre de la bataille, nous pourrons fuir, conclut Gontrand, mais pour l’instant cessons de nous parler et allons préparer nos armes en vue de la bataille. Il ne faut pas attirer les soupçons. On essaie aussi de préparer secrètement nos bagages. »

Ils se quittèrent sur ces paroles, et chacun se mit à aller à l’armurerie, un bâtiment ancien construit dans une grande alcôve, où s’entend jour et nuit le crépitement du feu de la forge et des chocs métalliques. Ils aiguisèrent leurs armes, prirent de nouvelles flèches avec les plumes violettes, typiques de Foy et revêtirent des armures plus résistantes. Puis la nuit étant déjà bien avancée, ils allèrent se coucher. Kev le plus jeune alla chez ses parents, qui ne lui parlèrent même pas de la mort de ses deux amis, et les quatre autres rentrant dans leurs propres foyers, vides et sans amour. Chacun pensa longuement à ses amis avant de trouver le sommeil. Seuls eux se comprenaient, et les rares moments heureux de leur vie avaient été passés en leur compagnie.

Le lendemain, ils se levèrent à l’aurore et fignolèrent leurs préparatifs en prévoyant gourdes remplies d’eau, vivres, tente et armes. Ils cachèrent ensuite tout ceci chez Gontrand, le seul qui disposait chez lui d’une trappe, savamment caché sous une couche de paille, qui servait accessoirement de lit.

Ensuite, les préparatifs pour la fuite étant finis, ils allèrent au cimetière pour l’enterrement de leurs deux amis. Le prêtre bénit rapidement les deux corps en faisant brièvement l’éloge de leurs qualités, puis il partit à un mariage, non sans avoir quémander auprès des cinq amis des écus pour faciliter leur arrivée au paradis des âmes. Les cinq amis se recueillirent et espérèrent chacun ardemment que leurs compères vivaient maintenant dans un monde sans souffrance. Ceci fait, ils creusèrent dans le cimetière deux tombes, et enterrèrent leurs deux amis, en mettant dans la main droite leur épée, et dans la main gauche la flèche qui les a terrassés. Ils posèrent par-dessus la terre retournée une stèle en marbre, que Geoffroy grava lui-même, avec écrit sur l’une : « Richard 2201-2226 » et sur l’autre « Pierre 2211-2226 ».

A partir de ce moment, chacun attendit avec plus ou moins de haine ou d’anxiété le soir, chacun ne pouvant s’empêcher de penser à Pierre et Richard, tués par leurs futurs assaillants. Kev pensa à toutes les sorties possibles autre que par la porte principale, mais il se souvint qu’il n’existait qu’une seule autre sortie, pour éviter d’être envahi de tous côtés. Cette dernière se trouvait à l’arrière du château, mais deux gardes se chargeaient de vérifier si des hommes y entraient ou sortaient, et seraient prêts à hurler une fuite s’ils passaient par là. Il n’y pensa plus, et se concentra sur le sort qui les attendrait le soir venu.

Fuite

Après cette longue attente vint le soir. Des tréfonds de l’obscurité l’attaque ennemie fut annoncée par un clairon. Aussitôt les hommes entendirent avec terreur un sifflement, et tentèrent de fuir. Une flèche atterrit au milieu de la cour sans dommage, mais la suivante transperçât un homme qui courrait s’abriter sous un auvent. Il tomba mort à quelques mètres de Kev. Ce dernier se demanda si leur fuite n’allait pas se finir pareillement : au moment où l’on croit être sauvé être finalement tué. Il n’eut le temps de penser davantage : Arthur vint le voir et lui fit signe de les rejoindre.

Alors qu’ils partirent vers les écuries, espérant trouver leurs chevaux reposés les archers du Duc répliquèrent, le sifflement des flèches se mêlant aux cris d’agonies des blessés. Les chevaux hennirent avec joie pour accueillir leurs maîtres et se frottèrent contre leurs vêtements. Au moment où ils allaient les monter ils virent arriver le Duc et nombre de ses chevaliers et préférèrent

« -Tous ceux qui le peuvent, enfourchez souffla-t-il avec empressement. Nous allons tenter une sortie. Ils sont meilleurs archers que nous, mais nous sommes meilleurs au combat rapproché. En avant hommes de Foy, n’ayez nulle peur au combat. »

Ils partirent sur le champ, laissant là les amis, qui en profitèrent pour suivre les chevaliers à distance. Un bref passage dans la cour leur montra que les archers ennemis avaient fait des ravages, et gisaient nombre de personnes qu’ils avaient côtoyé, avec qui ils avaient parlé un jour de marché, et qui n’étaient plus. Personne dans la cour ne semblait les pleurer, tous préférant penser à sa propre vie qu’à celle d’un autre.

Lors de la charge des chevaliers de Foy, ils fuirent vers le côté opposé, et nul ne les poursuivirent : dans le tumulte de la charge et des cris qui s’ensuivirent, personne ne les avait vu. Après avoir tourné au coin du château, ils étaient hors d’atteinte, pensaient-ils, lorsqu’ils entendirent des chevaliers ennemis les poursuivre, et tenter de leur tirer dessus. Gontrand se retourna, encocha une flèche, et tira, mais manqua sa cible dans sa précipitation. Il vit au passage que le combat risquait d’être serré ; les ennemis étaient six archers aussi armés de lance de cavalerie, colorés du même vert que le plumage des flèches. Kev n’ayant que seize ans et ne sachant encore bien se battre, il allait en outre falloir le protéger.

La fuite fut finalement impossible, car un tir précis d’un archer ennemi transperça Arthur, qui tomba au sol. Aussitôt les quatre autres compagnons arrêtèrent leurs chevaux et dégainèrent leurs épées. Gontrand coupa la gorge d’un ennemi n’ayant eu le temps d’arrêter son cheval, tandis que Geoffroy en blessait un autre au bras. Kev se jeta vers Arthur, voir s’il pouvait lui procurer quelques soins rapides. Un quatrième chevalier chargea de sa lance Mav, mais n’atteint que sa jambe, ce dernier ayant réussi à détourner l’arme avant qu’elle accomplisse sa funeste action. L’archer tira une seconde flèche qui atteint Gontrand dans l’épaule, transperçant le cuir et la cotte de maille. Il s’écroula. Geoffroy et Kev jugèrent alors plus prudent de se rendre, et furent ensuite assommés. Ils tombèrent tous deux lourdement sur la terre. Les cinq archers apportèrent des soins sommaires à Arthur et Mav, puis mirent les amis sur des chevaux et s’en allèrent. Avant qu’ils ne partent, Kev vit que l’archer à la redoutable précision partait, accompagné d’une autre personne.

Réveil

Le lendemain Kev fut tiré de ses songes par un choc sourd de sa tête sur un rocher. Ses yeux lui étaient douloureux sous le soleil matinal, mais de curiosité il les ouvrit et regarda ses kidnappeurs. Tous étaient des archers. Ils étaient tout de vert vêtu, et portait des dagues aux manches vertes au niveau de leur ceinture.

Kev serra les poings : ces hommes étaient ses ennemis pour toutes les horreurs qu’ils avaient faites. Il les examina précisément, pour mieux connaître leurs spécificités. Ils étaient humains, et leurs visages semblaient animés d’une passion maladive telle que Kev préféra détourner le regard. Il referma les yeux, le temps qu’ils s’acclimatent à cette luminosité. Les rouvrant, il remarqua que les ennemis de la veille avaient été rejoints par de nombreux autres guerriers, tous archers.

Cinq tentes servaient de campement. Ces dernières étaient aux couleurs du régiment : vertes. Il semblait y avoir une certaine tension au niveau du campement, les conversations s’élevant, et de nombreux guerriers ayant la main sur le manche de leur dague, par précaution. Ainsi les hommes de Foy avaient gagné, pour que se parlent ainsi les Mormundes. Kev décida d’engager la conversation avec la sentinelle les surveillant:

« -J’aimerai parler à votre chef, le Roi des Mormundes

-Nous n’avons aucun chef, ricana-t-il, nous sommes des mercenaires. Nous n’obéissons à personne. Nous avons préféré léser les mormundes, ils étaient finalement des mauvais payeurs. Pour le prix qu’ils avaient payé on n’avait pas à risquer notre vie. Soixante écus pour vingt-cinq ! Quel radin. En outre nous n’étions là que par amitié pour… » Il se tut, conscient d’en avoir trop dit.

-Pourquoi vous nous avez capturé alors, s’écria Kev

-Pour l’argent, répondit-il avec simplicité. Votre Roi paiera sûrement bien votre retour, ou alors nous demanderons aux mormundes, qui sait ; en vous torturant un peu ils pourraient apprendre des choses pour le moins intéressantes. Peut-être que ça le ferait mieux payer, dit-il avec un sourire malicieux. »

Kev comprit que l’archer lui cachait une donnée importante, mais il était inutile d’attirer l’attention par des questions trop précises. Le mercenaire se retourna vivement, une bagarre ayant finalement éclaté dans les rangs au sujet du partage de l’argent, imagina Kev. Il en profita pour prendre à terre la dague de la sentinelle, ainsi que du courage, et se mit à délivrer ses amis. Dans le campement, la clameur était intense, mais la querelle pouvait cesser à tous moments, pour peu que le chef remettre de l’ordre. Il rompit vite les liens de ses amis, et ils essayèrent ensuite de s’enfuir. Malheureusement Arthur était inconscient, et Mav blessé à la jambe. Ne pouvant se résoudre à abandonner leurs deux compagnons, ils préférèrent rester prisonniers, et attendirent patiemment la fin de la bataille, rapidement résolue lorsque le chef décocha une flèche dans l’œil du principal mécontent, qui tomba avec un soupir à terre sous les quolibets des autres archers.

Le chef vint les voir, ne prêtant aucune attention aux liens défaits. Un des archers lui apporta un couteau, et, s’approchant d’Arthur, il le fit coucher, approchant son arme de sa gorge. Gontrand chercha à intervenir, mais il fut mis en joue par un archer qui réagit à une vitesse fulgurante. Ils étaient pris, et Arthur allait mourir.

Pour éviter d’être dérangé, le chef fit un geste, et Kev et Geoffroy furent amenés dans une tente, au sein des autres archers. Ils ruminèrent sombrement leur vengeance, tout en sachant pertinemment qu’ils étaient réduits à l’impuissance : à deux contre vingt-cinq, mieux valait ne même pas tenter.

Kev se rappela ces jours heureux, quand il se baladait libre avec les six autres. Ils avaient tous été de très bons amis, et étaient souvent partis explorer Foy, la vie au château ne convenant à aucun d’eux ; la haine faisant partie intégrante du château, et le Duc n’y échappait pas. Ce dernier appréciait toutefois Gontrand, en bon guerrier qu’il était. Mais les choses ont changé : Pierre et Richard étaient morts. Personne à part eux ne les avait regrettés. Tout le monde devait penser que c’était mieux comme cela, car à notre époque, ne pas aimer le château qui nous protège est une infamie, tout comme le fait de ne pas penser comme le Duc. Ils étaient incompris, et Kev se demanda douloureusement s'il pourrait de nouveau être apprécier par d'autres gens, avec qui il vivrait heureux.

Se dire que tout le monde a déjà du nous oublier, ou même pire, être content de notre mort est dur. Les hommes ont ce grand défaut : ils ont horreur de connaître leurs dangers et leurs défauts, et le simple fait que nous les découvrions les terrorisait. Ils préfèrent vivre naïfs, quitte à mourir un jour par manque de préparations, que survivre prévenus. Ils préfèrent aussi haïr les autres races, dont ils ne connaissent rien, que leurs homologues, qui ont leur même défaut, mais dont leur pire est cette soif de pouvoir. Cela avait peut-être fini par causer la perte de Foy. Le Roi des Mormundes était peut-être mauvais payeur, mais même sans les archers, il possédait une grande armée dévouée à sa cause, et qui allait à la guerre comme eux cinq allaient dans une taverne.

Il pensa ensuite à la futile quête du bonheur. A quoi servait de rechercher la joie lorsque toute une vie pouvait s’écrouler en un instant à cause d’une guerre ou d’une capture. Alors que seulement quatre jours auparavant il vivait heureux, sa vie s’était transformée en enfer par une simple guerre.

Kev fut tiré de ses songes par le retour d’Arthur. Cela le surprit tout autant que Geoffroy, mais Arthur leur expliqua que morts ils ne représentaient qu’un faible intérêt, alors que cinq hommes vivants pouvait faire monter la rançon à une valeur bien plus intéressante pour les mercenaires. La cause était certes mauvaise, mais cela servait leur plan de fuite possible. Partir avec ses meilleurs amis est toujours plus aisé que partir seul.

Départ

Deux jours avaient passé, et les trois compères blessés s’étaient depuis bien remis. Ils allaient partir du campement, les mercenaires voulant trouver le Roi des Mormundes pour la rançon. Les archers rangèrent leurs tentes vertes sur des chevaux, lièrent les compagnons, et levèrent le camp. Ils chevauchèrent durant toute la matinée, et s’arrêtèrent le midi à l’endroit même où leurs deux amis étaient morts, deux traînées de sang témoignant encore du drame qui s’y était joué. Les cinq compagnons purent descendre de leurs chevaux, et repensèrent à la tragédie, cela leur faisant monter une haine terrible, une implacable envie de vengeance. Mav ne pu s’empêcher de se rappeler de Richard, qui l’avait retenu de rejoindre Pierre, en lui arguant que cela était trop dangereux, et qui fut mort peu après d’une deuxième flèche. Ils s’agenouillèrent, et prièrent une seconde fois pour leurs amis.

La prière terminée, ils levèrent les yeux et remarquèrent vers les chênes d’où les deux flèches avaient du être tiré le chef archer discuter avec le roi des Mormundes. Ainsi Foy avait triomphé, sinon le Roi ennemi ne se cacherait pas en un tel endroit. Kev s’avança, et vit derrière cette rangée touffue de chênes un campement. Sans le savoir ils s’étaient, quatre jours auparavant, reposés à une centaine de mètres d’un futur campement. Ils avaient du monter leur tente la nuit même où les mormundes étaient arrivés avec les archers. Les mormundes avaient préféré se monter leur campement dans la clairière, mais Kev comprit qu’ils avaient préféré les tuer plutôt que de les faire fuir vivants. Les archers avaient sûrement du recevoir l’ordre de leur tirer dessus, puis avaient pris la même route qu’eux, devant envoyer un avertissement au Duc. Toute la bataille s’expliquait. Les mercenaires avaient agi pour le Roi jusqu’à ce qu’il finisse par leur donner la somme promise.

Kev revint vers ses amis, un archer l’ayant mis en joue de peur d’une fugue. A ce moment le Roi s’approcha d’eux. Il avait payé deux cents écus leur rançon. Ils étaient perdus. Ils allaient être torturés jusqu’à ce qu’ils livrent les secrets du château du Duc, puis tués. Ne valait-il pas mieux tenter de fuir, quitte à mourir. Les cinq compagnons se regardèrent, chacun scrutant dans les yeux de l’autre, et comprirent ce que chacun pensait. Mieux valait la mort que la torture. Ils n’avaient qu’une chance : si le Roi les voulait vivant les archers ne tireraient pas. Sinon, ils rejoindraient leurs deux amis tombés à cause de ces archers.

Gontrand donna un coup de poing à l’archer le plus proche, le faisant tomber de son cheval. Le choc alerta les ennemis. Arthur blessa avec une dague un cheval, dont le cri de terreur et la ruade fit culbuter un deuxième archer, et Mav se saisit de la lance de cavalerie d’un troisième mercenaire, et s’en servit comme d’une massue contre deux archers, assommant les deux en brisant la lance dans un bruit sourd. Avec cette action conjuguée, ils avaient créé une brèche et profitèrent de l’effet de surprise. Ils pouvaient fuir. Ils s’élancèrent, Mav frappant du reste de la lance de toutes ses forces un cavalier qui tentait de s’interposer, ce qui lui coupa la respiration, et coururent en direction de la forêt située à l’opposé du campement. Ils n’avaient plus aucune arme, et coururent de toute leur force en direction de cette forêt exubérante qui pouvait leur procurer une bonne cachette, mais déjà derrière la défense s’organisait. Ils avaient compris que le Roi les voulait vivant, et déjà les cavaliers s’élançaient dans leur direction. Ils atteignirent la forêt, et s’engouffrèrent dedans, espérant de tout cœur que les cavaliers ne pourraient maîtriser leurs montures. C’était chose faite : un chevalier déchaussa en percutant les racines d’un arbre, et le choc du casque contre la racine se répercuta à travers les arbres ; le cheval d’un second s’écorcha vif dans des ronces et hennit de douleur. Malheureusement les chevaliers continuaient à pied, suivis par les archers. La poursuite ne dura qu’une centaine de mètres de plus, la blessure de Mav se remettant à le faire souffrir et à saigner abondamment.

Ils furent de nouveau conduits en direction du Roi, un colosse de deux mètres aux nombreuses cicatrices couturés ayant perdu un œil dans la bataille de la veille:

« -Vous avez de l’espoir s’exclama-t-il en rigolant. Parfait, j’aime les gens conquérants et aimant la liberté. Une fois emprisonnés ils souffrent tellement qu’ils ne peuvent s’empêcher de nous livrer de nombreux détails, espérant ensuite pouvoir redevenir libre. Sachez que je tiens mes promesses, si vous répondez à mes questions il ne vous sera fait aucun mal, et vous redeviendrez libre très vite. »

Les cinq furent cette fois enchaînés aux bras et aux jambes, et mis sur cinq chevaux différents. Au moment de partir le Roi s’approcha à l’insu de tous d’un de ses chevaliers de sa garde personnel, reconnaissable à son armure étincelante, et lui dit :

« -Faites comme toujours. Ne changeons pas un si bon fonctionnement. »

Le garde approuva avec un sourire malsain, et une vingtaine de chevaliers partirent avec leurs prisonniers, laissant là le Roi et une grande partie de son armée.

Voyage

Kev regarda une fois encore devant lui avec désespoir, et remarqua que le soleil était toujours aussi faut, et que le repos du soir était encore loin. Il sentit dans son cou une piqûre, mais ne chercha même pas à voir qu’est-ce qui l’avait ainsi piqué. Il vit devant lui ses amis, qui avançaient eux aussi cahin-caha. Il regarda autour de lui la forêt touffu, mais le trouva bien moins accueillante qu’avant lorsqu’ils la parcouraient à la recherche de gibier. Il se sentait mal, et repensa aux nombreux contes qui se racontaient au sujet de ce bois, les plus extravagants affirmant même que les bois seraient vivants et se déplaçaient librement, leurs racines se transformant en d’immenses pieds. Il ne comprit pourquoi il pensait avec tant d’insistance en ces contes trompeurs, alors même qu’il n’y avait jamais cru et qu’il s’était souvent baladé dans ces bois, et il pensa que la douleur des chaînes lui rentrant dans sa peau le faisait délirer, ainsi que la touffeur environnante. Cet environnement si particulier le mit dans un état second, et, hagard, il s’évanouit sur son cheval.

Il se réveilla soudain alors que son cheval se cabrait. Son premier réflexe fut de se cramponner à la crinière de son cheval, puis de regarder autour de lui. Il était seul. Surpris, il cria, mais ne reçut en retour qu’un lointain écho. Transpirant il descendit difficilement de son cheval, s’entrava dans ses chaînes, tomba, se releva, et regarda de nouveau autour de lui. Seul. Autour de lui il ne distinguait que des fiers chênes et des bouleaux élancés, mais il n’y avait aucun homme, aucun cadavre, aucun son. Ce silence terrifia plus que tout Kev, qui s’attendait au contraire à entendre au loin le bruit d’une cavalcade, des cris terrifiés, mais au contraire il n’y avait rien. Il y avait eu un grand imprévu, pour qu’ils l’abandonnent ainsi avec un cheval, sans même le tuer, alors même qu’il n’y avait aucun cadavre autour de lui. Il essaya de retourner vers son cheval pour s’enfuir de cette forêt maudite, mais l’indicible douleur des chaînes ainsi que la lourdeur du lieu fit qu’il s’évanouit à nouveau.

Il se réveilla brièvement et remarqua avant de s’évanouir une nouvelle fois que ses chaînes avaient été enlevées, et que quelque chose ou quelqu’un le transportait. Il s’évanouit une nouvelle fois, n’ayant même pas la force de lever sa tête pour voir où il allait ainsi.

La chasse

C’était un beau matin d’été, et Kirla se leva de son lit et s’étira. Il regarda avec plaisir le soleil matinal s’infiltrer par la fenêtre et se faufiler insidieusement jusqu’à son lit recouvert de drap vert. Heureux de voir que la journée s’annonçait belle, il descendit les escaliers avec joie, et alla voir son père Kirl. Ce dernier lui rappela qu’aujourd’hui ils allaient chasser le troupeau de sanglier qui paissait à trois lieues de leur habitat.

Kirla mangea rapidement ses baies, et s’élança prestement vers sa chambre pour revêtir son armure et chercher son arc. Il adorait chasser, mais c’était sa première chasse en groupe de si grande ampleur : il était rare qu’un troupeau de sanglier s’aventure si près de chez eux et le roi avait réquisitionner le maximum de chasseurs pour en profiter. En effet ils ne chassaient jamais ni les cerfs, les licornes et les chevaux : ces bêtes étant sacrés et divines : sans elle l’Esprit de la Forêt n’aurait pu survivre, et les elfes sylvains n’auraient jamais pu exister. Par contre les sangliers, bien que moins nombreux, pouvaient être chassés. Cette race avait été introduite par l’homme, et elle détruisait tout sur son passage : elle abîmait les arbres, mangeait les plantes et chargeait les nouveaux-nés des bêtes sacrées. . Imladrik avait décidé de profiter de cette aubaine et de partir à la chasse avec sa tribu d’elfes, les sangliers pouvant leur assurer de la viande pour un mois entier s’ils étaient bien conservés. En effet la tribu de la Feuille morte surnommée Älthwé ne comptait que cents habitants environ, et un troupeau pouvait leur assurer de la nourriture pour des semaines.

Une fois prêt, Kirla descendit l’échelle de corde et alla à l’écurie, où était rassemblé la moitié de la tribu : une cinquantaine d’elfes en armure étincelante, certains sur chevaux, d’autre sur cerfs. Le roi Imladrik sauta prestement sur sa licorne, et faisant signe à ses hommes qui le suivirent, ils partirent en bon ordre vers les sangliers.

Durant la chevauchée Kirla regarda émerveillé autour de lui. Il adorait cette forêt, et la visiter était pour lui toujours un plaisir, alors même qu’il ne se rappelait pas en être sorti une seule fois. Un couple d’oiseaux pépiaient gaiement, et se posèrent sur son bras. Il les caressa pendant quelques minutes, avant qu’ils ne repartent. A l’approche des sangliers, il vit sur une plate-forme deux elfes habillés de capes forestières. Il ne les aurait remarqué si ces derniers n’avaient bougé puis n’étaient descendu de leur plate-forme pour parler à Imladrik. Kirla n’entendit pas ce qu’ils se dirent, mais ils reprirent normalement la marche vers les sangliers peu après.

Lorsqu’ils arrivèrent à la vue des sangliers, Imladrik fit d’un geste stopper ses hommes, et leur expliqua brièvement ses plans. Dix elfes devraient contourner le troupeau pour éviter que des sangliers ne fuient par l’arrière, dix autres elfes devaient aussi les prendre à revers par la gauche et dis autres par surprise par la droite. Kirla se trouva être dans le premier groupe. Ils contournèrent sans bruit les sangliers, évitant toutes les brindilles et les branches mortes. Kirla fit particulièrement attention à ne pas effrayer les sangliers par des bruits anormaux, et n’osa même pas parler aux autres elfes sur le déroulement de la chasse, se doutant que son travail principal serait de rabattre les sangliers vers le côté opposé, et d’abattre tous ceux qui tenteraient de s’échapper.

Arrivés derrière le troupeau, ils se faufilèrent par groupe de deux d’arbre en arbre. Kirla se trouva avec un elfe qu’il ne connaissait pas, et qui s’appelait Ilia. Il lui expliqua brièvement ce qu’ils allaient faire, puis lui fit signe d’avancer en le suivant le plus furtivement possible. Enfin, ils se trouvèrent à une centaine de mètres du troupeau, et ils élargirent le front pour restreindre les possibilités de fuite des sangliers, puis ils tapèrent bruyamment sur le sol.

Les sangliers surpris se retournèrent et fuirent vers le côté opposé. Alors retentit le cor d’Imladrik et tous les elfes ouvrirent le feu sur les sangliers en une salve mortelle. Le sangliers se mirent à beugler de peur et à se disperser de peur dans tous les sens, un se précipitant à toute allure vers Kirla. Sans peur, il prit une flèche, qu’il décocha en direction du sanglier, mais n’ayant pris en compte la vitesse du sanglier, elle blessa le sanglier au dos, le fit saigner, mais ne le tua pas, et le rendit au contraire plus furieux. Le sanglier était maintenant trop proche pour espérer décocher une nouvelle flèche. Juste avant de finir empalé par le sanglier Ilia plongea vers Kirla, et cela le sortit du champ de vision du sanglier, qui continua à courir avec fureur derrière les elfes. Kirla le regarda honteusement s’enfuir, lorsque ce dernier tomba subitement mort. Kirla se releva, en remerciant chaleureusement Ilia de lui avoir sauvé la vie.

Il entendit alors le cor d’Imladrik qui annonçait la fin de la chasse. Chaque elfe siffla son animal, puis ils attachèrent grâce à des cordes elfiques un sanglier par cheval ou cerf. Kirla se tourna vers le sanglier qui avait failli le tuer, et remarqua que la blessure qu’il avait subi au dos avait finie par le terrasser, au vu du sang qui sortait abondamment de la blessure. Il l’attacha à son cheval, et revint vers les autres. Ils reprirent la route vers leurs campements en compagnie des deux autres alfes qui traînaient eux aussi des sangliers.

La licorne d’Imladrik donnait grâce à ses hennissements et aux deux sangliers qui traînaient derrière elle du courage aux autres chevaux, ce qui leur permit de rentrer à leur habitat avant la tombée de la nuit. Ils détachèrent tous leurs sangliers au pied de l’arbre principal, pendant que d’autres elfes descendaient prendre des nouvelles auprès d’Imladrik et attacher les sangliers dans des harnais pour permettre la montée de ces sangliers dans les arbres.

Kirla remonta fatigué les cinq mètres de l’échelle de corde, et croisa dans la salle principale Ilia. Il ne pût s’empêcher d’aller lui parler. Ce dernier lui apprit qu’il l’avait sauvé car il avait lors d’une chasse perdu un très bon ami, et se méfiait depuis des sangliers. Il connaissait leur rapidité, et savait que ces derniers pouvaient prendre de vitesse un elfe alerte dans ses derniers instants de vie, où il court avec l’énergie du désespoir. Ils voulurent échanger plus, mais la cloche annonçant le repas sonna, et Kirla se dirigea vers sa chambre, où il enleva rapidement son armure, lava son visage grâce à l’eau purificatrice qui coulait directement du plafond, et se dirigea vers le salon.. Il s’assit à la gauche de son père, qui lui demanda avec le sourire de lui raconter sa chasse.

A la fin du festin, Imladrik remercia tous les chasseurs qui avaient permis à la tribu le retour à une période heureuse avec de la nourriture en profusion, puis leur souhait une bonne soirée. Kirla remonta anéanti et plein, et tomba dans son lit, et s’endormit aussitôt. Peu après, Kirl et Imladrik montèrent à sa chambre, le regardèrent rapidement, et repartirent d’où ils venaient. Ilia qui passait par là entendit Kirl s’exclamer : « heureusement qu’Ilia passait par là ? Sinon il serait mort et nous… ». Kirl ferma à ce moment une porte et Ilia ne put en entendre plus.

Vol

Kirla se réveilla sur le qui-vive durant la nuit, et entendit des cris terrifiés. Sans réfléchir, il s’habilla de son armure de mithril, de son arc, de deux carquois remplies de flèches, d’une logue et fine épée, ainsi que d’une dague tranchante. Prêt, il courut à la pièce principal d’où ils avaient montés les sangliers auparavant. Ilia le rejoint en courant, et lui demanda ce qu’il s’était passé. Il n’était lui non plus pas au courant. Ils descendirent sans bruit l’échelle de corde, et regardèrent alentours. Ilia fit un geste, et Kirla le suivit. Ils evancèrent d’une dizaine de mètre, et remarquèrent qu’à cet endroit l’herbe avait été aplatie par un objet de très lourd que l’on avait fait glissé. Intrigués, ils suivirent prudemment les traces d’herbe couché, et une centaine de mètres plus loin ils trouvèrent le corps d’un elfe à terre. Kirla le retourna et remarqua que c’était le corps d’une sentinelle chargée de prévenir la tribu de toute attaque. La blessure ne faisait aucun doute, il avait été abattu par une épée. Ilia monta, aussitôt suivi par Kirla, à la plate-forme qui leur servait de tour de garde, et trouva l’autre elfe mort, abattu par une épée qui l’avait traversé de part en part. Cela intrigua au plus haut point Ilia, qui fit remarquer à Kirla que le temps que sa cible ne monte ils auraient eu le temps d’alerter la tribu pour des renforts, et de tirer sur quelques ennemis. Il n’y avait qu’une seule hypothèse : l’ennemi avait un complice chez les elfes, aussi dur que cela puisse paraître.

Consternés de n’avoir pu repérer un seul des ennemis, ils redescendirent de l’échelle de corde avec le cadavre, qu’ils posèrent à côté du premier, puis revinrent vers l’arbre principal. Ils allèrent directement à l’endroit d’où débutait l’herbe couchée, mais l’herbe était aplatie subitement, et il n’y avait aucune trace de sang qui aurait pu témoigner d’une lutte contre une bête, qui aurait ensuite était attachée à des chevaux, puis enlevée. Kirla regarda au dessus de la zone, et remarqua cinq mètres au dessus le plancher de l’Habitat. Le plancher stoppait net au-dessus de la zone, et c’était par là que l’on pouvait monter ou descendre les victuailles. Kirla fit rapidement part de ses réflexions à Ilia, et tous deux remontèrent dans l’Habitat. Ils croisèrent enfin quelques elfes, les questionnèrent mais ils n’étaient au courant de rien. Comme eux ils avaient été réveillés par le cri d’un elfe, mais ils n’avaient trouvé aucun blessés dans l’Habitat. Ilia leur expliqua rapidement où ils avaient trouvé le corps de deux elfes, puis avec Kirla ils allèrent vérifier leur thèse. La corde s’était usée durant la nuit, et sur le plancher se trouvait être une trace de sang. Conscient d’être sur la bonne piste, ils regardèrent méticuleusement les alentours mais ne trouvèrent pas plus d’indices convenables. Ils plongèrent chacun dans leurs songes, ne parlant que très peu pour se rappeler des indices, ou établir des thèses.

Au final, ils arrivèrent chacun à deux thèses : des elfes les avaient attaqués, usant de sortilèges pour endormir les sentinelles puis les massacrer, d’où le cri strident. Ensuite, ils se seraient déplacés avec la grâce elfique dans l’Habitat en faisant le moins de bruit possible pour décharger des bêtes du haut, à moins que certaines ne soient restés au bas de l’Habitat, en attente d’être monté le lendemain. La deuxième thèse était qu’un infiltrateur se trouvait dans la tribu, qui était monté voir les éclaireurs, puis les avait assassiné. Cela expliquait parfaitement qu’ils n’aient tiré, et expliquait aussi le cri. Les bêtes se trouvaient soient déjà en bas, déposés par le complice, ou même peut-être par plusieurs. Ensuite, les hommes pour lesquels ils servaient seraient venus et auraient emporté le butin. Il ne restait qu’un point obscur : cette absence de trace de sang. Des bêtes tuées saignent obligatoirement, et cette absence signifierait soit que les bêtes avaient lévités, mais l’herbe n’aurait pas été couchée, soit que toutes leurs blessures avaient été pansées et bandées, ce qui aurait pris beaucoup de temps.

Kirla et Ilia pensèrent plutôt pour la deuxième solution, car si une tribu elfique les aurait volé, ils n’auraient eu le temps de panser et bander toutes les blessures, et auraient de préférence fait léviter quelques vivres, et l’herbe n’aurait été couchée. En outre, aucune tribu elfique n’en volerait une autre. Chacune vivait grâce à l’Esprit de la forêt, ils étaient donc tous frères. Si une tribu était en danger, les autres venaient les aider, car ils ne pouvaient survivre qu’en gardant une bonne cohésion. Si ce vol avait été organisé par d’autres elfes il n’y aurait pu n’y en avoir que très peu, qui n’auraient pu voler qu’un ou deux sangliers.

Arrivés à cette conclusion, ils allaient se séparer lorsque couru sidéré un elfe. Ils le firent stopper et ce dernier haleta que tous les sangliers de la veille avaient été dérobés, ainsi que toutes les autres vivres. Il repartit annoncer cette nouvelle au chef Imladrik, car cela signifierait repartir à la chasse de suite, ou mourir de famine. Cette nouvelle conforta en outre la prémonition des deux amis, il aurait fallu un millier d’elfes pour faire léviter tous ces sangliers, et ils auraient perdu beaucoup trop de temps. Surtout qu’entre le cri et l’instant om Ilia et Kirla s’étaient trouvés au bas de l’habitat, il ne s’était passé tout au plus que dix minutes, et les sentinelles avaient obligatoirement été tués avant le transport des sangliers.

Avec cette deuxième analyse, ils allèrent confier leurs soupçons à leur chef. En rentrant ils croisèrent l’elfe qui leur avait annoncé la catastrophe auparavant. Imladrik les fit entrer, et Ilia commença le récit. Le roi l’écouta attentivement, et à la fin il suivit le conseil des deux jeunes elfes, et sonna le cor pour préparer une seconde chasse.

Moins d’une heure après quatre-vingt dix elfes partirent par bande de dix chasser le sanglier dans un rayon de dix lieues autour de l’habitat. Kirla partit avec Ilia et son père Kirla chasser d’autres sangliers et cueillir tous les fruits qu’ils trouveraient.

Survie

La chasse fut médiocre, les elfes n’arrivant à abattre qu’une demi-douzaine de sangliers. Imladrik lança alors des mesures d’urgence pour la survie de sa tribu, et tous les éclaireurs partirent quémander de l’aide auprès des autres tribus qui vivaient en Loriath.

Le surlendemain du meurtre furent incinérés les deux elfes. Toute la tribu était présente pour manifester son désespoir, et son incompréhension face à ce vol qui démontrait un égoïsme manifeste des malfaiteurs. Le bûcher, composé exclusivement de branches mortes, fut porté en fumée par l’ajout d’herbe, pour que la douleur de la tribu se voit haut au dessus des arbres. Ensuite les deux corps furent descendus dans les flammes grâce à des treuils, les tissus blancs qui entouraient les morts se roussissant à l’approche des flammes. Les elfes regardèrent avec tristesse leurs deux compatriotes être entièrement consumés par le feu, tout en chantant des litanies pour aider les âmes de ces deux innocents à rejoindre l’Esprit de la Forêt où chaque elfe énuméra les nombreux actes généreux des défunts.

Les corps finalement réduits à l’état de cendre, le feu fut éteint et les complaintes atteignirent leur apogée, chaque elfe racontant en chœur le meurtre atroce dont avaient été victimes ces deux courageuses sentinelles.

Les cendres furent finalement rassemblées dans des sacs avec de nombreuses représentations du dieu des elfes sylvains, puis les familles des victimes partirent répandre les cendres de ces êtres chers pour qu’ils ne fassent qu’un avec la forêt.

Les elfes rentrèrent alors dépités à l’habitat, et allèrent aussitôt se poster à des fenêtres attendre le retour des sentinelles. Ils n’avaient plus rien à manger, et c’était un rituel de ne pas chasser lors d’une incinération, que le Dieu n’ait pas à accueillir trop d’âmes le même jour, et n’ait pas à faire de choix préjudiciables.

Ilia, Kilra et quelques autres elfes partirent quand même essayer de cueillir quelques fruits, ne voulant pas devoir enterrer d’autres amis morts de faim. Ils ne cueillirent que très peu de fruits qui ne suffiraient pas à nourrir la tribu, mais permettraient aux êtres les plus exposés de survivre à la nuit.

Le lendemain de nombreux éclaireurs revinrent, tous porteurs de bonnes nouvelles. Devant la malédiction dont était victime Älthwé, tous s’étaient mobilisés pour apporter au plus vite des vivres. Le soir même les elfes de la tribu de l’Oeil Vigilant arrivèrent avec une quinzaine de sangliers, qui permettrait à la tribu de survivre en attendant d’autres donations. Imladrik leur proposa de passer la nuit dans l’habitat, mais ces derniers refusèrent, préférant repartir de suite, et ainsi éviter de consommer les vivres qu’ils venaient d’apporter. Bien leur en prit, car durant la nuit une autre tribu, la tribu des Plumes, arriva avec une vingtaine de sangliers, et préférèrent finir la nuit à l’Habitat, de nombreux épuisés après une marche de plus de deux jours.

Les elfes reprirent courage, et eurent de nouveau espoir en l’avenir, mais cela les gonfla de haine envers leurs attaquants, qui qu’ils soient : sans l’aide extérieure d’autres elfes ils n’auraient pu survivre.

Enquête

Imladrik, rassuré pour la tribu, décida de mener l’enquête, et partit avec ses éclaireurs à l’orée de la forêt. Ils revinrent trois jours plus tard, et rapportèrent que c’était les chevaliers de Mormundes qui avaient commis cet acte. Lors du festin, le roi prit la parole et expliqua à la tribu tout ce que son exploration avait découverte.

« - Mes valeureux elfes et moi-même avons décidé d’orienter nos recherches vers l’orée de la Loriath. A peine étions nous arrivés que nous allâmes en direction de deux hommes qui discutaient le long de la Grand Voie, puis nous nous cachèrent et écoutâmes ce qu’ils dirent. Ils discutèrent du vol, et se confièrent l’un l’autre que le festin donné par le roi de Mormundes avait été grandiose. Jamais il n’y avait eu une telle profusion de sangliers. Le Roi pouvait selon eux être fier de son exploit, car ils croyaient que nous serions morts de faim peu de temps après. Ils parlèrent ensuite de l’attaque et du vol, échangeant leurs éloges sur le génie de leur Roi, qui avait imaginé un lanceur d’épée. Cela avait permis aux chevaliers de tuer nos amis à distance, et de nous faire croire qu’ils avaient en réalité été tués au corps à corps. Cette invention nous ayant effectivement fait croire qu’un complice se trouvait dans notre cher tribu. Finalement ils se quittèrent sur ces entrefaites l’un se dirigeant vers une ville nommés Krastik, à quinze lieues du château de Foy, et l’autre se dirigeant vers Mor, la capitale de Mormundes, la ville la plus grande du continent.

Forts de ces informations nous suivirent le second, et arrivâmes quelques heures plus tard dans cette fameuse capitale, et nous comprîmes vite que cette ville était la plus grande, mais aussi la plus riche, la plus belle et la mieux défendue. Nous vîmes loin auparavant deux obélisques, dont leurs coupoles d’or recueillaient toute la lumière du soleil et la répandait en de multiples endroits avec des étincellements féeriques. En approchant plus nous aperçûmes les murailles, très hautes. Le mur semblait avoir été poli de telle façon qu’aucun agresseur ne puisse par un quelconque moyen y trouver la moindre accroche. A une vingtaine de mètres au-dessus du sol était gravé dans ces robustes murailles l’insigne de Mormundes, un chevalier brandissant une longue lance de cavalerie. Du tranchant de cette lance émanait une lumière surnaturelle, symbolisant le courage de Mormundes. Jamais ils ne pouvaient s’égarer dans leurs quêtes, étant toujours guidé par un protecteur. Au niveau du casque se formait un serpent, la mâchoire grande ouverte pour faire fuir les envahisseurs et aider le peuple de Mormundes.

Jamais nous n’avions imaginé que des hommes aient pu atteindre un tel degré de perfection en architecture, rivalisant presque avec les elfes. Emerveillés, nous nous approchâmes prudemment de la porte, en se cachant parmi les arbres qui longent la route. Bien qu’admiratifs devant leur architecture, nous avons appris à nous méfier de ces hommes qui ont tués nos valeureux amis sans une seule pensée. Nous avons compris que les hommes peuvent posséder un génie créateur inimaginable lorsqu’il s’agit de tromper, de tuer, de voler, d’affaiblir, puis de massacrer. Nous distinguâmes finalement clairement la porte, l’insigne de leur territoire étant reproduite sur les deux battants. La porte semblait inviolable, les gracieux renforts en mithril apportant autant en beauté qu’en solidité. Le seul moyen d’entrer était soit de tromper la vigie en se faisant penser pour un chevalier, ou bien de l’ensorceler, le rendre amnésique et lui faire croire qu’ils étaient des amis, ou enfin de survoler les murailles.

Nous passâmes toute une journée à une cinquantaine de mètres de la porte, épiant toutes les sorties et écoutant attentivement les conversations lorsque des hommes passaient à proximité. Cela ne leur apporta rien, si ce n’est que quatre prisonniers avaient encore refusés de les aider, même sous la torture. Tous parlaient de ce fait, car la veille ces quatre fameux prisonniers avaient été torturés sur la place publique, et avaient courageusement refuser tous les désirs de leur Roi. Nous n’avons pu en savoir plus sur ces quatre êtres, n’ayant entendu que des bribes, mais je me ferais un devoir lorsque nous attaquerons Mor de les libérer. Ils pourront en outre nous aider, mais des gens qui résistent avec tant d’abnégation au Roi des Mormundes est digne de notre amitié.

Le lendemain, nous décidâmes de repartir, en sachant assez. Nous partîmes après un chevalier qui jurait à propos de ces énergumènes qui osaient résister à la toute puissance de leur roi. Nous rentrâmes sans croiser d’autres chevaliers, puis finalement une fois à l’intérieur de la Loriath nous galopâmes pour vous informer, chers amis.

Nous n’avons à mon humble avis qu’une seule solution : attaquer Mor le plus vite possible pour espérer sauver ces êtres si courageux. Nous n’avons certes que peu de troupes, mais les deux tribus nous ayant apporté des vivres seront, j’en suis sûr, heureuses de partir nous aider dans notre quête de justice. Avec un bon plan, nous pourrons les vaincre facilement. La tribu de l’œil Vigilant possédant le plus grand haras de cerfs de toute la forêt, ayant la chance de vivre dans une grande clairière, et la tribu des Plumes ayant autant d’aigles que d’elfes, car ils vivent dans les montagnes situées au centre de Loriath, où se reposent de nombreux aigles, qui ont depuis été apprivoisés.

Ainsi ils pourront survoler par-dessus la muraille, tirer grâce à leur arc les vigies, puis ouvrir la porte, et harceler les chevaliers des hauteurs. Ceci fait les elfes de l’Oeil Vigilant pourront charger et faire diversion. Nous, avec nos capes forestières se fondant dans le décor, nous irions soumettre le Roi et délivrer ces quatre hommes qui chaque jour souffrent plus.

Je ne pense pas que d’autres idées soient opportunes, la simple idée aux tortures que subissent ces hommes me faisant souffrir tout autant que les tortures. » Il serra ses poings et les leva au ciel, en jurant de les délivrer prochainement.

Tous les elfes assemblés dans la salle approuvèrent, non pas car ils avaient peur de contredire leur bon chef, mais car sa solution leur semblait la meilleure, et qu’eux aussi avaient de la pitié pour ces inconnus.

Le lendemain matin repartirent les éclaireurs, chacun avec un parchemin écrit par Imladrik où il exposait clairement toutes ses connaissances et ses idées. Chaque parchemin avait été enroulé puis entouré de deux feuilles de lierre qui se rejoignaient entre elles dans un long enlacement, puis divergeaient chacune vers une des extrémités du parchemin. Cette figure faisant office de cachet était censé montrer aux rois elfes des deux autres tribus l’importance de cette guerre, et permettaient en outre qu’un des éclaireurs lisent ce parchemin : si une des feuilles était arraché les règles stipulaient que l’elfe devraient s’exiler à jamais de la Loriath.

Les éclaireurs partis, chaque elfe d’Älthwé aiguisa ses armes, répara son armure et prirent soin de l’alimentation de leur animal de transport. La guerre était proche, ils devraient être prêts dès le retour des éclaireurs, et il leur fallait ne pas faillir au cœur de la bataille, la pensée des quatre hommes torturés devant leur insuffler le courage nécessaire.

Préparatifs

Le surlendemain du départ des éclaireurs retentit en début de matinée des cris stridents. Tous les elfes levèrent les yeux et virent se poser avec grâce une centaine d’elfes sylvains qui chevauchaient des aigles, ainsi que de grands faucons. Le roi vint recevoir chaleureusement leur roi Kalith, le remerciant d’avoir fait le chemin et d’être prêt à mourir pour des hommes prisonniers. Le roi le guida ensuite avec ses troupes dans l’Habitat vers le salon, où les elfes posèrent contre le mur en bois leurs armes. Les elfes d’Älthwé donnèrent ensuite à manger aux aigles, pour que le lendemain ils puissent voler longtemps sans faillir.

En fin d’après-midi arrivèrent une centaine et demie de chevaucheurs de cerfs, ainsi qu’une vingtaines d’elfes sur chevaux, le reste de la Tribu des Plumes. De nouveau les elfes furent accueillis avec joie, le roi s’agenouillant même devant Morath. Les arrivants allèrent se reposer dans le salon pendant que les elfes de la Tribu de la Feuille Morte prenaient soin de toutes ces montures qui allaient leur être vitales le jour de la bataille.

Le soir venu, un banquet fut organisé au bas de l’Habitat, aucune pièce n’étant assez grande pour contenir autant de personnes. Imladrik prit tout d’abord la parole pour remercier à tous ces elfes d’être venus :

«-Cela faisait longtemps qu’une pareille alliance d’elfes n’avait vu le jour. Mais depuis la guerre d’Althior nous n’avons jamais était confronté à un pareil tyran. Rappelez-vous cette guerre. Nous étions à l’époque un peuple jeune, et nous venions d’arriver en Althior pour nous y établir. Nous avons alors former vingt-deux tribus. A peine étions-nous arriver que nous avons du nous battre. Tout d’abord nous avons souffert du manque de nourriture, ainsi que des sangliers : nous ne voulions en tuer aucun, mais ces derniers nous chargeaient, et tuaient implacablement toutes nos montures. Alors que nous étions au plus faible et que nous avons quémandé de l’aide auprès des hommes, ces derniers ont profité de notre faiblesse pour nous attaquer.

Les deux premières tribus furent décimés après une vaillante défense : ils n’étaient en tout que trois cents et avaient du se battre contre cinq milliers d’hommes. Ils leurs avaient tendu de nombreuses embuscades, décidés à mourir en emportant le maximum d’hommes. Nombreux furent les actes héroïques des elfes, mais pire fut la cruauté des hommes. Ces derniers mirent le feu aux arbres, s’éloignèrent puis tuèrent tous les elfes qui tentaient d’éteindre le feu. Après cet acte de sauvagerie ils avancèrent encore, brûlant tout sur leur passage. Ils éliminèrent encore onze tribus, puis arrivèrent sur notre tribu affaibli après de harassantes batailles et de si nombreuses embuscade. Nous étions avant la bataille situés au milieu de la forêt, mais quand les humains arrivèrent ils avaient fait un tel carnage que les bois s’arrêtaient à seulement quatre lieues. Nous étions décidé à mourir comme l’avaient fait tous nos illustres frères, et nos ancêtres tendirent de nombreuses embuscades. En cette bataille périt mon arrière grand-père, ancien roi de ma tribu, ainsi que les ancêtres de nombreux elfes ici présent. Pourtant lors de cette bataille l’espoir vit de nouveau le jour : nous avions réussi à tuer les hommes qui attaquaient alors la forêt. Ce fut la première victoire des elfes, celle qui annonça un changement de situation.

Les hommes n’abandonnèrent tout de même pas, et profitèrent que la forêt était saccagée pour amener de nouveaux renforts : environ un millier d’hommes. Mais ces derniers nous évitèrent et préférèrent attaquer vos tribus, pour nous attaquer une fois que vous seriez éliminés. Nos ancêtres ont entendu vos nombreux cors appeler à l’aide. Chaque elfe de la Tribu de la Feuille Morte revêtit alors une cape forestière, se divisèrent en deux groupes de taille similaire et chaque groupe chevaucha jusque vers les humains. Une fois à portée de vue, ils continuèrent à pied, leur cape leur permettant de se fondre dans le décor.

La charge des hommes allait venir à bout de la résistance de vos courageux ancêtres, quand les notres se jetèrent sur l’arrière garde et détournèrent toute action des hommes. L’effet de surprise joua en leur faveur, et ils purent avancer au début dans les rangs avec une facilité déconcertante, leurs adversaires ne s’attendant pas à une attaque de ce côté. Mais après être avancé d’une dizaine de mètres les hommes opposèrent une farouche résistance, et la situation s’inversa une nouvelle fois. Alors que nos ancêtres se préparaient à mourir avec le bonheur du devoir accompli, sachant que vos hommes pourriez avec une grande facilité les éliminer, vous les avez chargé, les faisant fuir, puis les avez poursuivi et anéantis. Nos ancêtres étaient sauvés, et les hommes n’osèrent plus s’aventurer une nouvelle fois en Althior. Ils construisirent la Grand Voie à cinq lieues de la forêt, qui s’est depuis étendu jusqu’à cette route.

En souvenir de cette victoire les chefs de chaque tribu ; donc mon père, ainsi que votre père, Morath, et votre grand-père, Kalith ; firent le serment de toujours venir en aide l’un l’autre en cas de dangers. Pour ne pas oublier ce serment notre tribu prit le nom du traité comme surnom, et est communément appelée Älthwé.

Mais depuis peu des hommes ont osé rentrer de nouveau dans la forêt, mettant en péril la vie de notre tribu. Ces hommes ont tués deux de nos elfes, et ont commis envers leurs propres frères d’horribles atrocités.

L’histoire nous a appris que nous étions bien plus fort à plusieurs, et que sans entraides nous serions depuis longtemps tous morts. C’est pour cela que j’ai fait appel à vous, espérant que vous n’auriez pas oublié ce serment fait il y a des siècles. J’avoue avoir douter de vous, mais vos actes n’ont fait que rehausser l’estime que j’avais pour vous. Vous nous avez d’abord apporté des sangliers pour nous permettre de survivre, et maintenant vous nous venez en aide pour notre attaque contre Mor, attaque qui permettra d’écarter les nombreux dangers qui planent sur la Loriath, et de libérer en outre des hommes innocents. Pour toute l’aide que vous nous avez apportés, ma tribu et moi devons vous remercier. »

Il s’agenouilla alors devant les deux autres chefs elfes, qui lui firent signe de se relever. Ceci fait, Kalith lui répondit :

« -Nous nous souvenons de cette époque. Nous n’avons pas oublié que sans vous notre tribu serait morte, et que la Loriath aurait très certainement sombré. Vous nous avez sauvé il y a des siècles de cela, et nous avions une dette d’honneur envers vous. Mais même après la bataille, s’il nous est donné de lui survivre, j’espère que ce serment sera encore respecté, et que chaque tribu viendra en aide aux autres si ces dernières se trouvent en danger. Seuls nous sommes faibles, mais à plusieurs nous sommes forts. Lors de la victoire nous n’étions que deux tribus à combattre ensemble sur chacun des fronts, Älthwé combattant sur les deux. Malgré cette division nous avons survécu. Lors de la charge sur Mor nous serons trois tribus, et nous serons ainsi excessivement puissants tant que nous combattrons avec stoïcisme. »

Les elfes approuvèrent tous, et le banquet fut fini sur ces paroles. Les elfes montèrent dans l’Habitat, les arrivants se couchant dans les lits gracieusement prêtés par les elfes d’Älthwé, forçant ces derniers à dormir à terre. Ilia et Kirla se couchèrent côte à côte, discutant de la bataille à venir et de leur rôle dans cette bataille. Il allait pour la première fois de sa vie revêtir une cape forestière. Cela était un très grand honneur, et pour remercier le roi de lui faire une telle confiance il savait qu’il devait ne pas commettre d’erreur. Il connaissait sa mission : il devait, avec d’autres elfes, s’infiltrer dans la ville pour libérer les prisonniers pendant que les deux autres tribus feraient diversion en attaquant les chevaliers. Pendant ce temps, un autre groupe où se trouverait Imladrik irait à la recherche du Roi des Mormundes pour faire ce dernier prisonnier et l’entendre s’expliquer.

Kirla s’endormit alors avec un frisson en pensant à la bataille à venir. Il rêva, comme une sorte de prémonition, que cette attaque allait être riche en surprises.

Marche

Le lendemain, Kirla se leva à l’aurore, et remarqua avec surprise que l’habitat était rempli de vie, des elfes courant de part et d’autre pour trouver aiguiser des armes, chercher des carquois remplis de flèches et revêtir une armure résistante.

Kirla ne prêta attention à cette agitation : il sentait son cœur battre fort, mais préféra ignorer sa peur et aller manger. Il ne pourrait combattre efficacement si le jour de la bataille il ne pouvait se tenir debout tout seul. Au salon il vit son père, qui lui apprit qu’ils ne seraient pas dans le même groupe. Imladrik et lui iraient chasser le Roi ; ce dernier faisant assez confiance à leur groupe pour délivrer les prisonniers. Kirla approuvé de la tête, et mangea dans un état second, trop absorbé par ses songes.

Autant la veille il avait hâte de prouver sa valeur, autant aujourd’hui les risques que comportaient l’attaque le rendaient faible, tellement qu’il craignait de ne pouvoir porter une armure et tirer avec son arc. Il regarda ses mains, et remarqua que celles-ci tremblaient. Incapable de terminer son bol de baies, il se leva et alla avec difficulté revêtir son armure. Ilia le vit, remarqua qu’il était mal, et alla le rejoindre. Il le soutint et l’aida à aller à sa chambre. Comprenant parfaitement la terreur de Kirla, il le réconforta :

Edited by Iliaron
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Simpa pour un premier texte . J'aime particulierement le paragraphe de fin (en italique) qui donne envie de savoir la suite :( .

By :wink::P

Edited by sincé
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Suite de l'ancienne histoire (version non recorrigée ni remastérisée avec Dolby Surround et tout et tout :wink: )

« -Sache que je comprends parfaitement ton angoisse. C’est ta première bataille. C’est la première depuis la bataille de Loriath où il y a tant d’enjeux. Mais jamais nous n’avons eu une alliance aussi forte, jamais nous n’avons eu tant de chances de gagner avec une grande facilité. Pendant que les deux autres tribus attaqueront, nous n’aurons qu’à nous faufiler jusqu’à la prison, et très rares seront les gardes qui s’opposeront : tous seront en train de tenter de protéger le roi. Nous ne pourrons être repérer, les capes forestières permettant de se fondre dans le décor avec une aisance incroyable. Et si des gardes se trouvent sur notre chemin, nos carquois seront remplis de flèches ; le temps qu’ils arrivent jusqu’à nous et ils seront morts. Et dans le pire des cas, nous avons de meilleures armures, et nous sommes plus talentueux et agiles. Mais si tu ne peux plus avancer par peur, je ne t’abandonnerais pas et resterais à tes côtés. Je fais confiance aux autres membres pour mener à bien la mission. Nous nous débrouillerions très bien pour nous cacher, et pourrions survivre à deux. »

Kirla essaya d’articuler un remerciement, mais sa salive resta bloquée dans sa gorge. Il fit un geste qu’Ilia interpréta parfaitement bien. Cependant ses paroles lui donnèrent honte et Kirla se força à faire le vide dans son esprit. Il revêtit alors son armure, et le contact froid des plaques de métal sur sa peau finit de le rassurer. Lorsqu’il prit son arc, il put même sourire car il savait intérieurement qu’un homme courrait bien moins vite qu’un sanglier. Cela lui redonna son courage de la veille, et, en compagnie d’Ilia, il descendit harnacher son cheval et accrocher à la selle des carquois supplémentaires remplies de flèches, ainsi qu’un épée de rechange. Il caressa après la fourrure de son cheval en pensant à tous les bonheurs qu’il avait vécu avec lui. Bien que jeune il était déjà parti avec son père en exploration en Loriath, et il avait vécu ce moment magique avec cette monture. L’angoisse le regagna quelque peu, mais cette fois pour son cheval : ce dernier n’aurait ni armure pour le protéger, ni cape pour le dissimuler et aucune arme pour attaquer, et était ainsi bien plus vulnérable que lui.

Finalement un cor sonna, et Ilia et Kirla rejoignirent les elfes assemblés à quatre cent mètres de l’étable, là où les deux elfes avaient été incinérés. Sans un mot, ils se mirent en route, en pensant profondément à leurs frères tués, ainsi qu’à ceux qui allaient mourir dans deux jours. Pourtant à cet instant aucun n’eut peur : tous étaient absorbés par leur tâche, et étaient prêts à mourir pour une noble cause. Kirla serra dans ses mains la garde de son épée, sentant dans ses doigts les nombreux filigranes symbolisant l’Esprit de la Forêt. Il espérait en cette heure que leur Dieu se vengerait du mal fait aux elfes.

Ils atteignirent en début d’après-midi la Grand Voie, et la suivirent jusqu’à ce que la nuit soit complètement tombée. Ils montèrent alors leur campement au bord de la route, mais ne montèrent que quelques tentes : de nombreux elfes préférant veiller ou n’ayant pas besoin de dormir.

Le lendemain ils repartirent sur la Grand Voie, sans qu’un des veilleurs n’ait à signaler un quelconque problème. Vers le milieu de la matinée ils virent deux hommes discuter librement, et se cachèrent aussitôt dans les sous-bois au bord de la route. Par chance, ces marchands, trop absorbés dans leur conversation, n’avaient pas entendu l’armée se réfugier hors de la route. Ils passèrent tous deux, discutant de leurs commerces et se plaindre de l’argent qu’ils avaient perdu à Mor. Les elfes n’en surent pas plus, les deux hommes étant déjà hors d’entente, et préférèrent continuer pour pouvoir attaquer avant la nuit la capitale.

Vers le midi ils purent distinguer les obélisques. Kirla resta sans voix devant tant de magnificence : il n’aurait jamais cru que des hommes puissent construire de pareilles choses. Il comprit que Mor était vraisemblablement extrêmement puissante, et que la bataille allait être rude. Il refusa cependant de céder à la panique : s’il avait peur il serait tuer, car il serait incapable de se battre. Il devait bien se comporter et lutter contre cette insidieuse panique, qui partait de son esprit pour revenir toujours plus forte, et qui l’ébranlait toujours plus. Ils virent ensuite les gigantesques murailles et la gracieuse, mais robuste, porte.

Imladrik, Morath et Kalith passèrent devant les troupes et jurèrent :

« - Pour la liberté de notre peuple. Pour notre survie et la survie des innocents, nous devons attaquer cette ville. Soyez sans pitié envers ceux qui vous attaquent, mais épargnez tous ceux qui se rendent. Que ce jour reste gravé dans les mémoires comme le jour ou un sombre danger aura disparu de ce monde. Ne vous laissez pas battre par la peur, soyez stoïques, et lorsque le soleil se couchera, les reflets des obélisques seront des reflets d’espoir, et parcourront les plaines environnantes, redonnant du bonheur aux peuples environnant. Courageux frères, marquons ce jour d’un trait sanglant et attaquons ! »

Tous les elfes reprirent ce refrain, qui fut pour eux comme un narcotique qui leur fit oublier tout doute, toute peur, et ne leur fit penser qu’à la victoire.

Attaque

Les aigles chevauchés décollèrent alors, survolèrent rapidement les murailles avant même que les hommes sur le chemin de ronde ne puissent tirer de leurs balistes. Les elfes semblaient faire des ravages parmi les hommes, leur précision à l’arc étant sans égale. La dernière chose que les elfes restés sur la route virent fut la mort d’un aigle, qui, suite à une flèche, chuta dans un long cri strident avant de s’écraser. Après, les minutes qui s’égrenèrent furent parmi les plus longues de la vie des elfes : ils entendaient des cris, des hurlements, des râles d’agonie, mais ne voyaient rien.

Enfin, la porte s’ouvrit, et les elfes virent galoper à travers la rue principale une centaine de chevaliers en armure rutilante. Les deux elfes qui avaient ouvert la porte étaient piégés ; ils ne pouvaient plus fuir. Comprenant leur situation désespérée ils préférèrent mourir courageusement plutôt que durant leur fuite, et tirèrent sur le premier rang. Aussitôt deux chevaux s’écroulèrent, entraînant la chute d’autres chevaux et chevaliers. Ils visèrent cette fois-ci les deux chevaliers les plus proches, espérant pouvoir récupérer leurs chevaux pour fuir, mais l’armure de ces derniers fut trop résistante, seulement un mourrant, l’autre chargeant les deux elfes, en tuant un de sa longue lance de cavalerie, et écrasant le second avec son cheval.

Les chevaucheurs de cerfs décidèrent de charger alors les chevaliers, même si cela signifiait la mort de tous les premiers rangs : les hommes possédaient de mortelles lances de cavalerie, et eux n’avaient que des épées. Ils chargèrent quand même, préférant mourir dans la bataille et rejoindre l’esprit, plutôt que d’errer sans vie durant des siècles en recherchant l’absolution. Un des elfes sur un aigle comprit la situation, et sa monture piqua vers les chevaliers. Alors que les hommes allaient empaler les elfes, l’aigle s’interposa et les chevaliers furent précipités contre lui et de nombreux chevaliers tombèrent suite au choc. Au contraire les cerfs évitèrent sans peine le cadavre, permettant aux oreilles pointues de profiter dignement du sacrifice d’un des leurs. Ils chargèrent le flanc et l’arrière des chevaliers, les encerclant totalement. Ces derniers, surpris du revirement lors de l’attaque, ne ripostèrent qu’avec un faible courage, et furent aisément massacrés, seulement vingt elfes ne mourrant contre cents hommes.

Les cerfs poursuivirent ensuite leur chevauchée, et allèrent combattre les chevaliers restés dans la ville, Morath décapitant d’un revers de son épée le chevalier qui avait exécuté deux elfes et qui était resté dans l’embrasure de la porte.

A ce moment Imladrik fit signe à sa tribu d’entrer en action, et les deux groupes se formèrent à l’entrée de la ville ; celui du roi allant tout droit, espérant trouver la demeure du Roi au centre de la ville, et le groupe d’Ilia et Kirla tournant à droite, pensant trouver la prison sur les côtés. En passant par la porte, Kirla eu une vue dégagée de la rue principale, et, outre les nombreux cadavres qui jonchaient le sol, il fut surpris par l’état de délabrement général des bâtiments. De nombreux étaient en ruines, et pourtant il semblait y avoir eu encore le jour même de la vie en cet endroit. Ils tournèrent ensuite et il ne put en voir plus.

Durant la marche à couvert, ils se cachèrent de nombreuses fois pour tendre des embuscades à des hommes, qui très souvent ne se rendaient compte de leur présence qu’en voyant les flèches se précipiter sur eux et les décimer. Pour tendre ces embuscades ils s’étaient cachés dans des maisons et dedans tout respirait une misère profonde : il n’y avait aucun meuble, le plancher était pourri, les murs étaient très souvent en ruine, la charpente était rongée par les termites et les tuiles étaient toutes parties, et gisaient en morceaux dans les habitats. Cela choqua Kirla au plus au point, car le Roi avait du leur imposer une rente annuelle élevée pour construire ses murailles laissant son peuple dans la misère la plus profonde. Il comprenait pourquoi ces marchands se plaignaient : ils avaient du être dépouillés de tous leurs biens avant qu’ils ne puissent repartir. Il ne put s’attarder plus sur cette misère, voulant rester avec le groupe.

Soudain ils entendirent un bruit ; ils avancèrent avec prudence lorsqu’un chevalier sauta d’une maison et atterrit devant Kirla, une épée à la main. Kirla comprit en un éclair que les elfes n’auraient pas le temps de se saisir de flèches dans leur carquois et de tirer, et que tout reposait donc sur lui. Il dégaina avec rapidité sa longue et fine épée, rempli de courage, et allait parer le coup lorsque son adversaire tressauta, et s’écroula, mort, à terre. Kirla remarqua que la flèche avait un plumage vert, et regardant autour de lui il vit d’une maison voisine une personne toute de vert vêtue fuir.

Cette flèche verte, ainsi que cet énergumène, humain ou alfe, il n’en savait rien, lui rappelait quelque chose au plus profond de lui, comme s’il ne l’avait jamais vécu, mais qu’il y a longtemps quelqu’un dont il partageait la mémoire avait vécu. Il scruta son subconscient, à la recherche d’une trace, d’un indice, d’un quelconque souvenir, quand soudain lui revint en mémoire la vision d’une flèche transpercer une personne proche. Lui de s’écrouler à en pleur, et de regarder longuement ces yeux inexpressifs. Un tel visage, il n’en connaissait aucun, jamais il n’avait vu d’elfes comme cela. Soudain il comprit : ce mort n’avait pas les oreilles pointues et ce faciès était donc celui d’un homme. Pourtant jamais il n’était sorti de la Loriath et n’en avait croisé.

Se pouvait-il que… Non cela serait trop horrible. Il n’osait même y penser tant cela impliquerait de choses. Etait-il donc un homme à qui l’on aurait modifié son âme pour lui faire croire qu’il était un elfe ? En y repensant, jamais il n’avait réellement vérifié s’il était un elfe. Il n’avait jamais pu voir, à part dans des reflets troublés, son reflet. Sentant sa vie basculer, il monta avec terreur ses mains à ses oreilles, paralysés de par ce qu’il risquait de découvrir, ce que tout cela impliquerait pour sa vie. Il devrait alors fuir s’il était un homme. Il n’oserait jamais revenir en Loriath. Ses mains montèrent quelque peu, et il put sentir sous ses mains ses oreilles. Leur sommet le rassura grandement, sentant sous sa main une extrémité pointue. Cela était logique. S’il n’avait jamais regardé son profil les autres elfes avaient pu le faire. Surpris d’avoir à ce point paniqué pour un fait si futile, il revint vers Ilia quand soudain lui vint une autre pensée. Ses souvenirs étaient vraisemblablement faux : il avait du vivre ce moment, mais des elfes l’avaient rendu amnésique pour qu’il ne se souvienne plus de ce moment ; mais jamais ils n’avaient prévu qu’il ressorte de la forêt et subisse un tel choc. Au fond de lui il était persuadé que c’était la seule solution envisageable : il était encore jeune, n’ayant que deux siècles, et il n’aurait pu oublier un fait aussi traumatisant. Qui l’aurait pu d’ailleurs ?

Tremblant, il finit de rejoindre Ilia, qui le regarda avec un sourire amical, croyant que l’attaque l’avait paralysé de terreur. S’il savait ce qu’il venait de se passer, l’aiderait-il encore ? Il lui demanda quand même :

« - Est-ce que…est-ce que tu me connaissais avant que l’on se parle ? Je veux dire, tu m’avais déjà vu bien avant, soixante ans avant par exemple, bégaya t-il.

-Je ne comprend pas ta question, mais si cela peut te rassurer ; oui. Je ne sais pas ce qui s’est passé dans ta tête après la mort de cet homme, dit-il en pointant le chevalier, mais j’ai compris qu’il était important de scruter ta pensée donc j’ai laissé les autres continuer. Tu n’es absolument pas obligé de me le raconter si tu n’en a pas envie : je comprends cela sans mal. Viens maintenant, notre groupa n’est que cents mètres devant nous, allons les rejoindre. »

Kirla acquiesça et ils s’élancèrent rejoindre les elfes. En arrivant ces derniers leur intimèrent de faire silence : les hommes qui étaient cent mètres devant eux semblaient être des geôliers. La tonalité de leur voix laissait présupposer qu’ils étaient terrifiés. Les elfes s’avancèrent à couvert, leurs capes de la même couleur grise que les ruines environnantes. Une fois à portée de voix ils entendirent les hommes se demander s’ils devaient exécuter les prisonniers. Un des hommes arguait qu’il fallait tous les garder vivants, le Roi les tuerait sinon car ils n’avaient encore rien acceptés. Le second exaspéré dégaina alors son épée et la planta dans le cœur de son ancien ami avant même que celui-ci n’ait le temps de crier.

Kirla et Ilia étaient les deux plus proches du coin de la maison, et étaient ainsi les deux seuls à pouvoir attaquer. Ils sortirent de leur couvert une flèche déjà prête, visèrent très vite et tirèrent. L’assassin se retourna, et les deux flèches le transpercèrent. Il tomba face avant sur le corps de celui qu’il avait tué.

Ils entrèrent à la suite dans la prison, cette fois Ilia menant le groupe. Ils descendirent très lentement, car à l’intérieur des hommes courraient en tous sens.

Aucun ne tenta de résister, et de nombreux furent faits prisonniers et enfermés dans les cages sur lesquelles ils veillaient auparavant. Tous ceux qui ne se rendirent pas furent abattus, de peur qu’une fois au dehors ils commettent les pires forfaits. Ils suivirent cette fois un long escalier en colimaçon qui serpentait longuement. De l’eau ruisselait le long de la paroi, et les marches étaient toujours plus mouillées au fur et à mesure de la profondeur. Arrivés en bas, ils entendirent deux hommes discuter fortement. Visiblement ils n’etaient pas au courant de l’attaque, personne n’ayant pris la peine de les prévenir. Le groupe surgit alors devant eux, arc bandés, et ces derniers n’eurent d’autre choix que de se rendre.

Ilia se saisit du trousseau attaché à la ceinture d’un des gardes, et délivra les quatre hommes. Kirla se tourna vers eux pour voir à quoi ressemblaient ces courageux résistants, quand l’un d’eux cria en le regardant :

« -Kev, tu as donc survécu. Nous avions cru que durant la traversée de la forêt tu avais été tués. Nous avons eu si peur pour toi. »

Surpris, Kirla se retourna, croyant que cet homme s’adressait à un autre elfe. Visiblement non, mais il devait se tromper. Jamais il ne l’avait rencontré. Il allait le leur dire quand soudain il eut une pensée à sa vision. Qui était-il vraiment ? Et qu’était sa vie ? Qu’avait-il réellement vécu et quels souvenirs n’étaient que pure hallucination ?

Révélations

Interloqué, Gontrand bégaya :

« -Mais tu… tu ne te souviens pas de nous ? Ne te rappelles donc tu rien de ton passé, de tes origines ? As-tu été victime d’amnésie ?

Avant que Kirla puisse répondre, les elfes remontèrent les escaliers pour sécuriser la prison. Dix elfes se placèrent dans les bâtiments environnants pour empêcher l’approche des hommes et crier un avertissement si ces derniers seraient trop nombreux. Cinq autres se mirent à dix mètres de la porte, et tous les autres bloquèrent l’accès de cette dernière. Ilia souhaita à Kirla d’en apprendre au final plus sur son passé et fit mine de partir. Mais à peine engagé dans les escaliers il s’arrêta : il n’avait aucunement confiance en ces hommes qui osaient prétendre posséder une familiarité avec Kirla. Peut-être devenait-il fou, mais il craignait pour la vie de ce dernier, et pensait qu’après de se dures tortures les hommes pourraient agir brutalement. Il se colla ainsi au mur et écouta la conversation. Il se passa un long moment avant que le silence ne se rompt, et que Kirla prenne la parole : Ilia comprit qu’il était terrifié par ce que signifierait ces bouleversements : s’il avait vécu longtemps avec ces hommes tout son passé s’écroulerait, et il n’aurait plus rien à quoi se raccrocher. Sans ses racines toute sa vie serait bancale, et le moindre choc pourrait le faire sombrer dans une tristesse incurable.

Il se décida finalement à écouter réellement la conversation, et remarqua qu’un des hommes venait de prendre la parole :

« - … tu as été sûrement victime d’un enchantement : nous passions entre des arbres, au niveau d’un petite forêt située proche de la Loriath lorsque tu t’es évanoui. Nous n’avons absolument pas fait attention à ce fait jusqu’à ce qu’une terreur capture toutes les bêtes. Tous les chevaux à l’exception du tien hennirent de peur puis fuirent dans toutes les directions. De nombreux chevaliers désarçonnèrent pendant que leurs montures continuaient de galoper sans les rejoindre. Etrangement ton cheval est resté impassible et est resté sur place. Nous espérions venir te récupérer lorsque nous remarquâmes qu’un groupe de dix chevaliers avait réussi à se former proche de nous, et nous obligèrent à les suivre. Cela ne te rappelle toujours rien ?

- Impossible ! Je ne veux pas le croire » cria-t-il épouvanté, « jamais je n’ai été un homme. Personne ne m’a jamais envoûté ! Comment pouvez-vous pensez que j’ai été votre ami ? »

Geoffroy scruta les traits de Kirla, qui étaient, à l’exception des oreilles, exactement les mêmes que ceux de Kev. Il remarqua que ses traits étaient tirés et légèrement déformés : ce il était tellement effrayé par leurs révélations qu’il en tremblait. Il regarda son visage, ses longs cheveux blonds harmonieux qui tombaient en cascade de ses épaules, ainsi que ses yeux bleus ; mais il fut surpris par leur profondeur, comme si en un mois il avait vécu des expériences tellement traumatisantes que ces yeux n’étaient que néant et tristesse. Il serra les poings en pensant à toutes les épreuves qu’il avait dû endurer et qui l’avaient vieilli prématurément. Il dit alors, outré :

«- Ce sont ces elfes qui t’ont envoûtés : ils t’ont fait oublier toutes les épreuves que tu as vécu et t’ont fait croire que tu étais un elfe de seize ans. Ils t’ont ensuite légèrement modifié ton visage, lui rajoutant des oreilles pointues pour que tu correspondes parfaitement à un elfe, et que nul être ne puisse remarquer la différence. »

Kirla s’emporta alors, devant tant de haine à l’égard de ses frères :

« -N’oublie pas que ce n’est pas en criant sur mon peuple que tu me feras préférer le tien. Tu es médisant, et tu parles de ce que tu ne connais : j’ai deux cents ans, et aucun elfe ne sait encore modifier physiquement un visage. Nous le pourrions, car nous connaissons toutes les facettes de la magie, et savons capter parfaitement toutes les ondulations de ce vent si mystérieux qui échappe aux êtres humains. Mais aucun d’entre nous n’a tenté de posséder ce pouvoir : devant la puissance que cela procurerait, nous avons préféré ne jamais apprendre, pour ne pas après souffrir des plaies que nous aurions nous-mêmes ouvertes. »

Geoffroy, comprenant son erreur, tenta de se faire excuser :

« - Pardonne moi si je me suis emporté Kev… Kirla. Cela m’étonne aussi, car nous nous sommes toujours insurgé face à la xénophobie de notre Duc envers les elfes. Mais il faut nous comprendre, nous avons souffert et avons perdu un des nôtres. Nous avons espéré qu’un chevalier revienne avec toi, que l’on se retrouve. Aujourd’hui nous nous retrouvons mais tu es amnésique ; tous nos rêves s’envolent, et j’ai voulu te rappeler trop vite notre passé commun. J’ai oublié que l’on ne pouvait parler à un être comme à un objet, mais après tant de souffrances, de peines et de désespoir, se voir dresser devant notre rêve un mur invisible et impalpable, aussi infime soit-il et pourtant tellement grand ; ce mur est ton amnésie, qui nous sépare de toi alors que nous ne sommes qu’à un mètre les uns des autres. »

Il s’agenouilla aux pieds de Kirla. Cela gêna fortement ce dernier, et lui demanda de se relever. Il reprit calmement et doucement :

« -Si vous pouviez reprendre l’histoire à la base. Admettons que j’ai été une victime, même si cette pensée m’est douloureuse, pourriez-vous commencer par vous décrire, et bien rappeler les conditions dans lesquelles je suis censé vous avoir rencontré ?

-Alors, commença Mav, j’ai été le premier à te rencontrer. A cette époque j’avais été banni du logis familial de mes parents car j’avais osé emprunter l’arc de mon père pour abattre une perdrix. Il m’avait fallu cinq essais pour finalement la toucher, et je l’avais ramené tout fier chez moi. A cette époque j’avais douze ans. Mes parents étaient furieux envers moi, et m’avais obligé à ne manger durant cinq jours seulement de ce que j’arrivais à chasser. Ils avaient demandé au duc de ne pas me laisser rentrer durant ce laps de temps, et me jetèrent en dehors du château de Foy en gardant la perdrix. Au bout de trois jours tu m’avais trouvé agonisant à quelques centaines de mètres du château, alors que tu rentrais d’une cueillette de fruits. Attristés par mon sort tu m’avais donné ta gourde ainsi que tous les fruits que tu avais cueilli. Sans toi je serais sûrement mort, mais tu m’as permis de tenir les deux jours supplémentaire. Mes parents ne m’avaient toujours pas pardonné, et lorsqu’on se croisa le lendemain tu avais été battu par les tiens car tu n’avais ramené aucun fruit, les obligeant à la diète, et tu avais perdu leur gourde. Je te l’avais rendu pour que tu te fasses pardonner par tes parents, qui étonnamment le firent sans trop de problèmes. Bien qu’ayant nous deux soufferts, nous avions gagné un ami et c’était là l’essentiel. »

Kirla examina cet homme : il avait dans les alentours de dix-huit ans, et de taille moyenne d’après ce qu’il avait vu durant la bataille. Ses yeux étaient verts, et pétillaient de vie malgré son sérieux. Ses cheveux étaient bruns, assez courts et ébouriffés. Tout le contraire d’un elfe. Ainsi il aurait sauvé cet homme dans sa naissance, et devrait être son ami. Etait-ce réel ou n’était-ce qu’une farce. Il repensa à son hallucination et comprit que ce n’en était pas une.

Ensuite Geoffroy prit la parole :

« -Nous ne nous sommes rencontrés que deux ans après. A cette époque je rentrais d’une chasse aux cerfs avec des hommes, et vous nous aviez aidés à monter les cadavres dans le salon du Duc. Je n’avais pas voulu de votre aide, vous trouvant bien trop jeune. Vous avez pourtant fait partie des très rares personnes à nous aider dans notre travail, sacrifiant une heure de vos loisirs à vous harasser à porter des dépouilles. A chaque voyage je vous aidais tous deux pour porter les morceaux de cerfs, spécialement coupés à notre arrivée au château pour faciliter la tâche. Après une heure je me rappelle que vous étiez partis peureux, imaginant que le duc allait vous faire du mal. Je vous avais forcé à venir avec nous, comme tous ceux qui nous avaient aidés, car le Duc devait nous remercier de notre travail. Ce dernier n’avait pas cru un seul mot lorsque l’on fit les louanges de votre extrême dévotion, rare à votre âge. Croyant que vous n’étiez ici que sur ordre de vos parents pour lui soustraire de la nourriture qu’il avait amplement méritée, il vous chassa. Je vous ai retrouvé au sortir du donjon, et nous avions partagé mon morceau en trois. Je n’aurais pas cru qu’à vingt ans je puisse être ami avec des enfants de douze et quinze ans, mais force est de constater que j’ai eu tort », finit-il en rigolant.

Celui-là semblait plus vieux que le précédent remarqua Kirla, et cela le surprit car ils n’avaient que six ans de différence, oubliant que l’espérance de vie des hommes était bien plus limitée que celle des elfes. Il était grand, avec des yeux marron, et des cheveux noirs longs. Lui non plus ne lui disait rien, et le mystère de son passé restait toujours aussi opaque. Il demandé ensuite qui fut le suivant qu’il aurait rencontré. Etrangement, ils restèrent tous silencieux, et il vit même perler au coin de l’œil de Mav une larme, qui ruissela sur sa joue avant de s’écraser au sol. Il prit quand même la parole :

« - Tu crois que nous n’avons été que cinq, mais en réalité nous avons été sept. Le troisième à nous rencontrer fut Pierre. Ce fut tout à fait par hasard lors d’une balade. Il était perdu et pleurait, et nous l’avions aidé. Nous l’avions ramené chez lui, Geoffroy le rassurant quand aux risques qu’ils encourraient en ce moment. Il criait que son père avait été enlevé, et qu’une flèche avait failli le tuer, mais qu’elle était atterrie dans l’eau, puis était partie à cause du courant. Il ne put nous décrire précisément la flèche, n’ayant eu l’idée de l’observer. Nous lui avions demandé de nous expliquer le récit plus longuement, mais il dit que pendant qu’il s’était retourné, des hommes avaient fait prisonnier son père. Il l’avait entendu se battre, et le silence n’était venu qu’après deux sifflements stridents. Nous comprîmes rapidement que son père avait été exécuté par des agresseurs inconnus. Ensuite, il nous apprit qu’il n’avait vu que deux agresseurs quand ces derniers étaient sortis de leur couvert, et l’un avait tenté de lui tirer dessus, mais le second lui avait au dernier moment levé l’arc, lui criant qu’il fallait savoir attendre pour être totalement vengé. Geoffroy nous demandé alors de rester ici, et il courut à l’endroit présumé du meurtre. Il en revint pâle, et nous avait dit en secret qu’il avait vu le cadavre, qui avait été massacré. Les deux agresseurs l’avait éventré et éviscérer, l’avait étranglé avec son intestin, mais pas en attachant au niveau du cou, mais au niveau de ce qu’il restait de la mâchoire. Le reste de la mâchoire avait été planté dans son cœur, où restaient encore les deux flèches qui avaient faites succomber cet homme, comme pour inciter à la prudence au niveau des paroles de chaque jour. En outre, pour aller plus loin dans l’horreur, l’arc du père avait été enfoncé dans le ventre, et le bras droit servait de support aux intestins.

Même s’il n’avait réellement pas été pendu avec ses propres tripes, ce message d’avertissement était on ne peut plus clair et nous avions décidé de ne plus jamais quitter Pierre. »

Mav ne put continuer, l’émotion étant trop grande. Comprenant que l’histoire devait être dite pour que Kev retrouve la mémoire, Geoffroy continua :

« -Sur notre chemin de retour, nous trouvâmes un meurtre similaire, mais cette fois le jeune avait retrouvé son père et pleurait sur ce qui lui restait de cœur. Je me rappelle que devant tant d’horreur vous aviez tous trois vomis et n’aviez pas osé vous avancer plus, ce que je compris parfaitement. Je forçai le jeune à nous accompagner et à laisser ici son père. Là ce fut la panique, et tous nous étions aux aguets de peur de mourir. La demie lieue qui nous séparait du château ne nous avait jamais paru aussi longue et macabre ; nous n’osions pas ouvrir la bouche pour parler de peur de faire pleuvoir sur nous un trait de flèches vengeresses, ni même regarder dans les alentours de peur de découvrir d’autres cadavres, ou alors de voir ces êtres en train de massacrer un homme. Jamais nous n’avons eu tant peur, nous entendions le bruit du vent dans les feuilles amplifié ; jamais nos sens n’avaient été autant exacerbés. Un loup hurlant dans les distances nous fit tous sursauter, et le craquement de feuilles d’un lièvre nous fit gaspiller plusieurs flèches en sa direction. Nous imaginions entendre des voix malsaines à chaque pas, et nous nous demandions quand nous allions voir tomber un de nous, touché par une flèche. Finalement nous avions réussi à rentrer sain et sauf, et l’alerte avait été donnée, les grands cors du donjon sonnant pour la première fois depuis une lointaine invasion de voisins barbares. Chaque homme à l’extérieur du château rentra en courant, et les chevaliers du duc partirent à la tombée de la nuit à la recherche des corps alors qu’il se mettait à pleuvoir. Ils découvrirent les deux corps, mais pris de peur devant tant d’horreur, rentrèrent en galopant.

Le lendemain le Duc, dans un rare élan de générosité, partagea toutes ses vivres avec les habitants, et nous demanda de le voir. Il s’excusa longuement pour le précédent incident, puis nous lui racontâmes les faits. Lui aussi pâlit, et comprenant la terreur de Pierre et Richard ; le premier ayant perdu son père si tôt, alors qu’il n’avait qu’onze ans, et le dernier à vingt et un tandis que son père l’aidait durant le début de sa vie de couple à pourvoir aux besoins de sa nouvelle famille. Le Duc nous demanda à nous trois de sortir, et il réussit à les rassurer légèrement, se tenant garant de leur donner chaque semaine assez de viande pour survivre sans problèmes et aussi d’argent pour leur permettre de mieux oublier en noyant leur tristesse dans le bonheur d’acheter.

Toute une semaine passa, et aucune nouvelle attaque ne terrifia la population, et finalement l’état de guerre fut levé. La première chose faite fut d’enterrer au cimetière les deux pères, la procession se composant de tous les hommes du château, ainsi que de certaines villes environnantes. Ensuite les gens eurent le courage de sortir, d’abord en restant dans les alentours du château, et un mois après l’histoire fut oubliée.

Ne te souviens-tu pas de cette sombre époque ?

-A quoi ressemblait ces deux personnes, demanda en tremblant Kirla.

-Pierre avait les yeux noirs et…. »

Kirla n’entendit pas le reste. Il repensa à son hallucination précédente. Tout concordait visiblement, et le récit que ces gens étaient en train de lui raconter semblait être réel. Il eut une autre chimère, et rêva d’un visage ténébreux qui chantait. Il cria puis s’évanouit, alors que sortait de sa cachette Ilia alerté par ce soudain cri.

Tout concordait visiblement, et le récit que ces gens étaient en train de lui raconter semblait être réel. Il eut une autre chimère, et rêva d’un visage ténébreux qui chantait. Il cria puis s’évanouit, alors que sortait de sa cachette Ilia, son épée à la main, alerté par ce soudain cri.

Il s’arrêta soudainement, et courut vers Kirla. Il vérifia que son cœur battait encore, et chanta d’une voix mélodieuse, enchanteresse. Les hommes sentirent toute douleur sortir de leurs corps, et Kirla se réveilla en s’étranglant.

Il regarda difficilement autour de lui pour voir cinq paires d’yeux le regarder avec peur, et un certain soulagement qu’il soit revenu à lui. Il se releva péniblement, pendant que Mav apportait une chaise. Une fois assis, Gontrand lui demanda :

« -Que s’est-il passé ? Nous avons cru que tu mourrais.

-Il ne s’est rien passé, prononça scabreusement Kirla. J’ai repensé aux cadavres, en imaginant l’horreur que cela a dû être, mentit-il. Où en étions-nous, dit-il en essayant laborieusement de sourire. »

Les quatre hommes lui lancèrent un regard inquiet, puis continuèrent devant son regard insistant. Geoffroy reprit alors l’histoire :

« - Lorsque les gens se mirent de nouveau à sortir librement, plus personne ne veillait continuellement sur Pierre et Richard, et je décida d’aller voir Arthur, qui était un de mes anciens amis, et qui suivait une formation pour devenir chevalier. Je lui ai parlé précisément du meurtre et des circonstances dans lesquelles ces deux hommes avaient été tués. Ce dernier eut d’abord peur d’oser protéger deux personnes dont la destinée semblait vouée à une mort atroce mais son cœur prévalut sur sa peur. Il savait parfaitement que sans lui la vie de ces deux personnes tenait sur un fin fil, qui pourrait se rompre chaque jour n’importe où. Il me promit d’y réfléchir plus longuement…

-En réalité j’avais déjà fait ma décision : je ne pouvais me permettre d’abandonner et de les laisser mourir sans aide. Mais je décidai que leur protection serait plus aisée si j’étais accompagné d’un autre homme. J’allai alors vers Gontrand, un des meilleurs guerriers de l’école, et lui proposa de m’aider. Ce dernier accepta très rapidement, sans même penser à sa vie : oser massacrer des hommes comme cela était ignoble, et le faire à côté de leurs fils témoignait d’un cœur rempli de vices. »

Kirla regarda Arthur ; il semblait fort, et sa haute stature lui donnait un air de domination. Tout en lui était voué à impressionner l’ennemi, de ses longs cheveux noirs, à ses yeux marron plissés naturellement dans un air de constante supériorité. Pourtant au vu de ce qu’il avait entendu ce corps ne renfermait qu’un cœur d’or, prêt à aider son prochain.

Kirla se tourna alors vers Gontrand, qui enchaîna brièvement :

« -Au final leur vengeance aura tardée : ils auront mis quatre ans, et nous aurons attaqué à l’époque où nous commencions à oublier cette constante épée de Damoclès, et à faire des balades de plus en plus longues, notre amour de la liberté prenant le pas sur la prudence. Que valait-il mieux ? Attendre peureusement l’ennemi dans un château, vivre chaque jour avec amertume ou bien couler des jours heureux ensemble avec insouciance ?

Kirla leva les yeux, remarqua que des pleurs perlaient autour des yeux de Gontrand, et il alla le réconforter, chantant des chants elfiques capable d’apporter le bonheur chez toutes personnes frappées de tristesse. Ce dernier passa ses mains dans ses longs cheveux bruns, et les larmes de ses yeux verts tombèrent sans bruit sur le sol.

Aussitôt il eut une autre vision : ce même homme pleurant devant deux stèles. Il regarda ces stèles et vit les noms de Pierre et Richard. Aussitôt son esprit fut transporté dans un autre lieu. Il se trouvait face à un feu, et se tournant il vit un homme tomber, exactement de la même manière que dans sa précédente hallucination. Mais sans aucune hésitation, il comprit que cet homme était Pierre. Ces quatre hommes ne le lui avaient pas décrits, mais ça ne pouvait être que lui. Ainsi il était un homme. Toute sa vie s’écroula devant lui, tous les moments heureux étant remplacés par mort et désespoir ; ne restait qu’un spectre de sa vie antérieure. Il regarda ses mains, qui pour la première fois de sa vie lui apparaissaient rude, sans finesse… Il tomba alors contre le mur, ne pouvant résister à cette force qui lui secouait son corps, qui balayait irrémédiablement toute sa vie, sans ne lui laisser aucune accroche. Il voyait s’effacer devant lui la vision de l’Habitat remplacée par celle d’un château poisseux, avec de la paille éparpillée sur le sol, de l’eau visqueuse et une famine galopante.

Au loin une autre personne ressentit cette souffrance. Elle en perdit l’équilibre, vacillant devant un tel choc. Son visage se déforma alors en un rire mauvais, terrifiant, capable de faire fuir les plus courageux hommes. Un autre homme le rejoint, partageant sa joie.

Iliaron

Edited by Iliaron
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Euh...ok, mais j'aimerai bien que ceux avant plaisent aussi un petit peu :P sinon je vais faire des textes d'une ligne avec 15 lignes pour annoncer la suite.

Plus sérieusement ils n'annonçaient pas la suite, mais ils posaient la base de l'histoire. C'est sûr que je n'explique pas pour les archers, mais c'était pour vous situer et que vous ne vous trompiez pas dans vos croyances :wink: .

Non, non . Ne t'en fais pas, mais je voulais dire que c'est un bon résumé des questions qu'on se pose..

By :(:D et bonne :D a tout le monde !

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Bonjour.

J'aime bien ton texte.

Une nouvelle flèche vint se loger dans la boîte crânienne d’un des cinq hommes, les forçant à s’enfuir, laissant deux corps à l’endroit de leur feu de camp.

Petite confusion à ce niveau. Ils sont 5 ou 7 au début ? Je pense que c'est une erreur d'inattention, ils doivent être 7, puisqu'après on compte 5 personnages principaux de l'histoire.

Sinon des remarques plus générales :

- Ca manque de descriptions je trouve. En tant que lecteur, je n'arrive pas très bien à voir où se passe l'action.

- Après je dirais qu'il y a de l'orthographe à corriger un peu par-ci par-là (c'est généralement des erreurs de frappe je dirais).

Bahan

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Bon, c'est pas mal. Dans l'ensemble, c'est plutôt écrit correctement, mais il manque plusieurs trucs pour que cela devienne vraiment palpitant et que chaque phrase donne bien envie daller lire la suivante:

Pour améliorer ton texte, il faudrait:

-varier un peu plus la ponctuation: le ":" et le ";" servent aussi. Et n'oublies pas les points en fin de phrase!!

-prendre toujours en compte dans la description d'une scène tous les éléments essentiels et vérifier si on y fait allusion: C'est simple, imagine toi que tu es à la place du perso et regarde alors, en fonction du temps, si tous les éléments sonores, visuels, etc. sont décris. Bien sur, il ne faut pas aussi surcharger tes descriptions, mais il faut qu'elles soient complètes, concises et complètes.

-essayer, lorsque tu désires faire passer une information complexe, d'organiser ton raisonnement, c'est à dire celui du perso, de façon précise et ordonnée, afin que le lecteur comprenne bien du premier coup.

-donner un peu plus de charisme aux personnages. Il faut que l'on s'attache à eux: donne leurs des particularités, des sentiments plus complexes, etc..

Voilà, pour le commentaire peu exhaustif.

Continue à t'investir dans la section: c'est en écrivant et commentant les autres que l'on progresse.

Le Warza (qui gratte pas beaucoup en ce moment...)

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Vint après cette longue attente le soir, et l’attaque ennemie fut annoncée par un clairon, puis par un sifflement, qui une fois encore atterrit dans la cour sans dommage, mais la suivante transperçât un homme qui allait s’abritait sous un auvent.

Attention à ce genre de phrase qui bien que voulant dire plein de trucs, finissent par rien vouloir dire :wink:

Bon sinon pour le fond, je n'ai qu'une remarque à faire... Attention aux dialogues tiré par les cheveux des fois, ca fait vraiment enfantin. Tu écris d'une manière qui fait que l'on a cette impression.

Ce qui est étonnant car on ne retrouve pas cette impression dans les autres parties ( celle qui ne sont pas le dialogue )

Donc pour un premier texte depuis tes dix ans, ce n'est pas trop mal !

@+

-= Inxi =-

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léser

Pendant que j'y suis, il y a vraiment des fautes betes de ce genre ! Alors attention ! Pour ce qui est de la phrase, tu devrais mettre:

Après une longue attente le soir, l’attaque ennemie fut annoncée par un clairon. Tout de suite accompagnée par un sifflement qui, une fois encore atterrit dans la cour sans dommage. Contrairement à la première, la suivante transperçât un homme qui allait s’abritait sous un auvent.

En fait, changer la phrase completement :wink: Allez, bonne chance !

@+

-= Inxi, juste un exemple =-

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Bonjour à toi Iliaron !

un texte sympathique et d'un bon niveau pour un premier !

toutefois il reste des choses à améliorer (mais qui peut se vanter d'écrire parfaitement ?)

les dialogues d'une part, comme le dit Inxi, ils sont pour la grande majorité tirés par les cheveux...

- -Nous sommes pris pour cible, il faut se protéger. A couvert

- - C’est Pierre qui a été touché, dans le ventre, il faut tenter de le sauver

- - Non, abandonnons-le. Il est mort. Partons, ou nous mourrons tous »

pour des gars qui sont en danger de mort, ils ont de la salive à user !

ce que je veux dire c'est que ça ne fait pas crédible, pourquoi ne pas faire des phrases plus courte dans ce cas précis? un genre d'injoncions brèves plus appropriées et puis essaye de dire qui parle et sur quel ton, ça aide à la magie d'un texte :

- A couvert ! On nous tire dessus !

hurla un des garçons en se jetant de côté.

- Pierre est touché, cria un autre, je vais le chercher !

Alors que celui-ci allait bondir vers le corps inerte, une main l'attrappa fermement par le bras et le tira violemment en arrière.

- Il est déjà mort ! Tous aux chevaux ! beugla une voix forte.

voilà un exemple de remaniement possible, c'est toi qui vois bien s^r puisque c'est toi l'auteur quand même ! :blink:

c'est prometteur alors du courage et Suite !

Linuath -

Korelion

Vous postez pour être lu, alors lisez les autres!

-
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Il se réveilla soudain lorsque son cheval se cabrait.

Cette phrase parait bizarre...

s grande ampleur

Faute de frappe.

Ensuite, que dire ? Les noms sont proches, il se ressemble un peu trop meme pour une relation familiale. En parlant de nom, il fait très féminin celui de ton héros :ermm:

La dernière remarque réside dans le fait que je ne sais pas si les elfes sylvains chasse, ca me parait bizarre -_-

Bref, sinon c'est pas mal ! C'est bien décris. J'ai bien apprécié :blink: Ca mérite sa suite ! Allez au travail !

@+

-= Inxi =-

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Très sympa mais j'ai la même remarque,

Il se réveilla soudain lorsque son cheval se cabrait.
..se cab....brit ? non je crois pas...enfin bref ça colle pas trop, mais sinon c'est exellent, continu comme ça :blink:
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Guest Snikch, le maître de la nuit

Bon un assez bon texte dans l'ensemble.

Seulement pour moi il y a un problème:

Dans le dernier passage tu passe d'une description extérieur à une description faite par le personnage...

Pour moi ca fait vraiment bizare, tu devrais revoir ce passage...

Voilà, bonne chance pour la suite

@+

-=Snikch=-

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Consterné

Il y a une faute d'accord car après, tu mets "ils"

e complice, ou même peut-être par les complices

Répétition de complice

courut

Pas de "t"

à Imladrik. En rentrant ils croisèrent l’elfe qui leur avait annoncé la catastrophe auparavant. Imladrik les fit entrer, et Ilia commença le récit. Imladrik

répétiton de Imladrik

Bon c'est un peu près tout pour la forme, attention aux répétition ! Relis ton texte à voix haute si ca peut t'aider !:ermm:

Sinon, cette histoire continue avec un meurtre et ca devient très interessant alors je veux une suite :blink: vite

@+

-= Inxi =-

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Guest Snikch, le maître de la nuit

C’est de ma faute j’ai posté trop tard…

Je parlé du passage Départ, où à la fin tu passe du Narrateur au personnage sans transition et çà fait bizarre.

Pour la suite, rien à dire ci ce n’est que je l’ai trouvé meilleure que le début et que je pense que tu t’améliore…

Voilà, bonne suite et je suis désolé de mon commentaire arrivant trop tard….

@+

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nous nous cachèrent

Bon, c'est une des fautes que j'ai trouver :blink: Après il y a encore quelques erreurs d'utilisation passé simple, imparfait !

Bref, sinon dans l'esemble, c'est bien exploité ! Bon deux choses me chagrinent.. La première, c'est dans le passage précédent, les rivalités entre tribus ne doivent pas être si souvente que ca, enfin c'est ton mode mais faut pas que ca devienne trop déstabilisant !

C'est comme cette histoire de sanglier ! Ca me fait bizarre de voir des protecteurs de la nature tuer des bêtes. C'est meme pratiquement devenu un ersatz d'argent car les tribus en ammène ! -_- Donc fais gaffe :ermm:

Sinon, j'ai pas d'autre choses à dire, mis à part : Suite !

@+

-= Inxi =-

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Pas encore tout lu (juste le premier texte), mais un passage m'a fait bizarre...

Chacun des compagnons regarda leur ami tomber, mort, puis se précipitèrent à couvert. Mav essaya de se pencher vers Pierre, mais fut retenu par Richard qui lui criait en pleurant qu’il était mort, qu’il n’y avait plus rien à espérer, et Gontrand sortit une flèche au plumage violet, et la décocha dans le vide à l’endroit où il supposait que l’agresseur se trouvait. Malheureusement en retour il n’y eut aucun râle d’agonie, mais plutôt une flèche, qui cette fois atteint Richard dans la boîte crânienne. Cela les força à s’enfuir immédiatement, pour éviter de tous périr. Juste avant d’enfourcher, Geoffroy et Arthur chargèrent leurs deux amis sur leurs chevaux, puis s’enfuir, laissant là une tente et les restes de leur feu de camp. Ils enfourchèrent leurs chevaux, libérant les deux restants en mémoire de leurs compagnons, puis partirent. Kev se retourna une dernière fois, tachant de voir les criminels, en vain. Il remarqua par contre qu’à l’endroit où flambait joyeusement leur feu deux minutes auparavant une flèche verte avait atterrit.

La phrase surlignée est assez étrange, et surtout, ça fait un peu "j'introduis mon texte en balançant les noms de tout mes personnages principaux" (2ème phrase surlignée)

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Guest Snikch, le maître de la nuit

Bon passage, je n’ai pas grand chose à rajouter sur le post d’Inxi

La même chose : La suite…

@+

-=Snikch, Désolé pour le mono…=-

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Et bien ! C'est pas trop mal !

J'ai pas vu de fautes, ce qui est bien ! Il doit en avoir mais elles ont du me passer sous les yeux. C'est un signe qu'il y en a peu ( ou qu'il me faut des lunettes ! :zzz: ) Les autres les indiqueront s'ils en voit.

Le fond est pas mal également, je digere enfin l'histoire sur les sangliers :blushing: Et le passage avec les explications ne fait pas qu'introduire quelque chose démouvant, il permet de developper et de situer ton monde ! Ce qui est très important.

Désolè de ce troisième post, mais ça me génait d'éditer mon dernier post, la suite risquant de ne pas se voir.

C'est que tout le monde aurait fait

Juste pour avoir vos avis, que pensez-vous qu'il va se passer lors de la bataille???

Ca serait pas une bonne idée de te trouver des reponses ! Ecris !

Que pensez-vous de Kirla??? d'Ilia??? d'Imladrik??? des autres tribus et de leur chef???

Assez bien exploité, n'hesites pas à faire des dialogues !!

la suite sûrement après le bac blanc et mon anniversaire, donc peut-être mercredi.

Je serai patient mais il faudra un chapitre d'au moins cette longueur !

@+

-= Inxi =-

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Bon bah je trouve ca pas mal !

J'ai pas beaucoup de temps pour m'attarder sur le texte car je suis en bac blanc :blushing: Mais je peux quand meme dire deux trois trucs.

Deja les dialogues sont beaucoup mieux deja, plus soignés, c'est un bon point ! On peut ensuite voir moins de faute ce qui est bien évidement un bon point !

Bon d'abord, il serait temps de faire un petit résumé car il m'arrive d'etre perdu, ensuite je regrette jusqu'un manque de descriptions.

Sinon j'aime beaucoup ! Je veux une suite !

@+

-= Inxi, rapide =-

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Nous comprenâmes

Nous comprîmes non???

Sinon, pour répondre à ta question:

Sinon, est-ce que ce n'est pas un peu simplet ce questionnaire, je veux dire renseigner un personnage pour en même temps rensigner le lecteur (même si là ça s'y prête bien)

Il y avait un truc là dessus dans un lien fourni par Imperator:

http://www.revue-solaris.com/special/cnpedh.htm

Va voir à dialogues.

Mais enfin, moi, ça ne me gêne pas...

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oser massacré

Tsssss tsssss tssssss...

Et ensuite, tu as fait en une phrase ce que tu ne voulais pas faire dans un chapitre:

Que s’est-il passé ? Soudainement tu a crié puis tu t’es aussitôt évanoui. Ilia a accouru, croyant que l’on te frappait, puis comprenant la situation il s’est mis à chanter doucement d’une voix mélodieuse, et cela t’a réveillé.

Ca fait exactement:

renseigner un personnage pour en même temps rensigner le lecteur

Voila voila...

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j’avais déjà fait ma décision

Pris, non ?

Voila c'est tout ce que j'ai vu ! Sinon, c'est vrai que certaines explications sont utiles... Donc ca veut dire qu'il y a un probleme :blink: Ton texte n'est pas assez clair, si tu donnes des explications, c'est qu'il faut que tu les mettes dans le texte...

Bref, sinon c'est pas mal ! On assiste au vrai retour :zzz: c'est interessant, je trouve que ca caractérise bien ! Je veux donc une suite !

@+

-= Inxi, enfin libéré du bac blanc :ermm: =-

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J'ai repris mes edits, préférant plus changer le texte, comme mon niveau a changé depuis le début, ainsi que la précision de l'intrigue. Voilà l'intro refaite. je ne l'ai pas insérée, ne schant si elle est mieux. Je compte aussi revoir complètement le début jusqu'à la chasse, ou peut-être le rassemblement. Le reste était déjà mieux.

Que de travail ^_^ .

L'intro, sachant que ce n'est pas tout le premier chapitre, il me manque l'arrivée au château:

Les sept Compagnons

Partie I: Déchéance

Chapitre I: Embuscade

Le feu crépitait gaiement au centre des sept compagnons. Les flammes venaient lécher le bois mort et l’embraser petit à petit, procurant une sainte chaleur au milieu de cette froide nuit. Les membres reposaient leurs jambes fatiguées, et se laissaient aller à leurs rêves. Kev pensa que cet instant était réellement un moment paradisiaque, nul bruit alentour, nul homme dérangeant, et ses six meilleurs amis partageaient cet instant magique où l’homme rejoint la nature. Il s’endormit alors. Il revit leur précédente chasse. Ils avaient traqué ce cerf sur une lieue, avant de réellement l’apercevoir, ses yeux éclatants de sagesse en train de

regarder dans la direction de la forêt de la Loriath, pourtant à plus de trente lieuses de là. Gontrand était alors passé de l’autre côté du cerf, sans un bruit, puis ils avaient tous tiré une flèche. Il se souvenait encore de ce sifflement aigu, du choc, du cri plaintif de l’animal agonisant puis de sa chute et du bruit mat lorsqu’il frappa le sol avec lourdeur. Il entendit soudainement un cri désespéré, dont il ne se souvenait point.

Il ouvrit alors ses yeux, pour voir avec horreur son ami Pierre élongé de tout son long à côté de lui, une flèche verte plantée dans le dos. Sa tête était tournée vers lui, et Kev scruta ses yeux inexpressifs à jamais dans un atroce désespoir. La pensée de ses yeux d’ordinaire si pétillants de vie et de bonheur le figea un instant, et, dépité, il se laissa aller à son chagrin. Il fut bousculé par Geoffroy qui se pencha vers Pierre, regardant une dernière fois cet homme dont le corps était encore chaud. Il se souvint du jour où il l’avait rencontré, et s’était juré de ne jamais l’abandonner, et d’être prêt à donner sa vie pour lui. Mais il était mort.

Richard tira sur le col des vêtements des deux compagnons attristés, leur criant qu’ils avaient dû perdre une minute, et qu’il fallait fuir de suite. Il voulut se retourner pour ses saisir de son arc, mais une flèche verte lui traversa de part en part le cou. Il s’effondra mort dans les bras de Geoffroy. Il s’était aussi jurer de le protéger. Par sa faute tous deux étaient morts. Gontrand décocha alors une flèche au plumage violet dans la direction où il espérait toucher un homme, mais nul râle, nulle plainte ne vint en écho.

Ils mirent rapidement les deux corps sur des chevaux, puis enfourchèrent les leurs avant de partir au galop, une troisième flèche venant de briser dans le feu une branche en deux, le sinistre craquement résonnant comme l’un des plus macabres avertissements que n’avaient jamais entendu les compagnons.

Ils chevauchèrent trois lieues au galop, et lorsqu’ils furent assurés que nul chevalier ne les poursuivait ils s’arrêtèrent. Arthur descendit avec précaution les deux cadavres. Kev se pencha vers eux, espérant sentir un signe de vie chez ces deux corps, mais nul battement ne vint contredire sa crainte. Ces deux flèches avaient tués deux de ses meilleurs amis. Il serra les poings, et, de rage, il mit les deux flèches vertes dans son carquois. Il se jura que le tueur périrait d’une de son propre meurtre. Il tomba ensuite à terre, dépité. Cette soirée avait si bien commencée. Mais dans ce monde dangereux il suffisait d’un instant d’inattention pour être impitoyablement fauché par la mort.

Chose importante: ce sont les flèches qui doivent tuer, pas Kev. Bizarrement il y a deux flèches. comme c'est étrange. Que de coincidences :lol: .

Les compagnons pensent directement à la cause du meurtre, ils font bien plus vite le rapprochement que dans l'ancien texte (bah oui, pas trop de solutions).

Comme dit au début, je vais revoir le début, mais retaper entièrement les quatre premiers chapitres qui m'apparaissent réellement pauvres: écrits avant que je tienne mon intrigue, ils ont plein d'incohérence, ils sont lourds à lire. bref, irratrapable. mieux vaut tout refaire.

Iliaron, alors, c'est mieux???

Edited by Iliaron
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